La Gazette du Nord, 18 février 1860, p. 5-6 (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

On prétend que la nouvelle pièce de l’Opéra-Comique n’est pas une pièce nouvelle, et qu’avant d’être le Roman d’ElvireRoman d’Elvire, LeLe Roman d’Elvire, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Alexandre Dumas, père et Adolphe de Leuven mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1860.Lire la suite…, elle avait été la VieilleVieille, LaLa Vieille, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène Scribe et Germain Delavigne mis en musique par François-Joseph Fétis et créé à l’Opéra-Comique le 14 mars 1826.Lire la suite…, la Fiole de CagliostroFiole de Cagliostro, LaLa Fiole de Cagliostro, vaudeville en un acte par Anicet Bourgeois, Philippe Dumanoir, pseudonyme de Philippe-François Pinel,  et Edouard-Louis-Alexandre Brisbarre créé au Théâtre du Palais-Royal le 23 décembre 1835.Lire la suite… et un Conte de FéesConte de fées, UnUn Conte de fées, comédie en trois actes d’Alexandre Dumas père, d’Adolphe de Leuven et de Léon Lhérie, créée au Théâtre des Variétés le 29 avril 1845.Lire la suite….

MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, dans un de ses joyeux accès de verve paradoxale, me disait un jour : « Je vais vous raconter un libretto qui, dans vingt-cinq ans d’ici, sera fait par le petit-fils de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… et mis en musique par le petit-fils de M. HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite…. » Et non-seulement MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… racontait ce libretto de l’avenir avec la facilité d’improvisation qui lui est particulière, mêlant à cette parodie les saillies les plus originales de son esprit, mais encore il chantait des fragments de la partition du jeune musicien, qui est encore à naître, ne négligeant ni les effets de voix ni les effets d’orchestre. Si je n’eusse craint pour lui les fatigues d’une exécution aussi laborieuse, MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… m’eût chanté la partition tout entière. Avec cette idée, touchant d’assez près au paradoxe, que toutes les pièces de théâtre se ressemblent et se ressembleront, les rapprochements et les réminiscences ne sont pas difficiles à établir. Aussi, sans examiner le plus ou moins de justesse du reproche que l’on adresse généralement au roman d’ElvireRoman d’Elvire, LeLe Roman d’Elvire, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Alexandre Dumas, père et Adolphe de Leuven mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1860.Lire la suite… et que mes souvenirs ne me permettent guère d’apprécier, je me bornerai à constater ceci : c’est qu’une pièce qui en est à la quatrième métamorphose, et qui continue à charmer le public par l’imprévu de ses situations et l’esprit de son dialogue, doit renfermer de précieux éléments de vitalité et de jeunesse. MM. Alexandre DumasDumas fils, AlexandreAlexandre Dumas fils (Paris, 22 juillet 1824 – Mary-le-Roi, 27 novembre 1895), écrivain, auteur dramatique. Né des amours d’Alexandre Dumas avec sa voisine de palier Catherine Laure Labay, il ne fut reconnu par son père qu’en 1831. Placé en pension en 1833, il y rencontra Edmond de GoncourLire la suite… et de LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite… se seraient-ils servis, pour rajeunir une vieille histoire, de quelques gouttes de ce philtre qu’ils font boire à la marquise de Villabianca, dans le roman d’ElvireRoman d’Elvire, LeLe Roman d’Elvire, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Alexandre Dumas, père et Adolphe de Leuven mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1860.Lire la suite… ? Il n’y aurait pas à les blâmer, ce me semble, d’avoir mêlé ainsi, et tout exceptionnellement, un peu d’alchimie à leur littérature. Espérons même que si la magique liqueur contenue dans la fiole de Cagliostro ou dans le flacon de Lilla est maintenant épuisée, la recette n’en est pas perdue. Il y a encore au théâtre une foule de pièces qui peuvent être rajeunies avec succès.

La marquise de Villa-Bianca, qui n’avait pas plus de dix-huit ans hier, en a soixante aujourd’hui. Est-ce le chagrin d’avoir été dédaignée par le chevalier Gennaro qui a blanchi en quelques heures la chevelure de la belle Vénitienne ? La marquise a des rides, sa voix chevrette et son chef branle légèrement ; mais elle est fort riche. Elle arrive à Palerme au moment où Gennaro, qui s’est fait l’associé de la gitana Lilla, vient de perdre son dernier sequin. Ce que la jeune fille n’avait pu obtenir avec les éclairs de ses beaux yeux, la vieille marquise l’obtient très promptement avec le miroitement de sa cassette, et Gennaro avoue qu’il n’a jamais trouvé au fond du creuset de Lilla des diamants d’une aussi belle eau que ceux qui pendent au cou de la douairière. Lui qui jusqu’ici a prudemment arrêté ses amours au seuil de l’état civil, le voilà pris, cette fois, dans les liens du mariage et rivé par une chaîne d’or aux genoux de sa respectable moitié. La clé des champs pend à la ceinture de la marquise : la marquise est jalouse et plus exigeante encore, ce qui fait que Gennaro aime autant rester prisonnier. Mais Lilla veille sur son ancien compagnon ; elle a pitié de sa tristesse et lui promet de faire avaler à la marquise un breuvage qui l’endormira pour longtemps, sinon pour toujours. Seulement Lilla se trompe de fiole, et la marquise, au lieu de s’endormir, redevient jeune et belle comme elle l’était à Venise, quand Gennaro passait auprès d’elle sans voir la flamme de ses regards. Et maintenant le chevalier est ravi d’être lié à toutes ces perfections, à tous ces charmes. Sur l’heure, il veut exprimer son ravissement ; mais la marquise lui trouve des façons fort libertines et ordonne que l’on jette dehors cet étranger malappris. « Mais, je suis votre mari ! — Vous, mon mari ! et depuis quand, je vous prie ? » La querelle s’échauffe et fait du bruit par la ville ; chacun dit son mot au sujet de la disparition de Mme de Villa-Bianca : il est évident que son mari l’a tuée pour la dépouiller et se faire en même temps riche et veuf. C’est aussi l’avis du seigneur Malatesta, le grand justicier, lequel avait vu avec un certain dépit le mariage de la marquise, et n’est pas fâché d’avoir une si bonne occasion de se venger d’un rival. Et Malatesta, d’une voix tonnante, demande à Gennaro : « Malheureux, qu’avez-vous fait de la marquise ? » Le palais est entouré, et on donne vingt-quatre heures au chevalier pour retrouver sa femme. Il pleure, il gémit, il supplie si fort et si bien que la jeune femme se laisse attendrir : un philtre l’a rajeunie, un autre philtre va lui rendre ses soixante ans. Elle met cependant une condition à son dévouement : c’est que Gennaro boira à la même coupe qu’elle. Le pauvre chevalier en fait le serment ; et, pour lui donner du cœur, la marquise boit la première. Tout à coup le palais s’illumine comme les palais des contes de fées, les musiciens apprêtent leurs instruments, les rides de la marquise s’effacent pour la seconde fois, et Gennaro très enchanté de n’avoir pas à vider la fatale coupe, regarde avec amour sa jeune femme et trouve sans doute que l’alchimie est une belle chose, et le mariage aussi.

Voila une analyse qui ne justifierait guère le titre de la pièce, si je ne m’empressais d’ajouter que le Roman d’ElvireRoman d’Elvire, LeLe Roman d’Elvire, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Alexandre Dumas, père et Adolphe de Leuven mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1860.Lire la suite… est une légende de chevalerie que la vieille marquise raconte à Gennaro au commencement du premier acte et qu’elle va mettre en action pour la plus grande joie et le plus grand bonheur du jeune libertin par qui elle veut se faire épouser.

M. Ambroise Thomas a traité très heureusement les jolies situations musicales que lui offrait ce libretto et il vient d’enrichir d’une excellente partition le répertoire déjà si varié de l’Opéra-Comique. On s’y attendait. M. Ambroise Thomas est un maître qui a pu dans telle circonstance réussir un peu moins que dans telle autre, mais qui n’a jamais compromis sa bonne renommée. Dans toutes les œuvres de ce compositeur, il y a une perfection de détails, un soin, une recherche qui attestent son amour et son respect pour l’art ; on voit qu’il n’écrit pas au courant de la plume et que la fécondité n’est pas sa plus grande ambition : les ouvrages de M. Ambroise Thomas sont de ceux que l’on peut lire avec intérêt et même avec profit, après qu’on les a entendus avec plaisir.

Les morceaux les plus saillants du Roman d’ElvireRoman d’Elvire, LeLe Roman d’Elvire, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Alexandre Dumas, père et Adolphe de Leuven mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1860.Lire la suite… sont les couplets bouffes du premier acte : C’est un Grec, le duo entre Gennaro et la marquise et la ballade intercalée dans ce duo ; au second acte, on a remarqué un grand air de ténor parfaitement réussi et un trio développé avec beaucoup de science et d’intelligence scéniques. Le troisième acte renferme un boléro, avec accompagnement obligé de castagnettes, de jolis couplets de baryton et une romance de ténor très dramatique. Tout cela est instrumenté d’une façon charmante et avec une sobriété, une élégance qui, à l’Opéra-Comique surtout, méritent d’être signalées. Le succès a été complet : Mlle MonroseMonrose, Marie-FlorentineMarie-Florentine Chollet dite Monrose (Paris, 16 novembre 1816 – Bruxelles, ? 1893), soprano. Elle était la fille du célèbre ténor Jean-Baptiste Chollet. Elle étudia avec Gilbert Duprez et Toussaint Mocker et débuta à l’Opéra-Comique le 22 septembre 1859 dans Elisabeth du Songe d’une Lire la suite… et M. MontaubryMontaubry, Achille-FélixAchille-Félix Montaubry (Niort, 12 novembre 1826 – Angers, 2 octobre 1898), ténor. Au Conservatoire de Paris, il étudia le violoncelle et le chant, et obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1846. Violoncelle à l’orchestre du Théâtre du Vaudeville, il fit un début qui passa inaperLire la suite… y ont contribué, et le reste de la troupe n’y a pas nui, bien certainement.

— La représentation de Don GiovanniDon Giovanni (Don Juan)Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni, K.V. 527, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Théâtre des Etats de Prague le 29 octobre 1787. Mozart fit des modifications pour la création de l’œuvre au Burgtheater deLire la suite…, qui a eu lieu cette semaine au Théâtre-Italien, a été très satisfaisante. On a chanté la partition telle que MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… l’a écrite, à très peu de chose près, et c’est déjà un grand point. On se souvient peut-être qu’il n’en fut point ainsi l’année dernière, le rôle de don Juan ayant été transposé pour la voix de M. MarioMario, Giovanni Matteo Mario, Cavaliere di Candia, ditGiovanni Matteo Mario, Cavaliere di Candia, dit Mario (Cagliari, 17 octobre 1810 – Rome, 11 novembre 1883), ténor. Il débuta à l’Opéra de Paris en 1838 et au Théâtre-Italien en 1839. Là, de 1840 à 1850, il chanta aux côtés de sa compagne Giulia Grisi reprenant les rôles de Rubini et crLire la suite…. Cette année, c’est à M. BadialiBadiali, CesareCesare Badiali (Imola, ca. 1810 – Imola, 17 novembre 1865), basse chantante. Il débuta dans Jephté (Generali) à Trieste en 1827. Sa puissante et belle voix le fit acclamer dans tous les théâtres d’Italie, d’Europe et des États-Unis. De 1832 à 1838, il se produisit en Espagne et au PortugaLire la suite… qu’est échu ce rôle périlleux et qui demande tant de qualités difficiles à rencontrer chez le même artiste. M. BadialiBadiali, CesareCesare Badiali (Imola, ca. 1810 – Imola, 17 novembre 1865), basse chantante. Il débuta dans Jephté (Generali) à Trieste en 1827. Sa puissante et belle voix le fit acclamer dans tous les théâtres d’Italie, d’Europe et des États-Unis. De 1832 à 1838, il se produisit en Espagne et au PortugaLire la suite… l’a chanté et l’a joué avec beaucoup de verve, de talent et de distinction ; à peine s’est-on aperçu que sa voix n’a plus la fraîcheur de la jeunesse et qu’il a déjà passé l’âge des amoureux.

Mme PencoPenco, RosinaRosina Penco (Naples, 8 avril 1823 – Porretta près Bologne, 2 novembre 1894), soprano. Elle débuta sa carrière dans les théâtres dans les pays scandinaves en 1847/48 (Copenhague et Stockholm) avec beaucoup de succès dans œuvres de Donizetti et Verdi. En 1850, elle se produisit dans les théLire la suite… est tout à fait bien dans le rôle de dona Anna ; le costume noir lui sied à ravir. Mme CambardiCambardi, Mathilde JeanneMathilde-Jeanne Chambard dite Cambardi (Lyon, 24 mai 1828 – Vichy, 30 novembre 1861), mezzosoprano. Elle étudia au Conservatoire, où elle obtint en 1851 un 1er prix de Chant et un 2eme prix d’Opéra. Elle se produisit à Bruxelles (1851) puis au Grand Théâtre de Lyon (1852) dans Fernand CorteLire la suite… chante avec la pureté de goût et de méthode qui convient à une prima-dona. ZucchiniZucchini, GiovanniGiovanni Zucchini (Bologne, 12 août 1812 – Bologne, ? mars 1892), baryton. Après des études avec L. Britti à Bologne, débuta à Modène en 1832. Six ans plus tard, il chanta avec beaucoup de succès à Venise, à Bologne puis à Gènes. En 1848, il fut invité à Lisbonne et en 1851, il chanLire la suite… rappelle LablacheLablache, LuigiLuigi Lablache (Naples, 6 décembre 1794 – Naples, 23 janvier 1858), basse. Il débuta comme basse comique à Naples en 1812 et comme basse chantante à Palerme en 1813. Au cours des années suivantes sa réputation grandit et il se produisit sur les scènes italiennes dont Milan en 1821 où il eut Lire la suite…, et se fait applaudir tout en faisant regretter son inimitable modèle. Nous aurons bientôt Don JuanDon Giovanni (Don Juan)Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni, K.V. 527, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Théâtre des Etats de Prague le 29 octobre 1787. Mozart fit des modifications pour la création de l’œuvre au Burgtheater deLire la suite… à l’Opéra-Comique, et c’est M. Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite…, un compositeur de beaucoup de savoir et d’intelligence, qui est chargé de veiller à la mise en scène et à l’exécution de ce chef-d’œuvre. L’exemple donné par M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… a séduit, à ce qu’il parait, M. Nestor Roqueplan, et l’exécution de Don JuanDon Giovanni (Don Juan)Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni, K.V. 527, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Théâtre des Etats de Prague le 29 octobre 1787. Mozart fit des modifications pour la création de l’œuvre au Burgtheater deLire la suite…, à l’Opéra-Comique, n’est sans doute qu’un premier pas fait par le spirituel directeur dans la voie du répertoire classique.

Ce soir, on reprend GalathéeGalatéeGalatée, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 14 avril 1852.Lire la suite…, avec Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite… et Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… pour principaux interprètes. Demain, on donne au Théâtre-Lyrique la première représentation de Philémon et BaucisPhilémon et BaucisPhilémon et Baucis, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 18 février 1860. Gounod en fit une nouvelle version en deux actes qui fut créée à l’Opéra-Comique le 16 mai 1876.Lire la suite…, opéra mythologique écrit par M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… sur un libretto de MM. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… et Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite…. Je connais quelques fragments de cet ouvrage et je souhaite que le reste ressemble à ce que j’ai déjà entendu. Philémon et BaucisPhilémon et BaucisPhilémon et Baucis, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 18 février 1860. Gounod en fit une nouvelle version en deux actes qui fut créée à l’Opéra-Comique le 16 mai 1876.Lire la suite… était destiné au théâtre de M. Bénazet Bénazet, Oscar EdouardOscar-Edouard Bénazet (Bordeaux, 30 mai 1801 – Nice, 2 décembre 1867), directeur de casino et entrepreneur. Fils de Jacques Bénazet qui était, à Paris, partenaire d’une dizaine de maisons de jeux, dont Le Casino de Paris jusqu’en 1837 quand les maisons de jeu furent interdites. Ayant étudiLire la suite…; on sait que ce sont les événements politiques de l’année dernière qui en ont empêché la représentation à Bade.

Le programme du dernier concert de la société des jeunes élèves du Conservatoire avait pour principal attrait des fragments de StruenséeStruenseeStruensee, tragédie en cinq actes de Michael Beer, créée au Théâtre de la Cour à Munich le 28 mars 1828. La pièce avait été interdite par la censure à Berlin en 1827 et ne fut autorisée à être représentée dans cette ville que près de vingt ans plus tard, le 19 septembre 1846. à cettLire la suite…, le mélodrame lyrique de Michel BeerBeer, MichaelMichael Beer (Berlin, 19 août 1800 – Munich, 22 mars 1833), écrivain dramatique. Son premier drame, Klytemnestra (1819), fut bien reçu et l’encouragea à poursuivre des études d’histoire, de philologie, de sciences naturelles et de philosophie aux universités de Berlin et de Bonn. Il fit dLire la suite…, pour lequel M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, son frère, a composé une ouverture, des entr’actes et des chœurs. De cette œuvre nous ne connaissions que l’ouverture, qui est fort belle, et dont la péroraison a une ampleur et une richesse de sonorité des plus remarquables. La marche du premier entr’acte, le chœur chanté dans la coulisse, les mouvements dramatiques exécutés par l’orchestre, les appels des tambours, les fanfares des cuivres, les arabesques exécutées par le hautbois sur la reprise du chœur (le roi Christian est au grand mât dans la fumée de la poudre, air populaire en Danemark), tous ces chants, toutes ces harmonies portent l’empreinte puissante de la griffe du maître. La Polonaise du second entr’acte si admirablement instrumentée, a produit le plus grand effet ; le rhythme en est fort original et le retour du thème est toujours préparé de la façon la plus ingénieuse. Le concert s’est terminé par la Marche et le chœur des MagesChœur des MagesChœur des Mages. Ce chœur est extrait d’un opéra inédit de Lesueur, Alexandre à Babylone, sur un livret de Pierre-Marie-François Baour-LormianLire la suite…, de LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…, un maître bien injustement délaissé aujourd’hui, et dont l’œuvre renferme cependant de hauts enseignements et des beautés du premier ordre. C’est LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite… qui a formé quelques-uns des meilleurs compositeurs de notre époque : BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite… et Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… sont ses élèves.

L’énumération des concerts qui ont eu lieu depuis le commencement de la saison serait un peu longue, et j’en passerai peut-être et des meilleurs ; mais il est impossible de tout entendre et de raconter tout ce que j’ai entendu.

M. Hans de BulowBulow, Hans Guido Freiherr vonHans Guido Freiherr von Bülow (Dresde, 8 janvier 1830 – Le Caire/Egypte, 12 février 1894), pianiste et chef d’orchestre. Il prit des leçons de piano avec Friedrich Wieck, père de Clara Schumann puis de composition avec Max Eberwein à Dresde et Louis Plaidy (piano) et Moritz Hauptmann (composiLire la suite…, l’élève et le gendre de LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite…, a fait sur son programme un heureux mélange de la musique classique et de la musique de l’avenir : il a joué du Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… et du BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. Le talent de M. Hans de BulowBulow, Hans Guido Freiherr vonHans Guido Freiherr von Bülow (Dresde, 8 janvier 1830 – Le Caire/Egypte, 12 février 1894), pianiste et chef d’orchestre. Il prit des leçons de piano avec Friedrich Wieck, père de Clara Schumann puis de composition avec Max Eberwein à Dresde et Louis Plaidy (piano) et Moritz Hauptmann (composiLire la suite… [von Bulow]Bulow, Hans Guido Freiherr vonHans Guido Freiherr von Bülow (Dresde, 8 janvier 1830 – Le Caire/Egypte, 12 février 1894), pianiste et chef d’orchestre. Il prit des leçons de piano avec Friedrich Wieck, père de Clara Schumann puis de composition avec Max Eberwein à Dresde et Louis Plaidy (piano) et Moritz Hauptmann (composiLire la suite… est talent sérieux, correct et cependant plein d’énergie et de fougue ; il sait donner à chaque œuvre qu’il interprète le sentiment qu’elle doit avoir, et là est le secret du légitime succès qu’obtient M. Hans de BulowBulow, Hans Guido Freiherr vonHans Guido Freiherr von Bülow (Dresde, 8 janvier 1830 – Le Caire/Egypte, 12 février 1894), pianiste et chef d’orchestre. Il prit des leçons de piano avec Friedrich Wieck, père de Clara Schumann puis de composition avec Max Eberwein à Dresde et Louis Plaidy (piano) et Moritz Hauptmann (composiLire la suite… dans les genres les plus opposés.

Chez Herz j’ai applaudi au jeu fin et délicat de M. Jacques DupuisDupuis, JacquesIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…, violoniste belge qui fait honneur à l’école de BériotBériot, Charles Auguste deCharles-Auguste de Bériot (Louvain, 20 février 1802 – Bruxelles, 8 avril 1870), violoniste et compositeur. Il étudia avec André Robberechts et, sur les conseils de Viotti, suivit pendant quelques mois la classe de Baillot au Conservatoire de Paris. Son jeu avait une grande justesse d’intonatioLire la suite… ; à la salle BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… j’ai été émerveillé par les prodiges d’exécution de M. Zani de Ferranti, le plus célèbre et le plus étonnant virtuose de notre temps, sur la guitare ; quelques jours après j’écoutais avec ravissement, dans les salons de M. Erard, le violoncelle de M. LeboucLebouc, Charles-JosephCharles-Joseph Lebouc (Besançon, 22 décembre 1822 – Hyères, 7 mars 1893), violoncelliste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de violoncelle en 1844. Il fut membre de l’orchestre de l’Opéra de 1846 à 1848 et l’année suivante de la Société desLire la suite… et le violon de M. BeckerBecker, JeanJean Becker (Mannheim, 11 mai 1833 – Mannheim, 10 octobre 1884), violoniste. Il étudia le violon avec son père, Carl Becker, et avec Hugo Hillebrandt. De 1855 à 1865, il succéda à Aloys Kettenus à la tête de l’orchestre du Nationaltheater de Mannheim. A partir de 1859, il se produisit en viLire la suite…, et après tant de douces émotions, tant de pures jouissances je me disais avec une satisfaction, bien facile à comprendre, que la saison commençait à peine et que j’en avais ainsi jusqu’à la fin de la saison.

Il est question d’un quatrième concert que donnerait M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… à l’Opéra ; mais nous ne savons encore rien de positif là-dessus, et nous ne pouvons que souhaiter très ardemment la réalisation d’un pareil projet.