Le Courrier de Paris, 31 juillet 1857, [p. 1-2] (article signé E. Reyer).

Revue musicale.


Un paragraphe de notre dernier feuilleton nous a valu, de la part Mme Marie CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite…, la lettre suivante, que le Courrier de Paris a déjà publiée, et que nous éprouvons le désir de reproduire. On ne saurait trop répandre de pareils documens qui peuvent servir d’enseignement à la critique, relativement à la prudence qu’elle doit apporter dans ses rapports avec les artistes lyriques. Comme c’est à moi que la leçon s’adresse, je serai certainement le premier à en profiter.

« A Monsieur le directeur-général du Courrier de Paris.

Bade, 17 juillet 1857.

Monsieur,

J’apprends à Bade que votre feuilleton musical contient à mon égard une allégation fausse. Il prétend que, en représentation à Bordeaux, j’ai chanté l’air des Fraises dans le troisième acte de l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite…. Je saisirai toujours l’occasion d’offrir mon tribut de reconnaissance à l’auteur de mon premier succès ; mais ce ne sera jamais au mépris du respect que je dois à l’illustre maître dont je révère le génie, et qui a bien voulu me confier le rôle de Catherine.

Je sais les droits de la critique, monsieur, et j’apprécie hautement sa mission ; mais l’accusation émise dans votre journal portant atteinte à ma dignité artistique, je viens protester contre une insinuation aussi ridicule que peu fondée.

Je compte sur votre impartialité, monsieur, pour l’insertion de cette lettre, et je vous prie d’agréer, etc.

Signé : Marie CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite…. »

Cette lettre nous a été remise sur papier timbré, par le ministère d’un huissier, ce qui fait que Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… avait d’excellentes raisons de compter, pour son insertion, sur notre impartialité : on remarquera aisément qu’elle est beaucoup plus flatteuse pour M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, l’illustre maître dont madame Cabel révère le génie, que pour ce pauvre AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite…, qu’elle appelle tout simplement l’auteur de son premier succès ; on devinera aussi, à l’élégance de la phrase et à l’aménité du style, que l’épître en question, si c’est Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… qui l’a signée, lui a été dictée par son mari. Un autographe de M. CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite…, qui a précédé celui de sa femme, et que nous gardons précieusement, nous en est une preuve certaine. Quant à l’adjectif ridicule que M. Georges CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… n’a pas su retenir au bout de sa plume, si nous ne le lui renvoyons pas, c’est que c’est là une épithète qu’un mari, dans un moment d’irritation, peut bien adresser à un feuilletoniste, mais qu’un feuilletoniste de sang-froid ne saurait appliquer à un mari.

Maintenant, si l’on veut savoir jusqu’à quel point nous avons été en dehors de la vérité en disant que Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… avait, à la demande générale du public bordelais, intercalé la ronde des Fraises dans le 3e acte de l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite…, nous reproduirons l’extrait suivant d’une lettre que vient de nous envoyer, sur notre demande, le rédacteur en chef de l’un des journaux les plus spirituels et les mieux rédigés de Bordeaux :

« (…) Madame Cabel a joué l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite… le lundi 22 juin, je crois, et à la fin de la pièce, à la demande de quelques personnes, et malgré de nombreux témoignages de désapprobation, elle est venue en manteau impérial, escortée du tzar Pierre, chanter la ronde des Fraises, etc. (…) »

Suit une appréciation fort piquante de la pantomime de Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite…, et de sa tenue en scène.

Que madame CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… ait chanté l’air des Fraises, pendant ou après la représentation de l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite…, elle n’a fait là qu’un acte de complaisance ; et je n’ai pas dit qu’elle eût fait autre chose.

Si j’avais voulu être désagréable à la célèbre cantatrice (je l’ai plus d’une fois appelée ainsi) je n’aurais eu qu’à donner quelques extraits des journaux la Gironde, le Bonhomme, la Guienne, la Lorgnette, le Courrier de la Gironde et la Chronique de la Gironde, qui ont rendu compte des représentations de Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… à Bordeaux et qui lui reprochent : les uns ses fioritures d’un goût douteux et les altérations qu’elle se permet de faire subir au texte ; les autres, le défaut de justesse de ses intonations et le laisser-aller de son jeu. Bien loin de là, j’ai dit que Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… avait conquis tous les suffrages du public bordelais ; que la manière dont elle avait chanté la ronde des Fraises avait produit un grand effet ; qu’elle avait popularisé la ronde en question, et que la ronde en question l’avait popularisée ; j’ai dit encore combien j’étais étonné, quand je pensais au succès de Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… en province, qu’elle fût si froidement accueillie à Paris et qu’elle parût si rarement sur la scène de l’Opéra-Comique : j’ai dit tout cela franchement, sans détour, sans arrière-pensée, et voilà que la charmante femme, dédaignant tant de sincères éloges, trouve un défaut à ma cuirasse, lance ses foudres sur moi et appelle sur ma tête le châtiment de mon rédacteur en chef. Ah ! par bonheur, Félix MornandMornand, FelixFélix Mornand (Macon, 12 juillet 1815 – Paris, 16 juin 1867), journaliste et écrivain. En 1833, il fut nommé secrétaire de la commission d’enquête en Algérie, puis fut attaché au ministère de la guerre de 1834 à 1844. Il se consacra ensuite aux belles lettres, collaborant à plusieurLire la suite… est un doux maître ; il a compris mon repentir, il s’est laissé toucher par mes larmes, et la seule punition qu’il m’ait infligée, c’est de me donner vingt fois à copier le verbe : Je me garderai bien, à l’avenir, d’exciter, de quelque façon que ce soit, le courroux d’une cantatrice. J’ai demandé la permission de faire paraître ce pensum en feuilleton, mais elle m’a été refusée.

Il me semble que j’en ai dit beaucoup à propos d’un fait si peu important, d’une si mince querelle, querelle de Belge qui pourrait bien passer pour une querelle d’Allemand ; je désire cependant ajouter encore un mot et dire à Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite…, bien qu’elle m’ait forcé à sortir de la voie de la galanterie pour entrer dans la voie de la vérité, que je ne lui garde pas la moindre rancune, et que si, dans plusieurs circonstances, j’ai manqué d’enthousiasme à l’endroit de son talent, en revanche j’ai toujours prisé hautement ses qualités privées, sa grâce charmante, son exquise bienveillance et l’affabilité de son caractère. Quant à l’empressement qu’elle met d’habitude à prêter son concours à des œuvres d’art ou de charité, personne n’en doute, et j’ai eu une occasion de m’en convaincre par moi-même, il y a un peu plus de trois ans, lors du concert que M. Alexandre DumasDumas fils, AlexandreAlexandre Dumas fils (Paris, 22 juillet 1824 – Mary-le-Roi, 27 novembre 1895), écrivain, auteur dramatique. Né des amours d’Alexandre Dumas avec sa voisine de palier Catherine Laure Labay, il ne fut reconnu par son père qu’en 1831. Placé en pension en 1833, il y rencontra Edmond de GoncourLire la suite… me pria d’organiser pour les monumens de BalzacBalzac, Honoré deHonoré de Balzac (Tours, 20 mai 1799 – Paris, 18 août 1850), écrivain. Auteur de La Comédie humaine, qui rassemble en plusieurs séries 90 romans très réalistes qui décrivent la société française de la première moitié du XIXe siècle, avec ses passions dévorantes et sa fascination du poLire la suite… et de Frédéric SouliéSoulie, FredericFrédéric Soulié (Foix, 23 décembre 1800 – Bièvre, 23 septembre 1847), romancier. Il publia plusieurs romans, dont Les Deux Cadavres (1832), Les Mémoires du diable (183-1838) et Le Lion amoureux (1841). Sa traduction de Roméo et Juliette (Shakespeare, 1828) eut beaucoup de succès au ThéâtLire la suite…. Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… était l’une des dames patronnesses de l’œuvre, et l’illustre romancier pourrait dire avec quel zèle elle s’acquitta de la tâche qu’elle avait bien voulu accepter.

Et enfin, pour effacer toute trace d’épigramme qui aurait pu se glisser à mon insu dans ma justification ou dans ma défense, je vais reproduire un madrigal belge que je trouve dans le journal de mon ami Achille Denis, et qui accompagnait un magnifique bracelet offert à Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… par ses compatriotes, à la suite d’une représentation qu’elle a donnée en Belgique. Dans quelle ville ? Le journal ne le dit pas, et je me garderai bien de désigner, par supposition, celle-ci ou celle-là. Voici le bouquet en question :

Le bracelet, dit-on, fut jadis inventé

Comme un signe odieux de la servilité ;

Le maître l’attachait au bras de son esclave ;

Au lieu d’une parure, il donnait une entrave ;

Mais, depuis lors, les temps ont changé, Dieu merci !

Prenez ce bracelet, n’ayez aucun souci ;

En offrant ce joyau qui dans vos mains rayonne,

Madame, c’est l’esclave aujourd’hui qui le donne !

A ceux qui voudraient savoir le nom de l’esclave, nous répondrons que ce mot a ici une signification collective, puisque le bracelet, ainsi que l’a dit mon ami DenisDenis, AchilleHenri-Louis-Achille Denis (Liège, ? 1817 – Courbevoie/Hauts–de-Seine, 29 octobre 1889), journaliste et critique de théâtre. Il vint à Paris en 1829 et fut l’un des premiers à organiser dans la presse le reportage théâtral. En 1835, il fonda la revue L’Entracte, dont il fut le rédacteLire la suite…, a été offert à Mme CabelCabel, GeorgesGeorges Cabu dit Cabel (Namur, 14 mars 1822 – Schaerbeeck, 12 mai 1881), professeur de chant. Élève de Just Géraldy, il enseignait à Bruxelles et épousa son élève, Marie-Josèphe Dreulette alias Marie Cabel, en 1847. Il divorça et finit sa carrière en tant que directeur de l’Institut NéeLire la suite… par ses compatriotes.

Laissons-là les fraises du bois de Bagneux et les bijoux belges pour faire un tour en Normandie, ce grenier de la France, où les épis sont plus hauts que des hommes.

Je viens d’explorer les riches plaines du Calvados, sous le prétexte d’aller assister au concours d’orphéons qui a eu lieu à Caen le 19 de ce mois. Et je me suis assis sur les magnifiques gerbes répandues dans ces champs fertiles que sillonne une armée de moissonneurs. J’ai assisté au repas servi sur la table rustique, à l’heure où les fléaux cessent de battre le grain, et, fermés en faisceaux, se reposent de leurs mouvemens cadencés. J’ai vu les tranquilles ménagères de Bayeux et de Colomby rangées en cercle sur le seuil de leurs demeures, faire glisser la navette dans leurs doigts agiles et façonner ces fines dentelles qui s’étaleront un jour dans la devanture de nos boutiques. J’ai vu les pêcheurs de Luc et de Courseulles tendre leurs filets et s’en revenir par groupes joyeux à l’heure où la marée descendante laisse à découvert un océan de sable. Et j’ai vu aussi Notre-Dame-de-la-Délivrance, où la Vierge a sa chapelle et où les marins pieux viennent s’agenouiller et déposer les offrandes promises à la mère de Dieu pendant la tempête. A l’entour du temple les marchands guettent la pratique et vendent leurs amulettes : des cierges blancs et roses, des cœurs d’or et des cœurs d’argent, des médailles avec et sans effigie, des croix et des boussoles, de saintes images enluminées et des figurines sculptées dans l’ivoire.

A l’intérieur de l’église, le prêtre, moyennant une faible aumône, bénit tous ces petits souvenirs que lui apporte l’épouse dévote ou le voyageur incrédule, et il en fait autant de reliques. Et comme je ne veux pas que l’on m’accuse de mêler une pointe de scepticisme au récit de toutes ces manifestations d’une foi respectable, j’avoue avoir acheté moi-même une petite médaille qui me portera peut-être bonheur et me préservera dans l’avenir de quelques-unes des tribulations auxquelles sont exposés, bien malgré eux, les malheureux feuilletonistes.

L’hospitalité que nous avons reçue à Caen nous a rappelé celle qui nous avait été si gracieusement offerte à Bordeaux. La ville était encombrée d’étrangers ; les bannières des orphéonistes flottaient au vent ; les bâtimens étaient pavoisés et les quais décorés, dans toute leur longueur, de girandoles, d’écussons et de lanternes se balançant au gré de la brise. Les habitans avaient mis leurs habits de fêtes : quelques jeunes filles venues des villages environnans parcouraient les rues dans leur pittoresque costume, étalaient coquettement le luxe de leur coiffure, et les vieilles commères, elles-mêmes, avaient masqué le bonnet de coton traditionnel sous la coiffe arrondie des bourgeoises normandes.

A midi, les sociétés chorales et les musiques militaires réunies sur la place de la Mairie défilaient devant les autorités, les membres du jury et les ordonnateurs de la fête. A une heure, le concours commençait au théâtre et au lycée, où MM. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… et NiedermeyerNiedermeyer, Louis deLouis de Niedermeyer (Nyon/ Suisse, 27 mars 1802 – Paris, 14 mars 1861), compositeur. Il étudia le piano avec Ignaz Moscheles et la composition avec Emanuel Aloys Förster à Vienne, puis avec Valentino Fioravanti à Rome. Il devint célèbre par sa mélodie, Le Lac, sur un poème de Lamartine. SLire la suite… trônaient dans leur fauteuil présidentiel. Parmi les jurés, on remarquait MM. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, ElwartElwart, Antoine-Amable-ElieAntoine-Amable-Elie Elwart, (Paris, 19 septembre 1808 – Paris, 14 octobre 1877), compositeur. Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, il obtint le 1er Prix de Rome en 1834. De 1832 à 1872, il enseigna l’harmonie et le contrepoint au Conservatoire. Il composa surtout des œuvres sacrées (Lire la suite…, Laurent de Rillé, Charles ManryManry, CharlesCharles Manry (Paris, 8 février 1823 – Paris, 18 juillet 1866), compositeur. Il étudia la musique avec Antoine Elwart tout en faisant des études de droit. Il fut reçu avocat. Il composa surtout de la musique sacrée dont cinq messes et deux oratorios: Les Natchez et  Les Pèlerins d’Emmaüs,Lire la suite…, Adrien de La FageLa Fage, Juste Adrien Lenoir deJuste-Adrien Lenoir de La Fage (Paris, 28 mars 1801– Charenton, 8 mars 1862), compositeur. Il étudia la musique sacrée avec François-Louis Perne et Alexandre Choron, puis se perfectionna en Italie auprès de l’abbé Giuseppe Baini. En 1831, il fut nommé maître de chapelle de l’église SaiLire la suite…, KloséKlosé, Hyacinthe-ÉléonoreHyacinthe-Éléonore Klosé (Corfou, 11 octobre 1808 – Paris, 29 août 1880), clarinettiste. Il vint à Paris très jeune et rejoignit en 1813 le corps de musique d’un régiment de la garde royale, où il restera jusqu’en 1830. En 1831, il entra au Conservatoire de Paris, et en devint professeLire la suite…, DelsarteDelsarte, Francois-Alexandre-Nicholas-CheriFrançois-Alexandre-Nicolas-Chéri Delsarte (Solesmes, 19 novembre 1811 – Paris, 20 juillet 1871), ténor et musicologue. Il étudia simultanément à l’Institution royale de musique classique et religieuse de Choron et avec Louis-Antoine Ponchard au Conservatoire de Paris, où il obtint un deuxLire la suite… et M. Camille de VosVos, Camille deCamille de Vos (Ninove/ Belgique, ? 1821 – Paris, 31 octobre 1899), compositeur. ll vint à Paris en 1836 pour étudier la peinture dans l’atelier du flamand Vliegher, puis dans celui de Paul Delaroche. Ayant abandonné la peinture pour la musique, il se fit connaitre d’abord par un grand noLire la suite…, l’auteur d’une messe exécutée le matin même à Notre-Dame. Au lycée comme au théâtre, il régnait une chaleur suffocante ; pas un coin de loge, pas une stalle, pas une chaise n’était inoccupée : les éventails s’agitaient et se repliaient avec des bruits d’ailes : c’était à se croire dans un cirque de Barcelone ou dans une église de Madrid. Au dehors, la foule impatiente attendait les résultats de la lutte, et bientôt elle saluait de ses acclamations les noms proclamés des vainqueurs.

La Germania, déjà couronnée au concours de Melun, la Jeune phalange cécilienne, la Sainte-Cécile de Cherbourg, les Neustriens de Caen, les Enfans de Lutèce, les Enfans de Paris, l’Alsacienne, la musique municipale de Caen, les Enfans de Dozulé, et la musique du 3e de ligne, se sont partagé les premiers prix.

La Jeune phalange cécilienne, phalange de chanteurs imberbes, attirait tous les regards, avait toutes les sympathies. M. le maire de Caen la considère comme le noyau de son Conservatoire, institution qui, si les projets de l’honorable magistrat étaient appuyés en haut lieu, pourrait acquérir une importance réelle, et offrir un bon exemple à suivre à la plupart de nos grandes villes. M. le maire de Caen a traité devant nous la question de l’enseignement musical en homme très compétent, et si quelques-uns des augures du Temple-Poissonnière eussent pu l’entendre développer ses excellentes théories, pleines de logique et de bon sens, peut-être cette fois se seraient-ils regardés sans rire. M. BertrandBertrand, François-GabrielFrançois-Gabriel Bertrand (Valognes, 15 décembre 1797 – Beaumont près Bellou-en-Houlme/Orne, 18 avril 1875), homme politique. Après ses études, il débuta dans l’enseignement tout en apprenant l’anglais, l’italien et les lettres anciennes. En 1826, il fut nommé au collège royal de Caen Lire la suite… aime la musique, et bien sûr aussi il aime les musiciens, car il nous a fait l’accueil le plus cordial, le plus empressé. M. DelaporteDelaporte, EugèneChristophe-Louis-Joseph-Eugène Delaporte (Paris, 21 février 1818 – Saint-Mandé près Paris, 21 février 1886), organiste et chef de chœurs. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un accessit en Solfège en 1830. Il fut organiste à Sens en 1846. Il créa l’Association des SociLire la suite…, le Juif-Errant de l’Orphéon, le moteur de cette grande machine chorale qui s’étend aujourd’hui sur toute la France, a eu la première et la plus grosse part dans les félicitations et les complimens de M. le maire. Au banquet, on lui a porté un toast, et chacun de lever son verre et d’applaudir. Je crois que c’est M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… qui lui a fait cet honneur ; mais, par un inconcevable caprice de sa mémoire, l’orateur, après avoir épuisé toutes les formules de l’éloge, et, arrivé à la fin de son discours, ne pouvait plus trouver le nom de M. DelaporteDelaporte, EugèneChristophe-Louis-Joseph-Eugène Delaporte (Paris, 21 février 1818 – Saint-Mandé près Paris, 21 février 1886), organiste et chef de chœurs. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un accessit en Solfège en 1830. Il fut organiste à Sens en 1846. Il créa l’Association des SociLire la suite…. M. ElwartElwart, Antoine-Amable-ElieAntoine-Amable-Elie Elwart, (Paris, 19 septembre 1808 – Paris, 14 octobre 1877), compositeur. Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, il obtint le 1er Prix de Rome en 1834. De 1832 à 1872, il enseigna l’harmonie et le contrepoint au Conservatoire. Il composa surtout des œuvres sacrées (Lire la suite…, toujours serviable, est venu en aide à son collègue embarrassé.

Le 16 de ce mois, si la Providence exauce nos vœux, nous serons à Dijon, la patrie du grand RameauRameau, Jean-PhilippeJean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), compositeur. Fils de l’organiste Jean Rameau, il étudia au collège jésuite des Godrans mais interrompit ses études suite au décès de sa mère en 1697. Dès 1699, il travailla comme organiste suppléant de son pèreLire la suite…, où se prépare une nouvelle édition des fêtes de Bordeaux et de Caen, qui vient de nous être officiellement annoncée. Là nous ne vanterons pas les délices du Léoville de 1846, et nous aurons sans doute oublié le refrain de la chanson normande ;

Vive le jus de la pomme

Qu’est favorable aux amours.

L’Opéra a repris avec un très grand succès le ballet d’OrfaOrfaOrfa, ballet-pantomime en deux actes sur un livret de Henry Trianon, une chorégraphie de Joseph Mazilier, une musique d’Adolphe Adam créé à l’Opéra de Paris le 29 décembre 1852.Lire la suite…, une des plus gracieuses et des plus mélodiques partitions d’Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite…, et tout à fait digne de ses aînées : GiselleDemoiselle en loterie, LaLa Demoiselle en loterie, opérette en un acte sur un livret d’Adolphe Jaime, dit Jaime fils, et Hector Crémieux mis en musique par Jacques Offenbach et créée aux Bouffes-Parisiens 7 juillet 1857.Lire la suite… et la Jolie fille de Gand.Jolie Fille de Gand, LaLa Jolie Fille de Gand, ballet-pantomime en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges, une chorégraphie d’Albert Decombe et une musique de Adolphe Adam créé à l’Opéra de Paris le 22 juin 1842.Lire la suite… Mais on écoute si peu la musique d’un ballet, que nous n’hésitons pas à dire que tout l’attrait de cette reprise était dans le début de Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite… remplissant, pour la première fois, le rôle de la fiancée de Lodbrog.

Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite… réalise, aux yeux des amateurs, l’idéal de la danse : elle est en première ligne et n’a pas de rivales ; la perfection et la légèreté de ses pointes, la rapidité de ses tacquetés, la grâce moelleuse de son ballonné, l’enchantement de son sourire et le prestige de son regard, toutes les saillies de ce talent merveilleux, tous ces charmes, tous ces dons, toutes ces étincelles nous ont plongé dans de doux ravissemens, dans de délicieuses extases, et nous avons revu comme dans un songe les plus belles soirées de la TaglioniTaglioni, MarieMarie Taglioni (Stockholm, 23 avril 1804 – Marseille, 22 avril 1884), danseuse. Fille du danseur et chorégraphe italien Filippo Taglioni, elle étudia la danse avec son père et débuta en 1822 à Vienne, où son père avait été nommé maître de ballet de l’opéra de la cour. Elle se produisLire la suite… et de la blonde Carlotta. Rien n’a manqué au triomphe de l’incomparable ballerine, ni les applaudissemens, ni les rappels, ni les fleurs ; les gants se rompaient, les mouchoirs s’agitaient au dehors des loges, les plus frêles gosiers jetaient leur note d’enthousiasme : la claque était devenue inutile.

A Naples ou à Venise, une pluie de sonnets eût été répandue sur les spectateurs ; à Rome, au temps des Césars intelligens, on eût déifié la sylphide.

Me voilà pris tout à coup d’une vague terreur. Dans l’appréciation que je viens de faire du talent de Mme FerrarisFerraris, AmaliaAmalia Ferraris (Voghera/ Italie, ca. 1830 – Florence, 8 février 1904), ballerine. Elle étudia à Turin avec Claudio Chouchoux puis à Milan avec Carlo Blasis. En 1841, elle débuta à la Scala dans La Sylphide puis interpréta le rôle de Myrta dans Giselle au Teatro Regio de Turin l’année Lire la suite…, n’ai-je rien laissé échapper de blessant pour la dignité de la grande artiste ? J’ose espérer que non. Mais, dans tous les cas, si j’ai péché, comme je n’aurai péché que par ignorance, je supplie la déesse de me pardonner mes torts involontaires ou de m’en informer directement … et sur papier libre.

C’est une bonne fortune pour moi quand j’ai à signaler l’apparition d’une œuvre sérieuse qui se recommande d’elle-même à l’attention des dilettanti. Le cahier d’études mélodiques que Mme la baronne du Verger vient de publier prendra assurément une des premières places parmi les productions du même genre. Le monde artistique se souvient encore des succès de Mlle Morel Du Verger, Jeanne-VirginieJeanne-Virginie baronne Du Verger, née Morel (Metz, 18 mai 1799 (19 mars 1800) – Seiches-sur-le-Loir/Maine-et-Loire, 17 décembre 1869), pianiste et compositeur. Elle étudia an Conservatoire de Paris et obtint un 1er prix de piano en 1814. Elle se consacra à l’enseignement et fut le professeur Lire la suite…; l’habile pianiste, en devenant une noble dame, est restée fidèle à son art et aux seules traditions qu’elle ait jamais acceptées, celles des grands maîtres. On sent à chaque page de l’œuvre la virilité et l’expérience : la grâce féminine s’est réfugiée dans les titres donnés par l’auteur à chacune des mélodies qui composent son recueil : la Berceuse, l’Incertezza, la Barcarolle, le Papillon, etc. Ces fraîches et poétiques pensées sont précédées d’une fort belle introduction dans laquelle les deux parties, également intéressantes, également mouvementées, révèlent la touche magistrale d’une main qui ne tâtonne pas. Mme la baronne du Verger a placé en tête de son ouvrage le nom de Mme Farrenc Farrenc, Jeanne-LouiseJeanne-Louise Farrenc, née Dumont (Paris, 31 mai 1804 – Paris 15 septembre 1875), compositeur et pianiste. Elle étudia le piano avec Anne-Élisabeth Soria, élève de Clémenti et la composition avec Antonin Reicha. Elle enseigna le piano au Conservatoire de Paris de 1842 jusqu’à sa retraite Lire la suite…: hommage délicat qui s’adresse aussi bien au cœur de la femme qu’au génie de l’artiste.

La reprise d’HaydéeHaydée ou Le SecretHaydée ou Le Secret, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 28 décembre 1847.Lire la suite…, au théâtre de l’Opéra-Comique, a valu à M. JourdanJourdan, Pierre-MariusPierre-Marius Jourdan (Marseille 28 octobre 1823 – Bruxelles, entre le 1er et le 9 février 1879), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris qu’il termina en 1845 avec un 1er prix de chant.  Il débuta à l’Opéra-Comique dans Zemire et Azor (Grétry) en 1846 et y resta jusqu’en 18Lire la suite… un légitime succès. Le jeune ténor abordait pour la première fois le rôle de Lorédan, créé par RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, et l’un des plus difficiles du répertoire. La jolie partition de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, qui date déjà d’une dizaine d’années, n’a nullement vieilli : on l’a applaudie comme aux premiers jours. Nous n’avons rien à ajouter aux éloges que nous avons donnés dans le temps à M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… et à Mlle LefebvreFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite….

On n’entend plus parler du Carnaval de VeniseCarnaval de Venise, LeLe Carnaval de Venise, opéra-comique en trois actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 9 décembre 1857.Lire la suite…, surtout depuis que la fermeture du Théâtre-Lyrique a suspendu les représentations de la Reine TopazeReine Topaze, LaLa Reine Topaze, opéra-comique en trois actes sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Léon Battu mis en musique par Victor Massé et créé au Théâtre-Lyrique le 27 décembre 1856.Lire la suite…. J’aime assez cependant à savoir qu’il est question d’un nouvel opéra de M. Ambroise Thomas : c’est toujours un bruit agréable pour ceux qui recherchent la musique élégante, écrite avec talent et esprit.

Voici la liste des ouvrages importans qui seront joués, pendant la campagne prochaine, au Théâtre-Lyrique, qu’il soit au boulevard du Temple ou ailleurs : EuryantheEuryantheEuryanthe, opéra en trois actes sur un livret en allemand de Helmina von Chézy mis en musique par Carl Maria von Weber et créé Kärntnertortheater de Vienne 25 octobre 1823.Lire la suite…, d’abord : à tout seigneur, tout honneur ; puis une pièce de M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite…, auteur de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… et ancien président du jury à Caen ; suivront deux autres ouvrages en trois actes, l’un de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, l’autre de M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…. Je ne dis rien du menu fretin, parce qu’on ne m’en a rien dit, ou du moins peu de chose. Le directeur du Théâtre-Lyrique, quelle que soit sa sollicitude pour les jeunes compositeurs, ne paraît pas bien convaincu que les petits ruisseaux fassent les grandes rivières. Et ce n’est pas là le seul proverbe qu’avec un peu de bonne volonté on puisse prendre, chaque jour, en flagrant délit de mensonge.

Egayons un peu notre feuilleton en annonçant le retour des Bouffes-Parisiens dans leur jolie salle d’été. Le ramage des oiseaux voyageurs a recommencé, lundi soir, sous les frais ombrages des Champs-Elysées : deux pièces nouvelles ajoutaient à l’attrait de la représentation : l’une est de M. OrtolanOrtolan, Joseph-Louis-ElzéarJoseph-Louis-Elzéar Ortolan (Toulon, 21 août 1802 – Paris, 27 mars 1873), avocat, jurisconsulte. Fils d’un ancien juge de paix, il fit ses études scolaires à Nice puis à Avignon et ses études juridiques à Aix-en-Provence. Il fut reçu licencié à Paris en 1826. Pendant dix ans, il travaiLire la suite… et a pour titre : la Momie de RoscocoMomie de Roscoco, LaLa Momie de Roscoco, opérette en un acte sur un livret d’Emile de Najac mis en musique par Eugène Ortolan et créée aux Bouffes-Parisiens le 27 juillet 1857.Lire la suite… ; l’autre, Une Demoiselle en loterieDemoiselle en loterie, LaLa Demoiselle en loterie, opérette en un acte sur un livret d’Adolphe Jaime, dit Jaime fils, et Hector Crémieux mis en musique par Jacques Offenbach et créée aux Bouffes-Parisiens 7 juillet 1857.Lire la suite…, est de M. le directeur des Bouffes lui-même. Si le père de M. Eugène OrtolanOrtolan, EugèneEugène Ortolan (Paris, 1er avril 1824 – Paris, 12 mai 1891), compositeur. Tout en étudiant le droit, il étudia la musique au Conservatoire de Paris avec Berton et Halévy et obtint un second Prix de Rome en 1845. En 1849, il fut engagé au Ministère des Affaires étrangères où il fera une carLire la suite…, homme grave et jurisconsulte éminent, que j’ai eu l’honneur d’apercevoir parmi les spectateurs a éprouvé quelques accès d’attendrissement aux tribulations de la pupille vivante et de la jeune personne embaumée, le succès de la partition n’a pas dû être tout à fait étranger à cette émotion paternelle.

L’opérette de M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite… est d’un comique abracadabrant, dont nous n’essayerons pas de donner une idée. M. Edmond AboutAbout, EdmondEdmond About (Dieuze/Moselle, 14 février 1828 – Paris, 16 janvier 1885), journaliste. Classé second au concours d’entrée de l’École Normale en 1848, l’élève, brillant mais indiscipliné, fut engagé à l’École Française d’Athènes de 1851 à 1853 et publia une étude, La Grèce Lire la suite… riait à se tordre, dans une loge d’avant-scène, et ceux qui le voyaient rire faisaient comme lui, enchantés, sans doute, d’avoir cela en commun avec un homme de beaucoup d’esprit. Mlle Louise Tautin, qui a débuté dans le rôle principal, celui de l’héritière des Pigeonneau, est une jeune et jolie transfuge du théâtre de Lyon ; on lui a fait le meilleur accueil. Sa voix est fraîche, étendue, très juste et très sympathique. Avec cela, Mlle TautinTautin, Louise (Lise)Louise-Emelie-Victorine Vaissiere dite Lise Tautin (Yvetot, 31 janvier 1834 – Bologne/Italie, ? mai 1874), actrice et soprano. Elle débuta en province puis au Théâtre du Vaudeville de Bruxelles, où Jacques Offenbach la remarqua. Ce dernier l’engagea en 1857 au Théâtre des Bouffes-ParisienLire la suite… a toute l’expérience d’une comédienne consommée, tout l’acquis d’une chanteuse qui n’en est pas à son coup d’essai. Je dis cela bien haut, au risque d’être entendu de M. le directeur de l’Opéra-Comique, et si c’est une indiscrétion, OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite… et Mlle TautinTautin, Louise (Lise)Louise-Emelie-Victorine Vaissiere dite Lise Tautin (Yvetot, 31 janvier 1834 – Bologne/Italie, ? mai 1874), actrice et soprano. Elle débuta en province puis au Théâtre du Vaudeville de Bruxelles, où Jacques Offenbach la remarqua. Ce dernier l’engagea en 1857 au Théâtre des Bouffes-ParisienLire la suite… voudront bien me la pardonner.

Deux mots encore pour dire une chose banale (une de plus, une de moins, qu’importe !) : la musique de mon ami Jacques est vive, légère, agréable, facile ; enfin, elle a toutes les qualités du genre. Les vrais connaisseurs l’ont fort applaudie.