Le Journal des Débats, 6 février 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU 6 FEVRIER 1868.

THÉÂTRE-ITALIEN : Il TemplarioTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite…, opéra en trois actes, tiré du roman d’IvanhoéIvanhoeIvanhoe (Ivanhoé en français), est le premier roman de Walter Scott consacré au Moyen Âge. Il fait partie des Waverley Novels et fut publié en décembre 1819.Lire la suite…, de Walter ScottScott, WalterWalter Scott (Édimbourg, 15 août 1771 – Abbotsford/Écosse, 21 septembre 1832), poète, écrivain et historien écossais. Il étudia le droit et devint avocat en 1792. Tout en travaillant au barreau d’Édimbourg, il se fit nommer Sheriff du comte de Selkirk en 1799. Trois ans plus tard, il pubLire la suite…, par Jérôme-Marie Marini, musique de Othon Nicolaï. — Société des Concerts du Conservatoire. — Concerts populaires. — Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… en Russie.

Voilà un opéra duquel on peut dire (comme de bien d’autres ouvrages, du reste) : Je ne le connaissais pas, mais je l’avais déjà entendu. Ce n’est donc pas par le mérite de l’invention que brille la partition du Templier ; ce n’est ni l’originalité de la mélodie, ni l’élégance du style qui en feront le succès. Le public de la salle Ventadour, habitués aux cavatines de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…, aux cantilènes de BelliniBellini, VincenzoVincenzo Bellini (Catania 3 novembre 1801 – Puteaux près Paris, 23 septembre 1835), compositeur. Fils et petit-fils de compositeurs, il fit ses études au Collège Royal de Musique à Naples de 1819 à 1825 avec Tritto et Zingarelli. Il fut également influencé par les opéras de Rossini, compositLire la suite…, aux cabalettes et aux ensembles dramatiques de DonizettiDonizetti, GaetanoGaetano Donizetti (Bergame, 29 novembre 1797 – Bergame, 8 avril 1848), compositeur. Elève de Simon Mayr à Bergame et de Padre Stanislao Mattei à Bologne, Donizetti fit ses débuts en 1818 au théâtre San Luca de Venise avec Enrico di Borgogna dont le succès lui valut la commande de trois ouvragLire la suite…, pourra aller entendre l’opéra du maestro NicolaïNicolaï, Carl Otto EhrenfriedCarl Otto Ehrenfried Nicolaï (Königsberg, 9 juin 1810 – Berlin, 11 mai 1849), compositeur et chef d’orchestre. Grâce au soutien de Carl Friedrich Zelter, il fut accepté à l’Institut pour la formation d’organistes et de professeurs de musique de Berlin, où il étudia avec Emil Fischer (Lire la suite… sans que cela ne change rien à ses habitudes. Dirait-on jamais que c’est un Allemand de Königsberg, un compatriote de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… et de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, qui a écrit cette partition où depuis la première note jusqu’à la dernière on cherche vainement l’individualité du compositeur ? Dans les opéras les plus italiens, MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… trahissent leur origine germanique ; dans il TemplarioTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite…, l’Allemand Otto Nicolaï ne quitte pas un instant le masque italien dont il s’est affublé. Les souvenirs que lui ont laissé les œuvres des maîtres de l’école italienne, ses contemporains, sont à peine dissimulés par la recherche de ses accompagnemens et le coloris de son instrumentation, et encore dans certains morceaux d’ensemble reconnaît-on le modèle qui a inspiré non seulement cet agencement des voix et ce contour mélodique, mais aussi ce dessin et cette progression de l’orchestre. NicolaïNicolaï, Carl Otto EhrenfriedCarl Otto Ehrenfried Nicolaï (Königsberg, 9 juin 1810 – Berlin, 11 mai 1849), compositeur et chef d’orchestre. Grâce au soutien de Carl Friedrich Zelter, il fut accepté à l’Institut pour la formation d’organistes et de professeurs de musique de Berlin, où il étudia avec Emil Fischer (Lire la suite… a écrit il TemplarioTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite… pour le théâtre royal de Turin ; je veux bien qu’un compositeur, même un compositeur allemand, qui destine son œuvre à être jugée par un public italien, se conforme au goût et aux exigences de ses juges ; mais doit-il pour cela renier absolument son origine et aliéner sa personnalité ? En un mot, ne peut-on rester soi-même, tout en subissant l’influence du milieu dans lequel on agit ? Cestes ce n’est pas le talent qui manquait à NicolaïNicolaï, Carl Otto EhrenfriedCarl Otto Ehrenfried Nicolaï (Königsberg, 9 juin 1810 – Berlin, 11 mai 1849), compositeur et chef d’orchestre. Grâce au soutien de Carl Friedrich Zelter, il fut accepté à l’Institut pour la formation d’organistes et de professeurs de musique de Berlin, où il étudia avec Emil Fischer (Lire la suite…, et il l’a prouvé dans les Joyeuses Commères de WindsorJoyeuses commeres de Windsor, LesDie lustigen Weiber von Windsor (Les Joyeuses Commères de Windsor), opéra-comique en trois actes d’Otto Nicolaï, sur un livret de S. H. Mosenthal (d’après Shakespeare), créé au Hofoper de Berlin le 9 mars 1849.Lire la suite…, opéra qu’il écrivit en 1848 pour le théâtre de Berlin, que la grâce et la fraîcheur de l’inspiration ne lui manquaient pas non plus. On ne peut donc attribuer qu’à un travail trop hâtif, ou à un trop grand désir de popularité, les nombreuses réminiscences et l’emploi exclusif de formules italiennes déjà connues qu’il est si aisé de remarquer dans la partition du TemplierTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite…. J’entendais même atour de moi, le soir de la première représentation, les habitués du Théâtre-Italien qui prétendaient y reconnaître aussi des imitations du style et des procédés de VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. C’est aller un peu loin : Il TemplarioTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite… a été joué en 1840, et, à cette époque, VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… n’avait pas encore composé Nabucodonosor, qui fut son premier succès, et dont le libretto, soit dit entre parenthèses, avait été refusé par NicolaïNicolaï, Carl Otto EhrenfriedCarl Otto Ehrenfried Nicolaï (Königsberg, 9 juin 1810 – Berlin, 11 mai 1849), compositeur et chef d’orchestre. Grâce au soutien de Carl Friedrich Zelter, il fut accepté à l’Institut pour la formation d’organistes et de professeurs de musique de Berlin, où il étudia avec Emil Fischer (Lire la suite…. J’ajouterai même qu’il y a dans l’œuvre du compositeur allemand quelques uns de ces effets d’opposition un peu brusques entre le pianoConcerto pour piano et orchestre no. 20 en ré mineur K.V. 466Concerto pour piano et orchestre no. 20 en ré mineur K.V. 466 de Wolfgang-Amadeus Mozart. L’œuvre est datée du 10 février 1785, qui est aussi la date de sa première exécution, par Mozart lui-même, dans un concert par souscription (Akademie) qu’il organisa dans la salle de la Mehlgrube à Lire la suite… et le forte que VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… s’est assimilés, et qui sont comptés par ses admirateurs au nombre de ses qualités les plus personnelles. Elève de Bernard Klein, directeur et professeur de chant à l’Université de Berlin, Otto Nicolaï avait fait d’excellentes études sous la direction de ce maître, peu connu eu France, mais fort estimé en Allemagne. II n’est donc pas étonnant que l’on trouve dans la partition du TemplierTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite… plus de science et d’orthographe que dans la plupart des ouvrages italiens, où le génie du compositeur, renfermé dans les bornes de la mélodie pure, semble ne rien avoir entrevu au-delà.

Le libretto du TemplierTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite… n’est pas inférieur à une foule de livrets sur lesquels les plus illustres compositeurs de la péninsule ont écrit des chefs-d’œuvre, sans que la simplicité de l’intrigue ait arrêté l’élan de leur verve mélodique. Le roman de Walter ScottScott, WalterWalter Scott (Édimbourg, 15 août 1771 – Abbotsford/Écosse, 21 septembre 1832), poète, écrivain et historien écossais. Il étudia le droit et devint avocat en 1792. Tout en travaillant au barreau d’Édimbourg, il se fit nommer Sheriff du comte de Selkirk en 1799. Trois ans plus tard, il pubLire la suite… a fourni à Jérôme-Marie Marini quelques épisodes intéressans, quelques situations dramatiques ; mais on conçoit qu’il eût été difficile de donner place dans un ouvrage en trois actes, à toutes les péripéties, à tous les personnages qui s’enchaînent et se meuvent dans l’œuvre du célèbre romancier.

Le couronnement du desdechado, du chevalier déshérité, vainqueur au tournoi d’Ashby, l’enlèvement de Rebecca et de son père par Brian de Bois-Guilbert, l’amour du templier pour la juive, la condamnation de Rebecca, le combat entre Brian et Wilfrid Ivanhoé, la délivrance de la jeune fille, les amours de Wilfrid et de Rowena, tels sont les principaux épisodes du drame groupés par le librettiste, et qui ont fourni au compositeur un nombre suffisant de strettes de cavatines, de duos, de trios, de chœurs et de morceaux d’ensemble.

L’ouverture du TemplierTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite… ne vaut pas à beaucoup près celle des Joyeuse Commères de WindsorJoyeuses commeres de Windsor, LesDie lustigen Weiber von Windsor (Les Joyeuses Commères de Windsor), opéra-comique en trois actes d’Otto Nicolaï, sur un livret de S. H. Mosenthal (d’après Shakespeare), créé au Hofoper de Berlin le 9 mars 1849.Lire la suite…, et si, dans la coda, l’auteur s’éloigne quelque peu du style italien, c’est pour se rapprocher de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… et rappeler l’allegro en ut majeur de l’ouverture du FreyschützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…. Le chœur et la marche du couronnement ont une certaine grandeur, et l’accouplement des voix et de l’orchestre produit un bel effet de sonorité. Le cantabile chanté par Rebecca, le chœur des hommes d’armes de Bois-Guilbert, un sextuor bien écrit et bien accompagné, un final très mouvementé et très énergique sont les morceaux les plus saillans du premier acte, et ceux que l’on a le plus applaudis.

Ce premier acte m’a semblé le meilleur.

Au second acte, je citerai un duo très dramatique entre le templier et la juive, le récit de Beaumanoir et l’air de Bois-Guilbert, dans lequel il y a surtout une phrase très jolie et pleine de sentiment :

Forse tu del ciel piu pura,

Sovrumana creatura

Tu morrai qual rago flore

Che nel nascire spiro.

Et ces vers eux-mêmes ne sont pas dépourvus d’un certain parfum poétique.

Le troisième acte débute par un trio pour soprano, ténor et basse, plus remarquable au point de vue de la facture que sous le rapport de la distinction mélodique ; les femmes qui entourent le bûcher préparé pour le supplice de Rebecca chantent un chœur dont le rythme est celui d’une marche funèbre ; puis les teintes sombres de l’orchestre s’effacent progressivement, et l’entrée d’Ivanhoé fait éclater en un tutti formidable les instrumens et les voix. Maintenant voici une page très belle, et dont il faut louer également le style élevé et la phrase mélodique : c’est la prière que chante Rebecca tandis Ivanhoé combat pour elle contre Brian de Bois-Guilbert :

Signor de Padri miei

Sai che innocente io sono.

Ce moment m’a vivement impressionné, tant par son caractère religieux, que par l’expression touchante avec laquelle il a été rendu par Mlle Krauss. La voix de cette artiste, légèrement voilée dans les notes du médium, m’est extrêmement sympathique. Cette voix, quand elle était plus jeune et plus fraîche, n’avait peut-être pas un charme aussi pénétrant. Aux très rares qualités qu’elle possède comme chanteuse, Mlle Krauss joint un très grand talent dramatique, et la façon dont elle a chanté et joué le rôle de Rebecca légitime bien certainement le succès qu’elle a obtenu. Le baryton StellerSteller, FrancescoFrancesco Steller ( ? – ?), baryton. Il se produisit sur les scènes des théâtres d’Italie puis à Moscou et à Barcelone (mars 1863) avec beaucoup de succès. Du 10 décembre 1867 à la fin mars 1868, il fut engagé au Théâtre-Italien de Paris puis au Théâtre de Trieste, avant de reveniLire la suite… est aussi un artiste fort distingué et doué d’un magnifique organe, AgnesiAgnesi, Luigi-FernandoLouis-Ferdinand-Leopold Agniez dit Luigi-Fernando Agnesi (Erpent/Namur, 17 juillet 1833 – Londres, 2 février 1875), baryton-basse. Il étudia au Conservatoire de Bruxelles et devint maître de chapelle de l’église Sainte-Catherine. Il enseigna la musique et composa de nombreuses mélodies, pubLire la suite…, NicolliniNicolini, Ernest Nicolas, ditErnest Nicolas, dit Nicolini (Tours, 23 février 1834 – Pau, 19 janvier 1898), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1856. Il alla ensuite se perfectionner en Italie et, à son retour en 1857, il débuta à l’Opéra-Comique. Il partit ensuLire la suite… [Nicolini]Nicolini, Ernest Nicolas, ditErnest Nicolas, dit Nicolini (Tours, 23 février 1834 – Pau, 19 janvier 1898), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1856. Il alla ensuite se perfectionner en Italie et, à son retour en 1857, il débuta à l’Opéra-Comique. Il partit ensuLire la suite…, FallarFallar, FrancescoFrancesco Fallar (? – ?), basse-baryton. Sa carrière s’étend de 1841 à 1870. Il se produisit à Florence (1841), Livourne (1842), Florence, Livourne et Rome (1843), Livourne (1844) puis on le retrouve à Londres (1854), Bologne (1859), Paris (1864) et Londres (1870).Lire la suite… et Mme SimoniSimoni, CorinnaCorinna Simoni (? – ?), soprano. Elle débuta dans Lucia di Lammermoor (Donizetti) au Théâtre Carcano de Milan en décembre 1866 avec un grand succès. Elle fut engagée au Théâtre-Italien de Paris pour la saison 1867/68.Lire la suite… ont contribué à la bonne exécution du TemplierTemplario, IlIl templario, opéra en trois actes sur un livret italien de Girolamo Maria Marini d’après Ivanhoé de Walter Scott, mis en musique par Otto Nicolai et créé au Teatro Regio de Turin le 11 février 1840.Lire la suite… ; et je serais fort surpris si les réminiscences que j’ai signalées dans cet ouvrage en empêchaient le succès.

La Société des concerts du Conservatoire, en doublant le nombre de ses séances, a doublé le nombre de ses abonnés. Il y avait tant d’amateurs qui se trouvaient, eux aussi, dignes d’entrer dans le temple de la rue Bergère et qui n’y entraient pas ; il y avait tant de solliciteurs éconduits, que le comité a dû, l’année dernière, céder aux vives instances qui lui étaient adressées de toutes parts, et ouvrir une nouvelle liste d’abonnemens pour une nouvelle série de concerts. Le programme de chaque séance est donc répété le dimanche suivant, avec cette seule différence que le même soliste ne peut être entendu deux fois de suite. Ainsi Mme Charlotte Tardieu de Malleville, malgré le succès avec lequel elle a joué le concerto en ré mineur de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, n’a pu répéter ce morceau au concert suivant. Les abonnés de la seconde série ont eu en échange un concerto de violon composé et exécuté par M. GarcinGarcin, Jules-Auguste Salomon ditJules-Auguste Salomon dit Garcin (Bourges, 11 juillet 1830 – Paris, 10 octobre 1896), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1844 et un 1er prix de violon en 1853. Engagé dans l’orchestre de l’Opéra de ParLire la suite…, membre de la Société. C’est là une œuvre estimable et fort intéressante sans doute l’œuvre d’un musicien consciencieux et parfaitement doué. L’auteur s’y est révélé en même temps savant harmoniste et virtuose habile ; son jeu a de l’élégance et de la netteté, ses inspirations ont souvent de l’ampleur et de la grâce — quelquefois elles manquent un peu de clarté ; — il a tâché de n’imiter aucun de ses devanciers, aucun des modèles qu’il a dû étudier, et il y a réussi ; M. GarcinGarcin, Jules-Auguste Salomon ditJules-Auguste Salomon dit Garcin (Bourges, 11 juillet 1830 – Paris, 10 octobre 1896), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1844 et un 1er prix de violon en 1853. Engagé dans l’orchestre de l’Opéra de ParLire la suite… est un violoniste de la bonne école, un compositeur de mérite ; on l’a fort applaudi et doublement applaudi ; mais il y avait certainement parmi l’auditoire des gens qui étant tout à la fois admirateurs passionnés de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et plein de sympathie pour le talent de Mme TardieuTardieu, Charlotte-ElisabethCharlotte-Élisabeth d’Arpentigny de Malleville, épouse Tardieu (Rouen, 1830 – Paris, 29 mai 1890), pianiste et pédagogue. En 1849, elle organisa en 1849 un cycle annuel de musique d’ensemble qu’elle poursuivra jusqu’en 1869. Onslow lui dédia son Septuor, op. 79, qu’elle créa en 185Lire la suite… de Malleville, auraient été bien aise d’entendre l’œuvre de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… exécutée par Mme TardieuTardieu, Charlotte-ElisabethCharlotte-Élisabeth d’Arpentigny de Malleville, épouse Tardieu (Rouen, 1830 – Paris, 29 mai 1890), pianiste et pédagogue. En 1849, elle organisa en 1849 un cycle annuel de musique d’ensemble qu’elle poursuivra jusqu’en 1869. Onslow lui dédia son Septuor, op. 79, qu’elle créa en 185Lire la suite…. Par exemple, il peut se faire qu’un de ces virtuoses, dont l’apparition est un événement dans le monde musical, surgisse tout à coup, venant du Nord ou du Midi, de l’Est ou de l’Ouest, et se fasse entendre à l’un des concerts de la rue Bergère ; on l’offrira naturellement aux anciens abonnés, à ceux de la première série. Les nouveaux venus seront-ils donc privés du plaisir de l’acclamer à leur tour ? Je voudrais savoir si ce cas a été prévu par les statuts de la Société du Conservatoire. Quoi qu’il en soit, ces statuts existent, et il convient de les respecter jusqu’à ce que le comité qui les a établis pense qu’il y a quelque opportunité à les modifier. Je ne puis donc m’empêcher, tout en adressant mes félicitations à M. GarcinGarcin, Jules-Auguste Salomon ditJules-Auguste Salomon dit Garcin (Bourges, 11 juillet 1830 – Paris, 10 octobre 1896), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1844 et un 1er prix de violon en 1853. Engagé dans l’orchestre de l’Opéra de ParLire la suite…, d’exprimer à Mme Charlotte Tardieu de Malleville les sincères regrets de ceux qui aiment son jeu délicat et correct, son style d’un irréprochable pureté, et qui n’ont pas eu le plaisir de l’entendre exécuter ce beau concerto de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, dans lequel la gracieuse artiste rend avec tant de charme et de perfection la pensée du maître. Puisque j’ai parlé de M. GarcinGarcin, Jules-Auguste Salomon ditJules-Auguste Salomon dit Garcin (Bourges, 11 juillet 1830 – Paris, 10 octobre 1896), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1844 et un 1er prix de violon en 1853. Engagé dans l’orchestre de l’Opéra de ParLire la suite… et de son concerto, je dois mentionner aussi l’accueil enthousiaste qu’a reçu le grand violoniste LéonardLeonard, HubertVioloniste, pédagogue et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François-Antoine Habeneck tout en travaillant comme violoniste à l’orchestre du Théâtre des Variétés puis à celui de l’Opéra-Comique et de l’Opéra. Violon solo des concerts Vivienne, il fit des tournée dLire la suite… à l’un des derniers concerts du Cirque, où il a fait entendre pour la première fois un concerto de sa composition : le quatrième. Cette œuvre est magistralement écrite, pleine de charmans détails et instrumentée avec une rare élégance. Le mérite de l’œuvre et le talent du virtuose ont été une double révélation pour le public du Cirque ; LéonardLeonard, HubertVioloniste, pédagogue et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François-Antoine Habeneck tout en travaillant comme violoniste à l’orchestre du Théâtre des Variétés puis à celui de l’Opéra-Comique et de l’Opéra. Violon solo des concerts Vivienne, il fit des tournée dLire la suite…, qui a quitté il y a peu de temps sa classe d’enseignement au Conservatoire de Bruxelles pour venir se fixer à Paris, était surtout connu et apprécié par les artistes : le voilà maintenant aussi populaire que Vieuxtemps, Joachim et Sivori.

On a reproché plus d’une fois à la Société des Concerts de s’immobiliser dans son répertoire classique. Mérite-t-elle vraiment ce reproche, et faut-il rappeler que les tentatives qu’elle a faites en dehors de ce répertoire n’ont pas toujours été couronnées d’un plein succès ? Ce n’est pas une raison, je le sais, pour ne pas recommencer, et moi-même je me suis étonné bien souvent de voir une Société aussi omnipotente déférer avec tant de docilité au goût un peu archaïque de ses abonnés. M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, lui, n’est pas tenu à tant de condescendance ; à chacun de ses concerts une partie de l’auditoire se renouvelle, et si hardies que soient ses excursions dans le domaine de la musique moderne, il n’en doit compte qu’à lui et en assume seul la responsabilité. Quelques coups de sifflet ne l’émeuvent point ; il a des convictions et il les impose à son public. Vous n’aimez ni BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, ni WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, ni Schumann Schumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite…; soyez tranquilles, on vous donnera du SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite…, du WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… et du BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, et vous finirez bien par vous y habituer. Le jour où le nom d’un de ces novateurs paraît sur le programme, les adeptes de la jeune école (et ils sont nombreux, et il y en a de fort zélés) se gardent bien de manquer au rendez-vous. Au premier signe de mécontentement ou de désapprobation d’un côté, les applaudissemens éclatent de l’autre, et c’est vraiment un plaisir que d’assister à ces luttes d’une jeunesse effervescente et enthousiasmée contre la routine et le parti pris. L’exécution a laissé à désirer ; les mouvemens n’ont pas toujours été scrupuleusement observés, les nuances non plus ; la clarinette a fait un couac, et les trompettes, qui sont des cornets à pistons, ont sonné leurs fanfares sans éclat et sans justesse ; n’importe, on applaudit à tout rompre, et l’on trépigne et l’on demande bis (ce qui est toujours une faute grave) ; et non seulement on défend le drapeau d’une école, mais encore on affirme énergétiquement les émotions que l’on a éprouvées.

Au Conservatoire, les choses ne peuvent se passer ainsi. Et d’abord la jeunesse turbulente n’entre pas dans l’enceinte de la rue bergère, ou tout est grave, solennel et un peu guindé ; ensuite, chaque membre du comité étant appelé à donner son avis sur la composition du programme, il n’y a d’autre loi reconnue que celle de la majorité. Je n’ai jamais assisté à ces délibérations, absolument secrètes, mais il parait qu’on y discute avec une certaine animation. Les uns veulent faire acte d’indépendance ; les autres tiennent pour dangereux d’introduire dans leurs séances, d’imposer à leur public l’élément nouveau, c’est-à-dire l’élément subversif. De temps en temps ce sont les hardis, les vaillans qui triomphent, et alors on voit sur le programme, à côté de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite… et de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…, qui ne paraissent nullement effrayés d’un pareil voisinage, le nom d’un compositeur vivant auquel est donné l’ineffable bonheur d’assister à l’exécution de son œuvre. M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, M. ReberReber, Napoléon-HenriNapoléon-Henri Reber (Mulhouse, 21 octobre 1807 – Paris, 24 novembre 1880), compositeur. Il entra au Conservatoire de Paris en 1828 où il fut l’élève de Lesueur pour la composition. Il fut nommé professeur d’harmonie au Conservatoire en 1851 et de composition en 1862 à la suite d’HalLire la suite…, Mme FarrencFarrenc, Jeanne-LouiseJeanne-Louise Farrenc, née Dumont (Paris, 31 mai 1804 – Paris 15 septembre 1875), compositeur et pianiste. Elle étudia le piano avec Anne-Élisabeth Soria, élève de Clémenti et la composition avec Antonin Reicha. Elle enseigna le piano au Conservatoire de Paris de 1842 jusqu’à sa retraite Lire la suite…, M. Ambroise Thomas, M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… ont eu ainsi leur tour d’élection. Un jour enfin ce fut le tour de Wagner Wagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…; la Société des concerts du Conservatoire et la Société que dirige M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… ne sont certainement pas deux Sociétés rivales ; mais il n’est pas douteux que l’une stimule le zèle de l’autre, et de la rue Bergère on entend très distinctement les applaudissemens qui accueillent certaines œuvres exécutées au Cirque-Napoléon. La marche du TannhäuserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite… y avait produit un immense effet : la Société du Conservatoire a voulu, elle aussi, exécuter la marche du TannhäuserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite…, et, après nous l’avoir fait entendre l’année dernière, elle l’a rejouée avec non moins de succès cette année. Mais ce n’est partout : le magnifique final du premier acte de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… est à l’étude. Peu à peu le comité vaincra l’obstination et les préjugés du public ; peu à peu le public s’habituera aux tentatives hardies du comité. C’est bien d’applaudir con furore le menuet de la symphonie de la Reine : ce menuet est charmant ; mais l’enthousiasme systématique et réservé à une certaine catégorie de compositeurs ne valut jamais rien ; et l’on peut, il me semble, applaudir dans un même concert le menuet de la symphonie de la Reine et la danse des sylphes de la Damnation de FaustDamnation de Faust, LaLa Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties, Op. 24, pour solistes, double chœur, chœur d’enfants et orchestre sur un texte de Gérard de Nerval traduit de Wolfganf von Goethe avec des ajouts d’Almire Gandonnière, mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra-ComLire la suite…. Peut-être n’est-ce qu’une affaire de temps : je me souviens encore des premières auditions de la Nuit de Sainte-Walpurge et du Songe d’une nuit d’étéSonge d’une nuit d’étéSonge d’une nuit d’été (Ein Sommernachtstraum), ouverture (Op. 21) et musique de scène (Op. 61) de Felix Mendelssohn pour la comédie de Shakespeare traduite par August Wilhelm Schlegel, créée au Neues Schloss à Potsdam le 14 octobre 1843.Lire la suite…, de Mendelssohn ; on fit à ces deux chefs-d’œuvre un accueil assez froid, et pourtant Mendelssohn était déjà mort. Aujourd’hui ce sont presque des œuvres classiques.

Je ne crois pas que SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite… s’acclimate facilement dans la salle du Conservatoire ; l’essai qu’on y a fait de sa symphonie en si bémol n’a pas été très heureux, et il faut avouer que cette fois la froideur du public n’avait rien d’absolument systématique. Ce n’est pas là une œuvre hors ligne ni une œuvre complète ; à côté de parties assez originales, elle renferme des passages traités avec une simplicité qui est presque de l’inexpérience. J’y ai remarqué surtout une rentrée de cors et un point d’orgue de flûte que je ne m’attendais pas à rencontrer dans une composition d’un ordre aussi élevé. SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite… essaie quelquefois d’arriver à cette puissance magistrale, à cette éclatante sonorité que BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… obtenait par les moyens les plus simples ; il n’y réussi pas. Comparez, par exemple, la péroraison de sa symphonie en si bémol avec le final de l’ouverture d’EgmontEgmontEgmont, Op. 84, musique de scène pour la tragédie de Johann Wolfgang Goethe, créée au Burgtheater à Vienne le 15 juin 1810.Lire la suite… ; c’est la même sobriété de modulations voulue par les deux compositeurs ; mais où l’un est sublime et vous transporte, l’autre est vulgaire et ne vous émeut point. Il ne faut donc pas chercher la cause de la renommée dont SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite… jouit en Allemagne, surtout depuis qu’il est mort, dans ses grandes œuvres instrumentales. Son quintette (œuvre 44) pour piano, violons, alto et basse, son FaustScènes du Faust de GoetheScènes du Faust de Goethe (Szenen aus Goethes Faust), WoO 3, oratorio en trois parties pour soli, chœur d’adultes, chœur d’enfants et orchestre sur des extraits du Faust de Wolfgang Goethe mis en musique par Robert Schumann. Le final du Faust (Faust Verklärung) fut créé au Théâtre Royal Lire la suite…, la seconde partie du Paradis et la PériParadis et la Péri, LeLe Paradis et la Péri (Das Paradies und die Peri), Op. 50, action (Handlung) pour soli, chœur et orchestre sur un livret en allemand d’Emil Flechsig et Robert Schumann d’après Lalla Rookh de Thomas Moore mis en musique par Robert Schumann et créée (Schumann) au Gewandhaus de Leipzig le 4 dLire la suite…, sa collection de lieder et ses fantaisies pour le piano donnent une idée bien plus vraie, bien plus complète de son talent plein de poésie, de charme et d’originalité.

BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, à Moscou comme à Saint-Pétersbourg, reçoit les ovations des dilettantes russes ; le concert qu’il a donné dans la salle du Manège réunissait dix mille six cents auditeurs. On y a exécuté l’offertoire de son Requiem, morceau où le chœur ne chante qu’une lamentation monotone sur deux notes, et dont l’effet a été tel qu’on a dû le répéter au concert du Conservatoire qui a eu lieu le surlendemain. Après avoir assisté à une fête qui lui a été offerte dans la salle de l’Assemblée des Nobles, et à laquelle tout le monde artiste de Moscou avait été invité, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… est reparti pour Saint-Pétersbourg. La série des concerts classiques va être terminée ; la dernière séance sera exclusivement consacrée à l’audition des œuvres du maître : on y exécutera des fragmens de Roméo et JulietteRomeo et JulietteRoméo et Juliette, symphonie dramatique, Op. 17, pour solistes, chœur et orchestre sur un texte d’Emile Deschamps d’après William Shakespeare, composée par Hector Berlioz et créée à la Salle du Conservatoire de Paris le 24 novembre 1839.Lire la suite…, de la Damnation de FaustDamnation de Faust, LaLa Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties, Op. 24, pour solistes, double chœur, chœur d’enfants et orchestre sur un texte de Gérard de Nerval traduit de Wolfganf von Goethe avec des ajouts d’Almire Gandonnière, mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra-ComLire la suite… et la symphonie d’HaroldHarold en ItalieHarold en Italie, symphonie en quatre parties pour orchestre avec alto principal. Ecrite à la demande de Nicolo Paganini, elle fut créée à la salle du Conservatoire de Paris le 23 novembre 1834.Lire la suite… en entier. Il paraît que l’orchestre est admirable. — Quand on aura pu former un nombre de chanteurs suffisant, on exécutera la partition des TroyensTroyens, LesLes Troyens, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Hector Berlioz dont les trois derniers actes furent créés sous la direction de Berlioz au Théâtre-Lyrique de Paris le 4 novembre 1863 sous le titre: Les Troyens à Carthage.Lire la suite…, qui va être traduite en russe. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… oublie à Saint-Pétersbourg, au milieu d’amis et de fanatiques admirateurs de sa musique, ses souffrances morales et ses souffrances physiques ; mais il sera de retour à Paris dans quelques jours: ce sera la fin de son rêve.

E. Reyer

P.S. Je recommande aux amateurs de musique italienne le recueil de mélodies que vient de publier M. Emmanuel Muzio. Dans ce recueil, intitulé : les Feuilles d’orFeuilles d’or, LesLes Feuilles d’or, dix chants italiens d’Emanuele Muzio pour voix et piano. Ces chants étaient chantés par Carlotta Patti dans ses concerts. Adelina et sa sœur Calotta Patti étaient des élèves de chant d’Emanuele Muzio.Lire la suite…, on trouvera, sous une forme légère, de gracieuses pensées pleines d’originalité et de distinction. M. Muzio a été, je crois, l’un des professeurs de Mlle Adelina PattiPatti, Adela-Juana-Maria dite AdelinaAdela-Juana-Maria dite Adelina Patti (Madrid, 10 février 1843 – Craig-y-Nos près de Brecon/Pays de Galles, 27 septembre 1919), soprano. Peu après sa naissance, sa famille émigra aux États-Unis, où elle étudia le chant dès l’âge de neuf ans. Elle débuta à New York dans le rôle-titre de Lire la suite….

E. R.