Le Journal des Débats, 23 octobre 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  23 OCTOBRE 1868.

REVUE MUSICALE.

Réflexions préliminaires. — Théâtre-Italien. Théâtre des Bouffes-Parisiens. — Théâtre de l’Athénée. — Théâtre des Fantaisies-Parisiennes. — Mélodies de M. Henry Altès. —Mélodies de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite….

Cette année, excellente pour quelques théâtres, n’a pas été bonne pour tous, —je ne veux et ne puis parler que des théâtres lyriques, — et tous ceux qui avaient fermé leurs portes pour cause de canicule ou pour toute autre cause ne les ont pas encore rouvertes. En voyant la très grande prospérité des uns et la mauvaise fortune des autres, on ne peut en conclure, malheureusement, que le public favorise l’art musical là où il est le plus dignement représenté. Ainsi le Théâtre-Lyrique en est toujours à son programme de réouverture, et le théâtre de la Renaissance n’a pas encore rédigé le sien. Pendant que ces deux théâtres fortement ébranlés par la même secousse, cherchent à reprendre leur équilibre, de petites scènes qui ne leur envient ni leur gloire passée ni leurs triomphes à venir verdoient et fleurissent à côté d’eux. C’est un plaisir de les voir si pimpantes et si bien parées, toutes pleines d’éclats de rire et de joyeux petits bruits. Sans doute, elles aussi ont connu de mauvais jours ; mais si un rien les abat, un rien les relève : le genre qu’elles exploitent est immortel ; on peut en tirer autant d’épreuves que l’on voudra : les contrefaçons elles-mêmes en sont bonnes. Des étrangers qui en avait ouï parler dans leur pays sont venus de très loin pour l’admirer et l’ont emporté chez eux avec d’autres articles de bimbeloterie parisienne, laquelle est célèbre dans le monde entier. Ce genre-là, bien qu’il porte l’empreinte de nôtre caractère national, s’acclimate aisément sous toutes les latitudes. Chaque jour il fait de nouvelles recrues et de nouveaux prosélytes ; c’est-à-dire que le nombre devient chaque jour plus grand de ceux qui le cultivent et de ceux qui l’applaudissent. Ses produits ne moisissent ni dans les cartons ni dans les portefeuilles ; il s’en fait une consommation effrayante, et le public ne s’en rassasie pas. Nous ne sommes pas très éloignés du jour où les auteurs et compositeurs qui sont dans le mouvement ne sauront plus ce que c’est que de faire antichambre (la pire des humiliations pour un artiste) chez un directeur de théâtre. Au contact de ces folies, contact qu’on ne peut pas toujours éviter, au tintement de ces grelots et de ces castagnettes, notre imagination se trouble et notre mémoire se perd, si bien qu’on ne songe plus guère aux choses sérieuses et que pas une voix ne s’élève pour demander : à quand LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… et pourquoi il n’est plus question d’ArmideArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite…. Voilà ce que c’est de croire que l’art musical est une échelle dont on peut abaisser indéfiniment les degrés ; on descend si bas qu’on ne voit plus ce qui est en haut. L’année dernière encore, il me souvient qu’à pareille époque on parlait comme d’un évènement du retour des Concerts populaires ; cette année-ci, c’est à peine si quelques fidèles paraissaient y songer ; la reprise de ces fêtes dominicales a donc eu lieu sans bruit, mais non pas sans scandale, car l’affiche annonçait des fragmens des Maîtres-Chanteurs, de Richard Wagner. Ces fragmens, qui se composaient de l’entracte du troisième acte, un morceau superbe, d’une valse brillante et d’une marche…. ont été sifflés par les uns et très énergétiquement applaudis par les autres. M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…, qui sans doute s’attendait à ce contraste, n’a pas eu l’air de s’en émouvoir. Je reviendrai, dans un prochain article, et sur l’incident, et sur le programme de ce concert.

Certes, je l’ai déjà dit et je tiens à le répéter, Dieu me garde de devenir jamais un musicien assez sérieux pour m’effaroucher d’un éclat de rire ; on peut même, à mon avis, dîner d’une symphonie et souper d’une ariette, sans que l’estomac ou les oreilles en ressentent le moindre mal ; mais je ne saurais m’habituer à ce régime qu’on prétend nous imposer, et qui prive notre esprit de toute nourriture saine et fortifiante. Et puisque le mot symphonie vient au bout de ma plume, qu’en est-il aujourd’hui de cette noble branche de l’art, la   plus noble peut-être ? Où sont nos symphonistes modernes ? Quels sont ceux qui s’apprêtent à suivre la voie qu’après HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…, MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… et MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…, ont glorieusement parcourue MM. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… et Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… ? Faut-il croire que si la symphonie périclite, la musique dramatique ne s’en porte que mieux ? Hélas ! non. Je ne suis pas de ceux qui se laissent éblouir par le ton de la réclame ou le chiffre de la recette ; une nouvelle distribution de rôles dans un ouvrage du répertoire ne me semble pas digne de raviver mon admiration ni de stimuler ma curiosité, et j’estime que les ovations que l’on prépare avec soin à des chanteurs ou à des cantatrices dont le public s’engoue fort sottement n’ont absolument rien de commun avec le respect et l’amour de l’art. Ces cantatrices et ces chanteurs coûtent très cher ; ceux qui les paient tiennent à rentrer dans leur argent, voilà tout. Plus nous assisterons à ces ridicules triomphes, dont s’accommodent très volontiers la vanité des artistes, moins nous verrons éclore de belles œuvres et revivre ces chefs d’œuvre d’autrefois, dont la génération actuelle perd peu à peu le souvenir. La liste des anciens ouvrages admirés des musiciens, et auxquels le public s’intéresserait davantage si on lui donnait plus souvent l’occasion de les connaître, est loin d’avoir été épuisée au Théâtre-Lyrique, qui a fait cependant, dans le vieux répertoire, des excursions assez nombreuses et qui ne lui ont pas trop mal réussi. Mais sait-on pourquoi, même dans les plus hautes sphères, d’où la lumière et les bons enseignemens devraient nous venir, ces retours vers les grandes œuvres du passé ne sont pas plus fréquens ? C’est à cause des difficultés qui surgissent au moment de confier tels ou tels rôles à des interprètes qui tous prétendent aux premiers. Il est vrai que pour ce qui est de la représentation d’ouvrages modernes, ces difficultés sont absolument les mêmes. Le principal, c’est de donner des rôles aux premiers sujets, des rôles spécialement écrits pour eux : le mérite de l’œuvre est chose secondaire. Une réaction se fera-t-elle contre de pareilles prétentions, contre de pareils procédés ? J’en doute. Lorsque trois théâtres à la fois jouèrent le chef-d’œuvre de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, était-ce dans le but de lui donner, la plus grande popularité possible ? — Non. La question intéressante était de savoir lequel des trois montrerait le don Juan le plus élégant et la plus piquante Zerline. Et si nous voyons bientôt, à moins que la justice ne s’y oppose, apparaître sur une scène plus vaste que celle où il fut applaudi pour la première fois, l’ouvrage lyrique le plus populaire du répertoire moderne, on ne manquera pas de nous prévenir que le grand attrait de cette reprise est dans la personne et le talent d’une nouvelle Marguerite. Rechercher les meilleurs moyens d’arriver à un ensemble parfait quand il s’agit de l’exécution d’une belle œuvre et même d’une œuvre médiocre, c’est agir évidemment dans l’intérêt de chacun et de tout le monde ; mais exagérer en toute occasion l’importance des interprètes et compter sur l’influence de certains noms pour surexciter l’empressement et la curiosité du public, c’est faire trop bon marché de la valeur d’une œuvre et amoindrir singulièrement le rôle du compositeur. En haut comme en bas, je vois les mêmes erreurs et les mêmes abus. Ici c’est une prima donna pour laquelle on épuise toutes les formules de la louange, là c’est un ténor ou un baryton dont le nom seul est un talisman, ailleurs c’est une Dugazon, un comique ou une duègne qui ont le rare privilège de faire courir tout Paris… Ce préambule m’amène indifféremment à parler de la LuciaLucia di LamermoorLucia di Lammermoor, dramma tragico en trois actes sur un livret en italien de Salvadore Cammarano, d’après The Bride of Lammermoor  de Walter Scott, mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre San Carlo de Naples le 26 septembre 1835 et au Théâtre-Italien de Paris le 12 déceLire la suite… ou du Petit-PoucetPetit Poucet, LeLe Petit Poucet, opéra-bouffe en trois actes sur un livret d’Eugène  Leterrier et Albert Vanloo mis en musique par François-Anatole Laurent de Rillé et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 8 octobre 1868.Lire la suite…, de la ContessinaContessina, LaLa Contessina, opéra semi-seria en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après un livret en français de Henri de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par le prince Joseph Poniatowski et créé au Théâtre-Italien de Paris le 28 avril 1868.Lire la suite… ou de l’Ile de TulipatanIle de Tulipatan, L’L’Ile de Tulipatan, opérette en un acte sur un livret de Henri Chivot et Alfred Duru mis en musique par Jacques Offenbach et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite….

De tous les théâtres lyriques, le Théâtre-Italien est bien certainement celui dont la fortune est le plus étroitement associée au prestige et à la grande renommée de quelques uns de ses pensionnaires. Mais, à côté de ces talens exceptionnels, s’abritent, sans trop de modestie, des talens tout à fait secondaires et quelques individualités que je ne veux point chagriner par d’amères plaisanteries sur leur manière de chanter, la fraîcheur de leurs costumes et la grâce de leurs attitudes. On sourit quand ils paraissent, et, quand ils chantent, on ne prend même pas la peine de les chuter. La perfection de l’ensemble n’est pas précisément ce que l’on recherche au Théâtre-Italien, et il n’est pas difficile de s’apercevoir que la majorité du public s’en soucie fort peu ; mais ceux qui, ayant conservé quelque sympathie pour la musique italienne, prendraient plaisir à entendre exécuter d’un bout à l’autre, et convenablement au moins, un opéra de DonizettiDonizetti, GaetanoGaetano Donizetti (Bergame, 29 novembre 1797 – Bergame, 8 avril 1848), compositeur. Elève de Simon Mayr à Bergame et de Padre Stanislao Mattei à Bologne, Donizetti fit ses débuts en 1818 au théâtre San Luca de Venise avec Enrico di Borgogna dont le succès lui valut la commande de trois ouvragLire la suite…, de VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… ou du prince PoniatowskiPoniatowski, Joseph Michel Francois Xavier Jean, PrinceJoseph Michel François Xavier Jean Poniatowski (Rome, 20 février 1816 – Londres, 3 juillet 1873), prince, sénateur et compositeur. Fils naturel de Stanislas Poniatowski et de Cassandra Luci (il fut reconnu en 1822). Après des études en Toscane, il débuta sa carrière à Florence en 1838 commLire la suite…, ceux-là doivent éprouver d’assez fréquentes déceptions. La salle, émue et attentive aux vocalises et aux cantilènes d’une cavatine ou d’un duo qui se chantent à heure fixe, est vraiment trop indifférente au reste de la partition. C’est déjà beaucoup d’avoir à Paris un Théâtre-Italien ; mais il me semble que c’est trop d’y prendre tout à fait les habitudes italiennes.  Je sais bien qu’il y a à cela une raison dont il faut tenir compte. Si le Théâtre-Italien a été de tout temps un théâtre de virtuoses, il y avait cependant autrefois un intérêt qui s’attachait à certaines œuvres nouvelles. Aujourd’hui, depuis que VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, le dernier des compositeurs italiens, a cessé d’écrire, cet intérêt a à peu près disparu. M. le directeur du théâtre Vendatour nous promet cependant, dans son prospectus, deux opéras nouveaux ; mais il ne nous dit pas lesquels, de sorte que l’on ne sait pas s’il y a lieu de s’étonner, de s’affliger ou de se réjouir. L’un de ces deux ouvrages serait-il la ContessinaContessina, LaLa Contessina, opéra semi-seria en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après un livret en français de Henri de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par le prince Joseph Poniatowski et créé au Théâtre-Italien de Paris le 28 avril 1868.Lire la suite… qui, à la rigueur, peut être accepté comme une nouveauté, puisqu’on ne l’a joué que deux fois à la fin de la saison dernière ? L’autre serait-il le PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite…, de M. Victorien SardouSardou, VictorienVictorien Sardou (Paris, 5 septembre 1831 – Paris, 8 novembre 1908), auteur dramatique. Il interrompit ses études de médecine par manque d’argent et, tout en donnant de leçons de français, de latin, d’histoire et de mathématiques, il se mit à écrire des pièces de théâtre. Ses débutsLire la suite…, mis en musique par Mme la vicomtesse de Grandval Grandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…? Attendons un peu ; la lumière ne peut tarder à se faire sur ce point encore obscur du programme de M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune considLire la suite…. Je sais seulement qu’il a été question de confier un poëme (un poëme français traduit en italien devient un libretto) à M. Georges Bizet, l’auteur des Pêcheurs de perles Pêcheurs de perles, LesLes Pêcheurs de perles, opéra en trois actes sur un livret de Eugène Cormon et Michel Carré mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 30 septembre 1863.Lire la suite…et de la Jolie fille de Perth ;Jolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite… mais cela est resté à l’état de projet, ou plutôt je crois qu’auteur et directeur, ce qui arrive quelquefois, ne se sont pas accordés.

Dans la LuciaLucia di LamermoorLucia di Lammermoor, dramma tragico en trois actes sur un livret en italien de Salvadore Cammarano, d’après The Bride of Lammermoor  de Walter Scott, mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre San Carlo de Naples le 26 septembre 1835 et au Théâtre-Italien de Paris le 12 déceLire la suite…, comme dans la TraviataTraviata, LaLa Traviata, opéra en trois actes sur un livret en italien de Francesco Maria Piave, d’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 6 mars 1853.Lire la suite…, il m’a semblé que la voix de Mme Adelina PattiPatti, Adela-Juana-Maria dite AdelinaAdela-Juana-Maria dite Adelina Patti (Madrid, 10 février 1843 – Craig-y-Nos près de Brecon/Pays de Galles, 27 septembre 1919), soprano. Peu après sa naissance, sa famille émigra aux États-Unis, où elle étudia le chant dès l’âge de neuf ans. Elle débuta à New York dans le rôle-titre de Lire la suite… avait un peu perdu de sa fraîcheur et de sa limpidité. Les concerts et les soirées du grand monde, où certains artistes trouvent tant de profits et aussi tant de fatigues, n’ont cependant pas encore commencé. M. FraschiniFraschini, GaetanoGaetano Fraschini (Pavie, 16 février 1816 – Naples, 23 mai 1887), ténor. Il étudia avec Felice Moretti avant de débuter à Pavie le 4 avril 1837 dans Lucia di Lammermoor (Donizetti) ; l’année suivante, il chanta le rôle de Iago dans Otello (Rossini) dans le même théâtre. Il fut ensuiteLire la suite…, dont le talent dramatique rappelle celui de RubiniRubini, Giovanni BattistaGiovanni Battista Rubini (Romano, 7 avril 1794 – Romano, 3 mars 1854), ténor. L’impresario Domenico Barbaja le fit venir à Naples où il se perfectionna auprès de Nozzari tout en se produisant sur les petites scènes. En 1824-1825, il se produisit à Vienne avec succès et fut invité en octoLire la suite…, est toujours l’excellent chanteur que l’on connaît, et d’autant plus utile à conserver que les forts ténors deviennent rares. Mais le moment viendra malheureusement où M. FraschiniFraschini, GaetanoGaetano Fraschini (Pavie, 16 février 1816 – Naples, 23 mai 1887), ténor. Il étudia avec Felice Moretti avant de débuter à Pavie le 4 avril 1837 dans Lucia di Lammermoor (Donizetti) ; l’année suivante, il chanta le rôle de Iago dans Otello (Rossini) dans le même théâtre. Il fut ensuiteLire la suite… aura juste assez de voix pour chanter la barcarole sur le Grand-Canal, où il pourrait avoir un palais, ou sur le lac de Côme, où il possède peut-être une villa. M. NicoliniNicolini, Ernest Nicolas, ditErnest Nicolas, dit Nicolini (Tours, 23 février 1834 – Pau, 19 janvier 1898), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1856. Il alla ensuite se perfectionner en Italie et, à son retour en 1857, il débuta à l’Opéra-Comique. Il partit ensuLire la suite…, lui, est encore à l’âge où, lorsqu’un artiste ne songe pas à la retraite, il ne vient à l’idée de personne de l’y faire songer. Sa voix a acquis depuis l’année dernière plus de force, plus d’étendue, sans rien perdre de son charme. S’il chantait sur une scène française, M. NicoliniNicolini, Ernest Nicolas, ditErnest Nicolas, dit Nicolini (Tours, 23 février 1834 – Pau, 19 janvier 1898), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1856. Il alla ensuite se perfectionner en Italie et, à son retour en 1857, il débuta à l’Opéra-Comique. Il partit ensuLire la suite…, qui est Français, acquerrait sans doute en très peu de temps quelques unes des qualités dramatiques qui manquent absolument à la plupart des virtuoses italiens. Je n’ai pas l’intention de passer en revue les artistes qui, depuis la réouverture de la salle Ventadour, se sont montrés dans différens rôles du répertoire ; et d’ailleurs, presque tous sont pour nous d’anciennes connaissances ; quant aux nouveaux venus, pour être bien jugés ils ne perdront rien à être entendus une seconde fois. Une indisposition de Mlle GrossiGrossi, EleonoraEleonora Grossi (ca. 1837 – Naples, ? janvier 1879), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Naples avant de faire ses débuts à 18 ans à Messine dans le rôle-titre de La Cenerentola (Rossini). De 1860 à 1862, elle fut engagée au Théâtre San Carlo de Naples, où elle se produisit Lire la suite… a empêché qu’on ne donnât la ContessinaContessina, LaLa Contessina, opéra semi-seria en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après un livret en français de Henri de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par le prince Joseph Poniatowski et créé au Théâtre-Italien de Paris le 28 avril 1868.Lire la suite… mardi dernier. C’était un retard de quelques jours, rien de plus. Dans l’ouvrage de MM. PoniatowskiPoniatowski, Joseph Michel Francois Xavier Jean, PrinceJoseph Michel François Xavier Jean Poniatowski (Rome, 20 février 1816 – Londres, 3 juillet 1873), prince, sénateur et compositeur. Fils naturel de Stanislas Poniatowski et de Cassandra Luci (il fut reconnu en 1822). Après des études en Toscane, il débuta sa carrière à Florence en 1838 commLire la suite… et de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, dont la première représentation a eu lieu dimanche en spectacle extraordinaire, on a revu avec plaisir la belle Mlle UrbanUrban, ErnestineErnestine Urban (Vienne, 18 novembre 1842 – Paris, 28 février 1919), danseuse. De 1863 à 1864, elle fut soliste des ballets de l’Opéra de Paris puis, jusqu’en 1870, prima mima du Théâtre-Italien de Paris, où elle créa les ballets en un acte Don Zeffiro (Pugni, 1865), Il Basilico (GraziaLire la suite… (prima mima assoluta) qui a, sur bien des artistes qui ne miment pas comme elle, l’avantage de ne pas chanter.

Maintenant je ne vois pas d’inconvéniens à dire quelques mots du Petit-PoucetPetit Poucet, LeLe Petit Poucet, opéra-bouffe en trois actes sur un livret d’Eugène  Leterrier et Albert Vanloo mis en musique par François-Anatole Laurent de Rillé et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 8 octobre 1868.Lire la suite…, de l’Arche-MarionArche-Marion, L’L’Arche-Marion, opérette en un acte sur un livret d’Alberic Second mis en musique par Adolphe Nibelle et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite…, du Fifre enchantéFifre enchanté, LeLe Fifre enchanté, opérette en un acte sur un livret de Charles Nuitter et Etienne Tréfeu mis en musique par Jacques Offenbach et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite… et de l’Ile de TulipatanIle de Tulipatan, L’L’Ile de Tulipatan, opérette en un acte sur un livret de Henri Chivot et Alfred Duru mis en musique par Jacques Offenbach et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite…. Si je n’en parlais pas, ma conscience ne me reprocherait rien ; mais on pourrait me demander de quel droit je me permets de garder le silence sur des œuvres qui ont inauguré si brillamment la réouverture de deux théâtres, et qui, avec la PéricholePérichole, LaLa Périchole, opéra-bouffe en deux actes sur un livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy mis en musique par Jacques Offenbach et créé au Théâtre des Variétés  de Paris le 6 octobre 1868.Lire la suite… dont mon excellent confrère Jules JaninJanin, JulesJules Janin (Saint-Étienne, 16 février 1804 – Paris, 19 juin 1874), critique dramatique et écrivain. Après des études au Lycée Louis-le-Grand à Paris, il devint rédacteur au Figaro et à La Quotidienne et publia ses premiers romans : L’Ane mort et la Femme guillotinée (1827) et La ConfLire la suite… a rendu compte avec tant de finesse et d’esprit, forment une série de grandes attractions pour le dilettantisme parisien.

L’Arche Manon a disparu avec bien d’autres souvenirs du vieux Paris, et l’Ile de Tulipatan n’existe que sur les cartes de fantaisie ; on pourrait cependant la retrouver dans quelque petit duché échappé à la convoitise de l’Ogre. Je ne profiterai pas de cette transition toute naturelle pour arriver trop vite à l’histoire du Petit-Poucet. Je vais tâcher seulement de ne pas mêler les deux aventures.

Dans cette île de Tulipatan règne un souverain qui a une fille et qui croit avoir un fils, tandis que son premier ministre a un fils qu’il croit être une fille. Théodorine, la femme du premier ministre, appelé Romboidal, est seule dans le secret. Mais Théodorine (ce rôle est joué par Mme ThierretThierret, Félicie-MarieFélicie-Marie Thierret (ca. 1815 – Paris, 1er mai 1873), soprano et actrice. Elle étudia au Conservatoire de Paris et devint pensionnaire de la Comédie-Française en 1832. Elle quitta la Comédie-Française dix ans plus tard. Après s’être produite à Rouen, elle débuta en 1848 dans La DameLire la suite…), aussitôt qu’elle entre en scène, s’adresse au public et lui apprend que ce secret la mine et la fait maigrir ; le public rit follement et n’en croit pas un mot. Ainsi le rôle ne saurait être mieux fait pour l’artiste. Il y a aussi un secret dans l’Arche-MarionArche-Marion, L’L’Arche-Marion, opérette en un acte sur un livret d’Alberic Second mis en musique par Adolphe Nibelle et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite…, mais on ne le connaît qu’à la fin de la pièce. « Qui vous a donné ce renseignement ? » demande Trumeau à Corydon. — Et celui-ci répond : « Je l’ai extrait de Saturne. » Alors seulement on sait pourquoi M. Albéric SecondSecond, AlbéricAlberic Second (Angoulême, 17 juin 1817 – Paris, 2 juin 1887), journaliste, écrivain et auteur dramatique. Il collabora au Charivari  et fut l’un des cofondateurs de La Comédie parisienne (1857). Il collabora au Figaro et fonda avec Hippolyte de Villemessant le Grand Jounal (1864). Il fut égaLire la suite…, qui, pour avoir retapé un vieux calembour n’en est pas moins un homme aimable et spirituel, a baptisé un des personnages de sa pièce du nom de Saturne. Trumeau et Corydon songent au suicide, sans y songer sérieusement ; le jupon rouge et les jolis yeux de Mlle Percaline les retiennent au bord du Styx ; mais j’ai beau rappeler mes souvenirs, je ne puis dire lequel, de Trumeau ou de Corydon, épouse Mlle  Percaline. Je ne sais pas davantage pourquoi le Petit-Poucet, qui, d’après le bonhomme PerraultPerrault, CharlesCharles Perrault (Paris, 12 janvier 1628 – Paris, 16 mai 1703), écrivain. Il fit des études de droit et reçut sa licence en 1651. Devenu le bras droit de Colbert, il fut chargé en 1663 de la politique artistique et littéraire de Louis XIV, devint secrétaire de la Petite Académie, puis contrLire la suite…, était le plus jeune des sept fils du bûcheron, est, dans le livret de MM. LeterrierLeterrier, Stéphane-EugèneStéphane-Eugène Leterrier (Paris, 15 mai 1842 – Maisons-Laffitte, 22 décembre 1884), auteur dramatique et librettiste. Il étudia au lycée Charlemagne, où il se lia d’une solide amitié avec Albert Vanloo, avec qui il s’associa exclusivement pour écrire des pièces de théâtre et des liLire la suite… et VanlooVanloo, AlbertAlbert Vanloo (Ixelles/Belgique, 10 septembre 1846 – Paris, 4 mars 1920), journaliste et librettiste. Il étudia au lycée Charlemagne, où il se lia d’une solide amitié avec Eugène Leterrier, avec qui il s’associa exclusivement, abandonnant ses études de droit, pour écrire des pièces de Lire la suite…, un jeune garçon assez bien constitué pour donner dans l’œil à Mme Aglaé, la femme de l’ogre Krock-mach-cru. Mais ce n’est pas par lui que Krock-mach-cru est… trompé. Le Petit-Poucet, ayant attiré son terrible ennemi dans l’orifice un peu étroit d’une caverne, parvient à le museler et à amener cet ours mal léché aux pieds de son infidèle moitié. Irritée par la résistance du Petit-Poucet, lequel est épris de Mlle  Aventurine, l’une des filles de l’ogresse, Mme Aglaé avait fui avec Rastaboul, l’ami de la maison, et c’est au milieu d’une forêt où les deux amans arrivent en vélocipède qu’a lieu la fin du roman, un peu différente, comme on l’a vu, du dénoûment du conte. Reste maintenant le Fifre enchanté.Fifre enchanté, LeLe Fifre enchanté, opérette en un acte sur un livret de Charles Nuitter et Etienne Tréfeu mis en musique par Jacques Offenbach et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite… La pièce est de MM. NuitterNuitter, Charles-Louis-EtienneCharles-Louis-Étienne Truinet, dit Charles Nuitter (Paris, 24 avril 1828 – Paris, 24 février 1899), librettiste et archiviste. Après des études de droit, il fut reçu à la cour d’appel de Paris en 1849. Sa première œuvre représentée fut L’Amour dans un ophicléide (Théâtre du PalaisLire la suite… et Tréfeu (NuitterNuitter, Charles-Louis-EtienneCharles-Louis-Étienne Truinet, dit Charles Nuitter (Paris, 24 avril 1828 – Paris, 24 février 1899), librettiste et archiviste. Après des études de droit, il fut reçu à la cour d’appel de Paris en 1849. Sa première œuvre représentée fut L’Amour dans un ophicléide (Théâtre du PalaisLire la suite…, l’ami de Wagner, le traducteur de Tannhäuser et de Rienzi, de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… et du Vaisseau fantôme !!!) ; elle est drôle, elle est gaie, elle est amusante ; on l’avait déjà applaudie à Ems. Rigobert, sous les traits de Mlle  FontiFonti, MlleMlle Fonti (? – ?), soprano. Remarquée d’abord au Théâtre-Lyrique, où elle fut engagée en 1864-65, elle chanta une des dames de la Reine de la nuit dans La Flûte enchantée (Mozart). Le 21 avril 1866, elle participa au concert du pianiste et compositeur Eugène Ketterer à la salle PleyeLire la suite…, est un fifre fort agréable à entendre, fort joli à voir, et je ne vois pas pourquoi on ne serait pas enchanté de ce fifre.

M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite… devait faire école ; mais je m’aperçois qu’en marchant dans les petits souliers du maître (le soir de la première représentation de la PéricholePérichole, LaLa Périchole, opéra-bouffe en deux actes sur un livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy mis en musique par Jacques Offenbach et créé au Théâtre des Variétés  de Paris le 6 octobre 1868.Lire la suite…, M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite… était dans ses petits souliers), ses disciples, ses imitateurs, ses émules ne renient pas absolument leurs premières croyances, et, si mince qu’elle soit, tiennent à leur personnalité. C’est ainsi que M. Adolphe NibelleNibelle, Adolphe-AndréAdolphe-André Nibelle (Gien, 9 octobre 1825 – Paris, 17 mars 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie en 1850. Il poursuivit en parallèle des études de droit et devint avocat. Il composa surtout de la musique vocale : des recueils de mélLire la suite…, dans l’Arche-MarionArche-Marion, L’L’Arche-Marion, opérette en un acte sur un livret d’Alberic Second mis en musique par Adolphe Nibelle et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite…, m’a paru plus classique que M. Offenbach Offenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite…; c’est ainsi que M. Laurent de Rillé, l’auteur d’Achille à ScyrosAchille à ScyrosAchille à Scyros, opérette en un acte sur un livret d’Ernest Alby et Delmare (pseudonyme de Jean-Louis-Auguste Commerson) mis en musique par François-Anatole Laurent de Rillé et créée au Théâtre des Folies-Nouvelles le 1er septembre 1857.Lire la suite…, le pourvoyeur ordinaire de tous les Orphéons de France, le compositeur du Petit-PoucetPetit Poucet, LeLe Petit Poucet, opéra-bouffe en trois actes sur un livret d’Eugène  Leterrier et Albert Vanloo mis en musique par François-Anatole Laurent de Rillé et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 8 octobre 1868.Lire la suite…, s’est montré à la fois beaucoup plus classique que M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite… et que M. NibelleNibelle, Adolphe-AndréAdolphe-André Nibelle (Gien, 9 octobre 1825 – Paris, 17 mars 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie en 1850. Il poursuivit en parallèle des études de droit et devint avocat. Il composa surtout de la musique vocale : des recueils de mélLire la suite…. Nous avons tous chanté dans notre enfance : Il était un petit homme, tout habillé de gris, Carabi, sans savoir si cet air était de Nicolo, qui l’a mis dans CendrillonCendrillonCendrillon, opéra-comique en trois actes sur un livret de Charles-Guillaume Etienne mis en musique par Nicolo Isouard et créé à l’Opéra-Comique le 22 février 1810.Lire la suite…, ou de tout autre musicien. Peut-être même, comme la plupart des refrains populaires, cet air-là n’est-il pas d’un musicien. Peu importe ; M. Laurent de Rillé, après l’avoir reproduit textuellement, l’a très ingénieusement accommodé, et avec ce thème d’une charmante simplicité, avec un peu de canon et un soupçon de fugue, il en a fait un trio délicieux. Si je cherchais la signature d’un compositeur expérimenté quelque part dans la partition du Petit-PoucetPetit Poucet, LeLe Petit Poucet, opéra-bouffe en trois actes sur un livret d’Eugène  Leterrier et Albert Vanloo mis en musique par François-Anatole Laurent de Rillé et créé au Théâtre de l’Athénée de Paris le 8 octobre 1868.Lire la suite…, c’est au bas de ce petit morceau que je la trouverais. Il y a aussi la romance de l’Etoile du soir, qui est une inspiration toute rêveuse et pleine de fraîcheur. On attribue cette mélodie à MlleVan-GhelVan Ghell, Céline-AnnaCeline-Anna Van Ghell [Vanghel] (? – ?), mezzo-soprano. Après avoir étudié avec son père, qui était chef d’orchestre, elle débuta dans Le Petit Poucet de Laurent de Rillé au Théâtre de l’Athénée en 1868. Elle se fit remarquer dans les rôles travestis de Méphistophélès dans Le PeLire la suite… [Van Ghell]Van Ghell, Céline-AnnaCeline-Anna Van Ghell [Vanghel] (? – ?), mezzo-soprano. Après avoir étudié avec son père, qui était chef d’orchestre, elle débuta dans Le Petit Poucet de Laurent de Rillé au Théâtre de l’Athénée en 1868. Elle se fit remarquer dans les rôles travestis de Méphistophélès dans Le PeLire la suite…, l’étoile de la pièce ; pourquoi ne serait-elle pas, comme le reste, de M. Laurent de Rillé ? Voulez-vous savoir maintenant quels sont les morceaux à effet dans les deux partitions de M. OffenbachOffenbach, JacquesJacques Offenbach (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 5 octobre 1880), violoncelliste et compositeur. Il se produisait dans les salons et en concerts lorsqu’Arsène Houssaye, qui voulait réformer l’orchestre du Théâtre-Français, lui offrit, par contrat signé le 30 juillet 1850, le poste de chLire la suite…, ceux qui feront la fortune de l’éditeur et ajouteront un nouvel éclat à la gloire du maître ? Un madrigal : ce Bouquet si coquet ; un quintette : Ça sent la truffe ; les couplets : C’est un canard, et des imitations de tambour, de trombone et de violoncelle faits par l’acteur BonuetBonnet, Hippolyte-Joseph-EugèneHippolyte-Joseph-Eugène Bonnet (Vannes, 24 mars 1836 – Paris, 7 novembre 1905), acteur. Il débuta à Bruxelles en 1859-60 avant de rejoindre Paris, où il se fit connaître au Théâtre des Bouffes-Parisiens dans Le Carnaval des revues (Offenbach, 1860). Il se produisit ensuite dans un grand nomLire la suite… [Bonnet]Bonnet, Hippolyte-Joseph-EugèneHippolyte-Joseph-Eugène Bonnet (Vannes, 24 mars 1836 – Paris, 7 novembre 1905), acteur. Il débuta à Bruxelles en 1859-60 avant de rejoindre Paris, où il se fit connaître au Théâtre des Bouffes-Parisiens dans Le Carnaval des revues (Offenbach, 1860). Il se produisit ensuite dans un grand nomLire la suite…, lequel vient, je crois, des Fantaisies-Parisiennes. Est-ce tout ? — Croyez-vous donc que ce ne soit pas assez ?

La partition de M. Adolphe NibelleNibelle, Adolphe-AndréAdolphe-André Nibelle (Gien, 9 octobre 1825 – Paris, 17 mars 1895), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie en 1850. Il poursuivit en parallèle des études de droit et devint avocat. Il composa surtout de la musique vocale : des recueils de mélLire la suite… pâlit au milieu de ces extravagances. Elle rappelle trop le style sobre et naïf de l’ancien opéra-comique, et c’est à l’Opéra-Comique qu’on l’eût peut-être jouée si l’affiche de ce théâtre n’eût été occupée si longtemps par la Laitière et les deux ChasseursLaitière et les deux chasseurs, LaLa Laitière et les Deux Chasseurs, opéra-comique en un acte mêlé d’ariettes sur un livret de Louis Anseaume mis en musique par Egidio Duni et créé à la Comédie-Italienne le 23 juillet 1763.Lire la suite…. Aujourd’hui cependant, après l’épreuve tentée par mon jeune confrère aux Bouffes-Parisiens, MM. les directeurs de la salle Favart se décident à lui donner l’hospitalité et vont mettre à l’étude un petit acte intitulé la FontFonti, MlleMlle Fonti (? – ?), soprano. Remarquée d’abord au Théâtre-Lyrique, où elle fut engagée en 1864-65, elle chanta une des dames de la Reine de la nuit dans La Flûte enchantée (Mozart). Le 21 avril 1866, elle participa au concert du pianiste et compositeur Eugène Ketterer à la salle PleyeLire la suite…aine de Berny, qu’il a écrit, comme l’Arche-MarionArche-Marion, L’L’Arche-Marion, opérette en un acte sur un livret d’Alberic Second mis en musique par Adolphe Nibelle et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite…, sur un livret de M. Albéric SecondSecond, AlbéricAlberic Second (Angoulême, 17 juin 1817 – Paris, 2 juin 1887), journaliste, écrivain et auteur dramatique. Il collabora au Charivari  et fut l’un des cofondateurs de La Comédie parisienne (1857). Il collabora au Figaro et fonda avec Hippolyte de Villemessant le Grand Jounal (1864). Il fut égaLire la suite…. Après la FontFonti, MlleMlle Fonti (? – ?), soprano. Remarquée d’abord au Théâtre-Lyrique, où elle fut engagée en 1864-65, elle chanta une des dames de la Reine de la nuit dans La Flûte enchantée (Mozart). Le 21 avril 1866, elle participa au concert du pianiste et compositeur Eugène Ketterer à la salle PleyeLire la suite…aine de Berny il faudra faire une croix.

On annonce aux Fantaisies-Parisiennes (ô Martinet, votre activité me lasse !) une opérette de MM. DuruDuru, Henri-AlfredHenri-Alfred Duru (Batignolles/Seine, 27 novembre 1829 – Paris, 28 décembre 1889), auteur dramatique et librettiste. Il collabora avec son ami de classe Henri Chivot à une centaine de pièces de théâtre et de livrets d’ouvrages lyriques. Parmi les pièces, on peut citer La Femme de Jephté (Lire la suite… et ChivotChivot, HenriHenri Chivot (Paris, 13 novembre 1830 – Vésinet/Yvelines, 18 septembre 1897), écrivain et librettiste. Il connut très tôt un premier succès avec son vaudeville Sous un hangar (Folies-Dramatiques, 1857) et plus tard avec un autre vaudeville : Les Locataires de Monsieur Blondeau (Palais-Royal,Lire la suite…, les auteurs de l’Ile de TulipatanIle de Tulipatan, L’L’Ile de Tulipatan, opérette en un acte sur un livret de Henri Chivot et Alfred Duru mis en musique par Jacques Offenbach et créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.Lire la suite…, de Fleur-de-Thé, etc., etc. musique de M. Frédéric Barbier Barbier, Frédéric-EtienneFrédéric-Étienne Barbier (Metz, 15 novembre 1829 – Paris, 12 février 1889), compositeur et chef d’orchestre. Il fut l’élève de l’organiste Henri Darondeau à Bourges et c’est au théâtre de cette ville qu’il obtint son premier succès avec Le Mariage de Colombine (1852). Il s’inLire la suite…; cela s’appelle : le Soldat malgré luiSoldat malgré lui, LeLe Soldat malgré lui, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Alfred Duru et Henri Chivot mis en musique par Frédéric Barbier et créé au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes le 17 octobre 1868.Lire la suite…, un joli titre qui ne manque pas d’une certaine actualité.

On m’a envoyé dernièrement deux recueils de mélodies : l’un est de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…, l’autre de M. Henry Altès, membre de la Société des concerts du Conservatoire et première flûte à l’orchestre de l’Opéra, où il touche le tiers des appointemens que l’on donne à un coryphée. Je savais que M. AltèsAltès, Joseph-HenriJoseph-Henri Altès (Rouen, 18 janvier 1826 – Paris, 24 juillet 1895), flûtiste et compositeur. Élève de Jean-Louis Tulou au Conservatoire de Paris de 1840 à 1842, il obtint un 1er prix de flûte. Il fut engagé dans l’Orchestre des concerts Vivienne (1844) puis dans celui de l’Opéra-ComiquLire la suite… était un virtuose éminent ; j’ignorais son talent de compositeur. Les quinze lieder que renferme son recueil, gravé à Leipsick [Leipzig], et remarquable par le luxe de l’édition, ont pour texte des poésies de Victor HugoHugo, VictorVictor Hugo (Besançon, 26 février 1802 – Paris, 22 mai 1885), écrivain. Tête de file du romantisme, il publia de nombreux poèmes dont Odes (1822), Les Orientales (1829), Les Feuilles d’automne (1831) et surtout le manifeste du romantisme qu’est sa préface à son drame historique CromwellLire la suite… et de LamartineLamartine, Alphonse-Marie-LouisAlphonse-Marie-Louis de Prat de Lamartine (Mâcon, 21 octobre 1790 – Paris, 28 février 1869), poète et homme politique. Il acquit une immense célébrité avec son premier recueil de poèmes, Méditations poétiques (1820). Il publia ensuite Les Harmonies poétiques et religieuses (1830) et les Lire la suite…. Il en existe une édition à orchestre que je ne connais pas ; je ne puis donc parler que de la réduction au piano. Des accompagnemens travaillés avec soin, d’intéressantes harmonies, des inspirations pour la plupart fort originales, un peu de recherche et beaucoup de distinction, voilà les qualités qui recommandent l’œuvre de M. Henry Altès (car c’est une œuvre, en vérité) à l’attention des amateurs sérieux et des artistes impartiaux.

L’éloge que je ferai des mélodies nouvelles de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… surprendra moins de gens. On se souvient des Chants d’autrefoisChants d’autrefoisChants d’autrefois, 10 mélodies pour voix et piano sur des poèmes de Pierre Ronsard, Remi Belleau, Phillipe Desportes, Jean Bertaut, Joachim Du Bellay, François Malherbe et Florian, Paris, Edmond Maynaud, 1850.Lire la suite…, et l’on sait ce que l’un doit attendre de l’auteur des SaisonsSaisons, LesLes Saisons, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 22 décembre 1855.Lire la suite…, de GalathéeGalatéeGalatée, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 14 avril 1852.Lire la suite… et des Noces de Jeanette.Noces de Jeannette, LesLes Noces de Jeannette, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier, mis en musique par Victor Massé, créé à l’Opéra-Comique le 4 février 1853.Lire la suite… Les vingt pièces contenues dans le volume que vient de publier l’éditeur Choudens présentent d’abord une grande   variété. M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… a demandé ses inspirations à des poëtes du temps présent et à des poëtes du temps passé, sans cependant remonter plus haut que le roi Henri IV, dont il nous donne, très finement colorée par sa plume habile aux choses rétrospectives, la jolie chanson :

Viens, Aurore !

Je t’implore !

Je suis gai quand je te vois ;

La bergère

Qui m’est chère

Est vermeille comme toi.

Mais le seul mérite de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… n’est pas dans la souplesse du style. Il a aussi le secret des pensées délicates et des contours gracieux.

La popularité dont il jouit me dispense de le louer davantage ; j’ai voulu seulement donner une preuve de sympathie à l’auteur d’un ouvrage dont la lecture m’a vivement intéressé.

                                                                                                E. REYER