La Revue de Paris, 1er juillet 1854, p. 154-160 (article signé E. Reyer).

Revue musicale.

Théâtre de l’Opéra : GemmaGemmaGemma, ballet en deux actes sur un livret de Théophile Gautier, une chorégraphie de Francesca Cerrito et une musique du Comte Nicolas Gabrielli créé à l’Opéra de Paris le 31 mai 1854.Lire la suite…, ballet en deux actes et cinq tableaux, par M. Théophile GautierGautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux dLire la suite… et Mme CerritoCerrito, FannyFrancesca Cerrito dite Fanny Cerrito (Naples, 11 mai 1817 – Paris, 6 mai 1909), danseuse. Elle étudia au Teatro San Carlo de Naples puis auprès de Perrot, Blasis, et Saint-Léon. Sa brillante carrière débuta en Italie en 1832 et se poursuivit à Vienne en 1836, Milan en 1838, et Londres en 184Lire la suite…, musique de M. le comte GabrielliGabrielli, Nicolo, CountComte Nicolo Gabrielli (Naples, 21 février 1814 – Paris, 14 juin 1891), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Carlo Conti, Zingarelli et Donizetti. à partir de 1835, il composa de nombreux opéras dont I dotti per fantasmo (1836), L’Americano in fiera (1837), Il padre della dLire la suite…. — Théâtre de l’Opéra-Comique : La Fiancée du diableFiancée du Diable, LaLa Fiancée du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Hippolyte Romand mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 5 juin 1854.Lire la suite…, opéra-comique en trois actes, par MM. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… et Romand, musique de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…. — Nécrologie : M. Georges Bousquet.


La réserve que les propriétaires de la Revue de Paris se sont imposée à l’endroit de l’appréciation de leurs œuvres, ne nous permet pas de rendre compte du nouveau ballet de M. Théophile Gautier Gautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux dLire la suite…; nous pouvons cependant, après tout le monde, en constater le succès, et nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désirent faire connaissance avec l’œuvre chorégraphique du poëte au libretto publié par Michel Lévy. Mme CerritoCerrito, FannyFrancesca Cerrito dite Fanny Cerrito (Naples, 11 mai 1817 – Paris, 6 mai 1909), danseuse. Elle étudia au Teatro San Carlo de Naples puis auprès de Perrot, Blasis, et Saint-Léon. Sa brillante carrière débuta en Italie en 1832 et se poursuivit à Vienne en 1836, Milan en 1838, et Londres en 184Lire la suite… a fait sa rentrée à l’Opéra par le rôle de Gemma ; pendant tout le temps de la représentation elle a dansé sur des fleurs ; on l’a applaudie et rappelée avec enthousiasme ; nous n’avions jamais mieux apprécié le talent de la charmante danseuse, l’expression et la finesse de sa pantomime, la grâce pleine de séduction de ses poses et la souplesse de ses moindres mouvements. On reproche à Mme CerritoCerrito, FannyFrancesca Cerrito dite Fanny Cerrito (Naples, 11 mai 1817 – Paris, 6 mai 1909), danseuse. Elle étudia au Teatro San Carlo de Naples puis auprès de Perrot, Blasis, et Saint-Léon. Sa brillante carrière débuta en Italie en 1832 et se poursuivit à Vienne en 1836, Milan en 1838, et Londres en 184Lire la suite… de n’appartenir à aucune école, — c’est peut-être vrai au point de vue où se placent les purs conservateurs de ce qu’on est convenu d’appeler les belles traditions de l’art ; — mais qu’importe après tout à ceux qui ne règlent pas leurs sensations du moment sur de vieux souvenirs, et qui n’ont pas besoin pour juger une artiste de mettre sur leur nez des lunettes d’académicien ?

L’auteur de GemmaGemmaGemma, ballet en deux actes sur un livret de Théophile Gautier, une chorégraphie de Francesca Cerrito et une musique du Comte Nicolas Gabrielli créé à l’Opéra de Paris le 31 mai 1854.Lire la suite…, M. le comte GabrielliGabrielli, Nicolo, CountComte Nicolo Gabrielli (Naples, 21 février 1814 – Paris, 14 juin 1891), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Carlo Conti, Zingarelli et Donizetti. à partir de 1835, il composa de nombreux opéras dont I dotti per fantasmo (1836), L’Americano in fiera (1837), Il padre della dLire la suite…, s’est fait en Italie une très-grande réputation comme compositeur de ballets. Sa nouvelle partition est facilement écrite, à peu près exempte de réminiscences et de lieux communs, et ses mélodies, accompagnées d’une manière pleine de distinction, sont soutenues par d’élégantes harmonies et orchestrées avec beaucoup de soin et d’originalité : c’est là un luxe que se donnent trop rarement la plupart des compositeurs de l’école italienne pour que nous n’en fassions pas notre compliment bien sincère à M. le comte GabrielliGabrielli, Nicolo, CountComte Nicolo Gabrielli (Naples, 21 février 1814 – Paris, 14 juin 1891), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Carlo Conti, Zingarelli et Donizetti. à partir de 1835, il composa de nombreux opéras dont I dotti per fantasmo (1836), L’Americano in fiera (1837), Il padre della dLire la suite…. La scène pendant laquelle Gemma, entourée de ses femmes, achève sa toilette devant un miroir, est traitée avec une habileté remarquable ; le gazouillement des violons en sourdine est tout plein d’une voluptueuse coquetterie ; pendant le bal l’orchestre joue des airs de danse parfaitement rhythmés ; il y a de très-beaux effets au moment de l’orage, et la scène du magnétisme renferme des parties qui sont pour nous un échantillon très-significatif du talent dramatique de M. le comte Gabrielli Gabrielli, Nicolo, CountComte Nicolo Gabrielli (Naples, 21 février 1814 – Paris, 14 juin 1891), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Carlo Conti, Zingarelli et Donizetti. à partir de 1835, il composa de nombreux opéras dont I dotti per fantasmo (1836), L’Americano in fiera (1837), Il padre della dLire la suite…; le chant des violoncelles, doublé par les premiers violons, a beaucoup d’ampleur et de sonorité : nous citerons aussi l’abruzzaize, qui est une des inspirations les plus fraîches et les plus parfumées de cette jolie partition : on croirait entendre ces mélodies agrestes, gaies et mélancoliques à la fois, jouées par les musettes des pifferari. Nous espérons que le succès obtenu sur notre première scène lyrique par l’auteur de la musique de GemmaGemmaGemma, ballet en deux actes sur un livret de Théophile Gautier, une chorégraphie de Francesca Cerrito et une musique du Comte Nicolas Gabrielli créé à l’Opéra de Paris le 31 mai 1854.Lire la suite…, n’est qu’un prélude à d’autres ouvrages et à d’autres succès.

Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… vient de jouer pour la première fois le rôle d’Alice, de Robert le DiableRobert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…. Cette nouvelle création de la célèbre cantatrice était, dit-on, très-impatiemment attendue, et à peine arrivée de Londres, Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… s’est empressée de satisfaire l’impatience du public. Placé dans l’angle d’un couloir, au milieu ou plutôt au-dessous d’un tas de musiciens et de feuilletonistes, nous n’avons rien vu et nous ne parlerons pas par conséquent des poses pleines de noblesse, des gestes tragiques, des bras, des hanches ou des sourcils de Mlle Cruvelli Cruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite…; nous supposons qu’Alice, le costume à part, a dû rappeler Valentine et Julia. Quant à la manière dont Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… a interprété le rôle de la jeune, de la chaste, de la belle, de la tendre, de la douce ou de l’aimable fiancée de Raimbaud (pour parler comme Pierre le Grand parle de Catherine au deuxième acte de l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite…), nous ne croyons pas qu’elle soit à l’abri de tout reproche. Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… a assez de voix et assez de talent pour justifier le chiffre très-élevé des appointements que lui a octroyés la munificence éclairée de l’administration de l’Opéra, sans qu’il lui soit besoin d’apporter sa part de collaboration aux œuvres qu’elle interprète. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… et SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite… peuvent se passer des fioritures, des points d’orgue, des cadences et des traits hardis, parfaitement bien exécutés du reste, dont Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… s’étudie à embellir la musique de ces deux grands maîtres : l’altération du texte peut être admise dans certains cas et dans certaines musiques ; mais c’est là une licence dont il faut user avec la plus grande réserve. Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… doit être bien assurée qu’en lui exprimant ainsi notre sentiment personnel, nous nous faisons en même temps l’écho de tous les gens de goût, et que nous n’en sommes pas moins plein d’admiration pour les brillantes qualités vocales dont la nature s’est plu à la douer, qualités qu’une bonne éducation musicale et les conseils désintéressés de la critique ne peuvent manquer de développer et d’amener à une entière perfection.

M. GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… a chanté le rôle de Robert avec une voix légèrement altérée ; on n’y aurait peut-être pas pris garde s’il n’eût essayé de donner quand même des notes de poitrine, que l’on appelle dans le langage musical des si naturels, destinés sans doute à contraster avec les mi bémol graves de M. DepassioDepassio, JeanJean Depassio (Lyon, 4 mai 1824 – Montmorency, 24 mars 1887), basse. A la fin de ses études au Conservatoire de Paris il fut engagé à la Monnaie à Bruxelles où il resta jusqu’en 1851. Entre 1851 et 1854, il chanta à l’Opéra de Paris et participa aux créations du Juif errant (Halévy, 1Lire la suite…. Ces mi bémol ont une ampleur, un timbre et une justesse des plus remarquables ; M. DepassioDepassio, JeanJean Depassio (Lyon, 4 mai 1824 – Montmorency, 24 mars 1887), basse. A la fin de ses études au Conservatoire de Paris il fut engagé à la Monnaie à Bruxelles où il resta jusqu’en 1851. Entre 1851 et 1854, il chanta à l’Opéra de Paris et participa aux créations du Juif errant (Halévy, 1Lire la suite… se repose avec la plus entière sécurité sur cette note dont l’effet est diabolique, caverneux, lugubre ; mais il s’y repose trop longtemps, et le chœur des démons qui ne s’occupe pas des mi bémol de Bertram, va toujours son train, un train d’enfer, laissant le pauvre diable en arrière d’une mesure. La cacophonie n’a pas duré plus de cinq minutes, et M. Narcisse GirardGirard, NarcisseNarcisse Girard (Mantes, 27 janvier 1797 – Paris, 17 janvier 1860), chef d’orchestre et compositeur. Élève de Baillot au Conservatoire de Paris, il obtint un premier prix de violon en 1820 et étudia la composition avec Reicha. Il fut un des membres fondateurs de la Société des Concerts du CLire la suite… s’en est bien aperçu. L’exemple donné par Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite… est contagieux : M. BouloBoulo, Jean-Jacques-JosephJean-Jacques-Joseph Boulo (Toulouse, 2 mars 1820 – Toulouse, 1er mai 1887), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris où il obtint un 2eme prix de chant. Il débuta à l’Opéra de Lyon dans la saison 1843/4 et yresta jusqu’à la saison 1845/6 puis il se produisit dans les théâtres Lire la suite…, le troubadour normand, se permet d’orner son chant d’appogiatures et de variantes, qu’il exécute avec toute l’inexpérience d’un débutant dans l’art de travestir, d’altérer et de dénaturer la mélodie. Cette inexpérience est l’excuse de M. BouloBoulo, Jean-Jacques-JosephJean-Jacques-Joseph Boulo (Toulouse, 2 mars 1820 – Toulouse, 1er mai 1887), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris où il obtint un 2eme prix de chant. Il débuta à l’Opéra de Lyon dans la saison 1843/4 et yresta jusqu’à la saison 1845/6 puis il se produisit dans les théâtres Lire la suite…, qui se corrigera facilement d’un défaut qui n’est pas encore passé chez lui à l’état d’habitude.

Nous ne disons rien de l’orchestre qui joue Robert le Diable Robert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…pour la trois cent cinquante-septième fois.

Nous ne sommes pas très au courant des changements qui vont, dit-on, avoir lieu dans l’administration de l’Opéra : bien des gens qui affirment les connaître ne sont pas mieux informés que nous. Nous aimons à penser que, quoi qu’il arrive ou qu’il advienne, notre première scène lyrique régie par l’Etat comme jadis ou restant ce qu’elle est aujourd’hui, une entreprise subventionnée, M. Nestor Roqueplan conservera ses fonctions, et que c’est toujours à lui qu’auront à s’adresser les jeunes compositeurs désireux de faire grand et de laisser là le dialogue pour le récitatif.

Au moment où il écrivait à RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… pour lui offrir de renouveler son engagement, à des conditions avantageuses sans doute pour le directeur et pour l’artiste, M. RoqueplanRoqueplan, Louis-Victor-NestorLouis-Victor-Nestor Roqueplan (Monreal/Aude, 16 septembre 1820 – Paris, 24 avril 1870), journaliste, directeur. Il vint à Paris en 1825 et s’engagea dans une carrière de journaliste. Il fut rédacteur en chef du Figaro où en 1830 il s’opposa aux ordonnances de Charles X. Pour La Presse et au Lire la suite… recevait une lettre dans laquelle le charmant et très-regrettable ténor lui annonçait son intention formelle de quitter l’Opéra. Notre ami et gracieux confrère Achille Denis a écrit sur la retraite de RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… un article plein de convenance ; on dit que nous retrouverons cet excellent artiste l’année prochaine au Théâtre-Italien. Personne parmi les ténors que nous connaissons n’est capable de remplacer Roger Roger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…; cela n’empêchera nullement bien des ténors de se mettre sur les rangs et d’oser paraître sur la brèche. On nous a conté que Mme TedescoTedesco, FortunataFortunata Tedesco (Mantoue, 14 décembre 1826 – ?), contralto italienne. Elle débuta à la Scala à Milan en 1844 avant de se produire avec succès sur les scènes italiennes, à Vienne, puis en tournée en Amérique du Nord de 1847 à 1850. Elle fut engagée en 1851 à l’Opéra de Paris, où eLire la suite… élevait ses prétentions au niveau de celles de Mlle Cruvelli Cruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite…; les prétentions de Mme TedescoTedesco, FortunataFortunata Tedesco (Mantoue, 14 décembre 1826 – ?), contralto italienne. Elle débuta à la Scala à Milan en 1844 avant de se produire avec succès sur les scènes italiennes, à Vienne, puis en tournée en Amérique du Nord de 1847 à 1850. Elle fut engagée en 1851 à l’Opéra de Paris, où eLire la suite… n’étant pas suffisamment justifiées, ne seront probablement pas acceptées. Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… est plus modeste, plus artiste peut-être : elle ne demande pas, pour rester à l’Opéra, d’autres conditions que celles qui lui ont été faites lorsqu’elle y est entrée. Selon nous, Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite…, jeune fille dont le talent et la voix ne peuvent qu’acquérir tous les jours plus de force, de maturité et de développement, est la seule cantatrice qui, après Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite…, ait chanté le rôle de Fidès du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…. Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… est excellente musicienne ; elle possède un magnifique instrument ; elle phrase avec un goût parfait et sa méthode est irréprochable ; quand elle chante, la scène n’est pas jonchée de fleurs et on ne la rappelle pas régulièrement après la chute du rideau ; mais la critique lui doit de très-grands et de très-sincères éloges. Lorsqu’un compositeur offre un rôle à Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite…, elle ne s’amuse pas à en compter les feuillets ou à le peser dans sa main mignonne ; elle n’exige pas que le librettiste et le musicien s’arrangent de manière à lui faire chanter son grand air entre neuf heures et demie et dix heures moins un quart, sous prétexte que c’est à ce moment de la soirée qu’elle est la mieux disposée et que sa voix a le plus d’étendue et de souplesse ; elle a des idées, des fantaisies peut-être, mais elle n’a pas de caprices : voilà pourquoi Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… a accepté et jouera le rôle qui lui a été offert dans la Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, rôle un peu effacé qu’elle saura bien élever à la hauteur de son talent et auquel elle n’ajoutera certainement ni un seul point d’orgue ni une seule note. La NonneNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite… fera son apparition au mois de septembre, à moins qu’à cette époque-là M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… n’arrive avec sa partition nouvelle ; à moins encore que M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, revenant de Berlin avec son AfricaineAfricaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite…, ne fasse rentrer l’opéra de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… et celui de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… dans les oubliettes du théâtre.

On prétend que quand le diable s’en mêle rien ne réussit : M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… ne pense pas tout à fait ainsi, et il doit plus d’un succès au diable ; les moines lui ont été également d’une très-grande utilité, et il nous suffira, pour prouver la valeur de notre assertion, de citer les ouvrages de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… qui renferment l’un ou l’autre de ces éléments de succès, quelquefois les deux réunis : Robert [Robert-le-Diable]Robert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…, les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… (les anabaptistes considérés comme des moines sanguinaires, des moines socialistes), Marco SpadaMarco SpadaMarco Spada, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 21 décembre juin 1852.Lire la suite…, Jeanne la FolleJeanne la folleJeanne la folle, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Louis Clapisson et créé à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1848.Lire la suite…, la Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, dont le poëme ayant passé entre les mains de huit ou dix compositeurs n’est un mystère pour personne, et enfin la Fiancée du diableFiancée du Diable, LaLa Fiancée du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Hippolyte Romand mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 5 juin 1854.Lire la suite…. Voici en peu de mots le sujet de ce dernier libretto pour lequel M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… s’est adjoint un collaborateur qui a un nom honorable dans la littérature, et où l’on retrouve le style pur, les formules élégantes, la verve et l’originalité qui distinguent l’illustre académicien.

La scène se passe dans le comtat d’Avignon, au temps de la papesse Jeanne et de l’inquisition. Catherine Bazu a vendu sa main à Satan, en échange d’un service éminent que celui-ci a rendu au père Bazu, un jour que le pauvre homme avait vu sa barque, ses filets et ses avirons engloutis par les eaux du Rhône furieux. Depuis ce jour-là Satan, pour constater seulement la légitimité de ses droits, s’est contenté d’appliquer une volée de coups de bâton à tous les amoureux qui ont osé prétendre au cœur ou à la dot de Catherine. Pistoïa, l’un d’eux, a même reçu un avis sur parchemin noir couvert de caractères rouges, exhalant une odeur de soufre et portant la griffe de Satan, lequel avis ne lui a laissé aucun doute sur la réalité du pacte infernal conclu entre le diable et la fille du père Bazu. Le père Bazu ne paraît pas dans la pièce ; ce rôle muet, confié au talent modeste de M. PaliantiPalianti, LouisLouis Palianti (Cadix, 9 septembre 1810 – Paris, 5 octobre 1875), basse. Engagé en 1835 à l’Opéra-Comique de Paris, où il était également régisseur, il y resta jusqu’à son décès. Excellent acteur, il interpréta des rôles de caractères tels que Giacomo dans Fra Diavolo (Auber) et lLire la suite…, se joue tout entier dans la coulisse, ce qui ne diminue en rien son importance au point de vue de l’action dramatique. Cette observation n’est pas de nous, elle est de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. Les récits fantastiques faits par Pistoïa sont mis sur le compte de son imbécillité ou de sa couardise et n’effrayent nullement Andiol, un jeune armurier que les beaux yeux de Catherine font mourir d’amour. Andiol conte ses chagrins à Gilette, sa sœur, et celle-ci se charge de négocier l’affaire auprès du père Bazu. Elle va le trouver dans la coulisse et lui dit, à peu près comme dans l’Etoile du nordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite… :

Mon frère aspire à votre couche,

Par moi de votre fille il demande la main.

On n’entend pas ce que répond le père Bazu, mais on devine qu’il donne son consentement, puisque, peu d’instants après le retour de Gilette, on voit les apprêts de la noce d’Andiol et de Catherine. Arrivent les paysans, les jeunes filles et les jeunes seigneurs ayant à leur tête le marquis de Langeai ; les fifres et les tambourins ne sont pas très-éloignés ; les cloches sonnent, le prêtre est à l’autel ; Andiol est rayonnant ; Catherine paraît heureuse. Pistoïa, semblable à un souci au milieu d’un bouquet de roses, se tient dans un coin, morne et pensif, prenant en pitié l’allégresse de chacun et attendant l’heure terrible du dénoûment. Une fois la cérémonie terminée, les deux époux rentrent dans leur appartement, et Gilette s’endort sur le seuil de la chambre nuptiale après avoir eu la précaution de placer à sa ceinture un pistolet d’arçon destiné à la protéger, elle et le jeune couple nouvellement béni, contre les tentatives diaboliques annoncées par Pistoïa. Tout à coup un bruit épouvantable se fait entendre ; une lueur phosphorescente éclaire la scène ; le fond de la cheminée s’entr’ouvre et livre passage à Satan, qui vêtu d’un domino rose, négligé amoureux et galant, trouve que l’instant est venu de prendre possession de sa fiancée. Gilette, réveillée en sursaut, arme son pistolet ; Satan recule épouvanté : le masque tombe et le diable s’évanouit. Il ne reste que le marquis de Langeai qui, non content d’avoir fait autrefois un accroc à la vertu de Gilette, a voulu user de ses droits seigneuriaux sur Catherine. Gilette, qui avait confié sa mésaventure à son cousin, l’inquisiteur Mattéo, lequel est en tournée de service dans les Etats pontificaux, s’était fait rédiger par celui-ci une promesse de mariage en bonne forme qu’elle tire de sa poche et qu’elle soumet humblement à l’acceptation du marquis. Le diable est pris au piège, et le seigneur de Langeai ne paye pas trop cher le silence de Gilette en l’achetant au prix d’une mésalliance qui n’est après tout qu’une réparation. Qu’en dira le monde ?Que dira le mondeQue dira le monde, comédie en 5 actes et en prose d’Ernest Serret créée au Second Théâtre-Français  à Parisle 17 mai 1854.Lire la suite… Peu lui importe : le héros du poëme de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… n’est pas aussi pointilleux que celui de la pièce de M. SerretSerret, ErnestErnest Serret (Boulogne-sur-Mer/Pas-de-Calais, 3 décembre 1821 – Versailles, 22 août 1874), écrivain, auteur dramatique. Il écrivit de nombreuses comédies dont Les Touristes (1846), La Paix à tout prix (1849), Que dira le monde (1854), Les Illusions de l’amour (1862) et Les Maris perdus (187Lire la suite…, et, du reste, il sait que le frère Mattéo appartient à l’inquisition, et que, comme tel, il a plus d’un fagot à ses ordres.

M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… a écrit sur ce libretto une charmante partition tout émaillée de fraîches et gracieuses mélodies. Son orchestration est brillante, colorée, travaillée avec beaucoup de soin et remplie de jolis effets. Parmi les morceaux qui nous ont le plus frappé, nous citerons au premier acte la romance chantée par Catherine et l’air d’Andiol, dont les deux motifs, entendus d’abord séparément, s’unissent ensuite au moyen du contre-point double, bien qu’ils diffèrent entre eux de rhythme et de forme mélodique. Le chœur des seigneurs est bien dialogué ; il a de l’entrain et une certaine allure chevaleresque. Le duo entre Gilette et le marquis de Langeai renferme de bonnes intentions comiques ; la mélodie sentimentale chantée par Andiol est une délicieuse inspiration, et le final est traité avec une ampleur et une maestria des plus remarquables.

Il y a au deuxième acte un trio d’un style original, un quatuor d’une excellente facture, une belle romance chantée par Andiol, et une ariette pleine de coquetterie et de légèreté, dont le motif principal, qui offre quelque analogie avec la valse de GiselleGiselleGiselle, ballet fantastique en deux actes sur un livret de Théophile Gautier et Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Jean Coralli et une musique d’Adolphe Adam, créé à l’Opéra de Paris le 28 juin 1841.Lire la suite…, est ramené d’une façon charmante ; puis viennent les couplets de Mattéo, qui seront bientôt populaires. Ces couplets, légèrement grivois, ont dû décider la censure à supprimer à l’inquisiteur le froc de saint Dominique et à ne lui laisser comme échantillon de son caractère ecclésiastique qu’un chapeau à trois cornes, une jaquette brune et des bas rouges. Nous devons mentionner au troisième acte deux chœurs de paysans et de seigneurs, un duo d’amour entre Catherine et Andiol, et la scène où le diable fait son apparition, avec accompagnement obligé de cymbales et de petite flûte.

Nous n’avons rien dit de l’ouverture, la seule partie de l’ouvrage qui ne soit pas à l’abri de tout reproche ; les motifs en sont délicieux, mais il nous a semblé que cette page symphonique péchait par un léger défaut d’unité.

CoudercCouderc, Joseph-Antoine-CharlesJoseph-Antoine-Charles Couderc (Toulouse, 10 mars 1810 – Paris, 16 avril 1875), ténor. Il fit ses débuts à l’Opéra-Comique en 1834 dans Le Petit Chaperon rouge (Boieldieu)  et ne s’en absenta qu’entre 1843 et 1850, période pendant laquelle il se produisit en province et à l’étrangeLire la suite…, Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite…, BussineBussine, Prosper-AlphonseProsper-Alphonse Bussine (Paris, 22 septembre 1821 – Paris, 22 janvier 1881), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Manuel Garcia et Mme Moreau-Sainti et obtint les premiers prix de chant et d’opéra-comique en 1845. Il débuta à l’Opéra-Comique en décembre 1845 dans le rôle du Lire la suite…, PugetPuget, Jules HenriJules-Henri Puget (Marseille, 1813 – ?, 1887), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Marseille puis se produisit à Alger, Toulon, Nantes où il aborda les rôles principaux des Mousquetaires de la reine (Halévy), L’Eclair (Halévy), Le Comte d’Ory (Rossini), et Massaniello (CarafLire la suite…, Mlle BoulardBoulart, SophieSophie-Ferdinande-Dorothée Boulart (Montmartre, 3 avril 1836 – Asnières, 14 juin 1889), soprano. Élève de Mme Cinti-Damoreau au Conservatoire de Paris, elle obtint un 1er prix de chant et d’opéra-comique en 1853. Elle débuta en 1853 à l’Opéra-Comique dans Les Noces de Jeannette (MasLire la suite… et Mlle LemercierLemercier, Marie Charlotte LeocadieMarie Charlotte Léocadie Lermercier (Blois, 7 avril 1827 – Paris, 9 août 1907), soprano. Elle fit ses études au Conservatoire de Paris et obtint en 1845 un 2eme accessit de chant. Elle débuta à l’Opéra-Comique le 29 Juin 1846 dans Zémire et Azor (Grétry). Elle resta jusqu’en 1862 à l’Lire la suite… jouent et chantent cet ouvrage avec leur talent accoutumé.

Nous avons entendu dernièrement, dans un après-midi musical qui a eu lieu chez M. GoufféGouffé, AchilleAchille-Henry-Hector Gouffé (Pontoise, 4 novembre 1804 – Paris, 31 août 1874), contrebassiste. Il fut contrebassiste à la Société des Concerts du Conservatoire et à l’Opéra. De 1836 à 1874, il organisa chez lui des séances de musique de chambre qui furent très suivies et auxquelles partiLire la suite…, l’éminent contre-bassiste de l’Opéra, un beau trio pour piano, violon et violoncelle, exécuté par MM. LeboucLebouc, Charles-JosephCharles-Joseph Lebouc (Besançon, 22 décembre 1822 – Hyères, 7 mars 1893), violoncelliste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de violoncelle en 1844. Il fut membre de l’orchestre de l’Opéra de 1846 à 1848 et l’année suivante de la Société desLire la suite…, GuerreauGuerreau, Auguste-AntoineAuguste-Antoine Guerreau (Paris, 17 aout 1823 – Paris, ? juillet 1882), violoniste. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2eme prix de violon en 1839, un 1er prix d’harmonie en 1843 et un 2eme prix de contrepoint et fugue en 1844. Il fut membre de l’orchestre de la Société dLire la suite…, Mlle MattmannMattmann, LouiseLouise-Amélie Mattmann (Bordeaux, ca. 1836 – Paris, 12 septembre 1861), pianiste. Enfant prodige, elle fut découverte par la duchesse d’Orléans en 1837 qui prit en charge les frais de ses études avec Friedrich Kalkbrenner. Louise Mattmann donna son premier concert public à Paris en 1840. AvecLire la suite…, et composé par M. Salvador. Cette œuvre, d’une remarquable facture, se distingue par de jolies idées mélodiques, de piquantes modulations et une élégance de style qui annoncent chez l’auteur d’excellentes études et une imagination féconde et variée. Quant à l’exécution, elle a été d’un fini et d’une perfection au-dessus de tout éloge.

M. SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… [Seveste] profite de la fermeture de son théâtre pour le réparer et l’embellir. Le Théâtre-Lyrique va devenir une de nos plus jolies salles de spectacle. Les journaux de Londres parient diversement des succès de Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite…, mais ils traitent avec une bien grande sévérité la musique du Bijou perduBijou perdu, LeLe Bijou perdu, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et Philippe-Auguste-Alfred Pittaud de Forges mis en musique par Adolphe Adam et créé au Théâtre-Lyrique le 6 octobre 1853.Lire la suite…, de notre aimable et spirituel confrère M. Adolphe Adam. Nos voisins d’outre-manche prétendent que nous ne savons pas faire de la critique, et ils nous donnent une leçon qui ne nous sera peut-être pas très-profitable.

Un de nos confrères, Georges Bousquet vient de mourir, enlevé par une maladie qui pardonne rarement. Nous aimions Georges Bousquet comme homme et comme artiste, tous ceux qui le connaissaient l’aimaient ainsi : il avait beaucoup de talent et beaucoup de cœur ; c’est plus qu’il n’en faut pour être sincèrement regretté. En 1838, à vingt ans à peine, l’Institut décernait à BousquetBousquet, Ange-Georges-JacquesAnge-Georges-Jacques Bousquet (Perpignan, 12 mars 1818 – Saint-Cloud, 15 juin 1854), compositeur. Il commença ses études à Perpignan puis entra au Conservatoire de Paris en 1835 et remporta le Grand Prix de Rome en 1838 ex-æquo avec Charles Gounod. A Rome il se lia d’amitié avec Gounod et FanLire la suite… le premier prix de composition. A son retour de Rome, BousquetBousquet, Ange-Georges-JacquesAnge-Georges-Jacques Bousquet (Perpignan, 12 mars 1818 – Saint-Cloud, 15 juin 1854), compositeur. Il commença ses études à Perpignan puis entra au Conservatoire de Paris en 1835 et remporta le Grand Prix de Rome en 1838 ex-æquo avec Charles Gounod. A Rome il se lia d’amitié avec Gounod et FanLire la suite… fit représenter, sur le théâtre de l’Opéra-Comique, un petit ouvrage en un acte, intitulé : le MousquetBousquet, Ange-Georges-JacquesAnge-Georges-Jacques Bousquet (Perpignan, 12 mars 1818 – Saint-Cloud, 15 juin 1854), compositeur. Il commença ses études à Perpignan puis entra au Conservatoire de Paris en 1835 et remporta le Grand Prix de Rome en 1838 ex-æquo avec Charles Gounod. A Rome il se lia d’amitié avec Gounod et FanLire la suite…aire, et qui, à cause de la médiocrité du poëme, n’obtint pas tout le succès qu’il méritait. Quelques années plus tard il donna au Théâtre-Lyrique un opéra-comique en deux actes : TabarinTabarinTabarin, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Andrel mis en musique par Georges Bousquet et créé au Théâtre-Lyrique le 22 décembre 1852.Lire la suite…. Cette seconde tentative fut plus heureuse que la première : la partition mérita les éloges unanimes de la presse. Georges Bousquet a été chef d’orchestre du Théâtre-Italien, sous la direction de M. RonconiRonconi, GiorgoGiorgio Ronconi (Milan, 6 aout 1810 – Madrid, 8 janvier 1890), baryton. Il étudia avec son père, Domenico Ronconi, et débuta en 1831 à Pavie. En 1833 il chanta à Rome dans les créations de deux opéras de Donizetti: Il furioso all’isola di San Domingo et Torquato Tasso. Il chanta également Lire la suite…. A cette époque nous fûmes à même d’apprécier la bienveillance et l’aménité de son caractère par la manière dont il dirigea les répétitions et l’exécution du SelamSelam, LeLe Selam, symphonie orientale en quatre parties pour solistes et orchestre sur des poèmes de Théophile Gautier mis en musique par Ernest Reyer et créée au Théâtre-Italien de Paris le 5 avril 1850.Lire la suite…. Depuis ce moment-là, notre estime et notre sympathie pour lui n’ont fait que grandir. BousquetBousquet, Ange-Georges-JacquesAnge-Georges-Jacques Bousquet (Perpignan, 12 mars 1818 – Saint-Cloud, 15 juin 1854), compositeur. Il commença ses études à Perpignan puis entra au Conservatoire de Paris en 1835 et remporta le Grand Prix de Rome en 1838 ex-æquo avec Charles Gounod. A Rome il se lia d’amitié avec Gounod et FanLire la suite… a rempli, avec un zèle et un désintéressement des plus rares, toutes les fonctions honorifiques qui lui ont été confiées ; il était, au moment de sa mort, vice-président de l’association des artistes dramatiques et membre du comité de surveillance des études du Conservatoire. Tous les artistes savent avec quelle droiture, avec quel tact et avec quelle convenance il s’acquittait de sa tâche de critique dans l’Illustration ; Georges Bousquet laisse un opéra-comique en quatre actes à peu près achevé et que M. SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… a pris l’engagement de faire représenter l’hiver prochain sur son théâtre : cet hommage rendu à la mémoire d’un compositeur distingué ne nous surprend nullement de la part de l’honorable et excellent directeur du Théâtre-Lyrique. Tous les amis de BousquetBousquet, Ange-Georges-JacquesAnge-Georges-Jacques Bousquet (Perpignan, 12 mars 1818 – Saint-Cloud, 15 juin 1854), compositeur. Il commença ses études à Perpignan puis entra au Conservatoire de Paris en 1835 et remporta le Grand Prix de Rome en 1838 ex-æquo avec Charles Gounod. A Rome il se lia d’amitié avec Gounod et FanLire la suite… l’ont conduit à sa dernière demeure ; tous l’ont escorté de leurs regrets, le seul tribut que ceux qui restent puissent payer à celui qui s’en va, le seul adoucissement qu’ils puissent offrir aux larmes d’une famille éplorée.