Le Journal des Débats, 29 novembre 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  29 NOVEMBRE 1868.

REVUE MUSICALE.

ROSSINI. — Théâtre de l’Opéra : Les Huguenots Huguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…; Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…. — Théâtre-Lyrique : Iphigénie en Tauride Iphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…; Mme LacazeLacaze [Gaston Lacaze]Mme Gaston Lacaze (? – ?), soprano. Elle se produisit à Liège en durant la saison 1865-66. L’année suivante, elle fut ovationnée à Bordeaux quand elle remplaça au pied levé une chanteuse dans le rôle de Selika (L’Africaine, Meyerbeer). Elle chanta ensuite en représentation à Lyon enLire la suite….

Cette semaine, un évènement a occupé l’attention du monde musical, je devrais dire du monde entier : la mort de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…. Mais le deuil n’a pas été plus général ni l’émotion plus profonde que le lendemain du jour où l’auteur de Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, ressentant trop vivement la blessure faite à son amour-propre, brisait sa plume et se condamnait lui-même, dans toute la force de l’âge, dans tout l’éclat de son génie, à un silence qu’il n’eut pourtant pas le triste courage de ne rompre jamais. Une messe datée de 1832, les Soirées musicalesSoirées musicales, LesLes Soirées musicales, recueil de 12 mélodies pour voix et piano de Gioachino Rossini publié à Paris : au Dépôt central de la musique et de la librairie, 1835. Ce recueil contient huit ariettes et quatre duos en italien avec une traduction française de Louis-Ernest Crevel de Charlemagne. QuaLire la suite…, composées en 1840, quatre ariettesQuatre ariettes italiennesQuatre ariettes italiennes pour voix et piano de Gioachino Rossini. Elles furent publiées à Paris : Bonoldi frères, 1841.Lire la suite… italiennes qui parurent l’année d’après, un Stabat MaterStabat MaterStabat mater pour soli, chœur et orchestre de Gioachino Rossini. A l’origine, en 1831, Rossini n’avait composé qu’une partie du Stabat Mater et avait confié à son ami Giuseppe Tadolini d’en compléter 6 morceaux pour pouvoir offrir l’œuvre à Manuel Fernandez Varela, prélat et conseLire la suite…, trois chœurs avec soli et accompagnement d’orchestre : La Foi, l’Espérance et la CharitéLa Foi, L’Esperance, La CharitéLa Foi, L’Esperance, La Charité, trois chœurs religieux pour voix de femmes et piano sur des textes respectivement de Prospère Goubaux, Hippolyte Lucas et Louise Colet mis en musique par Gioachino Rossini. Ils furent créés à la salle Troupenas le 20 novembre 1844.Lire la suite…, l’opéra de Robert BruceRobert BruceRobert Bruce, opéra-pastiche en trois actes sur un livret français d’Alphonse Royer et Gustave Vaëz adapté à la musique de Gioachino Rossini par Louis Niedermeyer avec l’accord du compositeur et créé à l’Opera de Paris le 30 décembre 1846. L’œuvre emprunte de la musique des opérasLire la suite…, pastiche de Dona [Donna] del Lago, des Stances dédiées à Pie IX en 1847, les TitansChant des Titans, LeChant des Titans, chœur pour quatre voix d’hommes à l’unisson avec accompagnement de piano et d’harmonium sur un poème en français d’Emilen Pacini mis en musique par Gioachino Rossini. Cette version datée du 15 septembre 1861 fut orchestrée par Rossini et créée le 22 décembre 1861 Lire la suite…, scène lyrique écrite pour la Société des concerts, composition qui fut surtout remarquée à cause de l’originalité de sa dédicace et du luxe de son instrumentation, une messePetite messe solennellePetite Messe solennelle de Gioachino Rossini. Il en existe deux versions, dont la première pour douze voix solistes, deux pianos et harmonium fut créée dans la chapelle privée du comte Alexis Pillet-Will, directeur de la Caisse d’Épargne et régent de la Banque de France, le 14 mars 1864. La Lire la suite… exécutée pour la première fois chez un financier mélomane, et cinquante-huit ouvrages posthumes, dont la plupart sont des morceaux de piano auxquels l’illustre musicien, qui s’intitulait avec trop de modestie pianiste de quatrième classe, n’attachait peut-être pas une très grande importance, telles sont les œuvres par lesquelles RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…, dans une période de quarante années et à des intervalles très inégaux, sortit du rôle passif qu’il s’était volontairement imposé. Mais ce fut presque toujours pour céder à de pressantes et amicales sollicitations, quelquefois aussi pour se débarrasser d’obsessions importunes dont le but spéculatif ne lui échappait pas. Aussi, tout en tenant compte du mérite de ces œuvres et de leur valeur relative, est-il impossible de les considérer comme des tentatives sérieuses faites par le célèbre compositeur pour se mêler au mouvement musical qu’il voyait avec plus d’étonnement que d’indifférence succéder à la révolution que lui-même avait accomplie. Fatigué de gloire à un âge où tant d’autres depuis longtemps entrés dans la carrière, attendent encore leur premier succès, l’indolence de son caractère le fit songer aux douceurs d’une retraite prématurée, et il laissa à ceux qui venaient de contester l’œuvre la plus complète de son génie, le soin de préparer son apothéose. « Un succès de plus, dit-il alors, n’ajouterait rien à ma renommée ; une chute pourrait y porter atteinte ; je n’ai pas besoin de l’un, et je ne veux pas m’exposer à l’autre. » Il se reposa donc pendant près d’un demi-siècle, trouvant qu’il avait assez fait pour rendre son nom impérissable et ne pas redouter les rivaux que la faveur inconstante du public devait bientôt lui imposer. Cette attitude, diversement appréciée, d’un grand artiste au milieu des agitations et des luttes glorieuses dont il était le témoin, est sans exemple dans l’histoire de la musique. Et il n’est pas plus facile de la comprendre que de l’expliquer. RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… lui-même n’a pas suffisamment éclairé ses biographes sur une question qui sera peut-être résolue un jour, et sans que l’élévation de son caractère et son amour pour l’art auquel il devait une si éclatante renommée aient à en souffrir. Les momens de découragement après les disgrâces imméritées, les colères mêmes contre l’ignorance, le mauvais goût et le faux jugement de la foule, sont des accidens fréquens dans la vie des plus grands artistes, surtout de ceux qui ont devancé leur époque ; mais la carrière de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… avait été assez facile et assez belle pour qu’il put supporter avec plus de philosophie et moins de rancune un premier échec dont le talent d’un grand chanteur devait faire quelques aunées après une nouvelle victoire. On a donné une autre cause à la résolution prise par l’illustre maître. Le gouvernement de Charles XCharles X de BourbonCharles-Philippe de Bourbon, dit Charles X (Versailles, 9 octobre 1757 – Goritz/Autriche 6 novembre 1836), roi de France. Il est le cinquième enfant et troisième fils du dauphin Louis, fils de Louis XV et de Marie-Josèphe de Saxe. Il gouverna à la Restauration, succédant le 16 novembre 1824 Lire la suite… lui avait fait une position brillante, et lucrative aussi, en le nommant intendant général de la musique du roi et inspecteur général du chant en France : « sinécures, dit M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, qui ne lui imposaient d’autres obligations que celle de recevoir un traitement annuel de vingt mille francs et d’être pensionné si, par des circonstances imprévues, ses fonctions venaient à cesser. » La révolution de Juillet emporta, avec bien d’autres choses, la place et les émolumens. Le procès que soutint RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… contre les commissaires de la liquidation de la liste civile ne dura pas moins de cinq ou six ans : il eut la chance de le gagner et s’en alla en Italie se délasser des ennuis de la procédure. Douze ans plus tard, la révolution de 1848 le chassait de Bologne, et, après un séjour de quelques années à Florence, où sa santé, fortement ébranlée par les événemens auxquels il venait d’assister, donnait à ses amis de sérieuses inquiétudes, il voulut revoir la France et arriva à Paris, à petites journées, en 1853. Là, il retrouva d’anciennes affections et vit chaque jour s’agrandir autour de lui le cercle de ses amis et de ses admirateurs ; quand il passait dans un lieu public, la foule le saluait avec respect ; il avait sa statue sous le péristyle de l’Opéra, où l’on donnait quelquefois en son honneur, comme lever de rideau à une œuvre chorégraphique, un acte de MoïseMoïse et PharaonMoïse et Pharaon, opéra en 4 actes sur un livret de Luigi Balocchi et Etienne de Jouy mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 26 mars 1827. Lire la suite… ou de Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, tout entier.

Je n’ai pas l’intention d’écrire la biographie de Rossini Rossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…; assez d’autres avant moi se sont chargés de ce soin ; j’ai tenu seulement à rappeler que son désir de revoir la France et l’accueil qu’il reçut parmi nous n’expliquent ni les rancunes qu’on lui prête, ni la résolution dans laquelle il persista toujours de ne plus écrire pour la scène française. Quant aux mots que la chronique a peut-être trop soigneusement recueillis, et par lesquels il aurait exprimé son ironie et même son dédain à l’égard de certaines œuvres dont les formes nouvelles devaient pourtant réveiller ses souvenirs plutôt qu’exciter ses sarcasmes, il ne convient pas d’y ajouter plus d’importance qu’ils ne méritent. Des hommes de beaucoup d’esprit, et certes RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… n’en manquait pas, sont quelquefois excités à des plaisanteries dont il (sic) rient volontiers, et qu’ils regrettent ensuite lorsque la malignité publique ou le zèle de disciples trop fervens veut les élever à la hauteur de sentences immuables et de jugemens sans appel. De ces plaisanteries, il suffirait d’en rappeler une seule et de la mettre en parallèle avec l’attachement profond et l’admiration sincère que RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… témoigna pendant toute sa vie au plus grand compositeur dramatique de notre époque, pour ôter, à celle-là comme aux autres, jusqu’à la moindre apparence de vérité et de raison. Lui, l’inventeur des crescendo formidables et des ensembles pompeux, ne savait-il pas mieux que personne que le sabbatStabat MaterStabat mater pour soli, chœur et orchestre de Gioachino Rossini. A l’origine, en 1831, Rossini n’avait composé qu’une partie du Stabat Mater et avait confié à son ami Giuseppe Tadolini d’en compléter 6 morceaux pour pouvoir offrir l’œuvre à Manuel Fernandez Varela, prélat et conseLire la suite… de ce juif n’était ni plus bruyant ni plus antimusical que celui qu’il avait fait en son temps, et dont quelques unes de ces œuvres, il faut l’espérer, porteront le souvenir à la postérité la plus reculée ? Car on ne saurait trop le répéter à ceux qui semblent admirer exclusivement dans l’œuvre de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… les brillans effets d’une transformation purement mélodique et l’art avec lequel il a su mettre en relief la virtuosité des chanteurs. Evidemment il a créé des formes nouvelles, et l’art du chant lui doit d’incontestables progrès ; mais il faut aussi lui tenir compte de ses recherches harmoniques, de ses innovations même, et du développement qu’il a donné au rôle de l’instrumentation. Si RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… est né en Italie, il n’en a pas moins été le contemporain de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. La science le guidait bien moins que son merveilleux instinct : il avoue lui-même qu’il ne fit jamais d’études complètes et qu’il avait peu de goût pour les formules scolastiques ; mais ce qu’il n’apprit point, il le devina, et HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite… et MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… furent toujours ses maîtres de prédilection, les maîtres dont il admirait le plus le génie et qu’il consultait sans cesse. Sa fécondité est proverbiale ; l’impulsion qu’il a donnée en Italie à la musique dramatique est immense, et, devant une tombe à peine fermée, convient-il de se livrer à de puériles discussions d’école ? Je ne le pense pas. Et d’ailleurs, quel est le musicien qui peut se défendre d’un sentiment d’admiration et de respect pour cette grande gloire qui vient de s’éteindre ? On a cité de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… une parole que je veux répéter, à mon tour, en manière de conclusion à cette courte apologie qui n’a, je le sais, ni le caractère d’une étude sur le maître, ni l’intérêt d’une notice biographique : « La musique, a-t-il dit, est un art fugitif ; ce qu’admirait un siècle, un autre siècle le dénigre, et le courant de la mode entraîne bien souvent avec lui ce qu’une génération croyait impérissable. J’espère pourtant que trois choses me survivront : le 3e acte d’OthelloOthelloOthello, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Berio di Salsa, d’après Shakespeare, traduit en français par Alphonse Royer et Gustave Vaëz, mis en musique par Gioachino Rossini et créé à l’Opéra de Paris le 2 septembre 1844.Lire la suite…, le 2e de Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, et le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite… tout entier. » Avec quel profond sentiment d’amertume a-t-il dû formuler ce jugement sévère, le compositeur qui, dans l’espace d’une vingtaine d’années, a écrit plus de cinquante ouvrages ! La pensée de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… était bien plus consolante : « Un compositeur, dit-il quelque temps avant sa mort, peut mourir content s’il laisse après lui un chef-d’œuvre. »

On a fait à RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… de magnifiques funérailles, et ce n’est pas sans peine que l’on est parvenu à vaincre la résistance de ceux qui voulaient que l’on respectât, dans leur expression la plus simple et la plus absolue, les dernières volontés de l’illustre défunt. Le Théâtre-Lyrique a couronné son buste deux fois ; l’indisposition d’un ténor avait empêché jusqu’à aujourd’hui le théâtre de l’Opéra de lui rendre le même hommage. Et l’on dit que faute d’un moine l’abbaye ne chôme pas !

Qu’on me permette maintenant de relever un passage du testament de l’illustre maître à propos du don annuel de 3,000 fr. qui sera fait en son nom à l’auteur, désigné par un jury académique, de la meilleure composition de musique religieuse ou lyrique, « lequel devra s’attacher principalement à la mélodie, si négligée aujourd’hui. » Jeunes gens qui prendrez part à ce concours, acceptez le don et ne soyez point blessés par l’épigramme. C’est surtout à vos aînés dans la carrière qu’elle s’adresse.

On sait que la reprise des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite… n’a pas eu lieu sans incidens et accidens. C’était à croire que quelque jettatore s’était glissé dans les coulisses de l’Opéra. Mais après le succès de la troisième soirée, on peut espérer que la direction, étant parvenue à conjurer l’esprit méchant, va recueillir enfin le fruit des trois mois d’étude qu’elle a consacrés à remonter le chef-d’œuvre de Meyerbeer Meyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…; car on ne remonte pas un opéra comme on remonte une pendule. Le principal attrait de la représentation qui a eu lieu mercredi dernier, c’était Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… chantant pour la première fois le rôle de Marguerite. Chacun a pu remarquer l’émotion de la débutante, et cette émotion n’a pas nui à son succès. La distinction et les finesses du talent de Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… n’ont peut-être pas besoin d’un cadre aussi vaste que celui de notre première scène lyrique ; mais partout où ce talent se produira, ses charmantes qualités ne peuvent manquer d’être appréciées. Voilà donc Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… vouée aux rôles de princesses. Après la reine de Navarre, la princesse Isabelle, la princesse Eudoxie et Mathilde, fille des rois, qui est également une princesse. Ces rôles de princesses, bien qu’ils ne comptent ni parmi les premiers ni même parmi les meilleurs du répertoire, puisque quelques uns ont été jugés dignes du talent de Mlle HamackersHamackers, Caroline-Frederique-BernardineCaroline-Frédérique-Bernardine Hamakers, (Louvain, 12 juin 1836 – Bruxelles 24 octobre 1912), soprano. Elle étudia à Louvain avec Mme Mathieu-Morin puis au Conservatoire de Bruxelles. Elle débuta au concert en 1855 puis, à la recommandation d’Eugene Scribe, elle vint à Paris et étudia avLire la suite…, sont maintenant échus en partage à Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…. Elle jouera cependant Zerline, et nous lui devrons peut-être une éclatante reprise de LucieLucie de LamermoorLucie de Lammermoor, opéra en trois actes sur un livret de Salvatore Cammarano d’après le roman de Scott, The Bride of Lammermoor, traduit en français par Alphonse Royer et Gustave Vaëz, mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre de la Renaissance le 10 août 1839.Lire la suite…. Ah ! que nous eussions mieux aimé la revoir sous les traits de la blonde Marguerite ou de la jeune et poétique amante de Roméo, ailleurs qu’à l’Opéra !

L’engagement de Mme Marie Sass est sur le point d’expirer, et, jusqu’à présent du moins, il n’est pas question de le renouveler. Les études d’ArmideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, depuis longtemps interrompues, ne seront donc pas reprises de sitôt ; mais la direction de l’Opéra n’en redouble pas moins d’activité pour nous donner prochainement FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… et un ballet nouveau. Une note publiée par quelques journaux, et dont l’origine officielle n’est pas douteuse, doit avoir calmé la susceptibilité de Mlle NilssonNilsson, ChristineChristine Nilsson (Sjöabol, près de Växjö/Suède, 20 août 1843 – Stockholm, 22 novembre 1921), soprano. Elle étudia le chant avec Franz Adolf Berwald à Stockholm puis vint se perfectionner à Paris auprès de Victor Massé et d’Enrico Delle Sedie. En 1864, elle débuta dans le rôle-titre dLire la suite…, susceptibilité empreinte d’une trop grande modestie. — Il est bien décidé que ce sera Mlle NilssonNilsson, ChristineChristine Nilsson (Sjöabol, près de Växjö/Suède, 20 août 1843 – Stockholm, 22 novembre 1921), soprano. Elle étudia le chant avec Franz Adolf Berwald à Stockholm puis vint se perfectionner à Paris auprès de Victor Massé et d’Enrico Delle Sedie. En 1864, elle débuta dans le rôle-titre dLire la suite… qui chantera dans FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… le rôle de Marguerite. Ceux qui ont eu, comme moi, l’heureuse fortune de voir représenter à Berlin le délicieux ouvrage de M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… peuvent compter qu’à l’Opéra la représentation n’en sera ni moins brillante sous le rapport de la mise en scène et des décors, ni moins irréprochable sous le rapport de l’exécution. Et ceux-là pourront se donner le plaisir de comparer Mlle NilssonNilsson, ChristineChristine Nilsson (Sjöabol, près de Växjö/Suède, 20 août 1843 – Stockholm, 22 novembre 1921), soprano. Elle étudia le chant avec Franz Adolf Berwald à Stockholm puis vint se perfectionner à Paris auprès de Victor Massé et d’Enrico Delle Sedie. En 1864, elle débuta dans le rôle-titre dLire la suite… non seulement à Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, mais aussi à Mme Pauline LuccaLucca, PaulinePauline Lucca (Vienne, 25 avril 1841 – Vienne, 28 février 1908), soprano. Elle étudia avec Richard Lévy et fut engagée dans le chœur de l’opéra de Vienne. Elle débuta à Olomuc en 1859 dans le rôle d’Elvira (Ernani, Verdi). L’année suivante, elle triompha à Prague dans le rôle de Lire la suite…, le talent le plus fin, le plus souple et le plus gracieux, la voix la plus fraîche, la physionomie la plus séduisante qu’il soit possible de rencontrer aujourd’hui chez une cantatrice. Mme Pauline LuccaLucca, PaulinePauline Lucca (Vienne, 25 avril 1841 – Vienne, 28 février 1908), soprano. Elle étudia avec Richard Lévy et fut engagée dans le chœur de l’opéra de Vienne. Elle débuta à Olomuc en 1859 dans le rôle d’Elvira (Ernani, Verdi). L’année suivante, elle triompha à Prague dans le rôle de Lire la suite… n’est pas moins remarquable dans les rôles dramatiques que dans les rôles de comédie ou de demi-caractère : un jour elle joue Chérubin, le lendemain elle joue Marguerite ou Valentine. Et c’est une chose surprenante (surprenante pour nous), que la variété du répertoire de l’Opéra royal de Berlin. Voici, pris au hasard, le programme d’une semaine, du 1er au 8 novembre inclusivement :

Dimanche       Lac des FéesLac des fées, LeLe Lac des fées, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Mélesville (pseudonyme de Anne-Honoré-Joseph Duveyrier), mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber, est créé à l’Opéra de Paris le 1er avril 1839.Lire la suite…, d’Auber.

Lundi               L’Etoile de TuranDer Stern von Turan (L’Etoile de Turan)Der Stern von Turan (L’Etoile de Turan), opéra en quatre actes sur un livret allemand de Ernst Wichert et Paul Heyse mis en musique par Richard Ferdinand Wüerst et créé à l’Opéra de cour de Berlin le 14 décembre 1864.Lire la suite…, de Richard Würst [Wüerst]Wüerst, Richard FerdinandRichard Ferdinand Wüerst (Berlin, 22 février 1824 – Berlin, 9 octobre 1881), professeur et compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Rungenhagen à Berlin puis avec Felix Mendelssohn à Leipzig et le violon avec Ferdinand David à Leipzig, avant de partir en voyage d’études à FraLire la suite….

Mardi              FidelioFidelioFidelio, opéra en deux actes sur un livret en allemand de Joseph Sonnleithner remanié par Stephan von Breuning puis par Georg Friedrich Treitschke et cree au Kärntnertortheater de Vienne le 23 mai 1814.Lire la suite…, de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite….

Mercredi         Les Noces de FigaroNoces de Figaro, LesLes Noces de Figaro (Le nozze di Figaro), K.V. 492, opera buffa en quatre actes sur un livret en italien de Lorenzo Da Ponte, d’après Beaumarchais, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Burgtheater de Vienne le 1er mai 1786.Lire la suite…, de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite….

                          Joseph en Egypte, de Méhul.

Jeudi                Les Mousquetaires de la reineMousquetaires de la reine, LesLes Mousquetaires de la reine, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromental Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 3 février 1846.Lire la suite…, d’Halévy.

Vendredi         Margarethe (Faust), de GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite….

Samedi            RienziRienziRienzi, opéra en cinq actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 20 octobre 1842. La version en français due à Charles Nuitter et Jules Guillaume fut créée au Théâtre-Lyrique de Paris le 6 avril 1867.Lire la suite…, de Wagner.

Dimanche       La Flûte enchantéeFlûte enchantée, LaLa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), singspiel en deux actes sur un livret en allemand d’Emmanuel Schikaneder mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart, créé au Théâtre Auf-der-Wieden à Vienne le 30 septembre 1791.Lire la suite…, de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite….

Comme nous rompons peu à peu avec les anciens usages et les vieilles traditions, puisque nous en sommes arrivés à fusionner sur une même scène des genres différens, il est probable que, dans un temps donné, le théâtre impérial de l’Opéra, comprenant qu’il serait tout aussi utile qu’avantageux pour lui de faire une place égale au répertoire classique et au répertoire moderne, jouera tous les jours, ainsi que cela a lieu au théâtre royal de Berlin. C’est, du reste, le vœu qu’a souvent exprimé devant moi le directeur de notre première scène lyrique.

M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… nous avait rendu l’OrphéeOrphée et EurydiceOrphée et Euridice, drame héroïque en trois actes sur un livret de Pierre-Louis Moline mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 2 août 1774.Lire la suite… de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, avec Mme Pauline Viardot ; M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… vient de nous rendre Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, avec Mme LacazeLacaze [Gaston Lacaze]Mme Gaston Lacaze (? – ?), soprano. Elle se produisit à Liège en durant la saison 1865-66. L’année suivante, elle fut ovationnée à Bordeaux quand elle remplaça au pied levé une chanteuse dans le rôle de Selika (L’Africaine, Meyerbeer). Elle chanta ensuite en représentation à Lyon enLire la suite…. Le succès d’IphigénieIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… atteindra-t-il aux mêmes proportions que celui d’Orphée ? Orphée et EurydiceOrphée et Euridice, drame héroïque en trois actes sur un livret de Pierre-Louis Moline mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 2 août 1774.Lire la suite…j’en doute. Ce ne sera pourtant pas tout à fait la faute de Mme LacazeLacaze [Gaston Lacaze]Mme Gaston Lacaze (? – ?), soprano. Elle se produisit à Liège en durant la saison 1865-66. L’année suivante, elle fut ovationnée à Bordeaux quand elle remplaça au pied levé une chanteuse dans le rôle de Selika (L’Africaine, Meyerbeer). Elle chanta ensuite en représentation à Lyon enLire la suite…. Cette artiste a du talent et ne manque pas de justesse dans l’expression dramatique ; mais sa voix, dont le timbre est légèrement voilé, n’a ni la puissance ni l’étendue qui conviennent au rôle d’Iphigénie. On peut lui reprocher aussi un chevrotement continuel, qui malheureusement ne saurait être attribué aux émotions d’un premier début. A part les deux chœurs des Scythes, si énergiques de rythme et si pittoresquement instrumentés ; à part les airs de ballet sur lesquels les guerriers exécutent un combat simulé (on aurait bien dû nous donner le ballet tout entier), l’air de Pylade : Unis dès la plus tendre enfance, la scène des FuriesIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… pendant le sommeil d’Oreste, et l’air d’Iphigénie à la fin du second acte, les sublimes beautés de la partition de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… n’ont pas été parfaitement comprises. Peut-être aurait-il fallu des artistes de premier ordre et une mise en scène splendide pour les révéler au public. Ces magnifiques récitatifs : le songe d’Iphigénie au premier acte, le dialogue entre Oreste et Pylade : Quel silence effrayant, quelle douleur funeste ! la scène dans laquelle le parricide Oreste raconte à sa sœur la mort d’Agamemnon et le meurtre de Clitemnestre [Clytemnestre], les fureurs et les tourmens du héros qu’accompagnent de terribles accords en arpège, les hésitations et les angoisses d’Iphigénie au moment du sacrifice, ces éternels modèles de déclamation lyrique, malgré les coupures nécessaires qu’on a cru devoir leur faire subir, n’ont pas produit, sur les spectateurs l’émotion à laquelle on s’attendait. Et il n’y a pas eu dans la salle le moindre tressaillement, le moindre signe d’admiration, d’enthousiasme, que dis-je ? la claque n’a même pas applaudi l’air d’Oreste : Le calme rentre dans mon cœur, qui est une des plus touchantes et des plus sublimes inspirations de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…. Est-il donc vrai de dire que le goût du public s’améliore ? Et M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, auquel on fait honneur de cette amélioration, M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, habitué aux ovations dominicales des fidèles de ses concerts, que doit-il penser de l’attitude du public du Théâtre-Lyrique devant l’un des chefs-d’œuvre les plus parfaits et les plus splendides de la musique dramatique ? C’est M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… lui-même qui a dirigé l’orchestre ; il s’est acquitté d’une façon tout à fait digne d’éloge de cette tâche difficile. Le second chœur des Scythes n’a pas été pris, il me semble, dans un mouvement assez rapide, et on aurait pu désirer, dans l’ensemble de l’exécution, des nuances mieux indiquées ; mais ce sont là de légères critiques qui ne sauraient empêcher les artistes admirateurs de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… de témoigner toutes leurs félicitations, toute leur reconnaissance à M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, directeur et chef d’orchestre. Quant à l’idée de faire exécuter comme lever de rideau au quatrième acte d’Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, le larghetto d’un quintette de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, elle n’est pas des plus heureuses. C’est absolument comme s’il prenait fantaisie un jour à M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… d’intercaler dans une symphonie de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… quelque fragment détaché de l’œuvre de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite….

Le tyran Thoas (M. CaillotCaillot, Jean-Baptiste Caillou ditJean-Baptiste Caillou dit Caillot (Champigny/Yonne, 26 mai 1839 – Paris, 17 août 1875), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2nd prix de d’opéra-comique en 1863. Il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris cette même année et se produisit entre autres dans L’ÉpLire la suite…) n’a pas fait suffisamment ressortir les énergiques beautés de son grand air du premier acte : De noirs pressentimens mon âme est agitée ; mais M. BosquinBosquin, Jules-AlexandreJules-Alexandre Bosquin (Deville-lès-Rouen/Seine-Inférieure, 29 septembre 1843 – Paris, 25 mars 1909), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er accessit d’opéra en 1864, un 2e accessit d’opéra-comique en 1864 et 2nd prix de chant en 1865. Cette même année, il fuLire la suite… a chanté le rôle de Pylade avec beaucoup d’intelligence et de goût. On ne saurait trop remercier les artistes du Théâtre-Lyrique, quel que soit le talent dont ils aient fait preuve, d’avoir respecté le texte de la partition, tandis que l’on voit ailleurs des chanteurs du premier ordre, et même de tous les ordres, se permettre les plus coupables licences à l’égard de certaines œuvres qu’ils finiront par rendre méconnaissables à force de les dénaturer au seul profit de leur virtuosité. L’orchestre et les chœurs ne doivent point être oubliés : ils ont été bien dirigés et se sont vaillamment conduits.

On a critiqué bien sévèrement le poëme d’Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, un poëme sans amour. Et qu’importe l’amour dans une œuvre où tant d’autres passions s’agitent ? N’y a-t-il pas d’ailleurs, dans le livret de GuillardGuillard, Nicolas-FrançoisNicolas-François Guillard (Chartres, 16 janvier 1752 – Paris, 26 décembre 1814), librettiste.  Après avoir collaboré à des recueils de plusieurs auteurs en 1776 et 1777, il écrivit pour Gluck le livret d’Iphigénie en Tauride (1781), considéré comme l’un des meilleurs du XVIIIe sièclLire la suite…, imitateur d’EuripideEuripideEuripide (Salamine, Grèce 480 – Pella, Grèce 406 av. J.-C.), auteur dramatique grec. Il innova la tragédie antique en rajeunissant les mythes et en introduisant une importante analyse psychologique entre autres. Parmi ses œuvres on cite : Alceste, Médée, Hippolyte, Andromaque, Electre, Les Lire la suite…, de très beaux vers et des situations extrêmement pathétiques ? On fait autrement aujourd’hui, mais on ne fait pas mieux.

Je tiens de bonne source, et je n’ose cependant donner cette nouvelle sous ma garantie personnelle, que LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite… va retourner à Weimar, où il a longtemps occupé le poste très honorable et très envié de directeur général de la musique du grand-duc, poste dans lequel il n’a jamais été remplacé. En reprenant ses anciennes fonctions, l’abbé LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite… jettera-t-il le froc aux orties ?  C’est probable. Mais il me semble, dans tous les cas, que l’art militant peut bien reconquérir un apôtre sans que pour cela l’Eglise catholique perde un de ses disciples les plus zélés et les plus convaincus.

E. REYER.