Le Journal des Débats, 1er septembre 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  1er SEPTEMBRE 1868.

REVUE MUSICALE.

A propos du Florentin, ouvrage mis au concours par la Direction de l’Opéra-Comique, et mis en musique par cinquante-trois concurrens. — Le Théâtre-Lyrique. — M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…. — M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite….

Une chute que j’ai faite le mois dernier dans le cabinet de M. le directeur de l’Opéra m’a forcé d’aller demander à l’air pur des montagnes le rétablissement de ma santé, fortement ébranlée par cet accident. Dans la solitude que je me suis choisie, bien loin de la rue Le Peletier, je reçois la lettre suivante, datée du 8 août :

« Monsieur,

« Nous avons eu l’honneur de nous présenter chez vous pour vous faire connaître que vous avez été élu membre du jury qui doit examiner les partitions du Florentin déposées au ministère d’Etat. L’auteur de la lettre ne confond-il pas le ministère d’Etat avec le ministère des beaux-arts et de la maison de l’Empereur, et plus bas M. Rouher avec M. le maréchal Vaillant ?

« Nous espérons que vous voudrez bien accepter cette mission toute de dévouement, et nous faire connaître votre décision à cet égard le plus tôt possible.

« S. Exc. le ministre d’Etat nous a promis de ne réunir le jury d’examen que dans le courant d’octobre, vu les vacances que prennent nos chers maîtres.

« Le président de la commission,

« Signé G. SCHMITT. »

C’est par un sentiment plein de délicatesse que M. G. Schmitt nous appelle « chers maîtres. » Il nous laisse ainsi à nous-mêmes le soin de distinguer entre les plus humbles et les plus grands. Si le hasard ne se fût pas chargé de me faire parvenir la lettre de M. le président Schmitt à une hauteur de 1,095 mètres au-dessus du niveau de la mer, je ne l’aurais trouvée qu’à mon retour à Paris, et je serais resté, par conséquent, bien plus longtemps sans y répondre. Béni soit donc le hasard qui me permet de dire aujourd’hui à mon honorable correspondant que, dans le cas où sa lettre n’eût éprouvé aucun retard à arriver jusqu’à moi, j’aurais eu le regret de répondre par un refus à la courtoise et très flatteuse invitation qui m’était adressée. J’espère qu’un de mes confrères, membre comme moi du jury nommé par les cinquante-trois compositeurs que le poëme du Florentin a excités au combat, aura bien voulu prévenir M. Schmitt de mon absence, et le mettre ainsi à même de pourvoir à mon remplacement, sans lui laisser le temps d’interpréter d’une façon défavorable le silence que j’ai gardé envers lui. M. GevaërtGevaërt, François-AugusteFrançois-Auguste Gevaërt (Huysse près d’Oudenaarde/ Belgique, 31 juillet 1828 – Bruxelles, 24 décembre 1908), compositeur et musicologue. Il étudia d’abord avec l’organiste J.-B. Christiaens. Très doué il entra à l’âge de 13 ans au conservatoire de Gand où il étudia le piano aveLire la suite… ou M. MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… se sont probablement chargés de ce soin, et je les en remercie.

Lorsque M. Camille Doucet, le très sympathique directeur de l’administration des théâtres au ministère des beaux-arts et de la maison de l’Empereur, convoqua, il y a un peu plus d’un an, une commission dont je faisais partie, afin de la consulter sur le projet d’un concours d’opéra-comique, je ne lui cachai pas que ce projet, peut-être excellent en lui-même, rencontrerait de très grandes difficultés, ferait naître bien des déceptions et me paraissait offrir de nombreux inconvéniens. Autant qu’il m’en souvient, M. GevaërtGevaërt, François-AugusteFrançois-Auguste Gevaërt (Huysse près d’Oudenaarde/ Belgique, 31 juillet 1828 – Bruxelles, 24 décembre 1908), compositeur et musicologue. Il étudia d’abord avec l’organiste J.-B. Christiaens. Très doué il entra à l’âge de 13 ans au conservatoire de Gand où il étudia le piano aveLire la suite…, avec l’autorité de sa parole, parla à peu près dans le même sens. Notre avis, ni à l’un ni à l’autre, ne prévalut cependant, et, à la fin de la séance, au lieu d’un concours, il en était institué trois : celui de l’Opéra-Comique d’abord, puis celui de l’Opéra et celui du Théâtre-Lyrique, qui, en laissant à chaque compositeur le choix de son poëme, nous semblait, à M. Gevaert et à moi, le plus rationnel, le moins préjudiciable aux concurrens évincés. Plus tard, lorsque j’eus l’occasion, ici même, de revenir sur cette question, je ne fis que répéter ce que j’avais dit, sans aucune éloquence, sans aucun succès, mais avec beaucoup de conviction, en présence de M. Camille Doucet. Or, il me semble tout naturel, puisque je me suis montré, il y a un an, peu sympathique à l’idée d’un concours qui impose le même poëme à des musiciens doués d’aptitudes différentes, il me semble, dis-je, tout naturel d’être exactement dans les mêmes dispositions aujourd’hui. Cette raison n’est-elle pas suffisante pour motiver le refus par lequel j’aurais répondu, si les circonstances ne m’en eussent empêché, à l’invitation de M. le président Schmitt ?

Voici maintenant les noms des « chers maîtres » que les compositeurs du Florentin ont honorés de leurs suffrages, et à la décision desquels cinquante-deux sur cinquante-trois devront se soumettre sans récriminations et sans murmures. Ce sont : MM. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, Ambroise Thomas, GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…, MaillartMaillart, AiméLouis Maillart, dit Aimé Maillart (Montpellier, 24 mars 1817 – Moulins, 26 mai 1871), compositeur. Premier prix de Rome en 1841, son premier ouvrage pour la scène, Gastibelza, fut représenté avec succès à l’Opéra National, fondé par Adolphe Adam, en 1847. La Croix de Marie (1852) fait sLire la suite… (l’auteur des Dragons de VillarsDragons de Villars, LesLes Dragons de Villars, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Cormon et Joseph-Philippe Lockroy mis en musique par Aimé Maillart et créé au Théâtre-Lyrique le 19 septembre 1856.Lire la suite…, ainsi que l’a fait remarquer le journal le Figaro, est celui qui a obtenu le plus grand nombre de voix), Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, GevaërtGevaërt, François-AugusteFrançois-Auguste Gevaërt (Huysse près d’Oudenaarde/ Belgique, 31 juillet 1828 – Bruxelles, 24 décembre 1908), compositeur et musicologue. Il étudia d’abord avec l’organiste J.-B. Christiaens. Très doué il entra à l’âge de 13 ans au conservatoire de Gand où il étudia le piano aveLire la suite… et SemetSemet, Théodore-Aimé-ÉmileThéodore-Aimé-Émile Semet (Lille, 6 septembre 1824 – Corbeil, 15 mars 1888), compositeur. Il étudia le violoncelle et l’harmonie au Conservatoire de Lille puis se perfectionna au Conservatoire de Paris auprès d’Halévy. Il se consacra à l’enseignement et à la composition de mélodies,Lire la suite…. A ces noms, il faut ajouter celui de M. de Leuven, directeur de l’Opéra-Comique, qui, en ladite qualité, avait droit à siéger parmi les membres du jury, le même droit étant acquis à M. Emile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… pour le concours d’opéra, et à M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, j’allais dire à M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, pour celui du Théâtre-Lyrique.

Si j’ai reproduit ici une liste que la plupart des journaux ont déjà publiée, c’est pour m’étonner de n’y pas trouver le nom du compositeur le plus populaire que nous ayons en France aujourd’hui, de celui dont le génie, éclos cependant de l’autre côté du Rhin, personnifie le mieux la gaîté française, qui, né à Cologne, a fait depuis longtemps à sa ville natale une seconde célébrité. Est-il possible d’admettre que, sur cinquante-trois musiciens votant pour élire des juges, pas un n’ait inscrit sur son bulletin le nom de Jacques Offenbach Offenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite…? Qui me dira donc le chiffre des voix obtenues par le chantre d’Orphée ? Si, tout en refusant l’honneur de m’asseoir parmi d’illustres confrères appelés à faire la plus pénible des besognes, j’avais été invité à désigner mon remplaçant, c’est l’auteur de Barkouf et de Robinson CrusoéRobinson CrusoéRobinson Crusoé, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Cormon et Hector-Jonathan Crémieux, mis en musique par Jacques Offenbach et créé à l’Opéra-Comique le 23 novembre 1867.Lire la suite… que j’aurais choisi, m’estimant bien heureux de pouvoir offrir cette fiche de consolation au pauvre Jacques.

Enfin, les juges sont élus ! Et ils savent ce qui les attend. Ils savent à quelle rude épreuve on va mettre leur « dévouement. » C’est l’honorable président de la commission lui-même qui appelle une mission toute de dévouement la mission qu’ils ont acceptée. Mais le dévouement a pour limites les forces humaines, et je n’ai pu me défendre d’une certaine émotion en lisant cette réflexion d’un spirituel écrivain à propos du concours : « Si les membres du jury remplissent leur mission consciencieusement, la France aura la douleur de perdre avant peu huit de ses meilleurs compositeurs. » Il y en a même neuf, sans compter M. le directeur de l’Opéra-Comique, dont le rôle sera sans doute moins actif que celui de ses collègues.

Quand je me rappelle le trouble qui s’est fait dans mon esprit, les hésitations qui ont arrêté ma plume et les scrupules qui m’ont envahi chaque fois que j’ai dû me prononcer sur la valeur d’un ouvrage que j’avais vu représenter la veille, et dont quelquefois j’avais eu le loisir d’étudier la partition, je puis bien songer avec effroi à ce que j’éprouverais s’il me fallait, dans un temps donné et relativement très court, formuler mon avis sur cinquante-trois partitions ! sur cinquante-trois partitions orchestrées et dont je n’entendrais pas l’orchestre, sur cinquante-trois partitions écrites pour la scène et qui s’offriraient à moi dépouillées du prestige de la scène!

Il n’est peut-être pas un seul opéra de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… auquel le maître n’ait fait subir de nombreux changemens après l’avoir entendu exécuter par les artistes du chant et par les artistes de l’orchestre, les décors eux-mêmes étant à leur place. Pour certains passages, pour certains morceaux, il avait trois versions différentes, et c’est seulement lorsque l’œuvre était arrivée au théâtre qu’il savait à laquelle il devait donner la préférence. Eh bien ! puisque MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… hésitait tant que la partition était encore sur son piano, quel est le musicien qui, consulté par lui, eût osé lui dire : « Maître, voilà la meilleure de vos trois versions ? » Pour juger du mérite absolu d’une œuvre dramatique, il est donc nécessaire qu’elle soit dans son cadre et entourée de ses accessoires les plus essentiels ; tels morceaux qui produisent un très grand effet à la scène sont d’un effet presque nul dans un salon ; et les musiciens n’ignorent pas (plusieurs d’entre eux en ont fait la triste expérience) que, dans un opéra, et même dans un opéra-comique, les qualités dramatiques mènent au succès bien plus que la pureté de la forme et l’élégance du style. Je me dispenserai de citer les ouvrages, plus nombreux qu’on ne se l’imagine qui, dépourvus de toute pureté et de toute élégance, n’ont dû leur brillante fortune qu’à leurs seules qualités dramatiques ; on les applaudit au théâtre, mais quel professeur voudrait cependant les donner comme sujets d’études à ses élèves ? Un jury composé de musiciens qui ne sauraient avoir, sur l’art musical en général et sur l’art dramatique en particulier, ni les mêmes préférences ni les mêmes doctrines, un jury dans lequel les opinions les plus incompatibles sont également représentées, pourra-t-il jamais s’accorder sur la valeur d’une œuvre que chacun appréciera au point de vue de ses sympathies d’école et de son sentiment personnel ? N’entend-on pas journellement des musiciens dire de M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…, par exemple : « Il est fou », tandis que d’autres disent : « Il est sublime ? » N’est-il pas vrai que, pour quelques uns, la manière habituelle de formuler leur dédain à propos d’une œuvre qu’ils connaissent à peine ou même qu’ils ne connaissent pas du tout, c’est de lui appliquer sottement la qualification de musique wagnérienne ou de musique de l’avenir ? Il y aura donc dans cette compagnie d’augures, qui n’auront certes pas envie de rire, des préjugés et des préventions ; il y aura aussi des partis pris, sans compter la fatigue, la lassitude, le sommeil et l’ennui, qui paralysent les plus noble dévouemens. Et ce n’est pas une seule partition en trois actes qu’il s’agit de juger : il y en a cinquante-trois ! Le voyez-vous, ces cinquante-trois partitions se dresser en pyramide gigantesque, se former en tas, s’amonceler, se bousculer et se confondre sur le tapis vert du tribunal ? Chaque membre recevra-t-il son contingent à examiner et apportera-t-il ensuite, pour servir au jugement définitif, le résultat de cet examen ; ou bien les cinquante-trois partitions, déchiffrées au piano par un accompagnateur assermenté, et chantées par une voix aux inflexions multiples, par une voix habile à reproduire les timbres les plus variés, défileront-elles successivement devant la docte assemblée ? On commencera probablement par se livrer à un travail d’expurgation, comme cela s’est fait pour la cantate de l’Exposition universelle ; mais si l’on admet que les musiciens les plus dépourvus de théorie et de pratique, peuvent prendre part à la confection d’une cantate, on ne peut l’admettre également quand il s’agit d’écrire pour les voix et pour l’orchestre, une partition en trois actes. Aussi n’y aura-t-il peut-être pas tant à expurger qu’on le croit.

Ce qui caractérise à mes yeux le plus grand mérite d’une œuvre lyrique, c’est la vérité de l’expression dramatique ; pour vous, qui avez été au début de votre carrière un symphoniste habile et qui ne l’avez pas oublié, c’est l’importance donnée à l’orchestre, et pour vous, mon cher confrère, qui êtes assis bien loin de moi, à l’autre extrémité de la table, c’est la régularité des rythmes et la carrure de la mélodie. Vous voyez bien que nous ne pourrons jamais nous entendre !

Maintenant, messieurs les membres du jury, lorsque de longues heures consacrées à un travail plein de périls et qui n’ajoute rien à votre gloire, auront calmé l’ardeur de vos convictions ; lorsque vous aurez sacrifié vos préférences d’école et vos plus chères sympathies sur le tapis vert autour duquel vous allez être appelés à délibérer, lorsque le moment sera venu des amendemens particuliers et des concessions réciproques , lorsque enfin le nom du vainqueur sera sorti de l’urne, n’oubliez pas que votre jugement devra être ratifié par l’opinion publique. Et, quoi qu’il arrive, vous pourrez vous dire en toute assurance que d’autres n’auraient pas mieux jugé que vous. Seulement donnez aux vaincus, à ceux du moins qu’un grain de sable aura arrêtés sur le chemin du Capitole, donnez à ceux-là assez de consolations, assez d’éloges pour panser la blessure faite à leur amour-propre, pour adoucir l’amertume de leurs regrets. Et laissez-moi vous rappeler que, pendant l’exécution du ProméthéeNoces de Prométhée, LesLes Noces de Prométhée op. 19, cantate pour soli, double chœur et orchestre sur un poème de Romain-Marcelin Cornut mis en musique par Camille Saint-Saëns, créée au Cirque de l’Impératrice à Paris le 1er septembre 1867. Dans le concours pour la musique de cette cantate pour l’Exposition Lire la suite… de M. Camille Saint-Saëns, des deux points opposés de l’orchestre se dressèrent deux ombres menaçantes : tandis que les applaudissemens saluaient l’œuvre du jeune maître, elles écartèrent d’une main décharnée le voile qui les enveloppait, et l’on vit deux énormes vautours qui leur déchiraient le sein. C’étaient les cantates de M. Jules Massenet et de M. Jean-Baptiste WekerlinWeckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite…, mentionnées honorablement par le jury musical de l’Exposition universelle.

Je crois avoir expliqué d’une façon assez complète mon sentiment sur les concours en général et sur le concours de l’Opéra-Comique en particulier. Je n’y reviendrai plus. Mais, quelle que soit la forme que j’aie donnée à mon argumentation, je tiens à déclarer que je n’ai pas eu un seul instant la pensée de blâmer ceux de mes confrères qui, s’ils ont accepté une tâche au-dessus de leurs forces, n’ont certainement pas trop présumé ni de leurs lumières ni de leur dévouement. Et comme, après tout, on n’est pas forcé de concourir comme on est forcé de monter sa garde, tant pis pour ceux qui seront obligés de remporter…leurs partitions. Des concurrens évincés ou des juges, ce sont les juges que je plains le plus.

La question du Théâtre-Lyrique vient enfin d’être résolue à la plus grande satisfaction du dilettantisme parisien et de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…. On ne pouvait prolonger plus longtemps l’anxiété de ceux qu’intéresse la fortune de ce théâtre privilégié. Car, fort heureusement, en ce temps de liberté des théâtres, nous avons encore des privilèges ; des privilèges qui, s’ils ne sauvegardent pas toujours les intérêts des artistes, empêchent du moins qu’ils ne soient compromis trop souvent. C’est M. le préfet de la Seine, dans les attributions duquel le Théâtre-Lyrique se trouve placé comme immeuble, qui a appuyé de son patronage auprès de l’administration, la candidature de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, et c’est aussi, disent les amis de la maison, grâce à l’intervention tout officieuse de M. le baron Haussmann, auprès de certains capitalistes, que M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… a pu réunir les fonds nécessaires à la prospérité de son entreprise. On parle d’un million, et c’est un joli chiffre pour narguer les mauvais jours et l’inconstance de la foule. Si, il y a quelques mois, M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… avait eu à sa disposition une faible partie de cette somme, il se serait évité le désagrément de céder la place à un successeur qui, en d’autres temps, eût pu être son chef d’orchestre.

Certes, M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… n’était point un directeur ordinaire ; pendant bien des années, son habileté a été proverbiale ; par lui, un compositeur, du soir au lendemain, est devenu illustre, et d’autres musiciens, d’un talent moins robuste et moins original, lui doivent également la notoriété qu’ils ont conquise. Il a eu, dans ce pays de la routine et de la tradition, des audaces surprenantes, des témérités excessives ; la plupart lui ont réussi. Si un instant la fortune l’abandonne au boulevard du Temple, elle revient à lui juste assez tôt pour lui permettre d’inaugurer le théâtre qui vient d’être construit sur la place du Châtelet. Le voisinage de la Seine, la distance qui le sépare de sa clientèle accoutumée, la triste façade du monument et sa situation isolée, la morne clarté d’un plafond prétendu lumineux, et l’absence de lustre, rien ne l’arrête, rien ne le rebute, rien ne l’effraye, et le vaillant directeur, confiant en sa bonne étoile, se met hardiment à l’œuvre et recommence une nouvelle série de succès. C’est dans cette seconde période de sa carrière administrative qu’il a accueilli et fait représenter, avec la plus scrupuleuse déférence aux intentions du maître, les TroyensTroyens, LesLes Troyens, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Hector Berlioz dont les trois derniers actes furent créés sous la direction de Berlioz au Théâtre-Lyrique de Paris le 4 novembre 1863 sous le titre: Les Troyens à Carthage.Lire la suite… de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. Et ce fut de sa part une de ces inspirations généreuses, une de ces tentatives hardies dont sauront lui tenir compte ceux qui ne s’offensent nullement d’être appelés, même dans le sens le plus dérisoire, les musiciens de l’avenir. Je n’ai pas besoin de détailler les chefs-d’œuvre classiques qui, pendant la direction de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, se sont succédé sur l’affiche du Théâtre-Lyrique, et l’on n’a pas oublié les ouvrages remarquables signés de noms contemporains, qui y ont aussi trouvé leur place. Sur la scène de cet heureux théâtre, quelques unes de nos cantatrices, célèbres aujourd’hui, ont recueilli leurs premiers applaudissemens et conquis leur première couronne.

C’est le Théâtre-Lyrique qui a donné à l’Opéra Mme Marie Sass et Mlle Nilsson Nilsson, ChristineChristine Nilsson (Sjöabol, près de Växjö/Suède, 20 août 1843 – Stockholm, 22 novembre 1921), soprano. Elle étudia le chant avec Franz Adolf Berwald à Stockholm puis vint se perfectionner à Paris auprès de Victor Massé et d’Enrico Delle Sedie. En 1864, elle débuta dans le rôle-titre dLire la suite…; c’est le Théâtre-Lyrique qui va lui donner FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…, l’œuvre la plus populaire et la plus applaudie de son répertoire. Je n’ai certainement aucune raison particulière et surtout aucun motif personnel pour faire l’éloge de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, pour parler de ses aptitudes et vanter son goût d’artiste ; mais il est tombé, et, malgré tous ses efforts pour se relever, il n’est pas encore debout. J’aime donc mieux lui tendre la main que de discuter ses fautes. Quand on songe aux sympathies dont il a été entouré, aux encouragemens qui lui sont venus de toutes parts, à l’appui que lui a prêté la presse, aux hautes influences qui l’ont soutenu et qui l’ont protégé, on s’explique difficilement comment un homme dans une telle situation a pu faire une pareille chute.

Si lourd que lui ait semblé l’héritage de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… n’a pas hésiter à le recueillir. Il était déjà directeur des Concerts populaires, directeur des concerts de l’Hôtel-de-Ville, directeur de l’Orphéon de la rive droite, le voilà maintenant directeur du Théâtre-Lyrique ! En sera-t-il aussi le chef d’orchestre, comme Therpandre ou Timothée de Milet ? M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, on le voit, ne craint pas d’ajouter une nouvelle corde à sa lyre.

A peine nommé, il est parti pour l’Allemagne et en est déjà revenu. Son activité est sans égale. D’une entrevue qu’il a eue avec M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… il a rapporté, dit-on, la promesse formelle que le maître d’outre-rhin écrirait spécialement pour le Théâtre-Lyrique une partition en trois actes. Ne faudrait-il pas réduire cette promesse formelle à la simple autorisation de jouet RienziRienziRienzi, opéra en cinq actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 20 octobre 1842. La version en français due à Charles Nuitter et Jules Guillaume fut créée au Théâtre-Lyrique de Paris le 6 avril 1867.Lire la suite…, l’un des premiers ouvrages du célèbre compositeur ? Quoi qu’il en soit, M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… s’est engagé à présenter l’œuvre au public parisien, à la lui faire admirer, c’est-à-dire à la lui faire comprendre. Mieux que personne il peut y réussir. Si quelques fragmens du TannhäuserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite… ou de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… jouissent à Paris d’une faveur incontestée c’est à M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… que M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… en est redevable. Le directeur des Concerts populaires, comme chef d’orchestre et comme musicien, appartient à l’école du mouvement. On lui a reproché de souligner quelquefois d’un coup d’archet trop vigoureux, le couac d’une clarinette, et de se trop agiter quand il est à son pupitre ; mais il faut reconnaître qu’il a des convictions solides et une persévérance à toute épreuve, même à l’épreuve du sifflet. Ce n’est pas lui qu’eût épouvanté ni même intimidé cette tempête qui se déchaîna à l’Opéra le soir de la première représentation du TannhäuserTannhäuserTannhäuser, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre royal de la Cour à Dresde le 19 octobre 1845. Wagner fit des quelques changements pour la version en français due à Charles Nuitter qui fut créée à l’Opéra de Paris Lire la suite…, et dont on a voulu rendre responsables messieurs les abonnés. Evidemment les abonnés de l’Opéra forment une aristocratie, une autocratie si l’on veut, avec laquelle un directeur ne se sent pas toujours de force à se mesurer ; M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… eût accepté la lutte et n’eût certainement pas reculé. Au Théâtre-Lyrique il n’y a pas d’abonnés ; s’il y en avait, M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… les traiterait comme il traite ses abonnés du Cirque Napoléon : par l’homéopathie.

Le successeur de M. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… a assez d’expérience pour que la critique se dispense de lui indiquer la voie qu’il lui convient de choisir. Il suivra ses inspirations, et peut-être aura-t-il raison de les suivre. Mais, jusqu’à présent, M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… a peu vécu dans l’intimité des cantatrices et des chanteurs ; on ne chante guère le dimanche aux Concerts du Cirque ; il va maintenant nouer des relations avec ces maîtres dont les exigences dépassent souvent les mérites. Puisse-t-il ne pas oublier qu’aujourd’hui la fortune d’un théâtre lyrique, la fortune de tous les théâtres lyriques, est entre leurs mains ! Et si M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… est assez heureux pour découvrir une étoile, je lui donnerai un bon conseil : ce sera de ne pas l’épouser.

E. REYER