Le Courrier de Paris, 8 mars 1859, [p. 1-3] (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

Théâtre de l’Opéra : HerculanumHerculanumHerculanum, opéra en quatre actes sur un livret de Joseph Méry et Térence Hadot mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1849.Lire la suite….  —  Théâtre-Lyrique : La Fée CarabosseFée Carabosse, LaLa Fée Carabosse, opéra-comique en trois actes, précédé d’un prologue, sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Hippolyte Cogniard mis en musique par Victor Massé et créé au Théâtre-Lyrique le 28 février 1859.Lire la suite….

Il y a une quinzaine d’années déjà que le succès du DésertDésert, LeLe Désert, ode-symphonie en trois parties pour solistes et orchestre sur un poème d’Auguste Collin mis en musique par Félicien David et créée à la salle du Conservatoire de Paris le 8 décembre 1844.Lire la suite… plaça d’emblée M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… au premier rang, parmi les compositeurs modernes. La presse fut unanime à saluer de ses acclamations enthousiastes l’avènement du jeune maître, et l’œuvre ainsi acclamée eut pendant longtemps le rare privilège de passionner également les connaisseurs émérites et les plus naïfs dilettanti. Rien ne manqua à la gloire de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, pas même le silence des orgues de Crémone qui n’osèrent pas porter une manivelle profane sur ses mélodieuses rêveries, sur ses poétiques refrains. Un musicien chez lequel le  savoir-faire eut égalé le savoir, n’aurait pas manqué d’utiliser au profit de son avenir les bénéfices de cette popularité spontanée, et sa première pensée, sa première ambition se fut tournée vers le théâtre, dont les portes, aussitôt, se seraient ouvertes devant lui. Une pareille ambition, une telle pensée vinrent peut-être à l’esprit de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, mais peut-être aussi fut-il arrêté par la crainte de ces entraves que les exigences de la scène mettent à l’inspiration du compositeur, et il ne voulut pas abandonner, avant d’avoir tenté de nouvelles épreuves, la voie dans laquelle il venait de rencontrer un si éclatant succès. Moïse au SinaïMoïse au SinaïMoïse au Sinaï, ode-symphonie pour solistes, chœur et orchestre sur un livret de Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 21 mars 1846.Lire la suite…, Christophe ColombChristophe ColombChristophe Colomb, ode-symphonie en quatre parties sur un livret de Joseph Méry, Charles Chaubet et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créée dans la salle du Conservatoire de Paris le 7 mars 1847.Lire la suite… et l’EdenEden, L’L’Eden, mystère en deux parties sur un livret de Joseph Méry mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 25 août 1848.Lire la suite… se succédèrent à des intervalles assez rapprochés, et tout en subissant des fortunes diverses, chacun de ces ouvrages ajouta à l’estime des uns et à l’admiration des autres pour le talent de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…. Aucune de ces partitions, quelqu’en fut d’ailleurs le mérite, ne pouvait et ne devait renouveler la vogue du DésertDésert, LeLe Désert, ode-symphonie en trois parties pour solistes et orchestre sur un poème d’Auguste Collin mis en musique par Félicien David et créée à la salle du Conservatoire de Paris le 8 décembre 1844.Lire la suite…, vogue tout exceptionnelle et qui ne se représente pas deux fois dans la carrière d’un artiste. Christophe ColombChristophe ColombChristophe Colomb, ode-symphonie en quatre parties sur un livret de Joseph Méry, Charles Chaubet et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créée dans la salle du Conservatoire de Paris le 7 mars 1847.Lire la suite…, ce tableau si coloré et si émouvant des scènes du Nouveau-Monde, eut pourtant suffi à établir la renommée d’un compositeur ; mais quand celui-ci est déjà arrivé au dernier degré de l’échelle, un nouveau chef-d’œuvre peut l’y maintenir, mais non pas le faire monter plus haut. M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… se décida alors à abandonner le domaine de la symphonie pour le genre dramatique, et il écrivit la Perle du BrésilPerle du Brésil, LaLa Perle du Brésil, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules-Joseph Gabriel et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créé au Théâtre-Lyrique le 22 novembre 1851.Lire la suite…, dont le sujet devait plaire plus particulièrement que tout autre à l’imagination poétique et au talent descriptif du jeune maître. la Perle du Brésil Perle du Brésil, LaLa Perle du Brésil, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules-Joseph Gabriel et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créé au Théâtre-Lyrique le 22 novembre 1851.Lire la suite…a été jouée plus de cent fois, et si je veux trouver une transition toute naturelle pour arriver à parler d’HerculanumHerculanumHerculanum, opéra en quatre actes sur un livret de Joseph Méry et Térence Hadot mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1849.Lire la suite…, je dirai simplement que le succès de la reprise de la PerlePerle du Brésil, LaLa Perle du Brésil, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules-Joseph Gabriel et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créé au Théâtre-Lyrique le 22 novembre 1851.Lire la suite…, avec Mme Miolhan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… [Miolan-Carvalho]Miolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… pour principal interprète, est pour beaucoup dans l’accueil que M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… a reçu de M. le directeur de l’Opéra.

HerculanumHerculanumHerculanum, opéra en quatre actes sur un livret de Joseph Méry et Térence Hadot mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1849.Lire la suite… a été répété pendant trois mois au Théâtre-Lyrique. Je n’ai pas à entrer dans le détail des circonstances qui ont amené M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… à retirer sa partition, mais je pense que ces circonstances ont été on ne peut plus favorables au musicien puisqu’elles lui ont permis, quelques mois plus tard, de voir son œuvre entourée de cet éclat, de cette pompe et de cette magnificence que tous les théâtres du monde envient à notre première scène lyrique.

J’arrive maintenant à l’analyse du libretto sur lequel l’auteur de NémésisNémésisRéponse à Némésis, poème d’Alphonse de Lamartine publié en 1831 en réponse à une attaque dans l’hebdomadaire La Némésis, par le poète Auguste Barthélémy lui reprochant d’avilir son art par son ambition politique. Dans sa Réponse à Némésis, Lamartine répliqua en affirmant qLire la suite… et des Vierges de LesbosVierges de Lesbos, LesLes Vierges de Lesbos, poème antique de Joseph Méry.Lire la suite… a jeté à pleines mains toutes les fleurs de sa poésie.

Nous sommes à Herculanum, devant le péristyle étrusque du palais d’Olympia. Le décor est magnifique : on dirait une exhumation à la manière de Piranèse. Tous les édifices ont leur date : c’est l’art de la grande Grèce en 79, Titus régnant.

La ville sainte de Jérusalem vient d’être prise et saccagée par le sage empereur ; le christianisme, fécondé par la persécution, fait des progrès en Orient, et Rome a donné le gouvernement de l’Euphrate à Olympia, avec mission de détruire les chrétiens par l’apostasie ou par la violence. Olympia est venue recevoir l’investiture et la pourpre à Naples : les chants accueillent la belle et jeune reine à Herculanum.

Gloire, gloire à toi, grande reine,

Reine des peuples et des rois !

L’Orient à sa souveraine

Parle aujourd’hui par notre voix.

Et la grande voix du chœur est accompagnée par une broderie ravissante qu’exécute l’orchestre, et dont l’élément principal est confié aux premiers violons.

Des pourvoyeurs du cirque conduisent devant Olympia deux jeunes chrétiens, Hélios et Lilia. Le peuple demande leur mort ; la reine, apprenant de la bouche de son frère Nicanor qu’Hélios est un prince d’Orient converti au christianisme, saisit cette occasion de changer en apostat un chrétien illustre. Elle refuse de livrer Hélios aux jeux sanglans du cirque, et c’est elle qui, pour l’amener à l’apostasie, emploiera contre le jeune néophyte toutes les armes de la séduction. Le peuple, étagé sur les gradins, assistera à ce combat d’un nouveau genre, où le sang, du moins, ne coulera pas. Olympia est de la race des Circés ; son regard fascine, sa parole émeut ; son chant est celui de la sirène Parthénope. Lilia a deviné le pouvoir de l’enchanteresse et le pardon d’Olympia l’épouvante. Elle sort du palais en jetant un triste regard sur Hélios, qui lui promet, à voix basse, de la rejoindre, la nuit même, à la première heure, dans le lieu solitaire où se cachent les tombeaux sacrés. Resté seul avec Olympia, Hélios subit le charme de cette beauté magique, et son cœur se trouble en écoutant la perfide mélodie de cette voix ; mais au moment où il va s’asseoir au festin des païens, il se révolte contre lui-même et songe à Lilia, sa fiancée qui l’attend au pieux rendez-vous.

O ciel ! qu’allais-je faire…..

Jamais, dans ce profane lieu,

Je ne suivrai les pas de cette reine impie.

Hélios veut s’éloigner ; mais, sur un signe d’Olympia, Locusta, esclave nubienne, lui tend une coupe et l’emplit d’un vin généreux.

Je bois à la vertu céleste !

Je bois à de chastes amours !

s’écrie Hélios ; mais, à peine a-t-il vidé la coupe, il est saisi d’un ravissement extatique :

Dieu ! quel monde nouveau ! quel domaine splendide

Quel soleil illumine mes yeux !

A mesure que le philtre opère, les visions les plus voluptueuses s’emparent du cerveau d’Hélios ; au milieu de sa folle ivresse, il tombe aux genoux d’Olympia, et chante d’une voix éteinte et caressante cet hymne que la foi chrétienne ne peut plus arrêter sur ses lèvres :

Je veux aimer toujours dans l’air que tu respires,

Déesse de la volupté !

Mes astres sont tes yeux ; mes rayons, tes sourires ;

Mon soleil sera ta beauté !

Dans ce jardin d’amour, l’extase est embaumée ;

L’air est tiède ; le gazon, doux ;

En te voyant ainsi par un mortel aimée,

Les anges du ciel sont jaloux !

Un cri de terreur vient troubler cette scène d’amour et de volupté païenne ; c’est le prophète Magnus qui arrive à la lueur des éclairs et au bruit de la foudre pour épouvanter de ses prédictions la reine et sa cour impie. La foule tremble d’abord aux accens de cette voix tonnante qui psalmodie un verset de l’Apocalypse ; mais Olympia lance un éclat de rire sur le prophète, et la foule traite alors Magnus comme la Cassandre d’Ilium ; Nunquam credita Teucris. L’orgie se termine par une explosion de folle gaîté ; Magnus montre le ciel d’un geste menaçant et la toile tombe.

Presque tous les morceaux de ce premier acte doivent être mentionnés avec éloge. J’ai cité déjà le beau chœur d’introduction ; la romance qui vient ensuite, dont le premier couplet est chanté par Hélios, et le second par Lilia, m’a rappelé la chanson de la Mère indienne dans Christophe Colomb Christophe ColombChristophe Colomb, ode-symphonie en quatre parties sur un livret de Joseph Méry, Charles Chaubet et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créée dans la salle du Conservatoire de Paris le 7 mars 1847.Lire la suite…: ce n’est assurément pas la même mélodie note pour note, mais c’est le même sentiment de tendresse et de résignation, la même pensée dans le contour mélodique. Le contre-sujet que le cor anglais fait entendre dans l’accompagnement du second couplet est d’un excellent effet. Le chant provocateur d’Olympia a beaucoup d’entrain et de verve ; le refrain est ramené d’une façon très originale par un point d’orgue dans lequel la flûte de M. DorusDorus, LouisVincent-Joseph van Steenkiste, dit Louis Dorus (Valenciennes, 1er mars 1813 – Étretat, 9 juin 1896), flûtiste.En 1828, il obtint un premier prix de flûte au Conservatoire de Paris et fut engagé comme flûte solo à l’Opéra en 1835. Il y restera jusqu’en 1866. En 1847 il fut un des fondatLire la suite… dialogue avec la voix de Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite….

Je ne sais rien de délicieux et de suave comme le chant amoureux d’Hélios ; aussi un frisson de plaisir a-t-il couru par toute la salle quand on l’a vu reparaître à la fin du second acte ; il vous impressionne bien plus la seconde fois que la première, entendu dans le lointain, chanté à mezza voce, presque sans nuances et accompagné par un murmure imperceptible du chœur. Le récit du prophète a beaucoup d’ampleur et conserve jusqu’à la fin son caractère biblique, formant ainsi un contraste saisissant avec les sarcasmes de Nicanor et les éclats de rire du chœur. Le final, traité à l’italienne, est remarquable par l’art avec lequel les voix sont groupées et par la puissance de sonorité de l’orchestre. A ces deux points de vue, c’est tout à fait un final de grand opéra.

Nous voici maintenant dans le vallon d’Ottojano. L’horizon est borné par des roches à pic. A droite sont les tombeaux chrétiens surmontés d’une croix qu’un prodige rend lumineuse, et devant laquelle viennent s’agenouiller et prier les adeptes de la nouvelle Eglise. Le proconsul Nicanor ordonne à ses soldats de disperser ces rebelles, et il reste seul avec Lilia. Alors commence cette lutte toujours saisissante au théâtre entre le tentateur et l’innocence, entre le bien et le mal.

Lilia invoque l’aide de Dieu, et au moment où la jeune chrétienne faiblit sous l’étreinte passionnée du proconsul, le sol tremble, le tonnerre gronde, et Nicanor tombe foudroyé. Lilia s’évanouit.

Satan sortant du puits de l’abîme, comme il est écrit dans l’Apocalypse, se prépare à continuer l’œuvre de Nicanor. Lilia a repris connaissance et elle croit avoir rêvé ; mais une voix sortant d’une bouche invisible lui rappelle que ce rêve était une réalité. Elle appelle Hélios ; Hélios ne viendra pas.

Ah ! si mes yeux pouvaient, perçant l’ombre et l’espace,

Dans ce palais maudit savoir ce qui se passe !

s’écrie Lilia. Et la voix répond aussitôt :

Tes vœux sont exaucés… regarde, Lilia !

Les rochers du fond s’écroulent et laissent voir l’intérieur du palais d’Olympia éclairé à giorno. C’est un tableau magique, un rêve peint. Olympia est couchée sur un lit de pourpre ; ses femmes l’entourent, immobiles comme des statues, Hélios est aux pieds de la reine et lui chante l’air du premier acte :

Je veux aimer toujours………

Lilia pousse un cri de désespoir. La vision disparaît, et Satan, s’emparant de la dépouille de Nicanor, dit : Maintenant, le proconsul, c’est moi !

Ce second acte vaut le premier. Au chœur syllabique des chrétiens succède une prière sans accompagnement, écrite pour des voix de femmes, mais dont chaque fin de phrase est répétée avec une cadence nouvelle par les ténors et les basses. Cela est d’un effet très original et en même temps très religieux. Le talent dramatique du compositeur s’est révélé dans toute sa force, dans tout son éclat, dans le duo entre Nicanor et Lilia. A travers les élans de frayeur de la jeune fille et les emportemens du proconsul, on entend passer, comme le soupir d’une fleur pendant l’orage, la suave mélodie que Nicanor chante sur ces vers :

….. Dans la nuit je ne vois qu’une pâle clarté.

C’est le douteux rayon de la première étoile

Qui, pour mon regard seul, éclaire ta beauté.

L’apparition de Satan est annoncée par des coups de tamtam et de grosse caisse frappés pianissimo et se détachant sur un léger roulement de timbales. M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… a évité avec soin dans toute cette scène de faire du fantastique à la manière de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… et de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…. C’était là un écueil contre lequel certains musiciens moins habiles n’auraient pas manqué d’échouer.

Au troisième acte, le rideau se lève sur les jardins du palais d’Olympia. On aperçoit au loin le golfe de Baïa et le promontoire de Misène, le temple d’Hercule et les colonnes triomphales de Titus. Hélios et Olympia sont accoudés sur un biclinium et entourés de leur cour. Le jeune apostat est sorti de son rêve et il prononce le nom virginal de sa fiancée en songeant au rendez-vous que les caresses d’Olympia lui ont fait oublier. Lilia ! s’écrie la reine,

….. C’est toi qui tiens son sort ;

Choisis : Pour toi le trône, ou pour elle la mort !…

La fête de Bacchus suspend le drame. On célèbre en une seule orgie les trois grandes journées consacrées, en Sicile comme à Athènes, au dieu de la vigne ; les Bacchanalia, les Orgia et les Dionysia. Dans un intermède, Olympia prend une lyre et chante un hymne à Vénus : le chœur se mêle à la danse, et les Bacchantes, les Faunes, les Sylvains, les Epypans, les Satyres, les Bacchus imitateurs, ornés de la corne d’or, aurato cornu, comme dit HoraceHorace, Quintus Horatius Flaccus ditpoète. Son père s’installa à Rome en 57 av. J.C et donna à son fils une éducation soignée. A dix-huit ans, Horace fut envoyé à Athènes pour y étudier le grec et la philosophie. Il y apprit l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C. et s’enrôla dans l’armée de Brutus et commandaLire la suite… dans le signalement qu’il donne dans l’ode ad Bacchum, tout ce monde fou, délirant, ivre, la peau tigrée au flanc, le thyrse à la main et le front couronné de pampres et de roses, tourbillonne comme le sable dans une tempête.

Aux dernières mesures du divertissement, Lilia entre dans les jardins et reconnaît la vérité du tableau magique en voyant Hélios avec ses vêtements de satrape et sa couronne de roi. La jeune chrétienne tente un dernier effort pour soustraire son fiancé aux séductions d’Olympia ; mais Satan ranime l’amour des voluptés dans le cœur d’Hélios, et cette fois c’est l’enfer qui triomphe. Lilia reste quelques instans anéantie par la douleur, et le chœur chante : Gloire à Vénus, gloire à la reine.

M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… a montré toute la richesse de son talent de coloriste dans les airs de danse du divertissement, où les timbres les plus différens sont accouplés de la façon la plus originale : le tambour de basque rythme les broderies de la flûte et du hautbois ; les petites cymbales antiques et le triangle mêlent leurs sons aigus aux gracieuses mélodies de l’orchestre. L’hymne à Vénus, le chant de Lilia :

Je crois au Dieu que tout le ciel révère.

la bacchanale et le quatuor final sont des pages très remarquables et que l’on a justement applaudies.

Au quatrième acte, nous voyons Satan dans l’atrium du palais d’Olympia, appelant à lui les esclaves révoltés, lave vivante qui se mêlera bientôt à la lave de feu que vomit le cratère du volcan. Le décor change et l’on aperçoit groupés au milieu d’un immense paysage les terrasses, les impluvium, les colonnades, les péristyles, les aqueducs, les corniches, les villas, tous les ordres de Vitruve et de la Grande-Grèce. Ce tableau féerique est éclairé par un jour livide qui ressemble au crépuscule d’un carrefour de l’enfer. Hélios arrive ; il appelle Lilia avec la voix du repentir, et la jeune chrétienne apparaît comme un fantôme descendu du ciel. Alors commence une scène et un duo qui suffiraient à un drame : la musique associée à la poésie a rarement produit, au théâtre, quelque chose de plus émouvant et de plus grandiose. Lilia pardonne à Hélios, et les deux amans unissent leurs voix dans un chant suprême que le volcan en éruption accompagne de ses grondemens lointains.

Oui, la mort qui nous purifie,

Pour jamais te rend mon amour ;

Sans regret laisse cette vie,

Ce faux bonheur qui dure un jour.

Viens, viens, suis-moi plein d’espérance ;

Allons au devant du trépas,

C’est l’éternité qui commence,

C’est l’amour qui ne finit pas.

Olympia, chassée de son palais par les flots envahissans de la lave, implore le secours de Nicanor, dont elle croit reconnaître la voix. Satan se dresse devant elle et lui crie : Je ne suis pas ton frère….. Ton frère a succombé sous les coups du tonnerre……

Je suis ce dieu du crime

Que ce matin tu voulais voir ;

Je suis le roi du sombre abîme,

L’archange noir….

Olympia veut lutter contre Lucifer et mourir en reine, dans son orgueil et sa fierté.

S’il faut que dans ce jour Olympia succombe,

Ciel ! lance donc la foudre !…O terre, entr’ouvre toi !…

Et creusez moi, du moins, une royale tombe

Où tout Herculanum s’engloutisse avec moi.

Les flammes jaillissent du sol, les édifices s’écroulent et Herculanum disparaît sous une couche de feu.

« Chrétiens, voici la mort ! » dit la voix du prophète. « C’est le ciel ! c’est la vie ! » s’écrient Hélios et Lilia.

Les nombreuses citations que j’ai faites ont dû mettre suffisamment en relief les beautés de style et les qualités poétiques de ce drame, on ne peut mieux conçu pour servir l’inspiration du musicien. M. HadotHadot, Terence-AristideTérence Aristide Hadot (Courjeonnet/ Marne, 10 avril 1812 – Paris, 10 avril 1899), administrateur et librettiste. Il fit carrière dans l’administration des finances. En 1842, il fut nommé receveur particulier des finances à Châteaudun, puis à Épernay (1852) et à Pontoise (1855). En 1863,Lire la suite… ayant été nommé conjointement avec M. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, il est juste d’accorder à ce néophyte littéraire la part qui lui est due dans le grand et légitime succès que je viens d’avoir le plaisir d’enregistrer. Quant à M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, la sympathie qu’il m’a toujours inspirée fait que je me réjouis doublement du triomphe qu’il a obtenu. Toutes les préventions que pouvaient avoir contre son aptitude dramatique ceux qui s’obstinaient à le considérer seulement comme un symphoniste habile, doivent avoir disparu aujourd’hui. Les mélodies d’HerculanumHerculanumHerculanum, opéra en quatre actes sur un livret de Joseph Méry et Térence Hadot mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1849.Lire la suite… sont si faciles à retenir, et j’en ai retenu une telle quantité, que j’aurais pu en noircir les dix colonnes de ce feuilleton, si un feuilleton musical s’imprimait sur du papier à musique. Je voudrais bien savoir le nom de l’éditeur qui, dans ce cas là, aurait eu le droit de me faire un procès, car un éditeur ne peut manquer à une si belle œuvre.

Jamais ouvrage n’a été monté à l’Opéra avec plus de soin et de magnificence ; les décorateurs ont brossé leurs toiles avec un talent merveilleux et un sentiment profond de l’art antique : le public a applaudi les noms de MM. CambonCambon, Charles-AntoineCharles-Antoine Cambon (Paris, 21 avril 1802 – Paris, 20 octobre 1875), peintre-décorateur. Élève de Pierre Ciceri, il débuta au Cirque-Olympique avec Humanité Philastre et tous deux triomphèrent à l’Opéra en 1833 avec leur décor pour la salle du bal (acte V, scène 1) de Gustave IIILire la suite…, ThierryThierry, Joseph Francois DesireJoseph-François-Désiré Thierry (Paris, 13 mars 1812 – Paris, 11 novembre 1866), décorateur. Élève de Gros à l’École des Beaux-Arts de Paris, il exposa au Salon de 1833 à 1867 et exécuta à partir de 1848 de nombreux décors pour l’Opéra en association avec Cambon. Il était égalemeLire la suite… et DespléchinDesplechin, Edouard-DesireEdouard Désiré Joseph dit Edouard Desplechin (Lille, 12 avril 1802 – Paris, 10 décembre 1871), peintre décorateur. Disciple de Ciceri, il réalisa de nombreux décors pour l’Opéra de Paris et aussi pour les autres scènes parisienne dont ceux de Gustave III (Auber, 1833), La Juive (HalLire la suite….

L’exécution de l’œuvre est des plus remarquables : Mme Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite…, si elle fait médiocrement valoir la poésie de M. MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, prête du moins tout le charme de sa voix, toute l’énergie de son talent à la musique de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…. Elle a partagé les honneurs de la soirée avec M. ObinObin, Louis-HenriLouis-Henri Obin (Ascq/Nord, 4 aout 1820 – Paris, 9 novembre 1895), basse. Il étudia à Lille avec Antoine Ponchard puis au Conservatoire de Paris. Il débuta à l’Opéra de Paris en 1844 et créa avec beaucoup de succès le rôle de Bocchoris de L’Enfant prodigue (Auber, 1850). Il créa le rLire la suite…, artiste des plus distingués, comédien intelligent qui peut compter le rôle de Nicanor au nombre de ses plus belles créations. La tunique de laine n’est pas précisément le vêtement qui sied le mieux à Mme Gueymard-LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite…, mais on n’est plus choqué par ce manque de grâce et d’élégance quand on entend les accens harmonieux et veloutés de cette magnifique voix. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite… a composé le personnage d’Hélios avec toute l’intelligence, tout le savoir d’un grand artiste ; ses qualités de chanteur sont trop connues et trop appréciées pour qu’elles aient besoin d’être signalées à l’attention du lecteur. Marié lance l’anathème avec une impétuosité foudroyante et marche avec aisance dans les sandales du prophète Magnus. CoulonCoulon, Joseph TheodoreThéodore-Jean-Joseph Coulon (Nivelles/ Belgique, 21 mai 1822 – Paris, 21 octobre 1874), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un accessit en opéra-comique en 1848. Il chanta en province et fut engagé à l’Opéra-Comique où il débuta dans le rôle d’Altamuk de La Fée Lire la suite… a eu la modestie d’accepter un rôle épisodique ; il n’y a guère que les artistes de talent qui soient modestes. M. MéranteMérante, Louis-AlexandreLouis-Alexandre Mérante (Paris, 23 juillet 1828 – Courbevoie, 17 juillet 1887), danseur. Il débuta à Marseille en 1846, puis passa une saison à Milan (1846-1847), avant d’être engagé à l’Opéra de Paris en 1848. Excellent acteur et danseur, il s’illustra dans les ballets de Fanny CerrLire la suite…, le plus gracieux des danseurs, a joué, dans le ballet, le personnage de Daphnis ; Mlle Emma LivryLivry, EmmaEmma-Marie Emarot dite Emma Livry (Paris, 24 septembre 1842 – Neuilly, 26 juillet 1863), danseuse. Fille naturelle de Célestine Emarot, danseuse de l’Opéra de Paris et du baron Charles de Chassiron elle étudia avec Mme Dominique et débuta en 1858 à l’Opéra de Paris dans La Sylphide. MariLire la suite… a prêté ses ailes de sylphide à la bacchante Erigone. Bacchante ou sylphide, Mlle Emma LivryLivry, EmmaEmma-Marie Emarot dite Emma Livry (Paris, 24 septembre 1842 – Neuilly, 26 juillet 1863), danseuse. Fille naturelle de Célestine Emarot, danseuse de l’Opéra de Paris et du baron Charles de Chassiron elle étudia avec Mme Dominique et débuta en 1858 à l’Opéra de Paris dans La Sylphide. MariLire la suite… tournoie et bondit, glisse et vole avec une perfection, une grâce et une légèreté inimitables.

N’oublions pas d’adresser toutes nos félicitations à l’orchestre qui, placé sous l’habile direction de M. Girard, ne peut que se maintenir à la hauteur de la réputation qu’il s’est acquise.

M. Alphonse RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite…, en appelant M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… à l’Opéra, a prouvé une fois de plus son habilité administrative ; et cette preuve est à la fois dans le succès de l’œuvre et dans le soin avec lequel elle est montée. L’avènement de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… doit ranimer l’espérance des jeunes compositeurs qui aspirent à l’honneur d’être joués sur notre première scène lyrique. Les jeunes compositeurs ! La plupart de ceux que l’on désigne ainsi aujourd’hui, auraient pu faire la campagne d’Egypte. M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… a vu les pyramides, mais pas comme soldat du général Bonaparte.

Je suis obligé de renvoyer à un prochain article le compte-rendu de la Fée CarabosseFée Carabosse, LaLa Fée Carabosse, opéra-comique en trois actes, précédé d’un prologue, sur un livret de Joseph-Philippe Lockroy et Hippolyte Cogniard mis en musique par Victor Massé et créé au Théâtre-Lyrique le 28 février 1859.Lire la suite…, qui a obtenu lundi dernier un brillant succès au Théâtre-Lyrique. Tout a réussi : le poëme et la partition, la fable ingénieuse de MM. CogniardCogniard, Jean-HippolyteJean-Hippolyte Cogniard (Paris, 20 novembre 1807 – Paris, 6 février 1882), auteur dramatique. Il écrivit de nombreux vaudevilles et féeries en collaboration avec son frère Charles-Théodore, dont La Cocarde tricolore (1831), La Fille de l’air (1837), Les Chercheuses d’or (1850) et La Chatte Lire la suite… et LockroyLockroy, Joseph-PhilippeJoseph-Philippe Simon dit Lockroy (Turin, 17 février 1803 – Paris, 19 janvier 1891), acteur, auteur dramatique et librettiste. Il débuta comme comédien en 1827 à l’Odéon puis joua au théâtre de la Porte St. Martin et à la Comédie-Française tout en écrivant, seul ou avec Scribe des piècesLire la suite…, et la musique de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, laquelle a toutes les qualités familières à ce jeune maître. Mme UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite… a été éblouissante de verve, d’entrain et de jeunesse : elle est à la fois la Fée Carabosse et la Fée du chant.