Grétry, André-Ernest-Modeste

André-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui permit de se rendre à Rome où il compléta sa formation avec Giovanni Casali et composa ses quatuors à cordes opus 3 et un intermezzo joué au carnaval de 1765, La Vendemmiatrice. En 1766 il séjourna à Genève où il composa son premier opéra-comique, Isabelle et Gertrude. Il y fit la connaissance de Voltaire à Ferney. L’année suivante il s’installa à Paris où son protecteur, le comte de Creutz, ministre de Suède, le présenta à Marmontel. Grétry et Marmontel triomphèrent avec Le Huron (1768), Lucile (1769), Sylvain (1770), L’Ami de la maison (1771) et surtout Zémire et Azor (1771) et La Fausse magie (1775). Avec des livrets écrits par d’autres écrivains, Grétry connut également du succès : Le Tableau parlant d’Anseaume (1769), Les Deux avares de Fenouillot de Falbaire (1770), Le Jugement de Midas (1778), L’Amant Jaloux (1778) et Les Evènements imprévus (1779), tous trois de Hèle, et L’Epreuve villageoise (1784) de Desforges. A l’Opéra, Grétry connut le succès avec deux livrets de Morel de Chédeville, La Caravane du Caire (1783), et Panurge dans l’île des lanternes (1785). Mais grâce aux livrets de Sedaine, Grétry approfondit son style dans Le Magnifique (1773), Aucassin et Nicolette (1779), et surtout Richard Cœur-de-Lion (1784), Le Comte d’Albert (1786), Raoul Barbe-bleue (1789) et Guillaume Tell (1791). Des œuvres écrites pendant la révolution et plus tard seul Anacréon chez Polycrate (1797) se maintint assez durablement au répertoire. Grétry publia ses mémoires en 1789 et 1797 qui sont une très riche source de renseignements sur ses œuvres et ses conceptions dramaturgiques. Sources : The New Grove Dictionary of Music and Musicians ; M. Honegger: Dictionnaire de la musique.