Feuilleton du Journal des Debats 1874-07-02
FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS
DU 2 JUILLET 1874.
REVUE MUSICALE.
Conservatoire de Musique : Le musée ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite…. — Quelques mots sur le livre de M. Gustave Chouquet.Vous verrez à l’intérieur du musée d’instrumens du Conservatoire, au-dessus de la porte d’entrée, le médaillon en plâtre de Louis Clapisson. Ne cherchez pas les médaillons ou les bustes des donateurs qui ont contribué à augmenter celte précieuse galerie, pas même celui du docteur FauFau, Antoine-Louis-JulienAntoine-Louis-Julien Fau, dit Julien Fau (Londres, 9 avril 1811 – Paris, 10 février 1880), médecin. Je dois les renseignements sur le Dr. Fau à l’obligeance de M. Thierry Maniguet, conservateur, responsable de l’équipe conservation-recherche du Musée de la Musique de Paris que je remercieLire la suite…, dont la collection a été acquise dernièrement par ordre de l’ancien ministre des beaux-arts, aujourd’hui ministre de l’intérieur, M. de FourtouBardi de Fourtou, Marie-François-OscarMarie-Francois-Oscar Bardi de Foutou (Ribérac/Dordogne, 3 janvier 1836 – Paris, 6 décembre 1897), homme politique. Il étudia au collège de Ribera puis à celui de Périgueux avant d’entreprendre des études de droit, d’abord à la Sorbonne, puis à Poitiers, où il soutint sa thèse en 185Lire la suite…. Le véritable fondateur, le seul fondateur de ce musée est donc Louis Clapisson. Sur les 625 pièces qui s’y trouvent réunies, il y en a près de 200 qui sont dues à la générosité d’artistes et d’amateurs dont quelques uns sont bien connus : MM. J.-B. VuillaumeVuillaume, Jean-BaptisteJean-Baptiste Vuillaume (Mirecourt/Vosges, 7 octobre 1798 – Paris, 19 février 1875), luthier. Né dans une famille de luthiers, il apprit d’abord son métier avec son père à Mirecourt. En 1818, il se rendit à Paris, où il continua son apprentissage d’abord dans l’atelier de François ChLire la suite…, Victor Schœlcher, MaulazMaulaz, Louis-JosephLouis-Joseph Maulaz (Paris, 28 février 1811 – Paris, 18 juin 1875), avocat. Je dois les renseignements sur Louis-Joseph Maulaz à l’obligeance de M. Thierry Maniguet, conservateur, responsable de l’équipe conservation-recherche du Musée de la Musique de Paris que je remercie vivement et citLire la suite…, Jules Gallay, GandGand dit Gand père, Charles-FrançoisCharles-François Gand dit Gand Père (Versailles, 5 août 1780 – Paris, 10 mai 1845), luthier. Il était l’élève de son père, le luthier Charles-Michel Gand, qui était originaire de Mirecourt (Vosges) et vint en 1780 s’installer à Versailles. De 1802 à 1810, il travailla dans l’atelieLire la suite…, Mme Pauline Viardot, HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite…, etc., etc. Mais il ne faut pas retirer à l’auteur de la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… et de la PromisePromise, LaLa Promise, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et Léon Brunswick mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 16 mars 1854.Lire la suite… sa gloire la plus solide, celle d’avoir formé, à l’aide de patientes recherches et de grands sacrifices d’argent, la partie la plus importante de cette riche collection d’instrumens que l’Etat possède aujourd’hui. Et voilà pourquoi je trouve juste d’appeler Musée Clapisson le musée que ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… a fondé.
Bien que Louis Clapisson ait été ce qu’on appelle un aimable musicien, un compositeur qui a eu ses jours de popularité, si quelque chose doit lui survivre et sauver son nom de l’oubli, je le dis en toute franchise, j’aime mieux que ce soit son musée que son répertoire.
Ce fut un intrépide chercheur : il se levait de bon matin et allait fouiller toutes les boutiques, et toutes les arrière-boutiques, tantôt pour y mettre la main sur quelque pièce rare qui lui avait été signalée, tantôt se confiant au hasard et à son flair de collectionneur pour découvrir quelque instrument curieux. En sa qualité de très bon violoniste, il aimait surtout les violons anciens et les pochettes de maître à danser.
Mais si le goût de collectionner pouvait se satisfaire il y a vingt ans plus facilement et à moins de frais qu’aujourd’hui, il exposait pourtant un compositeur sans fortune à des tentations qui, à la longue, devaient épuiser ses ressources. C’est ce qui arriva. Un jour, ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… se vit contraint de s’arrêter court dans ses achats et de chercher un local assez vaste pour contenir tous les trésors artistiques qu’il possédait. Ce fut alors que quelques amis lui suggérèrent l’idée de vendre sa collection à l’Etat. La cession du cabinet de Louis Clapisson eut lieu au mois de janvier de l’année 1861. Mais il ne se sépara pas pour cela de tant de précieux instrumens qu’il aimait ; on le nomma conservateur de son musée et il garda cette position jusqu’à sa mort qui eut lieu peu d’années après : le 19 mars 1866.
C’est seulement au mois de novembre 1864 que fut ouvert au public le musée du Conservatoire ; il ne contenait alors que les 230 instrumens de musique et objets de haute curiosité achetés par l’Etat. Peu à peu vinrent s’y ajouter une centaine de pièces provenant du Garde-Meuble ou offertes par des particuliers. Malheureusement, les dons devinrent de jour en jour plus rares, surtout après la mort de ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite…, et, de 1864 à 1871, la collection ne s’augmenta que de 27 numéros nouveaux. Mais de 1871 à 1874, c’est-à-dire en moins de trois ans, près de 250 pièces nouvelles sont entrées au musée, et, dans ce nombre, il faut compter pour plus de la moitié les instrumens du docteur FauFau, Antoine-Louis-JulienAntoine-Louis-Julien Fau, dit Julien Fau (Londres, 9 avril 1811 – Paris, 10 février 1880), médecin. Je dois les renseignements sur le Dr. Fau à l’obligeance de M. Thierry Maniguet, conservateur, responsable de l’équipe conservation-recherche du Musée de la Musique de Paris que je remercieLire la suite…. M. Gustave Chouquet est en train de dresser le catalogue des 625 instrumens réunis aujourd’hui dans les deux salles du Musée et confiés à ses soins. Ce travail, fait par un érudit qui ne laisse rien au hasard ni à la fantaisie, sera fort intéressant à consulter. La lutherie est ce qu’il y a de mieux représenté au musée. Il manque, il est vrai, des violons et des violoncelles d’auteurs italiens, mais les luthiers parisiens du dix-neuvième siècle y sont presque au complet et y font bonne figure. À côté des violons de BocquayBoquay, JacquesJacques Boquay (Lyon, ca. 1680 – Paris, 19 mai 1730), luthier. Il s’installa à Paris en 1700 et fabriqua d’excellents violons d’après le modèle des luthiers italiens Amati. Dans l’inventaire après décès, parmi de nombreux violons, violoncelles, vieilles et des dizaines d’archets, sLire la suite… [Boquay]Boquay, JacquesJacques Boquay (Lyon, ca. 1680 – Paris, 19 mai 1730), luthier. Il s’installa à Paris en 1700 et fabriqua d’excellents violons d’après le modèle des luthiers italiens Amati. Dans l’inventaire après décès, parmi de nombreux violons, violoncelles, vieilles et des dizaines d’archets, sLire la suite…, de ChappuyChappuy, Nicolas-AugustinNicolas-Augustin Chappuy (Mirecourt/Vosges, ca 1730 – Paris, 27 septembre 1784), luthier. Vers 1750, il se fixa à Paris, où il demeura jusqu’en 1770 avant de retourner dans sa ville natale continuer d’exercer sa profession. Il était connu pour avoir produit d’excellentes violes d’amour,Lire la suite… et de Nicolas sur lesquels BaillotBaillot, Pierre-Marie-François de SalesPierre-Marie-François de Sales Baillot (Passy, 1er octobre 1771 – Paris, 15 septembre 1842), violoniste et compositeur. Il étudia le violon avec Polidori, Sainte-Marie puis à Rome avec Pollani, élève de Nardini, de 1784 à 1785. A Paris, il se lia d’amitié avec Vioti, qui joua un rôle déteLire la suite…, HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite… et R. KreutzerKreutzer, RodolpheRodolphe Kreutzer (Versailles, 16 novembre 1766 – Genève, 6 janvier 1831), violoniste et compositeur. Il étudia tout d’abord avec son père puis, à partir de 1778, il étudia le violon et la composition avec Anton Stamitz et se produisit dans un concerto pour violon de ce dernier au Concert SLire la suite… ont donné leurs leçons pendant tout le temps qu’ils ont professé au Conservatoire, on voit le violon en forme de guitare que le savant ChanotChanot, FrançoisFrançois Chanot (Mirecourt/Vosges, 29 mars 1788 – Rochefort/Charente maritime, 12 novembre 1825), luthier et ingénieur de construction navale. Il étudia la lutherie avec son père Joseph Chanot mais, parce qu’il était très doué en mathématiques, il devint ingénieur de construction navaleLire la suite… a fait pour ViottiViotti, Giovanni BattistaGiovanni Battista Viotti (Fontanetto da Po/Italie, 12 mai 1755 – Londres, 3 mars 1824), violoniste, compositeur et directeur. Il étudia la musique à Turin avec Antonio Celoniat et, à partir de 1770, avec Gaetano Pugnani, qui lui transmit la tradition de jeu d’Archangelo Corelli. En décembre Lire la suite…, des violons de GandGand dit Gand père, Charles-FrançoisCharles-François Gand dit Gand Père (Versailles, 5 août 1780 – Paris, 10 mai 1845), luthier. Il était l’élève de son père, le luthier Charles-Michel Gand, qui était originaire de Mirecourt (Vosges) et vint en 1780 s’installer à Versailles. De 1802 à 1810, il travailla dans l’atelieLire la suite… père, de LupotLupot, NicolasNicolas Lupot (Stuttgart, 4 décembre 1758 – Paris, 13 août 1824), Luthier. Il était le petit-fils du luthier Laurent Lupot (Mirecourt/Vosges, 11 août 1696 – Orléans, après 1762) et le fils du luthier François Lupot (Plombières/Vosges, 5 juillet 1725 – Paris, 25 août 1805), qui quitta Lire la suite…, et celui que ThiboutThibout, Jacques-PierreJacques-Pierre Thibout (Caen, 15 septembre 1779 – Saint-Mandé/Val-de-Marne, 4 décembre 1856), luthier. A partir de 1796, il travailla dans l’atelier du luthier Jean-Gabriel Koliker à Paris. En 1807, il ouvrit son propre atelier rue Montmartre, puis s’installa rue Rameau trois ans plus tard.Lire la suite… a offert à son ami Saint-LéonSaint-Léon, ArthurCharles-Victor-Arthur Michel, dit Arthur Saint-Léon (Paris, 17 septembre 1821 – Paris, 2 septembre 1870), danseur et chorégraphe. Il étudia la musique et la danse avec son père à Stuttgart et le violon avec Mayseder. Il débuta à Stuttgart comme violoniste en 1834 et à Munich comme danseur Lire la suite…, le violoniste chorégraphe du Violon du Diable.Violon du diable, LeLe Violon du diable, ballet en deux actes sur un livret d’Arthur Saint-Léon, une musique de Giovanni Felis et Cesare Pugni et une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon, fut créé à l’Opéra de Paris le 19 janvier 1849.Lire la suite… N’oublions pas non plus le contralto et le gigantesque octobasse de M. J.-B. VuillaumeVuillaume, Jean-BaptisteJean-Baptiste Vuillaume (Mirecourt/Vosges, 7 octobre 1798 – Paris, 19 février 1875), luthier. Né dans une famille de luthiers, il apprit d’abord son métier avec son père à Mirecourt. En 1818, il se rendit à Paris, où il continua son apprentissage d’abord dans l’atelier de François ChLire la suite… aux doigts d’acier mis en mouvement par un système de pédales.
Le musée renferme un grand nombre d’instrumens historiques. Citons, parmi les instrumens à cordes et à clavier, un admirable clavecin en bois de cèdre et ivoire, avec incrustations de nacre, portant l’écu échiqueté du comte Hercule Pepoli, filleul de Louis XIV. Il est placé entre deux superbes clavecins de RuckersRuckers, AndreasAndreas Ruckers père (Anvers, 1579 – Anvers, vers 1652), facteur de clavecins. Il travailla d’abord avec son frère aîné Ioannes Ruckers, puis installa son propre atelier vers 1652. Un de ses fils, Andreas Ruckers fils (Anvers, 1607 – Anvers, ca. 1655) travailla avec son lui et à son déc�Lire la suite…, dont l’un est orné d’un très beau panneau de BrauwerBrouwer, AdriaenAdriaen Brouwer (Audenarde ? ca. 1606 – Anvers, 1er février 1638), peintre. La vie de ce peintre est assez méconnue. Il est peut-être né en Flandre (Audenarde ?) nous ignorons tout de son enfance et de sa jeunesse. Il se serait rendu au nord des Pays-Bas en 1621. Sa présence est attestée àLire la suite… [Brouwer]Brouwer, AdriaenAdriaen Brouwer (Audenarde ? ca. 1606 – Anvers, 1er février 1638), peintre. La vie de ce peintre est assez méconnue. Il est peut-être né en Flandre (Audenarde ?) nous ignorons tout de son enfance et de sa jeunesse. Il se serait rendu au nord des Pays-Bas en 1621. Sa présence est attestée àLire la suite…, qu’on pourrait attribuer à David TéniersTeniers II dit le Jeune, DavidDavid Teniers II dit le Jeune (Anvers, 15 décembre 1610 – Bruxelles, 25 avril 1690), peintre, graveur et dessinateur. Fils de David Teniers dit le Vieux et neveu de Juliaen Teniers, il fut l’élève de son père mais fut grandement influencé par Adriaen Brouwer. Il devint membre de la guilde dLire la suite…, qui ne l’eût certes pas désavoué. Malheureusement, la restauration de cet instrument n’a pas été faite assez délicatement, et un lourd encadrement doré mord sur la peinture du panneau, tandis qu’un mince filet eût suffi.
Notons ensuite une riche épinette dont les peintures sur fond d’or passent pour être de Nicolas PoussinPoussin, NicolasNicolas Poussin (Villiers commune des Andelys/Eure, juin 1594 – Rome, 19 novembre 1665), peintre. De ses débuts on ne sait rien de précis. En 1612, il se rendit à Paris où un gentilhomme du Poitou le prit sous sa protection et lui permit d’étudier la peinture avec Georges Lallemand et FerdiLire la suite…. Cette belle pièce porte l’écusson de la famille d’Orléans.
Une guitare dont le dos est orné de fleurs de lis en nacre, et une vielle enrichie de turquoises, qui ont été faites pour la princesse Adélaïde, fille aînée de Louis XV.
Le musée possède une des deux harpes que NadermanNaderman, François-JosephFrançois-Joseph Naderman (Paris, 5 août 1781 – Paris, 2 avril 1835), compositeur, harpiste et facteur d’instrument. Fils du luthier et compositeur Jean-Henri Naderman, il apprit son métier de son père et la harpe avec Jean-Baptiste Krumpholtz. La notoriété de son habilité à la harpe s’Lire la suite… a fabriquées pour Marie-AntoinetteMarie-Antoinette-Josèphe-Jeanne de Habsbourg-LorraineMarie-Antoinette-Josèphe-Jeanne de Habsbourg-Lorraine (Vienne, 2 novembre 1755 – Paris, 16 octobre 1793), personnalité d’Etat. Avant-dernière enfant de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et de François Ier, empereur du Saint-Empire, elle était archiduchesse d’Autriche, princessLire la suite…. La colonne en est sculptée avec une finesse merveilleuse, et la table est ornée de peintures sur fond d’or. A côté de ce très riche instrument se trouve une délicieuse harpe dont le vernis Martin excite l’admiration des amateurs et dont les peintures ravissantes sont de VienVien, Joseph-MarieJoseph-Marie Vien (Montpellier, 18 juin 1716 – Paris, 27 mars 1809), peintre, dessinateur et graveur. Apres avoir étudié un temps avec le peintre de Montpellier Jacques Giral, Joseph-Marie Vien monta à Paris, où il fut l’élève de Charles-Joseph Natoire à l’Académie royale. En 1743, il Lire la suite… et de BachelierBachelier, Jean-JacquesJean-Jacques Bachelier (Paris, 6 mai 1724 – Paris, 13 avril 1806), peintre. Il était l’élève de Jean-Baptiste-Marie Pierre et fut admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture en qualité de peintre de fleurs en 1752. Nommé décorateur des Bâtiments du roi en 1755, il fut cette Lire la suite…. C’est la harpe de la princesse de Lamballe. Par quel heureux hasard les harpes des deux amies infortunées se trouvent-elles ainsi rapprochées ?
Voici une guitare en forme de lyre, fabriquée par J. PleyelPleyel, Ignace-JosephIgnace-Joseph (Ignaz-Josef) Pleyel (Ruppersthal/Basse-Autriche, 18 juin 1757 – Paris, 14 novembre 1831), compositeur, facteur de pianos et éditeur de musique. Après avoir étudié avec Johann Baptist Vanhal, il devint l’élève de Joseph Haydn au château d’Esterhaza en 1772. Son opéra pour Lire la suite…, en 1809, pour GaratFabry-Garat, Joseph-Dominique Garat ditJoseph Dominique Garat dit Fabry-Garat (Bordeaux, 29 octobre 1772 – Paris, 10 février 1851), ténor, professeur de chant et compositeur. Fils de Dominique Garat et frère du fameux ténor Pierre-Jean Garat. Il s’engagea d’abord dans l’armée avant d’en démissionner en 1792 pour se consacLire la suite…, le frère du célèbre chanteur et lui-même ténor et auteur de romances qui ont joui d’une certaine vogue. Cet instrument est embelli de ravissantes peintures de GirodetGirodet de Roucy [Girodet-Trioson], Anne-LouisAnne-Louis Girodet de Roucy [Girodet-Trioson] (Montargis/Loiret, 29 janvier 1767 – Paris, 9 décembre 1824), peintre, et illustrateur. Après des études à Montargis, où il se montra doué aussi bien pour le violon que pour la peinture, il se rendit à Paris et devint élève de Jacques-Louis DaLire la suite….
Voici une guitare plus curieuse encore ; elle fut prêtée par M. VuillaumeVuillaume, Jean-BaptisteJean-Baptiste Vuillaume (Mirecourt/Vosges, 7 octobre 1798 – Paris, 19 février 1875), luthier. Né dans une famille de luthiers, il apprit d’abord son métier avec son père à Mirecourt. En 1818, il se rendit à Paris, où il continua son apprentissage d’abord dans l’atelier de François ChLire la suite… à PaganiniPaganini, NicoloNicolo Paganini (Gênes, 27 octobre 1827 – Nice, 27 mai 1840), violoniste et compositeur. Il étudia le violon, la guitare et la composition avec Giovanni Cervetto (Servetto), Giacomo Costa et Francesco Gnecco, puis se perfectionna à Parme avec Alessandro Rolla et Gaspare Ghiretti de 1795 à 1796. Lire la suite… et donnée ensuite par lui à Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. Elle porte la signature de ces deux illustres… guitaristes. On sait que sur la guitare comme sur le violon PaganiniPaganini, NicoloNicolo Paganini (Gênes, 27 octobre 1827 – Nice, 27 mai 1840), violoniste et compositeur. Il étudia le violon, la guitare et la composition avec Giovanni Cervetto (Servetto), Giacomo Costa et Francesco Gnecco, puis se perfectionna à Parme avec Alessandro Rolla et Gaspare Ghiretti de 1795 à 1796. Lire la suite… était un étonnant virtuose, mais on ne sait peut- être pas que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, qui n’a jamais pu plaquer sur le clavier d’un piano un accord de quatre notes, pinçait de la guitare d’une façon très remarquable. Aussi les plus célèbres guitaristes ne manquaient-ils pas de rendre visite à leur confrère quand ils venaient à Paris, et c’est ainsi que j’ai rencontré bien souvent chez l’auteur des Troyens M. Zani de Ferranti et M. Bosq [Bosch]Bosch, Jaime-Felipe-José dit JacquesJaime-Felipe-José Bosch dit Jacques Bosch (Barcelone, 26 mai 1825 – Paris, 31 mars 1895), guitariste et compositeur. Il étudia le piano et la guitare au Couvent de la Mercè à Barcelone et se produisit en concerts entre 1849 et 1852 à Barcelone, Madrid et Valence. En 1853, il s’installa défLire la suite… qui, dernièrement encore, nous tenait sous le charme de son délicieux talent dans le salon de M. GérômeGérôme, Jean-LéonJean-Léon Gérôme (Vesoul/Haute-Saône, 11 mai 1824 – Paris, 10 janvier 1904), peintre et sculpteur. Scolarisé à Vesoul mais ayant des dons naturels pour le dessin, il se rendit à Paris suivre des cours à l’Ecole des beaux-arts ; il fut l’élève du peintre Paul Delaroche. Il accompagnaLire la suite…. Je ne joue pas de la guitare, mais j’avoue que j’ai une prédilection toute particulière pour cet instrument dont le rôle ne se borne pas, comme on semble le croire généralement, à accompagner des sérénades, La guitare de Figaro a passé plus d’une fois, et ailleurs qu’en Espagne, entre les mains de véritables artistes. On obtient sur cet instrument des portamenti et des prolongemens de son qu’il est impossible de demander au piano, et M. Bosq [Bosch]Bosch, Jaime-Felipe-José dit JacquesJaime-Felipe-José Bosch dit Jacques Bosch (Barcelone, 26 mai 1825 – Paris, 31 mars 1895), guitariste et compositeur. Il étudia le piano et la guitare au Couvent de la Mercè à Barcelone et se produisit en concerts entre 1849 et 1852 à Barcelone, Madrid et Valence. En 1853, il s’installa défLire la suite…, dans la pittoresque fantaisie qu’il a intitulée (sic) la RetraiteLa Retraite espagnoleLa Retraite espagnole pour guitare op. 16 de Jacques Bosch. C’est la 7e pièce du recueil Dix Pièces pour guitare publié par H. Lemoine, Paris, 1887.Lire la suite…, fait sonner par les cordes métalliques de sa guitare des fanfares que le tambour accompagne et dont les sons harmoniques se perdent peu à peu dans l’éloignement. C’est d’un effet charmant et qui éveille dans l’imagination un tableau bien autrement poétique que celui d’une patrouille commandée par un caporal. Je ne vois pas pourquoi on ne créerait pas au Conservatoire une classe de guitare. Cela désencombrerait peut-être les classes de piano, et tout le monde gagnerait à ce qu’il y eût dans la société parisienne quelques pianistes de moins et quelques guitaristes de plus. Si la guitare est un instrument dont on ne joue plus, la harpe est un instrument dont on ne joue guère. Les résultats des concours et le nombre des concurrens (chaque année il en est jusqu’à deux qui se disputent le prix) nous disent assez dans quel discrédit est tombé aujourd’hui ce noble instrument. La grande infériorité de la harpe par rapport au piano tient surtout à ce que la harpe n’est qu’un instrument, tandis que le piano est à la fois un instrument et un meuble : utile dulci, ce qui veut dire que si le meuble est quelquefois commode, l’instrument est presque toujours insupportable.
La guitare de PaganiniPaganini, NicoloNicolo Paganini (Gênes, 27 octobre 1827 – Nice, 27 mai 1840), violoniste et compositeur. Il étudia le violon, la guitare et la composition avec Giovanni Cervetto (Servetto), Giacomo Costa et Francesco Gnecco, puis se perfectionna à Parme avec Alessandro Rolla et Gaspare Ghiretti de 1795 à 1796. Lire la suite… et de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… est placée au-dessus du piano de voyage de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. Si l’authenticité de cet instrument peut être contestée, il n’en est point de même du clavicorde sur lequel GrétryGrétry, André-Ernest-ModesteAndré-Ernest-Modeste Grétry (Liège, 11 février 1741 – Montmorency, 24 septembre 1813), compositeur. Il apprit la musique à la maîtrise de la collégiale de Saint-Denis de Liège et reçut des leçons d’harmonie de Renkin et de composition de Moreau. Une bourse de la fondation Darchis lui perLire la suite… a composé ses premiers opéras, depuis le HuronHuron, LeLe Huron, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jean-François Marmontel mis en musique par Modeste Grétry et créé au Théâtre de la Comédie-Italienne de Paris le 20 août 1768.Lire la suite… jusqu’à Zémire et Azor.Zémire et AzorZémire et Azor, comédie-féerie en quatre actes et en vers sur un livret de Jean-François Marmontel mis en musique par Modeste Grétry et créée à la cour à Fontainebleau le 9 novembre 1771 et à la Comédie-Italienne de Paris le 16 décembre 1771.Lire la suite…
Dans la salle d’entrée sont groupés les pianos de travail de BoïeldieuBoieldieu, Francois-AdrienFrançois-Adrien Boieldieu (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, 8 octobre 1834), compositeur. Il étudia à Rouen avec Charles Broche, organiste de la cathédrale et fut nommé organiste de St. André de Rouen. Son premier opéra-comique, La Fille coupable, représenté en 1793 au Théâtre des ArLire la suite…, d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…, d’AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, le piano pentagone d’ErardErard, SébastienSebastian Erhard dit Sébastien Érard (Strasbourg, 5 avril 1752 – Passy, 5 août 1831), facteur de clavecins, de pianos et de harpes. Fils d’un ébéniste, il travailla dans l’atelier de son père et prit des cours de dessin, de géométrie et d’architecture. En 1768, il s’installa à ParLire la suite…, sur lequel ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… a composé la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… et la PromisePromise, LaLa Promise, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et Léon Brunswick mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 16 mars 1854.Lire la suite… (cela fera rêver bien des gens), et le piano à queue de PixisPixis, Johann PeterJohann Peter Pixis (Mannheim, 10 février 1788 – Baden-Baden, 22 décembre 1874), pianiste et compositeur. Il étudia la composition avec Albrechtsberger à Vienne, ville où il fit la connaissance de Beethoven, Schubert et Meyerbeer. Après des tournées de concerts en Europe, il s’installa en Lire la suite…, dont s’est servi MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… pour écrire une bonne partie des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite… pendant son séjour à Bade en 1835. Si le hasard amène parfois de touchantes rencontres, en mettant par exemple la harpe de la princesse de Lamballe à côté de celle de Marie-AntoinetteMarie-Antoinette-Josèphe-Jeanne de Habsbourg-LorraineMarie-Antoinette-Josèphe-Jeanne de Habsbourg-Lorraine (Vienne, 2 novembre 1755 – Paris, 16 octobre 1793), personnalité d’Etat. Avant-dernière enfant de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et de François Ier, empereur du Saint-Empire, elle était archiduchesse d’Autriche, princessLire la suite…, il opère parfois de singuliers rapprochemens comme lorsqu’il place le piano de ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… auprès du piano de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. M. Gustave Chouquet est tenu d’avoir les mêmes soins, les mêmes égards pour l’un et pour l’autre : comme conservateur du musée c’est son premier devoir ; mais je le crois tout de même quelque peu éclectique.
Parmi les instrumens en bois et en cuivre ayant appartenu à des virtuoses célèbres, je citerai :
La clarinette de Xavier Lefèvre Lefèvre, Jean-XavierJean-Xavier Lefèvre (Lausanne, 6 mars 1763 – Paris, 9 novembre 1829), clarinettiste et compositeur. Il étudia à Paris avec Michel Yost et joua aux Concerts spirituels de 1783 à 1791 avant de devenir membre de l’orchestre de l’Opéra de Paris jusqu’en 1817. Il enseigna la clarinette au CoLire la suite…;
Le basson de GebauerGebauer, François-RenéFrançois-René Gebauer (Versailles, 15 mars 1773 – Paris, 28 juin 1845), bassoniste et compositeur. Il étudia la musique avec son frère Michel-Joseph Gebauer puis le basson avec François Devienne. En 1788, il entra dans la musique de la Garde suisse du Roi à Versailles puis dans le corps de mLire la suite…, donné par lui à son élève Jancourt Jancourt, Louis-Marie-EugèneLouis-Marie-Eugène Jancourt (Château-Thierry/Aisne, 15 décembre 1815 – Boulogne-sur-Seine, 28 janvier 1900), bassoniste. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint un 1er prix de basson en 1836. Il fut engagé d’abord dans l’orchestre de l’Opéra-Comique puis à celui du ThéâtreLire la suite…;
La flûte de TulouTulou, Jean-LouisJean-Louis Tulou (Paris, 12 septembre 1786 – Nantes, 23 juillet 1865), flûtiste, facteur de flûte et compositeur. Il étudia la flûte au Conservatoire de Paris avec Johann Georg Wunderlich et obtint un 1er prix en 1801. Il fut nommé première flûte de l’orchestre du Théâtre-Italien de ParLire la suite…, qu’il a offerte à son ami Mondreux ;
Le cor de Dauprat Dauprat, Louis-FrançoisLouis-François Dauprat (Paris, 24 mai 1781 – Paris, 16 juillet 1868), corniste et compositeur. Il étudia avec Johann-Joseph Kenn au Conservatoire de musique de Paris, où il obtint un 1er prix en 1798. Il entra alors dans la musique de la Garde nationale puis en l’année suivante dans celle deLire la suite…;
Le cornet à pistons (en argent) de Dufrêne ;
La trompette de M. DauvernéDauverné, François-Georges-AugusteFrançois-Georges-Auguste Dauverné (Paris, 16 février 1799 – Paris, 4 novembre 1874), trompettiste. A la Restauration en 1814, il entra dans la Musique des Gardes-du-Corps du Roi puis fut nommé trompettiste de l’orchestre de l’Opéra de Paris. En 1833, il fut le premier professeur de trompeLire la suite…, etc.
Au nombre des pièces rarissimes figurent plusieurs épinettes du seizième siècle, un serpent italien de la Renaissance, avec tête d’animal d’une expression saisissante, un eunuque de la même époque, dont la forme est très élégante, une basse de flûte à bec, des cornets à bouquins en ivoire et un jeu de régale, également du seizième siècle. PrætoriusPraetorius, MichaelMichael Praetorius (Creuzburg an der Werra/Thuringe, 15 février 1571 – Wolfenbüttel, 15 février 1621, compositeur. Il étudia la philosophie et la théologie à l’Université de Francfort-sur-l’Oder. Il étudia la musique et devint organiste à Francfort-sur-l’Oder en 1587 puis maître deLire la suite… a donné le dessin de cet instrument dans sa syntagma musicumSyntagma musicumSyntagma musicum, traité de musicologie de Michael Praetorius rédigé en partie en latin et en partie en allemand et publié en trois volumes :Volume 1 – Musicae Artis Analecta (Wittemberg 1614/1615), est écrit en latin et est en deux parties, la première traite de la musique sacrée et la dLire la suite…, livre devenu extrêmement rare. Dans la même vitrine se trouvent : un violon de faïence, un violon en cuivre avec dessins du peintre dijo[n]nais BezancenotBezancenot [Besancenoz], Jean-FrançoisJean-François Bezancenot [Besancenoz] (Dijon, XVIIIe siècle), peintre et décorateur. Il fut admis dans la corporation des peintres, graveurs, sculpteurs et doreurs de Dijon en 1769.Lire la suite…, une pochette de StradivariusStradivari dit Stradivarius, Antonio-GiacomoAntonio-Giacomo Stradivari dit Stradivarius (Crémone, ? 1644 – Crémone, 18 décembre 1737), luthier. Il est possible qu’il ait été un élève du luthier Niccolo Amati. Il construisit son premier violon en 1666 et dès 1670, travailla à son compte et se constitua une riche clientèle en conLire la suite…, un petit violon ayant appartenu à Lulli et signé J. StainerStainer, JacobAntonio-Giacomo Stradivari dit Stradivarius (Crémone, ? 1644 – Crémone, 18 décembre 1737), luthier. Il est possible qu’il ait été un élève du luthier Niccolo Amati. Il construisit son premier violon en 1666 et dès 1670, travailla à son compte et se constitua une riche clientèle en conLire la suite…, un violon en écaille et un courtaud qu’on pourrait prendre, à sa forme cylindrique, pour tout autre chose qu’un instrument de musique. Citons encore un baryton (viola di Bordone) participant de la basse de viole et de la viole d’amour. Joseph Haydn a écrit un très grand nombre de morceaux pour cet instrument, dont le prince Nicolas Esterhazy jouait très agréablement. Je ne puis oublier dans mon énumération deux trompettes marines, l’instrument si cher à M. Jourdain, et deux tympanons, dont l’un, vénitien, mérite surtout d’être remarqué.
Parmi les sistres, je signalerai celui dont le manche porte un chevillage sculpté d’une façon si fine, si délicate, et que l’on peut attribuer à Mazini.
La collection donnée par M. Victor SchoelcherSchœlcher, VictorVictor Schœlcher (Paris, 22 juillet 1804 – Houilles/Yvelines, 25 décembre 1893), journaliste et homme politique. Fils d’un fabricant de porcelaine originaire de Fessenheim en Alsace, il étudia au lycée Condorcet de Paris et fit la connaissance de George Sand, Hector Berlioz et Franz Liszt. ELire la suite… se compose d’instrumens de musique qu’il a rapportés de ses voyages au Mexique, sur la côte d’Afrique et en Orient. On y remarque des guitares d’une sauvagerie toute pittoresque, des rebebs à archet recourbé et une harpe nègre ornée d’une tête en bois sculpté dont l’expression à la fois farouche et naïve est inimitable.
A la porte d’entrée du musée est placé, comme une sentinelle gigantesque à la porte d’un palais, un tambour kanak qui a près de 6 pieds de hauteur et qui a appartenu à la reine Pomaré. Il a été rapporté en France par le capitaine de vaisseau BruatBruat, Armand-JosephArmand-Joseph Bruat (Colmar, 26 mai 1796 – Messine/Sicile, 19 novembre 1855), amiral. Fils d’un juge au tribunal civil d’Altkirch en Alsace, il passa son enfance dans le sud de l’Alsace et, à l’âge de quinze ans, entra au service de la marine à bord du vaisseau-école de Brest. En 1815,Lire la suite…, gouverneur des îles Marquises. Le corps de ce tambour est un tronc de palmier évidé et il est recouvert d’une peau de tapir. Je crois que cet instrument devait servir plutôt aux cérémonies religieuses qu’à un usage guerrier ; il n’est guère plus portatif que les timbales de nos orchestres.
Parmi les instrumens asiatiques, africains et mexicains, il convient de signaler encore une harpe de Birman qui ressemble par sa forme à un bateau ponté ; des banjos, guitares des nègres américains, qui ont pour table d’harmonie une peau de tambour de basque et dont le modèle se retrouve également en Nubie ; un violon de Java, dont les deux longues chevilles et toute l’élégante monture sont en ivoire, et un samsin, sorte de mandoline japonaise dont les trois cordes reposent sur un corps sonore formé d’éclisses en bois, d’une table et d’un fond en peau de serpent boa.
Dans une des vitrines, de la grande salle sont trois longues trompettes de cuivre qui ont été rapportées à Paris après la prise de Sébastopol. Elles servent en Crimée à rallier les innombrables troupeaux de ces tribus de pasteurs qui habitent la partie occidentale de la presqu’île dans le voisinage des magnifiques domaines du prince Woronzoff [Vorontsov]Vorontsov, Semion MikhaïlovitchSemion Mikhaïlovitch Vorontsov (Odessa, 23 octobre 1823 – Saint-Pétersbourg, 6 mai 1882), homme politique. Fils du gouverneur du Caucase, le maréchal Mikhail Semyonovich Vorontsov, il fit ses études au lycée Odessa Richelieu et entra au service du Département des relations extérieures du miLire la suite…. Telles devaient être les trompettes au son desquelles s’écroulèrent les murailles de Jéricho. M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… en a fait fabriquer à Milan d’à peu près pareilles, du moins quant à la forme et je les ai entendues au Caire sonner d’éclatantes fanfares dans le cortège du troisième acte d’Aida.
Tout au fond de la seconde salle est un orgue chinois fait sur le modèle des orgues dont on se sert dans les chœurs de nos églises, et de la même dimension. Les tuyaux sont en bambou. Il a été rapporté de Pékin au prince impérial et est décoré de ses initiales. Soit que le soufflet soit détraqué, soit pour toute autre cause que j’ignore, l’instrument ne résonne pas.
La transformation que vient de subir le musée ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… est l’œuvre de M. Gustave Chouquet, qui s’y est appliqué avec une méthode et un goût parfaits, formant sur les murs d’élégantes panoplies et groupant les instrumens par famille, de façon à plaire aux yeux tout en parlant à l’esprit des musiciens érudits. Je crois qu’il n’existe nulle part une collection aussi variée, aussi complète et aussi intéressante que celle que possède aujourd’hui le Conservatoire de Paris, et la seule chose qu’on puisse regretter, c’est qu’il ne soit pas possible de former un orchestre avec quelques uns de ces merveilleux instrumens.
C’est à l’obligeance du conservateur du musée que je dois la plupart des renseignemens qui m’ont servi à écrire cet article. Cela m’a donné l’idée de relire le livre de M. Gustave Chouquet, l’Histoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu’à nos joursHistoire de la musique dramatique en FranceHistoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu’à nos jours, traité de musicologie d’Adolphe-Gustave Chouquet publié par Firmin-Didot, Paris, 1873. Lire la suite… Firmin Didot frères, fils et Cie, éditeurs. Un fort volume in-8°., ouvrage qui, avec l’Appendice et l’Index bibliographique (il faut le livre[lire] jusqu’au bout), n’a pas moins de 444 pages. ‘ ‘
En 1868, l’Académie des Beaux-Arts mit au concours le programme suivant : Définir la musique dramatique ; faire connaître ses origines et ses divers caractères. Déterminer les causes sous l’influence desquelles prédomine ou s’affaiblit dans l’art musical l’élément dramatiqueHistoire de la musique dramatique en FranceHistoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu’à nos jours, traité de musicologie d’Adolphe-Gustave Chouquet publié par Firmin-Didot, Paris, 1873. Lire la suite…, etZémire et AzorZémire et Azor, comédie-féerie en quatre actes et en vers sur un livret de Jean-François Marmontel mis en musique par Modeste Grétry et créée à la cour à Fontainebleau le 9 novembre 1771 et à la Comédie-Italienne de Paris le 16 décembre 1771.Lire la suite…, à ce point de vue, donner un aperçu sommaire de l’histoire de la musique, dramatique en France depuis et y compris Lulli jusqu’à nos jours. Ce programme académique était bien fait pour tenter M. Gustave Chouquet, qui toute sa vie s’est occupé de littérature musicale et qui, par ses relations, était mieux que personne à même de puiser aux sources les meilleures et les plus authentiques. Aussi réussit-il à composer un ouvrage que les musiciens pourront consulter en toute sécurité et que quelques uns même (je ne veux pas les désigner plus particulièrement) aimeront à lire sans avoir besoin de le consulter. L’ouvrage de M. ChouquetChouquet, Adolphe-GustaveAdolphe-Gustave Chouquet (Le Havre, 16 avril 1819 – Paris, 30 janvier 1886), musicologue, critique musical et librettiste. De 1830 à 1836, il fit ses études à Paris tout en étudiant le chant et le piano. De 1840 à 1856, il suivit sa famille à New York, d’où il envoya régulièrement des cLire la suite… a été couronné par l’Institut. « Pour tracer sous une forme concise un résumé complet de l’histoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu’à nos jours, je puis affirmer, nous dit M. ChouquetChouquet, Adolphe-GustaveAdolphe-Gustave Chouquet (Le Havre, 16 avril 1819 – Paris, 30 janvier 1886), musicologue, critique musical et librettiste. De 1830 à 1836, il fit ses études à Paris tout en étudiant le chant et le piano. De 1840 à 1856, il suivit sa famille à New York, d’où il envoya régulièrement des cLire la suite… dans sa Préface, que je ne me suis point épargné la peine : rien ne m’a coûté pour arriver à offrir à mes lecteurs — (pluriel ambitieux, comme disait Théophile GautierGautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux d�Lire la suite…), — dans ce seul volume de 450 pages, les renseignemens qu’on était précédemment obligé de puiser dans toute une bibliothèque de livres spéciaux. Et, sans m’exagérer la valeur de mon travail, ajoute M. ChouquetChouquet, Adolphe-GustaveAdolphe-Gustave Chouquet (Le Havre, 16 avril 1819 – Paris, 30 janvier 1886), musicologue, critique musical et librettiste. De 1830 à 1836, il fit ses études à Paris tout en étudiant le chant et le piano. De 1840 à 1856, il suivit sa famille à New York, d’où il envoya régulièrement des cLire la suite…, je me sens pourtant en droit de déclarer avec MontaigneMontaigne, Michel-Eyquem deMichel Eyquem de Montaigne (Château de Saint-Michel-de-Montaigne/Dordogne, 28 février 1533 – Château de Saint-Michel-de-Montaigne/Dordogne, 13 septembre 1592), écrivain. Il étudia avec son père et après une adolescence tumultueuse suivit à la cour des aides de Périgueux des études de droitLire la suite… que « c’est ici un livre de bonne foi. »
Je ne doute pas plus de la bonne foi de M. ChouquetChouquet, Adolphe-GustaveAdolphe-Gustave Chouquet (Le Havre, 16 avril 1819 – Paris, 30 janvier 1886), musicologue, critique musical et librettiste. De 1830 à 1836, il fit ses études à Paris tout en étudiant le chant et le piano. De 1840 à 1856, il suivit sa famille à New York, d’où il envoya régulièrement des cLire la suite… que de celle de MontaigneMontaigne, Michel-Eyquem deMichel Eyquem de Montaigne (Château de Saint-Michel-de-Montaigne/Dordogne, 28 février 1533 – Château de Saint-Michel-de-Montaigne/Dordogne, 13 septembre 1592), écrivain. Il étudia avec son père et après une adolescence tumultueuse suivit à la cour des aides de Périgueux des études de droitLire la suite…, mais il ne suffit pas d’être de bonne foi pour écrire un livre dans lequel la critique tient une place presque aussi importante que celle de l’histoire. La façon dont M. ChouquetChouquet, Adolphe-GustaveAdolphe-Gustave Chouquet (Le Havre, 16 avril 1819 – Paris, 30 janvier 1886), musicologue, critique musical et librettiste. De 1830 à 1836, il fit ses études à Paris tout en étudiant le chant et le piano. De 1840 à 1856, il suivit sa famille à New York, d’où il envoya régulièrement des cLire la suite… parle de l’œuvre et de l’influence de Richard Wagner Wagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite…; les quelques lignes qu’il veut bien consacrer, en passant, à Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, dont il ne cite d’ailleurs pas un seul ouvrage, et qu’il appelle « un tempérament plus littéraire que musical » ; son appréciation par trop laconique du FidelioFidelioFidelio, opéra en deux actes sur un livret en allemand de Joseph Sonnleithner remanié par Stephan von Breuning puis par Georg Friedrich Treitschke mis en musique par Ludwig van Beethoven et créé au Kärntnertortheater de Vienne le 23 mai 1814.Lire la suite… de BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, l’un des plus admirables chefs-d’œuvre de la musique dramatique, tout cela joint à quelques lacunes regrettables (le nom de SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9, Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite… n’est pas même cité parmi les représentans de l’école allemande moderne), et à de longs dithyrambes chantés en l’honneur de compositeurs oubliés aujourd’hui ou qui seront oubliés demain, tout cela a bien pu ne pas éloigner le laurier académique du livre de M. Gustave Chouquet ; mais, à cause de cela aussi, je ne puis m’associer que dans une certaine mesure à l’honneur qui lui a été fait.
E. Reyer.
Personnes discutées
Personnes citées
Oeuvres discutées
Oeuvres citées
Notes d'édition
La pochette est un petit instrument de musique de type cordé conçu pour être transporté dans une poche. Elle a été utilisée du 15e au 19e siècle principalement par des maîtres de danse pour marquer les pas durant les cours de danse. Les formes principales de la pochette sont celle d’un petit violon avec un long manche ou bien celle d’un bateau dont le corps est sculpté d’un seul bloc en bois de noyer, et la table est en bois de cyprès.
Le vernis Martin est une imitation de laque à base de copal mise au point par les frères Martin de Paris en 1728. Les quatre frères Martin, Guillaume, Etienne-Simon, Robert et Julien étaient vernisseurs du roi. Ils fabriquèrent du vernis Martin de 1725 environ jusqu’à 1770. On dit que celui-ci était fabriqué en chauffant de l’huile et du copal et en y ajoutant de la térébenthine de Venise. Au sommet de leur gloire, les frères dirigeaient au moins trois manufactures à Paris et, en 1748, elles furent toute classées «Manufacture nationale».
Monsieur Jourdain est lepPersonnage principal de la comédie de Molière Le Bourgeois gentilhomme. A l’acte II, scène 1, Monsieur Jourdain s’écrie : « Il y faudra mettre aussi une trompette marine. La trompette marine est un instrument qui me plaît, et qui est harmonieux. »