La Revue française, 20 mars 1856, p. 333-339 (article signé E. Reyer).

Chronique musicale


M. Alexandre DumasDumas père, AlexandreAlexandre Dumas père (Villers-Cotterêts, 24 juillet 1802 – Puys, près de Dieppe, 5 décembre 1870), écrivain. Un des plus populaires écrivains de l’époque romantique, il écrivit avec des collaborateurs plus de trois cents ouvrages dont les drames, Henri III et sa cour, et La Tour de NesleLire la suite… a dit quelque part qu’on ne devait violer l’histoire qu’à la condition de lui faire un enfant. Il est évident que M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… n’est pas de cet avis-là : dans sa longue carrière dramatique, il a touché un peu à tout, aux choses historiques, aux légendes, aux romans que le temps a consacrés et qui sont presque de l’histoire, au livre des peuples, à l’œuvre des poëtes, glanant de droite et de gauche, sans ordre chronologique, modifiant les événements, faussant les caractères et n’ayant jamais qu’un but unique, celui de faire une pièce qui satisfasse aux exigences scéniques : aussi, aux yeux de bien des gens, M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… est-il passé maître dans l’art de charpenter un drame et de coudre à la suite l’une de l’autre les situations les plus propres à développer l’inspiration chez le musicien. Je n’ai jamais bien compris ce que l’on entendait par ces mots, les exigences scéniques ; mais je m’aperçois que, sous le prétexte de les respecter, la plupart de nos librettistes modernes, et M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… à leur tête, ne respectent que cela et refont toujours la même pièce ; il faut préparer l’entrée de la première chanteuse, puis celle du premier ténor, mettre ici un duo de bravoure, là un duo d’amour, plus loin une romance sentimentale, ailleurs une complainte ou une chanson, clore le second acte par un finale et encadrer le tout dans des chœurs de chasseurs, de soldats, de villageois, de moines ou de buveurs ; dans tous les libretti, c’est le même système, et comme il serait dangereux de s’en éloigner, la ressemblance que je signale est inévitable. Maintenant, si l’on veut savoir avec quelle irrévérence M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… traite l’histoire, je prendrai un exemple au hasard, et je le trouve dans celui de ses ouvrages qui a eu le plus grand retentissement, dans Robert-le-DiableRobert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…. N’est-ce pas une chose piteuse de voir arriver sur la scène ce chevalier triste et morfondu, sans chapeau, sans cuirasse, sans armes, ressemblant assez à un bourgeois attardé qui s’est laissé détrousser au coin d’une rue ? N’est-il pas bien édifiant et bien moral de nous montrer une trentaine de seigneurs, la fleur de la chevalerie française, les pieux pèlerins au tombeau du Christ, jouant avec des dés pipés, dépouillant Robert et chantant :

Nous le tenons, nous le tenons !

Je sais bien qu’on a prétendu que cette situation avait été complètement travestie par le musicien ; que dans le texte fourni par M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… les chevaliers jouaient loyalement et faisaient allusion à l’enjeu de leur adversaire lorsqu’ils disaient : « Nous le tenons, nous le tenons ! » On a prétendu cela ; mais je n’en crois rien. Il est impossible que M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…, même à une époque où M. Meyerbeer n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, eût consenti à cette interprétation malheureuse de l’une des scènes les plus capitales de son œuvre. Et n’est-ce pas aussi donner une bien haute idée de la courtoisie des compagnons de Robert que de les lancer tous ensemble aux trousses d’une pauvre fille dont le duc de Normandie vient de leur faire largesse ?

Chevaliers, je vous l’abandonne !

Puis, quand Robert reconnaît Alice et qu’il la prend sous sa protection, quel joli spectacle que celui de ces illustres guerriers brandissant leurs escabeaux et sommant Robert de tenir sa promesse !

Alice remet à son frère de lait la lettre dont elle est chargée ; Robert reconnaît l’écriture de sa mère ; s’il lit la lettre, le voila édifié sur les sentiments de son ami Bertram, et la pièce est finie : « Nous verrons plus tard, dit-il ; aujourd’hui je ne suis pas digne d’une si pieuse lecture. » Est elle assez grossière, cette ficelle dramatique ?

Et dans les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, que pensez-vous de ces moines entrant chez Saint-Bris, les bras croisés sur leur poitrine, et venant bénir les poignards catholiques, ce qui n’empêche pas que les protestants soient parfaitement tués par les arquebuses ? Je ne crois pas qu’aucun auteur ait abusé des moines, des brigands et des capucins autant que M. Scribe Scribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…; il en a mis partout ou a peu près : dans Fra DiavoloFra DiavoloFra Diavolo, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 23 janvier 1830.Lire la suite…, dans les Diamants de la couronneDiamants de la couronne, LesLes Diamants de la couronne, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Henri de Saint-Georges mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 6 mars 1841.Lire la suite…, dans Marco SpadaMarco SpadaMarco Spada, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 21 décembre juin 1852.Lire la suite…, dans Jeanne la FolleJeanne la folleJeanne la folle, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Louis Clapisson et créé à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1848.Lire la suite…, dans Robert, dans les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, dans le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… et dans bien d’autres œuvres encore ; le public leur a toujours dit : Soyez les bienvenus, — et cela explique suffisamment la prédilection de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…. D’ailleurs la faveur du public explique tout, et toutes les fois que M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… pourra opposer ses succès à notre critique, il aura raison contre nous ; nous le savons bien.

Le plus grand mal de tout cela, c’est que les poëmes de notre temps ont rendu les poëmes d’autrefois impossibles ; que plusieurs chefs-d’œuvre n’ont trouvé grâce devant nous qu’après avoir passé par les mains de certains faiseurs, auxquels ce travail sacrilège a valu une grande réputation d’habileté et une fortune ; que d’autres chefs-d’œuvre resteront inconnus pour la génération actuelle, et que les poëtes qui voudront s’approcher de la scène seront brutalement repoussés, comme cela leur est arrivé déjà bien souvent, par les fabricants dont l’industrie est érigée aujourd’hui en monopole. Je ne dis rien de l’engouement moderne pour le luxe de la mise en scène et des décors : c’est cependant là encore une des principales causes du discrédit dans lequel sont tombés les anciens ouvrages ; peut-être viendra-t-il un jour quelque artiste de génie qui fera pour le drame lyrique ce que Mlle RachelRachel, Elisabeth Rachel Felix diteÉlisabeth-Rachel Félix dite Mlle Rachel (Mumpf/ Argovie, Suisse, 21 février 1821 – Paris, 3 janvier 1858), actrice. Elle débuta au Théâtre du Gymnase en janvier 1837 et fut reçue l’année suivante au Théâtre-Français après une audition, à l’âge de 17 ans. Son interprétation des Lire la suite… a fait pour la tragédie ; s’occupe-t-on beaucoup au Théâtre-Français de la robe de Camille, de la tunique d’Hermione ou des colonnades de carton du palais de Bajazet ? Qu’on se représente maintenant une partition, la plus sublime, se déroulant devant le public de l’Opéra au milieu d’un pareil cadre et avec de pareils accessoires. On mourrait d’ennui la première fois, et la seconde la salle serait vide. Je ne prétends pas dire par là que de beaux décors et une riche mise en scène n’ajoutent pas à l’effet d’une œuvre lyrique ; mais je voudrais que la musique restât la chose principale, et que l’art du compositeur ne vînt pas en troisième ou quatrième ligne, après celui du machiniste, du costumier, du décorateur et du librettiste.

Je ne sais maintenant si je paraîtrai bien sincère en faisant l’éloge de Manon LescautManon LescautManon Lescaut, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 23 février 1856.Lire la suite… et de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite…, les deux nouveautés de la saison, un succès relatif et un succès immense.

Ce bon abbé Prévost, qui fut trois fois jésuite, deux fois soldat, toujours amoureux et très-peu abbé, ne se doutait guère, quand il écrivait son livre, qu’un siècle plus tard, un académicien vertueux poserait sur le front de sa folle Manon une couronne de rosière. Il est vrai que, si M ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… nous avait montré l’héroïne du roman avec sa robe de courtisane et parée de tous ses vices, on aurait crié au scandale, et les habitués de l’Opéra-Comique se seraient voilé pudiquement la face. Mais, alors, pourquoi toucher à Manon ? pourquoi altérer une figure passée à l’état de type ? pourquoi mettre le blanc de l’innocence sur ces joues empourprées des joies de l’amour ? Est-ce pour donner le change aux bourgeois chastes et illettrés qui n’ont pas lu le chef-d’œuvre de l’abbé Prévost ? Le nombre en est grand sans doute, mais l’excuse n’est pas suffisante. Puisque vous laissez Desgrieux faire son métier de filou et Lescaut son métier de proxénète, laissez aussi Manon trafiquer de son corps, et ne lui donnez pas la mine d’une petite fille en pénitence, quand, vêtue de la robe brune des prostituées, vous la faites descendre de son chariot d’infamie.

Veut-on savoir comment M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… a parodié le récit de cette fameuse scène où Manon et Desgrieux mangent le souper de G. M. et se couchent dans son lit, une des plus amusantes coquineries du roman ? Voici : Desgrieux, qui s’est engagé dans le régiment du marquis d’Hérigny pour solder l’hôtesse du Cadran-Bleu, surprend Manon chez son colonel. Le couvert est mis pour deux, mais le marquis n’est pas encore arrivé : le chevalier se répand en reproches très-vifs ; Manon se justifie avec une candeur et une simplicité adorables ; survient le véritable amphitryon, qui fond sur Desgrieux l’épée à la main ; Desgrieux se défend et blesse mortellement le marquis. Alors que fait celui-ci (ô touchante générosité d’une belle âme !) ? avant de rendre le dernier soupir, il déchire l’engagement de Desgrieux et le sauve de la potence. Comme il est d’usage au théâtre que toute bonne action trouve sa récompense, le marquis guérit de sa blessure, le roi le nomme gouverneur de ses colonies, et les planteurs saluent de leurs plus vives acclamations son débarquement à la Louisiane. Malheureusement Manon et Desgrieux échappent à la sollicitude de ce protecteur dévoué : le chevalier, craignant le ressentiment de Renaud, dit Tappe-Fort, gardien des détenues de Sainte-Rosalie, auquel il a voulu brûler la cervelle (un personnage de l’invention de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…), a entraîné Manon au loin dans les savanes, et c’est au milieu d’un steppe brûlant que la chaste fille tombe exténuée de soif et de fatigue entre les bras de son fidèle ami. Au moment de mourir, elle a échangé avec lui, à genoux devant Dieu, l’anneau des fiançailles. Plus on m’objectera que le roman était impossible à la scène, plus je soutiendrai qu’il ne fallait pas y toucher, et personne n’eut trouvé à redire si M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… avait intitulé sa pièce : Manon l’ouvrière ou la Chaste Manon.

J’ai trouvé dans la nouvelle partition de M. Auber de fraîches mélodies, beaucoup d’esprit, un peu de sentiment et très-peu de couleur locale au troisième acte. Le respect que j’ai pour l’illustre maître m’empêchera de lui parler de sa verve juvénile et de ses nombreux lauriers sur lesquels il pourrait s’endormir s’il le voulait. Au nombre des morceaux les plus applaudis, je dois citer le petit duo du premier acte chanté par Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite… et Mlle LemercierLemercier, Marie Charlotte LeocadieMarie Charlotte Léocadie Lermercier (Blois, 7 avril 1827 – Paris, 9 août 1907), soprano. Elle fit ses études au Conservatoire de Paris et obtint en 1845 un 2eme accessit de chant. Elle débuta à l’Opéra-Comique le 29 Juin 1846 dans Zémire et Azor (Grétry). Elle resta jusqu’en 1862 à l’Lire la suite…, les couplets de la Belle Bourbonnaise, l’air du marquis :

Manon est frivole et légère,

le duo du souper, le quatuor du troisième acte, et la scène finale très-dramatique et empreinte d’une certaine poésie religieuse. FaureFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite… est très-bien dans le rôle du marquis ; Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite… n’a retrouvé à l’Opéra-Comique qu’un très-petit nombre de ses admirateurs ; je suppose que les autres sont passés dans le camp de Mme UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite…, de Mlle DuprezDuprez, Caroline-FirenziCaroline-Firenzi Duprez (Florence 10 avril 1832 – Pau, 17 avril 1875), soprano. Fille et élève du ténor, Gilbert Duprez, elle chanta à Reims puis au Théâtre-Italien en 1850, Londres en 1851, et Bruxelles en 1851/52 où elle créa le rôle de Joanita dans L’Abîme de la Maladetta composé pLire la suite… ou de Mlle LefebvreFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite….

― Le Théâtre-Lyrique est ressuscité ; Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… et M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… ont opéré ce miracle. La FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… appartient à cette pléiade d’artistes nomades, météores de carrefour, qui, depuis les trouvères jusqu’à nos jours, ont paru à toutes les époques, laissant des traces plus ou moins marquées de leur passage. Tout le monde connaît Fanchon la VielleuseFanchon la vielleuseFanchon la vielleuse, comédie en trois actes, mêlée de vaudeville par Joseph Pain et Jean-Nicolas Bouilly créée au Théâtre du Vaudeville le 18 janvier 1803.Lire la suite…. Sous la Régence, elle chantait dans les jardins du Palais-Royal, entourée d’une escouade de laquais galonnés portant des flambeaux, et faisant comme une rampe vivante autour de l’artiste. Une pluie d’or tombait dans son escarcelle. On courait aux chansons de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… comme on y courra encore aujourd’hui : le boulevard du Temple n’est plus aux Antipodes : le succès rapproche les distances. Le poëme est amusant et plus soigné que ne l’est en général ce genre de littérature : il est dû à la collaboration de MM. LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite… et Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…. Fanchonnette a charmé par sa douce voix les derniers moments d’un riche seigneur mélomane, et le vieillard reconnaissant lui a laissé son immense fortune au détriment d’un neveu mauvais sujet et mousquetaire. Retrouver ce neveu et le dédommager de l’injustice de son oncle, voilà désormais l’unique pensée de Fanchonnette. Elle le retrouve, paye ses dettes quand il perd au jeu, lui achète un régiment, un hôtel, et se sert, pour accomplir son acte de restitution, d’un intermédiaire vénérable, une sorte d’intendant quasi muet, qui fait croire au duc de Listenay que toutes ces bonnes aubaines lui viennent d’Amérique ; il ne s’agit plus cette fois d’un oncle, mais d’une tante, ce qui est tout différent. Fanchonnette fait encore bien mieux que de veiller à la fortune du jeune duc ; elle devine sa passion pour la nièce du financier Boisjoli, déjà fiancée à l’Espagnol don José, agent du prince de Cellamare ; et, comme le hasard l’a rendue maîtresse du secret de la conspiration, elle le vend à Boisjoli, en y mettant pour prix le consentement du gros financier au mariage de sa nièce avec le duc de Listenay. Voilà certes un beau dévouement : Fanchonnette aime le duc ; elle ne le lui laisse même pas soupçonner, et, après avoir joué son rôle de Providence, heureuse du bonheur de son protégé, elle lui fait un bout de morale, et reprend gaiement ses chansons. J’ai raconté ce libretto un peu sommairement, parce que tout Paris ira le voir. Il y a des détails charmants dont ma plume serait impuissante à faire ressortir la grâce et l’esprit ; les décors sont dignes de l’Opéra-Comique, et la mise en scène est féerique. Quant au musicien, il a su faire vibrer la fibre populaire, il a su être de son temps, et c’est là un trait de génie : un peu plus de science, un peu de poésie et d’élévation dans le style, le poëme et les décors ne sauvaient peut-être pas la musique, et la partition allait s’engloutir dans ce gouffre toujours béant de l’indifférence publique qui a englouti déjà tant de bonnes choses. Etre de son temps, c’est là le grand secret de tous ceux qui travaillent pour la consommation des masses, pour la consommation intellectuelle surtout. Quand Berlioz mettait dans son BenvenutoBenvenuto CelliniBenvenuto Cellini, opéra en deux actes sur un livret de Léon Wailly et Auguste Barbier mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra de Paris le 10 septembre 1838.Lire la suite… une parodie de la musique italienne qui florissait alors dans tout son éclat, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… n’était pas de son temps, et la parodie faisait siffler l’ouvrage. Quand le génie de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… colorait de teintes fantastiques l’instrumentation du Freyschütz Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…[FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…], WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… n’était pas de son temps, et un célèbre critique écrivait que cette instrumentation lui produisait à vue d’œil l’effet d’un papier sur lequel on aurait répandu une bouteille d’encre. Je ne veux parler que des musiciens, bien entendu ; j’en ai cité deux, et je pourrais en citer d’autres. RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… est le seul qui ait eu le bonheur de se voir contester et admirer sa vie durant ; il a pu lire ces lignes signées d’un grand musicien de l’époque : « Ce monsieur RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… aura beau faire, il ne sera jamais qu’un petit discoureur en musique, » et il assiste à la millième représentation des trois quarts de ses œuvres ! Eh bien, puisqu’on aime aujourd’hui les gais refrains et les chansonnettes, s’est dit M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite…, faisons des chansonnettes et de gais refrains. Seulement, en homme de talent qu’il est, il n’a pas cru devoir descendre jusqu’à la banalité pour se mettre à la portée du plus grand nombre : il a écrit de petites pages qui ressemblent assez aux feuilles détachés d’un album, c’est vrai, mais ces petites pages ont ce parfum agréable et cette distinction qui sont le cachet d’un aimable compositeur. M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… a écrit des opéras en cinq actes, en trois actes et en un acte, dans lesquels il a dépensé beaucoup de talent en pure perte, et qui renferment presque tous des airs de facture, des morceaux d’ensemble sérieusement traités et longuement développés : l’estime de quelques-uns a à peine récompensé le musicien de ses laborieux efforts. Aujourd’hui, M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… se ravise et change de route ; qui pourrait l’en blâmer ? qui a compté les angoisses et les déceptions de l’artiste aux mauvais jours de sa carrière ? Combien sont-ils ceux qui ont une foi inébranlable et qui consentent à mourir de faim par amour de l’art ? Revenons aux chansons de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… :

Monsieur, une pauvre fillette

Ne peut donner que ce qu’elle a.

Ces couplets sont pleins de naïveté et de sentiment ; on les a bissés. Le petit duo du déjeuner est frais et gracieux ; je dois signaler aussi le grand air de Mme Miolan : Allons, mon cœur, silence ! et le decrescendo qui le termine d’une façon assez originale ; en revanche, je demande la permission de trouver très-mauvais l’air dont le colonel de Listenay salue ses nouvelles épaulettes. Fanchonnette dit au financier Boisjoli, qui l’invite à venir chez lui :

Puisqu’il faut que l’oiseau chante,

Il vous donnera je m’en vante,

De bons coups de bec.

Suit une ronde à six huit (rhythme essentiellement entraînant), qui est le morceau capital de l’ouvrage. Il est inutile d’ajouter que cette ronde a eu les honneurs du bis.

Au second acte, après un très-joli ballet, Fanchonnette chante la Noël de M. Jean et un boléro qui a mis le comble à l’enthousiasme des spectateurs. On avait besoin d’oublier la longue et filandreuse cavatine de don José que M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… a sans doute écrite par déférence pour le talent de M. Hermann-LéonHermann-Léon, LeonardLeonard Herrmann dit Hermann-Léon (Lyon, 3 juillet 1814 – Paris, 13 novembre 1858), basse chantante. Il étudia le chant avec Delsarte et débuta en province puis à Bruxelles. Engagé en 1844 à l’Opéra-comique il y créa les rôles du Capitaine Roland dans Les Mousquetaires de la Reine (HalLire la suite…, et qu’il devrait bien supprimer, quitte à indemniser l’artiste dans une autre occasion. Il y a des passages fort bien réussis dans le trio scénique chanté par Fanchonnette, don José et Boisjoli. J’ai remarqué au troisième acte le premier air de Fanchonnette et les couplets qu’elle chantait au vieux seigneur dont elle a recueilli l’héritage… et le dernier soupir. Après un gracieux duetto entre Fanchonnette et Listenay, la ronde finale du premier acte est habilement ramenée et produit un effet indescriptible.

Je connaissais l’exquise méthode de Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite…, mais je ne me doutais pas que quelques mois de repos ou d’étude suffiraient pour donner tant d’ampleur à son talent, et à sa voix une si prodigieuse étendue. C’est une nouvelle étoile qui se lève et qui ne jettera pas, comme tant d’autres, un éclat éphémère, un éblouissement passager. Le Théâtre-Lyrique avait perdu une rose, il a retrouvé un diamant.

M. et Mme DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite… ont donné la semaine dernière, dans la salle Herz, un concert très-brillant et très-copieux. On ne comptait pas moins de dix-sept morceaux sur le programme, et personne n’a trouvé que ce fût trop. M. DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite…, l’habile chef d’orchestre du Théâtre-Lyrique, joue du violon avec beaucoup de sentiment et de pureté ; il ne recherche pas la difficulté, et cela ne diminue en rien le charme que l’on éprouve à l’entendre ; Mme DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite… a une délicatesse de doigté très-remarquable ; elle ne tombe pas non plus dans les excentricités communes à la plupart de nos pianistes en vogue ; son jeu est correct, élégant et très-expressif ; les deux bénéficiaires ont joué de la musique classique et de la musique moderne avec un égal succès. Mme LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… [Deligne-Lauters]Deligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… et M. GardoniGardoni, ItaloItalo Gardoni (Parme, 12 mars 1821 – Paris, 26 mars 1882), ténor. Élève d’Antonio di Cesari au Conservatoire de Parme, il débuta en 1840 dans le rôle-titre de Roberto Devereux (Donizetti) à Viadana près de Mantoue, puis chanta à Turin et à Berlin aux côtés du célèbre tenor Rubini daLire la suite… ont prêté le concours de leur talent à cette charmante matinée.