La Revue française, 10 février 1858, p. 117-128 (article signé Ernest Reyer).

Chronique musicale

Il fut un temps où les jeunes compositeurs, c’est-à-dire les compositeurs inconnus, se plaignaient beaucoup de ne pas avoir un théâtre à eux, un théâtre où ils auraient la possibilité de faire représenter leurs œuvres : on donna un théâtre aux jeunes compositeurs, et les jeunes compositeurs continuèrent de se plaindre. Ils restaient inconnus comme devant, et voyaient avec amertume leurs plus belles années s’enfuir, leur verve se ralentir, leur imagination s’éteindre ; ils se morfondaient à la porte pendant que leurs aînés entraient et prenaient leurs places ; on leur jetait bien de temps en temps quelques miettes du festin, mais cela arrivait si rarement, et les miettes étaient si petites, que les pauvres diables, encore plus affamés le lendemain que la veille, ne se lassaient pas de crier famine.

Pourtant le Théâtre-Lyrique, nouvellement créé, s’appelait de plus en plus le théâtre des jeunes compositeurs. Aimable ironie ! Cela a duré ainsi je ne sais combien d’années. Puis, à un coup de baguette frappé par un directeur magicien, un directeur philanthrope, un directeur ami de la jeunesse, la scène a complètement changé, une métamorphose s’est opérée, et aujourd’hui, parmi les jeunes compositeurs, il n’y a d’inconnus que ceux qui veulent bien l’être. Le directeur qui a accompli ce prodige, c’est M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… ; plus tard il sera peut-être classé au nombre des bienfaiteurs de l’humanité. En attendant, les jeunes gens auxquels il a tendu la main entonnent sur son passage l’hymne de la reconnaissance, et parmi ceux qui se font remarquer par la pureté de leurs accents et l’élan de leur cœur, M. MontuoroMontuoro, AchilleAchille Montuoro ( Naples, ca. 1836 – ?), compositeur. Il composa pour le Théâtre-Lyrique de Paris l’opéra-comique, Les Commères, (Juin 1857). Il retourna en Italie et fut peut-être le directeur qui fut nommé au Théâtre San Carlo de Naples en 1862. Son opéra, Fieschi, fut reçut froidemenLire la suite…, M. Delajarte [de Lajarte], M. Théophile Semet et M. Léo Delibes apparaissent au premier rang. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… gratias ! chantent-ils en recevant leurs bulletins de répétition et en lisant les feuilletons qui saluent leur jeune gloire. Amen, répondrons-nous, car les vœux que nous ne cessions de faire sont exaucés, et une ère nouvelle vient de commencer pour les musiciens qui portent en eux toutes les espérances de l’avenir.

Croira-t-on maintenant qu’il y a eu des esprits assez chagrins, assez injustes, pour oser mettre en doute les bonnes intentions de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, et dire à ceux qui étaient en extase devant le bon côté de la médaille : « Regardez donc un peu l’envers, s’il vous plaît ? On vous jouera, c’est vrai ; mais on vous jouera à six heures, tandis que les quinquets s’allument et que les banquettes sont vides ; on vous donnera un orchestre souvent incomplet et des interprètes qui hier étaient encore des écoliers ou des comparses. Comme vous n’êtes rien pour la recette, la recette ne sera rien pour vous, et si vous invoquez certain article du règlement adopté par la commission des auteurs et compositeurs dramatiques, qui enjoint au directeur du Théâtre-Lyrique d’accompagner toujours la pièce en trois actes, la pièce principale, la pièce à succès, d’ouvrages en un acte, on vous répondra que cet article est abrogé ou qu’il est illusoire. Et, d’ailleurs, un ouvrage en un acte ne compte presque pour rien ; et supposez que ce soit un chef-d’œuvre, il ne fera pas plus pour votre réputation que pour votre fortune. Au bout de quelques jours, il disparaîtra de l’affiche, dont il aura occupé le coin le plus obscur, et on ne parlera plus ni de vous ni de lui, ni de lui ni de vous. Un ouvrage en un acte, c’est la ritournelle à peine écoutée d’une cavatine chantée par la première chanteuse, c’est une bulle de savon, c’est un petit ballon rose dont on coupe la ficelle et qui s’en va on ne sait où. Votre nouveau directeur est un homme jeune comme vous, intelligent comme vous, et nourri dans ce sérail dont vous avez été jusqu’ici les eunuques. Il lui est arrivé peut-être de s’apitoyer sur votre position, et, tout en faisant des démarches pour obtenir son privilège, il s’est bien promis d’être votre protecteur, votre Providence, votre bon génie ; mais, hélas ! dès l’instant où vous le verrez s’asseoir dans le fauteuil directorial, ses généreuses aspirations s’évanouiront, il tressaillera d’épouvante rien qu’en vous entendant marcher dans son antichambre, et il n’aura plus qu’une pensée, celle de suivre les errements de ses devanciers et, sinon de vous repousser, du moins de vous accueillir avec une froide réserve. »

Ah ! comme M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… a su les forcer à se taire, ces méchantes langues, ces calomniateurs, ces mécontents, ces sceptiques ! Aussi, le jour où il sollicitera du gouvernement la récompense due à son habileté, à son dévouement et à ses succès ; le jour où, pour faire arriver son théâtre à l’apogée de la splendeur, il demandera cette subvention à laquelle il rêve comme y ont rêvé ses prédécesseurs ; ce jour-là il peut réclamer hardiment l’appui des jeunes musiciens et montrer avec orgueil une pétition couverte de leurs signatures. Je n’ai cité que quatre de mes confrères, c’est vrai ; mais il y en a d’autres, d’autres qui attendent avec confiance, avec certitude, et parmi ceux-là M. Charles PoisotPoisot, Charles EmileCharles-Emile Poisot (Dijon, 7 juillet 1822 – Dijon, 4 mars 1904), compositeur et pianiste.  Il étudia le piano avec Louis Adam et Camille Stamaty et la composition avec Fromental Halévy. Il fit représenter Le Paysan à l’Opéra-Comique (1850), et publia un Essai sur les musiciens bourguignLire la suite…, M. Eugène OrtolanOrtolan, EugèneEugène Ortolan (Paris, 1er avril 1824 – Paris, 12 mai 1891), compositeur. Tout en étudiant le droit, il étudia la musique au Conservatoire de Paris avec Berton et Halévy et obtint un second Prix de Rome en 1845. En 1849, il fut engagé au Ministère des Affaires étrangères où il fera une carLire la suite…, M. DestribeaudDestribaud, Paul Paul Destribaud [d’Estribaud], (? vers 1828 – ?, 1911), compositeur. Il étudia au Conservatoire avec Hippolyte-Raymond Colet et fit représenter aux Bouffes-Parisiens une opérette en un acte Vénus au moulin d’Ampiphros (1856) et à l’Opéra-Comique Silvio et Silvia (1861). Tous deLire la suite… [d’Estribaud] et M. WekerlinWeckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite…. Pourquoi ne puis-je pas ajouter à ces noms ceux de MM. Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite… et Ferdinand Poise ? L’Opéra-Comique les a enlevés à la sollicitude toute paternelle de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, ces jeunes triomphateurs qui ont dû au Théâtre-Lyrique leurs premiers lauriers ! Reviendront-ils jamais à cette scène qui fut le berceau de leur renommée ? Je le souhaite de tout mon cœur, pour peu que mon souhait leur soit agréable ; mais, s’ils sont persuadés qu’en arrivant à l’Opéra-Comique ils ont fait un pas en avant, comment espérer qu’ils consentiront jamais à faire un pas en arrière ?

Quand il a été bien constaté, par les preuves les plus évidentes, que l’amélioration du sort des jeunes compositeurs était le but incessant des préoccupations de M. Carvalho Carvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…; quand les pièces en trois actes n’ont plus été exclusivement réservées aux membres de l’Institut ou à ceux auxquels une longue série de chefs-d’œuvre et de printemps semblait promettre les palmes vertes, alors la malignité s’est tournée d’un autre côté, et Dieu sait à quelles étranges suppositions elle s’est livrée. Elle n’a pu s’attaquer au talent merveilleux de Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… ; mais ce talent même a servi de thème à toutes sortes de ridicules conjectures : les uns prétendaient que les seules pièces qui auraient du succès au Théâtre-Lyrique seraient celles où Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… remplirait le principal rôle ; les autres disaient que Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite…, usant ou abusant de sa position, ne souffrirait auprès d’elle aucun talent capable de lui porter ombrage, aucune étoile rivale ; ceux-ci affirmaient que la pièce du lendemain serait joué par des doublures, avec de vieux décors, des costumes fanés et la salle à peine éclairée par quatre chandelles ; ceux-là allaient plus loin encore, et osaient s’immiscer dans les questions administratives les plus délicates. Alors M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… a choisi pour lendemains aux belles soirées de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… et de la Reine TopazeReine Topaze, LaLa Reine Topaze, opéra-comique en trois actes sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Léon Battu mis en musique par Victor Massé et créé au Théâtre-Lyrique le 27 décembre 1856.Lire la suite…, Richard Cœur-de-LionRichard Coeur-de-lionRichard Cœur-de-lion, comédie mêlée d’ariettes en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Modeste Grétry et créée à l’Opéra-Comique le 21 octobre 1784.Lire la suite…, les Dragons de VillarsDragons de Villars, LesLes Dragons de Villars, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Cormon et Joseph-Philippe Lockroy mis en musique par Aimé Maillart et créé au Théâtre-Lyrique le 19 septembre 1856.Lire la suite…, les Nuits d’EspagneNuits d’Espagne, LesLes Nuits d’Espagne, opéra-comique en deux actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 26 mai 1857.Lire la suite…, Oberon OberonOberon, opéra romantique en trois actes sur un livret en anglais de James Robinson Planche, d’après le poème de Christoph Martin Wieland, mis en musique par Carl Maria von Weber et créé au Théâtre de Covent Garden à Londres le 12 avril 1826. La version en français due à Charles Nuitter eLire la suite…[ObéronOberonOberon, opéra romantique en trois actes sur un livret en anglais de James Robinson Planche, d’après le poème de Christoph Martin Wieland, mis en musique par Carl Maria von Weber et créé au Théâtre de Covent Garden à Londres le 12 avril 1826. La version en français due à Charles Nuitter eLire la suite…] EuryantheEuryantheEuryanthe, opéra en trois actes sur un livret en allemand de Helmina von Chézy mis en musique par Carl Maria von Weber et créé Kärntnertortheater de Vienne 25 octobre 1823.Lire la suite…e ; et c’est l’œuvre d’un jeune homme, d’un élu d’hier, c’est la Demoiselle d’honneurDemoiselle d’honneur, LaLa Demoiselle d’honneur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Méstepès et Antoine-Sébastien Kauffmann mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 30 décembre 1857.Lire la suite…, de M. Théophile Semet, qui alterne ces jours derniers avec MargotMargotMargot, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 5 novembre 1855.Lire la suite…, la dernière partition tant applaudie de l’un des maîtres de l’école française, de M. Louis Clapisson. Une jeune fille rose et fraîche qui a de beaux yeux bleus et une taille charmante, de la naïveté et de la grâce, de l’intelligence et du talent, Mlle Marie Marimon, élève de DuprezDuprez, Gilbert-LouisGilbert-Louis Duprez (Paris, 6 décembre 1806 – Poissy, 23 septembre 1896), ténor. Il se fit d’abord une carrière en Italie où il créa plusieurs rôles d’opéras de Donizetti. Ce dernier écrivit le rôle d’Edgardo de Lucia di Lammermoor pour Duprez qui le créa à Naples en 1835. En 183Lire la suite… seul, se présente sous les auspices de son maître à M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, et M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… s’empresse d’engager Mlle Marie Marimon, malgré ses grâces, malgré sa jeunesse, malgré sa beauté, malgré même la perfection de sa méthode et la pureté de sa vocalise. Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… ne craint donc pas d’avoir auprès d’elle une émule, qui sera bientôt une rivale. — Et voila comment la direction du Théâtre-Lyrique a donné un démenti à tous les méchants propos que l’on tenait sur elle, et auxquels la presse, Dieu merci ! n’a jamais voulu servir d’écho. Nous admirons, pour notre part, la noble attitude de ce directeur que le succès n’a pas enivré, et qui a su conserver, au sein des grandeurs et de l’opulence, une sérénité, une affabilité, une simplicité antiques. Ajoutons que notre admiration est d’autant plus désintéressée que nous sommes dans l’impossibilité d’attendre et de solliciter quoi que ce soit de la bienveillance éclairée de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…. Puisse-t-il souvent reporter cette bienveillance éclairée sur des artistes de la valeur de M. Théophile Semet, sur des poëtes du talent de MM. KauffmannKauffmann, Antoine-SébastienAntoine-Sébastien Kauffmann (Lyon, 25 janvier 1800 – Paris, 20 avril 1868), poète, historien et journaliste. Hostile aux Bourbons et en faveur des Bonaparte, il publia des poèmes et écrits politiques dont Gloire, deuil et libertée (1831) et Lettre aux représentants du peuple [pour les engager Lire la suite… et MestépèsMestépès, EugèneJacques-Eugène-Pascal Mestépès (Pau, ? 1820 – Paris, 15 mai 1875), écrivain et librettiste. Il écrivit, souvent en collaboration, des livrets d’opérettes, notamment pour Jacques Offenbach (Le Violoneux  en 1855, Les Trois baisers du diable et Dragonette en 1857, (1857) et Emile JonasLire la suite….

M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite… est l’auteur des Nuits d’EspagneNuits d’Espagne, LesLes Nuits d’Espagne, opéra-comique en deux actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 26 mai 1857.Lire la suite…. Le mérite de son premier ouvrage et l’amitié qui le lie à M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… lui ont valu l’insigne bonne fortune d’un opéra en trois actes ; et même, sans les coupures que l’administration jugea indispensables, et auxquelles les auteurs durent se soumettre, c’est par une partition en trois actes que M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite… aurait débuté. Les Nuits d’EspagneNuits d’Espagne, LesLes Nuits d’Espagne, opéra-comique en deux actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 26 mai 1857.Lire la suite…, dit-on encore aujourd’hui, ont beaucoup perdu à cette réduction. Je désire vivement (l’époque des souhaits n’est pas tout à fait passée) que la Demoiselle d’honneurDemoiselle d’honneur, LaLa Demoiselle d’honneur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Méstepès et Antoine-Sébastien Kauffmann mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 30 décembre 1857.Lire la suite… soit jouée plus souvent que les Nuits d’EspagneNuits d’Espagne, LesLes Nuits d’Espagne, opéra-comique en deux actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 26 mai 1857.Lire la suite…. D’ailleurs, on a fait pour la pièce nouvelle de grands frais de décors et de costumes, et il n’est guère probable que la direction du Théâtre-Lyrique n’entoure pas de toute sa sollicitude un ouvrage qui lui a coûté tant d’argent et de soins. En général, les ouvrages que l’on néglige sont ceux que l’on sait destinés à tomber ou à disparaître au bout de quelques représentations ; et un directeur, dont la moindre qualité est une perspicacité à toute épreuve, sait toujours cela d’avance. Or, par les raisons que nous venons de donner plus haut, il y a cent à parier contre un que la Demoiselle d’honneurDemoiselle d’honneur, LaLa Demoiselle d’honneur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Méstepès et Antoine-Sébastien Kauffmann mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 30 décembre 1857.Lire la suite… restera très-longtemps sur l’affiche. J’ai vu avec peine l’intervalle un peu long qui s’est écoulé entre la première et la seconde représentation. Les principaux rôles étaient grippés ; il a fallu attendre le bon plaisir de la maladie, qui s’était attaquée en même temps au ténor et à la prima-donna. Enfin le docteur CabarrusCabarrus, Jules Tallien deJules Tallien de Cabarrus ( Paris, 19 avril 1801 – Paris, 18 mai 1870), médecin. Il était le fils naturel de Mme Tallien (née Juana Maria Ignazia Cabarrus) et du banquier Gabriel-Julien Ouvrard. Il fut médecin spécialiste des yeux et compta les grands noms de la littérature et du spectacle Lire la suite… a rendu la voix à ces gosiers délicats, et maintenant rien ne viendra plus troubler sans doute le succès de l’œuvre, rien ne viendra plus l’arrêter dans la brillante carrière qu’elle est appelée à parcourir.

Au début de la pièce, M. de Tavannes raconte à son ami, M. de Pardaillan, qu’il a épousé Hélène, la nièce du marquis de Mendoza, mais que la cérémonie du mariage, qui s’est faite la nuit, au milieu d’une forêt, à la lueur des torches, sur un autel improvisé, a été tout à coup interrompue par l’arrivée du marquis et d’une poignée de serviteurs armés, qui se sont emparés de sa femme. Depuis cette fatale nuit, M. de Tavannes court après mademoiselle Hélène dans un but facile à comprendre et parfaitement légitime, du reste. Le prêtre qui a béni cette union n’était pas un de ces faux ermites comme il s’en trouve quelquefois dans les solitudes que les amoureux fréquentent. Pourquoi cette brusque séparation ? Evidemment, il y a un peu de politique dans la tyrannie profondément discourtoise de M. le marquis. M. de Tavannes porte un nom illustre, mais il n’est pas riche et ne jouit à la cour que d’un mince crédit. J’aurais dû dire en commençant que nous sommes sur la frontière d’EspagnePhilippe II d’EspagnePhilippe II d’Espagne (Valladolid, 21 mai 1527 – Palais de l’Escurial, 13 septembre 1598), roi d’Espagne et du Portugal. Fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal, il épousa Marie Manuelle de Portugal en 1543. Celle-ci décéda en 1545, peu après la naissance de leur fils, Don CarlLire la suite…, à Bayonne. Catherine de MédicisCatherine de MédicisCatherine de Médicis (Florence, 13 avril 1519 – Blois, 5 janvier 1589), reine de France. Fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d’Auvergne, elle épousa le futur Henri II en 1533. Devenue reine de France en 1547, elle fut officiellement sacrée à la basilique Saint-Denis deLire la suite… y a conduit son fils Charles IX, lequel doit avoir une entrevue avec Philippe II. Élisabeth a précédé son mari et s’est fait suivre d’un gracieux cortège de filles d’honneur, parmi lesquelles Hélène de Mendoza est la plus gracieuse, la plus jolie et, hélas ! la plus mélancolique : elle songe à son époux, et c’est à peine si elle espère le revoir. Pardaillan, aidé d’une petite bouquetière que la reine d’EspagnePhilippe II d’EspagnePhilippe II d’Espagne (Valladolid, 21 mai 1527 – Palais de l’Escurial, 13 septembre 1598), roi d’Espagne et du Portugal. Fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal, il épousa Marie Manuelle de Portugal en 1543. Celle-ci décéda en 1545, peu après la naissance de leur fils, Don CarlLire la suite… a prise en grande affection, ménage un rapprochement entre son ami de Tavannes et Hélène ; mais, au moment où leurs lèvres échangent le premier baiser conjugal, au moment où ils oublient une longue et cruelle séparation, le marquis de Mendoza, sombre et terrible, apparaît l’épée à la main. Hélène s’évanouit, et Tavannes tombe frappé en pleine poitrine. La petite bouquetière est exilée dans son village ; Hélène est recommandée à la sévère surveillance de la camerera mayor, Diane de Mendoza, sa tante. Heureusement Tavannes guérit de sa blessure. Le dénouement a lieu dans cette même forêt où s’est passé le premier chapitre du drame. On entend les fanfares de la chasse royale ; le son du cor alterne au loin avec la voix des rabatteurs ; les flambeaux illuminent la curée. Pardaillan a feint de répondre aux œillades de la majestueuse Diane; Reinette, la petite bouquetière, s’est avouée vaincue par les tendres obsessions du marquis, et, grâce à ce double stratagème, qui a ralenti la surveillance des deux argus, Hélène a pu s’échapper et accourir au rendez-vous que lui a donné son mari, M. de Tavannes. Mais, hélas ! l’asile dans lequel les jeunes époux se sont crus en sûreté est découvert par l’oncle terrible, et, malgré la bravoure de Pardaillan, malgré le dévouement de quelques amis qui se sont joints à lui, le marquis de Mendoza et sa troupe ne font pas mine de reculer. Dans cette situation perplexe, la reine Élisabeth se montre, ordonne aux rapières de rentrer dans le fourreau et déclare qu’elle approuve le mariage d’Hélène et de Tavannes, consacré par les saintes lois de l’Église et que, par conséquent, aucune puissance ne saurait dissoudre. Cette phrase est parfaitement placée dans la bouche d’une Majesté aussi catholique que la reine d’EspagnePhilippe II d’EspagnePhilippe II d’Espagne (Valladolid, 21 mai 1527 – Palais de l’Escurial, 13 septembre 1598), roi d’Espagne et du Portugal. Fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal, il épousa Marie Manuelle de Portugal en 1543. Celle-ci décéda en 1545, peu après la naissance de leur fils, Don CarlLire la suite…. Je ne veux pas affirmer cependant qu’elle soit textuellement ainsi dans le libretto.

Il n’est pas douteux pour nous que M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite…, dans un avenir très-prochain, arrivera à occuper une des meilleures places parmi les compositeurs de notre époque. Il n’aura peut-être jamais la popularité de M. Clapisson ; mais peut-être aussi n’est-ce pas là une de ses ambitions préférées. Je crois que la nature du talent de M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite… le porte vers un genre de musique élégant, un peu recherché même, et, avec de pareilles aspirations, on ne devient pas facilement populaire. Si, dans la nouvelle partition du jeune musicien, chaque page ne trahit pas les mêmes velléités d’élégance et de distinction, les morceaux où la réminiscence s’est glissée, où le motif vulgaire se montre sans déguisement, où le cachet individuel est absent, ces morceaux-là sont, fort heureusement, en minorité. Cela est contraire à l’usage, je le sais. Aussi le public du Théâtre-Lyrique n’a-t-il pas manqué d’en témoigner sa surprise. Bientôt on a pu s’apercevoir que le compositeur n’avait pas de parti pris et qu’il ne poussait pas le rigorisme aussi loin qu’on semblait le croire : alors la glace s’est fondue, et tout le monde a eu l’occasion d’applaudir. Sans me préoccuper des fluctuations de l’opinion publique pendant le cours de la représentation, sans me soucier davantage des dissonances de la claque, je vais essayer de dire quelle impression m’a laissée l’œuvre de M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite…, quels sont les détails que j’ai le plus remarqués.

J’ai écouté l’ouverture avec autant d’attention que je lis la préface d’un livre quand l’auteur a toutes mes sympathies, et j’avoue que ce prélude symphonique m’a charmé médiocrement ; le début est franc et vigoureux, mais le milieu et la fin ne valent pas le commencement. Au lever de la toile, les seigneurs et les pages de la cour de France jouent aux dés et chantent, à mezza voce, un très-joli chœur, trop tôt interrompu par les vocalises de mademoiselle Reinette. Et Dieu sait cependant si ces vocalises ne sont pas pures parmi les plus pures, si le gosier qui fait ce délicieux ramage le cède à aucun autre en fraîcheur et en limpidité ! Quand la gentille bouquetière a paru, on lui a facilement pardonné d’avoir interrompu le chœur des seigneurs et des pages. On ne se doutait pas que c’était un oiseau au plumage si séduisant et si coquet qui s’ébattait ainsi joyeusement dans la coulisse. Mademoiselle Marimon a dix-huit ans ; M. DuprezDuprez, Gilbert-LouisGilbert-Louis Duprez (Paris, 6 décembre 1806 – Poissy, 23 septembre 1896), ténor. Il se fit d’abord une carrière en Italie où il créa plusieurs rôles d’opéras de Donizetti. Ce dernier écrivit le rôle d’Edgardo de Lucia di Lammermoor pour Duprez qui le créa à Naples en 1835. En 183Lire la suite… la comptait hier au nombre de ses meilleures élèves, le Théâtre-Lyrique la compte aujourd’hui au nombre de ses plus brillantes étoiles. Poursuivons notre analyse et ne perdons pas de temps à compter les étoiles du Théâtre-Lyrique. Les seigneurs tirent leurs rapières et chantent les émotions du duel. Au moment où ils donnent un souvenir à la dame de leurs pensées, ils se découvrent, comme font les prédicateurs quand, au milieu de leur sermon, ils prononcent le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ. Au théâtre, cette pantomime est burlesque ; mais elle est traditionnelle, et, pour messieurs les choristes, c’est un effet, c’est presque un privilège. Dans un opéra-comique où ces messieurs avaient à chanter :

Douce harmonie !

O voix de Dieu bénie !

Comme un génie,

Tu calmes ses tourments…

ils ôtaient leurs bonnets dès qu’ils arrivaient au mot génie. Cet hommage rendu au génie m’a toujours paru fort touchant de la part de messieurs les choristes du Théâtre-Lyrique.

Le marquis de Mendoza, en entrant en scène, fait remettre les épées au fourreau, et dit un air très-bien accentué dont j’aime assez l’ampleur un peu déclamatoire. Pardaillan riposte en ricanant à la morale du grand écuyer, et les seigneurs de mêler leur hilarité à chaque refrain de sa chanson. Puis arrive M. de Tavannes, l’amoureux, le jeune premier : il exprime sa passion en deux strophes très-mélodiques, accompagnées avec beaucoup de délicatesse et de goût. L’andanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, chanté par Hélène, est aussi un des morceaux les plus saillants de ce premier acte, qui, malheureusement, se termine par une marche triomphale et un roulement de tambours à faire croire que la reine d’EspagnePhilippe II d’EspagnePhilippe II d’Espagne (Valladolid, 21 mai 1527 – Palais de l’Escurial, 13 septembre 1598), roi d’Espagne et du Portugal. Fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal, il épousa Marie Manuelle de Portugal en 1543. Celle-ci décéda en 1545, peu après la naissance de leur fils, Don CarlLire la suite…, la fille de Catherine, la gracieuse épouse de Philippe II, va passer en revue dix mille hommes sous les armes. Le motif du finale, que j’ai cité en parlant de l’ouverture, disparaît, malgré les fanfares des cuivres, sous le ronflement de la peau d’âne attaquée avec trop de vigueur peut-être par les baguettes de l’exécutant.

Avant que le rideau se lève, au deuxième acte, sur l’appartement des filles d’honneur, les violons en sourdine gazouillent d’une façon charmante et préludent fort agréablement au caquet de ces demoiselles. L’Angélus sonne, la voix de la camerera mayor bourdonne dans le grave : le contraste est des plus piquants, l’effet général de cette scène a beaucoup d’originalité.

Tout le monde connaît la chanson de Ronsard :

Mignonne, allons voir si la rose

Qui, ce matin, avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

N’a point perdu, cette vesprée,

Les plis de sa robe nacrée

Et son teint au vôtre pareil.

Les auteurs l’ont mise dans la bouche d’Hélène, et n’était un accompagnement qui lui donne quelque chose de triste et de solennel qui n’est pas du tout dans le sentiment des paroles, je louerais sans réserve l’inspiration de M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite…. Vient ensuite un trio chanté par Reinette, le marquis de Mendoza et Tremblet. Ce Tremblet, le fiancé de Reinette, est une sorte de villageois facétieux et poltron, un jaloux maladroit qui écoute aux portes, reçoit plus de coups de pied que Pierrot ne reçoit de coups de batte, et s’écrie chaque fois que son honneur est compromis par la vivacité de quelque jeune seigneur : « Ah ! si j’avais le droit de porter une épée ! » Ce personnage égaie médiocrement l’action : nous l’avions reconnu d’ailleurs à son premier lazzi, à sa première mésaventure. Le finale syllabique du trio a beaucoup de verve et de mouvement. L’acte se termine par un duo d’amour que le compositeur a traité, selon nous, d’une façon un peu violente, mais qui n’en renferme pas moins des passages fort bien écrits. Le duel entre Tavannes et le marquis a certainement été réglé par GatechairGatechair, Charles-HippolyteCharles-Hippolyte Gatechair (Paris, 17 juillet 1827 – Paris, 21 février 1887), escrimeur. Propriétaire d’une salle d’armes à Paris, il fut le maitre escrimeur en vogue à Paris sous le Second Empire et le 1er Président de l’Académie d’Armes de Paris.Lire la suite… ou par DesbarollesDesbarolles, AdolpheAdolphe Desbarolles, comte d’Hautencourt (Paris, 22 août 1801 – Paris, 11 février 1886), escrimeur, peintre, chiromancien. Il publia une série d’articles sur l’escrime dans Le Figaro ainsi que des livres de voyages dont Un mois de voyage en Suisse à 200 fr. (1840), de chiromancie tel queLire la suite….

On a remarqué, au troisième acte, le chœur des paysans, le chœur des rabatteurs dans les coulisses, le boléro de Reinette et un arioso chanté par la bouquetière, victime des petits services qu’elle a rendus à M. de Tavannes et à Hélène. La cabalette de ce morceau est des plus ornées ; c’est un cadre à roulades et à vocalises, rien de plus.

L’instrumentation de la Demoiselle d’honneurDemoiselle d’honneur, LaLa Demoiselle d’honneur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Méstepès et Antoine-Sébastien Kauffmann mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 30 décembre 1857.Lire la suite… est mieux soignée, mieux travaillée que celle des Nuits d’EspagneNuits d’Espagne, LesLes Nuits d’Espagne, opéra-comique en deux actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 26 mai 1857.Lire la suite… ; mais, par moments, elle manque de clarté, de légèreté surtout. M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite… donne trop de besogne aux instruments de cuivre : il doit savoir, cependant, que ce n’est pas par l’emploi des moyens violents qu’on arrive aux effets les plus puissants et les plus dramatiques. GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite… dit dans ses Lettres sur la musique : « Soyez sobre dans l’emploi des instruments de la petite harmonie, épargnez-les, et quand vous vous en servirez à propos, vous jouirez du fruit de vos épargnes. » Le conseil de GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite…, aujourd’hui que l’instrumentation a acquis beaucoup de développement et que le quatuor joue très-rarement seul, peut parfaitement s’appliquer aux trombones, aux cornets à pistons ou aux trompettes et aux instruments à percussion. Après tout, M. SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite… n’est coupable que d’imitation : dans ce genre d’exagération, les mauvais exemples ne manquent pas à notre époque, et comme ils viennent de haut, ils sont d’autant plus dangereux pour les jeunes musiciens auxquels l’expérience n’a pas tout appris.

La Demoiselle d’honneurDemoiselle d’honneur, LaLa Demoiselle d’honneur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Méstepès et Antoine-Sébastien Kauffmann mis en musique par Théophile Semet et créé au Théâtre-Lyrique le 30 décembre 1857.Lire la suite… est un succès ; nous en félicitons bien sincèrement les auteurs et M. le directeur du Théâtre-Lyrique, lequel, après avoir reçu des mains de M. PellegrinPellegrin, PierrePierre Pellegrin, (Carcassonne, 30 avril 1794 – Toulon, 25 juin 1877), directeur. Il fut directeur du Grand-Théâtre de Toulon de 1833-36, de 1838-44, et de 1846-47. Après avoir dirigé le Théâtre du Gymnase à Marseille, il fut nommé directeur du Grand-Théâtre de Marseille du 21 Novembre 184Lire la suite…, son prédécesseur, Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… et la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite…, n’a pas encore trouvé un seul caillou, une seule épine, dans cette voie périlleuse où d’aussi habiles que lui avaient cependant trébuché.

Le Médecin maigre luiMédecin malgré lui, LeLe Médecin malgré lui, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré d’après de Molière, mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 15 janvier 1858.Lire la suite… est le dernier ouvrage joué au Théâtre-Lyrique. La presse tout entière a déjà constaté le très-grand succès qu’a obtenu la partition de M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, et, cette fois, les plus indulgents ont eu une excellente occasion de remplacer, par l’expression sincère de leurs sentiments, la banalité presque habituelle de leurs éloges. M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, l’auteur des chœurs d’Ulysse, de SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… et de la Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, a fait beaucoup d’honneur au Théâtre-Lyrique en ajoutant au répertoire de ce théâtre, composé d’éléments si disparates, une œuvre charmante, écrite dans le meilleur style, l’œuvre d’un maître habile et bien inspiré. Je ne veux pas dire cependant que, si M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… a honoré le Théâtre-Lyrique en allant à lui, le Théâtre-Lyrique n’a pas été utile à M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… en lui ouvrant à deux battants ses portes, que tant d’autres trouvent impitoyablement fermées. M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… avait besoin de popularité ; il était plus connu et surtout plus apprécié des artistes que du public ; on lui accordait un immense talent, et peu de gens auraient pu citer quelques-unes des plus belles pages de son œuvre ; par des raisons qu’il serait trop long d’énumérer ici, les deux opéras de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, représentés sur notre première scène lyrique, avaient disparu de l’affiche au bout d’un très-petit nombre de représentations, ils n’avaient même pas trouvé d’éditeur, tandis que des partitions d’une valeur bien inférieure étaient jouées cent fois de suite et payées fort cher par MM. les marchands de musique, obligés quelquefois de sacrifier leurs tendances artistiques à l’intérêt de leur commerce. Eh bien ! cette popularité qui manquait à M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, le Théâtre-Lyrique vient de la lui donner. Le choix du sujet est heureux, j’en conviens ; mais il présentait un bien grand écueil, et je sais plus d’un compositeur qui non-seulement n’aurait pas aussi bien réussi, mais qui, encore, aurait été écrasé par le nom du collaborateur. Il est bien entendu que ce collaborateur c’est Molière, MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules Barbier ayant eu le bon goût de ne pas se nommer, et n’ayant, d’ailleurs, d’autre prétention que celle d’avoir trouvé et rimé les situations les plus propres à inspirer le musicien. D’autres, avant M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, avaient choisi des sujets d’opéras et de ballets dans l’œuvre du grand poëte comique, et l’exemple de Lulli et de GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite…, pour ne citer que les plus célèbres, pouvait être bon à suivre ; Desaugiers avait mis en musique le Médecin malgré luiMédecin malgré lui, LeLe Médecin malgré lui, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré d’après de Molière, mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 15 janvier 1858.Lire la suite…, qui fut joué, le 26 janvier 1792, an théâtre Feydeau ; mais, je le répète, malgré ces précédents, il y avait une certaine hardiesse, au temps où nous sommes, à modifier la forme d’une comédie classique, regardée comme chose vénérable et sacrée, comme un de ces monuments auxquels il ne faut pas plus toucher qu’à l’arche sainte, sous aucun prétexte de rajeunissement ou d’ornementation. La partition de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… est donc non-seulement l’œuvre d’un musicien excessivement habile, mais elle dénote aussi chez son auteur un tact, un goût et une délicatesse tout à fait rares. La profonde connaissance que possède M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… des maîtres anciens lui est venue en aide dans cette circonstance, où la couleur rétrospective était à peu près indispensable. Il a imité RameauRameau, Jean-PhilippeJean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), compositeur. Fils de l’organiste Jean Rameau, il étudia au collège jésuite des Godrans mais interrompit ses études suite au décès de sa mère en 1697. Dès 1699, il travailla comme organiste suppléant de son pèreLire la suite…, il a imité Lulli, mais non pas servilement, non pas en plagiaire : ici l’imitation se reconnaît à une formule, à une cadence, à la manière dont se meuvent les différentes parties du quatuor ; ailleurs, à la naïveté de la mélodie, à la sobriété de l’orchestre ; et si des souvenirs d’HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite… et de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… passent aussi, de temps à autre, à travers les fines broderies de l’accompagnement, ces souvenirs ne sont jamais des réminiscences. L’individualité de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… se détache toujours au milieu de ce travail archaïque qu’il faudrait bien se garder d’appeler une compilation ou un pastiche ; elle ressort pleine de verve et de jeunesse, avec toutes les qualités si brillantes que nous avons admirées plus d’une fois chez le jeune maître, et qui devaient tôt ou tard établir définitivement sa renommée.

Je ne suivrai pas la partition scène par scène ; j’en ai indiqué le ton général ; maintenant je n’ai que l’embarras du choix parmi les joyaux étincelants qu’elle renferme. La chanson de Sganarelle est peut-être le morceau qui a produit le plus d’effet ; mais le sextuor de la consultation est un chef-d’œuvre, et heureusement les musiciens de profession n’ont pas été les seuls à le comprendre. Les couplets de la nourrice ont un cachet tout particulier d’originalité, et la sérénade chantée par Léandre respire le plus doux parfum de poésie et d’amour. On dirait, cependant, tant il y a de légèreté et de grâce dans l’accompagnement, qu’une pointe d’ironie, reflet imperceptible du caractère de don Juan, s’est glissée dans le cœur de l’amant de Lucinde. Le divertissement placé à la fin du deuxième acte est rempli de piquants détails ; bergers et bergères se groupent autour de Léandre qui chante une allégorie empruntée à l’idylle de MélicerteMélicerteMélicerte, comédie pastorale héroïque inachevée en deux actes en vers de Jean-Baptiste Moliere. Elle fut représentée dans Le Ballet des muses à Saint-Germain-en-Laye en 1666.Lire la suite…; puis les accents d’un chœur rustique marquent le rhythme de la danse, et les houlettes ornées de rubans se croisent et ondulent comme si elles voulaient narguer la sottise de Géronte et la doctorale majesté de Sganarelle.

Le troisième acte s’ouvre par un air plein de gaieté et de bonne humeur :

Vive la médecine !

Et ceux qu’elle assassine,

Enterrés comme il faut,

N’en soufflent mot.

Puis la nourrice arrive, et le sceptique docteur, à la vue des charmes de Jacqueline, se laisse aller à un accès de gaillardise que le compositeur a très-finement exprimé. Le chœur qui commence ainsi :

Serviteur,

Monsieur le docteur…

est d’une facture admirable ; le motif principal est ramené de la façon la plus élégante, et il semble impossible de mélanger plus heureusement la grâce de l’idée mélodique et la correction du style.

Quel que soit le succès de la partition du Médecin malgré luiMédecin malgré lui, LeLe Médecin malgré lui, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré d’après de Molière, mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 15 janvier 1858.Lire la suite…, une tentative de ce genre ne doit pas être renouvelée, et, du reste, M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… y songe moins que personne. Il s’occupe dans ce moment-ci de modifier son grand opéra en cinq actes, Ivan le TerribleIvan IV le terribleIvan IV le terrible, opéra en cinq actes sur un livret de François-Hippolyte Leroy et Henri Trianon mis en musique par Charles Gounod. L’œuvre composée entre 1856 et 1858 ne fut pas représentée et Gounod réemploya certains morceaux dans d’autres œuvres. La partition vendue aux enchères Lire la suite…, d’après les conseils que lui a donnés M. le directeur de l’Académie impériale de musique, et nous espérons bien que cet important ouvrage sera représenté dans le milieu de la campagne prochaine. M. Nestor Roqueplan, nous a-t-on dit, a fait offrir à M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, par un librettiste académicien dont la collaboration est très-recherchée, un poëme en trois actes ; mais le musicien aurait trouvé que le délai qu’on lui accordait était à trop courte échéance. M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… est du petit nombre des artistes qui croient que, pour faire honneur à ces sortes d’engagement, il ne suffit pas d’être prêt au jour et à l’heure stipulés sur une feuille de papier timbré. Je sais positivement qu’une offre semblable a été faite, il y a quelque temps, à M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, qui, lui aussi, l’a très-nettement refusée.

Après M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, nul doute que nous ne voyions défiler, sur la scène du boulevard du Temple, cette série de petits actes que M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… serait fier de mettre en évidence et de produire au grand jour de la rampe, quand bien même il n’y serait pas obligé par les termes de son privilège. On m’assure qu’il est question de remonter les deux opérettes de MM. MontuoroMontuoro, AchilleAchille Montuoro ( Naples, ca. 1836 – ?), compositeur. Il composa pour le Théâtre-Lyrique de Paris l’opéra-comique, Les Commères, (Juin 1857). Il retourna en Italie et fut peut-être le directeur qui fut nommé au Théâtre San Carlo de Naples en 1862. Son opéra, Fieschi, fut reçut froidemenLire la suite… et Delajarte, la Commère Commères, LesLes Commères, opéra-comique en un acte sur un livret d’Adolphe de Leuven et Charles Grandvallet mis en musique par Achille Montuoro  et créé au Théâtre-Lyrique le 10 juin 1857.Lire la suite…[Les CommèresCommères, LesLes Commères, opéra-comique en un acte sur un livret d’Adolphe de Leuven et Charles Grandvallet mis en musique par Achille Montuoro  et créé au Théâtre-Lyrique le 10 juin 1857.Lire la suite…] et le Duel du commandeurDuel du commandeur, LeLe Duel du commandeur, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Boisseaux mis en musique par Théodore de Lajarte et créé au Théâtre-Lyrique le 10 juin 1857.Lire la suite…, qui n’ont été joués que cinq ou six fois à la fin de la saison dernière.

Mademoiselle Artot, nièce du grand violoniste et élève de madame Pauline Viardot, a débuté vendredi dernier dans le rôle de Fidès du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…. Mademoiselle Artot est très-jeune et elle est excellente musicienne ; le public de l’Opéra l’a parfaitement accueillie, mais nous sommes persuadé qu’elle réussira encore mieux dans un rôle de mezzo-soprano : sa voix, qui a beaucoup de souplesse et une très-grande étendue, est très-harmonieuse, très-sympathique ; mais elle manque un peu d’ampleur dans les cordes basses. Il paraît cependant que M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… n’est pas tout à fait de cet avis, car il a insisté pour que mademoiselle Artot débutât dans le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…, et, naturellement, la jeune cantatrice a dû s’incliner devant la volonté du maître.

On va reprendre la FiancéeFiancée, LaLa Fiancée, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 10 janvier 1829.Lire la suite… à l’Opéra-Comique.

On y a repris dernièrement Fra-Diavolo Fra DiavoloFra Diavolo, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 23 janvier 1830.Lire la suite…: c’est à M. BarbotBarbot, JulesJoseph-Théodore-Désiré Barbot, dit Jules Barbot (Toulouse, 12 avril 1824 – Paris, 26 décembre 1896), ténor. Élève de M. Garcia au Conservatoire de Paris, il obtint un premier prix de chant et un deuxième prix d’opéra-comique en 1847 et fut engagé à l’Opéra de Paris cette même annLire la suite… qu’est échu le rôle créé par Chollet Chollet, Jean-Baptiste MarieJean-Baptiste-Marie Chollet (Paris, 20 mai 1798 – Nemours, 10 janvier 1892), ténor. Il débuta à l’Opéra-comique en 1826. Il créa les rôles-titres de Fra Diavolo (Auber, 1830), et Zampa (Hérold, 1831). Adam écrit pour lui le rôle de Chapelou dans Le Postillon de Lonjumeau (1835). Il Lire la suite…; c’est Mlle LefebvreFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite… qui a succédé à Mme Prévôt [Prévost]Prévost, Geneviève-Aimée-ZoéGeneviève-Aimée-Zoé Prévost (Paris, 15 avril 1902 – Paris, 3 avril 1861), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second Prix d’opéra en 1820. Elle débuta l’année suivante au Théâtre Feydeau puis à l’Opéra-Comique, où elle créa de nombreux ouvrages doLire la suite…. Ne faisons pas de comparaisons impossibles, impossibles pour nous qui n’avons entendu ni Mme Prévôt ni CholletChollet, Jean-Baptiste MarieJean-Baptiste-Marie Chollet (Paris, 20 mai 1798 – Nemours, 10 janvier 1892), ténor. Il débuta à l’Opéra-comique en 1826. Il créa les rôles-titres de Fra Diavolo (Auber, 1830), et Zampa (Hérold, 1831). Adam écrit pour lui le rôle de Chapelou dans Le Postillon de Lonjumeau (1835). Il Lire la suite… dans le gracieux ouvrage de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…. Disons seulement que les nouveaux interprètes nous ont paru tout à fait à la hauteur de leur tâche. Il y a dans Fra-DiavoloFra DiavoloFra Diavolo, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 23 janvier 1830.Lire la suite… beaucoup de motifs qui sont devenus populaires et que n’ont certainement pas fait oublier les rares mélodies que l’on rencontre dans les nouveaux ouvrages du spirituel compositeur qui est aujourd’hui à la tête de l’école française.

Des lettres de Varsovie nous annoncent les brillants succès de madame ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite…. L’éminente cantatrice sera de retour à Paris vers la fin du mois, et j’espère bien que nous lui verrons reprendre à l’Opéra la place qu’elle y a laissée vacante et que personne n’a occupée depuis sa retraite.

La MagicienneMagicienne, LaLa Magicienne, opéra en cinq actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromental Halévy et créé à l’Opéra de Paris le 17 mars 1858.Lire la suite… sera jouée prochainement : madame Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite…, madame LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… et M. GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… sont chargés des principaux rôles de cet important ouvrage sur lequel l’administration de l’Opéra fonde les plus belles espérances. Plusieurs morceaux ont dû être retouchés par M. HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite…, mais les répétitions se poursuivent activement, et aucun retard n’est à craindre.

Au premier concert du Conservatoire le succès a été pour un air de Stradella, instrumenté par M. HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite… et chanté par madame Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite…. Cet air fait partie d’une collection de manuscrits complètement inédits que MM. EscudierEscudier, LéonLéon Escudier (Castelnaudray, 15 septembre 1815 – Paris, 22 juin 1881), journaliste et éditeur de musique. Avec Marie Escudier ils fondèrent en 1837 le périodique La France musicale, qui soutint l’école musicale italienne. En 1843, ils créèrent une maison d’édition, le Bureau Central dLire la suite…, pendant un voyage qu’ils ont fait en Italie, ont eu la bonne fortune de découvrir dans le rayon le plus poudreux de la bibliothèque Saint-Marc à Venise.

C’est aussi à Venise, sur le théâtre San-Mosé, une bonbonnière qui est tout au plus de la dimension de celle du passage Choiseul, que Bruschino BruschinoBruschino, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Philippe-Auguste-Alfred Pittaud de Forges d’après le livret italien de Giuseppe Foppa mis en musique par Gioachino Rossini. L’œuvre fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 28 décembre 1857.Lire la suite…[Il signor BruschinoBruschinoBruschino, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Philippe-Auguste-Alfred Pittaud de Forges d’après le livret italien de Giuseppe Foppa mis en musique par Gioachino Rossini. L’œuvre fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 28 décembre 1857.Lire la suite…], l’opérette de Rossini, fut joué pour la première fois en 1813. A cette époque Rossini avait dix-neuf ans ; trois ans après, il fit le BarbierBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…. On trouve dans BruschinoBruschinoBruschino, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Philippe-Auguste-Alfred Pittaud de Forges d’après le livret italien de Giuseppe Foppa mis en musique par Gioachino Rossini. L’œuvre fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 28 décembre 1857.Lire la suite… les brillantes promesses que devait réaliser, dans son immortel chef-d’œuvre, l’un des plus merveilleux génies de notre siècle ; la mélodie y coule à pleins bords, et la gaieté la plus franche marque d’un éclat de rire chaque page de cette inspiration charmante. Au reste, voici l’opinion de Rossini et les détails qu’il donne lui-même sur son œuvre :

« J’écrivis la partition en trois jours, avec un cure-dents. Mon intention était de me moquer un peu des Vénitiens dont je croyais avoir à me plaindre ; j’avais surtout imaginé, pour mon ouverture, une manière de compter les pauses en frappant avec les archets sur le fer-blanc des quinquets, qui devait, selon moi, soulever des tempêtes ; mais mon effet fut manqué, car le public, loin de se fâcher, applaudit à tout rompre. Placé au milieu du parterre, je voulus protester en sifflant ; je fus malmené, jeté à la porte, je vis le moment où j’allais coucher en prison… »

Le malin compositeur ne dit pas que son cure-dents était un cure-dents enchanté : puisse-t-il ne pas l’avoir égaré et s’en servir encore !

C’est une fête pour le théâtre et pour le public chaque fois que BruschinoBruschinoBruschino, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Philippe-Auguste-Alfred Pittaud de Forges d’après le livret italien de Giuseppe Foppa mis en musique par Gioachino Rossini. L’œuvre fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 28 décembre 1857.Lire la suite… paraît sur l’affiche des Bouffes-Parisiens : cette fête-là aura de nombreux lendemains ; je sais bien que les réclames le disent, mais nous sommes obligé, par exception, de dire absolument comme les réclames.