Le Courrier de Paris, 7 août 1858, [p. 1] (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

Il est d’usage, quand un artiste dramatique est sur le point de prendre son congé, d’en informer le public par ces mots placés en tête de l’affiche : Pour les dernières représentations de M. ou de Mme***. Quand l’artiste rentre au bercail, après une tournée triomphale dont le moindre incident est relaté par les feuilles spéciales, l’usage veut aussi que cette rentrée soit annoncée par l’affiche. Cet usage a du bon : c’est un moyen sûr de ne pas laisser passer inaperçu le départ ou le retour de l’artiste. Dieu me garde de comparer de simples folliculaires aux appointemens de quelques centimes la ligne à tel chanteur qui est un astre, à telle cantatrice qui est une étoile ; mais qu’il me soit permis de regretter pourtant qu’on n’ait pas appliqué aux feuilletonistes le système de réclame adopté en faveur des célébrités de la rampe. Je n’aurais pas besoin alors de faire savoir moi-même aux lecteurs de ce journal que, depuis plus de six semaines, je n’ai pas écrit une ligne de chronique musicale ; et que je n’ai vu jouer ni Chapelle et BachaumontChapelle et BachaumontChapelle et Bachaumont, opéra-comique en un acte sur un livret d’Armand Barthet mis en musique par Jules Cressonnois et créé à l’Opéra-Comique le 18 juin 1858.Lire la suite…, ni les Fourberies de MarinetteFourberies de Marinette, LesLes Fourberies de Marinette, opéra-comique en un acte sur un livret de Paul de Chazet et Michel Carré mis en musique par Jules Creste et créé à l’Opéra-Comique le 2 juin 1858.Lire la suite…, à l’Opéra-comique, ni l’Agneau de ChloéAgneau de Chloé, L’L’Agneau de Chloé, opéra-comique en un acte sur un livret de Clairville, pseudonyme de Louis-François-Marie Nicolaïe, mis en musique par Jean-Baptiste-Edouard Montaubry et créé au Théâtre-Lyrique le 9 juin 1858.Lire la suite…, joli petit ouvrage par lequel le Théâtre-Lyrique a inauguré ses deux mois de fermeture. Aujourd’hui je fais ma rentrée, bien que je n’aie pas quitté Paris, pas même pour aller voir jouer, à Bade, le Moulin du roiMoulin du roi, LeLe Moulin du Roi, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Adolphe de Leuven mis en musique par Adrien-Louis-Victor Boieldieu et créé au Théâtre de Bade le 15 juillet 1858.Lire la suite… de MM. de Leuwen [Leuven] et Adrien Boiëldieu [Boieldieu].

Je suis bien allé, si l’on veut, à Dijon, et j’y suis resté deux jours ; mais cela ne peut s’appeler une absence ni un voyage. Ce qui m’a attiré dans la patrie de RameauRameau, Jean-PhilippeJean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), compositeur. Fils de l’organiste Jean Rameau, il étudia au collège jésuite des Godrans mais interrompit ses études suite au décès de sa mère en 1697. Dès 1699, il travailla comme organiste suppléant de son pèreLire la suite…, comme dit M. DelsarteDelsarte, Francois-Alexandre-Nicholas-CheriFrançois-Alexandre-Nicolas-Chéri Delsarte (Solesmes, 19 novembre 1811 – Paris, 20 juillet 1871), ténor et musicologue. Il étudia simultanément à l’Institution royale de musique classique et religieuse de Choron et avec Louis-Antoine Ponchard au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxLire la suite…, c’est le concours d’orphéons organisé par les soins de l’intelligent, du zélé, de l’infatigable M. DelaporteDelaporte, EugèneChristophe-Louis-Joseph-Eugène Delaporte (Paris, 21 février 1818 – Saint-Mandé près Paris, 21 février 1886), organiste et chef de chœurs. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un accessit en Solfège en 1830. Il fut organiste à Sens en 1846. Il créa l’Association des SociLire la suite…. Un très grand nombre de Sociétés chorales avaient répondu à l’appel de l’organisateur. Parmi ces Sociétés, il en est quelques-unes qui ne redouteraient nullement de se mesurer avec les chœurs de nos théâtres lyriques, celle d’Arras, par exemple. Excepté en Allemagne, je n’ai rien entendu de plus parfait : les voix sont excellentes, les nuances sont faites d’une manière irréprochable, et l’ensemble ne laisse rien à désirer. Aussi, jamais un auteur ne m’a-t-il paru plus satisfait que mon ami François BazinBazin, François-Emmanuel-JosephFrançois-Emmanuel-Joseph Bazin (Marseille, 4 septembre 1816 – Paris, 2 juillet 1878), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1840. En 1849, il fut nommé professeur d’harmonie et d’accompagnement au Conservatoire. Il eut notamment pour élèves Lire la suite… après l’exécution de son beau chœur intitulé : les Soldats de PilateSoldats de Pilate, LesLes Soldats de Pilate, chœur à 4 voix d’hommes sans accompagnement sur des paroles de Emile de la Bédollière extrait de l’oratorio Le Christ mis en musique par François Bazin.Lire la suite…. Or, l’on sait à quel degré de perfection les interprètes doivent arriver pour satisfaire complètement un compositeur.

Ce chœur de mon ami BazinBazin, François-Emmanuel-JosephFrançois-Emmanuel-Joseph Bazin (Marseille, 4 septembre 1816 – Paris, 2 juillet 1878), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1840. En 1849, il fut nommé professeur d’harmonie et d’accompagnement au Conservatoire. Il eut notamment pour élèves Lire la suite… est très remarquable : il a produit beaucoup d’effet. Si l’oratorio dont il fait partie doit être entendu un jour à Paris, il est à désirer que ce soit le plus tôt possible. Mais si l’on songe à toutes les difficultés que présente l’exécution d’un oratorio à Paris, il faudra se consoler d’une trop longue attente en allant applaudir Maître PathelinMaitre PathelinMaitre Pathelin, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et Ferdinand Langlé mis en musique par François Bazin et créé à l’Opéra-Comique le 12 décembre 1856.Lire la suite… et les DésespérésDésespérés, LesLes Désespérés, opéra-comique en un acte sur un livret d’Adolphe de Leuven et Jules Moineaux mis en musique par François Bazin et créé à l’Opéra-Comique le 26 janvier 1858.Lire la suite… à l’Opéra-comique. Nous avons été reçus à Dijon d’une façon princière : j’entends par là que nous avons trouvé chacun notre chambre dans une auberge, et dans cette chambre un lit qu’on ne nous a offert de partager avec personne. D’ailleurs, le temps était beau et il ne nous aurait pas été tout-à-fait désagréable de passer une nuit ou deux sous les vertes charmilles de l’Arquebuse ou sous les grands arbres du Parc.

Dans chacune de ces promenades publiques il y a eu des concours d’harmonie et des concerts auxquels la population dijonnaise s’est empressée d’accourir. Les trompettes qui sonnent en plein vent ont toujours eu un attrait irrésistible sur le peuple ; malheureusement tous les concurrens n’étaient pas en uniforme et cela nuisait un peu à l’effet de la mise en scène. Les honneurs du concours ont été pour le 87e de ligne : la fanfare de Dijon l’a vaillamment disputé à la fanfare de Lyon, et les Enfans du Doubs se sont maintenus à la hauteur de leur renommée locale. La liste complète des vainqueurs ayant déjà été publiée, je puis me borner ici à quelques citations partielles. Quand les membres du jury ont eu fini de délibérer, on les a priés de passer dans la salle du festin ; les récompenses n’ont été distribuées que le lendemain. C’est toujours un magnifique spectacle que de voir quatre-vingt huit convives groupés autour d’une table somptueusement servie.

M. le maire de Dijon présidait le banquet. Il a porté un toast aux artistes, et nous avons tous applaudi l’éloquente improvisation de ce haut fonctionnaire, qui était un avocat fort distingué avant d’être un magistrat habile et considéré. Je ne doute pas que les journaux de Dijon n’aient recueilli le discours de M. le maire. M. VaudinVaudin, Jean-FrançoisJean-François Vaudin (Saucourt/Haute-Marne, 20 octobre 1826 – Paris, 16 mars 1869), journaliste et poète. Il fut rédacteur en chef du Béranger (septembre 1857 à janvier 1858) et de La Petite presse (1858). Il fut rédacteur de L’Orphéon de 1859 à 1861 et fonda la revue La France chorale, Lire la suite…, rédacteur de l’Orphéon, a bu, par erreur ou par reconnaissance, aux dames d’Angoulême; M. ElwartElwart, Antoine-Amable-ElieAntoine-Amable-Elie Elwart, (Paris, 19 septembre 1808 – Paris, 14 octobre 1877), compositeur. Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, il obtint le 1er Prix de Rome en 1834. De 1832 à 1872, il enseigna l’harmonie et le contrepoint au Conservatoire. Il composa surtout des œuvres sacrées (Lire la suite…, l’un des présidens du jury, a parlé avec cette élégance et cette facilité qui lui sont particulières ; M. le baron TaylorTaylor, Isidore Justin Severin, BaronIsidore Justin Severin, Baron Taylor (Bruxelles, 5 aout 1789 – Paris, 6 septembre 1879), auteur dramatique et philanthrope. En 1818, il écrivit avec Charles Nodier des volumes sur différentes régions de France cataloguant les richesses du patrimoine, puis, dans les années 1820, écrivit ou tradLire la suite… a prononcé, d’une voix émue, quelques paroles empreintes d’un sentiment philanthropique, et M. François Delsarte a levé son verre à la mémoire de RameauRameau, Jean-PhilippeJean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), compositeur. Fils de l’organiste Jean Rameau, il étudia au collège jésuite des Godrans mais interrompit ses études suite au décès de sa mère en 1697. Dès 1699, il travailla comme organiste suppléant de son pèreLire la suite…, le plus grand génie musical dont la France puisse s’enorgueillir.

Cette phrase a un peu surpris les Dijonnais présens au banquet, eux qui n’ont jamais songé à élever une statue à leur illustre compatriote.

A mon retour de Dijon j’ai assisté à la reprise de SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite…, opéra en trois actes, qui n’en a plus que deux aujourd’hui. Il a fallu réduire cette belle partition de manière à ce qu’elle put servir de lever de rideau au nouveau ballet, et des ciseaux intelligens se sont promenés à travers les plus belles pages de l’œuvre. Il s’agit de savoir s’il vaut mieux laisser une partition dans l’oubli que de l’en faire sortir mutilée et méconnaissable.

Etre joué ou n’être pas joué, voilà la question….., et il me paraît impossible que, d’une façon ou d’une autre, elle ne soit pas résolue au profit du compositeur. Aussi n’adressons-nous aucun reproche à une direction de théâtre toutes les fois qu’ayant jugé des coupures nécessaires, elle les aura faites avec l’agrément du librettiste et du musicien. Nous ne voulons pas parler ici de ces coupures insignifiantes qui ne sont, bien souvent, autre chose que des longueurs retranchées, mais de celles qui réduisent une œuvre de longue haleine aux proportions exiguës d’un lever de rideau. La SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… d’autrefois était interprétée par Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite…, Mlle PoinsotPoinsot, AnneAnne Poinsot (Paris, 11 février 1825 – Enghien, mars 1906), soprano. Après ses études au Conservatoire de Paris, elle chanta des 1847 dans les théâtres de province. De 1851 à  1858 elle fut engagée  à l’Opéra de Paris. Elle chanta le rôle de Glycère à  la création de Sapho (GounoLire la suite…, MM. GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… et Aymès ; les principaux rôles de la SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… nouvelle sont confiés à Mlle Artot, à Mlle Ribault, à MM. SapinSapin, EtienneÉtienne Sapin (Roches-de-Condrieux/ Isère, 8 septembre 1828 – Argenteuil près de Paris, 18 avril 1893), ténor. Après le Conservatoire, il fut engagé au Théâtre-Lyrique en 1854, puis à l’Opéra de Paris comme premier ténor de 1856 à 1860. Il chanta ensuite en province une dizaine d’aLire la suite… et Marié. C’est toujours M. AymèsAimès, AlexandreAlexandre Aimès (? – ?), ténor. Il débuta en 1851 à l’Opéra de Paris, où il créa le rôle du pâtre dans Sapho de Gounod (1851) et celui de Rodolphe dans Zerline ou La Corbeille d’oranges (Auber, 1851). Il fut sociétaire des Concerts du Conservatoire du 23 décembre 1851 au 9 novembre 1Lire la suite… qui chante la chanson du pâtre au sommet du rocher de Leucate. Ce jeune artiste est très intelligent et excellent musicien ; sa voix a du charme et beaucoup de justesse ; s’il voulait, il serait en première ligne…. à l’Opéra-Comique. Je dois noter, en passant, les progrès qu’à faits M. SapinSapin, EtienneÉtienne Sapin (Roches-de-Condrieux/ Isère, 8 septembre 1828 – Argenteuil près de Paris, 18 avril 1893), ténor. Après le Conservatoire, il fut engagé au Théâtre-Lyrique en 1854, puis à l’Opéra de Paris comme premier ténor de 1856 à 1860. Il chanta ensuite en province une dizaine d’aLire la suite… depuis le jour où, simple élève du Conservatoire, il chantait au Théâtre-Français un solo fort applaudi dans les beaux chœurs d’UlysseUlysseUlysse, tragédie mêlée de choeurs, en 3 actes et en vers, avec prologue et épilogue de François Ponsard créée à la Comédie Française le 18 juin 1852. La musique des choeurs est de Charles Gounod.Lire la suite… de M. Gounod. Mais par quelle fantaisie bizarre M. SapinSapin, EtienneÉtienne Sapin (Roches-de-Condrieux/ Isère, 8 septembre 1828 – Argenteuil près de Paris, 18 avril 1893), ténor. Après le Conservatoire, il fut engagé au Théâtre-Lyrique en 1854, puis à l’Opéra de Paris comme premier ténor de 1856 à 1860. Il chanta ensuite en province une dizaine d’aLire la suite… joue-t-il le personnage de Phaon avec des moustaches ? Mlle Ribault rappelle Mlle PoinsotPoinsot, AnneAnne Poinsot (Paris, 11 février 1825 – Enghien, mars 1906), soprano. Après ses études au Conservatoire de Paris, elle chanta des 1847 dans les théâtres de province. De 1851 à  1858 elle fut engagée  à l’Opéra de Paris. Elle chanta le rôle de Glycère à  la création de Sapho (GounoLire la suite… dans le rôle de Glycère : l’une et l’autre sont de la même taille. Quant à Mlle Artot, elle a, comme comédienne et comme cantatrice, de sérieuses qualités que nous avons eu le plaisir de signaler après lui avoir entendu chanter le rôle de Fidès dans le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…. En somme, les débris de SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… attirent beaucoup de monde à l’Opéra, et on ne saurait trop se presser d’arriver pour entendre depuis le commencement jusqu’à la fin cette œuvre magistrale, pleine de science et de poésie. Je suis bien fier vraiment d’un pareil voisinage, et je n’ose pas regretter les petits sacrifices qui m’ont été imposés, quand je songe à ceux auxquels a bien voulu consentir mon illustre confrère.

On a lu hier aux acteurs le poëme du Dernier jour d’Herculanum, grand opéra en quatre actes, de MM. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… et Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, qui sera joué cet hiver par Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite… et Mme LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite…, MM. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, BonnehéeBonnehée, MarcMarc Bonnehée (Moumours/ Basses-Pyrénnées, 2 avril 1828 – Paris, 26 février 1886), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint, en 1853, les premiers prix d’opéra et de chant et le deuxième prix d’opéra-comique. La même année, il fut engagé à l’Opéra où il débuta Lire la suite… et ObinObin, Louis-HenriLouis-Henri Obin (Ascq/Nord, 4 aout 1820 – Paris, 9 novembre 1895), basse. Il étudia à Lille avec Antoine Ponchard puis au Conservatoire de Paris. Il débuta à l’Opéra de Paris en 1844 et créa avec beaucoup de succès le rôle de Bocchoris de L’Enfant prodigue (Auber, 1850). Il créa le rLire la suite…. M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… prendra donc la place qui était destinée à M. le prince PoniatowskiPoniatowski, Joseph Michel Francois Xavier Jean, PrinceJoseph Michel François Xavier Jean Poniatowski (Rome, 20 février 1816 – Londres, 3 juillet 1873), prince, sénateur et compositeur. Fils naturel de Stanislas Poniatowski et de Cassandra Luci (il fut reconnu en 1822). Après des études en Toscane, il débuta sa carrière à Florence en 1838 commLire la suite…. Il a été dit à ce sujet que le prince avait bien voulu céder le pas à l’artiste ; cela n’est pas exact : un artiste a eu la modestie de s’effacer devant un autre, voilà tout. Comment prévoir maintenant à quelle époque pourra être représenté Ivan le TerribleIvan IV le terribleIvan IV le terrible, opéra en cinq actes sur un livret de François-Hippolyte Leroy et Henri Trianon mis en musique par Charles Gounod. L’œuvre composée entre 1856 et 1858 ne fut pas représentée et Gounod réemploya certains morceaux dans d’autres œuvres. La partition vendue aux enchères Lire la suite…, de M. Gounod ? Heureusement, le FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… du même auteur nous est promis pour la réouverture du Théâtre-Lyrique, sans préjudice, bien entendu de la reprise du Médecin malgré luiMédecin malgré lui, LeLe Médecin malgré lui, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré d’après de Molière, mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 15 janvier 1858.Lire la suite…, dont le succès n’a pu être épuisé dans une saison.

J’arrive aux Méprises par ressemblanceMéprises par ressemblance, LesLes Méprises par ressemblance, comédie en trois actes sur un livret de Joseph Patrat mis en musique par Modeste Grétry et créé au château de Fontainebleau le 7 novembre 1786 et à la Comédie-Italienne à Paris le 16 novembre 1786.Lire la suite…, qui dormaient depuis quarante années d’un paisible sommeil dans la bibliothèque de Opéra-Comique, et que M. Nestor Roqueplan vient de réveiller, sans doute pour causer une surprise agréable à de vieux amis. Après RichardRichard Coeur-de-lionRichard Cœur-de-lion, comédie mêlée d’ariettes en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Modeste Grétry et créée à l’Opéra-Comique le 21 octobre 1784.Lire la suite…, après L’EpreuveEpreuve villageoise, L’L’Epreuve villageoise, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jean-Baptiste Desforges, mis en musique par Modeste Grétry et créé à la Comédie-Italienne le 24 juin 1784.Lire la suite…, après Le Tableau parlantTableau parlant, LeLe Tableau parlant, comédie parade en un acte et en vers sur un livret de de Louis Anseaume mis en musique par Modeste Grétry et créé à la Comédie-Italienne à Paris le 20 septembre 1769.Lire la suite…, nous devions nous attendre à quelque nouvel emprunt fait au riche répertoire de GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite…, et il faut espérer que la reprise des MéprisesMéprises par ressemblance, LesLes Méprises par ressemblance, comédie en trois actes sur un livret de Joseph Patrat mis en musique par Modeste Grétry et créé au château de Fontainebleau le 7 novembre 1786 et à la Comédie-Italienne à Paris le 16 novembre 1786.Lire la suite… (pardon de la consonance) ne sera pas le dernier hommage rendu à la mémoire du célèbre compositeur liégeois. La Fausse magieFausse Magie, LaLa Fausse Magie, opéra-comique en un deux actes et en vers sur un livret de Jean-François Marmontel mis en musique par Modeste Grétry et créé à la Comédie-Italienne le 1er février 1775.Lire la suite…, PanurgePanurge dans l’ile des lanternesPanurge dans l’ile des lanternes, comédie-opéra en trois actes et en vers sur un livret du Comte de Provence et d’Etienne Morel de Chedeville mis en musique par Modeste Grétry et créé à l’Opéra de Paris le 25 janvier 1785.Lire la suite…, la CaravaneCaravane du Caire, LaLa Caravane du Caire, opéra-ballet en trois actes sur un livret d’Etienne Morel de Chédeville mis en musique par Modeste Grétry et créé au Théâtre royal de Fontainebleau le 30 octobre 1783 et à l’Opéra de Paris le 15 janvier 1884. Le comte de Provence, futur roi Louis XVIII en aurait suLire la suite…, les Deux AvaresDeux Avares, LesLes Deux Avares, comédie mêlée d’ariettes en deux actes sur un livret de Charles-Georges Fenouillot de Falbaire mis en musique par Modeste Grétry et créée à la Comédie-Italienne le 6 décembre 1770.Lire la suite…, Zémire et AzorZémire et AzorZémire et Azor, comédie-féerie en quatre actes et en vers sur un livret de Jean-François Marmontel mis en musique par Modeste Grétry et créée à la cour à Fontainebleau le 9 novembre 1771 et à la Comédie-Italienne de Paris le 16 décembre 1771.Lire la suite…, LucileLucileLucile, comédie en un acte et en vers sur un livret de Jean-François Marmontel mis en musique par Modeste Grétry et créé à la Comédie-Italienne à Paris le 5 janvier 1769.Lire la suite… et l’Amant jalouxAmant jaloux, L’L’Amant jaloux, comédie en trois actes sur un livret de Thomas d’Hèle mis en musique par Modeste Grétry et créé au palais de Versailles le 20 novembre 1778 et à la Comédie-Italienne à Paris le 23 décembre 1778.Lire la suite… attendent dans le silence et la poussière ; nous n’avons pas besoin de les recommander à toute la sollicitude de M. le directeur de l’Opéra-Comique. Notre génération est fort ignorante des œuvres d’autrefois, et puis elle se laisse aller trop volontiers à aimer le tapage et la pompe du spectacle moderne : il est bon de la ramener aux goûts simples de nos pères. Le Théâtre-Lyrique est tout aux jeunes compositeurs ; si l’Opéra-Comique ne veut pas marcher sur les brisées de son rival, il doit se faire la Providence des vieux maîtres.

Je trouve que tous les grenadiers se ressemblent, et PatratPatrat, JosephJoseph Patrat [Patras] (Arles, 7 mai 1733 – Paris, 4 juin 1801), acteur, auteur dramatique et librettiste. Il fit ses débuts à Berlin en 1755, puis joua aux Pays-Bas autrichiens de 1756 à 1763 ; il fit partie un temps de la troupe du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Il se produisit égaleLire la suite… devait être de mon avis pour imaginer l’intrigue qui sert de prétexte aux trois actes de sa spirituelle comédie. Est-elle plus spirituelle qu’amusante, ou plus amusante que spirituelle cette comédie ? Elle porte la date de 1786, et je doute que les habitués de la Comédie-Italienne, devant qui elle fut représentée à cette époque, aient plus ri que l’autre soir les habitués de l’Opéra-comique. Ah ! on ne fait plus de pièces comme celle-la aujourd’hui ! Non vraiment. La vague ressemblance qui existe entre M. CrostiCrosti, Eugène-Charles-AntoineEugène-Charles-Antoine Crosti (Paris, 31 octobre 1833 – Paris, 30 décembre 1908), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 1er prix de chant et un 2eme prix d’opéra-comique en 1857. Il débuta à l’Opéra-Comique en 1857 dans Joconde (Nicolo) et y resta jusqu’en 1868. Il crLire la suite… et M. Delaunay-RiquierDelaunay-Riquier, Edmond-Jules Riquier ditEdmond Jules Riquier dit Delaunay-Riquier (Lille, 29 septembre 1826 – Lille, 17 octobre 1899), ténor puis baryton. Il commença ses études à Lille et les termina au Conservatoire de Paris en 1850. Il fut immédiatement engagé comme ténor à l’Opéra-Comique, où il chanta dans plusieurs créaLire la suite… a considérablement aidé au succès ; les frères LyonnetLionnet, AnatoleAnatole Lionnet (Paris, 16 avril 1832 – Paris, 17 juillet 1896) et Hippolyte Lionnet (Paris, 16 avril 1832 – Paris, 2 août 1896), acteurs et chansonniers. Jusqu’à l’âge de douze ans, ils furent élevés à Saint-Jean-de-Luz. Lorsqu’ils revinrent à Paris, Hippolyte devint typographe et AnatLire la suite… [Lionnet]Lionnet, HippolyteHippolyte Lionnet (Paris, 16 avril 1832 – Paris, 2 août 1896) et Anatole Lionnet (Paris, 16 avril 1832 – Paris, 17 juillet 1896), acteurs et chansonniers. Jusqu’à l’âge de douze ans, ils furent élevés à Saint-Jean-de-Luz. Lorsqu’ils revinrent à Paris, Hippolyte devint typographe et AnatLire la suite… y eussent peut-être aidé davantage. Le bailli des MéprisesMéprises par ressemblance, LesLes Méprises par ressemblance, comédie en trois actes sur un livret de Joseph Patrat mis en musique par Modeste Grétry et créé au château de Fontainebleau le 7 novembre 1786 et à la Comédie-Italienne à Paris le 16 novembre 1786.Lire la suite… ressemble au bailli de JocondeJocondeJoconde, opéra-comique en trois actes sur un livret de Charles-Guillaume Etienne mis en musique par Nicolo Isouard et créé à l’Opéra-Comique le 28 février 1814.Lire la suite…, car, au théâtre, il en est des baillis comme des grenadiers ; mais, quel dommage que Mlle DecroixDecroix, Marguerite Jeanne CamilleMarguerite Jeanne Camille Decroix (Lyon, 11 janvier 1828 – ?) Après avoir débuté à l’éphémère Opéra-National au Cirque Olympique du Boulevard du Temple dirigé par Adolphe Adam (15 Nov. 1847 au 13 Mars 1848), elle chanta à l’Opéra-Comique de 1848 à 1860. Elle débuta dans le rôle de Lire la suite… ressemble si peu à Mlle Lefebvre Faure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite…! Cette charmante artiste (je parle de Mlle LefebvreFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite…) a fait sa rentrée dans JocondeJocondeJoconde, opéra-comique en trois actes sur un livret de Charles-Guillaume Etienne mis en musique par Nicolo Isouard et créé à l’Opéra-Comique le 28 février 1814.Lire la suite…, quelques jours avant la première représentation des MéprisesMéprises par ressemblance, LesLes Méprises par ressemblance, comédie en trois actes sur un livret de Joseph Patrat mis en musique par Modeste Grétry et créé au château de Fontainebleau le 7 novembre 1786 et à la Comédie-Italienne à Paris le 16 novembre 1786.Lire la suite…, et, si je ne suis pas allé l’entendre, c’est que, pendant qu’elle chantait à l’Opéra-Comique, Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite… dansait à l’Opéra.

La musique des MéprisesMéprises par ressemblance, LesLes Méprises par ressemblance, comédie en trois actes sur un livret de Joseph Patrat mis en musique par Modeste Grétry et créé au château de Fontainebleau le 7 novembre 1786 et à la Comédie-Italienne à Paris le 16 novembre 1786.Lire la suite… est vive, légère, gracieuse, facile et pleine d’élégance. Il va sans dire qu’elle n’a pas vieilli. GrimmGrimm, Frédéric MelchiorFrédéric Melchior Grimm (Ratisbonne, 23 décembre 1723 – Gotha, 19 décembre 1807), écrivain. Il fit des études de littérature et de droit public à l’université de Leipzig et accompagna le fils du baron Ludwig von Schönberg à Paris en tant que précepteur (1748) ; il fut ensuite engagLire la suite… prétend cependant que cette partition n’est ni un chef-d’œuvre, ni une œuvre d’art ; mais GrimmGrimm, Frédéric MelchiorFrédéric Melchior Grimm (Ratisbonne, 23 décembre 1723 – Gotha, 19 décembre 1807), écrivain. Il fit des études de littérature et de droit public à l’université de Leipzig et accompagna le fils du baron Ludwig von Schönberg à Paris en tant que précepteur (1748) ; il fut ensuite engagLire la suite… était l’ami, le protecteur de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, et il en voulait peut-être à GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite… d’avoir reproché au grand musicien de Salzbourg de placer la statue dans l’orchestre.

Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… vient d’être engagée à l’Opéra-comique, pour jouer le principal rôle dans un ouvrage de MM. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… et Limnander, intitulé, dit-on, les Blancs et les Bleus. Le titre ne fait rien à l’affaire. Ce qu’il importe de savoir, c’est que la grande artiste que l’étranger ou la province ont failli nous enlever reste à Paris, et retourne au théâtre qui lui a valu ses premières couronnes.