La Revue française, 20 septembre 1856, p. 348-356 (article signé E. Reyer).

Chronique musicale


J’ai pris à peine un mois de vacances et me voilà déjà avec un arriéré considérable sur les bras ; je vais ressembler à ce narrateur qui raconte une histoire que tout le monde connaît, et qui est étonné de ne lire ni l’intérêt ni l’attention sur le visage de ses auditeurs ; seulement, mon étonnement sera moins grand, parce que je sais très-bien que la reprise de Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, par exemple, est un fait que personne n’ignore, et sur lequel mes confrères ont déjà écrit une foule de choses très-sensées, très-savantes et très-spirituelles. La reprise de Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite… est vieille de six semaines ; mais j’aime à penser qu’il n’est jamais trop tard pour parler d’une belle œuvre et louer un directeur d’une bonne inspiration. Que cette bonne inspiration soit de M. CrosnierCrosnier, EdmondFrançois-Louis Croisnu, dit Edmond Crosnier (Versailles, 12 mai 1792 – Château de Lépau à  Lisle/Loire et Cher, 1er septembre 1867), administrateur. Il écrivit quelques vaudevilles et devint directeur du Théâtre de la Porte Saint-Martin en 1830. De 1834 à 1845, il dirigea l’Opéra-ComLire la suite… ou de son successeur M. Alphonse RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite…, peu importe : on nous a rendu Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, et on nous l’a rendu comme RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… l’a écrit, du moins à peu de chose près. Là-dessus une polémique s’est engagée : les uns ont regretté qu’on n’ait pas maintenu les coupures faites en 1837, les autres ont applaudi au rétablissement des morceaux supprimés. Je suis tout à fait de l’avis de ces derniers.

RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… me paraît rangé depuis longtemps dans cette catégorie de compositeurs auxquels on doit, sinon une admiration sans bornes (en musique les opinions sont libres), du moins un profond respect ; pour quelques-uns il n’est certainement pas à la hauteur de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… et de Beethoven Beethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…; mais, pour tout le monde, il est un homme de génie, un fécond mélodiste et un très-grand maître ; Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite… est assurément son chef-d’œuvre, et la mutilation de cette partition grandiose était non seulement une profanation, mais encore un outrage fait à l’un des plus grands compositeurs de notre époque. Et croyez bien que RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… y fut très-sensible, aussi sensible peut-être qu’à l’accueil plus que froid que le public parisien fit à son ouvrage le jour qu’il parut pour la première fois sur la scène française. L’exemple du Freyschütz Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…[FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…], dont les tronçons mal cousus servaient de lever de rideau à n’importe quel ballet en vogue, ne suffit pas pour calmer la juste rancune de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…, et cette rancune est, dit-on, encore aussi vivace qu’au premier jour. On a donc parfaitement fait de nous rendre Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, comme on nous avait rendu Moïse Moïse et PharaonMoïse et Pharaon, opéra en 4 actes sur un livret de Luigi Balocchi et Etienne de Jouy mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 26 mars 1827. Lire la suite…; seulement il est fâcheux que la restauration ou la réhabilitation de cette œuvre ait subi des retards assez multipliés et assez longs pour permettre au musicien de se soustraire à l’ovation que l’administration de l’Opéra lui préparait ; RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… a fui devant les applaudissements et les sérénades comme d’autres fuient devant le danger. Évidemment sa rancune n’est pas éteinte : il trouve sans doute que la réparation s’est fait trop longtemps attendre. Maintenant, après avoir donné à M. CrosnierCrosnier, EdmondFrançois-Louis Croisnu, dit Edmond Crosnier (Versailles, 12 mai 1792 – Château de Lépau à  Lisle/Loire et Cher, 1er septembre 1867), administrateur. Il écrivit quelques vaudevilles et devint directeur du Théâtre de la Porte Saint-Martin en 1830. De 1834 à 1845, il dirigea l’Opéra-ComLire la suite… ou à M. Alphonse RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… les éloges qu’ils méritent, je me permettrai de trouver que l’exécution n’a pas été à la hauteur de l’œuvre, et que le quatrième acte, ou le dernier tableau, si pieusement exhumé, n’est pas celui qui renferme les meilleures inspirations ni les plus grandes beautés ; les pages qui précèdent le font légèrement pâlir, et la scène finale, bien que très-grandiose, ne vient malheureusement pas réveiller chez le public un enthousiasme un peu attiédi par un trio tout à fait italien entre Jenny, Hedwig et Mathilde, la fille des rois, plus ridicule que sympathique en son accoutrement princier ; par une tempête dont les couleurs ne sont pas assez dramatiques, et par la prière d’Hedwig. Et puis, je ne sais pas de musique, si admirable qu’on la suppose, qui, aux yeux de spectateurs mélomanes sans excès, pourrait lutter contre la stupidité d’un pareil dénoûment. Ces lamentations entre le fils, la mère et la fiancée, cette tempête vue à travers le petit bout de la lorgnette, ces épousailles acclamées par une députation de laitières, tout cela manque d’intérêt, de solennité, et M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… a depuis longtemps habitué les dilettanti parisiens à de bien autres merveilles. Le premier acte s’est augmenté d’un chœur, de la marche des fiancés et du récit de Melchthal, qui est un des plus beaux de l’ouvrage ; on n’a pas cru devoir nous rendre un grand air chanté par Mathilde au troisième acte, et qui se termine en duo : Arnold, d’où naît ce désespoir ? Il y a pourtant dans ce morceau une phrase charmante, un peu italienne, mais très-distinguée.

Quant au talent des interprètes, j’ai déjà dit qu’il ne m’avait pas semblé à la hauteur de l’œuvre ; je ne reprocherais pas à M. BonnehéeBonnehée, MarcMarc Bonnehée (Moumours/ Basses-Pyrénnées, 2 avril 1828 – Paris, 26 février 1886), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint, en 1853, les premiers prix d’opéra et de chant et le deuxième prix d’opéra-comique. La même année, il fut engagé à l’Opéra où il débuta Lire la suite… l’exiguïté de sa taille, mais je lui demanderai un peu plus de chaleur, de verve et de sensibilité dans ce rôle de Guillaume qu’il chante fort bien, mais qu’il ne joue pas assez. AymèsAimès, AlexandreAlexandre Aimès (? – ?), ténor. Il débuta en 1851 à l’Opéra de Paris, où il créa le rôle du pâtre dans Sapho de Gounod (1851) et celui de Rodolphe dans Zerline ou La Corbeille d’oranges (Auber, 1851). Il fut sociétaire des Concerts du Conservatoire du 23 décembre 1851 au 9 novembre 1Lire la suite… [Aimes] dit avec infiniment de grâce sa jolie barcarolle du premier acte, puis il se tait, et c’est dommage. CoulonCoulon, Joseph TheodoreThéodore-Jean-Joseph Coulon (Nivelles/ Belgique, 21 mai 1822 – Paris, 21 octobre 1874), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un accessit en opéra-comique en 1848. Il chanta en province et fut engagé à l’Opéra-Comique où il débuta dans le rôle d’Altamuk de La Fée Lire la suite… est tout à fait convenable dans le personnage du vieux Melchthal, et j’en puis dire autant de M. MerlyMerly, Jean-BaptisteJean-Baptiste Merly (Toulouse, 19 mars 1828 – ? juillet 1885), baryton. Après ses études au Conservatoire de Paris, il débuta à l’Opéra de Paris en 1851 et participa à la création de La Corbeille d’oranges (Auber), du Juif errant (Halévy, 1852), de La Nonne sanglante (Gounod, 1854). IlLire la suite… dans celui de Walter ; Mlle DussyDussy, MarieMarie Cotteret, dite Dussy (Lyon, 19 août 1828 – Nice, ? mars 1907), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1850, puis débuta l’année suivante à l’Opéra, où elle se produisit jusqu’en 1859. Elle y créa entre autres Le MLire la suite… a eu quelques éclairs qui l’ont fait applaudir ; elle a chanté avec beaucoup de sentiment sa romance Sombres forêts, mais elle aurait pu s’abstenir d’y mêler certaines fioritures qui ne sont pas dans la partition. RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… ne lui en saura pas le moindre gré, ni moi non plus. Du reste, je reviendrai, à propos de la reprise de ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… à l’Opéra-Comique, sur cette manie qu’ont certains artistes d’imposer leur collaboration à des auteurs qui s’en passeraient volontiers. Mlle DussyDussy, MarieMarie Cotteret, dite Dussy (Lyon, 19 août 1828 – Nice, ? mars 1907), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1850, puis débuta l’année suivante à l’Opéra, où elle se produisit jusqu’en 1859. Elle y créa entre autres Le MLire la suite… est très-intelligente, elle a du talent, une jolie voix, mais il lui manque ce je ne sais quoi qui charme, qui entraîne et qui séduit. GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite…, encore un peu souffrant le soir de la première représentation, a laissé de côté l’ut de poitrine du Suivez-moi. Ceux qui étaient venus (et ils étaient nombreux) pour entendre cette note phénoménale, se sont retirés fort désappointés. J’ignore si, aux représentations suivantes, les amateurs de cet ut fameux ont été satisfaits, et j’avoue que cela n’a pour moi qu’une importance très-secondaire : GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… déploie une grande vigueur dans les morceaux de force, et la nature de sa voix le sert on ne peut mieux ; mais, dans les passages qui demandent de la douceur et de la tendresse, son organe manque de souplesse et d’égalité. Quant à son jeu, je crois inutile d’en parler. M. Narcisse Girard, le chef d’orchestre de l’Opéra, me paraît consulter plus souvent sa montre que le métronome quand il prend un mouvement ; il fait volontiers d’un allegretto un allegro vivace, et je ne puis vraiment pas croire que ce haut fonctionnaire pèche par ignorance ; cela lui arrive plus d’une fois, au Conservatoire, quand le public a demandé bis et que la musique qu’il fait exécuter n’a pas toutes ses sympathies.

Je glisserai légèrement sur le ballet des ElfesElfes, LesLes Elfes, ballet-fantastique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Joseph Mazilier et une musique du Comte Nicolas Gabrielli créé à l’Opéra de Paris le 11 août 1856.Lire la suite…, musique de M. le comte Gabrielli Gabrielli, Nicolo, CountComte Nicolo Gabrielli (Naples, 21 février 1814 – Paris, 14 juin 1891), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Carlo Conti, Zingarelli et Donizetti. à partir de 1835, il composa de nombreux opéras dont I dotti per fantasmo (1836), L’Americano in fiera (1837), Il padre della dLire la suite…; j’avoue ne pas avoir prêté une très-grande attention au poëme, et, dès les premiers mots, j’ai compris à quel genre de musique j’avais affaire. Je ne prétends pas donner à entendre par là que les airs de danse de M. le comte GabrielliGabrielli, Nicolo, CountComte Nicolo Gabrielli (Naples, 21 février 1814 – Paris, 14 juin 1891), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Carlo Conti, Zingarelli et Donizetti. à partir de 1835, il composa de nombreux opéras dont I dotti per fantasmo (1836), L’Americano in fiera (1837), Il padre della dLire la suite… ne soient pas appelés à un très-grand succès, et qu’il n’y ait pas dans cette olla podrida de walses, de polkas et de rédowas italiennes, de quoi faire la fortune d’un éditeur. Ce que j’ai admiré, par exemple, c’est la grâce, la souplesse, la légèreté et l’élégance de Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite…, un des talents chorégraphiques les plus distingués et les plus complets qui aient depuis longtemps captivé dans leurs stalles les habitués de l’orchestre. C’était à qui applaudirait avec le plus d’ostentation, à qui crierait braaava sur le ton le plus câlin et le plus langoureux. Il y a eu aussi quelques élans tout à fait spontanés et très-chaleureux en l’honneur de Mlles Couqui [Cucchi]Cucchi, ClaudinaClaudina Cucchi dite Couqui (Milan, 20 mars 1838 – Milan, 10 mars 1913), ballerine. Elle étudia avec Blasis et Hus à l’école de la Scala de Milan et débuta en 1855 à l’Opéra de Paris dans le rôle du Printemps du divertissement des Quatre Saisons des Vêpres Siciliennes de Verdi. Elle créLire la suite…, LegrainLegrain, VictorineVictorine Legrain ( ? – ?), danseuse. Elle fut une soliste de la troupe de ballet de l’Opéra de Paris de 1849 à 1857. En 1851, elle se produisit à Londres avec succès dans un ballet d’après Le Fils prodigue de Scribe et Auber. Elle dansa l’Hiver dans le ballet des saisons des Vêpres siciLire la suite… et BerrettaBeretta, CaterinaCaterina Beretta (Milan, 8 décembre 1839 – Milan, 1er janvier 1911), ballerine. Elle étudia avec Auguste Hus à l’École de ballet du Théâtre de la Scala de Milan. Appelée à Paris en 1855, elle fut très applaudie dans Le Diable à quatre et dans Jovita, mais son interprétation dans le bLire la suite… [Beretta]Beretta, CaterinaCaterina Beretta (Milan, 8 décembre 1839 – Milan, 1er janvier 1911), ballerine. Elle étudia avec Auguste Hus à l’École de ballet du Théâtre de la Scala de Milan. Appelée à Paris en 1855, elle fut très applaudie dans Le Diable à quatre et dans Jovita, mais son interprétation dans le bLire la suite…, trois brillantes étoiles de la danse, qui, elles aussi, ont leurs admirateurs et leurs astronomes.

MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… est depuis quelques jours à Paris, et il a assisté très-assidûment aux répétitions du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…, que l’on nous a donné mercredi dernier avec Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite… dans le rôle de Fidès. Ce rôle, qui met suffisamment en relief les qualités dramatiques d’une cantatrice, a valu à Mme Borghi un certain succès. Je ne vois pas cependant que Mme Borghi ait bien fait de quitter le Théâtre-Italien pour l’Opéra. Il n’est pas encore bien sûr que M. RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… aura l’Africaine Africaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite…; je lui souhaite sincèrement cette bonne fortune. M. RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… est un homme d’une extrême bienveillance, d’une exquise politesse, un esprit très-distingué et tout à fait digne de la haute position qu’il occupe ; j’aime à croire que M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… se montrera sensible à tant de rares qualités, surtout si M. l’administrateur de l’Opéra est assez heureux pour mettre la main sur la cantatrice rêvée par l’illustre maître.

En attendant l’AfricaineAfricaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite…, M. RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… s’occupe de monter, dit-on, un opéra en quatre actes de M. Limnander, compositeur belge, auteur des MonténégrinsMonténégrins, LesLes Monténégrins, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Gérard de Nerval mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra-Comique le 31 mars 1849.Lire la suite…, du Château de Barbe-BleueChâteau de la Barbe bleue, LeLe Château de la Barbe bleue, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra-Comique le 1er décembre 1851.Lire la suite… et du Maître chanteurMaitre chanteur, LeLe Maitre chanteur, opéra en deux actes sur un livret de Henri Trianon mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra de Paris le 17 octobre 1853.Lire la suite…. Avant ou après, nous aurons le SamsonSamsonSamson, opéra en quatre actes sur un livret d’Edmond Duprez, d’après Alexandre Dumas père, mis en musique par Gilbert Duprez et créé dans son théâtre privé au 11 rue Turgot à Paris le 13 mars 1855 pour les trois premiers actes et le 16 mars 1855 pour le quatrième acte.Lire la suite… de M. Duprez, œuvre dont le célèbre ténor a déjà donné un avant-goût à ses amis et connaissances dans sa jolie salle de spectacle de la rue Turgot. Je ne doute pas que M. RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… n’ait également accordé à MM. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, Ambroise Thomas et Xavier BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite… une hospitalité digne de leur talent et de leurs succès. Il est possible que quelques noms nouveaux (nouveaux pour l’Opéra) ne fassent pas mal sur l’affiche ; — c’est un essai à tenter.

La reprise de ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… à l’Opéra-Comique a été un grand événement musical ; la réclame l’avait prédit, et cette fois la réclame a eu raison. Il est à remarquer que, malgré l’enthousiasme qu’excitent chez le public la plupart des ouvrages modernes joués à ce théâtre, ce même public ne se fait pas trop tirer l’oreille pour venir écouter et applaudir certaines œuvres de l’ancien répertoire ; cela donnerait à penser que le public parisien est le plus éclectique du monde. Le soir de cette reprise j’entendais dire tout autour de moi combien il était à regretter que ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… n’eût pas été destiné à notre première scène lyrique ; le sujet du poëme, les allures magistrales de la partition, et l’élément dramatique qui y domine font tout naturellement rentrer cet ouvrage dans le cadre du Grand-Opéra, et, par la même raison, l’éloignent de celui de l’Opéra-Comique. Je ne partage pas cette opinion, bien qu’il me soit arrivé plus d’une fois de m’élever contre les tendances du théâtre Favart à dépasser les limites du genre qui lui est propre : ces tendances prennent de jour en jour plus de développement, c’est vrai ; mais il me semble que les réflexions faites à propos de ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… pourraient s’appliquer avec beaucoup plus de raison à une foule d’autres œuvres plus récentes ; il va sans dire que je laisse de côté toute idée de comparaison et de rapprochement au point de vue musical. Si je choisissais au hasard parmi le plus grand nombre des ouvrages en trois actes écrits depuis ces dix dernières années pour l’Opéra-Comique, il me serait facile de démontrer que, sous le rapport de la complication du poëme, de la fécondité et du caractère dramatique des incidents, de la solennité de la mise en scène, de la coupe et de la longueur des morceaux, il n’y en a pas un seul qui ne laisse ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… à une très-grande distance derrière lui. Je ne crois pas nécessaire de répéter que toute idée de comparaison et de rapprochement au point de vue musical demeure étrangère à mon raisonnement. Cela prouve-t-il un progrès ? Bien loin de là : c’est, à mes yeux, et je ne suis heureusement pas le seul à y voir de cette façon-là, un signe évident d’impuissance, une décadence réelle. Que l’Opéra-Comique soit un genre bâtard, que cet accouplement du chant et du dialogue constitue une anomalie, une bizarrerie inexplicable, c’est possible ; mais ce genre bâtard, cette anomalie, cette bizarrerie sont consacrées par la tradition, et, si vous voulez briser avec la tradition, il faut briser franchement, sans chercher à poser un pied sur une rive et un pied sur la rive opposée, sans essayer d’établir une fusion entre deux productions de l’art tout à fait distinctes l’une de l’autre. Après l’élément dramatique et fantastique est venu l’élément chorégraphique ; l’orchestre n’a pas manqué de suivre la révolution qui s’opérait sur la scène, et je voudrais bien savoir ce que nous avons gagné à ce mouvement ambitieux et soi-disant ascensionnel qui nous a conduits si loin des chefs-d’œuvre de NicoloIsouard, Nicolas dit NicoloNicolas Isouard, dit Nicolo (Malte, 18 mai 1773 – Paris, 23 mars 1818), compositeur. Rival de Boieldieu pour les faveurs du public, ces opéras comiques tels que Les Rendez-vous bourgeois (1807), Cendrillon (1810), Joconde (1814) et Jeannot et Colin (1814), se maintinrent longtemps au réperLire la suite…, de GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite…, de BoïeldieuBoieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à  Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite… [Boieldieu]Boieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à  Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite…, et même des premiers et des meilleurs ouvrages de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…. Aujourd’hui on peut aller indifféremment au théâtre de la rue Favart ou au théâtre de la rue Lepelletier [Le Peletier] ; abstraction faite du mérite relatif de chaque ouvrage, ce sont des pièces fabriquées dans le même moule qu’on y voit jouer, c’est le même luxe de décors qu’on y admire, c’est le même genre de musique qu’on y entend ; toute la différence consiste dans quelques phrases de dialogue de plus d’un côté et de moins de l’autre. Et parmi les auteurs qui travaillent en grand pour M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…, et même pour son confrère du boulevard, il en est bien peu qui ne puissent se dire : « J’ai eu l’air de faire un opéra-comique, mais, à quelques récitatifs près, j’ai fait en réalité un grand opéra. » Voila vraiment une belle satisfaction donnée à l’amour-propre d’un compositeur ! Si je ne craignais de blesser d’honorables susceptibilités, je mêlerais à tout ceci certaines réflexions au sujet des droits d’auteur qui augmentent proportionnellement à la longueur de la pièce, et j’arriverais très-facilement à expliquer la pénurie actuelle des ouvrages en un acte qui deviennent plus rares de jour en jour, et que M. le directeur de l’Opéra-Comique paraît tenir en réserve pour satisfaire aux justes prétentions des lauréats de l’Institut quand ils reviennent de Rome. Une réaction aura lieu, et très-prochainement, j’en suis sûr ; les directeurs comprendront la nécessité d’engager les compositeurs à faire un pas en arrière, et, parmi ceux-ci, j’en sais un des plus illustres, qui, après avoir marché plus avant que qui que ce soit dans la voie périlleuse que j’ai indiquée, donnera le premier le signal d’un mouvement rétrograde ; le premier il reviendra vers cette simplicité qui n’exclut certainement ni la science, ni la grâce, ni l’originalité. Et si je vous dis son nom, vous serez bien surpris : c’est M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… qui a écrit l’Etoile du Nord Etoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite…pour l’Opéra-Comique. Cet hiver, il vous fera entendre à ce même théâtre, sur cette même scène encombrée naguère de Kalmouks, de Tartares, de clairons, de fifres et de tambours, une paysannerie bretonne à trois personnages seulement, avec un chœur au commencement et un chœur à la fin, une petite miniature musicale qui sera à l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite… ce qu’un tableau de M. MeissonnierMeissonnier, Jean-RacineJean-Racine Meissonnier (Marseille, ? 1794 – Saint-Germain en Laye, 18 décembre 1865), éditeur. Il fonda sa maison d’édition en 1820 en rachetant le fonds de Firmin Corbaux. Il publia des romances, des airs populaires en arrangement pour toutes sortes d’instruments, de la musique de danse, Lire la suite… est à une bataille de M. YvonYvon, AdolpheAdolphe Yvon (Eschervillier/ Moselle, 30 janvier 1817 – Paris, 11 septembre 1893), peintre. Il fut l’élève de Paul Delaroche à l’École des Beaux-arts de Paris. Il se rendit en Russie en 1845 puis pendant la campagne de Crimée (1853-1856). Il débuta au salon de 1841 et reçut la médailleLire la suite…. Et vous verrez que cela n’en fera pas moins beaucoup de bruit… dans le monde.

Maintenant, si nous nous représentons ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… au théâtre de l’Opéra, je ne sais si tous les détails de cette charmante partition nous paraîtront à la hauteur de notre première scène lyrique ; je ne le pense pas. Les qualités qui dominent sont la grâce, la fraîcheur, l’élégance, l’originalité, bien plus que la puissance, l’élévation du style, l’ampleur et les développements mélodiques. Je ne doute pas qu’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite… n’eût pu briller sur une scène illustrée par les chefs-d’œuvre de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…, de SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite…, de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… et de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… (je cite des noms sans distinction d’école) ; mais il n’en est pas moins vrai qu’en écrivant ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite…, et tout en donnant à son œuvre des proportions plus vastes que celles des opéras-comiques de son époque, il n’a pas eu la prétention d’écrire un grand opéra. J’en trouve la preuve dans la partie fantastique elle-même de ce ravissant ouvrage, et à ceux qui en exagéreront la valeur, je me permettrai de rappeler seulement les pages qui peuvent lui être comparées dans Don JuanDon Giovanni (Don Juan)Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni, K.V. 527, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Théâtre des Etats de Prague le 29 octobre 1787. Mozart fit des modifications pour la création de l’œuvre au Burgtheater deLire la suite…, dans Freyschütz Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…et dans Robert le DiableRobert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…. Cette partie fantastique est fort belle sans aucun doute, mais je persiste à croire qu’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite… l’eût traitée autrement si, au lieu de travailler pour l’Opéra-Comique, il eût travaillé pour le Grand-Opéra. Et cela soit dit sans laisser deviner de ma part la moindre intention de diminuer le mérite d’une œuvre que j’admire et qui est un des plus riches écrins mélodiques que je connaisse. Le chœur des femmes au premier acte, Dans ses présents quelle magnificence ! le trio bouffe entre Camille, Ritta et Dandolo, la barcarolle au milieu de l’orgie, les couplets aux jeunes filles, Douce jouvencelle, et même le grand air de Zampa, le duo entre Ritta et Dandolo, la sérénade chantée par Alphonse dans la coulisse, et ces chœurs délicieux dans lesquels le motif principal, suivant la coutume d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…, est toujours confié à l’orchestre, n’est-ce pas là autant de morceaux, autant de bijoux qui appartiennent au véritable genre de l’Opéra-Comique ? Il y a assurément un travail scientifique plus soigné, plus remarquable, une élévation de style évidente et des inspirations plus grandioses dans la ballade, dans le finale du premier acte et dans celui du deuxième, dans la cavatine de Zampa, Pourquoi trembler, dans son duo avec Camille et dans la scène du mariage ; mais, je le répète, si on découvre dans tout cela une volonté inébranlable chez le compositeur d’agrandir les formes, d’élargir les limites de l’Opéra-Comique, on ne peut pas en conclure qu’il ait voulu atteindre au sommet de l’art et chercher des effets qui rentrent exclusivement dans le domaine du grand drame lyrique. Tout en étant convaincu que telle n’a pas été la pensée d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…, nous persistons à trouver qu’il a établi là un précédent fâcheux, attendu que ce qu’il a fait, lui, en homme de génie, en musicien chez lequel l’inspiration abondait, quelques-uns ont voulu l’imiter, et beaucoup l’ont exagéré, sans obtenir d’autre résultat que de fatiguer l’auditeur et de mettre à nu leurs efforts stériles et l’impuissance de leur imagination. Je ne dis rien du libretto, dans lequel l’invention et le mérite littéraire ne doivent pas être comptés pour grand’ chose :

Belle comme à seize ans,

Alice, dans Florence,

Charmait tous les amants.

En somme, je préfère le Pré aux ClercsPré aux clercs, LeLe Pré aux clercs, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène de Planard, mis en musique par Louis Hérold, créé à l’Opéra-Comique le 15 décembre 1832.Lire la suite… à ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite…, tout en admettant, si l’on veut, que ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… est un chef-d’œuvre. Dans le Pré aux ClercsPré aux clercs, LeLe Pré aux clercs, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène de Planard, mis en musique par Louis Hérold, créé à l’Opéra-Comique le 15 décembre 1832.Lire la suite… je trouve plus d’unité de style ; le mélange des trois écoles s’y fait moins sentir. J’ajouterai que rien dans ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… ne m’a paru plus dramatique, ne m’a plus vivement impressionné, que ce chant exécuté par les violoncelles sur des trémolos en sourdines pendant que la barque emporte le corps de Comminges. Ces quelques notes, qui tombent froides et indifférentes de la bouche des gondoliers, vous donnent le frisson. Et cela est pourtant d’une simplicité rare.

M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… mérite toutes sortes d’éloges pour le soin et le luxe de mise en scène dont il a entouré l’œuvre d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…, et je désire sincèrement qu’il retrouve avec ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite… le succès que lui a valu, il y a quelque temps, la reprise du Pré aux ClercsPré aux clercs, LeLe Pré aux clercs, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène de Planard, mis en musique par Louis Hérold, créé à l’Opéra-Comique le 15 décembre 1832.Lire la suite…. Il a remplacé cet instrument grêle et criard, baptisé, je ne sais trop pourquoi, du nom d’harmonium, par un véritable orgue dont les sons amples et veloutés donnent à la scène du mariage le caractère solennel et religieux qu’elle doit avoir. Puis il a eu la louable pensée de rendre à la mémoire d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite… un pieux hommage, et, à la fin de la représentation, le rideau s’étant relevé, on a vu sur la scène le buste du compositeur couronné, au milieu de l’enthousiasme général, pendant que les artistes, groupés tout autour et tenant en main des palmes triomphales, reprenaient en chœur le refrain de la ballade. Ce que je ne saurais admettre, par exemple, c’est l’arrivée d’une douzaine de ballerines au commencement de la scène du festin : cela n’ajoute absolument rien à l’effet du drame, et, d’ailleurs, HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite… a pu écrire des chants sur un rhythme dansant, sans pour cela songer le moins du monde à faire un ballet. Cette innovation manque de bon goût et d’à-propos.

Le rôle de Zampa a été composé pour CholletChollet, Jean-Baptiste MarieJean-Baptiste-Marie Chollet (Paris, 20 mai 1798 – Nemours, 10 janvier 1892), ténor. Il débuta à l’Opéra-comique en 1826. Il créa les rôles-titres de Fra Diavolo (Auber, 1830), et Zampa (Hérold, 1831). Adam écrit pour lui le rôle de Chapelou dans Le Postillon de Lonjumeau (1835). Il Lire la suite…, qui avait une voix exceptionnelle : il était baryton et ténor à la fois. M. BarbotBarbot, JulesJoseph-Théodore-Désiré Barbot, dit Jules Barbot (Toulouse, 12 avril 1824 – Paris, 26 décembre 1896), ténor. Élève de M. Garcia au Conservatoire de Paris, il obtint un premier prix de chant et un deuxième prix d’opéra-comique en 1847 et fut engagé à l’Opéra de Paris cette même annLire la suite… n’a pas la voix exceptionnelle de CholletChollet, Jean-Baptiste MarieJean-Baptiste-Marie Chollet (Paris, 20 mai 1798 – Nemours, 10 janvier 1892), ténor. Il débuta à l’Opéra-comique en 1826. Il créa les rôles-titres de Fra Diavolo (Auber, 1830), et Zampa (Hérold, 1831). Adam écrit pour lui le rôle de Chapelou dans Le Postillon de Lonjumeau (1835). Il Lire la suite…, mais il a de très-grandes qualités : il est excellent musicien et il sait chanter ; seulement, je crains bien qu’il ne se soit pas douté qu’en ajoutant de nombreuses fioritures à son rôle et en défigurant dans certains passages la musique d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…, il a accompli un acte de fort mauvais goût et de haute inconvenance. M. JourdanJourdan, Pierre-MariusPierre-Marius Jourdan (Marseille 28 octobre 1823 – Bruxelles, entre le 1er et le 9 février 1879), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris qu’il termina en 1845 avec un 1er prix de chant.  Il débuta à l’Opéra-Comique dans Zemire et Azor (Grétry) en 1846 et y resta jusqu’en 18Lire la suite… et Mme UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite… se sont rendus coupables du même méfait. Mme UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite… ! la cantatrice par excellence, la grande artiste que j’admire, qui a toutes mes prédilections, toutes mes sympathies ! Il serait à désirer que le chef d’orchestre de chaque théâtre lyrique eût une autorité suffisante pour empêcher certains chanteurs, très-coutumiers du fait, d’oublier ainsi 1e respect qu’ils doivent aux maîtres dont ils sont chargés d’interpréter et non pas de modifier les œuvres. Un artiste intelligent, et il y en a encore quelques-uns, peut très-bien donner un bon conseil à un compositeur, lui indiquer un trait qui est mieux dans la voix que tel autre, et exercer sa collaboration sur un point d’orgue ; mais au texte, il ne doit y toucher dans aucun cas et sous aucun prétexte, même avec la plus grande réserve. Aujourd’hui les altérations de la mélodie, les fioritures, les rallentendo, les transpositions, les changements de rhythme, tout cela se fait avec une aisance, avec un naturel parfaits. Si le chanteur rencontre dans un morceau une note à sa convenance, il s’y arrête, il s’y prélasse tout à son aise ; s’il ne la rencontre pas, il l’y place tout de même où bon lui semble, sans s’inquiéter si cette note appartient à l’accord ou si elle lui est étrangère. Et la claque d’applaudir à tour de mains, de crier bravo à plein gosier. C’est un scandale, en vérité, et je m’étonne autant, en pareille matière, de l’indifférence de la critique que de la simplicité du public.

J’allais quitter le théâtre de l’Opéra-Comique sans un mot d’éloge à l’adresse de M. CornetteCornette, VictorVictor Cornette (Amiens, 27 septembre 1795 – Paris, 19 février 1868), chef de chœur. Il étudia au Conservatoire de Paris puis entra comme musicien au 12e régiment de grenadiers-tirailleurs de la garde impériale en 1813 et fit campagne en Belgique et en Hollande. Il fut chef de musique d’un Lire la suite…. Sous cet habile chef, les chœurs font tous les jours de nouveaux progrès, et, dans ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite…, ils ont montré une vigueur, un ensemble et une précision tout à fait remarquables. L’orchestre a joué beaucoup trop fort ; il y a dans la partition d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite… des nuances d’une extrême délicatesse qu’il n’a pas fait ressortir.

La reprise de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite…, au Théâtre-Lyrique, c’est la réapparition de Mme Miolan, après un silence qui a duré trois mois et qui a semblé beaucoup plus long aux admirateurs de ce beau talent si pur, si correct, de ce gosier merveilleux, d’un éclat éblouissant, d’une fraîcheur sans pareille. Dans la campagne qui commence, M. Carvalho nous donnera, encore mieux qu’il n’a pu le faire jusqu’à présent, des preuves de son habileté administrative et de sa sollicitude pour les jeunes compositeurs ; il a dans son répertoire des ouvrages qui ne doivent point dormir dans l’oubli, et dans ses cartons des partitions nouvelles qui attendent impatiemment la clarté de la rampe. La première que le public sera appelé à juger, est de M. MaillartMaillart, AiméLouis Maillart, dit Aimé Maillart (Montpellier, 24 mars 1817 – Moulins, 26 mai 1871), compositeur. Premier prix de Rome en 1841, son premier ouvrage pour la scène, Gastibelza, fut représenté avec succès à l’Opéra National, fondé par Adolphe Adam, en 1847. La Croix de Marie (1852) fait sLire la suite…, l’auteur de la Croix de MarieCroix de Marie, LaLa Croix de Marie, opéra-comique en trois actes sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Adolphe d’Ennery, mis en musique par Louis Maillart, créé à l’Opéra-Comique  le 19 juillet 1852.Lire la suite… et de GastilbezzaGastibelzaGastibelza, opéra en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon mis en musique par Aimé Maillart et créé à l’Opéra National (futur Théâtre-Lyrique) le 15 novembre 1847.Lire la suite…. C’est dans cet opéra que doit débuter Mlle BorghèseBorghèse, Jeanne-Joseph-Félix-Amédée-JulietteJeanne-Joseph-Félix-Amédée-Juliette Bourgeois dite Juliette Borghèse (Cloyes/ Eure-et-Loir, 28 juin 1834 – ?), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint en 1853 un troisième accessit de chant, un premier accessit d’opéra et un deuxième accessit d’opéra-comiLire la suite…. Le public connaît maintenant le chemin du boulevard du Temple ; la fortune du Théâtre-Lyrique paraît assurée, les artistes de tout rang et de tout âge doivent s’y intéresser et son utilité a été suffisamment démontrée. Fermez demain le Théâtre-Lyrique, et dites-nous à quelle porte iront frapper les jeunes compositeurs. — Aux Bouffes-Parisiens ?… soit ! — M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite… ouvre à tout le monde à peu près indistinctement ; il n’est pas exclusif et il est poli ; aux droits d’auteur consacrés par l’usage il ajoute même des primes. On compte déjà soixante-sept concurrents. Puisse l’appât d’une prime modeste nous révéler quelque génie ignoré, et l’idée de M. le docteur VéronVéron, LouisLouis Véron (Paris, 5 avril 1798 – Paris, 27 septembre 1867), médecin et directeur. Il fit fortune en vendant une pâte pectorale, la pâte Regnauld. Après avoir collaboré à divers journaux, il fonda en 1829 La Revue de Paris. Lorsque le gouvernement décida de changer le mode de gestion de lLire la suite… aura porté ses fruits.

J’ai une préférence toute particulière pour ce petit théâtre des Champs-Élysées ; on y fait la cabriole avec une souplesse et une agilité parfaites ; on sent qu’AuriolAuriol, Jean-BaptisteJean-Baptiste Auriol (Toulouse, 11 août 1806 – Paris, 29 août 1881), comique-clown. Son père Jean-Louis Auriol et sa mère Marie-Cécile née Gouzy étaient acrobates et danseurs de corde et leur troupe se produisait dans les villes du sud-ouest. En 1814, une affiche de la compagnie de son père Lire la suite… n’est pas loin, et il s’y débite tant de coq-à-l’âne, tant de drôleries, on y chante des complaintes, des ariettes et des chansons si gaies, si divertissantes et si folichonnes, que toute la bonne société de Paris s’y donne rendez-vous.

Les auteurs n’ont d’autre but que d’amuser le public, et le plus souvent ils réussissent ; les jeunes compositeurs vont y essayer leurs forces : c’est leur dinamomètre. Le dernier venu parmi ceux-ci se nomme M. BlacquièreBlaquière, Paul-LéoncePaul-Léonce Blaquière (Claira, 11 février 1833 – Paris, 13 avril 1868), compositeur. Musicien de talent, il devint célèbre par ses chansons humoristiques chantées par la célèbre Mlle Theresa (de son vrai nom Emma Valadon), telles que : Dansez, Canada!, Titi Larit, Le Chapeau de Marguerite,Lire la suite… [Blaquière]Blaquière, Paul-LéoncePaul-Léonce Blaquière (Claira, 11 février 1833 – Paris, 13 avril 1868), compositeur. Musicien de talent, il devint célèbre par ses chansons humoristiques chantées par la célèbre Mlle Theresa (de son vrai nom Emma Valadon), telles que : Dansez, Canada!, Titi Larit, Le Chapeau de Marguerite,Lire la suite…. C’est un enfant du Midi, robuste, bien découplé, le cœur sur la main, l’œil plein d’enthousiasme, la tête pleine d’illusions. Il gasconne légèrement. M. BlacquièreBlaquière, Paul-LéoncePaul-Léonce Blaquière (Claira, 11 février 1833 – Paris, 13 avril 1868), compositeur. Musicien de talent, il devint célèbre par ses chansons humoristiques chantées par la célèbre Mlle Theresa (de son vrai nom Emma Valadon), telles que : Dansez, Canada!, Titi Larit, Le Chapeau de Marguerite,Lire la suite… a une qualité bien rare chez les méridionaux : il est modeste ; il place M. LeborneLeborne, Aimé-Ambroise-SimonAimé-Ambroise-Simon Leborne (Bruxelles, 29 décembre 1797 – Paris, 2 avril 1866), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Victor Dourlen et Luigi Cherubini et obtint le 1er Prix de Rome en 1820. Il fut nommé la même année professeur de solfège au Conservatoire. En 1836, il fut noLire la suite…, son professeur d’harmonie, sur un piédestal, et il s’honore, à juste titre, de l’amitié que lui témoignent M. GévaërtGevaërt, François-AugusteFrançois-Auguste Gevaërt (Huysse près d’Oudenaarde/ Belgique, 31 juillet 1828 – Bruxelles, 24 décembre 1908), compositeur et musicologue. Il étudia d’abord avec l’organiste J.-B. Christiaens. Très doué il entra à l’âge de 13 ans au conservatoire de Gand où il étudia le piano aveLire la suite… [Gevaert] et M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite….

J’ai toujours désiré d’entrer aussi avant que possible dans l’intimité de M. Blacquière, mais les avances me coûtent à faire ; et, d’ailleurs, je ne crois pas que l’auteur du Guetteur de nuitGuetteur de Nuit, LeLe Guetteur de nuit, opérette en un acte sur un livret de Léon Beauvallet et Amédée de Jallais mis en musique par Paul Blaquière et créée aux Bouffes-Parisiens le 30 août 1856.Lire la suite… affectionne beaucoup mon genre de musique. Tant pis pour moi. D’autres, à ma place, useraient de représailles ; moi j’ai la faiblesse, quand je juge une œuvre, de n’écouter pas plus mes rancunes que mes sympathies. J’ai entendu le Guetteur de nuitGuetteur de Nuit, LeLe Guetteur de nuit, opérette en un acte sur un livret de Léon Beauvallet et Amédée de Jallais mis en musique par Paul Blaquière et créée aux Bouffes-Parisiens le 30 août 1856.Lire la suite…La partition du Guetteur de nuit, réduite au piano par l’auteur lui-même, est éditée chez Harand (ancienne maison Lemoine).. et j’ai ri aux éclats ; si j’étais entré prévenu, je serais sorti désarmé. J’ai applaudi des motifs charmants, une orchestration piquante, de jolis dessins d’accompagnement, de fines harmonies ; j’ai félicité M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite…, et j’ai adressé mes compliments les plus sincères à M. BlacquièreBlaquière, Paul-LéoncePaul-Léonce Blaquière (Claira, 11 février 1833 – Paris, 13 avril 1868), compositeur. Musicien de talent, il devint célèbre par ses chansons humoristiques chantées par la célèbre Mlle Theresa (de son vrai nom Emma Valadon), telles que : Dansez, Canada!, Titi Larit, Le Chapeau de Marguerite,Lire la suite…. Je suis heureux de trouver ici une occasion de les lui renouveler.