L’Athenæum français, 15 juillet 1854, p. 654-655 (article signé E. Reyer).

Théâtres. – chronique musicale.

Théâtre de l’Opéra-Comique : Les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de M. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et de feu Jules LorinLorin, JulesJules Lorin (ca. 1825 – Paris, 16 novembre 1853), poète, auteur dramatique et librettiste. Il publia un premier recueil de poésies, Chansons (1848). En 1851, il écrivit son premier livret d’opéra-comique en collaboration avec Victor Perrot, Le Visionnaire ou Les Fiancés bretons, mis en musiquLire la suite…, musique de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…. — M. SévesteSéveste, EdmondSébastien dit Edmond Séveste (Paris, 4 mai 1799 – Paris, 28 février 1852), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Il devint brièvement directeur de la Comédie Française puis, avec son frère, Jules Séveste, il fonda leLire la suite… [Seveste]. — Réorganisation de l’Opéra.


Un jour que l’ânier Geronimo dormait au soleil sous le balcon de la signora Nantina, la jeune fille le trouva beau et bien fait et lui jeta une orange à la tête. L’ânier se réveilla, mangea l’orange et devint amoureux de la belle. Nantina, élevée par une marquise, ignorait le secret de sa naissance ; ce secret lui fut révélé, et quand elle eut appris qu’elle était une simple trovatelleTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… retirée par une main charitable du couvent de l’Annunciado, elle se laissa aller sans crainte à ses goûts anti-aristocratiques et partagea la passion du lazzarone. La marquise eut beau protester contre une pareille inclination, Nantina laissa parler la vieille et n’écouta que son cœur. Voilà comment la jolie trovatelle épousa l’ânier Geronimo. Nos lecteurs ont sans doute pénétré le sens de l’italianisme trovatelleTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, qui signifie enfant trouvée.

Les auteurs de ce libretto n’ont pas eu l’intention de concourir pour le prix de morale fondé par M. Léon Faucher Faucher, LéonLéon Faucher (Limoges, 8 septembre 1803 – Marseille, 14 décembre 1854), homme politique et économiste. Il écrivit des articles défendant la liberté commerciale dans Le Courrier français dont il devint rédacteur en chef en 1839. Il fut appelé au ministère de l’Intérieur en 1848, aprèsLire la suite…; ils ont voulu tout bonnement faire une pièce amusante, légère, très-légère, et autant que possible dans le sentiment des habitués du théâtre de M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…. Nous aimons à croire qu’ils ont complètement réussi.

Comme la scène se passe à Naples, il n’est pas étonnant que la partition des TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… soit colorée d’un chaud rayon du soleil italien. M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… arrive de Rome, où il a été envoyé en 1848 après avoir obtenu le premier prix de l’Institut ; il a donc en poche un brevet de capacité qui le met à l’abri des railleries et des épigrammes des augures rigides et solennels desservant le temple de la rue Bergère, et dont les décrets sont autorisés dans un certain monde. La science musicale de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… et ses connaissances dans l’art de la fugue et du contre-point ne pouvant être révoquées en doute, la critique n’a plus à s’occuper de lui qu’au point de vue de la mélodie et de l’orchestration de son œuvre. Quant à ce que l’on est convenu d’appeler l’intelligence de la scène et le sentiment dramatique, nous ne savons pas au juste à quel degré l’auteur des TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… les possède aujourd’hui, ce sont des qualités que l’expérience seule peut donner, et M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… n’en est encore qu’à son premier ouvrage.

Les morceaux que nous avons le plus particulièrement remarqués dans la partition du jeune lauréat sont : l’introduction, d’une allure vive et entraînante ; un duo entre Geronimo et Nantina qui renferme de très-jolis motifs ; l’air du lazzarone ; un quatuor parfaitement traité et dans lequel il y a de charmants couplets dits par Geronimo ; puis les strophes de l’improvisateur Belle trovatelleTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, accompagnées par le chœur. Cette page finale est, à notre avis, la meilleure de l’ouvrage ; elle est empreinte d’une grâce, d’une fraîcheur et d’une couleur locale qui ont produit sur le public l’impression la plus favorable.

Malgré quelques réminiscences, malgré certaines formules italiennes légèrement usées et un peu trop d’uniformité dans le rhythme, la partition de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… porte en elle un cachet d’individualité que nous constatons avec d’autant plus de plaisir que c’est là un mérite fort rare par le temps qui court. Nous devons signaler dans l’orchestre des détails très-intéressants, de fines harmonies et d’heureuses combinaisons de timbre, une intelligente sobriété dans l’emploi des instruments de cuivre et l’absence complète de la grosse caisse et des cymbales. Vraiment ces instruments-là n’étaient guère nécessaires pour peindre la petite bluette sentimentale inventée par notre ami Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et écrite par lui avec toute la verve et toute la gaieté d’un conteur italien élevé dans des doctrines beaucoup moins décolletées que celles de FanghieriFanghieriPeut-être que Reyer se trompe et veut parler de Pietro Fortini (Sienne, après 1496 – Sienne, 22 janvier 1562) dont il survit un cycle de nouvelles érotiques Novelle dei Novizi.Lire la suite… ou de Boccace.

Le petit opéra de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… est agréablement joué par Mme FélixFélix, Flore-Léontine dite Mme FélixFlore Léontine Mélotte épouse Félix (Paris, 26 mars 1815 – Paris, 18 juin 1860). Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant en 1835 et fut engagée la même année au théâtre des Arts à Rouen. Elle épousa l’acteur Pierre-Félix-Alexandre-Ursule CellerieLire la suite…, Mlle DecroixDecroix, Marguerite Jeanne CamilleMarguerite Jeanne Camille Decroix (Lyon, 11 janvier 1828 – ?) Après avoir débuté à l’éphémère Opéra-National au Cirque Olympique du Boulevard du Temple dirigé par Adolphe Adam (15 Nov. 1847 au 13 Mars 1848), elle chanta à l’Opéra-Comique de 1848 à 1860. Elle débuta dans le rôle de Lire la suite…, MM. Delaunay-RicquierDelaunay-Riquier, Edmond-Jules Riquier ditEdmond Jules Riquier dit Delaunay-Riquier (Lille, 29 septembre 1826 – Lille, 17 octobre 1899), ténor puis baryton. Il commença ses études à Lille et les termina au Conservatoire de Paris en 1850. Il fut immédiatement engagé comme ténor à l’Opéra-Comique, où il chanta dans plusieurs créaLire la suite…, NathanNathan, ElieElie Nathan (Hambourg, janvier 1822 – Paris, 28 octobre 1884), Basse. Il fit ses études au Conservatoire de Paris ou il obtint un accessit d’opéra-comique en 1847 et débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1847 dans L’Ambassadrice (Auber). Il fit toute sa carrière à l’Opéra-comique où ilLire la suite… et Ponchard. Le théâtre de M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… voulant passer très-rapidement, comme cela lui arrive quelquefois, d’un succès à un autre, va faire suivre la Fiancée du diableFiancée du Diable, LaLa Fiancée du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Hippolyte Romand mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 5 juin 1854.Lire la suite… de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, ouvrage qui n’en est encore qu’à sa douzième représentation, d’un nouvel opéra en trois actes de M. Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite…. C’est aussi par un opéra de M. Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… que se fera la réouverture du Théâtre-Lyrique. Ici nous ne pouvons nous dispenser d’exprimer le profond sentiment de tristesse que nous avons éprouvé en apprenant la mort du directeur de ce théâtre, où nous étions accueilli avec tant de bienveillance il y a quelques jours à peine. M. Jules SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… avait succédé, il y a deux ans, à son frère Edmond, enlevé comme lui dans toute la force de l’âge par une maladie contre laquelle la science est trop souvent impuissante. Comme administrateur, M. Jules SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… avait donné des preuves de talent et d’habileté qui le feront regretter de tous les artistes ; comme homme, il était généralement estimé par tous ceux qui, ayant été mis en relations avec lui, avaient pu apprécier le charme de son esprit, l’élévation et l’affabilité de son caractère. Le successeur de M. Jules SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… n’est pas encore désigné, mais les concurrents sont nombreux, et nous ne doutons pas que les uns comme les autres n’apportent les titres les plus éloquents et les intentions les plus louables à l’appui de leurs prétentions.

L’Académie de musique est maintenant régie par l’État, qui a pris à sa charge le passif de M. RoqueplanRoqueplan, Louis-Victor-NestorLouis-Victor-Nestor Roqueplan (Monreal/Aude, 16 septembre 1820 – Paris, 24 avril 1870), journaliste, directeur. Il vint à Paris en 1825 et s’engagea dans une carrière de journaliste. Il fut rédacteur en chef du Figaro où en 1830 il s’opposa aux ordonnances de Charles X. Pour La Presse et au Lire la suite…. Notre première scène lyrique est placée sous la surveillance d’un conseil composé d’une vingtaine de membres, et les fonctions de directeur restent confiées à M. Nestor Roqueplan.