Le Moniteur Universel, 20 janvier 1865, p. (article signé E. REYER).

Feuilleton du MoniteurSOUVENIRS D’ALLEMAGNE Voir Le Moniteur des 19, 20, 22, 27, 29, 30 novembre, 16, 22, 25, 31 décembre 1864 et 3, 4, 6, 7, 12, 15 et 18 janvier 1865.

Mme Viardot s’est fait construire à dix minutes de Bade une élégante villa qu’elle habite l’été et l’hiver ; le pavillon qui en dépend n’est rien moins qu’une fort jolie salle de concert, assez spacieuse pour contenir une cinquantaine de personnes, et dans laquelle est placé un orgue véritable, magnifique instrument construit expressément pour la grande artiste par M. Cavaillé-CollCavaille-Coll, AristideAristide Cavaillé-Coll (Montpellier, 14 fevrier 1811 – Paris, 13 octobre 1899), facteur d’orgues. Issu d’une famille de facteur d’orgues, il s’installa à Paris en 1833 et remporta la commande du grand orgue de la basilique Saint-Denis en cours de restauration. Un voyage d’études en 1844Lire la suite…. De l’autre côté de l’allée de Lichtenthal, à peu de distance du chalet où MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… composa Les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, on voit la petite maisonnette où s’est retirée Mme Clara SchumannSchumann, ClaraClara Josephine Schumann née Wieck (Leipzig, 13 septembre 1819 – Francfort, 20 mai 1896), pianiste, compositeur et pédagogue. Née de parents tous deux musiciens, elle étudia avec son père qui avait divorcé de sa mère en 1824, ainsi qu’avec les meilleurs professeurs de Leipzig, de Dresde eLire la suite…, et plus haut, sur la montagne dont le sommet est couronné par la tour de Mercure, s’élève, au milieu des vignes et des rosés, le chalet rustique et très-confortable où M. et Mme Rosenhain donnent l’hospitalité la plus charmante à leurs amis et aux artistes qu’attirent à Bade les concerts de la saison. VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…, RubinsteinRubinstein, AntonAnton Rubinstein (Vikhvatinets/ Ukraine, 28 novembre 1829 – Peterhof/ Russie, 20 novembre 1894), pianiste et compositeur. Il étudia le piano avec A. I. Villoing et fit un tour de l’Europe comme enfant prodige (1840-1843). Sa famille s’installa à Berlin où, de 1844 à 1846, il étudia la comLire la suite…, le violoncelliste CossmannCossmann, BernhardBernhard Cossmann (Dessau, 17 mai 1822 – Frankfort, 7 mai 1910), violoncelliste. Il étudia avec Theodore Muller et Karl Drechsler entre autres avant d’être engagé dans l’orchestre du Théâtre-Italien de 1840 à 1846. A Paris, il fit la connaissance de Franz Liszt, qui l’engagea dans l’orLire la suite… et Mme Viardot sont les hôtes les plus assidus des soirées de M. et Mme Rosenhain.

La liste serait un peu longue de toutes les célébrités qui ont passé par Bade et qui s’y sont fait applaudir. Peu d’artistes y sont venus qui n’aient éprouvé le désir d’y revenir. C’est là que j’ai fait la connaissance de M. Hans de BulowBulow, Hans Guido Freiherr vonHans Guido Freiherr von Bülow (Dresde, 8 janvier 1830 – Le Caire/Egypte, 12 février 1894), pianiste et chef d’orchestre. Il prit des leçons de piano avec Friedrich Wieck, père de Clara Schumann puis de composition avec Max Eberwein à Dresde et Louis Plaidy (piano) et Moritz Hauptmann (composiLire la suite…, le gendre de LisztLiszt, FranzFranz Liszt (Raiding, 22 octobre 1811 – Bayreuth, 31 juillet, 1886), pianiste et compositeur. Il étudia le piano d’abord avec son père puis grâce à une bourse étudia à Vienne avec Czerny pour le piano et Salieri pour la composition. Ses premiers récitals en 1823 à Vienne et à Pest firenLire la suite…, et un des adeptes les plus zélés et le plus convaincus de la jeune école allemande. M. de BulowBulow, Hans Guido Freiherr vonHans Guido Freiherr von Bülow (Dresde, 8 janvier 1830 – Le Caire/Egypte, 12 février 1894), pianiste et chef d’orchestre. Il prit des leçons de piano avec Friedrich Wieck, père de Clara Schumann puis de composition avec Max Eberwein à Dresde et Louis Plaidy (piano) et Moritz Hauptmann (composiLire la suite…, qui s’est fait entendre à Paris il y a quelques années, jouit en Allemagne d’un très-grand renom comme pianiste et comme compositeur. Il occupe une position très-importante à Berlin, d’où j’étais parti avec le regret de ne pas l’avoir rencontré.

De Bade à Mannheim le trajet se fait en quelques heures, et l’on va à Carlsruhe en moins de temps qu’il n’en faut pour aller de Paris à Versailles. La première de ces deux villes a conservé toute l’importance qu’elle avait à l’époque où elle était la capitale du Palatinat, et, dans l’une comme dans l’autre, le théâtre offre un intérêt réel à la curiosité de l’artiste. J’ai assisté, à Mannheim, à une excellente représentation d’AlcesteAlcesteAlceste, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet adaptée du livret en italien de Ranieri de’ Calzabigi mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 avril 1776. La version originale en Italien futLire la suite…, dont le rôle principal était chanté par Mme Nimms-Michaelis [Michaelis-Nimbs]Michaelis-Nimbs, EugénieEugénie Michaelis-Nimbs, née Fischer ( ?, 19 janvier 1833 – Darmstadt, 11 mai 1903), mezzo-soprano. Elle débuta à Detmold 1848-49 puis à Königsberg (1849-51), à Prague (1851-52) et à Breslau (1852-56), où elle épousa le directeur du théâtre Joseph Nimbs (1805-1856). Au décès de son Lire la suite…, cantatrice accomplie et grande tragédienne, qui m’a rappelé les belles soirées de Mme Viardot à l’Opéra. C’est M. Vincenz LachnerLachner, VincenzVinzenz [Vincenz] Lachner (Rain am Lech, 19 juillet 1811 – Karlsruhe, 22 janvier 1893), chef d’orchestre. Il succéda à son frère Franz à la tête de l’orchestre du Kärtnertortheater de Vienne en 1834 et fut nommé deux ans plus tard maître de chapelle de l’orchestre de Mannheim. Il priLire la suite… qui dirige la chapelle de Mannheim, dont l’orchestre compte des virtuoses du premier mérite. M. Ernst Stœger, l’auteur de la musique des SchilfliederShilfliederIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite… (Les Chants des Roseaux, de LenauLenau, Nikolaus Franz EdlerNikolaus Franz Niembsch Edler von Strehlenau dit Lenau (Csatád/Hongrie, 13 août 1802 – Oberdöbling près Vienne, 22 août 1850), écrivain. Il fit des études de philosophie et d’agronomie à Vienne, du droit hongrois à Breslau puis quatre ans de médecine sans jamais les compléter. Un legsLire la suite…), pianiste, violoncelliste et compositeur, aujourd’hui fixé à Paris, à fait partie, pendant assez longtemps, de l’orchestre de Mannheim.

Le théâtre de Carlsruhe donne, chaque année, une série de représentations à Bade, et c’est une fête chaque fois que l’affiche annonce TannhäuserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite… ou LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite…, par Mme Boni et le ténor BrandesBrandes, WilhelmWilhelm Brandes ( ? , 1824 – Klingenmunster près Bergabern/Palatinat, 21 février 1871), ténor. Il débuta à l’Opéra de Vienne en 1846 puis fut engagé à l’Opéra de Munich (1849-1856). De 1862 à 1870, il fut engagé comme premier ténor à l’Opéra de la cour de Karlsruhe et se produisLire la suite…. L’orchestre de la chapelle de Carlsruhe, qu’a longtemps dirigé le savant kapellmeister StraussStrauss, JosephJoseph Strauss (Brunn/Maher, 15 mai 1793 – Karlsruhe, 12 février 1866), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia à Vienne avec Ignaz Schuppanzigh et Johann Georg Albrechtsberger avant d’être engagé comme violon solo de l’orchestre du Théâtre de Pest en 1810. Il fut maîtLire la suite…, compte parmi les meilleurs orchestres de l’Allemagne. C’était pour M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… un auxiliaire puissant à l’époque où avaient lieu à Bade, avant l’inauguration du théâtre, ces grandes solennités musicales dont les artistes ont gardé le souvenir, et qui furent pendant plusieurs années consécutives l’événement attendu de la saison. A l’un de ces concerts, Mme Viardot et M. Jules Lefort nous firent entendre pour la première fois le ravissant duo d’amour qui termine le troisième acte des Troyens à Carthage, les lamentations de Cassandre et le beau duo dramatique entre la sœur d’Hector et Chorèbe, grande et magnifique inspiration qui appartient à la première partie de l’œuvre de M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, La Prise de Troie, connue seulement d’un petit nombre d’amateurs, et que le Théâtre-Lyrique ne s’est point encore décidé à révéler au public.

La reine de Prusse a fait de Bade sa résidence d’été, et on la voit suivre avec un égal intérêt les soirées du théâtre allemand, celles du théâtre italien et du théâtre français. Il n’est presque pas d’artistes, compositeurs ou virtuoses, chanteurs ou comédiennes, auxquels Sa Majesté n’ait adressé avec sa grâce habituelle, un compliment ou un éloge. Le succès de la dernière saison a été pour Mme Madeleine Brohan et pour Mme Faure-Lefebvre.

Les touristes qui ont visité les bords du Rhin et les pays environnants savent quelle quantité de vieux châteaux on rencontre dans le grand-duché de Bade et dans le royaume de WurtembergWurtemberg, Sophie Frédérique Mathilde deSophie Frédérique Mathilde de Wurtemberg (Stuttgart, 17 juin 1818 – La Haye, 3 juin 1877), reine des Pays-Bas. Fille aînée de Guillaume 1er de Wurtemberg et de sa seconde épouse, Catherine Pavlovna de Russie, elle épousa le prince d’Orange, Guillaume, en 1839. Ce mariage entre deux cousinsLire la suite…. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… s’est fait l’historiographe des plus célèbres, et son imagination ne lui a jamais fait défaut toutes les fois que l’histoire n’a pu lui fournir les péripéties nécessaires à ses intéressants récits. Il nous a confié les drames intimes qui se sont passés à La Favorite du temps de la princesse Sibylle, et nous a peint les magnificences du château de Heidelberg avant que les soldats du général MélacMelac, Ezechiel du Mas, Comte duEzechiel du Mas, comte du Mélac (Sainte-Radegonde près de Libourne, vers 1630 – Paris, 10 mai 1704), général. Il fit une carrière dans les armes. En 1686, il était dans l’armée du maréchal Catinat en Savoie. En avril 1688, il rejoignit l’armée du Rhin du maréchal Duras, dont il épouLire la suite… n’en eussent fait ces ruines imposantes qui témoignent devant la postérité du vandalisme d’une autre époque.

Le château de Louisbourg et celui de Rastadt, admirablement conservés et remplis de trophées, d’objets d’art, de tableaux de maîtres, de statues et d’antiques souvenirs, ont aussi inspiré à la fantaisie du poëte des pages charmantes, tout en fournissant les documents les plus authentiques à la plume de l’historien.

Mais il est un château d’une origine plus moderne et d’un style tout particulier, qui tentait singulièrement la curiosité de MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, pendant que nous étions ensemble à Stuttgart, et dans lequel aucune recommandation, aucune influence, pas même celle de M. HacklaenderHackländer, Friedrich WilhelmFriedrich-Wilhelm Hackländer (Burtscheid près Aix-la-Chapelle, 1er novembre 1816 – Lac Starnberg/Bavière, 6 juillet 1877), écrivain. Orphelin de bonne heure, il fut apprenti de commerce, puis dans l’artillerie de l’armée prussienne à Düsseldorf (1832), qu’il abandonna pour s’installLire la suite… [Hackländer]Hackländer, Friedrich WilhelmFriedrich-Wilhelm Hackländer (Burtscheid près Aix-la-Chapelle, 1er novembre 1816 – Lac Starnberg/Bavière, 6 juillet 1877), écrivain. Orphelin de bonne heure, il fut apprenti de commerce, puis dans l’artillerie de l’armée prussienne à Düsseldorf (1832), qu’il abandonna pour s’installLire la suite…, alors intendant général des domaines de la couronne, ne pouvait nous donner le moyen de pénétrer. C’est le palais de la Wilhelma, bâti par le roi Guillaume sur le modèle de l’Alhambra, et situé à une petite distance de la capitale du WurtembergWurtemberg, Sophie Frédérique Mathilde deSophie Frédérique Mathilde de Wurtemberg (Stuttgart, 17 juin 1818 – La Haye, 3 juin 1877), reine des Pays-Bas. Fille aînée de Guillaume 1er de Wurtemberg et de sa seconde épouse, Catherine Pavlovna de Russie, elle épousa le prince d’Orange, Guillaume, en 1839. Ce mariage entre deux cousinsLire la suite…. Là, le roi artiste venait chaque jour oublier, au milieu des merveilles que son imagination avait réalisées, les lourds soucis du pouvoir. Il y vivait seul et y passait souvent de longues heures, enfermé dans un cabinet de travail ou assis dans l’allée la plus solitaire du parc.

Un jour il entendit blâmer par quelque visiteur indiscret la prodigalité du monarque qui avait sacrifié tant de richesses à l’édification de ces salles aux plafonds dentelés, de ces appartements somptueux, où le pied se pose sur les plus fines mosaïques et dont les voûtes élégantes retombent sur des colonnades du marbre le plus précieux. Dès ce moment, le vieux roi décida que personne (sauf les exceptions qu’il lui plairait d’autoriser) ne serait plus admis à visiter le palais et les jardins de la Wilhelma. Voilà ce que l’on nous raconta à MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, à Charles Lallemand M. Charles Lallemand est le directeur de L’Illustration de Bade. Il dessine lui-même les charmantes vignettes qui accompagnent le texte de son journal, et son crayon a certainement autant d’esprit que sa plume. et à moi, et ce qui nous mit tous les trois dans une perplexité étrange. Fallait-il nous déguiser en Abencérages et demander humblement à visiter la copie la plus exacte qui ait été faite de la demeure de nos ancêtres, ou bien pénétrer la nuit dans l’enceinte défendue en escaladant les grilles du parc. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… réfléchit un instant, puis se frappa le front, lança un eurêka formidable, prit une feuille de papier, une plume et écrivit ceci :

      « Sire,

   « J’ose solliciter de Votre Majesté, pour moi et mes deux compagnons de voyage, la faveur d’être admis à visiter les merveilles du palais de la Wilhelma. Le rêve du poëte veut être surpassé. »

Une heure après, un chambellan nous apportait l’autorisation demandée. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… s’était souvenu qu’il avait été présenté autrefois à Bade au roi Guillaume, et qu’il avait écrit des vers sur l’album de la reine de Hollande, sa fille. Le roi Guillaume ne l’avait point oublié.

Et voilà comment, par une faveur toute spéciale, et que bien d’autres, qui n’étaient point poëtes comme MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, avaient vainement sollicitée, nous pûmes pénétrer dans l’intérieur de cette demeure féerique et admirer dans ses moindres détails l’une des curiosités les plus intéressantes des environs de Stuttgart.

Le vieux château de Bade est d’un accès beaucoup plus facile, surtout quand les guêpes qui bourdonnent sur sa terrasse à certaines époques de l’année veulent bien vous permettre d’en approcher.

A propos de cet antique manoir où je suis allé plus d’une fois le soir entendre vibrer les harpes éoliennes, MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite… avait aussi fait un rêve qui, hélas ! ne s’est pas réalisé. Il voulait transformer la salle des chevaliers en salle de concert, une salle à ciel ouvert, où l’éclat des lustres aurait été remplacé par la poétique clarté de la lune, et disposer dans les galeries supérieures un personnel de chanteurs et de musiciens que MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… aurait dirigés. Mais aucune soirée ne paraissait assez chaude et assez belle au frileux MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, et il a attendu si longtemps que la mort est venue frapper l’illustre maître qui avait promis de le seconder dans l’exécution de son projet. On ne peut douter que la mise en scène de cette fête musicale, d’un genre tout exceptionnel, et la grande célébrité du chef d’orchestre n’eussent attiré la foule élégante dans les ruines du vieux château badois : les pauvres y ont perdu une fructueuse recette.

C’est l’un des sites les plus pittoresques des environs de Bade qui a, dit-on, inspiré à WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… la scène de La fonte des balles du FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…. Je ne doute pas, si le grand musicien a visité en effet la cascade de Geroldsau, par une belle soirée d’été, qu’il n’ait ressenti une vive impression à la vue de cette nature bizarrement tourmentée. Et, plus tard, revenu à Dresde dans la petite maison qu’il habitait, en face la terrasse du Brühl, sur la rive droite de l’Elbe, l’inspiration a du jaillir en lui, avec le souvenir du lieu fantastique qu’il avait visité. Je ne suis donc point de l’avis de ceux qui prétendent que WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… a noté l’une des pages les plus sublimes de son œuvre, assis au pied même de la cascade de Geroldsau, à l’heure où la lune argente de ses rayons le bassin dans lequel l’eau s’engouffre et bouillonne. Le peintre travaille sur place, ou au moins emporte-t-il dans son atelier un croquis du tableau qu’il reproduira sur la toile ; mais il est rare que le poëte et le musicien traduisent, à l’instant même où elle se produit, l’impression que leur donne l’aspect d’une vallée sombre ou d’un riant paysage. Ce n’est point au milieu des champs où les petits ruisseaux murmurent, ni à l’ombre des forêts où se repose le laboureur, que VirgilePublius Vergilius Maro dit VirgilePublius Virgilius Maro dit Virgile (Andes près Mantoue, vers 15 octobre 70 av. J.-C. – Brindisi, 27 septembre 19 av. J.-C.), poète. Il se lia d’amitié avec le poète Horace, le critique Quintilius Varus et la poète élégiaque Cornelius Gallus et étudia la philosophie, les lettres, le droitLire la suite… a écrit ses BucoliquesLes BucoliquesvirgilLire la suite… et BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… sa symphonie pastorale. MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite… a passé, sans noter la moindre mélodie, devant les cimes neigeuses de la chaîne des Alpes, et je sais plus d’un musicien, amoureux du spectacle de la nature, qui serait incapable de féconder sa pensée ailleurs que dans son cabinet de travail.

Si j’avais la fortune, qui seule permet la réalisation de certaines fantaisies, je me donnerais la très-grande joie d’entendre toute la partie fantastique du chef-d’œuvre de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…, exécutée par des musiciens invisibles placés derrière les roches de Geroldsau, et j’évoquerais moi-même Samiel au bruit du torrent qui jaillit des flancs de la montagne.

(La suite prochainement)