Le Courrier de Paris, 29 avril 1857, [p. 1-2] (article signé E. Reyer).
Revue musicale.

Au Théâtre-Lyrique qui reprend Oberon [Obéron], l’Opéra-Comique répond par Joconde. Et c’est ainsi qu’une concurrence intelligente entre deux théâtres rivaux tourne à l’avantage du public. Je ne veux pas insinuer par là que ceux qui aiment la musique de Weber iront le lendemain applaudir celle de NicoloIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite… ; mais s’il y a un public pour Oberon, croyez bien qu’il y aura un public plus nombreux encore pour Joconde : c’est de la musique éminemment française, de la gaîté française, de l’esprit français, comme on n’en fait plus aujourd’hui, malheureusement ! disent en soupirant les contemporains de M. Etienne.
Le BAILLI, à Jeannette.
Je suis l’ami de ton père depuis dix-sept ans : tu n’étais pas encore née, ma petite….. eh ! eh ! eh !
JEANNETTE, au comte Robert et à Joconde.
Ma mère et le bailli sont bien…
J’espère que j’aurai la rose.
Y avait-il une censure en 1814 ? Je crois bien que oui. Mais un demi-siècle a passé sur ces aimables grivoiseries : elles ont fait rire nos mamans, et c’est par respect filial que nous en rions aussi. J’ajouterai que Mlle Lefebvre a une petite mine si futée, qu’il y a tant de finesse et de malice dans son joli sourire, que les gaillardises de M. Etienne se trouvent soulignées en passant par les blanches dents de la charmante actrice. C’était comme cela, m’a-t-on dit, du temps de Mme GavaudanGavaudan, Marie-AlexandrineMarie-Alexandrine Ducamel épouse Gavaudan dite Mme Gavaudan (Paris, 15 septembre 1781 – Passy, 24 juin 1850), soprano. Après des études à Paris, elle épousa le célèbre ténor de l’Opéra-Comique Jean-Baptiste Gavaudan. Elle fit toute sa carrière à l’Opéra-Comique sous le nom de MmeLire la suite…, qui a créé le rôle de Jeannette ; Mme GavaudanGavaudan, Marie-AlexandrineMarie-Alexandrine Ducamel épouse Gavaudan dite Mme Gavaudan (Paris, 15 septembre 1781 – Passy, 24 juin 1850), soprano. Après des études à Paris, elle épousa le célèbre ténor de l’Opéra-Comique Jean-Baptiste Gavaudan. Elle fit toute sa carrière à l’Opéra-Comique sous le nom de MmeLire la suite… était une femme légèrement grasse, mais vive et enjouée, dont le regard était séduisant et la voix extrêmement sympathique ; elle chantait avec beaucoup de goût et sans trop de méthode, ce qui ajoutait au charme de son talent. A l’Opéra-Comique, les grandes cantatrices sont tout à fait inutiles, et dans aucun temps, du reste, elles n’y ont abondé. D’après le portrait qui m’a été fait de Mme GavaudanGavaudan, Marie-AlexandrineMarie-Alexandrine Ducamel épouse Gavaudan dite Mme Gavaudan (Paris, 15 septembre 1781 – Passy, 24 juin 1850), soprano. Après des études à Paris, elle épousa le célèbre ténor de l’Opéra-Comique Jean-Baptiste Gavaudan. Elle fit toute sa carrière à l’Opéra-Comique sous le nom de MmeLire la suite… par un de ses plus fervens admirateurs, il me paraît qu’on doit trouver plus d’un point de ressemblance entre elle et Mlle Lefebvre, en s’aidant, bien entendu, de l’illusion de la scène.
A côté de Mme GavaudanGavaudan, Marie-AlexandrineMarie-Alexandrine Ducamel épouse Gavaudan dite Mme Gavaudan (Paris, 15 septembre 1781 – Passy, 24 juin 1850), soprano. Après des études à Paris, elle épousa le célèbre ténor de l’Opéra-Comique Jean-Baptiste Gavaudan. Elle fit toute sa carrière à l’Opéra-Comique sous le nom de MmeLire la suite… brillait Mme BoulangerBoulanger, Marie-JulieMarie-Julie Hallinger épouse Boulanger (Paris, 29 janvier 1786 – Paris, 23 juillet 1850), mezzosoprano. Mère du compositeur Henri-Alexandre-Ernest Boulanger, et grand-mère de Lili et Nadia Boulanger, elle entra au Conservatoire de Paris en 1806 et étudia avec Charles-Henri Plantade et Pierre-JeaLire la suite…, la mère d’un de nos plus aimables compositeurs, morte il y a quelques années seulement. Joconde, c’était MartinMartin, Nicolas-Jean-BlaiseNicolas-Jean-Blaise Martin (Paris, 24 février 1768 – Ronzières près de Lyon, 28 octobre 1837), baryton aigu. Après des débuts en 1789 dans Le Marquis de Tulipano (Paisiello), il fut engagé en 1801 à l’Opéra-Comique, où il fit toute sa carrière. Sa voix de baryton très étendue lui perLire la suite…, et MartinMartin, Nicolas-Jean-BlaiseNicolas-Jean-Blaise Martin (Paris, 24 février 1768 – Ronzières près de Lyon, 28 octobre 1837), baryton aigu. Après des débuts en 1789 dans Le Marquis de Tulipano (Paisiello), il fut engagé en 1801 à l’Opéra-Comique, où il fit toute sa carrière. Sa voix de baryton très étendue lui perLire la suite…, c’est le chanteur dont le nom brille du plus vif éclat dans les fastes de l’Opéra-Comique. Une reprise de Joconde avait déjà eu lieu, il y a une quinzaine d’années : je doute qu’elle ait été aussi fructueuse que le sera celle-ci. Aujourd’hui, la musique ancienne est en grande vogue, quelle qu’elle soit. Nous sommes disposés, je ne sais pourquoi, aux enthousiasmes rétrospectifs, aux éclatantes réparations. Quand je parle de réparations, ce n’est certes pas à NicoloIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite… que je songe. Celui-là a eu du succès sa vie durant, on peut le dire, et bien que la société  Henrichs ne fût pas encore inventée à cette époque, il a touché de fort beaux bénéfices. Il est vrai qu’il s’était fait lui-même son propre éditeur. La vente des morceaux et des partitions de Joconde, seulement, a rapporté, pendant plusieurs mois, près ou plus de 60,000 francs. Et avec cela une gloire, une popularité que bien peu de compositeurs ont connue. Aucune production moderne ne peut donner une idée du succès de cet air :
J’ai longtemps parcouru le monde,
Et l’on m’a vu de toute part
Courtiser la brune et la blonde…
Je n’ai jamais pu retenir le quatrième vers. Tous les commis-voyageurs ont chanté cela à une quantité innombrable de soubrettes, de servantes d’auberge et de duchesses voyageant incognito. Et tous entraient d’autant plus aisément dans la peau du héros, qu’ils étaient eux-mêmes des coureurs d’aventures. Les Coureurs d’aventures, c’est le sous-titre de Joconde, comme l’Enfant du mystère est le sous-titre de Cœlina : l’Opéra-Comique n’a eu garde de l’oublier sur l’affiche. Je n’ai pas besoin de dire que le poème d’Etienne n’a rien de commun avec le conte de LafontaineLa Fontaine, Jean deJean de La Fontaine (Château-Thierry, 9 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695), poète. Il est renommé pour ses fables et dans une moindre mesure pour ses contes, qui ont cependant inspiré plusieurs opéras-comiques dont Le Magnifique (Grétry, 1773), Le Frère Philippe (Dourlen, 1818) et La ColoLire la suite… [La Fontaine]La Fontaine, Jean deJean de La Fontaine (Château-Thierry, 9 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695), poète. Il est renommé pour ses fables et dans une moindre mesure pour ses contes, qui ont cependant inspiré plusieurs opéras-comiques dont Le Magnifique (Grétry, 1773), Le Frère Philippe (Dourlen, 1818) et La ColoLire la suite… ; on le sait de reste. La seule scène qui ait été conservée a peu près intacte, c’est la scène du rendez-vous : Etienne l’a gazée autant que les convenances le lui commandaient ; mais en y regardant d’un peu près, on aperçoit çà et là quelques petits trous à la gaze.
Avant de se fixer en France, NicoloIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite… avait voyagé en Italie pour le compte d’une maison de banque à laquelle il était attaché ; l’étude des maîtres développa ses heureuses dispositions pour la musique et lui rendit familières certaines formules inhérentes à l’école italienne, qui se retrouvent, du reste, à chaque page de son œuvre. Il s’occupa fort peu de fugue et de contrepoint ; il écrivait au courant de la plume, sans s’inquiéter bien sérieusement des négligences de style, des incorrections d’harmonie qui pouvaient lui échapper ; il avait de jolies idées, de la verve et une très grande fécondité ; malheureusement, il mourut jeune : 1818 est, je crois, la date de sa mort ; il avait alors quarante et un ans. NicoloIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite… était né à Malte de parens français ; son véritable nom est Nicolas IsouardIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite… ; il vint à Paris pour la première fois, en 1799 ; la plupart de ses ouvrages ont été composés pour l’Opéra-Comique et il en a écrit une trentaine au moins ; les plus connus et les plus appréciés sont : le Médecin turc, Jeannot et Colin, les Rendez-vous bourgeois, Cendrillon et Joconde, Aladin ou la Lampe merveilleuse, opéra en trois actes, fut laissé inachevé : il y travaillait lorsqu’il mourut. Cet ouvrage a été terminé par BenincoriBenincori, Angelo MariaAngelo Maria Benincori (Brescia, 28 mars 1779 – Paris, 30 décembre 1821), compositeur et violoniste. Il fut l’élève du virtuose Alessandro Rolla à Parme et joua à la cour de cette ville à l’âge de sept ans. Son premier opéra, Nitteti, fut joué à Rome vers 1797 et à Vienne en 1800. De Lire la suite….
La Biographie des Musiciens, de M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, peut-être consultée par ceux qui voudraient en savoir davantage sur ce compositeur très populaire, et dont BoïeldieuBoieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à  Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite… [Boieldieu]Boieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à  Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite… a eu le tort d’être un peu jaloux. On prétend que Joconde n’est pas son chef-d’œuvre : c’est bien possible ; il y a cependant dans cette partition des morceaux d’une valeur incontestable, surtout sous le rapport mélodique ; quelques-uns ont singulièrement vieilli et paraissent tirés de cette boîte aux banalités d’où sont sorties tant de cavatines italiennes. A part quelques jolis effets de timbre, l’instrumentation n’offre rien de piquant ; mais elle a cela de bon qu’elle n’absorbe pas l’attention au préjudice du chanteur. On n’y a rien ajouté, et on a bien fait.
Je voudrais pouvoir en dire autant de la mélodie ; il me faudrait oublier, pour cela, certains agrémens d’un goût douteux, certains traits alla moderna qui passent partout aujourd’hui, qui ont la prétention de tout embellir et qui gâtent tout : j’en laisse la responsabilité à qui de droit. Le grand succès de Joconde accompagnera maintenant le grand succès de Psyché, et la roue de la fortune continuera à tourner dans ce bienheureux théâtre de l’Opéra-Comique, où elle reçoit chaque jour une impulsion plus vive. A l’heure qu’il est, tout Paris sait déjà que les décors de Joconde sont merveilleux, et il est inutile que j’insiste sur ce point, quelque important qu’il puisse être.
On annonce deux nouveautés : La Clé des champs, de M. Deffès, prix de Rome ; et Sylvia (c’est du moins le titre provisoire), dont la musique est de M. ReberReber, Napoléon-HenriNapoléon-Henri Reber (Mulhouse, 21 octobre 1807 – Paris, 24 novembre 1880), compositeur. Il entra au Conservatoire de Paris en 1828 où il fut l’élève de Lesueur pour la composition. Il fut nommé professeur d’harmonie au Conservatoire en 1851 et de composition en 1862 à la suite d’HalLire la suite…. Le principal rôle de cet ouvrage sera confié à Mme Cabel, si comme il est permis de le supposer, Mme Duprez-Vandenheuvel est forcée de se tenir pendant quelque temps éloignée de la scène.
Entre ces deux ouvrages, peut-être fera-t-on une petite place à un acte bouffe de MM. de LeuwenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite… [Leuven]Leuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite… et Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite…, les auteurs de Flore et Zéphir [Zéphire], la pièce centenaire du Théâtre-Lyrique.
Maintenant, si vous avez assez de courage pour recevoir à bout portant et sans sourciller une bien mauvaise nouvelle, je vous annoncerai que BatailleBattaille, Charles-AmableCharles-Amable Battaille (Nantes, 30 septembre 1822 – Paris, 2 mai 1872), Basse. Après des études de médecine à Nantes, il vint à Paris et étudia au Conservatoire avec Manuel Garcia. Il obtint les premiers prix de chant, d’opera et d’opéra-comique en 1847 et débuta en 1848 à l’Opéra-CoLire la suite… [Battaille]Battaille, Charles-AmableCharles-Amable Battaille (Nantes, 30 septembre 1822 – Paris, 2 mai 1872), Basse. Après des études de médecine à Nantes, il vint à Paris et étudia au Conservatoire avec Manuel Garcia. Il obtint les premiers prix de chant, d’opera et d’opéra-comique en 1847 et débuta en 1848 à l’Opéra-CoLire la suite… quitte définitivement l’Opéra-Comique. Où va-t-il ? Je n’en sais rien : ce n’est pas aux Bouffes-Parisiens, j’imagine.
J’ai commencé mon article par Joconde, parce que c’est là l’évènement du jour ; l’œuvre de M. Edouard [Edmond] MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite… ne saurait prétendre à avoir le pas sur celle de NicoloIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite…. François Villon sert de lever de rideau à Marco Spada, un ballet, et ce n’est pas la première fois qu’un opéra jouit de cet honneur insigne de devenir 1’accessoire timide et presque inaperçu de l’œuvre chorégraphique en vogue.
Guillaume Tell, le Philtre, Lucie…. et le Freyschütz [Freischütz] ont eu plus d’une fois le même sort ; cela c’est vu il n’y a pas longtemps, et cela se verra encore ; d’ailleurs l’Opéra ne peut mentir à son vrai titre, qui est celui-ci : Académie impériale de musique et de danse. Il faut donc à l’Opéra de la danse et de la musique, et comme les amateurs de danse sont nombreux, qu’ils sont gens du bel air, pleins d’enthousiasme et ayant pour les artistes toutes sortes d’encouragemens, on fait acte de courtoisie et de déférence à leur égard en donnant de temps en temps à la danse le pas sur la musique.
Cet usage (car c’est un usage) n’a guère qu’un inconvénient, mais il est assez sérieux pour qu’il me soit permis de le signaler : l’œuvre dramatique qui précède un ballet commence dans le vide et finit au milieu de l’indifférence des premiers venus, de ceux qui achèvent de digérer dans leur fauteuil d’orchestre et essuyent les verres de leur lorgnette en attendant que la toile se lève sur la chose principale de la soirée, le ballet. Si un opéra de petite dimension servait de lever de rideau à un opéra plus important (il faudrait alors réduire à trois actes ou à quatre les opéras en cinq actes), cet inconvénient disparaîtrait en partie, parce que la soirée ne serait plus composée de deux élémens tout à fait dissemblables qui attirent deux publics de mœurs et de goûts tout à fait différens. Je ne voudrais pas que ce que je dis eût l’air d’un conseil à l’adresse de M. le directeur de l’Opéra : M. RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… est un homme d’une habileté et d’une intelligence reconnues ; il sait bien mieux que moi ce qu’il doit faire et ce qu’il peut faire.
Le poème de François Villon est de M. GotGot, Francois-Jules-EdmondFrançois-Jules-Edmond Got (Lignerolles/ Orne, 1er octobre 1822 – Boulainvilliers, 20 mars 1901), acteur comique. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de comédie en 1843. Il débuta l’année suivante à la Comédie Française, et fut reçu sociétaire en 1850. Il partiLire la suite…, sociétaire du Théâtre-Français, amateur de peinture et de poésie, qui joue la comédie dans ses momens perdus, et qui la joue en artiste. Je n’ai jamais vu M. GotGot, Francois-Jules-EdmondFrançois-Jules-Edmond Got (Lignerolles/ Orne, 1er octobre 1822 – Boulainvilliers, 20 mars 1901), acteur comique. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de comédie en 1843. Il débuta l’année suivante à la Comédie Française, et fut reçu sociétaire en 1850. Il partiLire la suite… que dans des bouts de rôle, et il me semble qu’il n’occupe pas au Théâtre-Français la place à laquelle son talent lui donne le droit de prétendre.
Les Enfans sans-souci célèbrent la fête du roi Louis XI ; je devrais peut-être dire Louis le onzième, mais je ne me pique pas de parler comme un dramaturge de l’Ambigu. Les clercs d’alors avaient la joie plus bruyante que les clercs d’aujourd’hui, et leur bourse était plus légère : aussi l’aubergiste GauthierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite… se bouche-t-il les oreilles, et refuse-t-il de leur faire crédit. Villon paraît, jette de l’or à l’hôtelier, fait servir à souper, et les vociférations des clercs se changent en joyeux vivats. Villon devait être pendu ; il a adressé un dizain au roi de France, et le roi de France lui a fait grâce de la corde, en accompagnant cet acte de clémence……… Vraiment, je ne saurais pousser mon analyse plus loin sans tomber dans des redites. On me remet à l’instant le feuilleton de mon spirituel confrère, M. de BelloyBelloy, Auguste, Marquis deAuguste, marquis de Belloy (Toulon, 10 février 1812 – Dromesnil/ Somme, 15 avril 1871), journaliste. Il fut critique d’art à L’Assemblée Nationale (1853-1857), au Journal de Paris (1857) puis à L’Illustration (1859-1863). Il écrivit des pièces de théâtre dont Karel Dujardin (Odéon, Lire la suite…, qui a pris les devans, et qui a fait du libretto de M. GotGot, Francois-Jules-EdmondFrançois-Jules-Edmond Got (Lignerolles/ Orne, 1er octobre 1822 – Boulainvilliers, 20 mars 1901), acteur comique. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de comédie en 1843. Il débuta l’année suivante à la Comédie Française, et fut reçu sociétaire en 1850. Il partiLire la suite… un compte-rendu auquel je n’ai rien à ajouter. Je me félicite seulement d’être arrivé trop tard.
La partition de M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite… n’est pas l’œuvre d’un débutant, cela se sent dès les premières mesures de l’introduction. Il y a dans cette musique de la verve, de l’originalité et une entente réelle des lois de l’orchestre, qualités précieuses et assez rares aujourd’hui ; les chœurs ont beaucoup d’entrain, les mélodies, un peu clair-semées, peut-être, ont du charme et de la distinction ; il m’a semblé que M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite… abusait parfois des instrumens à percussion et des cuivres. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… n’a pas manqué de le lui reprocher, mais je n’insisterai pas là-dessus. Il y a à l’Opéra des précédens que je ne veux pas spécifier davantage aujourd’hui, et qui autorisent les nouveaux venus à se laisser aller à ces sortes d’abus : GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite… a écrit ceci : « Montrez-vous sobre, avare même dans l’emploi des instrumens de la petite harmonie (il ne parle même pas des trombones et de la grosse caisse !) vous verrez que dans l’occasion vous jouirez du fruit de vos épargnes. » GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite… avait raison, bien que l’Opéra-Comique lui ait donné tort en faisant ajouter à la partition de Richard Cœur-de-Lion, des trémolos et des trombones. J’aime le progrès en toutes choses, mais en toutes choses aussi je suis l’ennemi de l’exagération ; en musique, je ne confonds pas la sonorité avec le bruit, et évidemment j’ai tort contre une foule d’autres.
En habituant nos oreilles à d’étranges tumultes, nous nous rendons inhabiles à comprendre les grandes œuvres des anciens maîtres chez lesquels la grandeur de l’idée était la chose principale, ceux qui arrivaient aux plus grands effets par les moyens les plus simples ; dans Iphygénie [Iphigénie] en Tauride, par exemple, le chœur des Scythes, accompagné seulement par le quatuor, un triangle et un tambour, est d’une férocité, d’une énergie qui n’ont pas encore été dépassées : la majesté imposante du Tuba mirum de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, s’accommode parfaitement d’un seul trombone. Je reviens à M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, et j’espère qu’il me pardonnera cette digression, cette boutade qui n’est pas exclusivement à son adresse. Les couplets chantés par Gosseyn, le compagnon de Villon  et accompagnés par le chœur des Enfans sans-souci sont francs d’allure ; j’aime moins le De profundis burlesque chanté en l’honneur du poète : je le trouve d’une gaieté trop triste ; quant à l’air de Villon qui se termine par une belle phrase, très ample, très mélodique, on est trop longtemps à savoir si c’est un air ou un récitatif.
Je citerai avec éloges les couplets d’Aïka, la bohémienne, le duo entre Aïka et Villon, qui est peut-être le morceau capital de la partition, puis une jolie romance accompagnée par le violoncelle. On ne dira plus maintenant, en parlant de M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, l’auteur de Page, écuyer et capitaine ; on l’appellera l’auteur de François Villon. Le succès de cet ouvrage m’a vivement intéressé, et j’ai tâché, en en rendant compte, de ne pas tromper les pressentimens de mon confère.
Mlle Delisle, que j’entendais pour la première fois, a très agréablement joué le rôle d’Aïka ; cette jeune personne me paraît avoir devant elle un bel avenir : elle est fort jolie ; le timbre de sa voix est plein de fraîcheur et des plus sympathiques ; le public l’a rappelée, sinon pour l’entendre encore, du moins pour la revoir.
Quelques jours après, j’assistais au début de Mlle de La PommerayeLa pommeraie, Anne-Celine-Ernestine Berdalle deAnne-Célina-Ernestine Berdalle de Lapommeraie (Rouen, 23 novembre 1834 – Paris, 11 avril 1886), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 3eme accessit d’opéra-comique, un 2eme accessit de chant et un 1er prix d’opéra en 1855. Elle est engagée à l’Opéra où elle se pLire la suite… dans La Reine de Chypre. Les lauriers que Mlle de La PommerayeLa pommeraie, Anne-Celine-Ernestine Berdalle deAnne-Célina-Ernestine Berdalle de Lapommeraie (Rouen, 23 novembre 1834 – Paris, 11 avril 1886), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 3eme accessit d’opéra-comique, un 2eme accessit de chant et un 1er prix d’opéra en 1855. Elle est engagée à l’Opéra où elle se pLire la suite… a conquis au Conservatoire lui ont ouvert les portes de l’Opéra.
C’est une belle jeune fille, très grande, très mince, et cependant des plus gracieuses : sa  voix est celle d’un mezzo soprano ; elle a de l’égalité et de la souplesse, du mordant aussi. Cependant on a poussé de tels cris, depuis quelque temps, dans cette immense salle de l’Opéra, que je ne serais pas étonné d’apprendre que la voix de Mlle de La PommerayeLa pommeraie, Anne-Celine-Ernestine Berdalle deAnne-Célina-Ernestine Berdalle de Lapommeraie (Rouen, 23 novembre 1834 – Paris, 11 avril 1886), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 3eme accessit d’opéra-comique, un 2eme accessit de chant et un 1er prix d’opéra en 1855. Elle est engagée à l’Opéra où elle se pLire la suite… a paru insignifiante à quelques-uns. Cela aurait le triste résultat de faire tomber la jeune débutante dans le même travers que certains artistes qui chantent autour d’elle. Si Mlle de La PommerayeLa pommeraie, Anne-Celine-Ernestine Berdalle deAnne-Célina-Ernestine Berdalle de Lapommeraie (Rouen, 23 novembre 1834 – Paris, 11 avril 1886), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 3eme accessit d’opéra-comique, un 2eme accessit de chant et un 1er prix d’opéra en 1855. Elle est engagée à l’Opéra où elle se pLire la suite… est bien conseillée, elle saura résister, et je le lui souhaite de tout  mon cœur. On l’a applaudie au second acte, après la belle romance : le gondolier dans sa pauvre nacelle, qu’elle a dite avec beaucoup d’expression ; on l’a applaudie aussi après le grand duo qu’elle chante avec Gérard, et dans lequel elle laissé voir d’excellentes qualités dramatiques ; on l’a applaudie encore au cinquième acte, et on l’applaudira bien davantage quand elle sera familiarisée avec son public, le public le plus redoutable de l’univers.
La reprise de la Reine de Chypre, l’une des meilleures partitions de M. HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite… servira de prélude au grand opéra en cinq actes du même maître, qui nous est promis pour le commencement de l’hiver prochain. Et ce n’est pas le seul évènement que j’aie à signaler dans un avenir lointain. Je vois poindre à l’horizon, pur de tout nuage, un autre grand opéra en cinq actes, dont le poème et la musique sont de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. Heureux le compositeur qui peut écrire lui-même son poème ! il s’évite ainsi bien des démarches, bien des lenteurs, bien des découragemens, bien des déceptions, et il ne partage ses droits avec personne ; il ne les partage même pas avec lui-même, parce qu’il trouverait cela injuste : il a peut-être mis trois mois à développer son sujet, à l’écrire, et il emploiera près deux années à composer sa partition.
Mais les hommes aussi bien doués que M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… sont rares, et il n’est pas donné à tous les musiciens de pouvoir faire comme lui. J’ai assisté à 1a lecture de son poème : j’ai été ébloui par la magnificence du sujet, par la nouveauté et l’intérêt que l’on rencontre dans les moindres détails. Là, il n’y a pas de ficelles, pas de trucs, point de réminiscences, point de rafistolages : il y a de la poésie et de l’imagination à pleins bords. La musique est prête, elle ne devrait pas attendre.
La Fin du monde, de MM. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… et Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, ne devrait pas attendre non plus, et cependant on parle bien moins que si elle n’existait pas. Maintenant que la comète approche, cet ouvrage serait une véritable actualité. A moins que M. Alphonse RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… ne soit aussi convaincu que M. BabinetBabinet, JacquesJacques Babinet (Lusignan, 5 mars 1794 – Paris, 21 octobre 1872), physicien, mathématicien et astronome français. Babinet est surtout connu pour ses découvertes en optique. Il établit l’Angstrom comme mesure de la lumière en 1827, en employant la longueur d’onde du Cadmium rouge et énonçaLire la suite…, il y songera.
Si je voulais passer en revue tous les artistes qui ont donné des concerts depuis le commencement de la saison, il y aurait bien du monde sous les armes. Je n’en citerai que quelques uns : Mme Farrenc, d’abord, que sa réputation et son talent placent en première ligne ; puis M. et Mme DeloffreMarie-Louise Leger épouse DeloffreMarie-Louise Leger épouse Deloffre (Paris, 24 décembre 1829 – Neuilly-sur-Seine, 26 février 1804), pianiste. Elle épousa le chef d’orchestre et violoniste Adolphe Deloffre le 30 décembre 1847 à Paris. Elle fut une pianiste remarquable qui se produisit avec son mari dans des concerts de musLire la suite…, un violoniste de la bonne école et une charmante pianiste, dont le jeu a une délicatesse, une élégance remarquables. Voici maintenant le jeune Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite… qui s’avance sur l’estrade de la salle Herz.
BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… le tient par la main et le présente au public comme compositeur, le pianiste s’étant déjà présenté lui-même, il y a deux ans. Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite… a pris des leçons de Mme Farrenc et de LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite…, deux écoles qui n’ont aucun point de ressemblance ; Xavier BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite… lui a enseigné les excellentes doctrines de LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…, l’un des plus grands théoriciens que la France ait produits ; en Allemagne, Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite… a travaillé la fugue et le contrepoint avec le savant professeur Schnyder de Wartensée ; joignez à cela une organisation d’élite, et vous ne douterez pas de l’avenir du jeune maître. Son bagage n’est pas lourd, mais il a une valeur réelle : des deux ouvertures que l’orchestre a  exécutées sous la direction d’Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, j’aime mieux la première, bien qu’il y ait peut-être plus de science dans la seconde ; j’aime aussi l’andante de son quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle, et je trouve qu’il y a une singulière originalité dans le scherzo. Le public a fait l’accueil le plus sympathique à chacune de ces productions, que de légers défauts d’inexpérience rendent plus intéressantes encore aux yeux des connaisseurs.
M. RubinsteinRubinstein, AntonAnton Rubinstein (Vikhvatinets/ Ukraine, 28 novembre 1829 – Peterhof/ Russie, 20 novembre 1894), pianiste et compositeur. Il étudia le piano avec A. I. Villoing et fit un tour de l’Europe comme enfant prodige (1840-1843). Sa famille s’installa à Berlin où, de 1844 à 1846, il étudia la comLire la suite… est le plus grand pianiste que la Russie nous ait jamais envoyé ; son concert a eu lieu chez Herz, la semaine dernière ; tous ses confrères parisiens étaient là ; ils applaudissaient à tout rompre ; ils lui criaient bravo comme à une diva italienne, et je me plais à croire qu’il y avait, dans l’enthousiasme de ces messieurs, encore plus de sincérité que de courtoisie.