Le Journal des Débats, 7 juillet 1869 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  7 JUILLET 1869.

REVUE MUSICALE.

THEATRE DE L’OPERA : Reprise du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…. — Représentation extraordinaire à la Porte-Saint-Martin (intermède musical). — L’Ange déchuAnge déchu, L’L’Ange déchu, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Xavier Boisselot. De larges extraits de l’œuvre furent donnés en concert par le Cercle Artistique de la rue Darse de Marseille le 22 mai 1869.Lire la suite…, Fragmens d’un opéra inédit de M. Xavier BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite…, exécuté à Marseille. — Concert de M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite…. — Nouvelles mélodies de M. Ch. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…. — La cantate couronnée par le jury du grand-prix de Rome.

Certainement on ne peut pas dire, à propos d’un ouvrage lyrique : l’œuvre est tout, les interprètes ne sont rien ; mais il me semble que si l’on donnait, comme il convient, plus d’importance à l’œuvre qu’aux artistes chargés de l’interpréter, le public ne s’habituerait pas insensiblement à ne voir dans la reprise d’un ouvrage du répertoire que l’occasion, de juger un artiste dans un rôle nouveau. Bientôt tout l’intérêt sera là ; cinquante choristes supplémentaires, un décor repeint, des patineurs venus de l’Alcazar, un truc, une pirouette, une lune qui marche, un soleil qui se lève, un vaisseau qui s’engloutit, deviendront eux-mêmes de purs accessoires, comme la musique. Et cependant il fut un temps où ce n’étaient point là choses vaines. On était déjà entré dans la seconde période ; allons-nous donc entrer dans la troisième où l’œuvre disparaîtra à peu près entièrement pour faire place à la personnalité d’un chanteur ou d’une cantatrice ? En vérité, je ne vois pas bien ce qu’il manque encore pour que nous soyons arrivés à ce degré d’abaissement et d’indifférence eu matière musicale. L’histoire dira donc à nos petits-neveux que le 28 juin 1869 est une date mémorable, non pas parce que le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…, depuis deux ans éloignés de l’affiche, fut repris solennellement ce jour-là avec de nouvelles glissades, mais parce que M. VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite… chanta pour la première fois le rôle de Jean de Leyde. Et maintenant, si vous le voulez bien, nous allons récapituler, par ordre chronologique, les événemens du même genre auxquels les reprises successives du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… ont donné lieu depuis vingt ans.

C’est le 16 avril 1849 que le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… fit son apparition sur la scène de l’Opéra, avec Mme Pauline Viardot, Mme CastellanCastellan, Claire-Thérèse-MargueriteClaire-Thérèse-Marguerite Castellan (Marseille, 21 mars 1845 – ?, après 1891), violoniste. Elle étudia le violon avec Delphin Alard au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix en 1861. Elle se produisit ensuite en tournées à travers l’Europe et particulièrement en Angleterre, Lire la suite…, MM. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, LevasseurLevasseur, Nicolas-ProsperNicolas-Prosper Levasseur (Bresles, 9 mars 1791 – Paris, 6 décembre 1871), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Garat et obtint en 1811 un 2eme prix de chant et en 1812 un 1er prix de tragédie lyrique. Il débuta à l’Opéra en 1813 dans le rôle du Pacha de La Caravane du Caire (GLire la suite…, Bremond et Ferdinand Prévost [Prévôt]Prévôt, Pierre-FerdinandPierre-Ferdinand Prévôt (Caussade/Tarn-et-Garonne, 2 mai 1800 – Vulaines/Seine-et-Marne, 11 juin 1879), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de vocalisation et un 2nd prix de chant en 1823. Il débuta à l’Opéra de Paris dans Anacréon chez Polycrate (Grétry)Lire la suite… dans les principaux rôles. M. GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… était l’un des trois anabaptistes. A l’une des premières représentations, je ne sais au juste laquelle, M. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… se trouva subitement indisposé. Prévenu à deux heures de l’indisposition de son camarade, M. GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… se déclara prêt à le remplacer le même soir; et si comme on le dit vulgairement, il entra avec une certaine aisance dans la peau du personnage, il éprouva du moins quelque difficulté à entrer dans le costume de M. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…. Mais GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… n’était point homme à se laisser influencer par un habit trop étroit ou trop court, et il chanta de façon à s’assurer plus tard l’entière possession de ce rôle qu’il venait de jouer au pied levé. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… et ChapuisChapuis, René-AlexandreRené-Alexandre Chapuis (Lormes, 20 août 1828 – ?), ténor. Il obtint un premier prix de chant et un second prix d’opéra au Conservatoire de Paris en 1850. L’année suivante, il fut engagé à l’Opéra de Paris, où il resta jusqu’en 1855 avant de rejoindre le Théâtre de la Monnaie à Lire la suite… sont les seuls ténors qui, avant M. VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite…, aient abordé le rôle de Jean de Leyde, l’un des rôles les plus difficiles du répertoire, à cause de sa double physionomie d’abord, et ensuite à cause de son importance musicale. Il faut pour la scène du troisième acte : Qui vous a, sans mon ordre, entraînés au combat, et pour la scène de l’église, un grand chanteur et un grand comédien. Quant à la liste des cantatrices qui se sont essayées avec des succès différens dans le rôle de Fidès, rôle également fort périlleux, la voici aussi exacte qu’il m’a été possible de me la procurer. On sait déjà, et comment aurait-on pu l’oublier ? que le rôle de la mère de Jean de Leyde fut créé (cela se dit ainsi en style de théâtre) par Mme Pauline Viardot. Après Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite…, il n’y avait plus à créer, il n’y avait qu’à imiter. C’est ce que ne fit pas Mme AlboniAlboni, MariettaMarietta Alboni (Cita di Castello/ Italie, 6 mars 1823 – Ville d’Avray, 23 juin 1894), contralto. Elle étudia à Bologne, où elle débuta en 1842 dans Saffo (Pacini). De 1847 à 1849, elle fut engagée au Théâtre-Italien de Paris, où elle chanta dans les opéras de Rossini et Donizetti. DLire la suite…, qui chanta Fidès le 10 mai 1850, comme elle devait chanter, l’année suivante, Zerline ou la Corbeille d’orangesZerline ou la Corbeille d’orangesZerline ou la Corbeille d’oranges, opéra en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe, mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber, créé à l’Opéra de Paris le 16 mai 1851.Lire la suite…, avec de merveilleuses qualités de voix, mais sans le moindre sentiment dramatique. Après Mme AlboniAlboni, MariettaMarietta Alboni (Cita di Castello/ Italie, 6 mars 1823 – Ville d’Avray, 23 juin 1894), contralto. Elle étudia à Bologne, où elle débuta en 1842 dans Saffo (Pacini). De 1847 à 1849, elle fut engagée au Théâtre-Italien de Paris, où elle chanta dans les opéras de Rossini et Donizetti. DLire la suite…, Mme Tedesco Tedesco, FortunataFortunata Tedesco (Mantoue, 14 décembre 1826 – ?), contralto italienne. Elle débuta à la Scala à Milan en 1844 avant de se produire avec succès sur les scènes italiennes, à Vienne, puis en tournée en Amérique du Nord de 1847 à 1850. Elle fut engagée en 1851 à l’Opéra de Paris, où eLire la suite…; après Mme TedescoTedesco, FortunataFortunata Tedesco (Mantoue, 14 décembre 1826 – ?), contralto italienne. Elle débuta à la Scala à Milan en 1844 avant de se produire avec succès sur les scènes italiennes, à Vienne, puis en tournée en Amérique du Nord de 1847 à 1850. Elle fut engagée en 1851 à l’Opéra de Paris, où eLire la suite…, Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite…, une artiste admirablement douée, qui par la nature de sa voix et de son talent s’est le plus rapprochée de Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite… non seulement dans le rôle de Fidès, mais dans d’autres rôles aussi. Le 17 septembre 1856, c’est au tour de Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite…, une Italienne à qui la musique de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… allait beaucoup mieux que celle de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, et dont les succès dans le TrouvèreTrouvère, LeLe Trouvère, opéra en quatre actes sur un livret en français d’Emilien Pacini traduit du livret en italien de Salvatore Cammarano, Il trovatore, mis en musique par Giuseppe Verdi. La version en français fut créée d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 20 mai 1856 puis a l’OpLire la suite… furent bien plus éclatans que ceux qu’elle obtint dans le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…. Mlle Artot, excellente musicienne élevée à l’école de Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite…, et qui depuis s’est fait une brillante renommée en Allemagne et en Russie, chanta pour la première fois, le 5 février 1858, le rôle de Fidès, et n’y fut peut-être pas assez remarquée. Ce rôle est un véritable écueil. Mlle SannierSannier, Clarisse-FrançoiseClarisse-Françoise Sannier (Calais, 12 janvier 1833 – ?), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un deuxième prix d’opéra en 1854. Elle débuta à l’Opéra, où elle chanta les rôles de Ninetta dans Les Vêpres siciliennes, d’Azucena dans Le Trouvère et dLire la suite… ne fait que passer à l’Opéra, et s’en va naturellement donner tête baissée contre cet écueil, où vient échouer après elle Mlle CzillagCsillag, RosaRóza Goldstein dite Rosa Csillag (Albertirsa/Hongrie, 23 octobre 1832 – Vienne, 20 [21] février 1892), mezzo-soprano. Elle étudia le chant à Budapest avec Dinora Baumgarten Herzfelderné et débuta le 15 juillet 1848 dans le rôle de Nancy (Martha, Flotow). En 1850, elle partit étudier à VieLire la suite…, cantatrice allemande dont le mérite, pas plus que celui de Mlle Artot, n’a été suffisamment apprécié par les dilettantes parisiens, si hospitaliers pourtant aux réputations étrangères. Enfin, le 6 juin 1866, Mme GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… s’empare du rôle de Fidès, qu’elle cède à Mlle Rosine Bloch le 11 Février 1867, pour le reprendre ensuite, après un intervalle de deux années, et le céder de nouveau, selon toute probabilité, à sa jeune rivale. On assure que Mlle Rosine BlochBloch, RosineRosalie Bloch dite Rosine Bloch (Paris, 7 novembre 1844 – Monaco, 1er février 1891), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant et d’opéra en 1865. Engagée aussitôt à l’Opéra de Paris, elle débuta avec succès dans le rôle d’Azucéna du TrLire la suite… a fait de très grands progrès, et qu’on en sera, tout surpris en lui entendant chanter le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… et la FavoriteFavorite, LaLa Favorite, opéra en quatre actes sur un livret de Alphonse Royer et Gustave Vaëz mis en musique par Gaetano Donizetti et créé à l’Opéra de Paris le 2 décembre 1840.Lire la suite…. Ce dernier ouvrage, qui, depuis la retraite de M. Alphonse RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite…, n’a pas été joué bien souvent, doit servir de début au ténor BosquinBosquin, Jules-AlexandreJules-Alexandre Bosquin (Deville-lès-Rouen/Seine-Inférieure, 29 septembre 1843 – Paris, 25 mars 1909), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er accessit d’opéra en 1864, un 2e accessit d’opéra-comique en 1864 et 2nd prix de chant en 1865. Cette même année, il fuLire la suite…, transfuge du Théâtre-Lyrique, comme M. MichotMichot, Pierre-JulesPierre-Jules Michot (Lyon, 22 mai 1828 – Chatou, 22 avril 1896), ténor. Il fit ses débuts en province puis chanta à Paris au café-concert, où Adolphe Adam le remarqua. Il étudia auprès de A. Guillot de Sainbris et débuta au Théâtre-Lyrique dans le rôle-titre de Richard Cœur-de-Lion (Lire la suite…, Mme Sass, Mme GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite…, Mlle NilssonNilsson, ChristineChristine Nilsson (Sjöabol, près de Växjö/Suède, 20 août 1843 – Stockholm, 22 novembre 1921), soprano. Elle étudia le chant avec Franz Adolf Berwald à Stockholm puis vint se perfectionner à Paris auprès de Victor Massé et d’Enrico Delle Sedie. En 1864, elle débuta dans le rôle-titre dLire la suite…, Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… et Mlle Mélanie Reboux, une fleur qui s’est épanouie au soleil italien, mais qui a fait ses premières armes au Théâtre-Lyrique, sous la direction de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite….

J’ajoute aux renseignemens que je viens de donner relativement aux diverses reprises du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… quelques observations toutes personnelles : Mme GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… n’a point la voix qui convient au rôle de Fidès, ou, si l’on veut (mais je crois bien que cela revient au même), le rôle de Fidès ne convient point à la voix de Mme GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite…, voix splendide, veloutée, harmonieuse, vibrante et douce, éclatante dans les notes hautes, d’un timbre délicieux dans le médium, mais tout à fait insuffisante dans les cordes basses. Si le rôle de Fidès est indiqué sur la partition comme devant être chanté par un mezzo-soprano, il ne faut pas oublier que ce rôle a été écrit pour Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite… et que Mme ViardotViardot, Michelle-Ferdinande-PaulineMichelle-Ferdinande-Pauline Viardot( Paris, 18 juillet 1821 – Paris, 18 mai 1910), contralto, compositeur, pianiste et professeur de chant. Fille de Manuel Vincente Garcia, ténor et compositeur, soeur de la soprano Maria Malibran et de Manuel Patricio Garcia, l’un des plus important professeur deLire la suite… est un contralto bien plus qu’un mezzo-soprano. Le timbre de voix de Mlle MauduitMauduit, Emma-FélicitéEmma-Félicité Mauduit (Rennes, 4 juillet 1845 – ?), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant et d’opéra en 1865. La même année, elle fut engagée à l’Opéra de Paris où elle débuta dans le rôle d’Alice de Robert le Diable (Meyerbeer). ElLire la suite… a assez d’analogie avec celui de Mme GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… pour qu’à certains momens, si l’on écoute ces deux cantatrices les yeux fermés (je n’ai pas besoin de dire tout ce qu’on y perd), il soit assez difficile de distinguer leurs voix l’une de l’autre. Pour deux rôles aussi différens de sentiment et de caractère que ceux de Fidès et de Bertha, cette analogie nuit à l’effet vocal, et me semble même constituer un défaut assez grave dans l’exécution. Mais si grave que soit ce défaut, on ne peut cependant pas plus le reprocher à Mme GueymardGueymard, LouisLouis Geymard (Chaponnay/ Isère, 17 août 1822 – Saint-Fargeau, 8 juillet 1880), ténor. Il étudia le chant au Conservatoire de Paris et obtint les 2eme Prix de chant et d’Opéra en 1847. Il débuta à l’Opéra dans le rôle titre de Robert-le-Diable (Meyerbeer) en 1849 et y chanta tous le rLire la suite… qu’à Mlle MauduitMauduit, Emma-FélicitéEmma-Félicité Mauduit (Rennes, 4 juillet 1845 – ?), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant et d’opéra en 1865. La même année, elle fut engagée à l’Opéra de Paris où elle débuta dans le rôle d’Alice de Robert le Diable (Meyerbeer). ElLire la suite…. Je me plais en même temps de rendre justice au talent dramatique et aux remarquables qualités de chanteuse qu’a montrées la jeune Bertha. Mlle MauduitMauduit, Emma-FélicitéEmma-Félicité Mauduit (Rennes, 4 juillet 1845 – ?), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant et d’opéra en 1865. La même année, elle fut engagée à l’Opéra de Paris où elle débuta dans le rôle d’Alice de Robert le Diable (Meyerbeer). ElLire la suite… est très intelligente et assez modeste pour ne pas s’effaroucher d’un peu de critique. Mais aujourd’hui je n’ai guère que des éloges à lui adresser. M. VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite… n’a pas dû aborder sans une réelle émotion le rôle de Jean de Leyde, et il m’a semblé que cette émotion ne l’avait point abandonné lorsqu’il s’est trouvé devant la rampe. Peut -être savait-il que RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, le créateur du rôle était dans la salle ; peut-être pensait-il aussi que ceux qui voyaient RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, et même ceux qui ne le voyaient pas, regrettaient RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…. Il faut que M. VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite… se rassure, et je tiens pour ma part à le rassurer. D’abord RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, qui assistait en effet à la dernière reprise du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…, est un excellent camarade, et ne pouvait être animé que de bons sentimens à l’égard de M. VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite…. Ensuite le public est bien ingrat, bien oublieux, et comme il y a déjà fort longtemps (bientôt dix ans !) que RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… a quitté l’Opéra, ne peut-on pas supposer que l’idée d’une comparaison n’est venue à l’esprit que d’un très petit nombre de spectateurs ? M. VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite… est un artiste consciencieux ; ces efforts sont louables, et d’ailleurs on n’arrive pas sans un mérite réel à être ce qu’il est aujourd’hui : le premier ténor de l’Académie impériale de Musique. La belle voix de basse profonde de M. BelvalBelval, Jules-Bernard Gaffiot ditJules-Bernard Gaffiot dit Belval (La Fère/Aisne, 2 juin 1819 – Paris, 15 septembre 1879), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris en 1843 et fut engagé à Anvers en 1846. Il chanta en province ainsi qu’en Hollande et en Belgique et débuta le 7 septembre 1855 dans le rôle de Marcel (Les HLire la suite… donne au rôle de Zacharie toute la valeur, tout le relief voulus ; les deux artistes anglais, M. Elliot et Mlle Federika (pourquoi ne les nommerais-je pas comme les autres ?), sont d’une habilité incomparable dans l’art de patiner.

Après cela, qu’importe le reste ?

Une représentation extraordinaire, et véritablement extraordinaire, a eu lieu jeudi dernier au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Cette représentation, à laquelle ont bien voulu concourir Mmes Sass, Cortès, MM. BonnehéeBonnehée, MarcMarc Bonnehée (Moumours/ Basses-Pyrénnées, 2 avril 1828 – Paris, 26 février 1886), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint, en 1853, les premiers prix d’opéra et de chant et le deuxième prix d’opéra-comique. La même année, il fut engagé à l’Opéra où il débuta Lire la suite…, MichotMichot, Pierre-JulesPierre-Jules Michot (Lyon, 22 mai 1828 – Chatou, 22 avril 1896), ténor. Il fit ses débuts en province puis chanta à Paris au café-concert, où Adolphe Adam le remarqua. Il étudia auprès de A. Guillot de Sainbris et débuta au Théâtre-Lyrique dans le rôle-titre de Richard Cœur-de-Lion (Lire la suite… et Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite… (je n’ai à m’occuper que de la partie lyrique), était donnée au bénéfice de deux artistes du Vaudeville, MM. MuniéTurlin dit Munié, Alexandre-ArmandAlexandre-Armand Turlin dit Munié (Paris, 25 février 1821 – Paris, 27 décembre, 1878), acteur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2nd prix de comédie en 1840. Il débuta la même année au Théâtre de l’Odéon, où il créa L’Actionnaire (Dumersan et Dupin, 1841), IvanLire la suite… et ColsonColson, Charles AlexandreCharles-Alexandre Cosson dit Colson (Paris, 23 septembre 1816 – Paris, ? 1877), ténor. Après avoir chanté en province, il se produisit à la Nouvelle-Orléans à partir de 1837. En 1850, c’est à La Haye qu’il fit la connaissance et épousa la jeune soprano Pauline-Désirée Dejon, dite PaulLire la suite…. On a très vivement regretté l’absence de Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite…, qui devait chanter la scène finale de Roméo et Juliette de Vaccaj, un triomphe pour elle, et qui a été forcée d’y renoncer au dernier moment, faute d’une Juliette. L’affluence du public était grande ; il n’y avait pas dans la salle le plus petit coin inoccupé. Des grappes de gens en blouse, et ce n’était pas les moins attentifs, paraissaient suspendues aux voûtes de l’amphithéâtre. On ne peut donc nier l’attraction qu’exerce sur la foule un spectacle qui ne doit finir qu’à deux heures du matin, quand il est composé des élémens les mieux choisis et les plus variés. L’intermède musical a commencé après le dernier acte des Précieuses ridiculesPrécieuses ridicules, LesLes Précieuses ridicules, comédie en un acte en prose de Molière (pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin) créée au Théâtre du Petit-Bourbon le 18 novembre 1659.Lire la suite…, que je cite uniquement pour complimenter M. CoquelinCoquelin, Constant dit Coquelin aînéConstant Coquelin dit Coquelin aîné (Boulogne-sur-Mer, 25 janvier 1841 – Couilly-Pont-aux-Dames/Seine-et-Marne, 27 janvier 1909), acteur. Après quelques prestations en 1858 et 1859 sur les scènes de sa ville natale, il fut admis le 29 novembre 1859 au Conservatoire d’Art Dramatique dans la cLire la suite… (le marquis Mascarille) de la façon désopilante, spirituelle et pleine de verve dont il a chanté son fameux madrigal. Avec le quatuor de Rigoletto, le brindisi de Lucetia BorgiaLucrezia BorgiaLucrezia Borgia, opéra en un prologue et deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 26 décembre 1833 et au Théâtre-Italien de Paris le 31 octobre 1840.Lire la suite…, le duo de la MuetteMuette de Portici, LaLa Muette de Portici, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et Germain Delavigne mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1828.Lire la suite…, une romance dramatique chantée par M. BonnehéeBonnehée, MarcMarc Bonnehée (Moumours/ Basses-Pyrénnées, 2 avril 1828 – Paris, 26 février 1886), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint, en 1853, les premiers prix d’opéra et de chant et le deuxième prix d’opéra-comique. La même année, il fut engagé à l’Opéra où il débuta Lire la suite…, le duo du TrouvèreTrouvère, LeLe Trouvère, opéra en quatre actes sur un livret en français d’Emilien Pacini traduit du livret en italien de Salvatore Cammarano, Il trovatore, mis en musique par Giuseppe Verdi. La version en français fut créée d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 20 mai 1856 puis a l’OpLire la suite… et l’air des bijoux de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…, ce qui n’était qu’un intermède à la Porte-Saint-Martin, eût pu être, avec l’adjonction d’une sonate et d’une demi-douzaine de variations, un véritable concert à la salle Herz. M. MichotMichot, Pierre-JulesPierre-Jules Michot (Lyon, 22 mai 1828 – Chatou, 22 avril 1896), ténor. Il fit ses débuts en province puis chanta à Paris au café-concert, où Adolphe Adam le remarqua. Il étudia auprès de A. Guillot de Sainbris et débuta au Théâtre-Lyrique dans le rôle-titre de Richard Cœur-de-Lion (Lire la suite… a toujours sa jolie voix si fraîche et si sympathique ; M. BonnehéeBonnehée, MarcMarc Bonnehée (Moumours/ Basses-Pyrénnées, 2 avril 1828 – Paris, 26 février 1886), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint, en 1853, les premiers prix d’opéra et de chant et le deuxième prix d’opéra-comique. La même année, il fut engagé à l’Opéra où il débuta Lire la suite…, applaudi comme il l’a été ; malgré quelques exagérations dans sa manière d’accentuer, exagérations qui ont failli compromettre son succès, pouvait se croire encore à l’Opéra. De loin, Mlle Cortès m’a semblé fort jolie ; de loin aussi son talent m’a semblé fort inégal ; mais sa voix ne manque pas d’ampleur et d’un certain charme dans le médium. M. Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite… a beaucoup fait rire, et c’était là son but, en chantant une chansonnette du répertoire comique. Quant à Mme Sass, qui donc s’étonnerait de l’immense succès qu’elle a obtenu ? Sa magnifique voix dominait toutes les autres dans le quatuor de Rigoletto ; elle a eu dans le duo du TrouvèreTrouvère, LeLe Trouvère, opéra en quatre actes sur un livret en français d’Emilien Pacini traduit du livret en italien de Salvatore Cammarano, Il trovatore, mis en musique par Giuseppe Verdi. La version en français fut créée d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 20 mai 1856 puis a l’OpLire la suite… les accens les plus pathétiques et les plus passionnés ; puis cette voix d’une puissance exceptionnelle a trouvé des inflexions d’une douceur, d’une suavité, d’une délicatesse extrêmes pour chanter la complainte du Roi de Thulé et l’air des bijoux de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…. Voilà certes une Marguerite qui se révèle d’une façon bien inattendue et précisément par des qualités qu’on ne lui soupçonnait pas. N’allez pas augurer de là que Mme Sass pourrait chanter un jour sur la scène de la rue Le Peletier le rôle de Marguerite. Mme Sass quitte définitivement l’Opéra ; elle est engagée à Florence pour trois mois, et après Florence, elle n’aura qu’à choisir entre MilanMilan, LuysLuys Milan (Valence/Espagne ? ca. 1500 – Valence ? après 1560), compositeur. Il fut musicien à la cour de Germaine de Foix à Valence au moins jusqu’en 1538. Selon son propre témoignage, il était autodidacte et composait sur son instrument, vihuela, avant de transcrire par écrit ses composiLire la suite…, Lisbonne, Saint-Pétersbourg et …. Paris. La direction de l’Opéra songe si peu à Mme Sass, qu’on annonce déjà, après, la reprise du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…, la reprise d’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite…, avec Mlle HissonHisson, Louise-Gabrielle-JuliaLouise-Gabrielle-Julia Hisson (Besançon, 16 mars 1849 – Paris, 26 novembre 1876), soprano. Elle étudia avec Charles-Amable Bataille et François Wartel au Conservatoire de Paris, où elle obtint une 1ere médaille de solfège en 1864 et un 1er accessit de chant en 1865. Le 15 juillet 1868, elle Lire la suite…, dont le talent paraîtra peut-être bien jeune et bien inexpérimenté dans un si grand rôle, et le ténor DelabrancheDelabranche, Charles-AudoinCharles-Audoin Delabranche (Podensac/Gironde, ? 1839 – Toulouse, 4 décembre 1894), ténor. Il fut découvert par Émile Perrin qui l’engagea à l’Opéra de Paris, où il débuta dans Le Trouvère (Verdi) en décembre 1865. Il fut ensuite engagé au Grand-Théâtre de Marseille pour la saisonLire la suite…, que la province a achevé de former pour notre première scène lyrique. La reprise d’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite… aura lieu au commencement de l’hiver, aux premiers froids, et, à part cela, je n’entrevois rien de nouveau à l’horizon. FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… continuant à faire de fort belles recettes, on peut dire que notre Académie impériale de musique et de danse se maintient dans l’état le plus florissant, et je ne veux pas être le dernier à m’en réjouir.

Si les ténors se forment en province, les compositeurs de musique n’y réussissent guère qu’à se faire oublier. Le contraire est une exception, et cette exception nous est venue hier de Marseille avec la nouvelle d’un opéra en cinq actes qu’est en train d’achever Xavier BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite…, l’auteur de Ne touchez pas à la reineNe Touchez pas a la ReineNe touchez pas à la Reine, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Gustave Vaëz, mis en musique par Xavier Boisselot, créé à l’Opéra-comique le 16 janvier 1847.Lire la suite… et de Mosquita la SorcièreMosquita la SorciereMosquita, la sorcière, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Gustave Vaëz, mis en musique par Xavier Boisselot, créé au Théâtre-Lyrique le 27 septembre 1851.Lire la suite…, l’élève et le gendre de Lesueur, et dont quelques fragmens ont été exécutés au Cercle artistique de la grande cité commerciale. Comme malheureusement je n’assistais point à cette audition, je dois me borner à donner quelques extraits de l’excellent article que lui a consacré le Sémaphore, l’un des journaux les mieux rédigés et les plus accrédités du département.

« Tout en affectant la forme dramatique, L’Ange déchu Ange déchu, L’L’Ange déchu, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Xavier Boisselot. De larges extraits de l’œuvre furent donnés en concert par le Cercle Artistique de la rue Darse de Marseille le 22 mai 1869.Lire la suite…est plutôt une épopée lyrique qu’un opéra. L’auteur s’est proposé de développer une thèse philosophique et sociale appuyée sur des faits qui appartiennent à l’histoire des civilisations. Il nous présente la lutte incessante du bien et du mal au sein de l’humanité ; le monde entier est son théâtre depuis les âges primitifs jusqu’au jour où il s’affaissera dans le néant. Les phases principales de ce gigantesque combat se dessinent dans les époques distinctes et caractéristiques ; la période biblique, les antiquités grecque et phénicienne, le moyen-âge, l’ère moderne et les temps à venir nous y font également assister. C’est dire que chaque partie de l’Ange déchuAnge déchu, L’L’Ange déchu, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Xavier Boisselot. De larges extraits de l’œuvre furent donnés en concert par le Cercle Artistique de la rue Darse de Marseille le 22 mai 1869.Lire la suite… forme un drame complet, qui ne se relie à l’ensemble que par l’idée générale, mais qui offre cependant un puissant intérêt par la variété des mœurs, par sa couleur propre, par la grandeur de l’action, élémens indispensables au développement de toute œuvre musicale.,… »

Après cette courte analyse du poëme, le rédacteur anonyme du Sémaphore (il y a tout lieu de supposer que c’est un musicien très compétent) apprécie les principaux morceaux de la partition.

« Le chœur : De Phébus le char étincelle se rapporte à la période grecque ; les hommes et les femmes entonnent d’abord un chant très doux, puis les femmes seules disent la strophe suivante, et les hommes reprennent à leur tour. Ce morceau, qui rappelle admirablement la mélopée antique, se fait en outre remarquer par un contre-sujet chromatique fort habilement traité. Vient ensuite une idylle qu’il faut attribuer à la même époque ; on y sent comme un souffle émané du poète Théocrite. C’est une invocation aux muses :

Vous qui chantez en chœur chaque soir dans la plaine,

Qu’entoure l’Olmius de ses bras amoureux ;

Vous qui charmez le cœur du souverain des dieux

Et mêlez à vos voix la lyre éolienne…..

« Deux jeunes bergers chantent tour à tour cette charmante mélodie ; car l’auteur s’est souvenu de Virgile : Amant alterna camœnœ, tandis que deux flûtes obligées accompagnent les voix et dialoguent avec elles ; l’effet est soutenu par la harpe, qui imite la lyre antique….. »

Le critique musical du Sémaphore signale en passant une rêverie indienne, dans laquelle il a remarqué « comme un heureux effet un battement précipité et constant sur la même note » ; puis il arrive au morceau capital de l’audition, l’introduction de l’Ange déchu :Ange déchu, L’L’Ange déchu, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Xavier Boisselot. De larges extraits de l’œuvre furent donnés en concert par le Cercle Artistique de la rue Darse de Marseille le 22 mai 1869.Lire la suite…

« Cette introduction débute par un chœur dansé d’une mélodie très fraîche et très gracieuse, puis vient la Marche des Patriarches. Il faut posséder comme M. BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite… la science de l’orchestration pour faire du style pastoral avec cette couleur naïve des âges bibliques, pour arriver à cette imitation des instrumens primitifs. Quand nous aurons dit que le cor et le hautbois imitent la cornemuse ; quand nous aurons parlé des deux hautbois et des deux bassons qui dialoguent à l’unisson, nous aurons donné une idée du procédé qui a dominé dans la composition de ce morceau, mais non de son effet imprévu, original et neuf dont on ne peut se rendre compte si on ne l’a pas entendu. Cette grande page se termine par la prière et le sacrifice. Le sacrificateur entonne cette strophe sur un chant très large, très majestueux et très lent :

Séraphins, aux brillantes ailes

Avec notre encens,

Vers les demeures éternelles

Elevez nos chants.

« Les masses chorales se mettent ensuite de la partie, et le chant, sans rien perdre de la majesté de son rythme, semble courir et vous entraîner. C’est un effet magique : l’auditoire, sans se rendre compte de cet étrange phénomène, cédait spontanément à son émotion et se sentait enlevé, transporté….. Nous ne voulons pas étaler ici le squelette de cette sublime inspiration, ni parler des gammes ascendantes et descendantes des instrumens à cordes qui courent avec une vertigineuse rapidité dans l’orchestre, ni de la grosse caisse , battant à contretemps » (probablement sur le temps faible de la mesure) «sans cymbales, ni des appels de trompettes ; qu’il nous suffise de constater le succès éclatant du morceau, l’enthousiasme du public, qui a voulu l’entendre une seconde fois, et la chaleureuse, ovation décernée au compositeur et à ses interprètes.»

Je ne suis point étonné que Xavier BoisselotBoisselot, XavierXavier Boisselot (Montpellier, 3 décembre 1811 – Montpellier, 28 mars 1893), compositeur et facteur de piano. Après ses premières études à Marseille, il entra en 1830 au Conservatoire de musique de Paris d’abord dans la classe de Fétis puis dans celle de Lesueur. Il obtient le 1er Prix de RoLire la suite… soit devenu prophète dans son pays : c’est un artiste de grand talent et de grand savoir ; c’est, de plus, un homme excellent, plein d’affabilité et très serviable, un de ces êtres privilégiés auxquels la fortune, le jour où elle leur devient infidèle, n’enlève qu’un très petit nombre d’amis. L’opéra l’Ange déchuAnge déchu, L’L’Ange déchu, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Xavier Boisselot. De larges extraits de l’œuvre furent donnés en concert par le Cercle Artistique de la rue Darse de Marseille le 22 mai 1869.Lire la suite… sera donc exécuté sur le théâtre de Marseille, et il est heureux pour notre cher et éminent confrère qu’il borne là son ambition. Ailleurs et plus haut il rencontrerait, malgré la réputation qu’il s’est acquise et malgré le mérite de son œuvre, d’insurmontables difficultés.

M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite…, chambellan du prince des Asturies, compositeur et bibliophile distingué, a donné la semaine dernière un concert très intéressant dans lequel le piano a été vaincu par le clavecin. Et même ce clavecin, un magnifique instrument de célèbre facteur anversois Andréas RuckersRuckers, AndreasAndreas Ruckers père (Anvers, 1579 – Anvers, vers 1652), facteur de clavecins. Il travailla d’abord avec son frère aîné Ioannes Ruckers, puis installa son propre atelier vers 1652. Un de ses fils, Andreas Ruckers fils (Anvers, 1607 – Anvers, ca. 1655) travailla avec son lui et à son décLire la suite…, n’était-il là que pour remplacer le luth, c’est-à-dire la vihuela ou vigüela, sorte de mandore à six cordes, dont l’usage était fort répandu en Espagne au seizième siècle. Plusieurs compositeurs de cette époque, et entre autres Luys MilanMilan, LuysLuys Milan (Valence/Espagne ? ca. 1500 – Valence ? après 1560), compositeur. Il fut musicien à la cour de Germaine de Foix à Valence au moins jusqu’en 1538. Selon son propre témoignage, il était autodidacte et composait sur son instrument, vihuela, avant de transcrire par écrit ses composiLire la suite… et Juan VasquezVásquez, JuanJuan Vásquez (Badajoz/Espagne, ca. 1500 – Seville ?, ca. 1560), compositeur. Il fut engagé comme contralto dans le chœur de la cathédrale de Plasencia en 1511, puis il apparaît comme chanteur dans le chœur de la cathédrale de Badajoz en avril 1530. En septembre de la même année, il obtinLire la suite…, ont écrit pour la vihuela des pièces très originales, parmi lesquelles M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite… en a choisi plusieurs qu’il a traduites en notation moderne : deux pavanes, une fantasia, des villanicos ou noëls, et une vieille chanson (romance viejo) intitulée DurandarteDurandarte, durandarteDurandarte, durandarte, romance en castillan pour voix et vihuela de Luys Milan. Elle fait partie du recueil El Maestro (Le Maître), publié en 1536.Lire la suite…. Le but de M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite… n’était pas seulement de nous faire entendre ces échantillons de musique rétrospective, destinés à prendre place dans une publication dont il s’occupe et qui doit paraître prochainement : les Annales de l’histoire musicale en Espagne; M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite… s’est révélé lui-même comme un compositeur extrêmement habile dans ce concert tout exceptionnel. Sa sonate pour piano et violon est d’un excellent style ; l’adagio et le scherzo ont été particulièrement applaudis. Cela est écrit comme sait écrire un musicien qui a été pendant longtemps l’élève de M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…. Mais M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite… a pris aussi des leçons de M. GilGil, Francisco de AsisFrancisco de Asis Gil (Cadix/Espagne, ? 1829 – Madrid, ? 1861), compositeur et professeur. Ayant précédemment publié une traduction en espagnol du traité d’harmonie de François-Joseph Fétis, il se rendit au Conservatoire de Bruxelles pour étudier la composition avec ce dernier et obtinLire la suite…, professeur au Conservatoire de Madrid, et il a sans doute gagné à l’enseignement simultané de ces deux maîtres une souplesse de talent qui lui permet de composer indifféremment des sonates et de charmantes gallegades, pavanes, seguidiles et sérénadesSérénade espagnoleSérénade espagnole sur une poésie populaire espagnole, paroles françaises de Victor Wilder, musique de Guillermo Morphy, Paris : E. Gérard, [1869]Lire la suite… qui n’ont pas besoin d’être exécutées devant un public espagnol pour été (sic) comprises et appréciées. La sérénadeSérénade espagnoleSérénade espagnole sur une poésie populaire espagnole, paroles françaises de Victor Wilder, musique de Guillermo Morphy, Paris : E. Gérard, [1869]Lire la suite…, chantée par Coujas, avec son double accompagnement de piano et de clavecin, est une inspiration des plus gracieuses et d’une piquante originalité. On l’a redemandée trois fois. Après le concert, M. MorphyMorphy, GuillermoGuillermo Morphy (Madrid, 29 février 1836 – Baden près Zurich, 27 août 1899), compositeur et musicologue. Il voyagea durant sa prime jeunesse en Europe et de 1844 à 1846 résida avec ses parents en Allemagne, où il commença ses études de musique. De retour à Madrid, il étudia le piano aveLire la suite…, ainsi que les artistes qui lui avaient prêté leur concours, MM. LavignacLavignac, Alexandre-Jean-AlbertAlexandre-Jean-Albert Lavignac (Paris, 21 janvier 1846 – Paris, 28 mai 1916), professeur et musicologue. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1857, un 1er prix de piano en 1861, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1864 et un 2nd prix d’orgue en 1865. Lire la suite…, PagansPagans, LorenzoLorenzo Pagans (Ceira/Gerone en Espagne, 1828 – Paris, juillet 1883), ténor. Il fut élève de Géraldy et débuta en 1860 au Théâtre-Italien de Paris dans Semiramide (Rossini), rôle qu’il reprit dans ce même théâtre en 1864. Il se produisit surtout dans les salons de Paris et en concerts Lire la suite…, Oliveres, Coujas et SighicelliSighicelli, Vincent-Paul-MarieVincent-Paul-Marie Sighicelli (Cento/Italie, 30 juillet 1830 – Paris, 15 février 1905), violoniste et compositeur. Il étudia le violon avec son père, Antoine Sighicelli, avant de se rendre en 1847 à Vienne, où il étudia le contrepoint avec Simon Sechter et reçut des conseils des violonistesLire la suite…, ont été complimentés par la reine Isabelle et par le roi son époux.

L’éditeur Choudens vient de publier un second recueil de vingt mélodies composées par M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…. L’une d’elles m’est dédiée : je trouve que c’est la plus jolie ; mais les autres sont ravissantes, et toutes auront le même succès. Je cite au hasard : le Retour de Tobie, MedjéMedjé, mélodie pour voix et pianoMedjé, mélodie pour voix et piano sur un texte de Jules Barbier mis en musique par Charles Gounod. L’œuvre est dédiée à Mme Jules Barbier.Lire la suite…, Au PrintempsAu printemps, mélodie pour voix et pianoAu printemps, mélodie pour voix et piano sur un texte de Jules Barbier mis en musique par Charles Gounod. L’œuvre est dédiée à Mme Conneau. Il s’agit de Juliette Pasqualini, mezzo-soprano, épouse du médecin de Napoléon III, François-Alexandre-René dit Henri Conneau.Lire la suite…, l’Hymne à la nuit, A une jeune fille, le DépartDépart, mélodie pour voix et pianoDépart, mélodie pour voix et piano sur un texte d’Emile Augier mis en musique par Charles Gounod. L’œuvre est dédiée à Camille Saint-Saëns.Lire la suite… et Si la mort est le but, dont les paroles sont signées d’un nom auquel la poésie et la musique ont fait une double célébrité, d’un nom cher à tous ceux qui ont l’honneur d’écrire dans ce journal, celui de Mlle Louise Bertin.

Le jury pour le concours de composition musicale s’est réuni avant-hier, au Conservatoire, sous la présidence de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…. Il y avait six concurrens condamnés à la même cantate. Le premier prix a été décerné, à une majorité de cinq voix contre quatre, partagées entre MM. SalvaireSalvayre, Gervais-Bernard-GastonGervais-Bernard-Gaston Salvayre (Toulouse, 24 juin 1847 – Ramonville-Saint-Agne/Haute-Garonne, 17 mai 1916), compositeur, chef de chant et critique musical. Il étudia la musique au conservatoire de Toulouse puis à celui de Paris, où il obtint un 2e accessit de contrepoint et fugue en 1867, un 1Lire la suite… [Salvayre]Salvayre, Gervais-Bernard-GastonGervais-Bernard-Gaston Salvayre (Toulouse, 24 juin 1847 – Ramonville-Saint-Agne/Haute-Garonne, 17 mai 1916), compositeur, chef de chant et critique musical. Il étudia la musique au conservatoire de Toulouse puis à celui de Paris, où il obtint un 2e accessit de contrepoint et fugue en 1867, un 1Lire la suite… et FouquesFouque, OctaveOctave Fouque (Pau, 12 novembre 1844 – Pau, 22 avril 1883), compositeur, critique musical et bibliothécaire. Il fit des études de droit, obtint sa licence en 1867 et prit des cours à l’École des Chartres tout en étudiant la musique avec l’organiste Alexis Chauvet. Il entra au ConservatoirLire la suite… [Fouque]Fouque, OctaveOctave Fouque (Pau, 12 novembre 1844 – Pau, 22 avril 1883), compositeur, critique musical et bibliothécaire. Il fit des études de droit, obtint sa licence en 1867 et prit des cours à l’École des Chartres tout en étudiant la musique avec l’organiste Alexis Chauvet. Il entra au ConservatoirLire la suite…, au jeune TaudouTaudou, Antoine-Antonin-BarthélemyAntoine-Antonin-Barthélemy Taudou (Perpignan, 24 août 1846 – Saint-Germain-en-Laye/Yvelines, 6 juillet 1925), violoniste, compositeur et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de violon en 1866, un 1er prix d’harmonie et un 1er prix de contrepoint et fugue Lire la suite…, élève de M. Henri Reber. M. TaudouTaudou, Antoine-Antonin-BarthélemyAntoine-Antonin-Barthélemy Taudou (Perpignan, 24 août 1846 – Saint-Germain-en-Laye/Yvelines, 6 juillet 1925), violoniste, compositeur et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de violon en 1866, un 1er prix d’harmonie et un 1er prix de contrepoint et fugue Lire la suite… entre dans la lune de miel et va partir pour Rome. Je crains bien qu’à son retour, il ne trouve rien de changé ici, et que les relations entre jeunes compositeurs et directeurs de théâtres lyriques ne continuent à être fort tendues.

E. REYER.