La Revue de Paris, 15 juillet 1854, p. 311-315 (article signé E. Reyer).

Revue musicale.

Théâtre de l’Opéra-Comique : Les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules LorinLorin, JulesJules Lorin (ca. 1825 – Paris, 16 novembre 1853), poète, auteur dramatique et librettiste. Il publia un premier recueil de poésies, Chansons (1848). En 1851, il écrivit son premier livret d’opéra-comique en collaboration avec Victor Perrot, Le Visionnaire ou Les Fiancés bretons, mis en musiquLire la suite…, musique de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…. — Nécrologie : M. Jules SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… [Seveste]. — Nouvelles.


Il arrive souvent que l’Opéra-Comique, pour des raisons qu’il ne nous appartient pas d’apprécier, ne s’endort pas longtemps sur un succès, même quand ce succès est aussi fructueux que celui de la Fiancée du DiableFiancée du Diable, LaLa Fiancée du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Hippolyte Romand mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 5 juin 1854.Lire la suite…. A l’ouvrage de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, qui en est déjà à sa douzième représentation, vient de succéder un modeste petit acte qui, malgré l’exiguïté de sa dimension, n’en a pas moins un certain mérite. Voici en peu de lignes l’analyse du sujet que MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules LorinLorin, JulesJules Lorin (ca. 1825 – Paris, 16 novembre 1853), poète, auteur dramatique et librettiste. Il publia un premier recueil de poésies, Chansons (1848). En 1851, il écrivit son premier livret d’opéra-comique en collaboration avec Victor Perrot, Le Visionnaire ou Les Fiancés bretons, mis en musiquLire la suite… ont dû emprunter à quelque fameux conteur italien et qu’ils ont traité avec une joyeuseté, une verve et une coquetterie sans égales. Nous sommes bien loin de vouloir insinuer par là que les auteurs ont outrepassé les bornes imposées à leur muse égrillarde par les goûts simples et délicats des habitués de l’Opéra-Comique. La scène se passe à Naples, dans l’auberge de l’hôtelier Gregorio. Un jour que l’ânier Geronimo faisait sa sieste sous le balcon d’une somptueuse villa, il fut réveillé par une orange que lui jeta à la tête la main mignonne d’une jeune et jolie fille qui accompagna son espièglerie du plus malin sourire. Le lazzarone mit l’orange dans sa poche, et garda dans son cœur le souvenir des beaux yeux noirs et des lèvres roses qu’il avait entrevus un instant. Geronimo s’en alla conter l’aventure à Gregorio, qui ne fit que rire de l’amour extravagant du malheureux ânier ; il lui conseilla d’aller se joindre à ses compagnons étendus sur les marches du couvent de l’Annonciade, guettant les jeunes trovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, pour lesquelles allait sonner l’heure de l’émancipation. TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… est un italianisme qui signifie : orpheline ou enfant trouvée. A seize ans les portes du couvent s’ouvrent devant elles ; elles sont libres, et le premier lazzarone qui leur plaît peut devenir leur époux. Geronimo écoute à peine le conseil de son ami, et il reste, comme devant, absorbé par ses préoccupations, le front soucieux et la mine triste. On entend dans le lointain le roulement d’une chaise de poste, le grelot des chevaux, le fouet du postillon : la voiture approche, et par un de ces hasards si fréquents au théâtre, elle verse à quelques pas de l’auberge de Geronimo. Rien de moins étonnant : le conducteur Timborio est le complice de l’hôtelier. De la voiture à moitié brisée sortent trois voyageurs : la marquise, Lélio et Nantina. Lélio est vêtu à la mode du directoire, ce qui nous permet de préciser l’époque à laquelle la scène se passe ; la marquise appelle Nantina sa nièce, et Nantina c’est la jeune fille à l’orange ; en passant près de Geronimo elle le reconnaît ; les joues du lazzarone, brunies par le soleil napolitain, se colorent d’une vive rougeur. L’ânier ne tarde pas à apprendre que Lélio est le fiancé de Nantina ; mais un regard de la belle vient le rassurer ; il devine que son amour est partagé, et afin de prolonger la situation il demande à Timborio d’attendre jusqu’au lendemain pour raccommoder la chaise de poste. Nantina se ménage un tête-à-tête avec Geronimo, et les deux amoureux se font les aveux les plus tendres ; la marquise arrive suivie de Lélio ; le lazzarone se cache derrière un bosquet, et la vieille tante presse sa nièce de combler les désirs du seigneur Lélio. Ici a lieu une explication très-nette et très-catégorique, dans laquelle Nantina déclare formellement à la marquise que Lélio est un imbécile, et que Geronimo étant beau, aimable et bien fait, elle n’aura jamais d’autre époux que lui. La fierté aristocratique de la dame se révolte et essaye de protester contre une pareille inclination, mais Nantina ne veut point en démordre. « Voilà ce que c’est, s’écrie la vieille exaspérée, voilà ce que c’est que de ramasser des enfants perdus pour les élever comme des rejetons de noble souche ; le naturel reparaît tôt ou tard. — Je ne suis donc pas votre nièce ? demande Nantina avec un empressement qui trahit ses plus secrètes pensées. — Non, Dieu merci ! lui répond la marquise, je vous ai prise au hasard dans le couvent de l’Annonciade, et vous pouvez bien y retourner si cela vous convient, puisque malgré tous mes soins je n’ai pu parvenir à vous inculquer des sentiments plus élevés et plus dignes de la situation que je voulais vous faire. » A peine ce pompeux discours est-il achevé, que Nantina disparaît sans seulement prendre congé de sa tante et de Lélio. La marquise se lamente et regrette sa nièce ; Lélio tout ahuri pirouette sur lui-même comme un pierrot dont on vient de couper les ailes. Sur ces entrefaites la cloche de l’Annonciade se fait entendre, les portes du couvent se sont ouvertes, et l’on aperçoit une longue file de trovatelles et de lazzaroni, marchant par groupes et précédés d’un improvisateur. Gregorio lui aussi a fait son choix, et il a sous son bras une trovatelle dont les formes herculéennes contrastent grotesquement avec l’apparence un peu grêle de l’hôtelier. Une jeune fille, vêtue comme les autres pensionnaires de l’Annonciade en paysanne napolitaine, s’approche timidement de Geronimo : c’est Nantina. La marquise pardonne : l’ânier est au comble du bonheur et Lélio s’efface devant un rival dont il s’explique difficilement, toutefois, le mérite et la supériorité.

Ce petit poëme lestement tourné devait s’appeler l’Anier amoureux, mais la censure a craint, avec raison, que l’on n’y vît une allusion un peu trop directe à certain conte grivois que nous nous souvenons d’avoir lu étant au collège, et dans lequel l’homme et son coursier ne faisaient qu’un seul et même personnage, une sorte de centaure dont la vue avait singulièrement impressionné une jeune et naïve villageoise de Sorrente ou de Senigaglia.

La petite flûte joue un rôle très-important dans l’opéra de M. Duprato Duprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…; l’auteur a tiré de cet instrument des effets qui, pour n’être pas d’une entière nouveauté, n’en ont pas moins un charme tout pittoresque ; en revanche, il n’a pas abusé de la batterie de cuivre, et il a laissé de côté les cymbales, la grosse caisse et le tambour. M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… arrive de Rome, où il a été envoyé en 1848, après avoir remporté le premier prix de l’Institut ; il n’a guère composé jusqu’ici que quelques romances, une messe, une symphonie dans laquelle il y a des parties fort bien réussies, et une ouverture dont nous avons conservé un très-bon souvenir. Les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… sont pour lui un heureux début, et malgré quelques réminiscences et quelques vulgarités, malgré une affectation un peu trop évidente d’imiter les formules de l’école italienne, c’est là un ouvrage remarquable à plus d’un titre, et dans lequel on ne peut s’empêcher de reconnaître un musicien souvent bien inspiré, quelquefois original et tout à fait familiarisé avec les secrets de son art.

L’ouverture des TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… est faite avec quelques-uns des principaux motifs de la partition ; elle est instrumentée d’une manière brillante, exempte de tapage et de confusion, et elle est conduite d’un bout à l’autre avec une très-grande habileté. A cette préface symphonique, justement applaudie, succèdent un chœur de lazzaroni et une agréable romance chantée par Geronimo ; viennent ensuite l’air napolitain du même Geronimo, la romance de Nantina et un duo entre les deux amoureux ; nous aimons beaucoup le quatuor de la demande en mariage, dans lequel nous avons remarqué les couplets chantés par l’ânier amoureux ; ce morceau d’ensemble renferme de jolis effets scéniques et d’ingénieux détails dans l’accompagnement. Les stances de l’improvisateur, bien qu’elles rappellent un peu l’air du chevrier dans la SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, sont, à notre avis, l’inspiration la plus fraîche, la plus colorée et la plus originale de la partition ; elles sont séparées par un chœur de lazzaroni du plus piquant effet ; la toile tombe sur ce petit bijou musical qui pourra être fredonné par les gosiers les plus rebelles, et joué par les orgues de Barbarie les plus discordants, sans rien perdre de sa grâce charmante et de son extrême distinction.

Les principaux rôles de l’opéra de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… sont confiés à MM. Delaunay-RiquierDelaunay-Riquier, Edmond-Jules Riquier ditEdmond Jules Riquier dit Delaunay-Riquier (Lille, 29 septembre 1826 – Lille, 17 octobre 1899), ténor puis baryton. Il commença ses études à Lille et les termina au Conservatoire de Paris en 1850. Il fut immédiatement engagé comme ténor à l’Opéra-Comique, où il chanta dans plusieurs créaLire la suite…, NathanNathan, ElieElie Nathan (Hambourg, janvier 1822 – Paris, 28 octobre 1884), Basse. Il fit ses études au Conservatoire de Paris ou il obtint un accessit d’opéra-comique en 1847 et débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1847 dans L’Ambassadrice (Auber). Il fit toute sa carrière à l’Opéra-comique où ilLire la suite…, Ponchard, à Mmes FélixFélix, Flore-Léontine dite Mme FélixFlore Léontine Mélotte épouse Félix (Paris, 26 mars 1815 – Paris, 18 juin 1860). Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant en 1835 et fut engagée la même année au théâtre des Arts à Rouen. Elle épousa l’acteur Pierre-Félix-Alexandre-Ursule CellerieLire la suite… et DecroixDecroix, Marguerite Jeanne CamilleMarguerite Jeanne Camille Decroix (Lyon, 11 janvier 1828 – ?) Après avoir débuté à l’éphémère Opéra-National au Cirque Olympique du Boulevard du Temple dirigé par Adolphe Adam (15 Nov. 1847 au 13 Mars 1848), elle chanta à l’Opéra-Comique de 1848 à 1860. Elle débuta dans le rôle de Lire la suite…. M. Delaunay-RiquierDelaunay-Riquier, Edmond-Jules Riquier ditEdmond Jules Riquier dit Delaunay-Riquier (Lille, 29 septembre 1826 – Lille, 17 octobre 1899), ténor puis baryton. Il commença ses études à Lille et les termina au Conservatoire de Paris en 1850. Il fut immédiatement engagé comme ténor à l’Opéra-Comique, où il chanta dans plusieurs créaLire la suite… a une voix excessivement sympathique ; il chante bien, et il joue avec beaucoup d’aisance et de naturel ; Mme FélixFélix, Flore-Léontine dite Mme FélixFlore Léontine Mélotte épouse Félix (Paris, 26 mars 1815 – Paris, 18 juin 1860). Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant en 1835 et fut engagée la même année au théâtre des Arts à Rouen. Elle épousa l’acteur Pierre-Félix-Alexandre-Ursule CellerieLire la suite… est une tante encore trop verte, malgré ses cheveux blancs et ses pattes d’oie factices, pour ne pas faire tort à sa jeune nièce. Pourquoi Lélio ne se console-t-il pas d’avoir perdu Nantina en épousant la marquise ? Ponchard représente toujours le même personnage, et il n’y aurait rien d’étonnant, qu’en jouant les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, il s’avisât un jour ou l’autre, par pure distraction, de s’armer d’un flambeau, de faire la révérence à Geronimo, et de lui chanter : Bonsoir, monsieur Pantalon.

L’Opéra est maintenant régi par l’Etat, qui a pris à sa charge le passif de M. Nestor Roqueplan. Le décret a paru au Moniteur il y a quelques jours : nous y lisons la nomination d’un conseil de surveillance, d’un administrateur et d’un directeur ; ces dernières fonctions sont conservées à M. RoqueplanRoqueplan, Louis-Victor-NestorLouis-Victor-Nestor Roqueplan (Monreal/Aude, 16 septembre 1820 – Paris, 24 avril 1870), journaliste, directeur. Il vint à Paris en 1825 et s’engagea dans une carrière de journaliste. Il fut rédacteur en chef du Figaro où en 1830 il s’opposa aux ordonnances de Charles X. Pour La Presse et au Lire la suite…, dont le gouvernement tient à récompenser le zèle, le dévouement et l’habileté administrative.

Nous allons donc voir renaître sur notre première scène lyrique quelques-uns de ces chefs-d’œuvre qui ont porté si haut la gloire de l’Ecole française : Fernand CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite…, OlympieOlympieOlympie, opéra en trois actes sur un livret de Charles Brifaut et Armand-Michel Dieulafoy, d’après la tragédie de Voltaire, mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 22 décembre 1819. Spontini remania l’œuvre pour lui donner une fin heureuse. Cette version fut Lire la suite…, de Spontini, les BardesBardes ou Ossian, LesLes Bardes ou Ossian, opéra en trois actes sur un livret d’Alphonse François Paul Palat-Dercy et Jean-Marie Deschamps, mis en musique par Jean-François Lesueur, créé à l’Opéra de Paris le 10 juillet 1804.Lire la suite… et l’Alexandre à BabyloneAlexandre à BabyloneAlexandre à Babylone, opéra en 5 actes sur un livret de Louis-Pierre-Marie-François Baour-Lormian, mis en musique par Jean-François Lesueur, reçu à l’Opéra de Paris en 1823 mais non représenté.Lire la suite…, de Lesueur, l’OrphéeOrphée et EurydiceOrphée et Euridice, drame héroïque en trois actes sur un livret de Pierre-Louis Moline mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 2 août 1774.Lire la suite…, l’AlcesteAlcesteAlceste, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet adaptée du livret en italien de Ranieri de’ Calzabigi mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 avril 1776. La version originale en Italien futLire la suite…, les deux IphygénieIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… [IphigénieIphigénie en AulideIphigénie en Aulide, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 19 avril 1774.Lire la suite…] et l’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite…, de Gluck ; que de grandes et belles partitions qui, malheureusement, sont à peu près inconnues à la génération actuelle ! Nous applaudirons aussi, nous en sommes certain, non plus comme un lever de rideau, le Freyschüts Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…[FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…], de Weber, et ObéronOberonOberon, opéra romantique en trois actes sur un livret en anglais de James Robinson Planche, d’après le poème de Christoph Martin Wieland, mis en musique par Carl Maria von Weber et créé au Théâtre de Covent Garden à Londres le 12 avril 1826. La version en français due à Charles Nuitter eLire la suite…, et EuryantheEuryantheEuryanthe, opéra en trois actes sur un livret en allemand de Helmina von Chézy mis en musique par Carl Maria von Weber et créé Kärntnertortheater de Vienne 25 octobre 1823.Lire la suite…, la Prise de JérichoPrise de Jéricho, LaLa Prise de Jéricho, oratorio en trois parties sur un livret de Jacques-Marie Deschamps, Jean-Baptiste-Denis Després et d’Etienne Morel de Chédeville sur une musique de plusieurs auteurs et principalement de Wolfgang Amadeus Mozart, arrangée par Louis-Wencelas Lachnith et Chrétien KalkbrennerLire la suite… et la Flûte enchantéeFlûte enchantée, LaLa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), singspiel en deux actes sur un livret en allemand d’Emmanuel Schikaneder mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart, créé au Théâtre Auf-der-Wieden à Vienne le 30 septembre 1791.Lire la suite…, et tant d’autres œuvres qui, en Allemagne, excitent toujours le même enthousiasme, tandis que chez nous elles sont reléguées depuis longtemps dans les rayons les plus poudreux et les plus obscurs de nos bibliothèques musicales. Pour défrayer l’ancien répertoire, l’Opéra possède entre autres artistes éminents : BonnehéeBonnehée, MarcMarc Bonnehée (Moumours/ Basses-Pyrénnées, 2 avril 1828 – Paris, 26 février 1886), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint, en 1853, les premiers prix d’opéra et de chant et le deuxième prix d’opéra-comique. La même année, il fut engagé à l’Opéra où il débuta Lire la suite…, ObinObin, Louis-HenriLouis-Henri Obin (Ascq/Nord, 4 aout 1820 – Paris, 9 novembre 1895), basse. Il étudia à Lille avec Antoine Ponchard puis au Conservatoire de Paris. Il débuta à l’Opéra de Paris en 1844 et créa avec beaucoup de succès le rôle de Bocchoris de L’Enfant prodigue (Auber, 1850). Il créa le rLire la suite…, RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… qui sera réengagé sans aucun doute, et Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… dont le jeune et beau talent a toute l’ampleur, tout le charme et toute la pureté nécessaires pour l’interprétation de la grande et sublime musique des anciens maîtres. Et qu’on ne vienne pas nous objecter que les chefs-d’œuvre d’une autre époque étant remis en honneur sur notre première scène lyrique, ceux de l’Ecole actuelle auront à souffrir de cette résurrection. Cela ne sera pas ; seulement on en arrivera peu à peu à assainir le goût et le jugement du public, essai tenté depuis plus de vingt ans, mais malheureusement sur une trop petite échelle, par la société des concerts du Conservatoire ; on en arrivera à ne plus faire de l’exclusivisme et du monopole, ce qui, en art surtout, est la pire des choses ; on remettra sur son piédestal telle statue qui n’aurait jamais dû en descendre, les autels abattus seront relevés, les portes du temple seront ouvertes pour les fidèles de toutes les sectes, et la fumée de l’encens ne montera plus au nez d’un seul dieu. Nous applaudissons de toutes nos forces à la décision que le gouvernement vient de prendre, relativement à l’Opéra, et nous serons au comble de nos vœux le jour où cette décision s’étendra à tous les théâtres subventionnés.

M. le directeur de l’Opéra-Comique, en renouvelant l’engagement de Mlle  Caroline Duprez, s’est obligé à jouer dans un bref délai un nouvel opéra composé par l’oncle et le père de la jeune artiste, et dans lequel elle remplira, naturellement, le rôle principal. Cet opéra, qui est en un seul acte, et dont le titre est : Jéliotte [JélyoteJelyote ou Un Passe-temps de duchesseJelyote ou Un Passe-temps de duchesse, opérette en un acte avec récits sur un livret et une musique de Gilbert Duprez et créé dans son théâtre privé au 11 rue Turgot à Paris le 7 avril 1854.Lire la suite…], ou un Passe-temps de duchesseJelyote ou Un Passe-temps de duchesseJelyote ou Un Passe-temps de duchesse, opérette en un acte avec récits sur un livret et une musique de Gilbert Duprez et créé dans son théâtre privé au 11 rue Turgot à Paris le 7 avril 1854.Lire la suite…, a été aussi un passe-temps de famille, et les habitués de la rue Turgot ont eu l’agrément d’aller l’applaudir l’hiver dernier sur la scène que l’illustre ténor vient d’adjoindre à son somptueux hôtel. M. DuprezDuprez, Caroline-FirenziCaroline-Firenzi Duprez (Florence 10 avril 1832 – Pau, 17 avril 1875), soprano. Fille et élève du ténor, Gilbert Duprez, elle chanta à Reims puis au Théâtre-Italien en 1850, Londres en 1851, et Bruxelles en 1851/52 où elle créa le rôle de Joanita dans L’Abîme de la Maladetta composé pLire la suite…, on s’en souvient peut-être, est l’auteur de JoanitaJoanitaJoanita, opéra en trois actes sur un livret d’Edouard Duprez mis en musique par Gilbert Duprez et créé à l’Opéra National (futur Théâtre-Lyrique) le 11 mars 1852.Lire la suite…, opéra-comique en trois actes, joué il y a quelques années au Théâtre-Lyrique, et de la Lettre au bon DieuLettre au Bon Dieu, LaLa Lettre au Bon Dieu, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Eugène Scribe et Frédéric de Courcy mis en musique par Gilbert Duprez et créé à l’Opéra-Comique le 28 avril 1853.Lire la suite…, opéra-comique en deux actes, représenté au théâtre de la rue Favart il y a à peu près un an aujourd’hui.

M. Jules SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite…, directeur du Théâtre-Lyrique, vient de mourir, frappé jeune encore par une maladie contre laquelle les efforts de la science sont souvent impuissants ; nous avions été à même d’apprécier dans nos relations avec M. SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… toute la bienveillance de son caractère, la rectitude de son jugement et la distinction de son esprit ; c’était à la fois un excellent administrateur et un homme du monde. Tous les artistes qui ont approché M. SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite…, tous ceux qui l’ont connu le regrettent sincèrement ; il est mort après avoir mis son théâtre sur la voie du succès et de la fortune, et au moment où il allait obtenir la subvention qu’il avait si bien méritée. Il est probable que le gouvernement reportera sa sollicitude sur le successeur de M. Seveste, et que la première chose qu’il rappellera au nouveau directeur, c’est que le Théâtre-Lyrique est avant tout le théâtre des jeunes compositeurs ; nous n’ignorons pas que cela froisse bien des intérêts et bien des amours-propres, mais il faut que chacun ait sa petite place au soleil et que les nouveaux venus ne soient pas systématiquement écartés de la route ou jetés pêle-mêle dans l’ornière. La position de M. le directeur de l’Opéra-Comique est nettement dessinée : il doit donner asile dans son théâtre aux compositeurs les plus célèbres, et ceux-ci se chargent sans peine de défrayer la scène de la quantité de pièces en trois actes que le directeur est tenu de représenter. M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… doit en outre, d’après son cahier des charges, jouer un certain nombre de petits actes composés par des prix de Rome ; cela fait, il n’est plus obligé à rien, pas même à faire mettre des cravates blanches aux musiciens de l’orchestre. Mais les obligations imposées au directeur du Théâtre-Lyrique sont, à notre avis, beaucoup plus délicates, beaucoup plus difficiles à remplir ; il faut que ce directeur soit à la fois un administrateur habile et un juge éclairé qui se préoccupe tout autant du talent d’un compositeur que de son acte de naissance ; il faut qu’il tende la main aux jeunes gens, sans repousser pour cela les hommes éminents qui peuvent donner du relief à son théâtre par l’éclat de leur réputation et la maturité de leur talent. Voilà ce qu’avait fait M. SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite…, et voilà la ligne de conduite tracée à son successeur ; nous aimons à croire qu’il ne s’en écartera pas.