Le Journal des Débats, 16 décembre 1866 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU 16 DÉCEMBRE 1866.

REVUE MUSICALE.

Théâtre-Lyrique : Le Freischutz.Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… ― Opéra-Comique : Lalla-RoukhLalla-RoukhLalla-Roukh, opéra-comique en deux actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Michel Carré mis en musique par Félicien David, créé à l’Opéra-Comique le 12 mai 1862.Lire la suite… et Le Chien du JardinierChien du jardinier, LeLe Chien du jardinier, opéra-comique en un acte sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Eugène Cormon mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1855.Lire la suite… (reprises). ― Théâtre-Italien : SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite…. ― Fantaisies-Parisiennes : Le Chanteur Florentin.Chanteur Florentin, LeLe Chanteur florentin, scène lyrique sur un texte d’Alfred et Edouard Blau mis en musique par Jules Duprato et créée au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes le 29 novembre 1866.Lire la suite… ― Athénée musical et autres fantaisies.

 

Cette fois je tiens un chef-d’œuvre : le chef-d’œuvre de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, que la direction de Théâtre-Lyrique vient de nous rendre, disent les réclames, tel que le maître l’a écrit. S’il ne s’agit que de la note, c’est possible, à peu de notes près ; mais s’il s’agit de l’expression vraie du sentiment, du style et des nuances, je demande la permission de faire quelques réserves. Il me semble aussi que la direction du Théâtre-Lyrique, en s’attribuant le mérite de révéler pour la première fois aux Parisiens l’œuvre originale de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, oublie que Le FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, tel que le maître l’a écrit, fut exécuté pendant les années 1829, 1831, et 1838, par la troupe allemande que dirigeait Rœckel au Théâtre Favart, quelques années après, en 1842, à la salle Ventadour, et à l’Opéra le 7 Juin 1841.

Le Théâtre-Lyrique n’existait pas alors ; mais est-ce une raison, parce qu’on est jeune, pour ignorer ou feindre d’ignorer des faits acquis à l’histoire d’un artiste que l’on prétend honorer ? C’est du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… seulement que je parle ; quant à Robin des boisRobin des BoisRobin des bois, opéra-comique en trois actes sur un livret de Castil-Blaze et Thomas Sauvage avec la musique de Carl Maria von Weber créé au Théâtre de l’Odéon le 7 décembre 1824.Lire la suite…, on l’a vu tour à tour sur la scène de l’Odéon en 1823, en 1833 à l’Opéra-Comique, puis au Théâtre-Lyrique, où M. Emile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… le monta avec grand luxe de décors et une excellente distribution de rôles. Plus tard M. le directeur actuel du Théâtre-Lyrique, ayant à sa disposition les mêmes décors et les mêmes artistes, rendit à la scène la partition de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, arrangée par Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite…, la pensée ne lui étant point encore venue de nous donner l’œuvre textuelle du compositeur, en rehaussant le mérite et l’attrait de cette primeur par un effet de lune d’outre-MancheFischer-Schwarzböck, BeatrixBeatrix Fischer-Schwarzböck née Macher (Timișoara/Roumanie, 6 février 1808 – Baden-Baden, 16 septembre 1885), soprano. Elle grandit à Vienne et débuta au Théâtre An-der-Wien en 1824 sous le nom de son beau-père, Schwarzböck, dans le rôle d’Emmeline (Die Schweizerfamilie, Weigl). Elle Lire la suite… et la coloration en bleu, en blanc et en rouge d’une chute d’eau véritable. Ce que M. le directeur du Théâtre-Lyrique a fait aujourd’hui, il eût pu certainement le faire plus tôt ; mais, la question d’opportunité écartée, il nous reste à le remercier d’un acte de légitime restitution envers un compositeur étranger que l’on avait jugé utile de corriger et de travestir quelque peu, afin de lui donner meilleure mine et droit de cité parmi nous. Bien que le procédé de M. le directeur du Théâtre-Lyrique  soit fort naturel et fort simple, bien qu’il n’y ait pas lieu, selon moi, d’élever ce procédé à la hauteur d’un évènement, je demande pour la seconde fois à M. le directeur du Théâtre-Lyrique la permission de l’en remercier.

En principe, je suis l’ennemi de toute retouche, de toutes additions ou coupures faites à une œuvre sublime ou médiocre, sans l’agrément de l’auteur. Et Dieu sait si en France, comme en Italie du reste, nous nous gênons d’avoir de ces façons-là, de prendre de telles libertés et de telles licences avec les maîtres les plus renommés. Ceux qui sont vivans ne s’en plaignent guère, ceux qui sont morts ne s’en plaignent pas, et voilà comment ce petit travail de restauration s’accomplit tout tranquillement, à l’abri de toutes protestations et au plus grand profit de ceux qui en ont accepté l’entreprise.  Cependant il me faut confesser que sans l’habileté de M. Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite…, sans la fine perspicacité de ce critique éminent qui connaissait à fond le goût musical de ses contemporains et leurs aptitudes à juger une œuvre de grand style, le FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… n’eut fait qu’une courte apparition sur la scène de l’Odéon, où Robin des BoisRobin des BoisRobin des bois, opéra-comique en trois actes sur un livret de Castil-Blaze et Thomas Sauvage avec la musique de Carl Maria von Weber créé au Théâtre de l’Odéon le 7 décembre 1824.Lire la suite…, malgré les orages des premiers soirs, attira la foule près de trois cents représentations.

Quant à ce qui est de l’exécution du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… au théâtre de l’Opéra, on peut pardonner à M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… d’y avoir aidé en écrivant des récitatifs sans lesquels l’œuvre de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… n’eût pu être appelée à l’honneur de paraître sur notre première scène lyrique, où, de par les règlemens, le dialogue est sévèrement interdit. M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… vaincu par les instances de M. Léon PiletPillet, LeonLéon Pillet (Paris, 6 decembre 1803 – Venise, 20 mars 1868), journaliste, directeur. Il fit des études de droit puis se tourna vers le journalisme. Il fonda Le Nouveau journal de Paris en 1827 où il soutint les causes libérales. A l’avènement de Louis-Philippe, il se montra l’un des fidèLire la suite…, oublia un instant la sage maxime : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’il vous fût fait ; il se mit à la besogne, et comme nul mieux que lui ne connaît et n’admire WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, comme nul n’en a parlé mieux que lui, il accomplit discrètement et heureusement la tâche difficile qu’il avait bien voulu accepter. J’ai sous les yeux ces récitatifs auxquels on a reproché de déflorer, en les reproduisant à l’avance, certaines tournures mélodiques, certains effets caractéristiques de l’instrumentation du chef-d’œuvre de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, et je trouve que ce reproche n’est pas fondé : celui qui eût fait autrement n’aurait certes pas mieux fait, et, bien qu’il eût été préférable de braver les règlemens et de s’en tenir au dialogue, je ne puis m’empêcher de reconnaître l’habileté, le tact dont M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a fait preuve en collaborant à l’œuvre d’un maître avec lequel il a d’ailleurs plus d’un point d’affinité. C’est à cette occasion que fut instrumentée par la même main savante L’Invitation à la valseInvitation à la valse, L’Aufforderung zum Tanz (Invitation à la valse), rondo brillant pour piano Op. 65 de Carl Maria von Weber, composé en 1819 et dédié à son épouse Caroline Brandt. L’œuvre fut orchestrée par Hector Berlioz en 1841.Lire la suite…, intercalée, en guise de divertissement, dans le deuxième acte du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…. WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… vivant se serait-il prêté lui-même à cette transformation, à ce développement de son œuvre préférée ? Je ne sais ; mais, WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… mort, il n’y avait que deux hommes capables de réussir en une telle entreprise : MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… qui en eût peut-être décliné l’honneur et la responsabilité ; après MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite….

C’est à M. Emilien PaciniPacini, EmilienEmilien Pacini (Paris, 17 novembre 1811 – Neuilly-sur-Seine, 23 novembre 1898), traducteur et librettiste. Il fut censeur dramatique au ministère de l’Intérieur et écrira quelques livrets tels ceux de Pierre de Médicis (Poniatowski, 1860) avec Henri de Saint-Georges et d’Erostrate (Reyer, 18Lire la suite… que fut confiée la traduction du livret allemand de Frédéric Kind, livret qui n’est guère que la reproduction d’une vieille légende dont le caractère fantastique avait frappé l’imagination de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…. Le traducteur, peu familiarisé, je crois, avec la langue de SchillerSchiller, Johann Christoph FriedrichJohann Christoph Friedrich Schiller (Marbach/ Wurtemberg, 10 novembre 1759 – Weimar, 9 mai 1805), écrivain. Il est l’auteur d’ouvrages de philosophie éthique et esthétique, ainsi que de livres d’histoire, mais ce sont surtout ses drames qui l’on rendu célèbre dont : Die Räuber (Les Lire la suite… et de Gœthe, s’appliqua à reproduire l’esprit du texte bien plus que la lettre, tandis que dans la nouvelle traduction j’ai cru remarquer qu’on avait fait tout le contraire. Je ne prétends pas que MM. TrianonTrianon, HenriHenri Trianon (Paris, 11 juillet 1811 – Paris, 17 octobre 1896), écrivain. Il débuta comme critique artistique et littéraire dans les journaux de Paris, puis s’adonna un temps à l’enseignement. Il traduisit des œuvres de Homère et de Platon et devint assistant bibliothécaire de la bibliLire la suite… et Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite… aient plus mal fait pour cela, ni qu’ils aient mis dans leur traduction plus d’esprit que M. PaciniPacini, EmilienEmilien Pacini (Paris, 17 novembre 1811 – Neuilly-sur-Seine, 23 novembre 1898), traducteur et librettiste. Il fut censeur dramatique au ministère de l’Intérieur et écrira quelques livrets tels ceux de Pierre de Médicis (Poniatowski, 1860) avec Henri de Saint-Georges et d’Erostrate (Reyer, 18Lire la suite… n’en a mis dans la sienne ; mais ce parti pris de rigoureuse exactitude les a peut-être forcés de donner trop de relief à une certaine quantité de lieux-communs et de naïvetés qui eussent pu être supprimés ou adoucis sans grand dommage pour le dialogue. Dans le tableau de la fonte des balles, leur lyrisme les a même entraînés un peu loin, et j’ai médiocrement goûté la tirade que débite Gaspard devant ses fourneaux allumés, avec les gestes et à la façon des héros de tragédie. Deux vers déclamés par le même personnage méritent d’être cités :

Par ce crâne et par ces apprêts !

Samiel ! Samiel ! parais !

Comme il y a dans le texte : Bei des Zauberers Hirngebein ! Samiel ! Samiel ! erschein !  ce qui signifie littéralement : Par le crâne de l’enchanteur ! Samiel ! Samiel ! parais ! il me semble qu’en cet endroit les traducteurs unis ont également méconnu et l’esprit et la lettre du texte original pour les besoins de la rime ; mais je ne veux point les blâmer plus qu’il ne convient de cette petite excursion dans le domaine de la fantaisie, eux qui ont fait de si louables efforts pour rester dans les limites de l’exactitude et de la vérité.

WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… étant à Mannheim, en 1810, trouva le sujet du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… dans un volume intitulé Histoires d’espritsHistoires d’espritsHistoires d’esprits (Das Gespensterbuch) de Johann August Apel et Friedrich Laun, pseudonyme de Friedrich August Schulze, est une anthologie d’histoires d’horreur publiée en cinq volumes de 1811 à 1815  chez Göschen à Leipzig.Lire la suite…, par ApelApel, Johann AugustJohann August Apel (Leipzig, 17 septembre 1771 – Leipzig, 9 août 1816), écrivain. Il étudia le droit à Leipzig et à Wittenberg de 1789 à 1793 et s’établit à Leipzig comme avocat. Il fut nommé au Conseil de la ville en 1801. Après avoir écrit quelques drames classiques dont Polyidos (180Lire la suite…. C’est le hasard qui lui mit cet ouvrage entre les mains, le hasard ou le diable. « Si ces Allemands, disait un compositeur français, aiment tant à mettre le diable en scène, et s’ils y excellent, comme WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… et MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, c’est qu’ils y croient un peu ». WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… y croyait beaucoup ; il était même persuadé qu’une fatalité pesait sur tous les actes de sa vie, laquelle en effet ne fut point exempte de tribulations et d’émotions pénibles. Il faut lire la biographie du maître allemand, écrite par son fils, M. le baron Max-Marie de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, et que l’un des écrivains les plus autorisés de La Gazette musicale est en train de traduire. On y verra comment les obstacles à vaincre, qui ont été de tout temps la grande préoccupation des hommes de génie, ont failli arrêter WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… au milieu de sa carrière. Peu s’en est fallu que l’auteur du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… ne fût réduit à n’être qu’un écrivain de second ordre, s’occupant de lithographie à ses momens perdus. Il attendit dix ans qu’un librettiste voulût bien arranger en opéra la légende qui l’avait si vivement impressionné en lisant le livre d’ApelApel, Johann AugustJohann August Apel (Leipzig, 17 septembre 1771 – Leipzig, 9 août 1816), écrivain. Il étudia le droit à Leipzig et à Wittenberg de 1789 à 1793 et s’établit à Leipzig comme avocat. Il fut nommé au Conseil de la ville en 1801. Après avoir écrit quelques drames classiques dont Polyidos (180Lire la suite…, et dont il avait esquissé lui-même un scénario en une seule nuit, aidé des conseils de son ami Alexandre DuschDusch, Alexander vonAlexander von Dusch (Neustadt an der Haardt/Rhénanie-Palatinat, 27 janvier 1789 – Heidelberg, 27 octobre 1876), homme politique. En 1805, il fut envoyé à Paris, chez son oncle maternel, étudier les mathématiques, la physique et les langues vivantes. De 1807 à 1810, il étudia le droit à lLire la suite…. L’œuvre terminée, M. Max de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… nous raconte les scènes qui précédèrent la première représentation du Freischutz Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…au Théâtre-Royal de Berlin, le 18 Juin 1821 ; la vive opposition de SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite…, alors directeur général de la musique de S. M. le roi de Prusse ; la lutte qui s’établit entre les classiques et les romantiques, comme au temps de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… et de Piccini Piccinni, Vito Niccolo Marcello Antonio GiacomoVito Niccolo Marcello Antonio Giacomo Piccinni (Bari, 16 janvier 1728 – Passy près Paris, 7 mai 1800), compositeur. Il entra au Conservatoire San Onofrio de Naples en 1742 et étudia d’abord avec Leonardo Leo puis Francesco Durante. Il fit une carrière de compositeur d’opéras donnant, entre 1Lire la suite…; le découragement du musicien, ses tristes pressentimens et ses défaillances jusqu’au moment du succès. Le succès fut immense, et jamais, dit M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, un opéra allemand n’en obtint de plus populaire, de plus brillant, de plus universel. WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, qui était maître de chapelle à Dresde, avait dû solliciter quelques jours de congé pour aller diriger les répétitions du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… à Berlin ; les lauriers dont il revenait couvert ne firent aucune impression sur ces naïfs Saxons, qui semblèrent se demander où il les avait cueillis : un triomphateur rentrait au milieu de son orchestre, et ses musiciens lui disaient simplement : M. le Kapellmeister a-t il fait un heureux voyage ? Il fallut attendre l’arrivée des gazettes pour comprendre comment s’était opérée cette transformation qui, de l’obscur chef-d’orchestre de la veille, faisait l’homme illustre du lendemain. De nos jours les événemens vont plus vite, surtout de Berlin à Dresde, et à l’heure qu’il est, la France et l’Allemagne savent déjà le prodigieux effet produit sur les spectateurs du Théâtre-Lyrique par la cascade de la Gorge-aux-Loups.

« Il est difficile, dit M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, en cherchant dans l’ancienne et la nouvelle école, de trouver une partition aussi irréprochable de tout point que celle du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, aussi constamment intéressante d’un bout à l’autre, et je ne crois pas qu’on puisse en supprimer une note, sans détruire l’harmonie de l’ensemble. »

« WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, écrit M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, dans sa Biographie des Musiciens, ne comprenait l’art que dans sa manière de le sentir, et n’avait que des vues étroites à l’égard de la multitude des formes sous lesquelles il peut se manifester. Harmoniste d’instinct, il écrivait mal, et mettait souvent de l’embarras dans le mouvement des parties, parce que des études bien faites n’avait pas réglé l’usage de ses facultés. »

Entre l’opinion de deux écrivains également érudits, également sincères, je n’hésite pas : mon admiration pour le génie de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… m’empêche de voir les défauts de son style, les côtés faibles de son talent, et je me souviens seulement qu’il fut l’élève favori de l’abbé VoglerVogler, Georg Josef, AbbéGeorg Joseph Vogler dit Abbé Vogler (Würzburg, 15 juin 1749 – Darmstadt, 6 mai 1814), compositeur et théoricien. Il étudia le droit commun et le droit canon à l’université de Würzburg puis à celle de Bamberg, et composa des ballets et de la musique de scène pour les spectacles de l’unLire la suite…, le condisciple de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… et le génie musical le plus original qui se soit jamais révélé. N’a-t on pas aussi adressé à GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… le reproche d’être un musicien d’instinct plus qu’un musicien de savoir ? Et Spontini !….Les puristes qui assistaient à la première représentation de La VestaleVestale, LaLa Vestale, tragédie lyrique en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 11 décembre 1807.Lire la suite… ne lui épargnèrent point les coups de férule et les coups de plume ; après OlympiaOlympieOlympie, opéra en trois actes sur un livret de Charles Brifaut et Armand-Michel Dieulafoy, d’après la tragédie de Voltaire, mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 22 décembre 1819. Spontini remania l’œuvre pour lui donner une fin heureuse. Cette version fut Lire la suite… comme après Fernand CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite…, ils persistaient à vouloir le renvoyer à l’école ; SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite… n’y alla point : il aima mieux partir pour Berlin. Certes la science est une belle chose, et il ne faut pas dédaigner d’être savant autant qu’on peut le devenir ; mais, dans une œuvre dramatique où les beautés abondent, pourquoi relever si minutieusement ces légères incorrections harmoniques et ces hardiesses dont le grand BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… lui-même n’a pas su se garder dans quelques unes de ses plus belles symphonies et surtout dans ses derniers quatuors ? Puisse le ciel faire surgir encore, en dehors des Conservatoires de tous pays, des musiciens d’aussi peu d’orthographe et d’autant de génie que GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite… et Weber Weber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…!

M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a bien raison de nous dire qu’on ne pourrait supprimer une note de la partition du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… sans détruire l’harmonie de l’ensemble. En ajouter une seule doit lui sembler plus téméraire et plus impossible encore. Si, au lieu d’être sur la route de Vienne, il avait assisté samedi dernier à la représentation du Théâtre-Lyrique, il aurait eu cependant plus d’une preuve de cette témérité, et, comme tous les fervens admirateurs de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite…, il en eût gémi. L’originalité du talent de WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… s’affirme non seulement dans l’instrumentation, dans les formes mélodiques et dans les rythmes des accompagnemens, mais aussi dans les cadences finales. Le point d’orgue qu’il place sur une note n’a pas d’autre emploi que de la prolonger, et il ne lui est jamais arrivé, je crois, de rien laisser à la volonté et à la fantaisie du chanteur. Voilà pourquoi l’artiste chargé du rôle de Gaspard a gâté tout l’effet qu’il avait produit dans le grand air qui termine le premier acte, en y ajoutant un trait de sa façon, comme il l’eût pu faire pour une cadence italienne. Le si naturel lancé par Mme Carvalho dans la phrase agitato de l’air d’Agathe, et l’ornement traditionnel qu’elle a cru pouvoir se permettre dans l’adagio du même air m’ont expliqué, sans toutefois la faire excuser, la liberté prise par M. TroyTroy, Eugene LouisEugène-Louis Troy (Toulouse, 18 avril 1836 – Montpellier, 11 juin 1871), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1857. Il fut engagé à l’Opera-Comique où il débuta le 7 août 1857 dans le rôle de Malipieri dans HayLire la suite…. « Rien n’est plus contagieux que le mauvais exemple, surtout quand il vient de haut. »

La fameuse chanson à boire, dont le caractère diabolique est si admirablement exprimé par les notes aiguës des petites flûtes, n’est pas écrite en deux mouvemens ainsi qu’elle a été chantée. D’un bout à l’autre c’est un allegro vivace ma non troppo presto. L’effet eût été bien plus grand et bien meilleur si M. TroyTroy, Eugene LouisEugène-Louis Troy (Toulouse, 18 avril 1836 – Montpellier, 11 juin 1871), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1857. Il fut engagé à l’Opera-Comique où il débuta le 7 août 1857 dans le rôle de Malipieri dans HayLire la suite…, au lieu de suivre sa propre inspiration, eût suivi celle du compositeur. Pourquoi ces nuances de forteFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite… et de pianissimo ont-elles été introduites dans le chœur des Chasseurs diligens (traduction de M. Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite…) ? Je ne les vois point indiquées sur la partition allemande et se n’est certainement pas à MM. les choristes du Théâtre-Lyrique, écoliers dociles, que je dois en faire remonter la responsabilité.

Le petit théâtre non subventionné des Fantaisies-Parisiennes ayant su trouver dans son personnel féminin pour la pièce de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…, dont je parlerai tout à l’heure, trois bouquetières qui chantent très convenablement et très juste, je m’étonne que la direction du Théâtre-Lyrique n’ait pu nous offrir dans le même genre, trois coryphées d’un talent suffisant. Le solo du joli chœur des Brautjungfern (amies de la fiancée) a été sérieusement compromis par trois de ces demoiselles, qui ont dû cependant, aux répétitions, donner une idée de ce qu’elles pouvaient faire.

Maintenant j’arrive au point culminant de l’œuvre, à la scène de la fonte des balles, la plus admirable page symphonique qui ait été écrite pour le théâtre. Toute la fantasmagorie qui accompagne cette scène est chose indispensable sans doute, et WeberWeber, Max Maria vonMax Maria von Weber (Dresde, 25 avril 1822 – Berlin, 18 avril 1881), directeur, homme politique. Fils du compositeur Carl Maria von Weber, il naquit quelques mois après la création du Freischütz et dut son prénom, Max, au personnage de cet opéra. Il perdit son père à l’âge de quatre ans Lire la suite… a voulu que le murmure de l’eau se mêlat aux évolutions de l’orchestre ; mais il n’a jamais pensé qu’une nappe d’eau éclairée de trois reflets différens par la lumière électrique, et se déchaînant à la dernière mesure de sa sublime symphonie, pût donner un jour à quelque machiniste ingénieux plus de relief qu’au compositeur lui-même. Ceux qui étaient samedi dernier au théâtre de la place de Châtelet ne me contrediront pas : pendant plusieurs minutes l’archet du chef d’orchestre, prolongeant le point d’orgue final, donnait au machiniste le temps de démonter son truc ; la cascade changea trois fois de nuance ; je crus que toutes les couleurs du prisme allaient y passer. Quand ce fut fini, les applaudissemens éclatèrent et la toile baissa pour se relever aussitôt. On rappela la cascade, comme à l’acte précédent on avait rappelé les acteurs. Dans la salle, sous le lustre, les applaudissemens recommencèrent, et, bien que l’orchestre fit silence, l’effet ne fut pas moindre que la première fois. La cascade pouvait donc se passer de musique !…O Apollon !

La magnificence de ce décor a fait paraître bien modeste le petit intérieur bourgeois du troisième acte, et au tableau final, l’arrivée si peu attendue de l’ermite n’a pas été pour le public une de ces surprises qui réveillent son enthousiasme et font les dénoûmens applaudis. Il a écouté d’une oreille distraite la touchante prière que le saint homme adresse au seigneur Ottokar, et ceux qui se souvenaient de Robin des BoisRobin des BoisRobin des bois, opéra-comique en trois actes sur un livret de Castil-Blaze et Thomas Sauvage avec la musique de Carl Maria von Weber créé au Théâtre de l’Odéon le 7 décembre 1824.Lire la suite… trouvaient sans doute que le drame marchait avec plus de rapidité dans la version de M. Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite…, qui laisse l’ermite dans son ermitage. M. le directeur du Théâtre-Lyrique se gardera, sans aucun doute, de tenir compte de l’ennui ou de l’indifférence des spectateurs (je n’ose exprimer plus clairement ma pensée) ; je suis bien convaincu qu’il laissera telle que le compositeur l’a écrite sans en retrancher une seule note, cette admirable scène ; qui commence par un morceau d’ensemble d’un effet saisissant, et finit par ce chant sublime, cette hymne de reconnaissance et d’amour qu’on devrait ne jamais se lasser d’entendre et d’applaudir.

J’ai dit, en plus d’une occasion, toute ma sympathie pour le talent si fin, si correct, si gracieux de Mme. Carvalho. Elle a peu de rivales, et de chacune de ses créations (cela se dit modestement ainsi en style de théâtre) elle a su se faire un succès. Mais pourquoi, avant d’aborder ce rôle d’Agathe, qui a été un écueil pour de très grandes cantatrices, Mme Carvalho, trop confiante en ses propres forces, a-t elle écouté ses flatteurs au lieu de consulter ses amis ? Les plus âgés lui eussent parlé de Mme Fischer et de Mme Schrœder-Devrient qu’elle n’a pu connaître ; d’autres lui eussent vanté la puissance d’expression, le grand sentiment dramatique de Mme Stolz, et peut-être se fut-elle souvenue elle-même du magnifique organe, de la voix vibrante et veloutée de Mme Gueymard-LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite…. Si les qualités charmantes du talent de Mme Carvalho, si la douceur et la flexibilité de sa voix se prêtent on ne peut mieux à l’interprétation des morceaux de demi-caractère, ces qualités sont insuffisantes pour interpréter comme il convient le brillant allegro, l’émouvante péroraison du grand air d’Agathe, et c’est là précisément que Mme Carvalho a échoué.

Je dois de sincères éloges à l’orchestre et à son habile chef M. Adolphe Deloffre. L’ouverture a été enlevée avec une verve et un brio incomparable, et dans tout l’ouvrage aucun détail n’a été négligé.

Des critiques que j’ai cru devoir me permettre au sujet de la mise en scène trop-féerique et de l’exécution défectueuse du FreischutzFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, on peut tirer cette conclusion que le Théâtre-Lyrique, en jouant les chefs-d’œuvre de l’ancien répertoire, n’est pas toujours dans son élément et dans sa spécialité. C’est là d’ailleurs une spécialité qu’il s’est faite, qui lui a valu même de très grands succès, mais pour laquelle les jeunes compositeurs vous diront peut-être qu’il n’a pas été créé.

Le Théâtre-Italien a repris La SaffoSaffoSaffo, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de Salvatore Cammarano, mis en musique par Giovanni Pacini et créé au Théâtre San Carlo à Naples le 29 novembre1840.Lire la suite… du maestro PaciniPacini, EmilienEmilien Pacini (Paris, 17 novembre 1811 – Neuilly-sur-Seine, 23 novembre 1898), traducteur et librettiste. Il fut censeur dramatique au ministère de l’Intérieur et écrira quelques livrets tels ceux de Pierre de Médicis (Poniatowski, 1860) avec Henri de Saint-Georges et d’Erostrate (Reyer, 18Lire la suite…, l’un des compositeurs italiens les plus féconds et les moins originaux. Cet ouvrage, qui fut joué pour la première fois à Paris au mois de mars 1842, n’y obtint pas un accueil très favorable, malgré le talent des artistes qui étaient chargés de l’interpréter, et qui se nommaient Giulia GrisiGrisi, GiuliaGiulia Grisi (Milan, 28 juillet 1811 – Berlin, 29 novembre 1869), soprano. Sœur de Giuditta Grisi dont elle était l’élève avant de devenir celle de sa Tante, Giuseppina Grassini, elle continua ses études à Bologne puis à Milan. Elle débuta en 1828 à Bologne dans un rôle de mezzo-soprano Lire la suite…, Mme AlbertazziAlbertazzi, EmmaEmma Howson épouse Albertazzi (Londres, 1er mai 1814 – Londres, 25 septembre 1847), contralto. A 14 ans elle étudia le chant avec le chef d’orchestre Michael Costa et débuta à la scène dans le rôle de Pippo dans La Gazza Ladra (Rossini) à Londres en 1830 puis alla avec son père se perfectiLire la suite…, MarioMario, Giovanni Matteo Mario, Cavaliere di Candia, ditGiovanni Matteo Mario, Cavaliere di Candia, dit Mario (Cagliari, 17 octobre 1810 – Rome, 11 novembre 1883), ténor. Il débuta à l’Opéra de Paris en 1838 et au Théâtre-Italien en 1839. Là, de 1840 à 1850, il chanta aux côtés de sa compagne Giulia Grisi reprenant les rôles de Rubini et crLire la suite… et TamburiniTamburini, AntonioAntonio Tamburini (Faenza/ Italie, 28 mars 1800 – Nice, 8 novembre 1876), baryton. Il créa en Italie plusieurs ouvrages de Donizetti : l’Ajo nell’imbarazzo (1824), Gianni di Calais (1828), Francesca di Foix (1831), Fausta (1832) et de Bellini : Il Pirata (1827), La Straniera (1829). Après Lire la suite…. Le public aujourd’hui n’a guère fait que confirmer le jugement du public d’il y a vingt ans ; certains morceaux, bien qu’ils n’aient pas un très grand relief, ont été cependant applaudis : l’air chanté par Phaon, celui du grand-prêtre Alcandre et le final du second acte. Les réminiscences abondent dans la partition du maître italien, il serait trop long de les détailler. Quant au rôle de Sapho, il n’a pu être soutenu que par les qualités de grande tragédienne lyrique que possède Mme La Grua. Ces qualités se seraient révélées avec bien plus d’éclat dans La SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… de M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, si M. le directeur de la salle Ventadour avait eu la pensée de faire traduire pour son théâtre ce remarquable ouvrage, très injustement délaissé.

A Paris on abuse un peu des reprises et des rentrées… Il y a des ouvrages qui ne devraient jamais quitter le répertoire ; il y a des artistes qui, partis la veille, peuvent revenir le lendemain sans qu’il soit nécessaire d’en informer le public. Le théâtre de l’Opéra-Comique a donc repris Lalla-RoukhLalla-RoukhLalla-Roukh, opéra-comique en deux actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Michel Carré mis en musique par Félicien David, créé à l’Opéra-Comique le 12 mai 1862.Lire la suite… et Le Chien du jardinierChien du jardinier, LeLe Chien du jardinier, opéra-comique en un acte sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Eugène Cormon mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1855.Lire la suite…. SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite…, nous dit M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, écrivit en 1824, pour le théâtre de Berlin, un opéra-ballet dont le sujet avait été pris dans le poëme de Thomas MooreMoore, ThomasThomas Moore (Dublin, 28 mai 1779 – Sloperton/Angleterre, 25 février 1852), poète et écrivain. Il fit des études de droit à Trinity College à Dublin puis à Middle Temple à Londres en 1799. Il devint célèbre pour ses poèmes sur des mélodies irlandaises dont il publia, entre 1808 et 1834Lire la suite…. Plus tard il se servit d’une romance, d’un petit chœur, d’une marche et de deux airs de ballet de cet ouvrage dans son opéra intitulé Narmahal [Nurmahal] ou la fête de la Rose de Cachemire.Nurmahal ou La Fête de la rose de CachemireNurmaha ou La Fête de la rose de Cachemire (Nurmahal oder, Das Rosenfest von Caschmir), opéra en deux actes sur un livret en allemand de Carl Alexander Herklots, d’après Lalla Rookh de Thomas Moore, mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra Royal de Berlin le 27 mai 1822.Lire la suite… L’opéra-ballet de Lalla-RoukhLalla-RoukhLalla-Roukh, opéra-comique en deux actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Michel Carré mis en musique par Félicien David, créé à l’Opéra-Comique le 12 mai 1862.Lire la suite…, paroles et musique, fut composé en huit semaines. On peut supposer que M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… a mis plus [de] temps à écrire sa ravissante partition toute empreinte de cette poésie rêveuse et de cette couleur orientale qui ont fait la grande réputation de cet éminent musicien. Je regrette que le défaut d’espace m’empêche de signaler les fraîches mélodies et les ravissans détails d’instrumentation, qui ont été vivement applaudis dans l’œuvre originale que l’Opéra-Comique nous a rendue, et qui va renouveler, par une longue série de représentations, son succès des premiers jours. 

Le Chien du JardinierChien du jardinier, LeLe Chien du jardinier, opéra-comique en un acte sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Eugène Cormon mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1855.Lire la suite…, de M. Albert GrisarGrisar, AlbertAlbert Grisar (Anvers, 26 décembre 1808 – Asnières, 15 juin 1869), compositeur. Élève de Reicha à Paris et de Mercadante à Naples, il écrivit des opéras-comiques dans la tradition de Boieldieu qui eurent du succès dont Gilles ravisseur (1848), Les Porcherons (1850), Bonsoir M. Pantalon (185Lire la suite…, servira de lever de rideau à Lalla-RoukhLalla-RoukhLalla-Roukh, opéra-comique en deux actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Michel Carré mis en musique par Félicien David, créé à l’Opéra-Comique le 12 mai 1862.Lire la suite…, et l’affiche ainsi composée offrira au public délicat un spectacle de grande attraction. Il y a dans Le Chien du JardinierChien du jardinier, LeLe Chien du jardinier, opéra-comique en un acte sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Eugène Cormon mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1855.Lire la suite…, dans le poëme et dans la partition un esprit de bon aloi, une finesse de langage, une grâce mélodique dont nous nous sommes un peu éloignés depuis quelque temps ; il serait bon d’y revenir, et M. Martinet, le directeur de la petite salle des Fantaisies-Parisiennes, me parait y avoir songé en nous donnant Le Chanteur florentinChanteur Florentin, LeLe Chanteur florentin, scène lyrique sur un texte d’Alfred et Edouard Blau mis en musique par Jules Duprato et créée au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes le 29 novembre 1866.Lire la suite… de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…. Les auteurs du livret, MM. Alfred et Edouard Blau, ont semé de jolis vers cette scène lyrique qui qui (sic) n’est guère qu’un cadre destiné à produire le talent jeune et sympathique d’une débutante, Mlle Peyret, premier prix du Conservatoire de Toulouse. La nouvelle partition de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… est très réussie ; c’est l’œuvre d’un musicien expérimenté auquel l’inspiration arrive sans recherche et sans effort : un peu plus d’homogénéité dans le style, et je ne serais pas éloigné de dire que Le Chanteur florentinChanteur Florentin, LeLe Chanteur florentin, scène lyrique sur un texte d’Alfred et Edouard Blau mis en musique par Jules Duprato et créée au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes le 29 novembre 1866.Lire la suite… est un petit chef-d’œuvre. On a particulièrement applaudi le chœur d’introduction, le ravissant trio des bouquetières, la romance de Sylvia, accompagnée par deux flûtes et un violoncelle, le grand récit qui est le point capital de l’ouvrage, et la chanson sur le vin ou plutôt contre le vin :

C’est lui qui fait les hommes fous,

C’est lui qui donne les colères,

Les pensers mauvais ou jaloux :

Brisez vos verres !

Je suis très heureux que M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… ait trouvé au théâtre des Fantaisies-Parisiennes un accueil empressé tout à fait digne de sa bonne renommée et de son talent. C’est ainsi qu’il devrait être accueilli sur des scènes plus importantes.

L’Athénée de la rue Scribe est en pleine voie de succès : la foule s’y porte les jours de conférences et les jours de concerts, apportant le même empressement, la même curiosité à entendre la parole des grands orateurs et le talent des grands virtuoses. M. JoachimJoachim, JosephJoseph Joachim (Kitsee près de Presbourg/Bratislava, 28 juin 1831 – Berlin, 15 août 1907), violoniste, compositeur et pédagogue. Enfant prodige, il étudia à Pest et à Vienne et fit ses débuts à huit ans. Ayant développé toute sa technique dès l’âge de douze ans, il étudia ensuite àLire la suite… est l’artiste fêté des soirées musicales, dont la direction est confiée à M. Pasdeloup Pasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…; le style sobre et pur, l’archet magistral du célèbre violoniste lui ont bien vite conquis les suffrages des connaisseurs. On ne s’étonnera plus maintenant d’entendre dire que M. JoachimJoachim, JosephJoseph Joachim (Kitsee près de Presbourg/Bratislava, 28 juin 1831 – Berlin, 15 août 1907), violoniste, compositeur et pédagogue. Enfant prodige, il étudia à Pest et à Vienne et fit ses débuts à huit ans. Ayant développé toute sa technique dès l’âge de douze ans, il étudia ensuite àLire la suite… est le premier violon de l’Allemagne.

HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…, MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, SpohrSpohr, Louis [Ludwig]Louis [Ludwig] Spohr (Brunswick, 5 avril 1784 – Cassel, 22 octobre 1859), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia le violon avec Gottfried Kunisch et Charles Louis Maucourt, et l’harmonie avec Carl August Hartung. Le duc Carl Wilhelm Ferdinand de Brunswick, au service duquel ilLire la suite…, MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…, MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… et Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… figurent tour à tour sur le programme des concerts de l’Athénée : on ne saurait exiger une variété plus grande et des oppositions mieux calculées. J’aime à constater que le public se familiarise peu à peu avec la musique du célèbre réformateur allemand ; à l’Athénée comme aux Concerts Populaires, c’est tantôt le prélude de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite…, la marche et le chœur des fiançailles, tantôt l’ouverture et la marche de TannhauserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite… que l’on voit figurer sur l’affiche. La Société des concerts du Conservatoire elle-même n’a pas dédaigné d’entrouvrir ses portes au maître de chapelle et à l’ami de S. M.  le roi de Bavière, et elle nous promet cet hiver le final du premier acte de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… qui n’a jamais été exécuté à Paris. C’est quelque chose de grand et de superbe, qui étonnera fort les fidèles du temple de la rue Bergère. Depuis la chute retentissante du TannhauserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite… à l’Opéra, les directeurs de nos théâtres lyriques se sont abstenus, jusqu’ici du moins, de renouveler une expérience qui aurait pu, comme la première fois, ne pas tourner précisément à leur avantage. Les admirateurs de M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… doivent donc se montrer satisfaits des tentatives hardies de MM. Georges HainlHainl, Francois dit GeorgesFrançois dit George(s) Hainl (Issoire/Puy-de-Dôme, 16 novembre 1807 – Paris, 2 juin 1873), violoncelliste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire, où il obtint un 1er prix de violoncelle en 1830. Il se produisit alors dans les orchestres de Paris, de province, de BelgiquLire la suite… et PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…. Ces deux docteurs de l’orchestre réussiront peut-être à guérir ceux qui prétendent que M. WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… est un fou, et ils finiront bien par les habituer à la musique dite de l’avenir, en la leur donnant par petites doses, comme MithridateMithridateMithridate VI Eupator [Mithridate le Grand] (Sinope/Pont aujourd’hui Turquie, ca. 132 av. J.-C. – Sinope, 63 av. J.-C.), roi du Pont. Il était le fils de Mithridate V Evergète qui fut assassiné à l’instigation de sa femme, Laodice. Il s’empara du pouvoir en 111 av. J.C. en jetant sa mèrLire la suite… prenait le poison.