Le Journal des Débats, 14 novembre 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  14 NOVEMBRE 1868.

REVUE MUSICALE.

Théâtre-Lyrique : Discours d’ouverture. — Fantaisies-Parisiennes : La Fête du village voisinFête du village voisin, LaLa Fête du village voisin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Charles-Augustin Sewrin mis en musique par François-Adrien Boieldieu et créé à l’Opéra-Comique le 5 mars 1816.Lire la suite…. — Le NéophyteNéophyte, LeLe Néophyte. Musique d’un tableau de Gustave Doré. Méditation pour piano d’Auguste-Emmanuel Vaucorbeil. L’œuvre est dédiée en « hommage à Rossini ».Lire la suite…, musique d’un tableau de Gustave Doré. — Méditation pour piano, par A.-E. VaucorbeilVaucorbeil, Auguste-Emmanuel Ferville ditAuguste-Emmanuel Ferville dit Vaucorbeil (Veaucorbeil) (Rouen, 15 décembre 1821 – Paris, 2 novembre 1884), compositeur et directeur de théâtre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxième prix de solfège en 1838. Il composa des mélodies ainsi que de la musique de chambre,Lire la suite…. — Poëme d’avrilPoèmes d’avril, op. 14Poèmes d’avril, op. 14, recueil de huit mélodies pour voix et piano sur des poèmes d’Armand Silvestre mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre est dédiée à Ernest Reyer.Lire la suite…, par J. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite…. — Mélodies de MM. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite…, Duvivier et Camille Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite…. — Opéra : Reprise des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite….

On s’attendait à un coup de tonnerre, et dans ce ciel où il n’y a plus d’étoiles, c’est à peine si l’on a vu briller quelques éclairs…

Le Théâtre-Lyrique était mort, ou du moins il était bien malade ; ses médecins ordinaires ne pouvaient plus rien pour lui. Cependant, quand ils le virent près de sa fin, ils lui conseillèrent de changer d’air, et l’envoyèrent en Italie, c’est-à-dire aux Italiens. Clopin clopant, il prit le chemin de la salle Ventadour, emportant seulement quelques décors, l’élite de sa troupe, et laissant à la maison peu de monde, de vieux meubles usés et son plafond lumineux. Mais hélas ! dans cette serre chaude qui, en hiver, est le jardin du dilettantisme parisien, il s’aperçut bientôt que ce n’était pas pour lui que fleurissait l’oranger. Il avait fait un voyage coûteux, un voyage inutile, et, étant à toute extrémité, il dut rentrer au plus vite afin de mettre un peu d’ordre dans ses affaires. Un théâtre qui a toujours vécu honnêtement doit aimer mourir de même. Pendant quelques mois on ne sut au juste s’il était mort ou si son état était purement léthargique. Mais on se doutait bien que, pour le ressusciter ou pour le sauver, il fallait l’intervention de la Providence et d’un habile praticien. C’est alors qu’on vit arriver au chevet du moribond le docteur PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, instrument d’une combinaison véritablement providentielle.

Les affiches sont les bulletins de la santé d’un théâtre. Le jour où les affiches du Théâtre-Lyrique cessèrent de paraître, ce fut une inquiétude générale, et l’art musical prit le deuil ; nous vécûmes longtemps dans une anxiété cruelle. Enfin une affiche parut, une affiche qui ne disait pas grand’chose, et qui en disait beaucoup cependant : le Théâtre-Lyrique, comme le phénix, renaissait de ses cendres. Pas de programme d’abord sur cette feuille de papier qui miroitait aux regards du public ; mais on savait ce qu’on pouvait attendre du chef plein de vaillance appelé, par l’éclat de sa renommée et une protection toute spéciale, à procéder aux nouvelles destinées du théâtre. On attendit. Et les moindres mots du nouveau directeur furent soigneusement recueillis ; on épiait ses moindres démarches. Ainsi l’on apprît qu’il cherchait une étoile, d’autres disaient un chef-d’œuvre, et qu’il était parti pour l’Allemagne. Mais il parlait peu et semblait ne vouloir faire à personne la confidence de ses projets. Ce qui avait été annoncé la veille était démenti le lendemain. Prompt à jouer son rôle, il avait déjà ces allures mystérieuses particulières aux diplomates, et qui ont fait un renom d’habileté à certains directeurs. Etait-il allé en Allemagne ou s’était-il arrêté à Zurich ? Reviendrait-il avec Mme LuccaLucca, PaulinePauline Lucca (Vienne, 25 avril 1841 – Vienne, 28 février 1908), soprano. Elle étudia avec Richard Lévy et fut engagée dans le chœur de l’opéra de Vienne. Elle débuta à Olomuc en 1859 dans le rôle d’Elvira (Ernani, Verdi). L’année suivante, elle triompha à Prague dans le rôle de Lire la suite…, avec le ténor WachtelWachtel, TheodorTheodor Wachtel (Hambourg, 10 mars 1823 – Francfort, 14 novembre 1893), ténor. Il étudia avec Julie Grandjean et débuta à Hambourg en 1849. Après s’être produit dans plusieurs villes allemandes, il fut engagé en 1862 à l’opéra de la cour de Berlin, où il se produisit jusqu’en 1879.Lire la suite… ou seulement avec M. Nachbauer Nachbaur, Franz IgnazFranz Ignaz Nachbaur (Schloss Giessen/Wurtemberg, aujourd’hui Kressbronn an Bodensee, 25 mars 1835 – Munich, 21 mars 1902), ténor. Il fit ses études à l’école polytechnique de Stuttgart tout en suivant des cours de chant avec le baryton Jan Křtitel Píšek, avant de rejoindre un chœur àLire la suite…? Rapporterait-il LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite…, les Maîtres-Chanteurs ou RienziRienziRienzi, opéra en cinq actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 20 octobre 1842. La version en français due à Charles Nuitter et Jules Guillaume fut créée au Théâtre-Lyrique de Paris le 6 avril 1867.Lire la suite…, qui est à l’œuvre de M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… ce que ObertoOberto conte di san BonifacioOberto conte di san Bonifacio, opéra en deux actes sur un livret en italien d’Antonio Piazza et Temistocle Solera mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de la Scala de Milan le 17 novembre 1839.Lire la suite…, conte di San-BonifazioOberto conte di san BonifacioOberto conte di san Bonifacio, opéra en deux actes sur un livret en italien d’Antonio Piazza et Temistocle Solera mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de la Scala de Milan le 17 novembre 1839.Lire la suite…, est à l’œuvre de M. Verdi Verdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…? Quand l’esprit public en est réduit à marcher dans la voie des conjectures, il va par zigzags et par soubresauts, mais rien ne l’arrête. Pour quelques uns, M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… n’avait pas quitté Paris ; on l’avait vu frapper à la porte de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. C’était en effet une bonne pensée d’aller demander à l’illustre maître Benvenuto CelliniBenvenuto CelliniBenvenuto Cellini, opéra en deux actes sur un livret de Léon Wailly et Auguste Barbier mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra de Paris le 10 septembre 1838.Lire la suite… ou la Prise de Troie (la première partie des TroyensTroyens, LesLes Troyens, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Hector Berlioz dont les trois derniers actes furent créés sous la direction de Berlioz au Théâtre-Lyrique de Paris le 4 novembre 1863 sous le titre: Les Troyens à Carthage.Lire la suite…), un chef-d’œuvre qui fera un jour la fortune de l’éditeur, et qui n’est guère connu aujourd’hui que d’un très petit nombre de musiciens. Cette bonne pensée, pourquoi M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… ne l’aurait-il pas eue ? D’autres affirmaient que Mme Marie Sass, séparée de l’Opéra par une question d’argent, revenait au berceau de ses premiers succès avec la partition d’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite…. M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… avait en poche la signature de la célèbre artiste. Ceux qui doutaient qu’un accord parfait pût exister entre M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… et Mme Marie Sass, peut-être parce qu’il leur paraissait impossible que Mme Marie Sass quittât l’Opéra ou que l’Opéra la laissât partir, ceux-là jetaient les yeux, chaque matin, sur l’affiche du Théâtre-Lyrique, persuadés qu’à défaut d’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite… ils allaient y lire l’annonce de quelque chef-d’œuvre classique. Les vieux maîtres de la symphonie avaient fait la fortune de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, directeur des Concerts populaires ; n’était-il pas naturel que M  Pasdeloup, directeur d’un théâtre créé pour les jeunes compositeurs, demandât ses premiers succès aux vieux maîtres du drame lyrique ? Cette supposition perdit beaucoup de sa valeur lorsqu’une seconde affiche, un peu plus explicite que la première, publia les noms des artistes composant la troupe. Il faut avoir donné de sérieuses garanties de talent et posséder certaines qualités spéciales pour aborder sans péril le répertoire classique, et parmi ces noms il en était deux ou trois tout au plus qui dans ce genre s’étaient déjà signalés. Les autres semblaient indiquer que la voie suivie par le nouveau directeur serait celle de l’opéra léger, appelé quelquefois, non sans raison, opéra comique. Enfin les commentaires durent cesser et les suppositions s’arrêter devant l’évidence. Le sphinx avait parlé : une troisième espèce d’affiche, celle-là suffisamment éloquente, apprenait au public que le Théâtre-Lyrique inaugurait sa réouverture par le Val d’AndorreVal d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite… et le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…. Je ne m’explique pas que tant de gens se soient montrés surpris et même désappointés. L’archet de M  Pasdeloup, archet qui par moment a des tournoiemens vertigineux, n’est pourtant point une baguette magique. En deux ou trois répétitions, quelquefois plus, quelquefois moins (cela dépend du soin qu’on y met), on peut bien venir à bout d’une méditation, d’un prélude, d’un fragment symphonique, et même d’une symphonie tout entière ; mais autre chose est de mettre sur pied un grand ouvrage lyrique inconnu aux chanteurs, peu connu de l’orchestre. Ailleurs on l’étudie pendant de longs mois, puis il arrive qu’on y renonce ; comment une pareille besogne pourrait-elle se faire en quelques semaines au Théâtre-Lyrique, où les élémens nécessaires sont relativement fort restreints, surtout au lendemain d’une terrible secousse ? Si M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, qui se transforme aussi facilement que le Protée de la fable, et comme le Protée de l’histoire, est renommé par la prudence de ses desseins ; M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, directeur des Concerts populaires, directeur des Concerts de l’Hôtel-de-Ville, directeur de l’Orphéon de la rive gauche, et directeur du Théâtre-Lyrique ; si M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… qui, dans mainte occasion solennelle, ne croira pas déroger en prenant la place de son chef d’orchestre, avait daigné, le soir de la réouverture de son théâtre, faire office de régisseur parlant au public, voici ce qu’il aurait pu nous dire :

« Quelle idée avez-vous donc de moi ? Me croyez-vous tellement supérieur aux autres mortels que je puisse accomplir des miracles, et pensez-vous qu’il me suffise d’un coup de baguette, d’un coup d’archet, si vous voulez, frappé sur la carapace du souffleur pour en faire sortir des virtuoses ? J’ai recruté ma troupe un peu au hasard et à la hâte ; je vous offre pour le moment quelques artistes expérimentés que vous connaissez déjà, et quelques débutans que vous apprendrez à connaître. Ils se formeront, je les formerai. Si j’avais huit cent mille francs de subvention, je vous offrirais des étoiles, dussé-je les payer trois ou quatre fois ce qu’elles valent, et alors vous me dispenseriez de vous donner des œuvres nouvelles et même des chefs-d’œuvre ; mais je n’ai pas huit cent mille francs de subvention, vous le savez bien. Peut-être vous a-t-on conté que j’étais doué d’une activité surprenante, et que, directeur des Concerts populaires, j’avais fait, dans le domaine de l’art contemporain, les tentatives les plus hardies. Cela est vrai. Mais remarquez que j’ai toujours eu un pied dans les deux camps. Au même concert où l’on se fatiguait à siffler telle page détachée de l’œuvre de Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… ou d’Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, et même de l’œuvre inédite de quelque jeune musicien inclinant vers la nouvelle école, on se fatiguait bien davantage à bisser un menuet de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite… ou un adagio de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…. Et puis les concerts du Cirque sont tellement populaires, les bases sur lesquelles cette institution est assise sont tellement solides, que la plus effroyable tempête de sifflets ne les ébranlerait pas. Ici je suis sur un terrain tout différent, une lutte trop vive et trop souvent répétée entre les adeptes de deux écoles opposées, ne serait pas du goût de mes commanditaires. Et d’ailleurs vous n’ignorez pas qu’on ne compose pas le programme d’un spectacle comme le programme d’un concert. Je ne puis réunir le même soir sur l’affiche de mon théâtre, MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, c’est-à-dire le bien et le mal, le soleil et l’ombre, le sublime et l’horrible, ce qui s’applaudit et ce qui se siffle systématiquement. Mais n’allez pas vous imaginer pourtant que je renonce à vaincre vos préventions et à bouleverser vos croyances, si toutefois vous en avez. Je ne donne pas asile, dans mes concerts, à ce que vous appelez la musique de l’avenir, pour la proscrire de mon théâtre. Seulement vous y serez initiés peu à peu et sans que j’aie l’air de vouloir faire violence à vos goûts et à vos instincts. Si je vous avais annoncé tout d’abord les Maîtres-Chanteurs, LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… ou Tristan et IseultTristan und IsoldeTristan et Isolde, handlung (action) en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créée au Théâtre royal de la Cour de Bavière à Munich le 10 juin 1865.Lire la suite…, vous auriez crié haro sur moi et vous m’auriez demandé si je prétendais faire du Théâtre-Lyrique impérial une succursale du théâtre royal de Munich. Jusqu’à présent il n’est question que de Rienzi RienziRienzi, opéra en cinq actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 20 octobre 1842. La version en français due à Charles Nuitter et Jules Guillaume fut créée au Théâtre-Lyrique de Paris le 6 avril 1867.Lire la suite…; et quand vous entendrez cet ouvrage de la jeunesse de Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, vous verrez que si le maître était toujours resté dans ce diapason-là, il n’aurait pas tant fait parler de lui. On vous a dit, je le sais, qu’à part mes sympathies particulières pour la musique wagnérienne, j’étais très attaché à l’école allemande. C’est bien possible ; mais je vous en prie de ne pas en conclure que je réserve mon théâtre à des traductions d’opéras allemands. Et tenez, pas plus tard qu’hier, on est venu me proposer une traduction de Czar und ZimmermannCzar und Zimmerman (Tsar et charpentier)Czar und Zimmermann, (Tsar et charpentier), opéra-comique en trois actes sur un livret en allemand et une musique d’Albert  Lortzing créé au Théâtre de la ville à Leipzig le 22 décembre 1837.Lire la suite…, ce qui veut dire le Czar et le Charpentier, un charmant opéra-comique de LortzingLortzing, Gustav AlbertGustav Albert Lortzing (Berlin, 23 octobre 1801 – Berlin, 21 janvier 1851), compositeur, acteur et chanteur. Il étudia le piano avec Johann Heinrich Griebel et la théorie musicale avec Karl Friedrich Rungenhagen. En 1811, ses parents débutèrent une carrière d’acteurs-chanteurs dans des trouLire la suite…, très populaire en Allemagne. Eh bien ! j’ai poliment éconduit les deux traducteurs (l’un s’appelle M. Devillario, et l’autre a un nom tudesque très difficile à retenir), deux jeunes gens qui, ainsi que l’œuvre elle-même, méritaient peut-être de ma part un accueil plus sympathique. Vous entendrez cependant dans quelques jours l’Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, du chevalier GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, un Allemand qui fut fort malmené en France à une époque où, tout comme aujourd’hui, les hommes de génie ne manquaient pas de détracteurs. Moi-même je ne suis pas à l’abri de certaines critiques, et il y a des gens assez malavisés pour dire que je ne suis pas l’homme des exécutions irréprochables, et bien d’autres choses encore dont je me soucie comme d’un couac de clarinette. J’ai, au contraire, le plus grand respect pour les chefs-d’œuvre, et je croyais l’avoir prouvé ; plutôt que de porter sur un chef-d’œuvre ancien ou moderne une main profane, j’aimerais mieux ne pas y toucher. J’ai donc donné tous mes soins à l’exécution d’Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, dont les rôles (il n’y en que quatre : Oreste et Pylade, le grand prêtre ThoasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite… et la malheureuse Iphigénie) sont confiés à l’élite de ma troupe. Mais, je vous le répète, je n’ai pas d’étoiles à vous offrir ; vous et moi nous tâcherons de nous en passer. Encore un mot avant de terminer : Je n’ignore pas que le Théâtre-Lyrique a été spécialement créé pour les jeunes compositeurs ; mais, depuis, on lui a fait d’autres destinées. Si les portes de mon théâtre ne sont pas absolument fermées aux nouveaux venus dans la carrière, je ne veux cependant pas les leur ouvrir à deux battans. D’autres avant moi ont assez fait de ces expériences qui ne leur ont pas réussi, parce que, soit dit sans reproche, vous ne les avez guère encouragées. Maintenant vous allez assister à la représentation d’un ouvrage que vous ne pouvez avoir oublié, et qui compte parmi les meilleurs de l’un des plus grands maîtres de l’école française. L’Opéra-Comique, mon allié, m’a prêté, pour cette représentation seulement, une aimable duègne qui manquait à mon personnel. J’espère bien qu’un jour je pourrai reconnaître un si grand service. Ne soyez point surpris si le capitaine Lejoyeux gasconne dans le dialogue et cesse de gasconner quand il chante. C’est un usage ridicule dont le théâtre offre de nombreux exemple, et permettez-moi de vous dire que je ne compte pas sur vous pour l’abolir. Demain vous entendrez le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…, cet éternel chef-d’œuvre, et si vous trouvez qu’au Théâtre-Italien il est exécuté avec autrement de perfection et de verve, vous aurez du moins ici l’avantage de vous régaler en même temps de la musique de RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… et de la prose de Beaumarchais. Ma harangue est finie. Excusez-moi, je vous prie, si je vous ai parlé avec moins d’éloquence que de familiarité. Je ne veux pas qu’on dise de moi que c’est mon silence qui fait ma force. Voilà pourquoi je vous ai parlé. Si plus tard j’ai quelque autre communication intéressante à vous faire… je vous écrirai. »

II y aurait à ajouter à ce discours, qui assurément eût beaucoup gagné à être prononcé par M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, l’éloge de l’orchestre et celui de l’infatigable apôtre dont les circonstances, nous n’en doutons pas, feront un excellent directeur.

Le Val d’AndorreVal d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite… et le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…, bien qu’ils aient inauguré la réouverture d’un théâtre dont on a d’autant plus apprécié l’utilité cette année qu’il est resté fermé plus longtemps que d’habitude, le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite… et le Val d’AndorreVal d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite… ne sont que des reprises. Donc, après les reprises du Val d’AndorreVal d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite… et du Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…, et en attendant la reprise d’Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… au Théâtre-Lyrique ; après la reprise de MignonMignonMignon, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 17 novembre 1866.Lire la suite… et celle d’Hamlet ;HamletHamlet, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra de Paris le 9 mars 1868.Lire la suite… en attendant la reprise des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite… à l’Opéra (Mlle HissonHisson, Louise-Gabrielle-JuliaLouise-Gabrielle-Julia Hisson (Besançon, 16 mars 1849 – Paris, 26 novembre 1876), soprano. Elle étudia avec Charles-Amable Bataille et François Wartel au Conservatoire de Paris, où elle obtint une 1ere médaille de solfège en 1864 et un 1er accessit de chant en 1865. Le 15 juillet 1868, elle Lire la suite… ne remplaçant pas Mme Marie Sass et la clarinette basse du cinquième acte étant remplacée par un saxophone) ; en attendant la reprise de la Laitière et des Deux ChasseursLaitière et les deux chasseurs, LaLa Laitière et les Deux Chasseurs, opéra-comique en un acte mêlé d’ariettes sur un livret de Louis Anseaume mis en musique par Egidio Duni et créé à la Comédie-Italienne le 23 juillet 1763.Lire la suite… à l’Opéra-Comique ; pendant les reprises successives de toutes les opérettes de M. Offenbach aux Bouffes-Parisiens, et bien longtemps avant la reprise d’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite… (je ne dis rien du Théâtre-Italien : pour le moment il n’y a rien à en dire), le petit théâtre des Fantaisies-Parisiennes, qui ne veut pas être en retard dans le grand mouvement musical de la saison, vient de nous donner la reprise d’un des plus jolis ouvrages de BoïeldieuBoieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à  Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite… père : la Fête du village voisinFête du village voisin, LaLa Fête du village voisin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Charles-Augustin Sewrin mis en musique par François-Adrien Boieldieu et créé à l’Opéra-Comique le 5 mars 1816.Lire la suite…. Il est hors de doute que si l’on apportait aujourd’hui le livret de cet opéra à M. MartinetMartinet, LouisLouis Martinet (Paris, 19 mars 1814 – Paris, avant 8 janvier 1895), peintre et directeur. Il fit des études de peinture à l’École des beaux-arts de Paris avec Antoine-Jean Gros. Une maladie des yeux l’obligeant à abandonner la carrière de peintre, il devint inspecteur dans l’administrLire la suite…, qui n’est pourtant pas difficile, M. MartinetMartinet, LouisLouis Martinet (Paris, 19 mars 1814 – Paris, avant 8 janvier 1895), peintre et directeur. Il fit des études de peinture à l’École des beaux-arts de Paris avec Antoine-Jean Gros. Une maladie des yeux l’obligeant à abandonner la carrière de peintre, il devint inspecteur dans l’administrLire la suite… le refuserait ; mais la musique est charmante et fine, et toujours distinguée, et, la voix de M. ArsandauxArsandaux, Auguste-LouisAuguste-Louis Arsandaux (Paris, 29 janvier 1840 – Nantes, 16 décembre 1898), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2nd prix de chant en 1864 puis un 2nd prix d’opéra-comique et un 2nd prix d’opéra en 1865. Engagé aux Théâtre des Folies-Parisiennes, il créa Le CLire la suite… aidant, le succès a été complet. Ce petit théâtre des Fantaisies-Parisiennes mérite toutes sortes d’encouragemens ; il produit quelquefois de bons chanteurs ; ses chœurs s’améliorent et l’orchestre, dirigé par M. ConstantinConstantin, Titus-CharlesTitus-Charles Constantin (Marseille, 7 janvier 1835 – Pau, 27 octobre 1891), chef d’orchestre et compositeur. Il étudia la musique et le violon à Marseille avant d’entrer au Conservatoire de Paris en juin 1858 dans la classe de composition d’Ambroise Thomas. Il obtint un second grand prix Lire la suite…, jeune chef plein de zèle et d’habileté, l’un des meilleurs élèves de M. Ambroise Thomas, fait chaque jour de nouveaux progrès. M. MartinetMartinet, LouisLouis Martinet (Paris, 19 mars 1814 – Paris, avant 8 janvier 1895), peintre et directeur. Il fit des études de peinture à l’École des beaux-arts de Paris avec Antoine-Jean Gros. Une maladie des yeux l’obligeant à abandonner la carrière de peintre, il devint inspecteur dans l’administrLire la suite… nous annonce un opéra inédit de M. Frédéric RicciRicci, FedericoFederico Ricci (Naples, 22 octobre 1809 – Conegliano/Vénétie près de Trévise, 10 décembre 1877), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Naples avec Nicolo Antonio Zingarelli et Pietro Raimondi et eut pour maestrini son propre frère Luigi Ricci ainsi que Vincenzo Bellini. Durant ces annLire la suite…, l’auteur de Crispino e la Comare ;Crispino e la comareCrispino e la comare, opera buffa en trois actes sur un livret en italien de Francesco Maria Piave mis en musique par les frères Luigi et Federico Ricci et créé au Théâtre San Benedetto de Venise le 28 février 1850 et au Théâtre-Italien de Paris le 4 avril 1865.Lire la suite… c’est dans cet ouvrage que rentrera Mlle MarimonMarimon, Marie-Antoinette-ErnestineMarie-Antoinette-Ernestine Marimon (Paris, 19 décembre 1839 – Paris, 27 juillet 1923), soprano. Elle étudia avec Gilbert Duprez et débuta en 1857 au Théâtre-Lyrique, où elle créa La Demoiselle d’honneur (Semet, 1857),  Broskovano (Deffès, 1858), Abou Hassan (Weber, 1859) et Orphée (GlucLire la suite…. M. MartinetMartinet, LouisLouis Martinet (Paris, 19 mars 1814 – Paris, avant 8 janvier 1895), peintre et directeur. Il fit des études de peinture à l’École des beaux-arts de Paris avec Antoine-Jean Gros. Une maladie des yeux l’obligeant à abandonner la carrière de peintre, il devint inspecteur dans l’administrLire la suite… aime la bonne musique comme il a aimé autrefois les bons tableaux : il est artiste, et ne tient pas du tout à faire dire que sur son théâtre on rencontre les plus jolies actrices de Paris.

Je ne sais si l’idée de mettre un tableau en musique est une innovation dont il convient de faire honneur à M. Vaucorbeil Vaucorbeil, Auguste-Emmanuel Ferville ditAuguste-Emmanuel Ferville dit Vaucorbeil (Veaucorbeil) (Rouen, 15 décembre 1821 – Paris, 2 novembre 1884), compositeur et directeur de théâtre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxième prix de solfège en 1838. Il composa des mélodies ainsi que de la musique de chambre,Lire la suite…; mais, dans tous les cas, c’est une idée appelée à devenir féconde. Et elle a cela de pratique, que les musées de tous pays indistinctement peuvent offrir des textes nombreux et très variés à l’imagination des compositeurs qui voudront suivre l’exemple de M. VaucorbeilVaucorbeil, Auguste-Emmanuel Ferville ditAuguste-Emmanuel Ferville dit Vaucorbeil (Veaucorbeil) (Rouen, 15 décembre 1821 – Paris, 2 novembre 1884), compositeur et directeur de théâtre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxième prix de solfège en 1838. Il composa des mélodies ainsi que de la musique de chambre,Lire la suite…. Le NéophyteNéophyte, LeLe Néophyte. Musique d’un tableau de Gustave Doré. Méditation pour piano d’Auguste-Emmanuel Vaucorbeil. L’œuvre est dédiée en « hommage à Rossini ».Lire la suite…, illustré par M. Gustave Doré lui-même d’un dessin qui est le fac-simile de son tableau, a été écrit pour l’orchestre ; l’auteur, excellent pianiste, nous en donne une réduction au piano. A l’aide d’un programme explicatif, on peut suivre toutes les péripéties entrevues par le musicien dans le drame religieux que le tableau représente. M. VaucorbeilVaucorbeil, Auguste-Emmanuel Ferville ditAuguste-Emmanuel Ferville dit Vaucorbeil (Veaucorbeil) (Rouen, 15 décembre 1821 – Paris, 2 novembre 1884), compositeur et directeur de théâtre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxième prix de solfège en 1838. Il composa des mélodies ainsi que de la musique de chambre,Lire la suite… a beaucoup de talent ; il a publié un recueil de mélodies très originales, et sa musique de chambre est fort estimée ; de plus, il tient en portefeuille un grand opéra en cinq actes, dont augurent favorablement ceux qui n’ont pas perdu le souvenir du charmant ouvrage intitulé Bataille d’amourBataille d’amourBataille d’amour, opéra-comique en trois actes sur un livret de Victorien Sardou et Karl Daclin mis en musique par Auguste-Emmanuel Vaucorbeil et créé à l’Opéra-Comique le 13 avril 1863.Lire la suite…, représenté, il y a quelques années, à l’Opéra-Comique. Les musiciens qui liront le NéophyteNéophyte, LeLe Néophyte. Musique d’un tableau de Gustave Doré. Méditation pour piano d’Auguste-Emmanuel Vaucorbeil. L’œuvre est dédiée en « hommage à Rossini ».Lire la suite… ne manqueront pas d’y reconnaître la main d’un contre-pointiste exercé, et d’excellentes qualités de style, particulières au talent sérieux et délicat de M. A.-E. VaucorbeilVaucorbeil, Auguste-Emmanuel Ferville ditAuguste-Emmanuel Ferville dit Vaucorbeil (Veaucorbeil) (Rouen, 15 décembre 1821 – Paris, 2 novembre 1884), compositeur et directeur de théâtre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxième prix de solfège en 1838. Il composa des mélodies ainsi que de la musique de chambre,Lire la suite…. RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… a bien voulu accepter la dédicace de cette composition.

La jeunesse attire la jeunesse. M. HartmannHartmann, Romain-Jean-François dit GeorgesRomain-Jean-François dit Georges Hartmann (Paris, 14 mai 1843 – Paris, 23 avril 1900), éditeur de musique et librettiste. Fils du représentant à Paris de la maison d’édition B. Schott de Mayence, il s’inscrivit en 1868 comme éditeur et publia les œuvres de compositeurs contemporains : Lire la suite…, jeune éditeur, meuble son fonds et assure son revenu avec des œuvres de jeunes musiciens. Il vient de faire paraître une série de mélodies, d’études et de morceaux de piano signés par MM. Georges Bizet, Camille Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite…, Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… et Jules Massenet. Ces noms-là, les trois premiers surtout, ont signé des œuvres plus importantes ; vous les connaissez. M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite… étant le plus jeune, n’est-il pas celui qui doit inspirer le plus d’intérêt ? C’est un esprit chercheur, ingénieux, une très fine et très aimable nature d’artiste. Son Poëme d’avrilPoèmes d’avril, op. 14Poèmes d’avril, op. 14, recueil de huit mélodies pour voix et piano sur des poèmes d’Armand Silvestre mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre est dédiée à Ernest Reyer.Lire la suite…, emprunté à un volume de vers de M. Armand SilvestreSilvestre, Paul-ArmandPaul-Armand Silvestre (Paris, 18 avril 1837 – Toulouse, 19 février 1901), poète, écrivain et librettiste. Doué pour les mathématiques, il étudia à l’École polytechnique et devint officier du génie en 1859. Il abandonna ensuite la carrière scientifique pour se consacrer à la littératuLire la suite…, se compose d’une suite de petits tableaux, délicieux, tout parfumés de poésie et d’amour. Il faut être au printemps de la vie pour chanter ainsi le printemps.

E. REYER

P.S. Les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite… n’avaient pas été joués à l’Opéra depuis environ un an ; la représentation de ce soir peut donc s’appeler une reprise. Une lettre de M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…, adressée au rédacteur du Figaro, a mis le public au courant des mérites et des défaillances de Mlle HissonHisson, Louise-Gabrielle-JuliaLouise-Gabrielle-Julia Hisson (Besançon, 16 mars 1849 – Paris, 26 novembre 1876), soprano. Elle étudia avec Charles-Amable Bataille et François Wartel au Conservatoire de Paris, où elle obtint une 1ere médaille de solfège en 1864 et un 1er accessit de chant en 1865. Le 15 juillet 1868, elle Lire la suite…, et nous savons qu’au bout de trois mois d’études, à cause de ses défaillances et malgré ses mérites, Mlle HissonHisson, Louise-Gabrielle-JuliaLouise-Gabrielle-Julia Hisson (Besançon, 16 mars 1849 – Paris, 26 novembre 1876), soprano. Elle étudia avec Charles-Amable Bataille et François Wartel au Conservatoire de Paris, où elle obtint une 1ere médaille de solfège en 1864 et un 1er accessit de chant en 1865. Le 15 juillet 1868, elle Lire la suite… a dû renoncer au rôle de Valentine et le rendre à Mme Marie Sass. Cet incident ne méritait peut-être pas l’importance que lui a donnée le directeur de notre première scène lyrique ; il rassure cependant les amis de la vaillante artiste qu’avait trop promptement alarmés sa résolution de suivre la carrière italienne et de quitter l’Opéra.

Avant la lettre de M. PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…, on avait fait grand bruit de changemens qui auraient été apportés à la partition des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…. Ces changemens se bornent à quelques modifications d’orchestre tout à fait insignifiantes, destinée à faciliter au chanteur l’exécution d’un trait, d’un point d’orgue d’où sa virtuosité se dégage. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… vivant y eût consenti volontiers. Cependant la substitution du saxophone à la clarinette basse dans l’accompagnement du trio de la VisionFête du village voisin, LaLa Fête du village voisin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Charles-Augustin Sewrin mis en musique par François-Adrien Boieldieu et créé à l’Opéra-Comique le 5 mars 1816.Lire la suite… est une chose grave. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… avait déjà modifié, sur les instances de M. Adolphe SaxSax, AdolpheAntoine-Joseph Sax dit Adolphe Sax (Dinant, 6 novembre 1814 – Paris, 7 février 1894), facteur d’instruments à vent. Il fit son apprentissage dans l’atelier de son père, également facteur d’instruments à vent, à Bruxelles et étudia la flute et la clarinette. Il s’installa à Paris en juLire la suite…, l’instrumentation de la fanfare placée sur la scène à la fin du troisième acte. On aurait dû s’en tenir là. Les airs de danse de ce même acte ont été rétablis ; pourquoi n’a-t-on pas rétabli aussi le bal à l’Hôtel de Nesle, et le grand air de Raoul au commencement du cinquième acte ?

Des costumes tout neufs, des décors soigneusement repeints, une exécution qui pourra devenir irréprochable, mais qui cette fois a éprouvé de légers accidens  auxquels le public a peut-être attaché une importance exagérée, le très grand succès de Mme Marie Sass parfaitement secondée par le ténor ColinColin, Edouard-AdolpheÉdouard-Adolphe Colin (Paris 26 décembre 1840 – Colombes près de Paris, 13 janvier 1872), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1866 un 2nd prix d’opéra-comique et un 2e accessit d’opéra. Il fut d’abord engagé à Marseille puis à l’Opéra de Paris, où il Lire la suite…, quoiqu’une indisposition de VillaretVillaret, Pierre-FrançoisPierre-François Villaret (Milhaud/Gard, 29 avril 1830 – Suresnes, 28 avril 1896), ténor. Il passa sa jeunesse à Nîmes, ou il prit ses premières leçons de musique auprès d’un ami. Il fut contremaître dans une brasserie de Beaucaire et s’engagea dans la société d’orphéon de cette viLire la suite… l’eût pris au dépourvu, voilà ce que nous nous contentons pour aujourd’hui de signaler en quelque mots écrits à la hâte au sortir de la représentation.

E. R.