Le Journal des Débats, 22 avril 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  22 AVRIL 1868.

REVUE MUSICALE.

Théâtre de l’Opéra-Comique : La Part du diablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite…, — Rose et ColasRose et ColasRose et Colas, comédie mêlée d’ariettes en un acte sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Pierre-Alexandre Monsigny et créée à la Comédie-Italienne le 8 mars 1864.Lire la suite…, — Mademoiselle SylviaMademoiselle SylviaMademoiselle Sylvia, opéra-comique en un acte sur un livret de Narcisse Fournier mis en musique par Samuel David et créé à l’Opéra-Comique le 17 avril 1868.Lire la suite…. — Théâtre-Italien : Giovanna d’ArcoGiovanna d’ArcoGiovanna d’Arco, dramma lirico en trois actes et un prologue sur un livret en italien de Temistocle Solera d’après Die Jungfrau von Orléans (La Jeune Fille d’Orléans) de Friedrich Schiller, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 15 février 1845.Lire la suite…. — Théâtre de l’Athénée : Fleur-de-ThéFleur-de-ThéFleur-de-Thé, opéra-bouffe en trois actes sur un livret de Henri Chivot et Alfred Duru mis en musique par Charles Lecocq et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 11 avril 1868.Lire la suite…. — Théâtre de la Renaissance : Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite…. — Théâtre de l’Opéra : La Fiancée de CorintheFiancée de Corinthe, LaLa Fiancée de Corinthe, opéra en un acte sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et crée à l’Opéra de Paris le 21 octobre 1867.Lire la suite…. — Théâtre des Fantaisies-Parisiennes : Le MuletierMuletier, LeLe Muletier, opéra-comique en un acte sur un livret de Paul de Kock, d’après Boccace, mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 12 mai 1823.Lire la suite…, Roger BontempsRoger BontempsRoger Bontemps, opéra-comique en deux actes sur un livret de Louis-François Clairville et Bernard Lopez mis en musique par Jean-Jacques-Joseph Debillemont et créé au Fantaisies-Parisiennes le 18 mars 1868.Lire la suite…. — M. BarsottiBarsotti, Thomas-Gaspard-FortuneThomas-Gaspard-Fortune Barsotti (Florence, 4 septembre 1786 – Marseille, avril 1862), pianiste, organiste et directeur. Il fut professeur de piano et de chant de la reine d’Etrurie, infante d’Espagne et de ses enfants résidant à Compiègne en 1809 puis il fut nommé organiste et maitre de chLire la suite…. — M. de GasperiniGasperini, Pierre-Auguste dePierre-Auguste de Gasperini (Le Château-d’Oléron/Charente Maritime, 3 mars 1823 – Paris, 20 avril 1868), chirurgien de la marine et critique musical. Il épousa Virginie-Louise Dorré à Guingamp/Côtes-d’Armor le 30 décembre 1846. à partir de 1856, il se consacra à la musique. Il fut critiLire la suite….

Le roi dit à la reine :

Ecoutez-moi, Madame ;

Puis, s’adressant aux seigneurs de la cour :

                                                Et vous, qu’on se retire !

Ces vers, dont on trouve l’équivalent dans une tragédies de RacineRacine, JeanJean Racine (La Ferté-Milon, 22 décembre 1639 – Paris, 21 avril 1699), auteur dramatique et poète. Orphelin de bonne heure, il reçut une éducation religieuse et littéraire aux Petites écoles de Port-Royal (1646-1655). Il se consacra aux lettres et sa première pièce de théâtre, AlexandreLire la suite…, est chanté depuis vingt-cinq ans à l’Opéra-Comique par tous les artistes chargés de représenter le roi d’Espagne dans la Part du diablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite…, et s’il n’a pas contribué à faire de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… un académicien, du moins ne l’a-t-il pas empêché de rentrer à l’Académie. Cet alexandrin fameux me rappelle d’autres vers qui mériteraient bien de jouir de la même célébrité, et qui ont été entendus pour la première fois dans Jaguarita l’IndienneJaguarita l’IndienneJaguarita l’Indienne, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Fromental Halévy et créé au Théâtre-Lyrique le 14 mai 1855.Lire la suite…, au Théâtre-Lyrique :

La dent de la panthère,

Le ventre du boa,

La flèche meurtrière,

Tel est le sort qu’on a…

Tel est le sort qu’on a dans une grotte où le héros de la pièce hésite naturellement à chercher un asile ; mais ces quatre vers ne sont pas de M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…, quoiqu’ils rappellent quelques unes de ses ellipses familières : Ils sont de M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…. J’aime à croire que dans le FlorentinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite…, poëme offert par l’auteur de JaguaritaJaguarita l’IndienneJaguarita l’Indienne, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Fromental Halévy et créé au Théâtre-Lyrique le 14 mai 1855.Lire la suite… au théâtre de l’Opéra-Comique, pour être confié aux musiciens naïfs qui prendront part au concours, il n’y aura pas de rébus de ce genre. Ce serait mettre à une épreuve un peu trop rude l’intelligence de certains compositeurs, et engager les autres à persévérer dans une voie où l’inspiration semble s’accommoder de toutes les inepties. L’affiche de l’Opéra-Comique, avec la Part du diablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite… et le Premier Jour de bonheurPremier Jour de bonheur, LeLe Premier Jour de bonheur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique le 15 février 1868.Lire la suite…, est, pour le moment, à M. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… et à M. Auber Auber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…; mais pas tout entière cependant. Aucun talent, aucune renommée, aucun succès de justifieraient un pareil monopole. On a laissé une place à un ouvrage en un acte qui sert de lever de rideau à la Part du diablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite…, le Premier Jour de bonheurPremier Jour de bonheur, LeLe Premier Jour de bonheur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique le 15 février 1868.Lire la suite…, la pièce nouvelle, toujours aussi nouvelle, bien qu’elle en soit à sa trentième représentation, suffisant à remplir toute la soirée. La direction a longtemps hésité entre le Café du roiCafé du roi, LeLe Café du roi, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Meilhac mis en musique par Pierre-Louis Deffès et créé au Théâtre-Lyrique le 16 novembre 1861.Lire la suite…, de M. DeffèsDeffès, Pierre LouisPierre-Louis Deffès (Toulouse, 24 juillet 1819 – Toulouse, 28 mai 1900), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Halévy et obtint en 1847 le premier Prix de Rome. En 1845, il composa une mélodie, La Toulousaine, qui connut une grande popularité, ainsi que sa Messe solennelle (RoLire la suite…, un charmant ouvrage qui fut joué pour la première fois à Ems avec beaucoup de succès ; les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… de M. Duprato Duprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…; les Sabots de la MarquiseSabots de la marquise, LesLes Sabots de la marquise, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Ernest Boulanger et créé à l’Opéra-Comique le 29 septembre 1854.Lire la suite…, de M. Ernest Boulanger ; Bonsoir monsieur PantalonBonsoir Monsieur PantalonBonsoir, Monsieur Pantalon, opéra-comique en un acte sur un livret de Lockroy et de Morvan mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 19 février 1851.Lire la suite…, une délicieuse bouffonnerie de M. Albert Grisar Grisar, AlbertAlbert Grisar (Anvers, 26 décembre 1808 – Asnières, 15 juin 1869), compositeur. Élève de Reicha à Paris et de Mercadante à Naples, il écrivit des opéras-comiques dans la tradition de Boieldieu qui eurent du succès dont Gilles ravisseur (1848), Les Porcherons (1850), Bonsoir M. Pantalon (185Lire la suite…; Maître PathelinMaitre PathelinMaitre Pathelin, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et Ferdinand Langlé mis en musique par François Bazin et créé à l’Opéra-Comique le 12 décembre 1856.Lire la suite…, de M. François Bazin Bazin, François-Emmanuel-JosephFrançois-Emmanuel-Joseph Bazin (Marseille, 4 septembre 1816 – Paris, 2 juillet 1878), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1840. En 1849, il fut nommé professeur d’harmonie et d’accompagnement au Conservatoire. Il eut notamment pour élèves Lire la suite…; les Chaises à porteursChaises à porteurs, LesLes Chaises à porteurs, opéra-comique en un acte sur un livret de Philippe Dumanoir, pseudonyme de Philippe-François Pinel, et Clairville, pseudonyme de Louis-François-Marie Nicolaïe, mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 28 avril 1858.Lire la suite…, de M. Victor Massé Massé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…; le Docteur MirobolanDocteur Mirobolan, LeLe Docteur Mirobolan, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène Cormon et Henri Trianon, mis en musique par Eugène Gautier et créé à l’Opéra-Comique le 23 août 1860.Lire la suite…, de M. Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite…, entre une quarantaine de petits actes, cinquante peut-être, écrits par des compositeurs connus ou peu connus, parmi lesquels il y a un assez grand nombre de prix de Rome dont les succès académiques remontent à une dizaine d’années à peine. Il eût été long de choisir, parmi tant d’ouvrages qui se recommandaient à la sollicitude et au choix de la direction. Donner la préférence à un compositeur vivant sur d’autres compositeurs vivans, à un jeune compositeur sur d’autres jeunes compositeurs, c’était faire trop de jaloux. — On avait repris peu de temps auparavant l’Epreuve villageoise Epreuve villageoise, L’L’Epreuve villageoise, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jean-Baptiste Desforges, mis en musique par Modeste Grétry et créé à la Comédie-Italienne le 24 juin 1784.Lire la suite…; on a songé, pour accompagner la Part du DiablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite…, à Rose et ColasRose et ColasRose et Colas, comédie mêlée d’ariettes en un acte sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Pierre-Alexandre Monsigny et créée à la Comédie-Italienne le 8 mars 1864.Lire la suite…. Cette idée a semblé d’autant plus ingénieuse, que la partition de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, représentée pour la première fois en 1843, ne pouvait qu’être rajeunie par le voisinage de l’opérette de MonsignyMonsigny, Pierre-AlexandreIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…, qui date de 1764. Remarquons en passant que Rose et ColasRose et ColasRose et Colas, comédie mêlée d’ariettes en un acte sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Pierre-Alexandre Monsigny et créée à la Comédie-Italienne le 8 mars 1864.Lire la suite…, étant tombé dans le domaine public, ne paie à la Société des auteurs qu’un droit minime et résultant de conventions particulières. La direction de l’Opéra-Comique s’est-elle laissé influencer par ce détail ; y a-t-elle seulement pris garde ? Je ne le pense pas. Quant aux compositeurs qui auraient pu prétendre à occuper sur l’affiche la place accordée à M. de MonsignyMonsigny, Pierre-AlexandreIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…, ils sont tellement absorbés par les trois concours, qu’ils n’ont pas songé à réclamer. Et d’ailleurs on annonce comme très prochaine la première représentation de SylviaMademoiselle SylviaMademoiselle Sylvia, opéra-comique en un acte sur un livret de Narcisse Fournier mis en musique par Samuel David et créé à l’Opéra-Comique le 17 avril 1868.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, dont la musique est de M. Samuel DavidDavid, SamuelSamuel David (Paris, 12 novembre 1836 – Paris, 3 octobre 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1854, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1855 et le grand prix de Rome en 1858. Il devint chef du chant au ThéâtrLire la suite…, ancien prix de Rome. Au moment où un pareil événement va s’accomplir, on comprend que la faveur dont la pastorale de Sedaine vient d’être l’objet soit passée à peu près inaperçue. Quand les jeunes compositeurs, lauréats de l’Institut, apprennent que la porte d’un théâtre va s’ouvrir pour l’un d’eux, ils s’imaginent que tous vont passer par cette même porte. Nous allons donc assister, ému et sans doute charmé, à la première représentation d’un ouvrage nouveau signé d’un nom inconnu, et la direction de l’Opéra-Comique, qui apprécie mieux que personne l’importance de cet événement, donnera assurément à la première représentation de SylviaMademoiselle SylviaMademoiselle Sylvia, opéra-comique en un acte sur un livret de Narcisse Fournier mis en musique par Samuel David et créé à l’Opéra-Comique le 17 avril 1868.Lire la suite… tous ses soins, toute sa sollicitude. Mais une direction habile doit, avant tout s’inquiéter du goût de son public ; or le public de l’Opéra-Comique est composé en grande partie de dilettanti qui, s’ils témoignent un intérêt très vif aux productions modernes, ne renoncent pas pour cela aux douces émotions que leur causent les ouvrages de l’ancien répertoire. Quelques habitués, qui ont l’heureux privilège de pouvoir comparer M. CapoulCapoul, Joseph-Amédée-VictorJoseph-Amédée-Victor Capoul (Toulouse, 27 février 1839 – Pujaudran/Gers, 18 février 1924), ténor. Au Conservatoire de Paris, il étudia le chant avec Alphonse Revial et l’opéra-comique avec Eugene-Ernest Mocker ; il obtint en 1861 un 2nd prix d’opéra et un 1er prix d’opéra-comique. Lire la suite… à M. PonchardPonchard, Louis-Antoine-EléonoreLouis-Antoine-Eléonore Ponchard (Paris, 31 août 1787 – Paris, 6 janvier 1866), ténor. Il étudia avec Pierre-Jean Garat au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant en 1810 et un 1er prix de comédie lyrique en 1811. Il débuta à l’Opéra-Comique le 16 juillet 1812 dans L’Lire la suite…, et M. AchardAchard, LeonLeon Achard (Lyon, 16 février 1831 – Paris, juillet 1905), ténor. Il débute au Théâtre-Lyrique de Paris qu’il quitte à la mort de son père en 1856. Il se produit à l’Opéra de Lyon de 1857 à 1862. De 1862 à 1870 il est à l’Opéra-Comique puis va en tournée en France et en Belgique Lire la suite… à ElleviouElleviou, JeanJean Elleviou (Rennes, 14 juin 1769 – Paris, 5 mai 1841), ténor. Il débuta à la Comédie-Italienne dans le rôle-titre du Déserteur (Monsigny, 1790). Réfugié à Strasbourg en 1795, il y perfectionna sa diction et son jeu qui firent sa renommée. En 1801, il revint à Paris, engagé à l’OpLire la suite…, seraient même là pour protester dans les cas où la direction se laisserait entraîner trop loin par ses sympathies en faveur des œuvres nouvelles et des noms nouveaux : il ne faut pas que l’ancien répertoire chôme ou puisse jamais être sacrifié au répertoire moderne : voilà pourquoi, en même temps que l’administration de l’Opéra-Comique nous offre la primeur de SylviaMademoiselle SylviaMademoiselle Sylvia, opéra-comique en un acte sur un livret de Narcisse Fournier mis en musique par Samuel David et créé à l’Opéra-Comique le 17 avril 1868.Lire la suite…, elle nous promet un éclatante reprise des Voitures verséesVoitures versées, LesLes Voitures versées, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Alexandre-Louis Poulet dit Vedel d’après la farce Le Séducteur en voyage d’Emmanuel Dupaty, mis en musique par François-Adrien Boieldieu, créé au Palais de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg le 16 avril 1808, et repris dLire la suite… de BoïeldieuBoieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à  Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite…, ouvrage qui peut être considéré également comme une primeur par les dilettanti de la génération actuelle. Je reviens à la Part du DiablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite…, dont je n’ai parlé jusqu’à présent que pour citer un vers :

Ecoutez-moi, Madame… et vous, qu’on se retire !

Est-il besoin d’en citer d’autres et de meilleurs pour rappeler les surprises, les quiproquos et les ingénieuses péripéties du livret ? La Part du DiablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite… tient sa place parmi les partitions les plus mélodiques de l’illustre maître, la touchante prière de Carlo :

A qui pardonne sur la terre,

Dieu dans le ciel pardonnera,

n’a pas cessé, depuis vingt-cinq ans, d’être populaire ; c’est un de ces refrains heureux et faciles que tout le monde chante et que l’on chante partout ; il traverse l’ouvrage, toujours ramené très habilement et fort à propos ; mêlés aux situations les plus intéressantes du drame, il prépare le dénoûment et le fait pressentir. Si ce motif avait besoin d’être rajeuni, le jeune et frais organe de Mlle Brunet-LafleurBrunet-Lafleur, Marie-HélèneMarie-Hélène Brunet dite Brunet-Lafleur (Bordeaux, 3 février 1847 – Paris, 20 septembre 1926), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Revial, Duvernoy et Mocker et obtint en 1867 les 1ers prix de chant et d’opéra et le 2eme prix d’opéra-comique. Elle fit ses débuts à l’OLire la suite… y aiderait certainement. Voilà une débutante qui a réussi, et qui réussira encore mieux, quand elle aura pris un peu plus d’assurance ; si encouragée qu’elle soit par l’accueil du public, Mlle Brunet-LafleurBrunet-Lafleur, Marie-HélèneMarie-Hélène Brunet dite Brunet-Lafleur (Bordeaux, 3 février 1847 – Paris, 20 septembre 1926), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Revial, Duvernoy et Mocker et obtint en 1867 les 1ers prix de chant et d’opéra et le 2eme prix d’opéra-comique. Elle fit ses débuts à l’OLire la suite… n’a pu vaincre jusqu’ici l’émotion qui donne à sa voix un tremblement presque incessant ; et souvent même un léger défaut de justesse. Cette voix est charmante ; elle a du mordant, de la douceur et une flexibilité qui convient on ne peut mieux au genre de musique adopté par Mlle Brunet. Très applaudie dans le Domino noirDomino noir, LeLe Domino noir, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe, mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber, créé à l’Opéra-Comique le 2 décembre 1837.Lire la suite…, Mlle Lafleur n’a pas eu moins de succès dans la Part du DiablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite….

Je ne pense pas que le Théâtre-Italien ait beaucoup à se féliciter d’avoir ajouté Giovanna d’ArcoGiovanna d’ArcoGiovanna d’Arco, dramma lirico en trois actes et un prologue sur un livret en italien de Temistocle Solera d’après Die Jungfrau von Orléans (La Jeune Fille d’Orléans) de Friedrich Schiller, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 15 février 1845.Lire la suite… aux ouvrages de son répertoire dans lequel M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… occupe, on le sait, une place déjà si importante ; je ne pense pas non plus que le Théâtre-Italien s’attende, à ce qu’on le félicite de cette tentative. Elle n’a pas été heureuse, et Giovanna d’ArcoGiovanna d’ArcoGiovanna d’Arco, dramma lirico en trois actes et un prologue sur un livret en italien de Temistocle Solera d’après Die Jungfrau von Orléans (La Jeune Fille d’Orléans) de Friedrich Schiller, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 15 février 1845.Lire la suite… a peut-être pour toujours disparu de l’affiche. Cet ouvrage est le septième que VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… ait composé, bien qu’il faille tenir peu de compte d’Oberto di San-BonifacioOberto conte di san BonifacioOberto conte di san Bonifacio, opéra en deux actes sur un livret en italien d’Antonio Piazza et Temistocle Solera mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de la Scala de Milan le 17 novembre 1839.Lire la suite… et d’un Giorno di regno. La renommée du compositeur ne date réellement que de NabuccoNabuccoNabuccodonosor, dit plus simplement Nabucco, opéra en quatre parties sur un livret de Temistocle Solera, d’après Anicet-Bourgeois et Cornue, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de la Scala à Milan le 9 mars 1842 et au Théâtre-Italien à Paris le 16 octobre 1845.Lire la suite…. Après NabuccoNabuccoNabuccodonosor, dit plus simplement Nabucco, opéra en quatre parties sur un livret de Temistocle Solera, d’après Anicet-Bourgeois et Cornue, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de la Scala à Milan le 9 mars 1842 et au Théâtre-Italien à Paris le 16 octobre 1845.Lire la suite…, i Lombardi Lombardi alla prima crociata, II Lombardi alla prima crociata (Les Lombards à la première croisade), dramma lirico en quatre actes sur un livret en italien de Temistocle Solera mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 11fevrier 1843.Lire la suite…; après i LombardiLombardi alla prima crociata, II Lombardi alla prima crociata (Les Lombards à la première croisade), dramma lirico en quatre actes sur un livret en italien de Temistocle Solera mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 11fevrier 1843.Lire la suite…, Ernani ErnaniErnani, opéra en quatre actes sur un livret de Francisco Maria Piave,d’après Hernani de Hugo, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 9 Mars 1844 et au Théâtre-Italien à Paris le 6 janvier 1846.Lire la suite…; puis i due FoscariDue Foscari, II Due Foscari (Les Deux Foscari), tragedia lirica en trois actes sur un livret en italien de Francesco Maria Piave d’apres The Two Foscari de Byron, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Teatro Argentina de Rome le 3 novembre 1844.Lire la suite… et Giovanna d’ArcoGiovanna d’ArcoGiovanna d’Arco, dramma lirico en trois actes et un prologue sur un livret en italien de Temistocle Solera d’après Die Jungfrau von Orléans (La Jeune Fille d’Orléans) de Friedrich Schiller, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 15 février 1845.Lire la suite…, dont la première représentation eut lieu à Milan, sur le théâtre de la Scala, au mois de février de l’année 1845, il y a par conséquent près d’un quart de siècle. M. Témistocle SoleraSolera, TemistocleTemistocle Solera (Ferrare, 25 décembre 1815 – Milan, 21 avril 1878), poète, librettiste et compositeur. Après avoir suivi des études littéraires et musicales, il écrivit les livrets et la musique de quatre opéras qui n’eurent pas de succès. Sa notoriété lui vint grâce aux cinq livreLire la suite…, auteur du librettoRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite… nous dit qu’il a imité la tragédie de SchillerSchiller, Johann Christoph FriedrichJohann Christoph Friedrich Schiller (Marbach/ Wurtemberg, 10 novembre 1759 – Weimar, 9 mai 1805), écrivain. Il est l’auteur d’ouvrages de philosophie éthique et esthétique, ainsi que de livres d’histoire, mais ce sont surtout ses drames qui l’on rendu célèbre dont : Die Räuber (Les Lire la suite… ; je le veux bien, mais je ne m’en serais guère douté, si ce n’est au dénoûment, qui est le même dans la tragédie et dans le livret : Jeanne d’ArcArc, Jeanne d’Jeanne d’Arc (Domremy/Vosges, ca. 1412 – Rouen, le 30 mai 1431), femme politique et sainte. A l’âge de 17 ans, Jeanne affirme avoir reçu de la part des saints Michel, Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie la mission de délivrer la France de l’occupation anglaise. Elle renconLire la suite…, blessée par la flèche qui au siège d’Orléans lui traversa l’épaule, meurt de sa blessure, ce qui innocente à la fois l’évêque CauchonCauchon, PierrePierre Cauchon (Reims, 1371 – Rouen, 18 décembre 1442), évêque. Vers 1385, il vint à Paris pour y poursuivre des cours à la faculté des arts puis il étudia le droit canonique et la théologie. Il fut élu recteur à 26 ans et fut réélu deux fois à cette fonction. Maître ès arts, licencLire la suite… et les Anglais. M. Témistocle SoleraSolera, TemistocleTemistocle Solera (Ferrare, 25 décembre 1815 – Milan, 21 avril 1878), poète, librettiste et compositeur. Après avoir suivi des études littéraires et musicales, il écrivit les livrets et la musique de quatre opéras qui n’eurent pas de succès. Sa notoriété lui vint grâce aux cinq livreLire la suite… est poëte et musicien, plus musicien que poëte si l’on en juge par le livret de Giovanna d’ArcoGiovanna d’ArcoGiovanna d’Arco, dramma lirico en trois actes et un prologue sur un livret en italien de Temistocle Solera d’après Die Jungfrau von Orléans (La Jeune Fille d’Orléans) de Friedrich Schiller, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 15 février 1845.Lire la suite…, sorte de canevas tissé de lieux commun et de puérilités, où trois personnages seulement, le roi Charles VIICharles VII de ValoisCharles de Valois dit Charles VII (Paris, 22 février 1403 – Château de Mehun-sur-Yèvre, 22 juillet 1461), roi de France. Il est le fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière. Lorsqu’en 1418 les Bourguignons s’emparèrent du pouvoir à Paris, il parvint à s’échapper et se réfugia à Lire la suite…, la vierge de Vaucouleurs et son père se meuvent au milieu d’une sotte intrigue. Il a composé les paroles et la musique de plusieurs ouvrages qui ont eu en Italie un certain succès, entre autres IldegondaIldegondaIldegonda, drama lirico en deux actes sur un livret et une musique de Temistocle Solera, créé au Théâtre de la Scala à Milan le 20 mars 1840.Lire la suite…, représenté en 1840 à Milan, et dont les principaux rôles avaient été écrits pour la FrezzoliniFrezzolini-Poggi, Erminia dite FrezzoliniErminia Frezzolini-Poggi, dite Frezzolini (Orvieto/ Italie 27 mars 1818 – Paris, 5 novembre 1884). Elle étudia avec son père, Giuseppe Frezzolini, créateur du rôle de Dulcamara de L’Elisir d’amore (Donizetti, 1832) et Domenico Ronconi avant de débuter en 1837 à Florence dans Beatrice di Lire la suite… et le ténor MorianiMoriani, NapoleoneNapoleone Moriani (Florence, 10 mars 1806 – Florence, 4 mars 1878), ténor. Il étudia avec C. Ruga et fit ses débuts à Pavie en 1833 dans Gli Arabi nelle Gallie (Pacini). Il se produisit avec beaucoup de succès dans toute l’Italie. Il créa Maria di Rudenz à Venise (Donizetti, 1838) et LindLire la suite…. En France, les rares compositeurs doués de cette double faculté créatrice, de ce double talent qui double leurs droits et ne les rend esclaves que d’eux-mêmes, ne travaillent pas pour le compte d’autrui. Est-ce par abnégation, par amitié, par dévouement ou par ambition que M. SoleraSolera, TemistocleTemistocle Solera (Ferrare, 25 décembre 1815 – Milan, 21 avril 1878), poète, librettiste et compositeur. Après avoir suivi des études littéraires et musicales, il écrivit les livrets et la musique de quatre opéras qui n’eurent pas de succès. Sa notoriété lui vint grâce aux cinq livreLire la suite… a offert à M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, déjà célèbre en 1845, le libretto de Giovanna d’ArcoGiovanna d’ArcoGiovanna d’Arco, dramma lirico en trois actes et un prologue sur un livret en italien de Temistocle Solera d’après Die Jungfrau von Orléans (La Jeune Fille d’Orléans) de Friedrich Schiller, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 15 février 1845.Lire la suite… ? Je l’ignore. Les chroniques du temps ne me l’ont point appris ; mais, dans tous les cas, il a rendu à son confrère un médiocre service. La partition de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, malgré son infériorité relative, renferme quelques bonnes pages et n’est pas totalement dépourvue des qualités et des défauts qui ont fait la réputation de ce maître ; on y trouve même certaines tendances à entrer dans une voie nouvelle, certaines modifications heureuses au style habituel du compositeur : la cavatine de Jeanne d’ArcArc, Jeanne d’Jeanne d’Arc (Domremy/Vosges, ca. 1412 – Rouen, le 30 mai 1431), femme politique et sainte. A l’âge de 17 ans, Jeanne affirme avoir reçu de la part des saints Michel, Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie la mission de délivrer la France de l’occupation anglaise. Elle renconLire la suite… au premier acte, l’adagio du final du deuxième acte (on a supprimé l’allegro), une très belle phrase dans le trio de la fin et la pastorale de l’ouverture, voilà ce qui m’a paru le plus saillant et le meilleur dans cette œuvre peu remarquable que nous aurions vu réussir sans surprise et que nous voyons disparaître sans regret.

Un petit théâtre dont je n’ai pas encore eu l’occasion de parler, et qui s’abrite modestement à l’ombre d’un splendide édifice, l’Athénée, voisin du nouvel Opéra, vient d’obtenir avec Fleur-de-théFleur-de-ThéFleur-de-Thé, opéra-bouffe en trois actes sur un livret de Henri Chivot et Alfred Duru mis en musique par Charles Lecocq et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 11 avril 1868.Lire la suite…, pièce chinoise, son premier succès. C’est une bouffonnerie fort amusante et fort spirituelle, imitation très réussie d’un genre qui a fait la fortune de ceux qui l’ont créé et de ceux qui l’ont exploité. La scène se passe à Pékin, entre le mandarin Tien-tien, chef de la police, sa fille Fleur-de-thé, son futur gendre Kao-lin, capitaine des Tigres, le cantinier Pinsonnet et sa femme Césarine. Il faudrait une plume plus exercée que la mienne en ces sortes de descriptions pour raconter toutes les folies, toutes les extravagances, toutes les cascades (le terme est consacré) auxquelles se livrent ces cinq personnages. Fleur-de-Thé ayant montré son visage à Pinsonnet, Pinsonnet, de par la loi de Tchin (dura lex, sed lex), est obligé d’épouser Fleur-de-Thé et devient bigame. Césarine arrive au palais de Tien-tien, reconnaît Pinsonnet sous les habits de Patchou-Li (heureusement c’est avant la noce), et comme elle se souvient de Mademoiselle de Belle-IsleMademoiselle SylviaMademoiselle Sylvia, opéra-comique en un acte sur un livret de Narcisse Fournier mis en musique par Samuel David et créé à l’Opéra-Comique le 17 avril 1868.Lire la suite…, le soir même, sous le voile de Fleur-de-Thé, elle joue auprès de Pinsonnet-Patchou-Li le rôle de Mme de Prie auprès du duc de Richelieu. Le lendemain Césarine questionne son mari, bien qu’elle en sache autant que lui. Je ne vous dirai pas la chanson, mais seulement le refrain :

Ah ! comme il ment,…

La ruse de Césarine fait tomber Patchou-Li sous le coup d’une autre loi (celle-là est encore plus dure que l’autre) qui le condamne au supplice du pal. Heureusement les marins de la Pintade arrivent pour éviter à Pinsonnet et à la pièce de MM. DuruDuru, Henri-AlfredHenri-Alfred Duru (Batignolles/Seine, 27 novembre 1829 – Paris, 28 décembre 1889), auteur dramatique et librettiste. Il collabora avec son ami de classe Henri Chivot à une centaine de pièces de théâtre et de livrets d’ouvrages lyriques. Parmi les pièces, on peut citer La Femme de Jephté (Lire la suite… et ChivotChivot, HenriHenri Chivot (Paris, 13 novembre 1830 – Vésinet/Yvelines, 18 septembre 1897), écrivain et librettiste. Il connut très tôt un premier succès avec son vaudeville Sous un hangar (Folies-Dramatiques, 1857) et plus tard avec un autre vaudeville : Les Locataires de Monsieur Blondeau (Palais-Royal,Lire la suite… un dénoûment tragique. L’intrigue est peu de chose ; mais les détails sont charmans, les décors absolument chinois, et les costumes tout aussi chinois que les décors. Ce qui n’est d’aucun pays et ne peut se traduire dans aucune langue, c’est la pantomime de Tien-tien et de Kao-lin, représentés par deux célébrités du genre bouffe, deux anciens pensionnaires du théâtre de M. Jacques Offenbach, M. DésiréDésiré, Amable Courtecuisse ditAmable Courtecuisse dit Désiré (Lille, 21 février 1823 – Courbevoie/Seine, 7 septembre 1873), comédien et chanteur. Né de père inconnu, sa mère était une cuisinière de Lille. Après avoir étudié le basson au Conservatoire de Lille, il se produisit à partir de 1845 comme chanteur, d’aLire la suite… et M. LéonceLéonce, Edouard-Théodore Nicole ditEdouard-Théodore Nicole dit Léonce (Paris, 12 janvier 1820 – Raincy, 19 février 1900), auteur dramatique, librettiste, acteur comique et ténor. Il étudia le droit et le violoncelle et débuta au Théâtre de Belleville. Jacques Offenbach l’engagea aux Bouffes-Parisiens en 1856 où il chantaLire la suite…. Quant à la musique, elle n’est ni chinoise ni cochinchinoise, et à part un tam-tam placé sur la scène, je n’ai vu dans 1’orchestre aucun instrument chinois ; il n’y a rien de chinois non plus ni dans la mélodie ni dans l’harmonie de M. LecocqLecocq, Alexandre-CharlesAlexandre-Charles Lecocq (Paris, 3 juin 1832 – Paris, 24 octobre 1918), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1850 puis un 2e prix de contrepoint et fugue deux ans plus tard. Au Conservatoire, il côtoya Georges Bizet et Lire la suite…, de sorte qu’en entendant la partition de ce jeune et habile musicien, on ne songe nullement aux concerts de l’Exposition universelle. M. LecocqLecocq, Alexandre-CharlesAlexandre-Charles Lecocq (Paris, 3 juin 1832 – Paris, 24 octobre 1918), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1850 puis un 2e prix de contrepoint et fugue deux ans plus tard. Au Conservatoire, il côtoya Georges Bizet et Lire la suite… tout en employant, des clochettes et des timbres, la grosse caisse et les cymbales pour donner à certains morceaux de sa partition une couleur chinoise, a fait un joli petit opéra parisien, éminemment parisien, tandis que ces mêmes instrumens, employés sans tact et sans mesure par d’autres compositeurs français, ne donnent bien souvent qu’une couleur parisienne à des opéras chinois. J’ai particulièrement remarqué la chanson de Césarine, le duo entre le mandarin et le Tigre, les spirituels couplets de la nuit de noces, que je regrette de ne pouvoir citer, la romance de Kao-lin, le final du second acte et une ronde nocturne qui rappelle, mais sans la moindre réminiscence mélodique, la patrouille des bourgeois dans la Jolie fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…. M. LecocqLecocq, Alexandre-CharlesAlexandre-Charles Lecocq (Paris, 3 juin 1832 – Paris, 24 octobre 1918), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1850 puis un 2e prix de contrepoint et fugue deux ans plus tard. Au Conservatoire, il côtoya Georges Bizet et Lire la suite… a de la verve, de l’originalité, l’inspiration facile, et bien d’autres qualités plus sérieuses qu’il aura certainement l’occasion de révéler un jour ou l’autre sur une scène plus vaste.

Fleur-de-ThéFleur-de-ThéFleur-de-Thé, opéra-bouffe en trois actes sur un livret de Henri Chivot et Alfred Duru mis en musique par Charles Lecocq et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 11 avril 1868.Lire la suite…, je le dis en toute sincérité, est un ouvrage tout à fait digne du succès qu’il a obtenu, et dont je suis heureux de féliciter M. ChivotChivot, HenriHenri Chivot (Paris, 13 novembre 1830 – Vésinet/Yvelines, 18 septembre 1897), écrivain et librettiste. Il connut très tôt un premier succès avec son vaudeville Sous un hangar (Folies-Dramatiques, 1857) et plus tard avec un autre vaudeville : Les Locataires de Monsieur Blondeau (Palais-Royal,Lire la suite… et M. DuruDuru, Henri-AlfredHenri-Alfred Duru (Batignolles/Seine, 27 novembre 1829 – Paris, 28 décembre 1889), auteur dramatique et librettiste. Il collabora avec son ami de classe Henri Chivot à une centaine de pièces de théâtre et de livrets d’ouvrages lyriques. Parmi les pièces, on peut citer La Femme de Jephté (Lire la suite…, que je ne connais pas du tout, M. LecocqLecocq, Alexandre-CharlesAlexandre-Charles Lecocq (Paris, 3 juin 1832 – Paris, 24 octobre 1918), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1850 puis un 2e prix de contrepoint et fugue deux ans plus tard. Au Conservatoire, il côtoya Georges Bizet et Lire la suite…, que je ne connais guère, et M. BusnachBusnach, William-BertrandWilliam-Bertrand Busnach (Paris, 7 mars 1832 – Paris, 20 janvier 1907), écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il était né dans une famille juive algérienne apparentée à celle du compositeur Fromental Halévy, dont l’épouse était sa tante maternelle. Il occupa d’abord un emploi daLire la suite…, l’intelligent directeur du théâtre de l’Athénée. Allons, il ne manque pas maintenant à Paris de théâtres petits et grands où les vrais dilettanti peuvent aller chercher un refuge contre ce qu’ils appellent le genre ennuyeux.

Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite… a succédé à FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… sur l’affiche du théâtre de la Renaissance, et la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… est retournée chez elle, après une courte visite à la salle Ventadour. Les œuvres de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… peuvent s’accommoder d’un cadre un peu plus grand que celui pour lequel elles ont été faites ; il n’en est pas de même de certains opéras absolument comiques qui se dilatent difficilement. Le Timbre d’argentTimbre d’argent, LeLe Timbre d’argent, opéra fantastique en quatre actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Camille Saint-Saëns et créé au Théâtre-National-Lyrique à Paris le 23 février 1877.Lire la suite… est renvoyé à l’automne prochain ; et pour le moment je crois qu’il n’est plus guère question de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… : les grands talens nécessaires, indispensables même à l’exécution de cet ouvrage, ne pouvant se recruter entièrement parmi le personnel du Théâtre-Lyrique, il faut les chercher ailleurs. Mais où les trouvera-t-on ? C’est donc sur le répertoire de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… seul, ou presque seul, que le théâtre de la Renaissance doit établir, du moins jusqu’à la saison prochaine, ses espérances de succès. La reprise de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite… a excité, comme on devait s’y attendre, intérêt très vif ; les belles pages sont nombreuses dans cette remarquable partition, et le rôle de Juliette est, après celui de Marguerite, le meilleur que Mme Carvalho ait encore rencontré. Pourquoi le directeur du théâtre de la Renaissance, qui sait par expérience le grand attrait qu’exerce sur le public le nom de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, ne demanderait-il pas à l’Opéra qui ne ferrait peut-être aucune difficulté pour les lui céder, la Reine de SabaReine de Saba, LaLa Reine de Saba, opéra en quatre actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Charles Gounod et créé à l’Opéra de Paris le 28 février 1862.Lire la suite…, SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite… et la Nonne Sanglante Nonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…?

Ce n’est pas seulement en prenant au Théâtre-Lyrique la fleur de son répertoire que le théâtre de la Renaissance verra s’accomplir les brillantes destinées qu’il a rêvées sans doute. Chacun de des deux théâtres devrait, il me semble, avoir un répertoire distinct, et il faudrait, pour les desservir un personnel proportionné aux exigences d’une double entreprise. Sans cela, n’est-il pas à craindre que l’un des deux ne périclite, tandis que l’autre ne prospérera guère ?

Le poëme d’opéra qui a remporté le prix au concours a pour titre : la Coupe du roi de ThuléCoupe du roi de Thulé, LaLa Coupe du roi de Thulé, opéra en trois actes sur un livret de Louis Gallet et Edouard Blau mis en musique par Eugene Diaz et créé à l’Opéra le 10 janvier 1873.Lire la suite…. M. Francisque Sarcey dans le rapport qu’il a adressé au ministre des Beaux-Arts et de la maison de l’Empereur, au nom du jury, a signalé en termes très élogieux le mérite exceptionnel de ce poëme, dont les auteurs sont MM. Edouard Blau et GalletGallet, LouisLouis Gallet (Valence, 4 février 1835 – Paris, 16 octobre 1898), écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il publia un recueil de vers, Gioventù (1857), sous le pseudonyme L. Marcelly. Il gagna ensuite Paris où, de 1857 à 1867, il travailla d’abord dans une imprimerie puis dans l’adminLire la suite…, deux jeunes gens. Que les compositeurs qui n’ont pas été séduits par les grâces poétiques du FlorentinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite… se mettent à l’œuvre maintenant, et quand l’heure du jugement sera arrivée, on saura, par le chiffre des concurrens évincés, combien il y a de musiciens en France qui devront se consoler d’avoir passé à peu près une année à faire une besogne inutile. Le seul concours rationnel est celui du Théâtre-Lyrique, où chaque concurrent apportera une partition écrite sur un poëme qu’il aura choisi. Mais à quoi bon discuter une question si discutée déjà, et rappeler tout ce qui a été dit sur ce sujet ? Ne faisons pas à notre tour une besogne inutile. On prétend que, parmi les personnes qui prendront part aux trois concours, il y aura beaucoup de gens du monde, c’est-à-dire des gens ayant des loisirs, et pour lesquels la composition d’un opéra est une distraction, un désœuvrement. Je ne crois pas à l’exactitude d’un pareil bruit : les gens du monde, puisqu’on les appelle ainsi, n’ont pas besoin de concourir quand l’envie leur prend de se faire ouvrir les portes d’un théâtre lyrique.

Mon excellent confrère, M. Jules JaninJanin, JulesJules Janin (Saint-Étienne, 16 février 1804 – Paris, 19 juin 1874), critique dramatique et écrivain. Après des études au Lycée Louis-le-Grand à Paris, il devint rédacteur au Figaro et à La Quotidienne et publia ses premiers romans : L’Ane mort et la Femme guillotinée (1827) et La ConfLire la suite…, a parlé, lundi dernier, du retour de Mlle Granzow [Grantzow]Grantzow, AdèleAdèle Grantzow (Brunswick, 1er janvier 1845 – Berlin, 7 juin 1877), ballerine. Elle étudia la danse avec son père, Gustave Grantzow qui était maître de ballet de l’Opéra de Brunswick et fit ses débuts dès l’adolescence sur cette scène avant d’être engagée brièvement comme premièLire la suite… et de la reprise du CorsaireCorsaire, LeLe Corsaire, ballet-pantomime en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Joseph Mazilier et une musique d’Adolphe Adam créé à l’Opéra de Paris le 23 janvier 1856.Lire la suite…. La Fiancée de CorintheFiancée de Corinthe, LaLa Fiancée de Corinthe, opéra en un acte sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et crée à l’Opéra de Paris le 21 octobre 1867.Lire la suite…, subissant la loi commune à tous les ouvrages en un acte, sert de lever de rideau à ce ballet. Il faut donc arriver de très bonne heure à l’Opéra, si l’on veut entendre la charmante partition composée par M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…, sur le poétique livret de M. Camille du Locle. On s’occupe de la reprise d’HerculanumHerculanumHerculanum, opéra en quatre actes sur un livret de Joseph Méry et Térence Hadot mis en musique par Félicien David et créé à l’Opéra de Paris le 4 mars 1849.Lire la suite…, qui succédera à HamletHamletHamlet, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra de Paris le 9 mars 1868.Lire la suite…, dont les représentations vont être interrompues par le départ pour Londres de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… et de Mlle Nilsson, et on entrevoit à peine ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite… à travers les brouillards de l’automne prochain.

M. Thomas-Fortuné BarsottiBarsotti, Thomas-Gaspard-FortuneThomas-Gaspard-Fortune Barsotti (Florence, 4 septembre 1786 – Marseille, avril 1862), pianiste, organiste et directeur. Il fut professeur de piano et de chant de la reine d’Etrurie, infante d’Espagne et de ses enfants résidant à Compiègne en 1809 puis il fut nommé organiste et maitre de chLire la suite…, ancien directeur du Conservatoire de Musique de Marseille, vient de mourir. Pendant trente et un ans il a rempli ces importantes fonctions avec un zèle et une habileté qui n’ont peut-être pas été suffisamment récompensés. M. BarsottiBarsotti, Thomas-Gaspard-FortuneThomas-Gaspard-Fortune Barsotti (Florence, 4 septembre 1786 – Marseille, avril 1862), pianiste, organiste et directeur. Il fut professeur de piano et de chant de la reine d’Etrurie, infante d’Espagne et de ses enfants résidant à Compiègne en 1809 puis il fut nommé organiste et maitre de chLire la suite… avait été attaché dans sa jeunesse, en qualité de maître de piano, à la personne de la reine d’Etrurie, alors qu’elle habitait le château de Compiègne. C’était un artiste fort distingué, un savant théoricien, très épris de son art et très dévoué à ses élèves. Je m’associe de tout cœur aux regrets qui ont été exprimés sur la tombe de cet homme de bien. C’est lui qui m’a enseigné les premières notions de la musique, et je ne l’ai jamais oublié.

On sait comment on commence un feuilleton, et l’on ignore quelquefois comment on le finira. Un léger retard dans l’impression de cet article me permet de rendre compte plus tôt que je ne l’espérais de Mademoiselle SylviaMademoiselle SylviaMademoiselle Sylvia, opéra-comique en un acte sur un livret de Narcisse Fournier mis en musique par Samuel David et créé à l’Opéra-Comique le 17 avril 1868.Lire la suite…, petit acte destiné à occuper sur l’affiche de l’Opéra-Comique la place de Rose et ColasRose et ColasRose et Colas, comédie mêlée d’ariettes en un acte sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Pierre-Alexandre Monsigny et créée à la Comédie-Italienne le 8 mars 1864.Lire la suite… et à servir de lever de rideau à la Part du DiablePart du Diable, LaLa Part du Diable, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 16 janvier 1843.Lire la suite…. Telle est la situation faite à M. Samuel DavidDavid, SamuelSamuel David (Paris, 12 novembre 1836 – Paris, 3 octobre 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1854, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1855 et le grand prix de Rome en 1858. Il devint chef du chant au ThéâtrLire la suite…, prix de Rome, qui a attendu onze ans une faveur si grande. On peut raconter en deux mots la simple histoire dont s’est inspiré ce jeune compositeur. Mlle Sylvia et Mlle Camille, deux actrices de la Comédie-Italienne qui vivent dans la plus douce intimité et sous le même toit, se renvoient mutuellement les déclarations, les sonnets et les sérénades du jeune Flavien. C’est un plaisir de voir comment le cœur du pauvre amoureux rebondit sur les raquettes de ces demoiselles. Sollicitée par l’oncle de Flavien, un riche marchand de la halle aux draps, Sylvia consent à se grimer de telle sorte qu’à la première entrevue qu’elle accordera à son amant, celui-ci n’aura garde de reconnaître dans cette duègne en robe de soie puce, prisant dans une tabatière d’écaille, la brillante artiste pour laquelle il soupire. La ruse réussit à merveille, mais Camille est là pour offrir à l’amant désillusionné les consolations nécessaires en pareille aventure. Sylvia, piquée par une pointe de jalousie, reprend bien vite ses charmes et ses droits en même temps. C’est à elle seule que Flavien adressait ses sérénades et ses sonnets. L’infortuné drapier, voyant que son neveu est irrévocablement pris dans les filets de l’une ou l’autre de ces demoiselles, et toute comédie d’ailleurs devant finir par un mariage, donne la préférence à Sylvia. Alors, ô coup inattendu ! le bonhomme apprend que Sylvia est sa pupille ! Un beau soir, elle s’était enfuie avec une troupe de comédiens, et depuis une dizaine d’années il n’en avait plus eu de nouvelles. Voilà qui est d’un bon augure pour l’avenir du jeune ménage.

C’est vraiment bien la peine de faire de sérieuses études dans la classe de M. HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite… et dans celle de M. François BazinBazin, François-Emmanuel-JosephFrançois-Emmanuel-Joseph Bazin (Marseille, 4 septembre 1816 – Paris, 2 juillet 1878), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1840. En 1849, il fut nommé professeur d’harmonie et d’accompagnement au Conservatoire. Il eut notamment pour élèves Lire la suite…, d’être couronné par l’Académie et de s’en aller passer trois ou quatre ans dans la ville éternelle pour arriver à mettre en musique un pareil livret. Je pourrais me borner à dire qu’il n’est guère possible de juger le talent de M. Samuel DavidDavid, SamuelSamuel David (Paris, 12 novembre 1836 – Paris, 3 octobre 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1854, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1855 et le grand prix de Rome en 1858. Il devint chef du chant au ThéâtrLire la suite… sur un ouvrage d’une si mince importance ; mais Dieu sait quand j’aurais l’occasion de le juger sur un ouvrage d’un ordre plus élevé. Après tout, les prix de Rome ne sont pas si coupables d’accepter ce qu’on leur donne, puisque le plus souvent on ne leur donne rien. Je dirai donc, qu’il y a, du savoir, de la grâce et de l’habileté dans la partition de M. Samuel DavidDavid, SamuelSamuel David (Paris, 12 novembre 1836 – Paris, 3 octobre 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1854, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1855 et le grand prix de Rome en 1858. Il devint chef du chant au ThéâtrLire la suite…, que son instrumentation a de la clarté, qu’il écrit bien pour les voix, et que la sérénade de l’introduction, le duo des deux femmes, l’air de Sylvia, le quatuor syllabique et le final sont des morceaux très réussis ; mais franchement je ne puis en dire davantage.

Le théâtre des Fantaisies-Parisiennes, hospitalier aux compositeurs vivans comme à ceux qui ne vivent plus, continue à représenter avec beaucoup de succès le MuletierMuletier, LeLe Muletier, opéra-comique en un acte sur un livret de Paul de Kock, d’après Boccace, mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 12 mai 1823.Lire la suite…, d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…, et Roger BontempsRoger BontempsRoger Bontemps, opéra-comique en deux actes sur un livret de Louis-François Clairville et Bernard Lopez mis en musique par Jean-Jacques-Joseph Debillemont et créé au Fantaisies-Parisiennes le 18 mars 1868.Lire la suite…, un ancien vaudeville de MM. Bernard Lopez et Clairville, sur lequel M. DebillemontDebillemont, Jean-Jacques-JosephJean-Jacques-Joseph Debillemont (Dijon, 12 décembre 1824 – Paris, 14 février 1879), compositeur, chef d’orchestre et critique musical. Il étudia le violon et suivi des cours de composition avec Aimé Leborne et Michel Carafa grâce à une bourse du Conseil de la Cote d’or. Il fit jouer ses Lire la suite…, l’auteur d’AstarothAstarothAstaroth, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Boisseaux mis en musique par Jean-Jacques-Joseph Debillemont et créé au Théâtre-Lyrique le 25 janvier 1861.Lire la suite…, a écrit une partition très mélodique et pleine d’ingénieux détails.

A propos des concerts de la saison, concerts religieux et concerts profanes, auxquels je dois consacrer un compte-rendu spécial, je parlerai des compositions de M. ChauvetChauvet, Charles-AlexisCharles-Alexis Chauvet (Marines/Val d’Oise, 7 juin 1837 – Argentan/Orne, 29 janvier 1871), organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’orgue en 1860 ; il fut nommé à l’orgue de chœur de l’église Saint-Thomas d’Aquin puis en 1861 au graLire la suite…, de M. Bourgault-DucoudrayBourgault-Ducoudray, Louis-AlbertLouis-Albert Bourgault-Ducoudray (Nantes, 2 février 1840 – Vernouillet/Yvelines, 14 juillet 1914), compositeur, musicologue et chef d’orchestre. Il fit des études de droit tout en étudiant la musique au Conservatoire de Nantes. En 1858, il fit représenter à Nantes son opéra-comique L’AteLire la suite… et de M. Théodore Dubois, trois prix de Rome, qui ont cherché dans l’Eglise un refuge contre les désenchantemens du théâtre et ses amères déceptions.

E. REYER

M. de GasperiniGasperini, Pierre-Auguste dePierre-Auguste de Gasperini (Le Château-d’Oléron/Charente Maritime, 3 mars 1823 – Paris, 20 avril 1868), chirurgien de la marine et critique musical. Il épousa Virginie-Louise Dorré à Guingamp/Côtes-d’Armor le 30 décembre 1846. à partir de 1856, il se consacra à la musique. Il fut critiLire la suite… est mort hier, emporté par une maladie qui donnait depuis longtemps déjà de vives inquiétudes à ses nombreux amis. Très attaché aux doctrines de la nouvelle école allemande, M  de Gasperini avait consacré à Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… et aux œuvres de ce maître de sérieuses études dont la forme a été remarquée par ceux même qui ne partageaient pas les opinions musicales de l’ingénieux écrivain. M. de GasperiniGasperini, Pierre-Auguste dePierre-Auguste de Gasperini (Le Château-d’Oléron/Charente Maritime, 3 mars 1823 – Paris, 20 avril 1868), chirurgien de la marine et critique musical. Il épousa Virginie-Louise Dorré à Guingamp/Côtes-d’Armor le 30 décembre 1846. à partir de 1856, il se consacra à la musique. Il fut critiLire la suite… n’avait cependant pas des idées préconçues sur l’art ; ses admirations n’avaient rien d’exclusif, et ce n’était pas là un des côtés les moins honorables ni les moins appréciés de son talent. J’ai vu s’en aller avec un sincère regret cet honnête homme dont je m’honorais d’être l’ami, et qui apportait dans ces relations de la vie un charme et une urbanité rares.

E.R.