Le Journal des Débats, 3 janvier 1867 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU 3 JANVIER 1867.

REVUE MUSICALE.

Il y a à Paris un théâtre italien ; peu de gens l’ignorent. Ce théâtre ayant été autrefois à l’apogée de sa gloire et de sa fortune, et ne vivant guère aujourd’hui que par l’attrait d’une chanteuse admirablement douée et par la force de la tradition, je voudrais, si un tel miracle était en mon pouvoir, lui rendre sa splendeur passée. M. le directeur actuel de la salle Ventadour, qui a des aptitudes assez vastes pour diriger à la fois deux théâtres situés à plusieurs centaines de lieues l’un de l’autre, est lui-même impuissant à faire revivre ce qui n’est plus. En nous donnant, comme aux Madrilènes, la menue monnaie de RubiniRubini, Giovanni BattistaGiovanni Battista Rubini (Romano, 7 avril 1794 – Romano, 3 mars 1854), ténor. L’impresario Domenico Barbaja le fit venir à Naples où il se perfectionna auprès de Nozzari tout en se produisant sur les petites scènes. En 1824-1825, il se produisit à Vienne avec succès et fut invité en octoLire la suite…, de TamburiniTamburini, AntonioAntonio Tamburini (Faenza/ Italie, 28 mars 1800 – Nice, 8 novembre 1876), baryton. Il créa en Italie plusieurs ouvrages de Donizetti : l’Ajo nell’imbarazzo (1824), Gianni di Calais (1828), Francesca di Foix (1831), Fausta (1832) et de Bellini : Il Pirata (1827), La Straniera (1829). Après Lire la suite…, de LablacheLablache, LuigiLuigi Lablache (Naples, 6 décembre 1794 – Naples, 23 janvier 1858), basse. Il débuta comme basse comique à Naples en 1812 et comme basse chantante à Palerme en 1813. Au cours des années suivantes sa réputation grandit et il se produisit sur les scènes italiennes dont Milan en 1821 où il eut Lire la suite…, de Mmes Giulia GrisiGrisi, GiuliaGiulia Grisi (Milan, 28 juillet 1811 – Berlin, 29 novembre 1869), soprano. Sœur de Giuditta Grisi dont elle était l’élève avant de devenir celle de sa Tante, Giuseppina Grassini, elle continua ses études à Bologne puis à Milan. Elle débuta en 1828 à Bologne dans un rôle de mezzo-soprano Lire la suite…, PersiniPersiani, FannyFanny Tacchinardi-Persiani (Rome, 4 octobre 1812 – Neuilly-sur-Seine, 3 mai 1867), soprano. Elève de son père, le ténor Nicola Tacchinardi, elle épousa le compositeur Giuseppe Barone Persiani en 1830 et fit ses débuts à Livourne en 1832 puis chanta à Venise, Milan et Naples où Donizetti compLire la suite…, SontagSontag, HenrietteHenriette Gertrud Walpurgis Sontag [Sonntag] (Coblence, 3 janvier 1806 – Mexico City, 17 juin 1854), soprano. Elle étudia avec sa mère et débuta à l’âge de six ans à Darmstadt. Tout en se produisant en public, elle étudia au Conservatoire de Prague de 1815 à 1821. L’année suivante, elLire la suite… et AlboniAlboni, MariettaMarietta Alboni (Cita di Castello/ Italie, 6 mars 1823 – Ville d’Avray, 23 juin 1894), contralto. Elle étudia à Bologne, où elle débuta en 1842 dans Saffo (Pacini). De 1847 à 1849, elle fut engagée au Théâtre-Italien de Paris, où elle chanta dans les opéras de Rossini et Donizetti. DLire la suite…, il nous donne tout ce qu’il peut nous donner, et quand il fouillerait tous les coins et tous les recoins de la péninsule italienne, il sait mieux que personne qu’il n’y trouverait, en dehors du répertoire connu et des maîtres dont la renommée est déjà ancienne, pas un seul compositeur remarquable, pas l’ombre même d’un chef-d’œuvre. Pour une nation qui se réveille, pour un peuple qui s’affranchit et se régénère, les questions de politique intérieure et extérieure ont toujours passé avant les questions d’art : aussi l’Italie, au milieu de l’effervescence de son patriotisme, semble-t-elle peu préoccupée et peu affligée de cette disette de grands artistes et de très belles œuvres à laquelle nous devons nous montrer sensibles. Eh bien ! s’il n’est pas dans les décrets de la Providence que le Théâtre-Italien retrouve, avant de longues années peut-être, son prestige et son éclat disparus, pourquoi n’essaierait-il pas de se transformer ? Le moment serait d’autant mieux choisi, que Paris, en recevant bientôt dans son enceinte des échantillons de tous les arts et de toutes les industries, y donnera asile à des représentans de tous les peuples. Ce n’est pas un théâtre cosmopolite que je rêve, et je sais bien, par exemple, qu’il n’y aura jamais à Paris assez de Chinois ni assez d’amateurs de musique chinoise pour remplir une salle de spectacle le soir où l’on y chanterait un drame lyrique chinois accompagné le king, le cheng, le tchou, le koan, le siaoConcerto pour piano et orchestre no. 5 mi bémol majeur Op. 73 « Empereur »Concerto pour piano et orchestre no. 5 en mi bémol majeur op. 73 « Empereur » de Ludwig van Beethoven créé le 28 novembre 1811 au Gewandhaus de Leipzig. Le pianiste choisi pour cette première fut Friedrich Schneider, qui avait peut-être été l’élève de Beethoven, accompagné par l’OrchLire la suite… et autres instrumens de l’orchestre chinois. Une fois la curiosité de chacun satisfaite, nos oreilles délicates s’habitueraient difficilement à ces chants et à ces harmonies qui pourtant plongent dans le ravissement les habitans du Céleste Empire. Le célèbre Kouei, qui vivait plus de mille ans avant OrphéeOrphéeOrphée, figure mythique, héros de la mythologie grecque, serait le fils de Œagre, roi de Thrace et de Calliope, muse de la poésie épique et de l’éloquence. Poète et musicien, il fit partie de l’expédition des Argonautes pour s’emparer de la Toison d’or et couvrit par ses chants ceux Lire la suite…, a dit : « Quand je fais résonner les pierres sonores qui composent mon king, les animaux viennent se ranger autour de moi et tressaillent d’aise » ; il me souvient également de cette maxime formulée par ConfuciusConfuciusConfucius (Zou/Chine, 28 septembre 551 av. J.-C. – Qufu/province de Shandong, 11 mai 479 av. J.-C.), philosophe. Son nom Koˇng Fūziˇ a été latinisé par les jésuites en Confucius. Il fut le premier « éducateur » de la Chine et son enseignement, le confucianisme, a été érigé en religion Lire la suite… et que PlatonPlatonPlaton (Athènes, 428/427 av. J.-C. – Athènes 348/347 av. J.-C.), philosophe. Platon aurait été l’élève de Theodore de Cyrène, qui fut le précepteur de Socrate et de Théétète et qui lui apprit les mathématiques. Excellent athlète, il aurait remporté deux prix aux Jeux olympiques et Lire la suite… n’a point dédaignée : « Veut-on savoir si un royaume est bien gouverné, si les mœurs de ceux qui l’habitent sont bonnes ou mauvaises ? qu’on examine la musique qui y a cours… » Mais je n’ai pas oublié les soirées musicales auxquelles nous convièrent il y a quelques années, dans une petite salle de la rue Vivienne, des virtuoses venus de Pékin ou de Shang haï, et ce sont là, à mon avis, des expériences qu’il ne faut pas renouveler. Les démonstrations si intéressantes faites il y a quelques années par le très érudit M. VincentVincent, Alexandre-Joseph-HidulpheAlexandre-Joseph-Hidulphe Vincent (Hesdin/Pas-de-Calais, 20 novembre 1797 – Paris, 26 novembre 1868), mathématicien, musicologue, érudit. Il fit ses études à l’Ecole normale supérieure de 1816 à 1820 puis fut engagé comme professeur de mathématiques et de physique d’abord au Lycée de ReLire la suite…, le succès de la cantate de ProméthéeProméthée enchainéProméthée enchainé, scène d’après Eschyle pour solistes, chœur et orchestre sur un texte de Léon Halévy, mis en musique par Fromental Halévy et créé au Conservatoire de Paris le 18 mars 1849.Lire la suite…, qui fut exécutée par la Société des concerts du Conservatoire, et dans laquelle HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite… employa les commas ou quarts de ton usités dans l’ancienne musique des Grecs, ne me font pas espérer davantage que le public parisien prendrait un très grand plaisir à écouter les chœurs des tragédies de SophocleSophocleSophocle (Colone, Grèce, vers 495 –Athènes, 406 av. J.-C.), auteur dramatique grec. Dans ses œuvres le caractère et l’évolution du héros sont la manifestation du destin et de la volonté des dieux. Il ne reste de lui que sept tragédies dont Electre, Antigone, Œdipe roi, Œdipe à ColoneLire la suite… et d’EschyleEschyleEschyle (Eleusis, Grèce, vers 525 – Gela, Sicile 456 av. J.-C.), auteur dramatique grec.  Il est considéré le créateur de la tragédie grecque. Parmi ses œuvres on cite : L’Orestie, Les Sept contre Thèbes, Prométhée enchainé, Les Perses.Lire la suite…, fussent-ils accompagnés par la lyre de Terpandre ou la flûte de MarsyasMarsyasMarsyas, figure mythique de la mythologie grecque, était un satyre phrygien. Il fait partie avec Hyagnis et Olympos de la triade phrygienne à qui la tradition attribue le développement de l’usage de l’aulos, l’invention de l’harmonie phrygienne et des lois aulétiques. Marsyas aurait invLire la suite…. Donc, si je souhaite que le Théâtre-Italien se transforme, ce ne peut être au profit du petit nombre de Chinois et d’Athéniens que renferme la capitale ; mais sa mission ne sera-t-elle pas singulièrement agrandie, et n’aurait-il pas acquis une importance bien plus considérable le jour où il ajoutera à son répertoire un peu vieilli des œuvres que l’Espagne, l’Angleterre, la Russie et l’Allemagne applaudissent chaque jour, et dont l’existence nous est à peine connue ? A part quelques fragmens de l’œuvre de M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, qui font partie du répertoire de nos concerts, à part quelques pages détachées des ouvrages de RubinsteinRubinstein, AntonAnton Rubinstein (Vikhvatinets/ Ukraine, 28 novembre 1829 – Peterhof/ Russie, 20 novembre 1894), pianiste et compositeur. Il étudia le piano avec A. I. Villoing et fit un tour de l’Europe comme enfant prodige (1840-1843). Sa famille s’installa à Berlin où, de 1844 à 1846, il étudia la comLire la suite…, de LachnerLachner, Franz PaulFranz Paul Lachner (Raim am Lech, 2 avril 1803 – Munich, 20 janvier 1890), compositeur et chef d’orchestre. Il étudia avec son père, l’organiste Anton Lachner. Il gagna le concours et devint titulaire de l’orgue de l’église luthérienne de Vienne (1823), où il compléta ses études musLire la suite…, d’AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite… et de RaffRaff, Joseph JoachimJoseph Joachim Raff (Lachen près Zurich, 27 mai 1822 – Francfort, 24/5 juin 1882), compositeur, critique et pédagogue. Il étudia la philologie et enseigna dans une école primaire avant de se décider de faire carrière dans la musique en 1844. Ses premières compositions furent louées par FelLire la suite…, que M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… a révélés au public des concerts populaires, que savons nous du mouvement musical de la nouvelle école allemande ? Pourquoi les opéras de TaubertTaubert, Carl Gottfried WilhelmCarl Gottfried Wilhelm Taubert (Berlin, 23 mars 1811 – Berlin, 7 janvier 1891), pianiste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia avec Ludwig Berger (piano) et Bernhard Klein (composition) et fut nommé assistant chef d’orchestre et accompagnateur des concerts de la cour de Berlin (1831). Lire la suite…, de DornDorn, Heinrich Ludwig EgmontHeinrich Ludwig Egmont Dorn (Königsberg, 14 novembre 1804 – Berlin, 10 janvier 1892), chef d’orchestre et compositeur. Il étudia d’abord à Königsberg puis compléta ses études avec Ludwig Berger, Bernhard Klein et Carl Friedrich Zelter à Berlin où son premier opéra, Rolands Knappen (18Lire la suite…, d’AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite…, de LassenLassen, EduardEduard Lassen (Copenhague, 13 avril 1830 – Weimar, 15 janvier 1904), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Bruxelles avec François-Joseph Fétis et obtint un 1er prix de piano (1844), un 1er prix de composition (1847) et le Prix de Rome belge (1851). Il séjourna en Italie et en Allemagne, Lire la suite… ne sont-ils pas exécutés chez nous comme on exécute de l’autre côté du Rhin la plupart des ouvrages de nos compositeurs modernes ? L’Angleterre vient d’ouvrir une souscription pour élever un monument à Vincent Wallace, musicien irlandais, mort il y a peu de temps, et qui s’est acquis, par l’originalité de ses compositions plus encore que par sa vie aventureuse, une très grande renommée. Excepté une ouverture exécutée par l’orchestre de l’infatigable M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… (celle de MaritanaMaritanaMaritana, opéra en trois actes sur un livret d’Edward Fitzball d’apres la pièce de théâtre Don César de Bazan d’Adolphe d’Ennery et Philippe François Pinel Dumanoir, mis en musique par William Vincent Wallace, créé au Théâtre de Drury Lane à Londres le 15 novembre 1845.Lire la suite…, je crois), que connaissons-nous de l’œuvre de Vincent Wallace, lequel a pourtant écrit cinq ou six opéras ? Nous pensons peut-être qu’en dehors des cachuchas, des fandangos et de quelques airs nationaux que de célèbres ballerines  nous ont apportés dans les plis de leur mantille, il n’y a rien en Espagne qui, au point de vue de l’art musical, puisse nous offrir quelque attrait. C’est une erreur. Jugar con fuegoJugar con fuegoJugar con fuego, zarzuela en trois actes sur un livret de Ventura de la Vega, mis en musique par Francisco Barbieri, créée au Théâtre du Cirque à Madrid le 6 octobre 1851Lire la suite…, de BarbieriBarbieri, Francisco AsenjoFrancisco Asenjo Barbieri (Madrid, 3 aout 1823 – Madrid, 17 février 1894), compositeur. Il entra en 1837 au Conservatoire royal de Madrid et étudia la clarinette, le piano, le chant et la composition. Sa première zarzuela, Gloria y peluca (1850) obtint un succès immédiat auprès du public et deLire la suite…, ouvrage qui a atteint aujourd’hui le chiffre éloquent de mille représentations ; la CatalinaAthaliaAthalia, op. 74, musique de scène pour la tragédie de Jean Racine traduite par Ernst Raupach, composée par Felix Mendelssohn, créée au château de Charlottenburg à Berlin le 1er décembre 1845. Lire la suite… et le JuramentoJuramento, ElEl Juramento, zarzuela en trois actes sur un livret en espagnol de Luis Olona, d’après le livret de l’opéra-comique La Rose de Péronne  d’Adolphe de Leuven et d’Adolphe d’Ennery, mis en musique par Joaquin Gaztambide, créée au Théâtre de la Zarzuela à Madrid le 20 décembre 1858.Lire la suite…, de Gaztambide ; El GrumeteEl GrumeteEl Grumete, zarzuela en un acte sur un livret de Garcia Guttierez, mis en musique par Emilio Arrieta, créée le 17 juin 1853 au Théâtre du Cirque de Madrid.Lire la suite…, d’Arrieta, un petit chef-d’œuvre, sont des partitions fort intéressantes et que nous entendrions au moins aussi volontiers que certains ouvrages italiens dont nos oreilles sont rebattues depuis une trentaine d’années. Mme Viardot a chanté, il y a deux ans à Bade, dans un concert international que j’ai eu l’honneur de diriger, un air de Rousslan et LudmillaRousslan et LudmillaRousslan et Ludmilla, opéra en cinq actes sur un livret du à la collaboration de Valerian Shirkov, Nestor Kukolnik et N. A. Markevich, M. Gedeonov et Glinka lui-même. Mis en musique par Michael Glinka il fut créé au Théâtre impérial Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg le 9 décembre 1842.Lire la suite…. A-t-on jamais entendu parler à Paris de Rousslan et LudmillaRousslan et LudmillaRousslan et Ludmilla, opéra en cinq actes sur un livret du à la collaboration de Valerian Shirkov, Nestor Kukolnik et N. A. Markevich, M. Gedeonov et Glinka lui-même. Mis en musique par Michael Glinka il fut créé au Théâtre impérial Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg le 9 décembre 1842.Lire la suite…, pas plus que de la Vie pour le CzarVie pour le Czar, UneUne vie pour le tsar, opéra en cinq actes et un épilogue sur un livret d’Yegor Rosen et Vassili Joukovski mis en musique par Mikhaïl Glinka et créé au Théâtre impérial Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg le 9 décembre 1836 .Lire la suite…, ces deux ouvrages de GlinkaGlinka, Mikhail IvanovichMikhail Ivanovich Glinka (Novospasskoye près Yelnya, district de Smolensk/Russie, 20 mai [1er juin ?] 1804 – Berlin, 15 février 1857), compositeur. Il étudia le piano avec John Field puis Charles Meyer et le chant avec Belloli. Il voyagea en Italie de 1830 à 1833 avec le ténor Nicolay IvanovLire la suite…, le compositeur russe le plus populaire, et qui fut, de son vivant, très fêté à la cour de Saint-Pétersbourg ? Si M. le directeur de la salle Ventadour pense comme moi que le moment serait bien choisi pour ajouter à son répertoire les élémens que je viens de lui signaler très sommairement, il aura vite fait de former une troupe allemande dont les représentations alterneront avec celles des artistes italiens déjà attachés à son théâtre. J’ignore s’il existe une traduction italienne des ouvrages espagnols que j’ai cités plus haut, quant aux deux opéras de GlinkaGlinka, Mikhail IvanovichMikhail Ivanovich Glinka (Novospasskoye près Yelnya, district de Smolensk/Russie, 20 mai [1er juin ?] 1804 – Berlin, 15 février 1857), compositeur. Il étudia le piano avec John Field puis Charles Meyer et le chant avec Belloli. Il voyagea en Italie de 1830 à 1833 avec le ténor Nicolay IvanovLire la suite…, ils sont traduits en allemand. La liberté des théâtres donne à M. le directeur de la salle Ventadour un droit illimité ; il pourra puiser à pleines mains dans l’ancien répertoire comme dans le nouveau, et le public verra qu’il en est des œuvres de l’école allemande comme de celles de l’école italienne, elles gagnent considérablement à être interprétées par des artistes indigènes. Je n’ai point oublié qu’un soir, à une représentation du TannhäuserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite… donnée à Bade par des artistes du théâtre de Karlsruhe, des Parisiens applaudissaient très sincèrement ce même ouvrage qu’ils avaient sifflé à Paris, et prétendaient que ce n’était pas le même. Quand nous aurons un théâtre italien-allemand qui sera en même temps un théâtre de traductions pour certaines œuvres, les traductions deviendront plus rares sur d’autres scènes, et le Théâtre-Lyrique, par exemple, pourra rentrer plus aisément dans sa spécificité. Cela aura aussi un avantage dont il me parait utile de parler, au temps où nous sommes la présence d’une troupe allemande à Paris nous familiarisera avec une langue qu’il n’est certainement pas indispensable de connaître, mais qu’en maintes circonstances on peut regretter de n’avoir pas apprise.

Si M. le directeur de la salle Ventadour veut bien examiner les chances de succès du projet que j’ai pris la liberté de lui soumettre, il verra qu’elles doivent être favorisées principalement par la curiosité publique, et il n’ignore point que c’est là un sentiment sur lequel un administrateur habile doit compter bien plus encore que sur le dilettantisme des spectateurs.

Voici une partition qui vient de faire grand bruit en Allemagne : c’est l’œuvre de M. J.-J. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite…, un jeune maître né à Prague, et que ses liens de famille ont fixé à Stuttgart, il l’a écrite sur un texte de M. Ernest Pasqué, librettiste attaché au théâtre grand-ducal de Darmstadt, et dédiée à S. M. le roi de Wurtemberg. J’ai reçu cette partition il y a quelques jours ; je l’ai lue et étudiée avec le plus grand soin ; les journaux allemands l’avaient signalée à mon attention. Le sujet de AstorgAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…a est emprunté à la vie d’un musicien italien qui eut une existence toute romanesque, et dont le véritable nom nous est resté inconnu. Il naquit à Palerme le 11 décembre 1681, et voici ce qu’en dit M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, d’après l’Osterreichisches Biographisches Lexicon de Bermann : « Fils d’un chef de bandes mercenaires au service de la noblesse de Sicile qui, souffrant impatiemment le joug de l’Espagne, essaya de le secouer par l’insurrection de 1701, AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite… vit périr son père sur l’échafaud dans la même année avec plusieurs nobles siciliens. Sa mère, qu’on obligea d’assister au supplice, mourut de douleur, et lui-même s’évanouit. La princesse des Ursins, première dame d’honneur de l’épouse de Philippe V, prit en pitié le pauvre jeune homme et le fit élever au couvent d’AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite… en Espagne, dont plus tard il prit le nom. Dans cette retraite, il acheva son éducation et perfectionna par l’étude le beau sentiment musical dont la nature l’avait doué. Rentré dans le monde trois ans après, il obtint par le crédit de sa protectrice, le titre de baron d’AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite… et fut chargé d’une mission près de la cour de Parme en 1704. Il y devint l’âme de toutes les réunions d’amateurs de musique, car il était excellent chanteur et compositeur de mélodies gracieuses et sentimentales. Sa mission terminée, il continua de demeurer à Parme où le retenait son amour secret pour la fille du souverain, Elisabeth Farnèse. Le duc avait pénétré dans les sentimens de son hôte, trouva le moyen de l’éloigner en lui donnant une lettre de recommandation pour l’empereur Léopold Ier, qui, séduit par les talens du baron d’AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…, voulut l’attacher à sa cour ; mais celui-ci ne jouis pas longtemps de sa faveur, car son nouveau Mécène mourut le 6 mai 1705. Le baron d’AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite… quitta Vienne peu de temps après et mena une vie aventureuse, visitant l’Espagne où il retrouva la faveur de sa bienfaitrice, puis le Portugal, l’Italie, et enfin l’Angleterre où il demeura deux ans. En 1720, il reparut à Vienne ; mais il y resta peu de temps et se retira dans un couvent de Bohème, où il mourut le 21 août 1736. » Le nombre des œuvres composées par AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…, est considérable : il a écrit une très grande quantité de cantates avec accompagnement de clavecin et de morceaux à deux voix ; ses compositions les plus importantes sont un Stabat MaterStabat MaterStabat Mater en do mineur pour quatre solistes, chœur à quatre voix, orchestre à cordes et basse continue composé par Emanuele d’Astorga.Lire la suite… exécuté à Oxford en 1713, et l’opéra pastoral de DafneDafneDafne, drame pastoral sur un livret de Domenico Lalli mis en musique par Emauele d’Astorga créé au Théâtre San Agostino de Gênes le 21 avril 1709.Lire la suite…, qui fut représenté à Vienne en 1705. « Toute cette musique, ajoute M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, est remarquable par le sentiment, l’inspiration et l’expression. »

Cette notice est presque un poëme : on y trouve du moins les principaux élémens d’une action dramatique. M. Ernest Pasqué s’en est servi avec beaucoup d’habilité et y a ajouté quelques péripéties fort émouvantes qu’il a pris la peine d’inventer et dont il faut lui laisser tout le mérite : la rivalité d’AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite… et de don Carlos, gouverneur de la Sicile, qui se rencontrent à la cour de Parme ; l’amour et le dévouement d’Angioletta pour son maître le baron d’AstorgaAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…, la folie de celui-ci et son retour à la raison en entendant chanter son hymne du StabatStabat MaterStabat Mater en do mineur pour quatre solistes, chœur à quatre voix, orchestre à cordes et basse continue composé par Emanuele d’Astorga.Lire la suite…, dont le compositeur, M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite…, a fait un très heureux emploi dans le final de sa partition. Dans le libretto de M. PasquéPasqué, Ernst HeinrichErnst Heinrich Pasqué (Cologne, 3 septembre 1821 – Alsbach, 20 mars 1892), baryton, écrivain, librettiste et traducteur. Il débuta comme baryton au théâtre grand-ducal de Darmstadt en 1845. Il dut abandonner le chant par suite d’une grave maladie et fut alors engagé comme inspecteur éconoLire la suite…, Elisabeth Farnèse est devenue Eléonore, la nièce du prince ; il est donc assez naturel qu’elle s’écrie, avec l’accent de la douleur : « Oh ! mon oncle ! » quand celui-ci veut la jeter dans les bras de don Carlos de Los Balbaces, qu’elle n’aime pas. En allemand, cette exclamation n’a absolument rien de choquant : en français, dans un drame lyrique, elle prêterait à rire, et des traducteurs intelligents, quand bien même ils se piqueraient de la plus rigoureuse exactitude, ne la conserveraient pas. Voilà une des mille raisons pour lesquelles une traduction ne vaut jamais l’original.

M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite…, élève au Conservatoire de Prague, y a fait d’excellentes études ; mais ses souvenirs d’école ne l’ont point empêché de se mêler au mouvement romantique dirigé par M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, et de témoigner dans ses œuvres de sa très grande sympathie pour le système et les doctrines de ce maître. Dans AstorgAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…a, tout autant que dans le Roi EnzoRoi Enzo, LeLe Roi Enzio, opéra en quatre actes sur un livret allemand de Friedrich Albert Bernard Dulk mis en musique par Johann Joseph Abert et créé au Théâtre de la Cour à Stuttgart le 5 mai 1862.Lire la suite…, autre ouvrage de M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite…, que j’ai entendu plusieurs fois en Allemagne, on s’aperçoit des tendances et des préoccupations du jeune compositeur en faveur de l’école nouvelle. Je ne l’en blâme point assurément ; mais j’aimerais mieux que, plus confiant dans les propres ressources de son talent et de son imagination, il cherchât à dégager son style de toute imitation et de toute influence son individualité en acquerrait une valeur plus incontestable, et le mérite de ses compositions n’en aurait que plus de faveur et de relief. Quoi qu’il en soit de cette légère critique que la plupart des compositeurs, et même les plus illustres, ont méritée au début de leur carrière, on doit reconnaître dès à présent chez M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite… quelques unes de ces rares qualités, de ces dons heureux qui font les grands maîtres et les grandes renommées ; si son nom n’a pas encore trouvé place dans la Biographie des Musiciens de M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite… n’en a pas moins une certaine autorité en Allemagne, et je n’en veux d’autre preuve que l’émotion et l’intérêt qu’y a excités l’apparition de son nouvel ouvrage. Breitkopf et Hartel l’ont édité : plusieurs théâtres songeaient déjà à le monter dès le lendemain de la première représentation qui a eu lieu à Stuttgart : il serait difficile de prétendre à un succès plus rapide et d’ailleurs mieux justifié.

Si je ne savais combien est sèche et aride pour le lecteur l’analyse technique d’une partition, j’entrerais dans des détails qui indiqueraient certainement tout le soin que j’ai mis à étudier l’œuvre de M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite…, mais qui seraient d’un intérêt médiocre pour ceux qui ne l’ont pas vu représenter et qui ne l’ont pas lue. Le nombre en est grand, j’imagine ; il arrive rarement qu’en France nous prenions un très vif intérêt aux ouvrages qui se produisent ailleurs que chez nous, même quand ils obtiennent un succès assez retentissant pour que nos feuilles spéciales prennent la peine d’en parler. Je ne passerai donc pas en revue les différens morceaux de la partition d’AstorgAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…; je dirai seulement que l’impression qu’elle a produite sur moi, dégagée de tout prestige de mise en scène, de toute influence d’orchestre et de chanteurs, a été excellente. J’y ai remarqué des morceaux d’ensemble qui, au théâtre, doivent produire un très grand effet ; on y trouve aussi cette science de bon aloi, cette variété dans les rhythmes et dans les combinaisons harmoniques que les purs mélodistes eux-mêmes ne réprouvent pas absolument. Et, bien que j’aie signalé dans le style de M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite… quelques réminiscences wagnériennes, je dois reconnaître que ses morceaux ont une forme très nettement accusée, et que ses mélodies, très claires, très gracieuses souvent, n’empruntent rien au caractère particulier du récitatif. Ensuite (cela seul vaudrait à M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite… toutes les indulgences du public parisien) il y a au premier acte d’AstorgAstorga, Emanuele, Baron d’Emanuele, Baron d’Astorga (Augusta/Sicile, 20 mars 1680 – Madrid?, ca. 1757), compositeur. Il étudia la musique à Augusta puis à Palerme à partir de 1693, peut-être avec Francesco Scarlatti et Francesco Gasparini. En 1698, il fit jouer son opéra La Moglie nemica au théâtre privé d’AntonLire la suite…a…un ballet.

Si nous ne pouvons pas entendre l’opéra de M. AbertAbert, Jan JosefJan Josef Abert (Kochowitz, Bohème, 20 septembre 1832 – Stuttgart, 1er avril 1915), compositeur et chef d’orchestre. Au Conservatoire de Prague, il étudia la contrebasse auprès de Josef Hrabe et la théorie musicale avec Johann Friedrich Kittl et August Wilhelm Ambros. En 1853, il fut engagéLire la suite… exécuté à Paris par une troupe allemande, rien ne s’oppose du moins à ce qu’il soit traduit en italien et représenté au théâtre Ventadour, dont le répertoire s’augmenterait ainsi d’une œuvre nouvelle et remarquable à plus d’un titre, ce qui n’est point à dédaigner. Ce serait un précédent qui vaudrait peut-être à M. le directeur de ce théâtre une recrudescence de la faveur publique, et ce serait aussi un acheminement tout naturel vers la réalisation du projet dont j’ai pris la liberté de lui communiquer le plan avec une confiance égale à ma conviction.

La Société de la rue Bergère a donne son premier concert, et en a fidèlement répété le programme le dimanche suivant ; Bis in idem. Certaines personnes blâment cette innovation. J’ignore absolument si l’illustre compagnie peut y perdre quelque chose de sa renommée et de son prestige ; un fait matériel et certain, c’est qu’elle y gagne de doubler le chiffre de ses recettes et le nombre de ses abonnés. Le magnifique chœur de M. Charles Gounod Gounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…: Près du fleuve étrangerPrès du fleuve etrangerPrès du fleuve étranger, paraphrase du Psaume 137 Super Flumina de A. Quételart mise en musique par Charles Gounod. La version originale est pour chœur mixte a capella et fut créée par l’Orphéon le 22 mai 1859. Gounod dota l’œuvre d’un prélude et d’un accompagnement orchestral et ceLire la suite…, paraphrase du psaume : Super flumina Babylonia, aurait pu être accueilli, ce me semble, avec une ferveur plus marquée. Il y a certainement dans cette belle composition un grand luxe d’instrumentation et de puissante sonorité auxquelles ne sont point habitués les fidèles de la Société du Conservatoire ; mais ceux-ci ne s’exagèrent-ils pas un peu la délicatesse de leurs oreilles ? Devant l’accueil toujours un peu froid que le public semble faire systématiquement à toute œuvre moderne, je comprends jusqu’à un certain point la réserve du comité et ses hésitations à sortir de vieilles traditions et du vieux répertoire ; cependant on nous promet pour cet hiver des tentatives d’une hardiesse incroyable, des tentatives dans le genre de celles dont M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… donne l’exemple à la Société des Concerts depuis plusieurs années déjà. Il est vrai que dans la salle du Cirque personne n’a jamais vu de ces scènes d’hallucination dont plusieurs membres de l’orchestre du Conservatoire, au temps d’HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite…, prétendent avoir été témoins. Ils racontent qu’un jour le célèbre fondateur de leur Société, ayant introduit dans le programme du concert un morceau d’origine moderne où le souffle romantique se faisait très vivement sentir, il se fit tout à coup dans la salle, après l’exécution de ce morceau, comme une agitation au milieu du silence. Et alors, derrière les barreaux peints en manière de trompe l’œil, au-dessus des galeries supérieures, on aperçu un groupe de petits vieillards qui levaient vers le ciel leurs bras amaigris, faisaient d’horribles grimaces, et, secouant la tête en signe de mécontentement, imprimaient un frétillement convulsif aux marteaux de leur perruques. Mais aujourd’hui le pinceau du décorateur a passé sur les vieilles peintures, comme les années ont passé sur les vieilles traditions, et M. Georges HainlHainl, Francois dit GeorgesFrançois dit George(s) Hainl (Issoire/Puy-de-Dôme, 16 novembre 1807 – Paris, 2 juin 1873), violoncelliste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire, où il obtint un 1er prix de violoncelle en 1830. Il se produisit alors dans les orchestres de Paris, de province, de BelgiquLire la suite… n’a pas l’âme assez superstitieuse pour croire que les petits vieillards puissent jamais revenir.

M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… a fait exécuter à l’une des dernières séances de l’Athénée les chœurs d’AthalieAthaliaAthalia, op. 74, musique de scène pour la tragédie de Jean Racine traduite par Ernst Raupach, composée par Felix Mendelssohn, créée au château de Charlottenburg à Berlin le 1er décembre 1845. Lire la suite…, de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…. Certes il est peu de musiciens qui n’apprécient dans cette œuvre l’élévation du style, l’ampleur des idées et les savantes combinaisons de l’orchestre ; malheureusement le public n’est pas toujours apte à bien juger de si précieuses qualités, et plus d’un spectateur s’est enfoncé dans sa stalle et y a fait son lit, tandis que d’autres se lamentaient à l’unisson du peuple d’Israël. Le seul défaut que l’on pourrait reprocher à l’oratorio de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…, c’est une teinte un peu trop uniforme ; or, en musique comme en beaucoup d’autres choses, l’uniformité a des inconvéniens, et chacun sait bien ce qu’elle engendra un jour.

Au concert suivant, l’auditoire était plus animé, j’allais dire plus éveillé, et on a applaudi avec enthousiasme le concerto en mi bémol, de Beethoven (concerto senza cadenza), exécuté par M. Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite…. Voilà un virtuose de premier ordre ! Quelle netteté ! quelle verve ! quelle puissance et quelle agilité dans le mécanisme de ses dix doigts ! Peu de pianistes peuvent être mis aujourd’hui sur la même ligne que M. Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite…, surtout pour l’exécution de la musique classique, et, si je n’hésite pas à le proclamer un très grand virtuose, c’est qu’il est doublé d’un excellent musicien. Le morceau de sa composition qu’il a joué le même soir, et qui a pour titre les CourriersCourriers, LesLes Courriers, caprice pour piano op. 40 de Théodore Ritter.Lire la suite…, est un petit bijou.

Le 24 décembre, à minuit, la nativité du Christ a été fêtée dans nos églises par de véritables concerts spirituels. J’ai donné la préférence au programme de M. Camille Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite…, le savant organiste de la Madeleine. Sur ce programme, qui n’a pas été imprimé, j’avais lu les noms de Mmes de Caters, de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, de Méric-LablacheMeric-Lablache, Emilie deÉmilie-Martha-Marguerite Glossop épouse Lablache dite Méric-Lablache (Paris, 7 septembre 1830 – ?), contralto. Elle était la fille de la soprano Joséphine de Méric (Strasbourg, 22 mars 1801 – Londres, 26 décembre 1877). Elle épousa Nicolas-Pierre-André Lablache, fils de la basse Luigi Lire la suite… et de M. Théodore Ritter Ritter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite…: c’était un attrait. A peine l’éloquente parole de M. l’abbé de Guerry [Deguerry]Deguerry, Gaspard AbbéGaspard Deguerry (Lyon, 27 décembre 1797 – Paris, 24 mai 1871), abbé. Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Lyon le 19 mars 1820 et devint en 1827 aumônier militaire au 6ème régiment de la Garde royale. En 1829, il prêcha le sermon de la Cène aux Tuileries pour le roi Charles X. La RLire la suite… avait-elle cessé de retentir sous les voûtes du temple, les chants ont commencé, et plus de douze morceaux, hymnes, motets, cantiques et psaumes, ont été exécuté pendant la célébration de la messe. La plupart de ces morceaux font partie de l’oratorio de Noël composé par M. Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite…, qui, nourri à bonne école, possède à fond toutes les ressources de la science sans lesquelles on ne saurait écrire dans le style de PalestrinaPalestrina, Giovanni Pierluigi daGiovanni Pierluigi da Palestrina (Palestrina ?, 1525 [1526 ?] – Rome, 2 février 1594), compositeur. Il fut admis dans la maîtrise de Sainte-Marie-Majeure à Rome. En 1544, il fut nommé organiste de la cathédrale de Palestrina. En 1551, il fut d’abord maître de chant de la chapelle Giulia Lire la suite… et de PergolèsePergolesi, Giovanni BattistaGiovanni Battista Pergolesi (Iesi/ Marche 4 janvier 1710 – Pozzuoli près de Naples, 16 mars 1736), compositeur. Il étudia au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo à Naples avec Gaetano Greco, puis Leonardo Vinci et Francesco Durante. Il composa des œuvres sacrées, dont le célèbre Stabat Lire la suite…, de CherubiniCherubini, Maria Luigi Carlo Zanobi SalvadoreMaria Luigi Carlo Zanobi Salvadore Cherubini (Florence, 8 septembre 1860 – Paris, 15 mars 1842), compositeur. Il étudia la musique avec son père puis avec Bartolomeo Felici, Pietro Bizzari et Giuseppe Castrucci, puis à Milan avec Giuseppe Sarti. Il fut engagé comme compositeur au King’s TheateLire la suite… et de LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…. Les voix de femmes dans une église, surtout quand ces voix sont belles, produisent un effet admirable et ne troublent pas, autant qu’on pourrait le croire, le recueillement des fidèles. Si cela était compris ainsi à Rome, le Pape aurait accepté depuis longtemps la petite révolution que RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… et l’abbé LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite… lui ont proposée, et il aurait déjà remplacé les soprani factices de la chapelle Sixtine par des soprani naturels. Mme de Caters se plaignait, au commencement de la cérémonie, d’un enrouement que rien n’avait pu dissiper ; mais tout à coup sa voix s’est éclaircie et elle a retrouvé ses accens les plus mélodieux. Il faut croire que quelque séraphin compatissant l’aura touché du bout de son aile. M. Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite…, qui possède une voix de baryton extrêmement sympathique, et qui s’en sert avec beaucoup d’art, a fait aussi sa partie dans ce concert religieux. Un Lauda anima meaLauda anima meaLauda, anima mea, Dominum pour soprano de Clémence de Grandval est le second mouvement d’une Messe brève pour soprano avec accompagnement d’orgue ou d’harmonium de Clémence de Grandval qui fut publiée par  Mme Maëyens-Couvreur, Paris 1867. La Messe brève est composée des quatre mouvemLire la suite…, de Mme la vicomtesse de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, délicieusement interprété par Mme de Caters, aurait eu dans un concert profane les honneurs du bis. L’Ave MariaAve Maria sur Prelude de JS BachAve Maria, mélodie religieuse adaptée au 1er prélude du premier livre du Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach par Charles Gounod. Il en existe plusieurs versions dont celle pour chœur à 6 voix, violon solo, piano et orgue en do majeur, créé par la Société des jeunes artiste le 1Lire la suite… que M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… a écrit sur un prélude de BachBach, Jean-SebastienJohann Sebastian Bach (Eisenach, 21 mars 1685 – Leipzig, 28 juillet 1750), organiste et compositeur. Il fut nommé organiste à la Neue Kirche d’Arnstadt de 1703 à 1707. Ses premières œuvres pour orgue datent de cette époque. Il devint organiste à la Blasiuskirche de Mulhausen en 1707 et éLire la suite… a été interprété avec une remarquable perfection par Mme de Méric-LablacheMeric-Lablache, Emilie deÉmilie-Martha-Marguerite Glossop épouse Lablache dite Méric-Lablache (Paris, 7 septembre 1830 – ?), contralto. Elle était la fille de la soprano Joséphine de Méric (Strasbourg, 22 mars 1801 – Londres, 26 décembre 1877). Elle épousa Nicolas-Pierre-André Lablache, fils de la basse Luigi Lire la suite…, M. Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite…, M. NolletNollet, Théodore-Alexandre-EugèneThéodore-Alexandre-Eugène Nollet (Moulins, 9 septembre 1828 – Paris, ? juillet 1904), harpiste. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 1er prix de harpe en 1846. Il fut engagé à l’orchestre de l’Opéra et participa souvent au jury des concours du Conservatoire de Paris. Il compLire la suite…, harpiste de l’Opéra, et M. White, violoniste de couleur, auquel le Conservatoire décernait un premier prix il y a quelques années. M. Camille Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite… donne la moitié de son temps à Dieu et l’autre moitié au diable : il écrit pour l’église et pour le théâtre aussi. Comme maître de chapelle, il a la facilité de faire entendre ses œuvres et il n’en abuse pas ; comme compositeur dramatique, c’est une autre affaire. M. Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite… a depuis bien longtemps un  grand ouvrage qui attend son tour dans les cartons de M. le directeur du Théâtre-Lyrique, et je crois qu’il commence à réfléchir avec une certaine mélancolie à la distance incommensurable qui sépare un opéra reçu d’un opéra représenté.

Un de mes amis, qui, plus heureux que moi, a pu assister à Vienne à l’exécution de la Damnation de FaustDamnation de Faust, LaLa Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties, Op. 24, pour solistes, double chœur, chœur d’enfants et orchestre sur un texte de Gérard de Nerval traduit de Wolfganf von Goethe avec des ajouts d’Almire Gandonnière, mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra-ComLire la suite…, de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, m’écrit une longue lettre que je ne puis reproduire en entier, mais dont voici quelques extraits : « Le chef-d’œuvre du maître a été exécuté hier dans la vaste salle de la Redoute, devant un auditoire immense, avec un succès foudroyant. Vous dire tous les rappels, les bis, les pleurs, les fleurs, les applaudissemens de cette matinée, est chose impossible. Il y avait sur l’estrade trois cents choristes et cent cinquante instrumentistes ; les soli étaient chanté par une charmante Marguerite, la belle Mlle Bettleim [Bettelheim]Gomperz-Bettelheim, Caroline vonCaroline Bettelheim épouse von Gomperz (Pest, 1er juin 1845 – Vienne 13 décembre 1925), contralto. Elle étudia le piano avec Karoly Goldmark et le chant avec Moritz Laufer. Elle débuta à seize ans à Vienne, où elle fut engagée dans la troupe de l’Opéra de 1861 à 1867. En 1867, elle épLire la suite…, dont la voix de mezzo soprano est splendide, un ténor-Faust (WalterWalter, GustavGustav Walter (Bílina/Bohême aujourd’hui République Tchèque, 11 février 1834 – Vienne 31 janvier 1910), ténor. Il étudia le violon au Conservatoire de Prague puis fit des études de génie à l’Institut Polytechnique de Prague. Il travailla comme ingénieur dans une usine à sucre dans Lire la suite…) dont nous n’avons certainement pas l’égal à ……..(ici il y a un mot que je n’ai pas pu lire ; mais c’est sans doute Paris que mon correspondant a écrit), et un énergique Méphistophélès (basse) MeyerhofferMayerhofer, KarlKarl Mayerhofer (Vienne 13 mars 1828 – Vienne, 2 janvier 1913), basse et joueur d’échecs. Il étudia la peinture à Vienne en 1845 puis étudia le chant en 1849 à Londres avec Manuel Garcia. De 1851 à 1854 il fut engagé dans la troupe du Théâtre de Weimar dirigé par Franz Liszt. De 1854 jLire la suite… [Mayerhofer]Mayerhofer, KarlKarl Mayerhofer (Vienne 13 mars 1828 – Vienne, 2 janvier 1913), basse et joueur d’échecs. Il étudia la peinture à Vienne en 1845 puis étudia le chant en 1849 à Londres avec Manuel Garcia. De 1851 à 1854 il fut engagé dans la troupe du Théâtre de Weimar dirigé par Franz Liszt. De 1854 jLire la suite…, tous les trois du Grand-Opéra de Vienne. Le duo d’amour entre Faust et Marguerite, supérieurement chanté, a été interrompu trois fois par les applaudissemens. La scène de Marguerite abandonnée a ému encore davantage. Les Sylphes, les Follets, le chant de la fête de Pâques, et l’Enfer et le Ciel ont littéralement révolutionné l’auditoire. HelmesbergerHellmesberger, JosephJoseph Hellmesberger, père (Vienne, 3 novembre 1828 – Vienne, 24 octobre 1893), violoniste, chef d’orchestre et directeur. Il étudia le violon avec son père Georg Hellmesberger au Conservatoire de Vienne et devint en 1851 professeur de violon au Conservatoire et chef d’orchestre des concertLire la suite… (le directeur du Conservatoire de Vienne) a joué d’une façon toute poétique le petit solo d’alto dans la ballade du roi de Thulé, si bien chantée par Mlle Bettleim. Ce soir on donne à BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… une grande fête à laquelle assisteront deux ou trois cents personnes, artistes et amateurs, entre autres les cent quarante dames appartenant toutes à la meilleure société de Vienne, et qui ont prêté à cette grande solennité artistique un si gracieux concours. J’aurais voulu que vous entendissiez ces voix fraîches et justes ! (j’aurais bien voulu les entendre aussi…..Regrets inutiles !) et comme tout cela avait été bien instruit par le directeur de la Société des Amis de la musique, HerbeckHerbeck, Johann, Ritter vonJohann Franz Ritter von Herbeck (Vienne, 25 décembre 1831 – Vienne, 28 octobre 1877), chef d’orchestre et compositeur. Choriste au monastère de Heiligenkreuz , il y étudia le piano. Il commença des études de philosophie à l’Université de Vienne en 1849 puis à la Faculté de droit en 18Lire la suite…, un chef d’orchestre de premier ordre, qui s’est mis en quatre, en seize, en trente-deux, pour BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, et qui a eu le premier l’idée de monter en entier sa magnifique symphonie. Il était venu des auditeurs de Munich et de Leipsik [Leipzig] ; il en était venu de Prague et de Pesth, et de plus loin encore. Ah ! si la Société des Concerts du Conservatoire de Paris n’était pas……ancien répertoire dans lequel….systématiquement…..à la portion intelligente de ses abonnés…..un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique moderne ! (Il y a là une foule de mots effacés que je n’ai pu lire, mais dont il n’est pas absolument impossible de deviner le sens). Je vous assure que M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a éprouvé hier une des plus grandes joies musicales de sa vie. » – Et à la fin de sa lettre, mon ami ajoute que, le lendemain du concert de la Redoute, une dame anonyme a envoyé à M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… une boîte de bonbons. Le maître était en belle humeur, il les a craqués. Voilà des bonbons viennois qui adouciront pour lui l’amertume de bien des pilules parisiennes.