L’Athenæum français, 20 octobre 1855, p. 905-907 (article signé E. Reyer).

Théâtres. – Chronique musicale.

Théâtre de l’Opéra : Sainte-ClaireSainte-ClaireSainte-Claire, opéra en trois actes sur un livret en allemand de Charlotte Birch-Pfeiffer mis en musique par le duc Ernst II de Saxe-Cobourg et Gotha et créé sous la direction de Liszt au Théâtre de la Cour de Gotha le 2 avril 1854. L’œuvre traduite en français par Gustave Oppelt fut crééLire la suite…, drame lyrique en trois actes, imité de l’allemand de Mme Birch-PfeifferBirch-Pfeiffer, CharlotteCharlotte Birch-Pfeiffer (Stuttgart, 23 juin 1800 – Berlin, 25 août 1868), écrivain. Elle débuta comme actrice à 13 ans au Théâtre de la Porte de l’Isar à Munich dans une pièce de Lindpaintner : Mosis Errettung. Très vite, elle rencontra beaucoup de succès dans les rôles de Médée, Lire la suite…, par M. Gustave OppeltOppelt, Gustave LouisGustave-Louis Oppelt (Bruxelles, 15 avril 1817 – Bruxelles, 15 novembre 1888), écrivain. Après des études de gestion, il fut employé un temps dans une entreprise commerciale avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Il collabora à de nombreux journaux, dont La Tribune dramatique deLire la suite…, musique de M. le duc Ernest de Saxe-Cobourg-GothaSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite…. — Union chorale de Cologne. —Théâtre-Italien.


M. le duc Ernest de Saxe-CobourgSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite… est l’une des notabilités artistiques de l’Allemagne, et du jour où il a soumis ses œuvres à l’application de la critique, au jugement du public, il s’est montré plus fier de son titre d’artiste que de sa couronne de prince régnant. C’est là une ambition que d’autres souverains ont eue avant lui, et entre autres le roi Charles d’Espagned’Espagne, Charles IVCharles IV d’Espagne (Portici/ Italie, 11 novembre 1748 – Rome, 19 janvier 1819), roi d’Espagne de 1788 à 1808, date de son abdication en faveur de Napoléon Ier . Il était le fils de Charles III d’Espagne et de Marie-Amélie de Saxe. Lorsqu’il était encore prince des Asturies, l’héLire la suite…, faisant sa partie avec l’auteur même dans les quatuors de BoccheriniBoccherini, LuigiLuigi Boccherini (Lucques, 19 février 1743 – Madrid, 28 mai 1805), violoncelliste et compositeur. Il étudia le violoncelle et la composition avec Francesco Vannucci et dès l’âge de treize ans se produisit en public avec un concerto pour violoncelle. En 1858, il fit une tournée de concerts aveLire la suite…. Seulement chez M. le duc de Saxe-CobourgSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite… cette ambition est plus qu’une manie, plus qu’un sentiment inné, plus qu’une aspiration élevée mais stérile ; elle est justifiée par un talent réel acquis dans d’excellentes études. Chaque page de son œuvre révèle un musicien familier avec les secrets de la composition et ayant vécu dans l’intimité des grands maîtres, un musicien qui n’a pas compté d’avance dans sa partition les refrains qui auront l’heureuse chance de courir les rues ou les ruelles, un compositeur amoureux du style noble et des formules neuves, d’humeur un peu sombre, si l’on veut, mais souvent poétique et jamais trivial. Heureux le musicien qui peut ne pas se préoccuper, en écrivant son œuvre, de la somme de droits d’auteur qu’elle lui rapportera ! Et il n’est pas nécessaire d’être prince et millionnaire pour jouir de ce bonheur-là ; il suffit d’être artiste dans la véritable acception du mot, un artiste indépendant et libre, sans engagements, sans marchés, sans traités d’aucune espèce avec un directeur, travaillant à l’heure où l’inspiration arrive et non pas pour satisfaire à une échéance qui range une œuvre d’art dans la catégorie d’un billet à ordre ou d’une lettre de change. Aujourd’hui la mode en est plus que jamais venue de ces contrats sur papier timbré, où un auteur s’engage à livrer son œuvre tel jour, à telle heure, où des dédits sont stipulés de part et d’autre, où le musicien et le librettiste mettent en avant leur célébrité ou leurs palmes vertes pour demander une augmentation de droits, une série non interrompue de cinquante, de cent représentations, et défendent qu’aucun intrus, jeune et pauvre comme ils le furent autrefois, s’avise de vouloir toucher à une petite part de la recette.

Nous ne pouvons pas juger la valeur littéraire du poëme de Mme Birch-Pfeiffer Birch-Pfeiffer, CharlotteCharlotte Birch-Pfeiffer (Stuttgart, 23 juin 1800 – Berlin, 25 août 1868), écrivain. Elle débuta comme actrice à 13 ans au Théâtre de la Porte de l’Isar à Munich dans une pièce de Lindpaintner : Mosis Errettung. Très vite, elle rencontra beaucoup de succès dans les rôles de Médée, Lire la suite…; la traduction de M. Gustave OppeltOppelt, Gustave LouisGustave-Louis Oppelt (Bruxelles, 15 avril 1817 – Bruxelles, 15 novembre 1888), écrivain. Après des études de gestion, il fut employé un temps dans une entreprise commerciale avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Il collabora à de nombreux journaux, dont La Tribune dramatique deLire la suite…, écrivain belge assez estimé, ne nous a pas semblée inférieure à tout ce qui se confectionne journellement à Paris dans le même genre ; il lui a fallu d’abord vaincre une assez grande difficulté, celle de mettre des paroles sous de la musique déjà faite ; ses vers riment d’une manière très-suffisante, et maint librettiste en très-grande vogue n’eût pas fait mieux. Voilà pourquoi je ne comprends guère la sévérité avec laquelle la presse a accueilli l’œuvre de M. OppeltOppelt, Gustave LouisGustave-Louis Oppelt (Bruxelles, 15 avril 1817 – Bruxelles, 15 novembre 1888), écrivain. Après des études de gestion, il fut employé un temps dans une entreprise commerciale avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Il collabora à de nombreux journaux, dont La Tribune dramatique deLire la suite…, œuvre de marqueterie et de patience, qui exige, sinon un très-grand talent, du moins beaucoup d’habileté. Le sujet est tiré d’un épisode de l’histoire de Russie, la mort du czaréwitch Alexis et celle de sa femme, la princesse Charlotte de Wolfenbuttel ; seulement la fiction a été préférée à la réalité ; l’auteur a reculé devant l’horreur du drame historique, qui fait de Pierre le Grand le propre bourreau de son fils ; mais en revanche il n’a rien épargné à celui-ci de ce qui peut le rendre criminel et odieux. Les infidélités conjugales du czaréwitch le conduisent peu à peu à l’assassinat, et il complote avec son confident intime, le docteur Aurélius, l’empoisonnement de la princesse ; puis, dévoré de remords, il s’enfuit à Naples, où il tombe en pleine fête de vendanges. Des lazarroni et de jeunes filles dansent autour d’une belle jeune femme, qu’ils appellent la Sainte, et qu’ils prient comme une madone ; le czaréwitch croit à une apparition ; la sainte Claire des pêcheurs napolitains lui offre les traits de sa femme, la princesse Charlotte. Au même instant arrivent des sbires conduits par un officier russe, qui présente à Alexis un ukase de l’empereur. Cet ukase est une sentence de mort, et le czaréwitch, tirant son poignard, l’exécute lui-même. La tradition raconte que le docteur Aurélius avait substitué au poison un simple narcotique, et que la princesse, enlevée de son cercueil pendant la cérémonie funèbre, s’était réfugiée dans les environs de Naples, où sa beauté et ses œuvres pies la firent adorer sous le nom de sainte Claire par de superstitieux villageois. Le duc de Saint-Alban, témoin de la mort du czaréwitch, offre sa main à la princesse, qu’il a suivie à Naples, et dont il est éperdûment amoureux depuis le soir où elle lui chanta, dans les montagnes du Harz, une mélancolique ballade par un beau clair de lune allemand.

Ce poëme offre des situations très-dramatiques, mais d’une teinte un peu trop lugubre ; l’appareil de la mort y déploie toutes ses pompes : lampes funéraires, draps noirs à larmes d’argent, requiem, cercueil et catafalque. Pendant tout le troisième acte, le spectateur est désagréablement impressionné par la vue de cet enterrement russe de première classe. Il est vrai que le dernier tableau offre un contraste saisissant avec celui qui précède : la décoration d’une fraîcheur et d’une vérité remarquables, nous montre un des sites les plus riants du golfe de Naples, ses gondoles pavoisées, ses pittoresques costumes, ses joyeuses tarentelles et son ciel bleu. Le coup d’œil est féerique, la mise en scène éblouissante.

M. le duc de Saxe-CobourgSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite… semble avoir emprunté à GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… l’ampleur de ses récitatifs, à WeberWeber, FranzFranz Weber (Cologne, 26 août 1805 – Cologne, 18 septembre 1876), compositeur, chanteur, organiste, chef d’orchestre, fondateur et directeur de l’Union Chorale de Cologne. Il fit ses études avec Bernhard Klein, fut organiste à Berlin puis revint à Cologne où il fut nommé organiste de la caLire la suite… ses harmonies fantastiques, et à M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, le nouveau prophète de la jeune école allemande, quelques-uns de ses procédés, quelques-unes de ses nouvelles formules. On voit que M. le duc de Saxe-CobourgSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite… est coloriste, mais coloriste à sa manière, avec un style à lui, bien qu’il procède par instants de tels ou tels maîtres. Sa mélodie est peut-être un peu difficile à saisir pour des oreilles habituées comme les nôtres à d’autres refrains, à d’autres chansons, mais elle n’en a pas moins son charme et un sentiment tantôt grandiose et simple à la fois, tantôt mystérieux et voilé comme un lied de SchubertSchubert, Franz PeterFranz Peter Schubert (Vienne, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1728), compositeur. Il étudia d’abord avec le chef de chœur de l’église de Lichtental, Michael Holzer, qui lui permit de passer l’examen d’entrée et de devenir boursier en 1808 à la chapelle de la Cour comme petit chaLire la suite… ou de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…. En somme, ce qui nous a plu ; ce que nous avons vraiment apprécié, ce sont les tendances élevées du compositeur, le coloris répandu sur l’ensemble de l’œuvre, son habileté à grouper les voix, à manier l’orchestre, et son éloignement pour le rhythme trivial et vulgaire. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que nos éloges ne sont pas des éloges de commande et qu’ils ne s’adressent pas au prince, mais seulement à l’artiste, au musicien distingué qui, dédaignant les applaudissements d’un parterre de courtisans, est venu dans un pays étranger soumettre son œuvre à la férule de la critique et au jugement du public. Nous aurions désiré cependant que M. le duc de Saxe-CobourgSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite… eût le courage de son succès, et qu’en dépit de l’étiquette il eût laissé mettre son nom en toutes lettres sur l’affiche, la publicité des journaux rendant d’ailleurs l’anonyme complètement illusoire, et chacun pouvant pénétrer le secret des initiales E. D. S. C.

L’ouverture, page symphonique bien conduite et instrumentée avec art, rappelle le chant de l’office des morts au troisième acte ; un chœur de femmes, dont le motif est très-gracieux, se chante au lever du rideau ; vient ensuite un duo pour ténor et basse, au milieu duquel passe comme un souvenir d’amour le refrain de la ballade du Harz, un second duo entre la princesse Charlotte et sa suivante, puis le final, avec l’orgie, les danses, les chansons bachiques, le tumulte des masses chorales, l’empoisonnement et la mort supposée de la princesse. Tout cela est éminemment dramatique et traité avec un rare sentiment des effets et de la scène.

Au second acte, les popes agenouillés psalmodient leurs prières ; la mélopée grégorienne passe alternativement de l’orchestre sur le théâtre, où les voix entonnent le Tuba mirum spargens sonum ; le comte de Saint-Alban confie à Aurélius dans un chant mélancoliquement tendre, son amour pour la princesse ; un quatuor d’un style sévère, bien en rapport avec la situation, commence à l’arrivée d’Alexis ; puis, à un signe de la morte, le czaréwitch, éperdu de terreur, coupable à la fois d’homicide et de sacrilège, s’enfuit poursuivi par les malédictions du chœur.

Le troisième acte est plein d’animation et de gaieté ; un pas délicieux, dansé par la RosatiRosati, CarolinaCarolina Rosati, née Galetti (Bologna, 13 décembre 1826 – Vallauris/Alpes maritimes, 18 mai 1905), danseuse. Elle étudia avec Carlo Blasis et débuta sur scène à l’age de sept ans. Elle se produisit dans plusieurs villes d’Italie (Rome, Trieste, Parme) avant d’affirmer sa renommée à lLire la suite…, a été fort applaudi ; le grand air de la princesse : Oh ! combien la nature est belle ! est empreint d’une grâce toute rêveuse, d’une exquise poésie. Nous louerons aussi la ballade de Berthe, qui est d’une naïveté charmante, et le magnifique duo entre Saint-Alban et la princesse.

RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… et Mme LafonLafon, MarieMarie Lafon (Bordeaux, ? 1832 – Bordeaux, août 1904), soprano. On sait peu de choses sur sa formation en province. Entre 1852 et 1855, elle fut engagée au Grand Théâtre de Marseille, où elle débuta avec grand succès dans le rôle-titre de La Norma (Bellini), avant de chanter les rôles priLire la suite… ont rempli les principaux rôles de cet ouvrage, qui a obtenu un très-vrai et très-légitime succès. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… a dit : « Je le signerais des deux mains. » Bien des compositeurs auraient pu en dire autant sans craindre de trop se compromettre.

L’Union chorale de Cologne, placée sous la baguette intelligente de M. Franz WeberWeber, FranzFranz Weber (Cologne, 26 août 1805 – Cologne, 18 septembre 1876), compositeur, chanteur, organiste, chef d’orchestre, fondateur et directeur de l’Union Chorale de Cologne. Il fit ses études avec Bernhard Klein, fut organiste à Berlin puis revint à Cologne où il fut nommé organiste de la caLire la suite…, a terminé dimanche la série de ses concerts. A chaque séance, donnée au Conservatoire ou dans la salle Herz, nous avons remarqué beaucoup d’Allemands et quelques artistes. Quant à ceux que l’on désigne, on ne sait pourquoi, sous l’appellation flatteuse d’amateurs de musique, ils formaient la très-petite minorité de la salle. A Paris, on n’a aucun goût pour la musique chorale ; on ne se fait même pas une idée des effets obtenus par des masses nombreuses et bien disciplinées comme il en existe à Londres, dans les principales villes d’Allemagne, en Belgique et à Rome. Cette absence de goût et cette ignorance s’expliquent facilement : nos mélomanes, au lieu de se grouper, chantent isolément. — Et que chantent-ils ? le pont-neuf en vogue, le refrain du moment. Dans le Midi, des bandes d’ouvriers parcourent les rues en chantant, et jamais à l’unisson ; cette harmonie improvisée a quelquefois du charme dans sa simplicité, puis un jour ces ouvriers s’abritent quelque part, se nomme un chef, et les voilà organisés en société. Les Toulousains, les Provençaux ont, en général, de fort belles voix et ils sont naturellement musiciens ; plusieurs de ces sociétés chorales pourraient même lutter avantageusement avec celles du Nord : les chœurs Trottebas ont eu pendant longtemps une très-grande réputation à Marseille. Les ouvriers parisiens, pas plus l’été que l’hiver, ne songent à se réunir pour chanter. — Cela n’est instinctif chez eux que dans les moments de fièvre politique. M. ChevéChevé, Émile-Joseph-MauriceÉmile-Joseph-Maurice Chevé (Douarnenez/ Finistère, 31 mai 1804 – Paris, 26 août 1864), médecin et théoricien. Il entra dans la marine à seize ans et obtint ses diplômes de chirurgien et docteur en médecine. Installa à Paris en 1835, il prit des cours de musique avec Aimé Paris, dont il Lire la suite… a fondé une Union chorale, mais il a appliqué à l’éducation de ses élèves un système de son invention ; ce système est tout à fait opposé à celui qui est adopté par le Conservatoire, et ce pauvre M. ChevéChevé, Émile-Joseph-MauriceÉmile-Joseph-Maurice Chevé (Douarnenez/ Finistère, 31 mai 1804 – Paris, 26 août 1864), médecin et théoricien. Il entra dans la marine à seize ans et obtint ses diplômes de chirurgien et docteur en médecine. Installa à Paris en 1835, il prit des cours de musique avec Aimé Paris, dont il Lire la suite…, convaincu d’être un novateur, un homme de progrès, n’ose plus faire parler de lui et se tient à l’écart. Si l’on va dans l’un de nos trois théâtres lyriques, on voit éparpillé sur la scène une poignée de choristes qui chantent les bras croisés ou les bras en 1’air, la seule pantomime que je leur aie jamais vu faire, et qui, le plus souvent, chantent faux, sans goût, sans style, sans nuances, sans verve, sans intelligence aucune et en gens pressés d’en finir avec un travail qui, pour eux, est une véritable corvée. On s’imaginerait difficilement ce que c’est qu’une répétition de chœurs à l’Opéra comme ailleurs, et on ne suppose pas jusqu’où peut aller l’indiscipline des chœurs DietchDietsch, Pierre-Louis-PhilippePierre-Louis-Philippe Dietsch (Dijon, 17 mars 1808 – Paris, 20 février 1865), compositeur et chef d’orchestre. Il étudia d’abord à l’école de musique d’Alexandre Choron puis au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de contrebasse en 1830. De 1830 à 1839, il fut maitre de chapLire la suite… [Dietsch]Dietsch, Pierre-Louis-PhilippePierre-Louis-Philippe Dietsch (Dijon, 17 mars 1808 – Paris, 20 février 1865), compositeur et chef d’orchestre. Il étudia d’abord à l’école de musique d’Alexandre Choron puis au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de contrebasse en 1830. De 1830 à 1839, il fut maitre de chapLire la suite…, CornetteCornette, VictorVictor Cornette (Amiens, 27 septembre 1795 – Paris, 19 février 1868), chef de chœur. Il étudia au Conservatoire de Paris puis entra comme musicien au 12e régiment de grenadiers-tirailleurs de la garde impériale en 1813 et fit campagne en Belgique et en Hollande. Il fut chef de musique d’un Lire la suite…, BousquetBousquet, Ange-Georges-JacquesAnge-Georges-Jacques Bousquet (Perpignan, 12 mars 1818 – Saint-Cloud, 15 juin 1854), compositeur. Il commença ses études à Perpignan puis entra au Conservatoire de Paris en 1835 et remporta le Grand Prix de Rome en 1838 ex-æquo avec Charles Gounod. A Rome il se lia d’amitié avec Gounod et FanLire la suite…, PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, WekerlinWeckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite… et autres ; nous les désignons par les noms de leurs très-estimables chefs : d’abord, en dépit des amendes, l’inexactitude est et sera toujours l’impolitesse des choristes ; puis ce sont des niches d’écolier à écolier, d’écolier à professeur, des plaisanteries sur les paroles, sur la musique, sur le poëte, sur le compositeur. Un de mes confrères trouva un jour sur une partie de basse ou de ténor une misérable caricature coiffée d’un bonnet d’âne, au-dessus de laquelle on avait écrit : « un tel composant son œuvre. » Il eut le bon esprit de se trouver très-ressemblant, et de demander au bas du dessin la signature de l’artiste. Personne ne dit mot et la répétition marcha à merveille. Les chœurs de la société des concerts du Conservatoire sont bien inférieurs à l’orchestre ; ceux de l’Opéra ont été dignes de notre première scène lyrique une fois dans les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, une fois dans MoïseMoïse et PharaonMoïse et Pharaon, opéra en 4 actes sur un livret de Luigi Balocchi et Etienne de Jouy mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 26 mars 1827. Lire la suite…. Les soixante-dix membres de l’Union chorale de Cologne sont tous excellents musiciens ; à Paris, sur vingt choristes on trouvera à peine un lecteur. Je ne parle que des chœurs d’hommes ; c’est par pure galanterie que je m’abstiens de parler des chœurs de femmes. L’Union de Cologne, outre le mérite d’une exécution excessivement remarquable, a un répertoire des mieux choisis et des plus variés. Chaque morceau est l’œuvre d’un maître illustre, d’un compositeur distingué, et on lit sur le programme les noms de WeberWeber, FranzFranz Weber (Cologne, 26 août 1805 – Cologne, 18 septembre 1876), compositeur, chanteur, organiste, chef d’orchestre, fondateur et directeur de l’Union Chorale de Cologne. Il fit ses études avec Bernhard Klein, fut organiste à Berlin puis revint à Cologne où il fut nommé organiste de la caLire la suite…, de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…, de Kreutzer, de SilcherSilcher, FriedrichPhilipp Friederich Silcher (Schnait/ Wurtemberg, 27 juin 1789 – Tübingen, 26 août 1860), compositeur. Il étudia la pédagogie et la musique et enseigna de 1809 à 1815 dans un collège de jeunes filles à Ludwigsburg. En 1815, il s’installa à Stuttgart où il étudia la composition avec ConrLire la suite…, de MarschnerMarschner, Heinrich AugustHeinrich-August Marschner (Zittau, 16 août 1795 – Hanover, 14 décembre 1861), compositeur. Il fit des études musicales concurremment à ses études scolaires dans sa ville natale, puis commença des études de droit à Leipzig en 1813. Attiré par l’opéra, il s’installa en 1815 à PresbourLire la suite…, de KuckenKucken, Friedrich WilhelmFriedrich Wilhelm Kücken (Bleckede/ Hanovre, 16 novembre 1810 – Schwerin, 3 avril 1882), compositeur et chef d’orchestre. Enfant, il étudia le piano puis s’installa à Schwerin où il étudia la basse continue, le violon, le piano et la flûte. Il devint membre de l’orchestre du Théâtre Lire la suite… et de quelques autres dont la réputation est faite en Allemagne. Nous avons entendu le Schlummerlied SchlummerliedSchlummerlied (Berceuse), chœur pour quatre voix d’hommes, n° 4, op. 68, sur un poème de Ignaz Franz Castelli mis en musique par Carl Maria von Weber.Lire la suite…(chant du sommeil) et le FruhlingsliedFrühlingsliedFrühlingslied (Chant du printemps) Op. 57 no. 2 pour chœur d’hommes à quatre voix sans accompagnement sur un poème de Friedrich Kind mis en musique par Carl Maria von Weber.Lire la suite… (chant du printemps), de WeberWeber, FranzFranz Weber (Cologne, 26 août 1805 – Cologne, 18 septembre 1876), compositeur, chanteur, organiste, chef d’orchestre, fondateur et directeur de l’Union Chorale de Cologne. Il fit ses études avec Bernhard Klein, fut organiste à Berlin puis revint à Cologne où il fut nommé organiste de la caLire la suite…, deux petits chefs-d’œuvre de grâce et de poésie. La chanson turque de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite… est pleine de couleur et d’originalité ; la double sérénade de SilcherSilcher, FriedrichPhilipp Friederich Silcher (Schnait/ Wurtemberg, 27 juin 1789 – Tübingen, 26 août 1860), compositeur. Il étudia la pédagogie et la musique et enseigna de 1809 à 1815 dans un collège de jeunes filles à Ludwigsburg. En 1815, il s’installa à Stuttgart où il étudia la composition avec ConrLire la suite… a été redemandée avec acclamation. Le but de cette société, dit l’affiche, est de consacrer le produit de ses concerts à l’achèvement du dôme de Cologne. — Si L’Union chorale de Cologne n’obtient pas ailleurs, sous le rapport pécuniaire bien entendu, de meilleurs résultats que ceux qu’elle a obtenus à Paris, nous craignons bien que le dôme de la cathédrale ne reste longtemps au même point. Des chanteurs allemands à Paris ! ce sont des pèlerins allant en terre sainte et qui s’égarent dans le désert.

Nous parlerons dans notre prochain article de la réouverture du Théâtre-Italien à laquelle nous n’avons pu encore assister. M. SalviSalvi, LorenzoLorenzo Salvi (Ancône/Italie, 4 mai 1810 – Bologne, 16 janvier 1879), ténor. Il étudia à Naples et y débuta lors de la création de Il deluvio universale (Donizetti, 1830). Il se produisit ensuite a Zadar et à Rome où il chanta le rôle-titre de Otello (Rossini) aux côtés de la Malibran eLire la suite…, premier ténor, fondé de pouvoirs de l’administration du théâtre, à la suite de quelques difficultés avec la presse, a donné sa démission de ténor et d’administrateur. Ce fait, que nous enregistrons sans commentaires, n’a pas causé une très-grande émotion dans le monde artistique. Il n’en a pas été de même de la retraite de M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… comme directeur du Théâtre-Lyrique, où il est remplacé par M. PellegrinPellegrin, PierrePierre Pellegrin, (Carcassonne, 30 avril 1794 – Toulon, 25 juin 1877), directeur. Il fut directeur du Grand-Théâtre de Toulon de 1833-36, de 1838-44, et de 1846-47. Après avoir dirigé le Théâtre du Gymnase à Marseille, il fut nommé directeur du Grand-Théâtre de Marseille du 21 Novembre 184Lire la suite…, ex-directeur du théâtre de Marseille, dont la nomination est aujourd’hui officielle. M. PellegrinPellegrin, PierrePierre Pellegrin, (Carcassonne, 30 avril 1794 – Toulon, 25 juin 1877), directeur. Il fut directeur du Grand-Théâtre de Toulon de 1833-36, de 1838-44, et de 1846-47. Après avoir dirigé le Théâtre du Gymnase à Marseille, il fut nommé directeur du Grand-Théâtre de Marseille du 21 Novembre 184Lire la suite… voit arriver sans effroi le terme de l’engagement de Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite…, qui ainsi que nous l’avions annoncé, passe au théâtre de l’Opéra-Comique, où elle se trouvera placée entre Mlle DuprezDuprez, Caroline-FirenziCaroline-Firenzi Duprez (Florence 10 avril 1832 – Pau, 17 avril 1875), soprano. Fille et élève du ténor, Gilbert Duprez, elle chanta à Reims puis au Théâtre-Italien en 1850, Londres en 1851, et Bruxelles en 1851/52 où elle créa le rôle de Joanita dans L’Abîme de la Maladetta composé pLire la suite…, et Mme UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite…. Mme LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… reste et créera le principal rôle dans l’opéra de M. GevaërtGevaërt, François-AugusteFrançois-Auguste Gevaërt (Huysse près d’Oudenaarde/ Belgique, 31 juillet 1828 – Bruxelles, 24 décembre 1908), compositeur et musicologue. Il étudia d’abord avec l’organiste J.-B. Christiaens. Très doué il entra à l’âge de 13 ans au conservatoire de Gand où il étudia le piano aveLire la suite… [Gevaert], les Lavandières de SantaremLavandières de Santarem, LesLes Lavandières de Santarem, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Eugène Grangé mis en musique par François Gevaert et créé au Théâtre-Lyrique le 25 octobre 1855.Lire la suite…. Cet ouvrage est annoncé pour les premiers jours de la semaine prochaine. On parle de la reprise de Ne touchez pas à la ReineNe Touchez pas a la ReineNe touchez pas à la Reine, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Gustave Vaëz, mis en musique par Xavier Boisselot, créé à l’Opéra-comique le 16 janvier 1847.Lire la suite…, de mon ami et compatriote Xavier BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite…, et de la mise à l’étude du nouvel ouvrage en quatre actes qu’il vient d’écrire sur un poëme de MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite….