L’Athenæum français, 3 mars 1855, p. 170-171 (article signé E. Reyer).

Théâtres. – chronique musicale.

Opéra-Comique : Miss FauvetteMiss FauvetteMiss Fauvette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 13 février 1855.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…, musique de Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…. — Théâtre-Italien : I PuritaniI Puritani (Les Puritains)Les Puritains (I Puritani), opera seria en trois actes sur un livret en italien de Carlo Pepoli mis en musique par Vicenzo Bellini et créé au Théâtre-Italien de Paris le 24 janvier 1835.Lire la suite… (reprise). — Concerts.


Le titre est joli, mais il est à peine justifié par deux airs peu saillants que chante Lisette, la jolie bouquetière, à laquelle son voisin lord Tristram a donné le gracieux surnom de miss Fauvette. Du temps où les bouquetières chantaient (sous Louis XV), il y avait, alors comme aujourd’hui, en Angleterre comme ailleurs, des gens qui détestaient la musique en général et la musique des bouquetières en particulier. Lord Tristram est donc un original tiré à un nombre considérable d’exemplaires. Le flegmatique insulaire ne sait comment s’y prendre pour imposer silence à la jolie marchande ; elle roucoule du matin au soir et du soir au matin : le jour ce sont de gais refrains dans lesquels son cousin Robin vient de temps à autre lui donner la réplique ; la nuit ce sont de mélancoliques cavatines qui procurent à lord Tristram de désagréables insomnies. Le noble lord est flanqué d’un laquais galonné sur toutes les coutures de son habit, dont les basques sont pleines de bouquins. Tristram choisit d’une main indifférente dans les rayons de cette bibliothèque animée, et interroge chaque volume pour connaître le secret au moyen duquel il pourra arrêter la chanson sur les lèvres roses de la jeune fille. Les Essais de Montaigne lui apprennent que Caton ronflait bruyamment, et Tristram envie le sommeil de Caton ; mais pourquoi Caton ronflait-il ? La FontaineLa Fontaine, Jean deJean de La Fontaine (Château-Thierry, 9 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695), poète. Il est renommé pour ses fables et dans une moindre mesure pour ses contes, qui ont cependant inspiré plusieurs opéras-comiques dont Le Magnifique (Grétry, 1773), Le Frère Philippe (Dourlen, 1818) et La ColoLire la suite… lui paraît plus explicite, et la fable du Financier et du SavetierFinancier et le savetier, LeLe Financier et le savetier. Fable de Jean de La Fontaine. C’est la deuxième fable du Livre VIII publié pour la première fois en 1678.Lire la suite… est pour l’Anglais mélophobe un trait de lumière. Il achète une guinée les fleurs qui répandent de si suaves parfums dans la boutique de miss Fauvette. La bouquetière est d’autant plus heureuse d’une si bonne aubaine qu’elle va pouvoir secourir un vieux parent dont Robin lui a conté la détresse, et elle chante de plus belle. Milord en est pour ses guinées ; il appelle alors à son aide le Dictionnaire de l’Académie et y lit qu’un amour malheureux est presque toujours la cause d’une tristesse profonde : quand on est triste, on ne chante plus. Nouvelle expérience que, comme la première, milord fait à ses dépens. Robin et Lisette ne demandaient qu’à y voir clair dans leur cœur de seize ans, et à peine milord leur a-t-il parlé à chacun en particulier de leur amour réciproque, qu’ils se mettent à célébrer leurs fiançailles comme les oiseaux célèbrent le retour du printemps sur une branche fleurie. Mais Tristram ne perd pas courage, et en continuant à feuilleter le précieux in-folio, il y découvre les terribles effets de la jalousie, définis en quelques lignes placées à la lettre A sous forme de corollaire : cette fois il réussit même au delà de ses espérances, si bien qu’il a des remords, que ses insomnies augmentent, et que, touché du désespoir des deux amoureux, il leur avoue sa ruse digne de don Basile. Pour chasser toute arrière-pensée de l’esprit de Robin, il fait certifier le fait par Trim, son domestique, et Trim ne ment jamais : la parole du laquais vaut encore mieux que celle du maître. Il faut qu’en dépit du fâcheux voisinage de la bouquetière, le logement de milord ait bien des charmes pour qu’il n’ait pas songé tout d’abord à déménager. Tristram s’avoue vaincu ; il chante sa défaite avec une voix de lutrin, ordonne à son valet de faire la basse et la toile tombe sur un quatuor cacophonique ; ceci soit dit sans allusion méchante à la musique de M. MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… qui est délicieuse.

Nous regrettons de voir reparaître sur la scène de l’Opéra-Comique, un théâtre où l’esprit et le bon goût règnent sans partage, ce type suranné et faux d’Anglais ridicule parlant un langage moitié alsacien, moitié nègre, et dont M. LevassorLevassor, Pierre-ThomasPierre Levassor (Fontainebleau, 25 janvier 1808 – Fontainebleau, 1er janvier 1870), acteur. Il se produisit sur les scènes du Théâtre des Variétés, et du Palais-Royal. Lire la suite…, le créateur du genre, n’a certainement jamais entrevu la silhouette à travers les brouillards de la Tamise.

La pièce offre néanmoins quelques situations amusantes, et elle est parfaitement jouée et chantée par MM. JourdanJourdan, Pierre-MariusPierre-Marius Jourdan (Marseille 28 octobre 1823 – Bruxelles, entre le 1er et le 9 février 1879), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris qu’il termina en 1845 avec un 1er prix de chant.  Il débuta à l’Opéra-Comique dans Zemire et Azor (Grétry) en 1846 et y resta jusqu’en 18Lire la suite…, Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite…, NathanNathan, ElieElie Nathan (Hambourg, janvier 1822 – Paris, 28 octobre 1884), Basse. Il fit ses études au Conservatoire de Paris ou il obtint un accessit d’opéra-comique en 1847 et débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1847 dans L’Ambassadrice (Auber). Il fit toute sa carrière à l’Opéra-comique où ilLire la suite… et Mlle LefebvreFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite…, Fauvette gazouilleuse auprès de son seigneur, qui a obtenu de M. Émile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… un rôle que Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… avait appris et que les auteurs avaient écrit pour elle.

M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… marche sur les traces de nos compositeurs les plus féconds. Il a déjà écrit cinq partitions pour l’Opéra-Comique : la Chanteuse voiléeChanteuse voilée, LaLa Chanteuse voilée, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène Scribe et Adolphe de Leuven mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 26 novembre 1850.Lire la suite…, succès espagnol ; GalatéeGalatéeGalatée, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 14 avril 1852.Lire la suite…, succès grec ; les Noces de JeannetteNoces de Jeannette, LesLes Noces de Jeannette, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier, mis en musique par Victor Massé, créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1853.Lire la suite…, succès villageois ; la Fiancée du diableFiancée du Diable, LaLa Fiancée du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Hippolyte Romand mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 5 juin 1854.Lire la suite…, succès fantastique, et Miss FauvetteMiss FauvetteMiss Fauvette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 13 février 1855.Lire la suite…, succès d’outre-Manche ; en effet l’intérêt de cette dernière pièce se porte bien plus sur l’habit rouge de lord Tristram que sur le jupon court de Lisette. On peut voir par l’énumération que nous venons de faire des ouvrages de M. MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, combien est souple le talent de ce jeune maître.

L’ouverture de Miss FauvetteMiss FauvetteMiss Fauvette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 13 février 1855.Lire la suite… renferme un assez joli motif, d’un rhythme rapide, joué par les premiers violons ; mais elle nous a paru manquer d’unité et de style. Il est du reste très-difficile de faire une bonne ouverture, et plus d’une belle œuvre, destinée à passer à la postérité y arrivera peut-être sans préface. Les couplets chantés par Robin, et après lesquels le vrai public a demandé bis, ont un rare cachet de tendresse de simplicité ; c’est là une de ces heureuses inspirations comme on n’en trouve pas tous les jours, et nous désirons pour la réputation de M. MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… qu’il lui en vienne souvent de semblables. La chanson de Lisette ne manque pas de gaieté, son grand air est moins réussi. Nous devons citer au nombre des meilleurs morceaux le duo entre Tristram et son domestique, les couplets de milord, excellente parodie du style britannique, et un quatuor très-habilement fait. Il n’en faut pas davantage pour faire dire que l’œuvre du musicien est à la hauteur de celle des librettistes. Le Chien du jardinierChien du jardinier, LeLe Chien du jardinier, opéra-comique en un acte sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Eugène Cormon mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1855.Lire la suite… et Miss FauvetteMiss FauvetteMiss Fauvette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 13 février 1855.Lire la suite… composent un agréable spectacle, et tiendront pendant longtemps l’affiche de l’Opéra-Comique.

Le Théâtre-Italien a repris les PuritainsI Puritani (Les Puritains)Les Puritains (I Puritani), opera seria en trois actes sur un livret en italien de Carlo Pepoli mis en musique par Vicenzo Bellini et créé au Théâtre-Italien de Paris le 24 janvier 1835.Lire la suite…, une des plus mélodieuses partitions de BelliniBellini, VincenzoVincenzo Bellini (Catania 3 novembre 1801 – Puteaux près Paris, 23 septembre 1835), compositeur. Fils et petit-fils de compositeurs, il fit ses études au Collège Royal de Musique à Naples de 1819 à 1825 avec Tritto et Zingarelli. Il fut également influencé par les opéras de Rossini, compositLire la suite…. Pauvre Bellini ! il est mort bien jeune, et sans se douter que ceux-là même qui se pâmaient aux accords si doux, si suaves et si inspirés de sa lyre d’ivoire, acclameraient quelques années plus tard avec une exaltation toute méridionale le triomphe des cymbales, du trombone et de la petite flûte. Il est mort lui, le poëte du cœur, le chantre de l’amour, sans se douter qu’un jour l’Italie, cette terre classique de la mélodie, briserait avec les traditions du passé et offrirait un holocauste de chanteurs à une musique homicide (ténoricide, comme dit MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…). M. EuzetEuzet, GustaveLouis-Gustave-Esprit Euzet (Montpellier, 6 juillet 1813 – Grau-du-Roi/Gard, 10 aout 1881), basse baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint en 1833 les deuxièmes prix de vocalisation et de chant. Il débuta à l’Opéra dans Le Philtre (Auber) le 21 avril 1834. Il créa le rôle dLire la suite…, autrefois artiste de l’Opéra, a débuté dans le rôle de sir Georges, et s’y est fait applaudir pour son jeu simple et naturel, pour sa voix large et bien timbrée.

Mme Borghi MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite…, momentanément éloignée du théâtre, a été remplacée dans le TrovatoreTrovatore, IlIl Trovatore, opéra en quatre actes sur un livret en italien de Salvadore Cammarano  complété par Leone Emanuele Bardare et mis en musique par Giuseppe Verdi. L’œuvre fut créée au Théâtre Apollo à Rome le 19 janvier 1853 et au Théâtre-Italien à Paris le 23 décembre 1854.Lire la suite… par Mme Pauline Viardot. La grande artiste a préludé au rôle très-dramatique d’Azucena par celui de Rosine du Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite….

Il y a eu dimanche dernier un très-beau concert à la salle Sainte-Cécile. L’excellent orchestre que dirige si habilement le savant harmoniste M. BarbereauBarbereau, Auguste-Mathurin-BalthazarAuguste-Mathurin-Balthazar Barbereau (Paris, 14 novembre 1799 – Paris, 16 juillet 1879), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il fit des études de violon et de composition au Conservatoire de Paris où il obtint un 2eme prix de violon en 1813, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1819Lire la suite…, a exécuté avec beaucoup de verve, de précision et d’intelligence, l’admirable ouverture d’Oberon OberonOberon, opéra romantique en trois actes sur un livret en anglais de James Robinson Planche, d’après le poème de Christoph Martin Wieland, mis en musique par Carl Maria von Weber et créé au Théâtre de Covent Garden à Londres le 12 avril 1826. La version en français due à Charles Nuitter eLire la suite…[ObéronOberonOberon, opéra romantique en trois actes sur un livret en anglais de James Robinson Planche, d’après le poème de Christoph Martin Wieland, mis en musique par Carl Maria von Weber et créé au Théâtre de Covent Garden à Londres le 12 avril 1826. La version en français due à Charles Nuitter eLire la suite…] et la symphonie en si bémolSymphonie no. 4 en si bémol majeur Op. 60Symphonie pour orchestre no. 4 en si bémol majeur Op. 60 de Ludwig van Beethoven dédiée au Comte Franz von Oppersdorff et créée au palais du Prince Franz Joseh von Lobkowitz à Vienne en mars 1807.Lire la suite… de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, qui n’est pas, selon nous, le chef-d’œuvre du maître. Le choral de Luther, dont M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… a tiré un si heureux parti dans les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, a été chanté en double chœur, et n’a pas produit un grand effet ; cela tient évidemment à l’exécution qui, par moments, a manqué d’ensemble et de netteté. Une esquisse maritime intitulée Terre ! terre ! Terre ! terre !Terre ! terre !, Op. 28, esquisse maritime pour orchestre, chœurs, et ténor  sur un poème de Gustave Mathieu mis en musique par Édouard de Hartog.Lire la suite…dont les paroles sont de M. Gustave MatthieuMathieu, GustaveGustave Mathieu (Nevers, 9 septembre 1808 – Bois-le-Roi/ Seine-et-Marne, 14 octobre 1877), poète et chansonnier. Il étudia au collège de Nevers avant de s’engager dans la marine de guerre, où il devint officier. Il se tourna ensuite vers la marine marchande et voyagea jusque dans le PacifiquLire la suite… [Mathieu]Mathieu, GustaveGustave Mathieu (Nevers, 9 septembre 1808 – Bois-le-Roi/ Seine-et-Marne, 14 octobre 1877), poète et chansonnier. Il étudia au collège de Nevers avant de s’engager dans la marine de guerre, où il devint officier. Il se tourna ensuite vers la marine marchande et voyagea jusque dans le PacifiquLire la suite…, le poëte de Chante-clairChante-clairChanteclair, poème de Gustave Mathieu de 1853. Charles Lenient dans son livre La Poésie patriotique en France dans les temps modernes, Hachette, Paris, 1894, considère Chanteclair comme « le clairon de la république sonnant la charge contre l’aigle impérial »Lire la suite… et de Jean-RaisinJean-RaisinJean Raisin, poème de Gustave Mathieu de 1849. Plus tard Gustave Mathieu dirigera une revue du même nom : Jean Raisin, revue joyeuse et vinicole pour l’usage et récréation des vignerons, sommeliers, bouteillers, tonneliers, fendeurs de merrain, et tous autres travailleurs vivant de la vigne, paLire la suite…, et la musique de M. Édouard de HartogHartog, Édouard deÉdouard de Hartog (Amsterdam, 15 août 1828 – La Haye, 5 novembre 1909), compositeur. Il étudia la composition avec Bartelmann, Döhler, Mme. Dulcken, et Hoch, puis avec Elwart et Litollf et enfin avec Heinze, un élève de Mendelssohn et Damcke. En 1852, il s’installa à Paris pour se consacrLire la suite…, compositeur hollandais, n’a guère été appréciée que par un petit nombre de marins disséminés dans la salle. C’est une esquisse faite à grands coups, et la voix vibrante du ténor JourdanJourdan, Pierre-MariusPierre-Marius Jourdan (Marseille 28 octobre 1823 – Bruxelles, entre le 1er et le 9 février 1879), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris qu’il termina en 1845 avec un 1er prix de chant.  Il débuta à l’Opéra-Comique dans Zemire et Azor (Grétry) en 1846 et y resta jusqu’en 18Lire la suite… se distinguait à peine au lieu du vacarme effroyable de l’orchestre. Le grain signalé à l’horizon a bientôt éclaté en coups de tonnerre, et la tempête grondait encore que le bâtiment avait déjà jeté l’ancre dans le port.

La Société des concerts du Conservatoire continue cette année, comme par le passé, à dérouler devant un public inamovible un programme qui ne varie pas. Le seul changement qui mérite d’être signalé, c’est qu’autrefois HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite… conduisait l’orchestre, tandis qu’aujourd’hui c’est l’orchestre qui conduit M. Narcisse GirardGirard, NarcisseNarcisse Girard (Mantes, 27 janvier 1797 – Paris, 17 janvier 1860), chef d’orchestre et compositeur. Élève de Baillot au Conservatoire de Paris, il obtint un premier prix de violon en 1820 et étudia la composition avec Reicha. Il fut un des membres fondateurs de la Société des Concerts du CLire la suite….

M. ChevillardChevillard, Pierre-Francois-AlexandrePierre-François-Alexandre Chevillard (Anvers, 15 janvier 1811 – Paris, 20 décembre 1877), violoncelliste. Il étudia au Conservatoire avec Louis Norblin et obtint un premier prix de violoncelle en 1827. En 1831, il fut engagé dans l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire et lLire la suite…, MaurinMaurin, Jean-PierreJean-Pierre Maurin (Avignon, 14 février 1822 – Paris, 16 mars 1894), violoniste. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Guérin, Baillot et Habeneck et obtint un premier prix de violon en 1843. Il fut engagé dans l’orchestre de l’Opéra-Comique et en 1848 dans celui des Concerts du ConserLire la suite…, MasMas, Joseph-Louis-MarieJoseph-Louis-Marie Mas (Castelnaudray, 4 novembre 1820 – Paris, 13 octobre 1896), altiste. Il étudia le violon au Conservatoire de Paris et obtint un deuxième prix en 1840. Il fut engagé dans l’orchestre du Théâtre-Italien et Chevillard l’engagea en 1852 dans la Société des derniers quaLire la suite… et SabatierSabatier, Jean-BaptisteIl tint la partie de second violon de la societe des derniers quatuors de Maurin-Chevillard.Lire la suite…, qui se sont voués avec tant d’ardeur, de zèle et de talent à l’interprétation des derniers quatuors de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, donnent cette année leurs séances le vendredi de chaque semaine dans les salons de M. Pleyel. Il fallait des artistes de premier ordre pour mettre en saillie toutes les beautés, toute la fantaisie, tous les points lumineux de ces originales et sublimes créations de l’immortel symphoniste.

Mme Amédée TardieuTardieu, Charlotte-ElisabethCharlotte-Élisabeth d’Arpentigny de Malleville, épouse Tardieu (Rouen, 1830 – Paris, 29 mai 1890), pianiste et pédagogue. En 1849, elle organisa en 1849 un cycle annuel de musique d’ensemble qu’elle poursuivra jusqu’en 1869. Onslow lui dédia son Septuor, op. 79, qu’elle créa en 185Lire la suite… (Charlotte de Malleville) réunit aussi tous les quinze jours, dans les salons de M. Pleyel, un auditoire d’élite. L’éminente pianiste qui apporte une si grande pureté de style, un sentiment si élevé dans l’interprétation des œuvres classiques, s’est déjà placée au premier rang, bien au-dessus et bien loin de ceux qui cherchent une bruyante renommée dans ces évolutions purement gymnastiques que l’art vrai ne saurait admettre. Nous suivrons avec le plus vif intérêt les soirées auxquelles Mme Amédée TardieuTardieu, Charlotte-ElisabethCharlotte-Élisabeth d’Arpentigny de Malleville, épouse Tardieu (Rouen, 1830 – Paris, 29 mai 1890), pianiste et pédagogue. En 1849, elle organisa en 1849 un cycle annuel de musique d’ensemble qu’elle poursuivra jusqu’en 1869. Onslow lui dédia son Septuor, op. 79, qu’elle créa en 185Lire la suite… a eu l’extrême obligeance de nous convier.