L’Athenæum français, 10 février 1855, p. 122-124 (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

Théâtre-Lyrique : Robin des boisRobin des BoisRobin des bois, opéra-comique en trois actes sur un livret de Castil-Blaze et Thomas Sauvage avec la musique de Carl Maria von Weber créé au Théâtre de l’Odéon le 7 décembre 1824.Lire la suite…, opéra fantastique en trois actes et quatre tableaux, imité du Freyschütz Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…[FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…], par MM. Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite… et SauvageSauvage, Thomas-Marie-FrançoisThomas-Marie-François Sauvage (Paris, 5 novembre 1794 – Paris, 2 mai 1877), auteur dramatique et critique théâtral. Il écrivit des pièces de théâtre et des vaudevilles et fut critique théâtral au Journal Général de France et au Moniteur Universel. Il fut pendant un an (1827/28) le direcLire la suite…, musique de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…. — Théâtre-Italien : Gli arabi nelle GallieGli Arabi nelle GallieGli Arabi nelle Gallie o sia Il trionfo della fede  (Les Arabes en Gaules ou Le Triomphe de la foi), melodramma serio en deux actes sur un livret en italien de Luigi Romanelli mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 8 mars 1827 et au Théâtre-Italien de PaLire la suite…, drame 1yrique en quatre parties, musique de M. Giovanni PaciniPacini, GiovanniGiovanni Pacini (Catania, 17 février 1796 – Pescia, 6 décembre 1867), compositeur. Après des études à Bologne et à Venise, il produisit son premier opéra en 1813 à Milan. En 1817, son melodramma semi-seria Adelaide e Commingo rencontra un grand succès, tout comme ses œuvres suivantes : Lire la suite…. — Concerts.


Il y a bien peu de chefs-d’œuvre sur lesquels, en France, certains arrangeurs de profession n’aient porté une main profane, et cela dans le but de les rajeunir, de les approprier aux exigences scéniques et de les mettre plus au niveau de l’intelligence du public. Depuis longtemps on ne croit plus aux revenants, et on ne craint pas que les auteurs courroucés sortent de leur tombe pour venir protester contre les stupides mutilations que l’on fait subir à leurs œuvres. RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…, de son vivant, aura pu être à la fois le témoin et la victime de l’un de ces étranges procédés. Si ce n’est pas là la seule raison qui l’a fait se condamner à une retraite prématurée et absolue, il est à supposer que c’est au moins une de celles auxquelles nous devons attribuer le silence dédaigneux et plein d’amertume de l’illustre maître.

L’année dernière un étranger arriva en France, et sur la foi de la vieille réputation (tant soit peu déchue aujourd’hui) de notre première scène lyrique, il s’imagina, un jour que l’affiche annonçait le FreyschützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, qu’il pourrait se donner l’ineffable bonheur d’entendre exécuter, dans ses moindres détails et avec une perfection digne de l’œuvre, l’une des admirables créations du plus grand génie dramatique de notre époque. M. le comte Thaddée TyskiewitzTyskiewicz, ThadéeComte Thadée Tyskiewicz, ( ? – ?), pianiste. Pianiste amateur, il se produisit en concerts à Cracovie, Posen et Bruxelles puis vint à Paris où il étudia la composition avec Antoine Elwart en 1857. Il fit parler de lui dans les journaux à l’occasion d’un procès qu’il intenta à l’OpérLire la suite… [Tyskiewicz]Tyskiewicz, ThadéeComte Thadée Tyskiewicz, ( ? – ?), pianiste. Pianiste amateur, il se produisit en concerts à Cracovie, Posen et Bruxelles puis vint à Paris où il étudia la composition avec Antoine Elwart en 1857. Il fit parler de lui dans les journaux à l’occasion d’un procès qu’il intenta à l’OpérLire la suite…, avant la fin du dernier acte, sortait indigné contre les musiciens, contre les artistes et contre le directeur auquel il envoyait, le lendemain, une assignation sur papier timbré, pour avoir à répondre, devant un tribunal des coupures faites à la partition de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…, qui servait ce soir-là de lever de rideau à un ballet quelconque. Les juges déboutèrent le comte TyskiewitzTyskiewicz, ThadéeComte Thadée Tyskiewicz, ( ? – ?), pianiste. Pianiste amateur, il se produisit en concerts à Cracovie, Posen et Bruxelles puis vint à Paris où il étudia la composition avec Antoine Elwart en 1857. Il fit parler de lui dans les journaux à l’occasion d’un procès qu’il intenta à l’OpérLire la suite… de ses prétentions (peut-être étaient-elles un peu exagérées : il demandait des dommages-intérêts à M. RoqueplanRoqueplan, Louis-Victor-NestorLouis-Victor-Nestor Roqueplan (Monreal/Aude, 16 septembre 1820 – Paris, 24 avril 1870), journaliste, directeur. Il vint à Paris en 1825 et s’engagea dans une carrière de journaliste. Il fut rédacteur en chef du Figaro où en 1830 il s’opposa aux ordonnances de Charles X. Pour La Presse et au Lire la suite…) ; mais tout en absolvant M. le directeur de l’Opéra du délit qui lui était imputé, ils laissèrent percer une sorte d’épigramme à son adresse sous les formules austères de leur sentence. Le public, comme en toutes occasions, tourna le dos au vaincu et l’accabla de ses quolibets : on le traita même de fou, de maniaque et pis encore. Quant à nous, bien qu’à cette époque-là, pas plus qu’aujourd’hui, nous n’eussions l’honneur de connaître personnellement M. le comte TyskiewitzTyskiewicz, ThadéeComte Thadée Tyskiewicz, ( ? – ?), pianiste. Pianiste amateur, il se produisit en concerts à Cracovie, Posen et Bruxelles puis vint à Paris où il étudia la composition avec Antoine Elwart en 1857. Il fit parler de lui dans les journaux à l’occasion d’un procès qu’il intenta à l’OpérLire la suite…, nous avons applaudi à sa courageuse initiative, et nous l’avons tenu, depuis ce petit scandale, pour un homme de cœur et un amateur hors ligne.

Maintenant, pour être juste envers chacun, nous devons reconnaître deux choses : la première, qu’un directeur de théâtre est rarement un artiste amoureux du beau, faisant de l’art pour l’art ; et la seconde que, placé à la tête d’une entreprise, il doit songer, avant tout, aux moyens les plus efficaces de la mener à bonne fin ; or il n’est pas d’entrepreneur, même subventionné, qui ne s’inquiète, tout d’abord, des fantaisies, des préférences du public, et de ses intérêts personnels. Aujourd’hui que la direction de l’Opéra n’est plus une entreprise particulière les choses iront peut-être tout différemment que par le passé ; mais ailleurs on ne pourra guère empêcher que tout ne se fasse en vue de la meilleure recette possible, et que les grandes et belles œuvres que le public n’apprécie pas encore ne cèdent le pas à tel pot-pourri, à tel flonflon à grand spectacle qui est l’objet de ses prédilections et de son enthousiasme ; on ne pourra empêcher non plus que telle œuvre, admirée seulement par un petit nombre, ne soit coupée, tronquée, défigurée, traduite, si la chose informe qui sort de ce travail sacrilège doit plaire à la grande majorité des diletantti. L’éducation des masses se fait lentement et par de bons exemples : tant que les bons exemples manqueront, les masses resteront avec leurs mauvais instincts et leur ignorance. En France, si nous exceptons quelques provinces du Midi, on n’aime pas la bonne musique ; il y a cinq ou six cents personnes à peine qui, chaque année depuis un quart de siècle, peuvent aller applaudir au Conservatoire les symphonie de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…, de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et de Beethoven Beethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…: c’est devenu une affaire de mode ; mais si jamais le temple de la rue Bergère est assez vaste pour contenir tous ceux qui sollicitent aujourd’hui l’honneur insigne d’y être admis et qui l’obtiennent si difficilement, l’incomparable orchestre de M. GirardGirard, CarolineCaroline Girard (Paris, 7 avril 1830 – Paris, 4 janvier 1925), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix d’opéra-comique en 1853 et débuta au Théâtre-Lyrique où pendant dix ans elle créa de nombreux rôles tels que Georgette des Dragons de Villars (Maillart,Lire la suite… jouera devant des banquettes à peine ornées d’une poignée de fidèles.

Nous prendrons la liberté de rappeler ici, toujours pour justifier l’infaillibilité et le bon goût du public parisien, que FreyschutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… [FreyschützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…] a été sifflé, que Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite… et tant d’autres chefs-d’œuvre on été sifflés ; que la reprise de la VestaleVestale, LaLa Vestale, tragédie lyrique en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 11 décembre 1807.Lire la suite…, dont on faisait reposer tout le succès sur la tête un peu légère d’une cantatrice célèbre au théâtre et en dehors du théâtre, a été un four complet ; que les magnifiques symphonies de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, acclamées dans toute l’Allemagne, ont été traitées en France d’élucubrations grotesques, d’essais bouffons ; que La Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite… de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, l’une des partitions les plus remarquables de ce temps-ci, a été jouée neuf ou dix fois tout au plus, et cela parce que le décor du cinquième acte était inférieur à celui du troisième et que le dénoûment n’offrait pas un assez vif intérêt. De nos jours on a inventé les étoiles, et une étoileBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite… fait courir tout Paris au théâtre où elle brille, même quand elle met son talent de convention au succès d’une musique de pacotille. Voila le progrès ; il mérite d’être signalé.

Ce préambule, un peu long peut-être, dit suffisamment pourquoi M. Émile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…, tout artiste qu’il est, a mieux aimé nous donner la traduction de M. Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite… que l’œuvre originale de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…. En somme, si les morceaux ne sont plus à leur place, s’il en est que l’on a cru devoir retrancher, si le poëme, écrit en provençal, est parsemé de lieux communs, de trivialités et d’inepties, si les noms de la légende allemande ont été remplacés par des noms soi-disant plus euphoniques, et assurément plus bourgeois, la musique est la même, à peu de chose près, et, telle qu’elle est, elle peut encore laisser un libre cours à l’admiration de ceux qui, comme nous, professent pour l’immortel auteur du FreyschützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… un culte fervent, religieux, exceptionnel.

Nous pouvons, nous dispenser, sans doute, d’analyser la partition et d’en signaler toutes les beautés. Disons seulement quelques mots de l’exécution. L’ouverture, à part certaines hésitations des instruments à vent, a été assez vigoureusement enlevée. Nous laissons à M. DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite…, l’habile chef d’orchestre du Théâtre-Lyrique, toute la responsabilité du rallentando qu’il a cru pouvoir se permettre, suivant ainsi une tradition établie à Londres depuis Mendelsohn-Bartholdy [Mendelssohn]Mendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…, quelques mesures avant la reprise finale du thème en ut majeur.Symphonie no. 1 en ré majeurSymphonie pour orchestre no. 1 en ré majeur de Charles Gounod. Dédiée à la Société des jeunes artistes du Conservatoire de Paris, elle en fut créée sous la direction de Jules Pasdeloup à la salle Herz de Paris le 4 mars 1855. L’Allegretto et le Scherzo en avaient été préalablement jouLire la suite…

Les mouvements de plusieurs morceaux ont été pressés ou ralentis. C’est évidemment la faute des artistes. M. MarchotMarchot, AugusteCharles-Mathieu-Édouard-Auguste Marchot (Revin/ Ardennes, 19 février 1821 – Nancy, 10 octobre 1886), basse chantante. Il fit un début peu remarqué à l’Opéra-Comique en août 1854, remplaçant à l’improviste le baryton Jean-Baptiste Faure, indisposé, dans le rôle de Malipieri de HaydéLire la suite…, chargé du rôle de Richard, a chanté ses couplets du premier acte (transposés un ton plus bas) sans se douter qu’ils sont marqués allegro féroce et qu’ils doivent avoir une expression mordante, saccadée, diabolique : Richard a fait un pacte avec l’enfer ; les petites flûtes jettent leurs notes stridentes à travers la mélodie, et le compagnon de Tony ne peut pas vider son verre avec l’insouciance et le flegme d’un Hollandais. En revanche, M. MarchotMarchot, AugusteCharles-Mathieu-Édouard-Auguste Marchot (Revin/ Ardennes, 19 février 1821 – Nancy, 10 octobre 1886), basse chantante. Il fit un début peu remarqué à l’Opéra-Comique en août 1854, remplaçant à l’improviste le baryton Jean-Baptiste Faure, indisposé, dans le rôle de Malipieri de HaydéLire la suite…, doué d’une bonne voix de basse-taille et d’une assez belle prestance, a fort bien dit le grand air du deuxième acte : l’Enfer triomphera. LagraveRousseau de Lagrave, Théophile-ÉtienneThéophile-Étienne Rousseau dit Rousseau de Lagrave (Château-Gontier, 15 septembre 1815 – En mer, 3 septembre 1860), ténor. Il quitta le couvent pour la peinture et la peinture pour le chant. Il fut engagé pendant 3 à 4 ans au théâtre de Bordeaux, où il eut beaucoup de succès. Il débuta àLire la suite… a fait de violents efforts pour vaincre un enrouement qui l’a tenu pendant très-longtemps éloigné de la scène. Le public a pris en considération le fâcheux état du larynx de cet excellent artiste, et il l’a applaudi plusieurs fois. C’est probablement à l’indisposition de M. LagraveRousseau de Lagrave, Théophile-ÉtienneThéophile-Étienne Rousseau dit Rousseau de Lagrave (Château-Gontier, 15 septembre 1815 – En mer, 3 septembre 1860), ténor. Il quitta le couvent pour la peinture et la peinture pour le chant. Il fut engagé pendant 3 à 4 ans au théâtre de Bordeaux, où il eut beaucoup de succès. Il débuta àLire la suite… que nous devons la suppression de joli duo Non plus d’alarmes. Mlle GirardGirard, CarolineCaroline Girard (Paris, 7 avril 1830 – Paris, 4 janvier 1925), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix d’opéra-comique en 1853 et débuta au Théâtre-Lyrique où pendant dix ans elle créa de nombreux rôles tels que Georgette des Dragons de Villars (Maillart,Lire la suite… a été charmante dans le rôle de Nancy ; elle a dit avec beaucoup de gentillesse et de grâce le délicieux duo du deuxième acte, dans lequel Mme de Ligne-LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… [Deligne-Lauters]Deligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… aurait bien pu l’éclipser. ColsonColson, Charles AlexandreCharles-Alexandre Cosson dit Colson (Paris, 23 septembre 1816 – Paris, ? 1877), ténor. Après avoir chanté en province, il se produisit à la Nouvelle-Orléans à partir de 1837. En 1850, c’est à La Haye qu’il fit la connaissance et épousa la jeune soprano Pauline-Désirée Dejon, dite PaulLire la suite…, excellent comique, est insuffisant comme chanteur dans le rôle de Dick. Grignon a joué Reynold avec une bonhomie pleine de sentiment et de naturel. JuncaJunca, Francois MarcelFrançois-Marcel Junca (Bayonne, vers 1818 – Lormes près de Corbigny/ Nièvre, 4 octobre 1878), basse. Il fit ses études à Toulon puis à Paris et débuta en 1838 à Metz. Il chanta en 1840/41 à Lyon et de 1850 à 1855 au Théâtre-Lyrique de Paris où il participa aux créations des œuvres sLire la suite… a accepté le rôle de Robin par déférence pour le génie de Weber Weber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…; sa haute stature, la sévère exactitude de son costume, les intonations lugubres et gutturales de son récit, ont imprimé un cachet saisissant à cette figure sombre et fantastique du chasseur noir, l’incarnation du mal. Quant à Mme de Ligne-LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite…, bien qu’elle ait été sérieusement critiquée par plusieurs de nos confrères, nous sommes d’avis qu’il ne faut pas lui imputer les écarts dont elle s’est rendue coupable. Un professeur auquel d’éclatants succès au théâtre donnent une certaine autorité lui a conseillé tous ces agréments de mauvais goût, tous ces ritardando, toutes ces altérations du texte dont elle a été tant blâmée. Mme LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… est une toute jeune femme de dix-neuf ans ; elle a beaucoup d’intelligence et beaucoup de modestie ; sa voix est admirable d’étendue, de fraîcheur, de pureté, d’éclat ; jamais nous n’avons entendu un instrument plus parfait, plus complètement beau ; le travail manque, voilà tout. Dans peu d’années, si elle prend des leçons d’un bon maître, Mme LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… sera une cantatrice hors ligne et dont la réputation ne sera pas établie sur une roulade, sur un trille interminable et autres évolutions périlleuses qui appellent des comparaisons de fauvette ou de rossignol. Nous parlons rarement des artistes lyriques dans notre revue musicale ; mais nous avons cru devoir faire une exception en faveur de ceux qui ont eu assez de confiance en eux-mêmes, pour oser aborder une partition de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…. M. Émile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… a fait de grands frais de mise en scène, et on voit figurer au tableau de la fonte des balles un personnel convenable de chauves-souris, d’ours blancs et noirs, de rats, de têtes de mort, de gnomes, de spectres et de démons éclairés par la lueur des flammes du Bengale. Nous devons nos plus sincères compliments à MM. les choristes.

Nous ne connaissions pas une note de l’opéra de PaciniPacini, GiovanniGiovanni Pacini (Catania, 17 février 1796 – Pescia, 6 décembre 1867), compositeur. Après des études à Bologne et à Venise, il produisit son premier opéra en 1813 à Milan. En 1817, son melodramma semi-seria Adelaide e Commingo rencontra un grand succès, tout comme ses œuvres suivantes : Lire la suite… Gli arabi nelle GallieGli Arabi nelle GallieGli Arabi nelle Gallie o sia Il trionfo della fede  (Les Arabes en Gaules ou Le Triomphe de la foi), melodramma serio en deux actes sur un livret en italien de Luigi Romanelli mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 8 mars 1827 et au Théâtre-Italien de PaLire la suite…, bien qu’il date de 1828. Son apparition sur le théâtre Ventadour a donc eu pour nous le charme d’une nouveauté. Le compositeur avait fait tout exprès le voyage d’Italie pour présider aux répétitions de son œuvre. Nous avons eu le bonheur de le voir le soir de la première représentation, entraîné sur la scène par Mme BosioBosio, AngiolinaAngiolina Bosio (Turin, 22 aout 1830 – St. Pétersbourg, 13 avril 1859), soprano. Elle étudia à Milan où elle fit ses débuts dans Lucrezia de I due Foscari (Verdi, 1846), role qu’elle chanta à Paris en 1848 puis fit une grande tournée en Amérique du Nord. Elle fit ses débuts à Londres en Lire la suite…, comme l’avait été quelques jours auparavant par Mme FrezzoliniFrezzolini-Poggi, Erminia dite FrezzoliniErminia Frezzolini-Poggi, dite Frezzolini (Orvieto/ Italie 27 mars 1818 – Paris, 5 novembre 1884). Elle étudia avec son père, Giuseppe Frezzolini, créateur du rôle de Dulcamara de L’Elisir d’amore (Donizetti, 1832) et Domenico Ronconi avant de débuter en 1837 à Florence dans Beatrice di Lire la suite… l’illustre auteur du TrovatoreTrovatore, IlIl Trovatore, opéra en quatre actes sur un livret en italien de Salvadore Cammarano  complété par Leone Emanuele Bardare et mis en musique par Giuseppe Verdi. L’œuvre fut créée au Théâtre Apollo à Rome le 19 janvier 1853 et au Théâtre-Italien à Paris le 23 décembre 1854.Lire la suite…, le maestro VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. M. PaciniPacini, GiovanniGiovanni Pacini (Catania, 17 février 1796 – Pescia, 6 décembre 1867), compositeur. Après des études à Bologne et à Venise, il produisit son premier opéra en 1813 à Milan. En 1817, son melodramma semi-seria Adelaide e Commingo rencontra un grand succès, tout comme ses œuvres suivantes : Lire la suite… n’a été rappelé qu’une fois : c’est bien peu relativement à ce qui se passe en Italie ; mais il n’y a pas bien longtemps que cette coutume de rappel a été établie au Théâtre-Italien, et il y a un commencement à tout. PaciniPacini, GiovanniGiovanni Pacini (Catania, 17 février 1796 – Pescia, 6 décembre 1867), compositeur. Après des études à Bologne et à Venise, il produisit son premier opéra en 1813 à Milan. En 1817, son melodramma semi-seria Adelaide e Commingo rencontra un grand succès, tout comme ses œuvres suivantes : Lire la suite… a écrit une quantité innombrable de partitions qui ont été jouées sur les principales scènes de la Péninsule. Les seules dont nous ayons entendu quelques échantillons sont : la Fidanzata corsaFidanzata corsa, LaLa Fidanzata corsa (La Fiancée corse), melodramma tragico en trois actes sur un livret en italien de Salvadore Cammarano, d’après la nouvelle Colomba de Prosper Mérimée, mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre San Carlo de Naples le 10 décembre 1842.Lire la suite…, Sapho SaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite…[Saffo], l’Ultimo giorno di PompéiaUltimo giorno di Pompei, L’L’Ultimo giorno di Pompei, dramma per musica en deux actes sur un livret en italien d’Andrea Leone Tottola mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre San Carlo de Naples le19 novembre 1825.Lire la suite… [PompeiUltimo giorno di Pompei, L’L’Ultimo giorno di Pompei, dramma per musica en deux actes sur un livret en italien d’Andrea Leone Tottola mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre San Carlo de Naples le19 novembre 1825.Lire la suite…] et la Niobé [NiobeNiobeNiobe, dramma eroico-mitologico en deux actes sur un livret en italien d’Andrea Leone Tottola mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre San Carlo de Naples le 19 novembre 1826.Lire la suite…], dans laquelle il y a une cavatine que la voix de RubiniRubini, Giovanni BattistaGiovanni Battista Rubini (Romano, 7 avril 1794 – Romano, 3 mars 1854), ténor. L’impresario Domenico Barbaja le fit venir à Naples où il se perfectionna auprès de Nozzari tout en se produisant sur les petites scènes. En 1824-1825, il se produisit à Vienne avec succès et fut invité en octoLire la suite… a rendue célèbre. A côté de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…, de BelliniBellini, VincenzoVincenzo Bellini (Catania 3 novembre 1801 – Puteaux près Paris, 23 septembre 1835), compositeur. Fils et petit-fils de compositeurs, il fit ses études au Collège Royal de Musique à Naples de 1819 à 1825 avec Tritto et Zingarelli. Il fut également influencé par les opéras de Rossini, compositLire la suite… et de DonizettiDonizetti, GaetanoGaetano Donizetti (Bergame, 29 novembre 1797 – Bergame, 8 avril 1848), compositeur. Elève de Simon Mayr à Bergame et de Padre Stanislao Mattei à Bologne, Donizetti fit ses débuts en 1818 au théâtre San Luca de Venise avec Enrico di Borgogna dont le succès lui valut la commande de trois ouvragLire la suite…, PaciniPacini, GiovanniGiovanni Pacini (Catania, 17 février 1796 – Pescia, 6 décembre 1867), compositeur. Après des études à Bologne et à Venise, il produisit son premier opéra en 1813 à Milan. En 1817, son melodramma semi-seria Adelaide e Commingo rencontra un grand succès, tout comme ses œuvres suivantes : Lire la suite… n’a jamais pu passer pour un compositeur original, pour un homme de génie, mais il a acquis la réputation d’un maître habile, d’un mélodiste distingué et fécond ; il compte quelques succès et une quantité suffisante d’admirateurs ; il est maître de chapelle et directeur de l’Institut musical du duc de Lucques. En voilà bien assez pour être sûr d’arriver à la postérité la plus reculée.

Le sujet des Arabes dans les Gaules est emprunté à un roman fameux : le Renégat Renégat, LeLe Renégat, roman de Charles-Victor Prévost d’Arlincourt publié en deux volumes en 1822 eut un succès tel qu’il rivalisa en popularité avec Victor Hugo et fit surnommer  d’Arlincourt « Prince des romantiques ». Cependant les critiques de son style, de ses intrigues et de ses caractèLire la suite…du vicomte d’ArlincourtArlincourt, Charles Victor Prevot Vicomte d’Charles-Victor Prévost d’Arlincourt (château de Mérantais près de Versailles, 26 septembre 1788 – Paris, 22 janvier 1856), écrivain. Fils d’un fermier général guillotiné sous la Révolution, il fut nommé écuyer de Madame Mère par Napoléon puis intendant de l’armée d’Espagne. PLire la suite…. Agobar a battu Leodato, le lieutenant de Charles-Martel ; le chef des Sarrazins, au moment de forcer les portes d’un monastère, est arrêté par un essaim de nonnes, en tête duquel marche la belle Ezilda ; Agobar, frappé de la beauté de la jeune femme, en devient éperdument amoureux ; de son côté, Ezilda trouve que le barbare a assez bonne mine, et à force de le regarder, elle reconnaît en lui Clodomir, le dernier des Mérovées, auquel tout enfant elle avait été fiancée, et qui un beau jour avait disparu, sacrifié à l’ambition de Charles-Martel. Le faux Agobar, qui a abjuré sa religion pour reconquérir le royaume de ses pères, essaye de calmer les fureurs envahissantes de ses soldats ; mais ceux-ci, peu désireux de s’associer aux intentions pacifiques de leur chef, l’arrêtent par un coup de poignard au milieu de sa harangue. La princesse Ezilda répand d’abondantes larmes sur le trépas de son fiancé, dont l’agonie se prolonge jusqu’à la dernière note d’une cavatine pleine de regrets amoureux. Ce libretto, comme tant d’autres libretti, est remarquablement stupide, et l’envie de rire vous prend aux scènes les plus pathétiques.

La partition primitive des Arabes dans les Gaules a été remise à neuf et accommodée au goût du jour ; le public parisien, très-sensible à cette attention délicate, en a remercié le compositeur par les bravos les plus prolongés ; l’orchestration de M. PaciniPacini, GiovanniGiovanni Pacini (Catania, 17 février 1796 – Pescia, 6 décembre 1867), compositeur. Après des études à Bologne et à Venise, il produisit son premier opéra en 1813 à Milan. En 1817, son melodramma semi-seria Adelaide e Commingo rencontra un grand succès, tout comme ses œuvres suivantes : Lire la suite… est plus intéressante, non moins bruyante, mais plus soignée que celle de son compatriote VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. Parmi les meilleurs morceaux de la partition, nous devons citer l’air de Leodato, la cavatine d’Ezilda et le duo qu’elle chante avec Agobar ; la toile baisse au second acte sur un final magistralement écrit, d’après les règles du genre. Nous avons remarqué dans la cavatine d’Ezilda une réminiscence très-évidente de la Niobé ; mais on ne saurait faire un crime à un compositeur de se copier lui-même et de chercher un succès nouveau dans le souvenir d’un succès d’autrefois.

La société des jeunes artistes du Conservatoire a exécuté, dans son second concert, des fragments d’une symphonie de M. Ch. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, dédiée aux jeunes artistes. Nous avons retrouvé dans cette œuvre toutes les qualités qui distinguent le talent, correct, élevé et original de l’auteur de SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite…, de la Nonne sanglante Nonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…et des chœurs d’Ulysse. L’andanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, joué en sourdines, est d’une simplicité charmante : on y sent passer comme un souffle de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…. L’instrumentation de ce morceau, comme celle du scherzo, est d’une clarté, d’une simplicité et d’une élégance remarquables ; le scherzo a été bissé ; la phrase principale, reproduite dans des tons différents, est ramenée par une délicieuse rentrée des violons et traversée par un chant de hautbois d’une couleur poétique et suave. Ces fragments nous donnent le désir bien naturel d’entendre l’œuvre complète, et M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, l’excellent chef d’orchestre de la société nous a promis cette bonne fortune pour l’une ses prochaines séances. Toute cette armée de jeunes virtuoses, dont plusieurs sont encore des enfants, manœuvre avec un ensemble, une précision que n’ont pas toujours des orchestres plus exercés ; ils comprennent admirablement le sentiment de la musique qu’ils exécutent, et jouent de l’AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… ou du BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… avec la même intelligence, la même verve, le même soin. Les chœurs, dirigés par M. BatisteBatiste, Antoine-EdouardAntoine-Édouard Batiste (Paris, 28 mars 1820 – Paris, 9 novembre 1876), organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire et obtint les premiers prix d’harmonie (1837) puis d’orgue et de contrepoint (1839) et le 2eme Prix de Rome en 1840. Il fut nommé répétiteur de solfège au ConservaLire la suite…, ont parfaitement chanté la marche des Deux AvaresDeux Avares, LesLes Deux Avares, comédie mêlée d’ariettes en deux actes sur un livret de Charles-Georges Fenouillot de Falbaire mis en musique par Modeste Grétry et créée à la Comédie-Italienne le 6 décembre 1770.Lire la suite… de Grétry Grétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite…; Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… a dit de sa belle voix de contralto, si émouvante et si sympathique, un Noël de M. Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… et le solo de la Conjuration des sorcières du Selam. On a applaudi une très-jolie ouverture de M. Anatole Petit et une marche religieuseMarche ReligieuseL’Annonciation, marche religieuse, pour orchestre d’Adolphe Adam. L’œuvre existe aussi en une transcription pour piano et orgue Mélodium publiée par Alexandre, Paris 1857 ; arrangée pour piano à quatre mains par Napoléon Alkan, Colombier, Paris, 1855 ; et pour 2violons, alto et contrebasLire la suite… de M. Adam ; l’ouverture du Carnaval romainOuverture « Le Carnaval Romain »;Ouverture « Le Carnaval romain », ouverture caractéristique pour orchestre de Hector Berlioz créée à la salle Herz de Paris le 3 février 1844.Lire la suite… de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a produit beaucoup d’effet, mais c’était le dernier morceau du programme, et chacun était pressé de partir, ce qui arrive invariablement chaque fois qu’on a entendu dans une salle de concert deux heures de musique.