Le Courrier de Paris, 25 octobre 1859, [p. 1-2] (article signé E. Reyer).
Chronique musicale.
Il y a, à Paris, des salles dans lesquelles on donne des concerts, mais il n’y a pas de salle de concert proprement dite ; je n’en excepte pas la salle du Conservatoire, qui est excellente sous le rapport de l’acoustique, mais qui ne contient qu’une très faible partie des mélomanes qui voudraient bien y trouver accès. Cependant, j’ai entendu dire si souvent que la vogue dont jouit la Société des Concerts, depuis plus d’un quart de siècle, diminuerait le jour où cette société se transporterait dans un local accessible à une plus grande quantité d’adeptes, et j’ai entendu émettre cette opinion par des gens d’une expérience si consommée, d’un jugement si droit, qu’il me semble inutile de mêler le nom de cette illustre et vaillante phalange à la question que je soulève aujourd’hui.
Cette question la voici :
Il n’y a pas à Paris de salle de concert qui soit une salle de concert. Donc il faudrait en créer une. Et pour créer, il faut d’abord la bâtir, attendu que je ne connais pas d’édifice, pas de local actuellement existant, qui, sans l’intervention du maçon ou de l’architecte, puisse être affecté à un établissement de ce genre, établissement dont la fondation me paraît d’une nécessité peu contestable.
Il n’y a pas à Paris de salle de concert qui soit une salle de concert, mais il y en a à Londres, à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Vienne, à Berlin et dans bien d’autres villes qui ne prennent pas, en toute occasion, le titre éminemment glorieux de capitales des arts et du monde civilisé.
Et pourtant il n’y a pas de ville où il se donne plus de concerts qu’à Paris.
Pendant une certaine saison, des soirées et des matinées musicales sont offertes chaque jour au public par des virtuoses de tous les genres, à la salle Herz, à la salle BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, chez M. Erard et dans les salons de M. Pleyel.
Il y a aussi les concerts de la rue du Helder et les concerts de la rue Cadet, où l’on entend de la musique en se promenant, et où l’on peut, pendant les entr’actes, jouer au billard ou à la toupie. Et ces concerts-là, il faut en convenir, ne sont pas les moins achalandés ; d’abord la musique n’en est pas le seul élément, et ensuite on y rencontre beaucoup de personnes de connaissance, c’est-à-dire beaucoup de personnes dont la connaissance se fait très facilement. Or, dans une réunion nombreuse, il est quelquefois fort agréable de trouver à qui parler…avec accompagnement d’orchestre.
Je ne cite que pour mémoire les cafés-concerts ou cafés chantans, dans lesquels les chopes qui se heurtent et les garçons qui répondent à l’appel des consommateurs couvrent la voix des exécutans, dieux et déesses de troisième ordre, auxquels, au lieu d’encens, on envoie de la fumée de tabac.
Quelques-uns de nos théâtres lyriques peuvent être accidentellement transformés en salles de concert, à la condition toutefois que l’orchestre et les chœurs seront étagés sur la scène convertie en estrade ; mais c’est presque toujours pour le public un coup d’œil froid et monotone que celui de cette masse d’habits noirs et de robes blanches, se tenant immobiles là où, d’habitude, se meuvent, chantent et gesticulent des personnages costumés qu’encadre une décoration riante ou féerique. Et puis, je le répète, ce n’est qu’accidentellement que quelques-uns de nos théâtres lyriques peuvent être transformés en salles de concerts. Un artiste de grand renom recule bien souvent devant les frais excessifs que lui coûtera cette fantaisie d’installer son concerto ou sa symphonie dans le temple de la cavatine ou de l’opéra-comique.
PaganiniPaganini, NicoloNicolo Paganini (Gênes, 27 octobre 1827 – Nice, 27 mai 1840), violoniste et compositeur. Il étudia le violon, la guitare et la composition avec Giovanni Cervetto (Servetto), Giacomo Costa et Francesco Gnecco, puis se perfectionna à Parme avec Alessandro Rolla et Gaspare Ghiretti de 1795 à 1796. Lire la suite…, LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite…, ThalbergThalberg, Sigismond-Fortuné-FrançoisSigismund-Fortune-François Thalberg (Genève, 8 janvier 1812 – Naples, 27 mars 1871), pianiste et compositeur. Il étudia à Vienne avec Simon Sechter (composition) et Johann Nepomuk Hummel (piano) et se produisit dès l’âge de quatorze ans avec succès dans les salons. Il publia ses premièreLire la suite…, VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…, Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, ont donné de magnifiques concerts qui ont fait courir tout Paris à l’Opéra, aux Italiens et à l’Opéra-Comique ; mais tout Paris aurait couru également à une solennité musicale donnée par l’un ou l’autre de ces illustres artistes dans une salle de concert telle que je la voudrais, telle qu’elle n’existe pas.
La salle Herz, la seule dans laquelle on puisse à la rigueur réunir un orchestre complet, des chœurs et des solistes, est élégante, coquette, ornée avec goût et admirablement située ; mais elle évidemment trop petite, puisque la recette n’arrive à couvrir les frais que si les places sont cotées à un prix excessif. En général (je puis affirmer cela sans blesser l’amour-propre d’aucun artiste), quand les places sont cotées à un prix excessif, 15 francs, 10 francs et même 5 francs par personne, la recette est insuffisante, quand elle n’est pas à peu près nulle.
Les concerts donnés par les virtuoses qui placent leurs billets d’avance dans les maisons particulières où ils sont accueillis, et les concerts de bienfaisance ou de charité, patronnés par de noble dames ou par de pieux personnages, amateurs de philanthropie, sont à peu près les seuls qui produisent une recette palpable en espèce sonnantes et monnayées. Aux autres concerts, c’est presque toujours le même public de carton, payant en monnaie de singe.
Les salles Herz, Pleyel, Erard et BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… sont aménagées de la façon la plus confortable qu’on puisse souhaiter, je le veux bien ; mais il ne faut pas leur donner une destination autre que celle qui leur est propre. Réservez-les pour certains chanteurs, pour certains instrumentalistes qui, forts de leur valeur personnelle et de la puissance de leur talent, dédaignent le secours de l’orchestre ; réservez-les encore pour les séances de musique de chambre où l’on exécute des sonates et des quatuors.
Aux artistes qui composent des oratorios, des concertos et des symphonies, donnez une salle que vous construirez au centre de Paris, sur un emplacement convenable, qui offrira aux spectateurs et aux artistes toutes les commodités voulues et qui sera assez vaste pour contenir deux mille personnes.
Je m’adresse au gouvernement, auquel je demande une nouvelle preuve de sympathie, un nouvel acte de générosité en faveur de toute une classe d’artistes, et à des spéculateurs, auxquels je propose une excellente affaire.
Le gouvernement donnera le terrain.
Les spéculateurs bâtiront la salle.
On s’occupe beaucoup, dans ce moment-ci, de la démolition et aussi de la reconstruction de deux de nos théâtres lyriques. Ce moment est donc bien choisi pour solliciter la création d’une salle de concert.
Il n’y a pas que des compositeurs dramatiques parmi les musiciens qui composent : il y en a dans le nombre qui sont bien mieux doués pour écrire des symphonies que des opéras.
Les uns marchent, de loin si l’on veut, dans les traces de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…, de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, d’AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite… et de Rossini Rossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…; les autres marchent, de plus loin encore, sur les traces de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…, de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite… et de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. Et l’on a dit plus d’une fois à ceux-ci, quand ils ont voulu essayer du théâtre, c’est-à-dire entrer dans la voie où les chances de profit et de gloire sont les plus certaines : « Vous vous fourvoyez, vous n’avez pas la fibre dramatique ; vous êtes symphonistes, faites donc des symphonies. »
Eh bien ! quand les symphonies seront faites, où les jouera-t-on ?
Il y a un temple pour les symphonistes qui ne sont plus de ce monde ; mais je ne sache pas qu’il y en ait un pour ceux qui n’appartiennent pas encore à la postérité, et qui ne sont pas pressés d’y arriver.
Nous avons vu naître et mourir, dans l’espace d’une dizaine d’années, la société Sainte-Cécile, dirigée par M. Seghers Seghers, Francois-Jean-BaptisteFrançois-Jean-Baptiste Seghers (Bruxelles, 17 janvier 1801 – Margency, 2 février 1881), chef d’orchestre. Il étudia le violon avec Baillot et fut l’un des fondateurs de la Société des Concerts du Conservatoire en 1828. Fervent défenseur de la musique de chambre, il organisait des séanceLire la suite…; la Société philharmonique de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, et celle de M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. Il ne nous reste aujourd’hui que La Société des jeunes artistes. C’est beaucoup, sans doute, mais ce n’est pas assez.
Pourquoi ces différentes sociétés, à la tête desquelles étaient placée des hommes d’un grand mérite, et qui comptaient dans leur sein des artistes très distingués, n’ont-elles pu vivre ? Parce qu’elles n’étaient pas établies sur des bases solides et parce qu’elles donnaient leurs séances dans un local insuffisant et incommode où l’on faisait de la musique aujourd’hui, de l’équitation le lendemain, et où l’on avait dansé la veille.
Il faut qu’une salle de concert puisse contenir au moins deux mille personnes ; il faut qu’elle ne laisse rien à désirer sous le rapport de l’acoustique ; il faut qu’elle soit un monument et non une écurie ; il faut que la société lyrique, philharmonique ou symphonique qui s’y installera soit à la salle comme le personnel d’un théâtre est au théâtre.
Les solistes, l’orchestre et les chœurs formeront un ensemble de cent cinquante exécutans ; et ce chiffre qui, sur tant d’affiches de concert est une fiction, sera une réalité.
Les quarante concerts donnés dans la saison ne coûteront pas plus de cent cinquante mille francs, et une cantatrice ou un ténor qui, au sortir du Conservatoire, par exemple, trouveront six mille francs à gagner en six mois en chantant deux fois par semaine, ne seront pas plus à plaindre que ceux qui s’en vont jouer le répertoire dans une ville de province.
On les habituera à chanter de la musique et non des ariettes, ce qui leur permettra, au bout de deux ou trois ans, à l’expiration de leur engagement, de rendre d’utiles services à ceux de nos théâtres qui réveillent ou qui voudraient bien réveiller les œuvres trop longtemps endormies des grands maîtres de l’art dramatique.
Il y aura un comité qui décidera de l’acceptation ou du refus de telle symphonie, de tel oratorio, de telle composition sérieuse qui lui sera envoyée sous le voile de l’anonyme.
Et quand une œuvre aura été acceptée, on l’exécutera plusieurs fois, de telle sorte que l’auteur puisse jouir de son œuvre et le public aussi.
Pendant les six mois de vacances, les instrumentistes donneront des leçons et les choristes chanteront dans les églises ; ils feront ce que font les instrumentalistes et les choristes de nos théâtres, et ne seront pas moins rétribués.
Les frais, que j’évalue approximativement à cent cinquante mille francs, seront assurés par quinze cents souscripteurs, qui achèteront deux francs cinquante centimes par concert le droit d’entendre de la bonne musique commodément assis dans des stalles réservées.
Les bénéfices seront-ils partagés entre les souscripteurs ou entre les artistes, c’est une question à débattre.
Il restera donc cinq cents billets à prendre à la porte, et ils seront pris.
La salle sera de forme elliptique, et l’orchestre, placé sur une large estrade, fera face aux spectateurs. Il n’y aura pas de loges, et par conséquent pas de bruit de portes qui s’ouvrent et se ferment, pas de colloque avec les ouvreuses qui vous débarrassent de votre pelisse, de votre paletot, et vous offrent en échange le programme de la soirée et un petit banc. Des rangées semi-circulaires de fauteuils s’élèveront en gradins et seront disposées de façon à rendre la circulation facile.
A l’extérieur le monument sera entouré de galeries, sous lesquelles seront disposées des boutiques, dont le loyer donnera un assez joli denier aux spéculateurs qui auront bâti la salle.
Je crois que mon projet a du bon ; mais peut-être ne l’ai-je pas développé aussi clairement que je l’aurais voulu. Depuis le commencement de ce feuilleton, je suis troublé dans mes idées par les sons nasillards d’une vielle accompagnant la voix enrouée d’un chanteur installé sous mes fenêtres. J’ai eu la pensée de jeter quelques sous à ce musicien, mon confrère, et de l’inviter à s’éloigner ; mais j’ai compris que ce serait un moyen sûr de le faire revenir le lendemain. Alors je suis descendu moi-même, n’ayant personne à qui donner une pareille commission, lui signifier que son concert avait duré assez longtemps, et qu’il ait à déguerpir ; mais il m’a montré une médaille qui lui donne le droit de me gêner dans mon travail et de me rompre les oreilles aussi longtemps que cela pourra m’être désagréable. Il chante encore.
Personnes discutées
Personnes citées
Oeuvres discutées
Oeuvres citées
Notes d'édition
La Société Sainte-Cécile fut fondée en 1850 par Charles de Bez. Le chef d’orchestre en était François Seghers et le chef de chœur était Jean-Baptiste Weckerlin. Le premier concert eut lieu le 24 novembre 1850 dans un manège rue de la Chaussée d’Antin. Le 25 juin 1854, Seghers donna sa démission et fut remplacé par Auguste Barbereau puis par Edouard Muratet. La Société Sainte-Cécile est dissoute en 1856. Jean-Baptiste Weckerlin la fit renaitre en 1865 et la dirigea jusqu’en 1868.
En fait, Félicien David reprit la direction de la Société de l’Union musicale, qui avait été fondée par Louis Manera juste après la révolution de février 1848. Manera décéda le 3 août 1849 et François Seghers le remplaça en janvier 1850 avant de démissionner pour fonder la Société Saint-Cécile, et c’est à ce moment-là que Félicien David prit la direction de l’Union musicale. Il donna un concert d’inauguration le 17 novembre 1850. Il dirigea de janvier à avril 1851 une série de concerts, où figurèrent plusieurs de ses compositions dont Le Désert, L’Eden, Christophe Colomb et ses symphonies en ut mineur et mi bémol majeur. C’est le nombre des compositions de Félicien David inscrits aux programmes des concerts de la Société de l’Union musicale qui fait que Reyer la considère comme la Société philharmonique de M. Félicien David.
La Société philharmonique fut fondée par Hector Berlioz en 1850 et donna son premier concert sous sa direction le 19 février de cette année. Elle donna en tout une douzaine de concerts, dont le dernier eut lieu le 29 avril 1851.
La Société des jeunes artistes du Conservatoire fut fondée par Jules Pasdeloup en 1851 et donna son premier concert le 20 février de cette année à la salle Herz. Pour pouvoir atteindre un plus large public et ainsi donner un assise financière plus stable à son entreprise, Jules Pasdeloup loua ensuite, en 1861, la salle du Cirque Napoléon, qui contenait près de 5000 places, pour y donner ses concerts, les Concerts populaires de musique classique, dont le premier eut lieu le 27 octobre 1861.