Le Courrier de Paris, 8 novembre 1859, [p. 1-2] (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

Je me demandais, l’autre soir, en entendant chanter SemiramideSemiramideSemiramide, opera seria en deux actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’après Voltaire, mis en musique par Gioachino Rossini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 3 février 1823.Lire la suite… au Théâtre-Italien, si le poëte qui est chargé de traduire cet ouvrage pour la scène française, parviendrait jamais à se reconnaître au milieu de ce labyrinthe de gammes et de vocalises sous lesquelles les mots devront nécessairement être scandés en syllabes harmonieuses, sous peine de gêner le chanteur et de déplaire à nos oreilles.

Je me demandais si ce travail une fois fait, et fait avec tout le soin, toute l’habileté possibles, les habitués de l’Opéra, qui, pour la plupart, j’imagine, n’entendront pas SémiramisSemiramideSemiramide, opera seria en deux actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’après Voltaire, mis en musique par Gioachino Rossini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 3 février 1823.Lire la suite… pour la première fois, ne regretteront pas, par moment, la douceur, l’élasticité, l’harmonie des syllabes italiennes. Comme je faisais part de mes doutes, de mes craintes, à un voisin dont j’apprécie le goût et les connaissances en musique, ce judicieux personnage me répondit : « MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… possède au même degré le génie de la langue italienne et le génie de la langue française ; il a l’oreille la plus musicale qui existe ; il a la mémoire meublée de tous les airs qu’il a entendus, et il a entendu tout ce qui se joue, tout ce qui se chante ; personne n’est plus capable que lui d’adapter des mots sous de la musique, et il fera en ce genre les tours de force les plus surprenans. Laissez-moi ajouter ceci en faveur de la traduction française de Sémiramis SemiramideSemiramide, opera seria en deux actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’après Voltaire, mis en musique par Gioachino Rossini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 3 février 1823.Lire la suite…: les sœurs MarchisioMarchisio, CarlottaCarlotta Marchisio (Turin, 8 décembre 1835 – Turin, 28 juin 1872), soprano. Sœur de Barbara Marchisio. Elle étudia avec Luigi Fabbrica et débuta à Venise puis fut engagée à Madrid dans le role-titre de Norma (Bellini). Les deux sœurs chantèrent ensemble pour la première fois dans MatildeLire la suite… ont un accent italien assez prononcé pour qu’il ne vous soit pas possible, à vous et à bien d’autres, en les entendant vocaliser ensemble, de distinguer si c’est du français ou de l’italien qu’elles chantent. »

II y a longtemps que, comme musicien, j’avais apprécié le talent merveilleux avec lequel MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… compose des vers bons à mettre en musique, et j’avais souvent fait cette différence entre les vers de MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… et ceux de certains librettistes, que si on ne les chantait pas, on aurait un grand plaisir à les lire. Mais quant à l’accent italien des sœurs MarchisioMarchisio, CarlottaCarlotta Marchisio (Turin, 8 décembre 1835 – Turin, 28 juin 1872), soprano. Sœur de Barbara Marchisio. Elle étudia avec Luigi Fabbrica et débuta à Venise puis fut engagée à Madrid dans le role-titre de Norma (Bellini). Les deux sœurs chantèrent ensemble pour la première fois dans MatildeLire la suite…, j’avoue que, tout en y songeant, je ne m’étais pas arrêté à l’idée qu’il pouvait être de quelque secours à la traduction française de SemiramideSemiramideSemiramide, opera seria en deux actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’après Voltaire, mis en musique par Gioachino Rossini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 3 février 1823.Lire la suite….

SemiramideSemiramideSemiramide, opera seria en deux actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’après Voltaire, mis en musique par Gioachino Rossini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 3 février 1823.Lire la suite… n’a jamais été, que je sache, traduit par Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite…, lequel a tout traduit. L’illustre traducteur aurait-il reculé devant les difficultés d’une telle besogne ?…

En attendant SémiramisSemiramideSemiramide, opera seria en deux actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’après Voltaire, mis en musique par Gioachino Rossini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 3 février 1823.Lire la suite… et les sœurs MarchisioMarchisio, CarlottaCarlotta Marchisio (Turin, 8 décembre 1835 – Turin, 28 juin 1872), soprano. Sœur de Barbara Marchisio. Elle étudia avec Luigi Fabbrica et débuta à Venise puis fut engagée à Madrid dans le role-titre de Norma (Bellini). Les deux sœurs chantèrent ensemble pour la première fois dans MatildeLire la suite…, en attendant MoïseMoïse et PharaonMoïse et Pharaon, opéra en 4 actes sur un livret de Luigi Balocchi et Etienne de Jouy mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 26 mars 1827. Lire la suite…, l’Opéra nous a donné vendredi dernier deux reprises fort intéressantes : celle de l’Ame en peineAme en peine, L’L’Ame en peine, opéra en deux actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Friedrich Adolf Ferdinand von Flotow  et créé à l’Opéra de Paris le 29 juin 1846.Lire la suite…, lever de rideau, et celle des ElfesElfes, LesLes Elfes, ballet-fantastique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Joseph Mazilier et une musique du Comte Nicolas Gabrielli créé à l’Opéra de Paris le 11 août 1856.Lire la suite…, ballet en deux actes dansé par M. PetipaPetipa, Joseph-LucienJoseph-Lucien Petipa (Marseille, 22 décembre 1815 – Versailles, 7 juillet 1898), danseur et chorégraphe. Fils aîné de Jean-Antoine Petipa et frère de Marius Petipa, il étudia avec son père à Bruxelles, où ce dernier avait ouvert une école de danse. En 1830, il suivit son père qui quittaLire la suite… et Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite…. Les libretti de ces deux ouvrages sont de M. de Saint-Georges Saint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…: ce n’est pas la première fois que cet auteur célèbre tient à lui seul l’affiche de l’Académie impériale de musique. Il y a de jolis motifs dans l’Ame en peine Ame en peine, L’L’Ame en peine, opéra en deux actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Friedrich Adolf Ferdinand von Flotow  et créé à l’Opéra de Paris le 29 juin 1846.Lire la suite…; on les a écoutés avec plaisir. Quant au ballet des ElfesElfes, LesLes Elfes, ballet-fantastique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Joseph Mazilier et une musique du Comte Nicolas Gabrielli créé à l’Opéra de Paris le 11 août 1856.Lire la suite…, Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite…, qui en a fait jadis le succès, est toute prête à le recommencer.

Nous aurons dans un avenir prochain le Pierre de MédicisPierre de MédicisPierre de Médicis, opéra en quatre actes sur un livret de Henri Saint-Georges et Emilien Pacini mis en musique par le prince Joseph Poniatowski et créé à l’Opéra de Paris le 9 mars 1860.Lire la suite… de MM. de Saint- GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite… et Emilien PaciniPacini, EmilienEmilien Pacini (Paris, 17 novembre 1811 – Neuilly-sur-Seine, 23 novembre 1898), traducteur et librettiste. Il fut censeur dramatique au ministère de l’Intérieur et écrira quelques livrets tels ceux de Pierre de Médicis (Poniatowski, 1860) avec Henri de Saint-Georges et d’Erostrate (Reyer, 18Lire la suite…, mis en musique par M. le sénateur prince Poniatowski Poniatowski, Joseph Michel Francois Xavier Jean, PrinceJoseph Michel François Xavier Jean Poniatowski (Rome, 20 février 1816 – Londres, 3 juillet 1873), prince, sénateur et compositeur. Fils naturel de Stanislas Poniatowski et de Cassandra Luci (il fut reconnu en 1822). Après des études en Toscane, il débuta sa carrière à Florence en 1838 commLire la suite…; nous aurons, peut-être aussi, dans un avenir peu éloigné, un ouvrage de S. A. le duc de Saxe-Cobourg-GothaSaxe-Cobourg-Gotha, Ernest II, duc deErnest II, duc de Saxe-Cobourg-Gotha (Cobourg/ Allemagne, 21 juin 1818 – Reinhardsbrunn, Allemagne, 22 août 1893), compositeur et chef d’État. Il étudia la musique et composa des opéras joués surtout en Allemagne. En 1849, il succéda à son père à la tête des duchés de Saxe-Cobourg et Lire la suite…, ouvrage de grande dimension, dont M. Henry LitolffLitolff, HenriHenry Charles Litolff (Londres, 6 février 1818 – Bois-Colombes, 6 août 1891), pianiste et compositeur. Après des études de piano avec Ignaz Moscheles entre 1830 et 1835, il voyagea en Europe (Paris, Bruxelles, Varsovie, Dresde, Leipzig et Berlin). En 1849, il devint citoyen de Brunswick et épLire la suite… est chargé de corriger les épreuves, rien que les épreuves. On voit que ce n’est pas le défaut d’activité qu’on peut reprocher à notre première scène lyrique.

Je signale comme un événement plein d’actualité la rentrée de Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite… au Théâtre-Italien, dans Le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…. La diva a été accueillie de la façon la plus courtoise ; on lui a envoyé de tous les coins de la salle des applaudissemens et des fleurs. Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite… a reçu ces ovations avec une émotion réelle, et ces bouquets avec un étonnement qui n’avait rien d’exagéré. Un pareil succès suffirait pour faire oublier à la sémillante Rosine les 72,000 francs d’appointemens que lui offrait l’opéra, et qu’elle a eu la fermeté de refuser.

Le Théâtre-Lyrique a donné jeudi dernier la première représentation d’un petit acte très amusant, très gai, dont les paroles sont de M. Henri BoisseauxBoisseaux, Claude-Nicolas-HenriHenri Boisseaux (Dijon, 14 octobre 1820 – Paris, 20 novembre 1863), auteur dramatique et journaliste. Il collabora à des journaux et écrivit seul et en collaboration (d’Ennery, Scribe) des pièces de théâtres dont Les Trois Maupin (1858), Le Fléau de l’attelier (1862), des vaudevilles etLire la suite… et la musique de M. de

LajarteLajarte, Theodore-Edouard Dufaure deThéodore-Édouard Dufaure de Lajarte (Bordeaux, 10 juillet 1826 – 20 juin 1890), compositeur et musicographe. Il étudia au Conservatoire de Paris la composition avec Aimé-Ambroise-Simon Leborne à partir de 1850. Son premier opéra-comique, Le Secret de l’oncle Vincent, fut suivi d’une dizaLire la suite… — un compositeur encore jeune. Cela s’appelle Mam’zelle PénélopeMam’zelle PénélopeMam’zelle Pénélope, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Boisseaux mis en musique par Théodore de Lajarte et créé au Théâtre-Lyrique le 3 novembre 1859.Lire la suite…, titre suffisamment justifié par la quantité de prétendans qui assiègent le cœur de mam’zelle Catherine ; la scène se passe dans un petit village, fort loin d’Ithaque. Le cousin Landry, se voyant éconduit comme les autres amoureux, prédit à mam’zelle Catherine qu’elle coiffera sa patronne ; cette prédiction sinistre fait réfléchir la jeune fille, et elle promet de faire un choix aussitôt que la dernière maille du bas quelle tricote sera achevée.

Le magister Bobinus et le beau Lorrain profitent du sommeil de Catherine pour s’introduire chez elle et ajouter quelques mailles de plus au travail de la veille ; Landry, qui craint d’être supplanté par ses rivaux, défile le bas jusqu’au bout. — Les trois prétendans sont surpris par mam’zelle Catherine qui les met tous les trois dehors ; seulement, elle a soin de rallumer elle-même la lanterne de Landry sous prétexte qu’il n’y voit goutte. Landry était le préféré, et il ne s’en doutait guère. A bientôt la noce. Il se mêle à cette petite intrigue, une histoire d’héritage qui enrichi la cousine au détriment du cousin, et je crois bien que pour vaincre plus facilement les scrupules et la timidité du jeune gars, c’est avec le testament de son oncle que Catherine allume la lanterne de celui qu’elle aime.

Le libretto de M. Henri BoisseauxBoisseaux, Claude-Nicolas-HenriHenri Boisseaux (Dijon, 14 octobre 1820 – Paris, 20 novembre 1863), auteur dramatique et journaliste. Il collabora à des journaux et écrivit seul et en collaboration (d’Ennery, Scribe) des pièces de théâtres dont Les Trois Maupin (1858), Le Fléau de l’attelier (1862), des vaudevilles etLire la suite… est émaillé de mots spirituels et conduit, depuis le commencement jusqu’à la fin, avec cette entente de la scène qu’il n’est pas étonnant de trouver chez un collaborateur de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…. La partition de M. LajarteLajarte, Theodore-Edouard Dufaure deThéodore-Édouard Dufaure de Lajarte (Bordeaux, 10 juillet 1826 – 20 juin 1890), compositeur et musicographe. Il étudia au Conservatoire de Paris la composition avec Aimé-Ambroise-Simon Leborne à partir de 1850. Son premier opéra-comique, Le Secret de l’oncle Vincent, fut suivi d’une dizaLire la suite… est pleine de motifs agréables, de mélodies faciles qui plairont au public et pourront être d’un bon rapport dans le commerce de musique.

Si les bonnes partitions se vendent quelquefois, les partitions médiocres se vendent presque toujours : M. de LajarteLajarte, Theodore-Edouard Dufaure deThéodore-Édouard Dufaure de Lajarte (Bordeaux, 10 juillet 1826 – 20 juin 1890), compositeur et musicographe. Il étudia au Conservatoire de Paris la composition avec Aimé-Ambroise-Simon Leborne à partir de 1850. Son premier opéra-comique, Le Secret de l’oncle Vincent, fut suivi d’une dizaLire la suite… a donc des chances pour que sa partition lui soit achetée. Combien d’airs, combien de romances, combien de polkas, combien de rédowas, combien de valses ?— Questions d’éditeur auxquelles il faut se préparer à répondre en écrivant un ouvrage. Or, il y a dans la partition de M. de LajarteLajarte, Theodore-Edouard Dufaure deThéodore-Édouard Dufaure de Lajarte (Bordeaux, 10 juillet 1826 – 20 juin 1890), compositeur et musicographe. Il étudia au Conservatoire de Paris la composition avec Aimé-Ambroise-Simon Leborne à partir de 1850. Son premier opéra-comique, Le Secret de l’oncle Vincent, fut suivi d’une dizaLire la suite… une jolie romance, un madrigal très comique : Rosa, la rose, de charmans couplets, une bourrée vigoureusement rhythmée et un duo que l’on a fait bisser : les arrangeurs en renom, ceux qui se chargent de faire une valse avec un cantabile, sont capables d’y découvrir bien d’autres choses encore.

Il s’est écoulé plusieurs années entre le premier le second ouvrage de M. de Lajarte Lajarte, Theodore-Edouard Dufaure deThéodore-Édouard Dufaure de Lajarte (Bordeaux, 10 juillet 1826 – 20 juin 1890), compositeur et musicographe. Il étudia au Conservatoire de Paris la composition avec Aimé-Ambroise-Simon Leborne à partir de 1850. Son premier opéra-comique, Le Secret de l’oncle Vincent, fut suivi d’une dizaLire la suite…; le succès de Mam’zelle Catherine Mam’zelle PénélopeMam’zelle Pénélope, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Boisseaux mis en musique par Théodore de Lajarte et créé au Théâtre-Lyrique le 3 novembre 1859.Lire la suite…fera oublier au compositeur les angoisses d’une trop longue attente.

On ne s’imagine pas la quantité de petites personnes qui jouent du piano aujourd’hui ; il est peu de soirées intimes qui ne se terminent par une demi-douzaine de variations exécutées par la demoiselle de la maison, et, comme les pianos droits sont d’un usage bien plus général que les pianos à queue, la jeune virtuose vous tourne le dos, à moins qu’elle ne soit masquée par la partie supérieure de l’instrument.

De cette façon, si la demoiselle de la maison est jolie, vos yeux ne peuvent pas vous dédommager du supplice que l’on inflige à vos oreilles. Un habile facteur, M. EisenmengerEisenmenger, Charles-EdouardCharles-Edouard Eisenmenger (Molsheim/Bas-Rhin, 18  septembre 1823 – ?), facteur de pianos. Il inventa un piano incliné qu’il fit breveter en 1855 et pour lequel il reçut une médaille en 1859. Dans ce piano, le clavier est placé à la partie supérieure de sorte que l’exécutant est tout Lire la suite…, vient de remédier à cet inconvénient en construisant des pianos inclinés qui laissent l’instrumentaliste tout à fait à découvert, et dont la forme est au moins aussi élégante que celle des pianos droits ordinaires. Ils ne le cèdent en rien à ceux-ci et aux meilleurs, sous le rapport de la sonorité, et je sais que M. MarmontelMarmontel, Antoine-FrançoisAntoine-François Marmontel (Clermont-Ferrand, 18 juillet 1816 – Paris, 16 janvier 1898), pianiste et pédagogue. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de solfège en 1828, un premier prix de piano et un deuxième prix d’harmonie et d’accompagnement en 1832 et enfLire la suite…, professeur au Conservatoire, en a éprouvé la solidité en soumettant l’un de ces pianos au travail journalier de plusieurs de ses élèves : l’instrument a résisté à ce violent régime. Les pianos inclinés de M. EisenmengerEisenmenger, Charles-EdouardCharles-Edouard Eisenmenger (Molsheim/Bas-Rhin, 18  septembre 1823 – ?), facteur de pianos. Il inventa un piano incliné qu’il fit breveter en 1855 et pour lequel il reçut une médaille en 1859. Dans ce piano, le clavier est placé à la partie supérieure de sorte que l’exécutant est tout Lire la suite… devraient être recherchés, surtout par les chanteurs de romances qui ont l’habitude de s’accompagner eux-mêmes et qui ne seront pas fâchés de montrer à l’auditoire quelle expression de physionomie ils donnent à la Petite fleur des bois, aux Soupirs du cœur et au Secret de Jeanneton.

La Société d’encouragement pour l’industrie nationale ayant décerné à M. EisenmengerEisenmenger, Charles-EdouardCharles-Edouard Eisenmenger (Molsheim/Bas-Rhin, 18  septembre 1823 – ?), facteur de pianos. Il inventa un piano incliné qu’il fit breveter en 1855 et pour lequel il reçut une médaille en 1859. Dans ce piano, le clavier est placé à la partie supérieure de sorte que l’exécutant est tout Lire la suite… une médaille d’argent, je me trouve très honoré de joindre mon suffrage à cette médaille.

L’un des plus grands compositeurs de l’Allemagne, Louis Spohr, vient de mourir à Cassel. Il était né en 1783, à Gandersheim, dans le duché de Brunswick. Le violoniste MoancourtMaucourt, Charles-LouisCharles Louis Maucourt (Paris, ? 1760 – ?, 1825), violoniste et compositeur. Il étudia avec le cantor de la cathédrale de Brême et acquit une solide technique, proche de l’école française de violon développée par Giovanni Battista Viotti. En 1780, il fut nommé Konzertmeister de l’orcLire la suite… [Maucourt]Maucourt, Charles-LouisCharles Louis Maucourt (Paris, ? 1760 – ?, 1825), violoniste et compositeur. Il étudia avec le cantor de la cathédrale de Brême et acquit une solide technique, proche de l’école française de violon développée par Giovanni Battista Viotti. En 1780, il fut nommé Konzertmeister de l’orcLire la suite… donna au jeune Louis ses premières notions musicales ; bientôt il fut nommé musicien de la chambre du duc de Brunswick, et suivit en Russie le violoniste EckEck, FranzFranz Eck (Mannheim, ? 1774 – Strasbourg, 1809 ?), violoniste. Violoniste dans l’orchestre de la cour à Munich, il fut en licencié en 1800 et commença une carrière de virtuose en tournées. Avec Spohr, il se produisit dans les villes d’Allemagne en 1802 puis à Saint-Pétersbourg l’annéLire la suite…. En 1805, il devint maître des concerts à Gotha, où il composa des quatuors, des lieder, l’oratorio le Jugement dernierJugement dernier, LeLe Jugement dernier (Das jüngste Gericht) oratorio en trois parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret en allemand d’August Arnold mis en musique par Louis Spohr en 1812.  Spohr n’était pas satisfait de cette œuvre et refusa de la publier. Il composa une toute nouvelle œuvre sur lLire la suite… et l’opéra Un Duel d’amansDuel d’amants, UnUn Duel d’amants (Der Zweikampf mit der Geliebten), singspiel en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Schink mis en musique par Ludwig Spohr et cré au Théâtre de Hambourg le 15 novembre 1811.éLire la suite….

En 1813, il fut nommé directeur de l’orchestre du théâtre de Vienne. C’est là qu’il écrivit son FaustFaustFaust, singspiel en deux actes sur un livret en allemand de Josef Karl Bernard mis en musique par Ludwig Spohr et créé au Ständetheater à Prague le 1er septembre 1816. Spohr remania l’œuvre en 1851. Il en fit un opéra en trois actes remplaçant les dialogues parlés avec des récitatifs et lLire la suite…, sa première symphonie et la cantate L’Allemagne délivréeAllemagne délivrée, L’L’Allemagne délivrée (Das befreite Deutschland), cantate pour soli, chœur et orchestre sur un texte de Caroline Pichler mis en musique par Ludwig Spohr et créée au festival de Frankenhausen (Thuringe) le 18 octobre 1815.Lire la suite…. Toutefois, le FaustFaustFaust, singspiel en deux actes sur un livret en allemand de Josef Karl Bernard mis en musique par Ludwig Spohr et créé au Ständetheater à Prague le 1er septembre 1816. Spohr remania l’œuvre en 1851. Il en fit un opéra en trois actes remplaçant les dialogues parlés avec des récitatifs et lLire la suite…, destiné au théâtre de Vienne, ne fut pas représenté sur cette scène mais sur celle de Prague.

En 1817, SpohrSpohr, Louis [Ludwig]Louis [Ludwig] Spohr (Brunswick, 5 avril 1784 – Cassel, 22 octobre 1859), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia le violon avec Gottfried Kunisch et Charles Louis Maucourt, et l’harmonie avec Carl August Hartung. Le duc Carl Wilhelm Ferdinand de Brunswick, au service duquel ilLire la suite… visita l’Italie. Plus tard il remplit les fonctions de directeur de musique à Francfort-sur-le-Mein [Main], puis il fit le voyage de Londres, partit ensuite pour Dresde, et enfin se rendit, en 1819, à Cassel, où il établit sa résidence jusqu’à la fin de ses jours. A Cassel il composa ses plus belles œuvres instrumentales : MacbethOuverture "Macbeth"Macbeth, Woo 55, musique de scène de Louis Spohr pour la tragédie de Shakespeare traduite en Allemand par Samuel Heinrich Spiker. L’ouverture fut publiée séparément comme op. 75.Lire la suite…, Zémire et AzorZemire et AzorZémire et Azor (Zemire und Azor), opéra romantique en deux actes sur un livret en allemand de Johann Jakob Ihlée d’après Jean-François Marmontel sur une musique de Ludwig Spohr et créé au Stadttheater de Frankfort le 4 avril 1819.Lire la suite…, JessondaJessondaJessonda, grosse oper (grand opéra) en trois actes sur un livret en allemand d’Eduard Heinrich Gehe mis en musique par Ludwig Spohr et créé à Kassel le 28 juillet 1823.Lire la suite…, et sa symphonie La Consécration des sonsSymphonie "La Consecration des sons"Symphonie  pour orchestre no. 4 en fa majeur Op. 86 dite La Consécration des sons  (Die Weihe der Töne) de Louis Spohr. Inspirée du poème éponyme de Carl Pfeiffer, l’œuvre fut créée à Kassel le 4 novembre 1832. Lire la suite…, que l’on appelle souvent, à tort, La Naissance de la musique.

SpohrSpohr, Louis [Ludwig]Louis [Ludwig] Spohr (Brunswick, 5 avril 1784 – Cassel, 22 octobre 1859), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia le violon avec Gottfried Kunisch et Charles Louis Maucourt, et l’harmonie avec Carl August Hartung. Le duc Carl Wilhelm Ferdinand de Brunswick, au service duquel ilLire la suite… avait été un des premiers violonistes de son temps. Il brillait surtout par son énergie, chose d’autant plus remarquable que cette qualité est précisément celle qui manque à ses compositions, où domine l’élément élégiaque.

J’emprunte ses détails aux Recensionen de Vienne, et j’y ajoute celui-ci :

SpohrSpohr, Louis [Ludwig]Louis [Ludwig] Spohr (Brunswick, 5 avril 1784 – Cassel, 22 octobre 1859), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia le violon avec Gottfried Kunisch et Charles Louis Maucourt, et l’harmonie avec Carl August Hartung. Le duc Carl Wilhelm Ferdinand de Brunswick, au service duquel ilLire la suite…, dans les dernières années da sa vie, était devenu sourd, comme BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. Il se rend un soir au théâtre de **, capitale d’une petite principauté allemande, et se place à l’orchestre des musiciens pour tâcher de mieux entendre le chef-d’œuvre que l’on exécutait. Ce n’était peut-être qu’une illusion, mais enfin c’était l’illusion d’un vieillard que toute l’Allemagne entourait de considération et d’estime. Le souverain, assis dans sa loge, aperçoit SpohrSpohr, Louis [Ludwig]Louis [Ludwig] Spohr (Brunswick, 5 avril 1784 – Cassel, 22 octobre 1859), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia le violon avec Gottfried Kunisch et Charles Louis Maucourt, et l’harmonie avec Carl August Hartung. Le duc Carl Wilhelm Ferdinand de Brunswick, au service duquel ilLire la suite… à l’orchestre et lui envoie dire qu’il ait à quitter sur-le-champ cette place qui n’était pas la sienne. L’illustre compositeur obéit. Et peut-être pensa-t-il, en se retirant, que si MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… était mort, l’évêque de Salzbourg vivait encore.