Le Courrier de Paris, 1er mars 1859, [p. 3] (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

Henri VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite… est un de ces artistes dont le nom ne reviendra jamais assez souvent au bout de ma plume. J’aime ce talent magistral, cette riche organisation, cette individualité puissante, et j’estime ce caractère droit et élevé, cette simplicité et cette modestie auxquelles le succès et les ovations ne donnent que plus de relief et plus de mérite. Des hauteurs ou le virtuose se place, il dédaigne les banalités et les complaisans éloges de la réclame ; il ne fait pas enregistrer le chiffre de ses couronnes et ne se laisse pas proclamer, lui qui a parcouru les capitales des deux mondes, le héros d’aventures dont l’excentricité frise de bien près le ridicule. Chaque fois que VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite… fait un appel au public, c’est pour lui soumettre quelque œuvre nouvelle, soigneusement élaborée, une œuvre importante, une œuvre d’art qui doit ajouter à sa renommée et grandir de quelques coudées encore le monument de sa gloire. Il nous a fait entendre cette année, au deuxième concert à orchestre qu’il a donné dans la salle Herz, une Fantaisia [Fantasia] appassionata qui peut être mise au rang des plus belles compositions du grand violoniste. Cela est touché de main de maître, avec une vigueur et une science peu communes ; l’instrumentation fourmille de détails ingénieux, de piquantes harmonies, et les timbres y sont accouplés de la façon la plus heureuse et la plus inattendue. Sur tous ces dessins, sur tous ces accompagnemens et toutes ces harmonies, l’instrument principal détache ses thèmes et ses variations, ses phrases émouvantes et ses arabesques ; quand l’archet quitte les cordes graves et bondit sur la chanterelle, on est ébloui par les arpèges rapides, les staccati, les pluies de notes ou de perles et les périlleuses évolutions que le caprice du compositeur livre à l’habileté de l’exécutant. On admire l’aisance avec laquelle tous ces prodiges sont accomplis ; mais on est toujours sous le charme ; parce qu’au milieu de ces merveilleuses hardiesses on sent passer l’idée mélodique, toujours élégante et toujours caractéristique dans chacune de ses transformations multiples. Elle est bien nommée l’œuvre nouvelle d’Henri Vieuxtemps Vieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…: fantasia appassionnata Fantasia Appassionata pour Violon et Orchestre Op. 35Fantasia Appassionata pour violon et orchestre en sol mineur op. 35 de Henri Vieuxtemps.Lire la suite…[appassionataFantasia Appassionata pour Violon et Orchestre Op. 35Fantasia Appassionata pour violon et orchestre en sol mineur op. 35 de Henri Vieuxtemps.Lire la suite…]. Et c’est bien la passion qui domine dans cette fantaisie passionnée, une passion que l’on voit naître, grandir et se développer, dont on peut suivre les élans et les coquetteries, les angoisses et les folles joies, les enivremens et les craintes, et qui, des premiers battemens du cœur, s’élève progressivement jusqu’aux tranquilles sommets de l’extase. Alors les instrumens y adoucissent leur voix, l’orchestre se colore d’une teinte mystérieuse, et le violon du maître chante, dans un largo religiose, les strophes les plus poétiques du cantique de l’amour. La musique purement symphonique laisse, je le sais, le champ libre à l’imagination ; mais, cependant, la qualification de l’œuvre étant suffisamment établie par le titre, et la personnification de l’instrument principal étant admise, il est facile de s’identifier au drame que le musicien a rêvé et dont il déroule une à une toutes les péripéties. Un poème, si rigoureusement explicatif qu’on le suppose, n’est qu’un accessoire inutile à la traduction de la pensée musicale quand celle-ci exprime des sensations du cœur ou de l’âme, et qu’elle ne s’abaisse pas à des imitations puériles. Tant pis pour ceux qui sont frappés seulement par la vérité du chant du coucou ou de la caille dans la symphonie pastorale, et qui ne comprennent pas les scènes émouvantes que Beethoven a voulu peindre dans les pages sublimes de la symphonie en ut mineurConcerto pour violon et orchestre en mi mineur Op. 64Concerto pour violon et orchestre en mi mineur Op. 64 de Felix Mendelssohn. L’œuvre fut créée par Ferdinand David sous la direction de Niels Gade au Gewandhaus de Leipzig le 13 mars 1845.Lire la suite… et de la symphonie héroïque.

Si je voulais décrire l’une après l’autre toutes les beautés que j’ai remarquées dans la fantasia appassionnataFantasia Appassionata pour Violon et Orchestre Op. 35Fantasia Appassionata pour violon et orchestre en sol mineur op. 35 de Henri Vieuxtemps.Lire la suite… de VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…, je serais obligé de me servir de termes techniques qui effaroucheraient les lecteurs (pluriel ambitieux, comme dit Théophile GautierGautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux dLire la suite…) et qu’ils me pardonneraient plus difficilement, peut-être, que la froide analyse d’un méchant libretto et d’une partition médiocre. Je n’affronterai donc pas cet écueil qui attend la critique toutes les fois qu’elle est aux prises avec une œuvre instrumentale, et je me bornerai à faire cette simple réflexion, que le goût de la musique n’existera réellement pas en France tant que les ouvrages dramatiques avec leurs accessoires obligés de décors et de chanteurs à la mode auront seuls le privilège de passionner la foule et de passer, aux yeux de la majorité, pour l’expression la plus noble et la plus complète de l’art. Au premier concert d’Henri VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…, j’ai entendu une cantatrice d’origine allemande dont la voix est l’une des plus belles et des plus harmonieuses que je connaisse. Si je ne craignais d’être accusé d’exagération ou de partialité envers Mlle LischtnerLitschner, AurélieAurélie Litschner (Munkato/Hongrie, 28 octobre 1837 – Brooklyn/USA, 7 octobre 1917), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1859. Elle se produisit au Théâtre de la Monnaie en 1860/61, puis à Lyon (1862/63), MarLire la suite… [Litschner]Litschner, AurélieAurélie Litschner (Munkato/Hongrie, 28 octobre 1837 – Brooklyn/USA, 7 octobre 1917), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1859. Elle se produisit au Théâtre de la Monnaie en 1860/61, puis à Lyon (1862/63), MarLire la suite…, que j’ai eu l’honneur d’entrevoir une fois seulement et que personne ne m’a recommandée, je dirais qu’aucun de nos théâtres lyriques ne possède une voix qui puisse être comparée à celle-là. Mlle LischtnerLitschner, AurélieAurélie Litschner (Munkato/Hongrie, 28 octobre 1837 – Brooklyn/USA, 7 octobre 1917), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1859. Elle se produisit au Théâtre de la Monnaie en 1860/61, puis à Lyon (1862/63), MarLire la suite… est excellente musicienne ; elle a étudié au Conservatoire, dans la classe de M. BattailleBattaille, Charles-AmableCharles-Amable Battaille (Nantes, 30 septembre 1822 – Paris, 2 mai 1872), Basse. Après des études de médecine à Nantes, il vint à Paris et étudia au Conservatoire avec Manuel Garcia. Il obtint les premiers prix de chant, d’opera et d’opéra-comique en 1847 et débuta en 1848 à l’Opéra-CoLire la suite…, et il y a deux ans elle a remporté un premier prix de chant : M. Alphonse RoyerRoyer, AlphonseAlphonse Royer (Paris, 10 septembre 1803 – Paris, 11 avril 1875), directeur, ecrivain, librettiste. Il écrivit de nombreux romans, comédies, drames et vaudevilles. En collaboration avec Gustave Vaëz ils écrivirent des livrets d’opéra originaux dont La Favorite (Donizetti), Robert Bruce (NiLire la suite… lui a proposé un engagement. Savez-vous ce qu’a répondu Mlle LischtnerLitschner, AurélieAurélie Litschner (Munkato/Hongrie, 28 octobre 1837 – Brooklyn/USA, 7 octobre 1917), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1859. Elle se produisit au Théâtre de la Monnaie en 1860/61, puis à Lyon (1862/63), MarLire la suite… à M. le Directeur de l’Académie impériale de musique ? Elle lui a répondu qu’elle refusait, provisoirement, parce que sa voix n’était pas encore suffisamment développée, et qu’elle avait beaucoup trop d’inexpérience pour oser aborder le répertoire de notre première scène lyrique. Si l’on composait un chœur sur ces paroles, on parviendrait difficilement à le faire exécuter par les jeunes demoiselles qui rêvent toutes de premiers rôles et d’appointemens fabuleux dans leur salle d’étude de la rue Bergère. Le jour où Mlle LischtnerLitschner, AurélieAurélie Litschner (Munkato/Hongrie, 28 octobre 1837 – Brooklyn/USA, 7 octobre 1917), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1859. Elle se produisit au Théâtre de la Monnaie en 1860/61, puis à Lyon (1862/63), MarLire la suite… viendra frapper à la porte de l’Opéra, je suis bien certain qu’on ne lui fera pas faire antichambre.

Plusieurs journaux ont raconté une conversation qui aurait eu lieu entre le directeur de l’Opéra et M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, et dans laquelle l’illustre maître aurait déclaré qu’il était prêt à livrer, pour être mis immédiatement en répétition, l’un des deux grands ouvrages qu’il garde depuis si longtemps dans son portefeuille. Voici ce qu’il y a de vrai à ce sujet : l’administration de l’Opéra vient d’engager deux cantatrices célèbres en Italie, les sœurs MarchisioMarchisio, BarbaraBarbara Marchisio (Turin, 6 décembre 1833 – Mira/province de Venise, 19 avril 1919), contralto. Sœur de Carlotta Marchisio, elle étudia avec son frère, Antonio, et avec Luigi Fabbrica et fit ses débuts à Vincenza en 1856. Elle fut engagée ensuite à Madrid dans le role de Rosina de Il BarbiLire la suite…, qui débuteront dans la SémiramisSémiramisSémiramis, opéra en quatre actes sur un livret en français de Joseph Méry traduit du livret en italien de Gaetano Rossi mis en musique par Gioachino Rossini et créé à l’Opéra de Paris le 9 juillet 1860. La version originale en italien avait été créée au Théâtre La Fenice de Venise leLire la suite… de Rossini, traduite par MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…. Ce début est annoncé pour le milieu de l’hiver prochain seulement, Mlles MarchisioMarchisio, BarbaraBarbara Marchisio (Turin, 6 décembre 1833 – Mira/province de Venise, 19 avril 1919), contralto. Sœur de Carlotta Marchisio, elle étudia avec son frère, Antonio, et avec Luigi Fabbrica et fit ses débuts à Vincenza en 1856. Elle fut engagée ensuite à Madrid dans le role de Rosina de Il BarbiLire la suite… n’étant pas libres avant cette époque. Quand M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… les aura entendues, il jugera si l’une ou l’autre réunit les qualités qu’il désire rencontrer chez l’artiste à laquelle il confiera le rôle de JudithJudithJudith, opéra sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer. Suite au décès de Scribe (1861), Meyerbeer paya à sa veuve en 1862 la compensation prévue dans le contrat pour ne pas compléter l’œuvre. Celle-ci demeura à l’état d’esquisses que la famille du composiLire la suite… ou celui de l’AfricaineAfricaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite…. Et alors peut-être M. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… se décidera-t-il à doter l’Opéra d’un nouveau chef-d’œuvre.

La première représentation d’HerculanumHerculanumHerculanum, opéra en quatre actes sur un livret de Joseph Méry et Térence Hadot mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1849.Lire la suite…, annoncée pour mardi, est renvoyée à vendredi, par ordre supérieur. Aucun nouveau retard n’est à craindre si mesdames Borghi-MamoBorghi-Mamo, AdelaïdeAdelaïde Borghi-Mamo (Bologne, 9 août 1829 – Bologne, 28 septembre 1901), mezzo-soprano. Élève de Festa et protégée de Giuditta Pasta, elle débuta à Urbino en 1846 et fut invitée au Théâtre-Italien de Paris par le colonel Ragani en 1853. Elle y chanta pendant trois ans puis fut engagée Lire la suite… et LautersDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… savent se garantir de ces maux cruels que l’hiver traîne à sa suite, et qui ne respectent pas plus le gosier des divinités de la rampe que celui des plus simples mortelles.

Est-ce un enrouement passager, est-ce le sentiment de la peur qui a paralysé tout à coup les moyens de M. GuardiGuardi, Jean-Hector Gruyer ditJean-Hector Gruyer, dit Guardi (Grenoble, 24 septembre 1827 – Sassenage/Isère, 2 janvier 1908), ténor et homme politique. Il étudia le chant avec Adolphe-Adam Bizet, le père du compositeur, et fut engagé au Théâtre-Lyrique en automne 1858. Sa voix, exceptionnellement étendue, couvrait les Lire la suite…, le Faust du Théâtre-Lyrique ? Ce jeune ténor, qui manque peut-être d’expérience comme acteur, mais qui a une voix charmante, a été obligé de renoncer momentanément à son rôle, et c’est M. BarbotBarbot, JulesJoseph-Théodore-Désiré Barbot, dit Jules Barbot (Toulouse, 12 avril 1824 – Paris, 26 décembre 1896), ténor. Élève de M. Garcia au Conservatoire de Paris, il obtint un premier prix de chant et un deuxième prix d’opéra-comique en 1847 et fut engagé à l’Opéra de Paris cette même annLire la suite… qui le remplacera. J’ai assisté à la répétition générale de la nouvelle partition de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, et j’attends avec impatience le jour où je pourrai sans indiscrétion raconter les impressions que m’a laissées cette œuvre remarquable. Le rôle de Marguerite sera pour Mme Miolan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… plus qu’une création, ce sera une révélation.

On a repris, au théâtre Ventadour, L’Elisire d’amoreElisir d’Amore, L’L’Elisir d’Amore, melodramma giocoso en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre de la Canobbiana à Milan le 12 mai 1832.Lire la suite…, une des plus charmantes partitions de Donizetti. L’œuvre est traitée, d’un bout à l’autre, de la façon la plus spirituelle, et la légère pointe de sentiment que le compositeur a mise dans le rôle de Némorin fait ressortir encore davantage tout le comique, toute la finesse des scènes bouffes qui pivotent sur la fiole de Dulcamara, le Fontanarose de ce PhiltrePhiltre, LeLe Philtre, opéra en deux actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra de Paris le 20 juin 1831.Lire la suite… italien.

L’approbation flatteuse décernée par le comité des études du Conservatoire à l’Abécédaire vocal de M. PanofkaPanofka, HeinrichHeinrich Panofka (Breslau, 3 octobre 1807 – Florence, 18 novembre 1887), violoniste, compositeur, professeur de chant et critique musical. Il étudia le violon avec Joseph Mayseder et débuta comme violoniste. Installé à Paris en 1834, il y donna des concerts tout en contribuant à des articles Lire la suite…, me dispense de faire l’éloge de cet ouvrage, écrit par un artiste dont personne ne niera l’expérience et le savoir en matière d’enseignement musical.

Parmi les plus brillans concerts de la saison je citerai ceux de Mlle Marie DarjouDarjou, MarieMarie Darjou (Paris, 31 janvier 1837 – Paris, 26 septembre 1915), pianiste. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de solfège en 1852, un premier prix d’harmonie et d’accompagnement et un premier prix de piano en 1854, dans la classe d’Émile Prudent. Elle débuta Lire la suite…, de MM. William KrugerKrüger, WilhelmWilhelm Krüger (Stuttgart, 5 août 1820 – Stuttgart, 16 juin 1883), pianiste, compositeur et professeur. Fils du flûtiste virtuose de l’orchestre de chambre royal du Wurtemberg Gottlieb Krüger, il fut un éminent pianiste et un compositeur de musique de salon. En 1845, il s’installa à PariLire la suite…, PfeifferPfeiffer, Georges-JeanGeorges Pfeiffer (Versailles, 12 décembre 1835 – Paris, 14 février 1908), pianiste et compositeur. Il étudia tout d’abord avec sa mère Clara Pfeiffer (elle-même élève de Frédéric Kalkbrenner), puis étudia la composition avec Pierre Maleden et Berthold Damcke. Reyer le mentionne car il Lire la suite… et Bernhard Rie. On peut ranger ces virtuoses du piano dans la catégorie des artistes qui méritent toutes les sympathies du public, tous les encouragemens de la critique. M. Jean BeckerBecker, JeanJean Becker (Mannheim, 11 mai 1833 – Mannheim, 10 octobre 1884), violoniste. Il étudia le violon avec son père, Carl Becker, et avec Hugo Hillebrandt. De 1855 à 1865, il succéda à Aloys Kettenus à la tête de l’orchestre du Nationaltheater de Mannheim. A partir de 1859, il se produisit en viLire la suite…, violon solo de la grande duchesse de Bade, s’est fait entendre pour la première fois cet hiver à Paris et dans chacune des trois séances qu’il a données dans la salle Beethoven, il a charmé ses nombreux auditeurs par la netteté et l’élégance de son jeu, tout empreint des meilleures traditions des grands maîtres. Il a eu pour partenaire, dans l’exécution du concerto de Mendelssohn, M. Théodore RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite…, sous les doigts duquel le piano a toutes les sonorités de l’orchestre.

Le même concerto a été exécuté d’une manière très remarquable par M. GleichauffGleichauffRodolphe Gleichauf (Francfort, ? – ?), violoniste. Il étudia le violon au Conservatoire de Bruxelles avec Charles de Bériot et obtint un 1er prix de violon en 1849. Il se produisit en concerts dans toute l’Europe.Lire la suite…, qui, lui aussi, est un violoniste de la bonne école.

Les trois soirées de musique classique données par M. LeboucLebouc, Charles-JosephCharles-Joseph Lebouc (Besançon, 22 décembre 1822 – Hyères, 7 mars 1893), violoncelliste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de violoncelle en 1844. Il fut membre de l’orchestre de l’Opéra de 1846 à 1848 et l’année suivante de la Société desLire la suite…, dans les salons de M. Pleyel, ont été très suivies et l’éminent violoncelliste, membre de la société des concerts du Conservatoire, mérite d’être loué autant pour le talent dont il a fait preuve que pour le goût qui a présidé à la composition de ses programmes. M. LeboucLebouc, Charles-JosephCharles-Joseph Lebouc (Besançon, 22 décembre 1822 – Hyères, 7 mars 1893), violoncelliste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de violoncelle en 1844. Il fut membre de l’orchestre de l’Opéra de 1846 à 1848 et l’année suivante de la Société desLire la suite… a été merveilleusement secondé par des artistes que le public est habitué à applaudir : Mme MattmannMattmann, LouiseLouise-Amélie Mattmann (Bordeaux, ca. 1836 – Paris, 12 septembre 1861), pianiste. Enfant prodige, elle fut découverte par la duchesse d’Orléans en 1837 qui prit en charge les frais de ses études avec Friedrich Kalkbrenner. Louise Mattmann donna son premier concert public à Paris en 1840. AvecLire la suite…, MM. HermannHermann, ConstantConstant Hermant dit Adolphe Hermann (Douai, 16 aout 1823 – Paris, 25 ? mars 1903), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de violon en 1841. Il se produit dans les salons et en concerts à Paris et en province jouant souvent des fantaisies de sLire la suite…, DorusDorus, LouisVincent-Joseph van Steenkiste, dit Louis Dorus (Valenciennes, 1er mars 1813 – Étretat, 9 juin 1896), flûtiste.En 1828, il obtint un premier prix de flûte au Conservatoire de Paris et fut engagé comme flûte solo à l’Opéra en 1835. Il y restera jusqu’en 1866. En 1847 il fut un des fondatLire la suite…, PaulinPaulin, Louis-JosephLouis-Joseph Espinasse, dit Paulin (Paris, 17 octobre 1814 – Paris, 2 février 1867), ténor. Il débuta en 1849 à l’Opéra dans le rôle de Raoul des Huguenots (Meyerbeer) et y chanta les grands rôles du répertoire. À partir de 1855, il organisa avec le violoncelliste Charles-Joseph LebLire la suite…, Casimir NeyCasimir-Ney, LouisLouis-Casimir Escoffier, dit Casimir-Ney (Paris, 24 février 1801 – Arras, 3 février 1877), altiste et compositeur. Il épousa la cantatrice Caroline Nay (Dublin, ca. 1801 – Paris, 26 mars 1867) à Paris le 25 octobre 1823. Il publia en 1832 un trio pour cordes, sa première œuvre. En 1845, il dLire la suite…, Mme Gaveaux-SabatierGaveaux-Sabatier, EmilieÉmélie-Perrine-Suzanne Bénazet, dite Mme Gaveaux-Sabatier (Paris 7 juillet 1820 – Paris, 11 octobre 1896), soprano. Elle débuta en 1842 et fit une carrière de chanteuse dans les concerts et les salons. Reyer la surnomma « La fauvette des salons » et lui dédia une de ses premières mélodies,Lire la suite… et Mlle AndréeAndrée épouse Stenhammar, FredrikaFredrika Andrée épouse Stenhammar (Visby/Suède, 19 septembre 1836 – Stockholm, 7 octobre 1880), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Leipzig de 1851 à 1854 puis fut engagée à l’Opéra de Dessau (1854/55) et à celui de Stockholm (1855/57). De 1857 à 1858, elle étudia à Paris avec Lire la suite…, jeune cantatrice dont le talent s’est révélé dans l’un des morceaux les plus difficiles du répertoire classique, le grand air de Léonore du FidelioFidelioFidelio, opéra en deux actes sur un livret en allemand de Joseph Sonnleithner remanié par Stephan von Breuning puis par Georg Friedrich Treitschke et cree au Kärntnertortheater de Vienne le 23 mai 1814.Lire la suite… de Beethoven.

Il est d’autres concerts dont mes confrères de La Chronique parisienne ont déjà parlé avec les plus grands éloges. Ils ont vanté le talent des instrumentistes et décrit plus spirituellement que je ne l’aurais fait, sans doute, le coup d’œil de la salle, l’éclat des toilettes, l’affluence et l’enthousiasme des spectateurs. Je ne crois pas nécessaire de renchérir sur les merveilleux récits de mes confrères et d’ailleurs j’aime mieux ne pas toucher à leur encensoir que de le balancer d’une main maladroite.