Le Journal des Débats, 5 mai 1867 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU 5 MAI 1867.

 THEATRE-LYRIQUE.

Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…, opéra en cinq actes, de MM. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… et Albert Carré, musique de M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite….

L’aventure tragique que l’archer Pérégrino raconta au capitaine Luigi da Porto, sur le chemin de Gradisca à Udine, peu de temps après la bataille de Marignan, avait subi plus d’une transformation avant d’être dramatisée par le génie de ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite….

« En 1516, nous dit M. François-Victor HugoHugo, François-VictorFrançois-Victor Hugo (Paris, 28 octobre 1828 – Paris, 26 décembre 1873), journaliste et traducteur. Quatrième des cinq enfants de Victor Hugo, il participa au lancement de deux journaux : L’Événement (juillet 1848 – septembre 1851) et Le Rappel (1869 – 1933). Il est surtout connu pour saLire la suite… dans l’introduction à sa remarquable et consciencieuse traduction de l’œuvre du poëte anglais. Luigi da Porto, ce même officier que je vous ai montré tout à l’heure cheminant sur la route du Frioul, fut blessé grièvement en défendant l’entrée de Vicence à la tête de sa compagnie. Forcé de renoncer au service, il quitte l’épée pour la plume, et, d’homme d’armes il se fit homme de lettres. Alors, grâce à son excellente mémoire, il se rappelle la narration de Pérégrino, et la développe dans une nouvelle qui est publiée à Venise en 1535, six ans après sa mort, sous ce titre : la GiuliettaGiulietta e RomeoGiulietta e Romeo, opera seria en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Nicola Vaccaj et créé au Théâtre de la Canobbiana de Milan le 31 octobre 1825.Lire la suite….

« Dix-huit ans plus tard, un romancier en vogue le moine dominicain Mateo BandelloBandello, MatteoMatteo Bandello (Castelnuovo Scrivia/Piémont, Italie, ?, 1545 – Bazens/Lot-et-Garonne, ? 1561), évêque et écrivain. Il fit ses études dans des couvents franciscains puis entra dans les ordres. Il fréquenta la cour de Maximilien Sforza jusqu’en 1515 et fut envoyé en mission en France en 1Lire la suite… s’approprie la nouvelle de Luigi, l’amplifie, en rectifie certains détails secondaires, et, ainsi modifiée, l’insère sous son nom dans le recueil de ses contes, qui paraît avec grand fracas en 1553.

« Six ans après, notre compatriote trop oublié, le Breton Pierre Boisteau [Boaistuau]Boaistuau, Pierre dit Pierre LaunayPierre Boaistuau dit Pierre Launay (Nantes, ? 1517 – Paris, ? 1566), traducteur et écrivain. Il fut le premier éditeur des nouvelles de Marguerite de Navarre et publia Le Théâtre du Monde (1559), Histoires tragiques extraictes des œuvres italiennes de Bandel (1559) où se trouve la traductiLire la suite…, sous prétexte de mettre en français le texte de BandelloBandello, MatteoMatteo Bandello (Castelnuovo Scrivia/Piémont, Italie, ?, 1545 – Bazens/Lot-et-Garonne, ? 1561), évêque et écrivain. Il fit ses études dans des couvents franciscains puis entra dans les ordres. Il fréquenta la cour de Maximilien Sforza jusqu’en 1515 et fut envoyé en mission en France en 1Lire la suite…, le refait presque complètement, y introduit même un personnage de sa façon (l’apothicaire qui vend le poison à Roméo), et remplace la conclusion traditionnelle par un dénoûment tout nouveau où Roméo meurt sans avoir assisté au réveil de sa femme, et où Juliette se tue avec le poignard de son mari.

« C’est toujours par la France que l’Angleterre est initiée au mouvement littéraire de la Renaissance. Le roman italien, corrigé par Pierre BoisteauBoaistuau, Pierre dit Pierre LaunayPierre Boaistuau dit Pierre Launay (Nantes, ? 1517 – Paris, ? 1566), traducteur et écrivain. Il fut le premier éditeur des nouvelles de Marguerite de Navarre et publia Le Théâtre du Monde (1559), Histoires tragiques extraictes des œuvres italiennes de Bandel (1559) où se trouve la traductiLire la suite…, passe le détroit, et aussitôt un rapsode anglais, Arthur BrookeBrooke, ArthurArthur Brooke ( ? – en mer, 19 mars 1563), poète. On connaît peu de choses de ce poète qui fit des études de droit avant d’être accepté dans l’Honorable Société de l’Inner Temple pour devenir avocat plaidant. En 1562,  il écrivit The Tragicall Historye of Romeus and Iuliet (L’HiLire la suite…, paraphrase la version française dans un poème de quatre mille vers, qu’il édite en 1562 avec ses initiales, sous le titre prolixe : La tragique histoire de Roméo et Juliette, contenant un rare exemple de vraie constance, ainsi que les subtils conseils et pratiques d’un vieux moine, et leur fatal résultat.

« Cinq ans plus tard, un héraut d’armes de la reine ElisabethElisabeth Ire TudorElisabeth Ire Tudor, (Londres, 7 septembre 1533 – Londres, 24 mars 1603), reine d’Angleterre. Fille du roi Henri VIII d’Angleterre et d’Anne Boleyn, elle succéda sur le trône à son demi-frère Edouard VI (1547-1553), fils de Henri VIII et de Jane Seymour, et à sa demi-sœur Mary Ire TudoLire la suite…, William PaynterPainter, WilliamWilliam Painter [Paynter] ( ?, vers 1540 – Londres, ca. 15 février 1595), écrivain et traducteur. Il était greffier de l’artillerie à la tour de Londres et débuta en traduisant en anglais L’Horrible et cruel meurtre du sultan Soliman (1558) puis publia des recueils de contes sous le titrLire la suite…, plus modeste qu’Arthur BrookeBrooke, ArthurArthur Brooke ( ? – en mer, 19 mars 1563), poète. On connaît peu de choses de ce poète qui fit des études de droit avant d’être accepté dans l’Honorable Société de l’Inner Temple pour devenir avocat plaidant. En 1562,  il écrivit The Tragicall Historye of Romeus and Iuliet (L’HiLire la suite…, traduit littéralement le texte de BoisteauBoaistuau, Pierre dit Pierre LaunayPierre Boaistuau dit Pierre Launay (Nantes, ? 1517 – Paris, ? 1566), traducteur et écrivain. Il fut le premier éditeur des nouvelles de Marguerite de Navarre et publia Le Théâtre du Monde (1559), Histoires tragiques extraictes des œuvres italiennes de Bandel (1559) où se trouve la traductiLire la suite… et insère cette traduction dans une compilation banale, le Palais du plaisir, colportée par toute l’Angleterre dès 1567.

« ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite… venait de naître.

« C’est par cette série d’interprètes que la légende murmurée jadis sur une route par un passant est parvenue de souffle en souffle jusqu’à l’esprit souverain qui doit la vivifier.

« Coïncidence frappante ! au moment où la fable italienne traverse la Manche, évoquée par le génie du Nord, elle franchit les Pyrénées, réclamée par le génie du Midi. Elle prend possession à la fois de ces deux grandes scènes rivales, la scène anglaise et la scène espagnole. Pendant que là-bas au milieu des brumes de la Tamise, William ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite… rêve Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…, ici, sous un soleil presque africain, Lope de Vega compose les Castelvins et les MontèsesCastelvines y MontesesCastelvines y Monteses, tragi-comédie en trois actes et en vers de Lope de Vega. Elle fut créée à Madrid  à une date incertaine entre 1606 et 1612.Lire la suite…. »

On voit à voit à quelle prodigieuse fortune était destiné le récit du soldat véronais : « Roman, il a ému l’Italie et la France, comédie, il a amusé l’Espagne ; drame, il a passionné l’Angleterre et le monde. »

M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… n’est pas le premier musicien dont l’imagination ait été éveillée par le drame de ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite….

SteibeltSteibelt, Daniel GottliebDaniel Gottlieb Steibelt (Berlin, 22 octobre 1765 – Saint-Pétersbourg, 20 septembre 1823), pianiste et compositeur. Son père, officier de l’armée prussienne, l’obligea à s’enrôler dans l’armée. Le jeune Steibelt, qui avait étudié la musique avec Johann Philipp Kirnberger, déserta Lire la suite…, compositeur allemand du plus grand mérite et pianiste de premier ordre, étant venu à Paris au commencement de l’année 1790, y fit la connaissance du vicomte de SégurSégur, Joseph-Alexandre-Pierre, vicomte deJoseph-Alexandre-Pierre, vicomte de Ségur (Paris, 14 avril 1756 – Bagnères-de Bigorre/Hautes-Pyrénées, 27 juillet 1805), auteur dramatique et librettiste. Il fut colonel des régiments de Noailles, de Lorraine et des dragons de Ségur. En 1789, il fut élu député de la noblesse de Paris aux Lire la suite…, qui lui confia le livret de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…. Cet ouvrage, destiné d’abord à l’Opéra, fut représenté au théâtre Feydeau en 1793, et obtint un des plus beaux et des plus légitimes succès qu’il y ait eus à la scène française. Au dire de M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, bien que la musique de SteibeltSteibelt, Daniel GottliebDaniel Gottlieb Steibelt (Berlin, 22 octobre 1765 – Saint-Pétersbourg, 20 septembre 1823), pianiste et compositeur. Son père, officier de l’armée prussienne, l’obligea à s’enrôler dans l’armée. Le jeune Steibelt, qui avait étudié la musique avec Johann Philipp Kirnberger, déserta Lire la suite… fût mal écrite pour les voix et qu’on y trouvât des longueurs qui refroidissent l’action, l’originalité des formes, le charme de la mélodie et même la vigueur du sentiment dramatique en quelques situations, ont fait à juste titre considérer sa partition comme une des meilleures productions de son époque, et ont placé son auteur à un rang élevé parmi les musiciens. Le Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite… de SteibeltSteibelt, Daniel GottliebDaniel Gottlieb Steibelt (Berlin, 22 octobre 1765 – Saint-Pétersbourg, 20 septembre 1823), pianiste et compositeur. Son père, officier de l’armée prussienne, l’obligea à s’enrôler dans l’armée. Le jeune Steibelt, qui avait étudié la musique avec Johann Philipp Kirnberger, déserta Lire la suite… manque à bien des bibliothèques musicales, et il est plus d’un compositeur qui n’a jamais lu cette partition.

L’opéra que ZingarelliZingarelli, Niccolo AntonioNiccolo Antonio Zingarelli (Naples, 4 avril 1752 – Torre del Greco près de Naples, 5 mai 1837), compositeur et professeur. A l’âge de sept ans, il perdit son père qui était professeur de chant au Conservatoire de Sainte Marie de Lorette à Naples. Il étudia dans ce même Conservatoire avec Lire la suite… écrivit sur le même sujet fut donné à Milan en 1796, et eut pour principaux interprètes Mme Grassini, CrescentiniCrescentini, GirolamoGirolamo Crescentini (Urbania/Italie, 2 février 1762 – Naples, 24 avril 1846), castrat. Il étudia avec Lorenzo Gibelli et débuta à Rome en 1788. Il fut invité sur toutes les scènes italiennes, où il eut beaucoup de succès dans Giulio Sabino (Sarti), Romeo e Giulietta (Zingarelli), La morteLire la suite… et BianchiBianchi, EliodoroEliodoro Bianchi (Cividale près Bergame, 5 mai 1773 – Palazzolo Bresciano près Brescia, 10 mai 1848), ténor. Fils d’un organiste, il étudia le chant à Naples avec Tritto. Il fit ses débuts à Trévise et à Padoue en 1794 puis chanta avec succès à Gênes, à Modène, à Rome et à Venise. Lire la suite…. Dans l’air Ombra adorata aspetta, que chante Roméo sur le tombeau de Juliette, la voix de CrescentiniCrescentini, GirolamoGirolamo Crescentini (Urbania/Italie, 2 février 1762 – Naples, 24 avril 1846), castrat. Il étudia avec Lorenzo Gibelli et débuta à Rome en 1788. Il fut invité sur toutes les scènes italiennes, où il eut beaucoup de succès dans Giulio Sabino (Sarti), Romeo e Giulietta (Zingarelli), La morteLire la suite… avait, à ce qu’il paraît, des accens d’une tendresse et d’un charme inexprimables : « Quelques personnes, dit le savant biographe que j’ai déjà cité, se rappellent encore avec enthousiasme l’impression profonde que ce grand artiste produisit dans une représentation de l’opéra de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…, qui eut lieu aux Tuileries en 1808. Jamais le sublime du chant et de l’art dramatique ne fut poussé plus loin. L’entrée de Roméo au troisième acte, les cris de désespoir, l’air Ombra adorata, tout cela fut d’un effet tel, que Napoléon et tout l’auditoire fondirent en larmes, et que, ne sachant comment exprimer sa satisfaction à CrescentiCrescentini, GirolamoGirolamo Crescentini (Urbania/Italie, 2 février 1762 – Naples, 24 avril 1846), castrat. Il étudia avec Lorenzo Gibelli et débuta à Rome en 1788. Il fut invité sur toutes les scènes italiennes, où il eut beaucoup de succès dans Giulio Sabino (Sarti), Romeo e Giulietta (Zingarelli), La morteLire la suite…, l’Empereur lui envoya la décoration de l’Ordre de la Couronne de fer, dont il le fit chevalier. » Le sopraniste CrescentiCrescentini, GirolamoGirolamo Crescentini (Urbania/Italie, 2 février 1762 – Naples, 24 avril 1846), castrat. Il étudia avec Lorenzo Gibelli et débuta à Rome en 1788. Il fut invité sur toutes les scènes italiennes, où il eut beaucoup de succès dans Giulio Sabino (Sarti), Romeo e Giulietta (Zingarelli), La morteLire la suite…, qui était un excellent musicien, a composé la prière du troisième acte, et non point l’air Ombra adorata, comme on le croit généralement. Les temps sont bien changés, et les goûts ne sont plus les mêmes ; CrescentiCrescentini, GirolamoGirolamo Crescentini (Urbania/Italie, 2 février 1762 – Naples, 24 avril 1846), castrat. Il étudia avec Lorenzo Gibelli et débuta à Rome en 1788. Il fut invité sur toutes les scènes italiennes, où il eut beaucoup de succès dans Giulio Sabino (Sarti), Romeo e Giulietta (Zingarelli), La morteLire la suite… aujourd’hui exciterait peut-être plus de curiosité que d’enthousiasme, à cause de sa position exceptionnelle et malgré son immense talent. Quant à l’air Ombra adorata aspetta, quel que soit l’effet qu’il ait produit jadis, il n’est guère possible de lui accorder une bien grande valeur musicale, même en le jugeant au point de vue de l’art italien.

C’est également au théâtre de la Scala, à Milan, qu’eut lieu, en 1826, la première représentation de Giulietta e RomeoGiulietta e RomeoGiulietta e Romeo, opera seria en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Nicola Vaccaj et créé au Théâtre de la Canobbiana de Milan le 31 octobre 1825.Lire la suite…, opéra de Vaccaj ; I Montecchi ed i Capuletti, de BelliniBellini, VincenzoVincenzo Bellini (Catania 3 novembre 1801 – Puteaux près Paris, 23 septembre 1835), compositeur. Fils et petit-fils de compositeurs, il fit ses études au Collège Royal de Musique à Naples de 1819 à 1825 avec Tritto et Zingarelli. Il fut également influencé par les opéras de Rossini, compositLire la suite…, furent donnés pour la première fois à Venise le 12 mars 1830. Dans la partition de VaccajVaccai, NicolaNicola Vaccai (Tolentino, 15 mars 1790 – Pesaro, 5 [6] août 1848), compositeur. D’abord attiré par la littérature (il écrivit quatre tragédies en vers), il se tourna rapidement vers la musique et obtint le diplôme de l’Academia de Santa Cecilia de Rome en 1811, puis se perfectionna auprLire la suite…, les trois premiers actes sont assez insignifians ; mais le quatrième acte (la scène du tombeau) est d’un effet très dramatique, et le cantabile Ah ! si tu dormi Svegliati mérite d’être classé parmi les meilleures pages de la musique italienne. J’ai souvent entendu chanter cette scène par Mlle Wertheimer, qui l’a dit avec beaucoup de sentiment et une très grande pureté de style. Dans l’opéra de BelliniBellini, VincenzoVincenzo Bellini (Catania 3 novembre 1801 – Puteaux près Paris, 23 septembre 1835), compositeur. Fils et petit-fils de compositeurs, il fit ses études au Collège Royal de Musique à Naples de 1819 à 1825 avec Tritto et Zingarelli. Il fut également influencé par les opéras de Rossini, compositLire la suite…, contrairement à celui de VaccajVaccai, NicolaNicola Vaccai (Tolentino, 15 mars 1790 – Pesaro, 5 [6] août 1848), compositeur. D’abord attiré par la littérature (il écrivit quatre tragédies en vers), il se tourna rapidement vers la musique et obtint le diplôme de l’Academia de Santa Cecilia de Rome en 1811, puis se perfectionna auprLire la suite…, les trois premiers actes sont infiniment supérieurs au quatrième, et il est d’usage, en Italie comme ailleurs, de jouer les Montecchi ed i Capuletti avec le dénoûment de Giulietta e RomeoGiulietta e RomeoGiulietta e Romeo, opera seria en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Nicola Vaccaj et créé au Théâtre de la Canobbiana de Milan le 31 octobre 1825.Lire la suite…, ce qui ne présente aucune difficulté, attendu que dans l’un et l’autre ouvrages le rôle de Roméo est écrit pour un contralto. La même fusion, ou, si l’on veut, la même confusion, eut lieu à l’Opéra lorsqu’on y représenta, traduit en français, Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…, pour les débuts de Mlle Vesvali, cantatrice à laquelle les aventure romanesques avaient fait une certaine réputation, et qui était bien plus remarquable par sa haute stature et l’ampleur de ses formes que par la distinction de son talent. Cette tentative n’obtint d’ailleurs aucun succès.

J’ai cité les principales œuvres écrites pour le théâtre d’après la tragédie de Shakespeare Shakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite…; les autres, si toutefois il en existe, sont peu connues. On  m’a parlé cependant d’un Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite… [Les Amants de VéroneAmants de Vérone, LesLes Amants de Vérone, drame lyrique en cinq actes sur un livret et une musique du marquis Paul d’Ivry, créé au Théâtre Ventadour de Paris le 12 octobre 1878.Lire la suite…] que tient en portefeuille M. le marquis d’Ivry, musicien amateur très érudit et fort épris de son art. Si la partition de M. le marquis d’Ivry a jamais quelque chance d’être exécutée à Paris, ce ne sera probablement pas au Théâtre-Lyrique.

En dehors de la scène, la belle, la sublime, l’admirable symphonie de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… est la traduction la plus poétique et la plus complète qui ait été faite de l’œuvre de ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite…. Elle fut exécutée pour la première fois au Conservatoire, sous la direction de l’auteur, le 24 novembre 1839. Depuis cette époque, on ne l’a entendue à Paris que dans de rares occasions et à des intervalles très éloignés. Il est vrai qu’il faut un chef extrêmement habile pour en diriger l’exécution ; mais ce ne peut être là une excuse sérieuse invoquée par la Société des Concerts du Conservatoire ou par la Société des Concerts populaires, puisque M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, Dieu merci, est encore de ce monde. La symphonie dramatique de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite… avec chœurs, solos de chant et prologue en récitatif choral, dont les paroles sont de M. Emile DeschampsDeschamps, Anne-Louis-Frédéric-EmileAnne-Louis-Frédéric-Émile Deschamps de Saint-Amand dit Émile Deschamps (Bourges, 20 février 1791 – Versailles, 22 avril 1871), poète et librettiste. Il écrivit deux comédies avec Henri de Latouche dont Le Tour de Faveur (1818), qui eut beaucoup de succès. Il fut l’un des premiers repréLire la suite…, est dédiée à PaganiniPaganini, NicoloNicolo Paganini (Gênes, 27 octobre 1827 – Nice, 27 mai 1840), violoniste et compositeur. Il étudia le violon, la guitare et la composition avec Giovanni Cervetto (Servetto), Giacomo Costa et Francesco Gnecco, puis se perfectionna à Parme avec Alessandro Rolla et Gaspare Ghiretti de 1795 à 1796. Lire la suite…, qui, le lendemain de la première exécution, écrivit à M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… une lettre pleine d’enthousiasme et dans laquelle on remarquait cette phrase : « BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite… mort, vous seul pouviez le remplacer. » En effet, il n’y a pas eu, ni en France ni en Allemagne, de plus grand symphoniste que M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… depuis BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…. Bien des gens qui nient cela aujourd’hui seront de mon avis dans quelques années.

M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… ne sera point surpris si, à propos de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…, et avant d’arriver à l’analyse de sa nouvelle partition, j’ai cru devoir payer un juste tribut d’éloges au maître pour le génie duquel il a un admiration assurément égale à la mienne.

Et maintenant je me hâte de proclamer l’immense et légitime succès que l’auteur de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… (on dit aujourd’hui l’auteur de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…) vient d’obtenir au Théâtre-Lyrique.

Le livret, taillé par MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… dans la tragédie de ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite…, vaut celui qu’ils ont emprunté au drame de Goethe : je ne saurais le mieux louer. En réduisant aux proportions d’un livret d’opéra l’œuvre du poëte anglais, MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… ont dû se résigner à certaines éliminations et à quelques transpositions de scènes ; mais ils n’en ont pas moins conservé à l’action tout son intérêt, au dialogue toutes ses qualités dramatiques, sa poésie et son esprit. Seulement, si à l’exemple des librettistes italiens, ils ont cru devoir adopter l’épisode principal du dénoûment refait par l’acteur Garrick en 1750 pour la scène de Drury-Lane, épisode qui d’ailleurs est conforme à celui de la légende, le réveil de Juliette avant la mort de Roméo, pourquoi n’ont-ils pas mené ce dénoûment jusqu’à la réconciliation entre les Capulets et les Montaigus Capuleti e i Montecchi, II Capuleti e i Montecchi, tragedia lirica en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Vincenzo Bellini et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 11 mars 1830 et au Théâtre-Italien de Paris le 10 janvier 1833. Lors d’une représentation de cet opéra à Bologne Lire la suite…? Il me semble qu’en se montrant en cela traducteurs plus fidèles de l’œuvre de ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite…, ils eussent également pu fournir au compositeur l’occasion d’écrire une de ces scènes grandioses par lesquelles il est bon de terminer quelquefois un drame lyrique, et que M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… n’eût pas manqué de réussir.

Après une courte introduction traversée par un motif fugué, la toile se lève sur un tableau formé de personnages groupés dans des attitudes diverses, une sorte de décaméron. C’est le prologue de la pièce :

Vérone vit jadis deux familles rivales,

Les Montaigus, les Capulets,

De leurs guerres sans fin à toutes deux fatales

Ensanglanter le seuil de ses palais.

Comme un rayon vermeil brille en un ciel d’orage,

Juliette parut et Roméo l’aima,

Et tous deux, oubliant le nom qui les partage,

Un même amour les enflamma !

Sort funeste ! aveugles colères !

Ces malheureux amans payèrent de leurs jours

La fin des haines séculaires

Qui virent naître leurs amours !

Ce chœur, chanté sans accompagnement, mais coupé de deux en deux vers par un accord d’orchestre, offre une certaine analogie, quant à la forme seulement, avec celui du prologue de la symphonie de M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. La mélodie de ce morceau d’ensemble a une grâce et une fraîcheur dont le public s’est montré charmé. Le compositeur ne pouvait préluder d’une façon plus heureuse.

Au début du premier acte, on entend les accens joyeux du bal qui a lieu dans le palais de Capulet. Bientôt les différens personnages du drame entrent en scène ; Capulet présente sa fille à Tybalt et au comte Paris ; Roméo, Mercutio et quelques jeunes seigneurs amis des Montaigus, le visage couvert d’un masque, se sont mêlés à la fête. On sait comment se passe, dans ShakespeareShakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite…, la première entrevue des deux amans ; c’est un ravissant madrigal dont le dernier mot est un baiser. Tybalt a reconnu Roméo, et s’élance vers lui pour le provoquer ; mais Capulet l’arrête :

Laisse en paix ce jeune homme !

Il me plait d’ignorer de quel nom il se nomme !

Je te défends de faire un pas !

La toile tombe sur la reprise du chœur.

Le second acte, c’est l’acte du balcon, ou, si l’on veut, la scène d’amour dans le jardin de Capulet : au loin passent en chantant les amis de Roméo ; Juliette est à sa fenêtre. « O Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton père et abdique ton nom, ou, si tu ne le veux pas, jure de m’aimer, et je ne serai plus une Capulet. ………….Mon amour ! Je te l’ai donné avant que tu l’aies demandé, et pourtant je voudrais qu’il fût encore à donner, rien que pour être généreuse et te le donner encore. » Ainsi parle Juliette, enivrée par la présence de Roméo, Juliette dont le cœur virginal ignore ces réticences qui, ailleurs que sous le ciel de l’Italie, sont les préliminaires de l’amour.

Au commencement du troisième acte, les deux amans viennent recevoir la bénédiction nuptiale dans la cellule du Frère Laurence. Un changement à vue, nous montre la maison de Capulet, devant laquelle à lieu la scène du duel, terminée par l’entrée du duc et la sentence d’exil prononcée contre Roméo.

Avant de quitter Vérone, Roméo, guidé par la nourrice, est introduit dans la chambre de Juliette ; les premières lueurs du matin et le chant de l’alouette avertissent le meurtrier de Tybalt qu’il doit prendre le chemin de Mantoue. « Veux-tu donc partir ? le jour n’est pas proche encore ; c’était le rossignol et non l’alouette dont la voix perçait ton oreille craintive…. Crois-moi, amour, c’était le rossignol. »

A peine Roméo s’est-il éloigné, le vieux Capulet, accompagné du Frère Laurence, entre chez sa fille et lui annonce que tout est préparé pour son mariage avec le comte Paris. Le moine, resté seul avec Juliette, lui donne le breuvage qui doit l’endormir et répandre sur ses traits l’image de la mort. « Les roses de tes lèvres et de tes joues seront flétries et ternes comme la cendre ; les fenêtres de tes yeux seront closes, comme si la mort les avait fermées au jour de la vie …. Le matin quand le fiancé arrivera pour hâter ton lever, il te trouvera morte dans ton lit ; alors selon l’usage de notre pays, vêtue de ta plus belle parure et placée dans un cercueil découvert, tu seras transportée à l’ancien caveau où repose toute la famille des Capulet. Cependant, avant que tu sois éveillée, Roméo, instruit de nos plans par mes lettres, arrivera ; lui et moi nous épierons ton réveil, et cette nuit-là même Roméo t’emmènera à Mantoue. Et ainsi tu seras sauvée d’un déshonneur imminent, si nul caprice futile, nulle frayeur féminine n’abat ton courage au moment de l’exécution. »

Dans la version de MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…, c’est au milieu de la fête nuptiale que Juliette tombe inanimée dans les bras de son père. Je ne crois pas que personne songe à reprocher aux auteurs du libretto de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite… les quelques modifications qu’ils ont cru devoir apporter à la marche du drame telle qu’elle existe dans l’œuvre du poëte. Habiles et expérimentés en l’art d’écrire pour le théâtre, ils ont parfaitement rempli le but que tout librettiste doit se proposer d’atteindre : intéresser le public et fournir les situations les plus variées et les plus musicales au compositeur.

La nouvelle partition de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… est, de tous ses ouvrages, celui dans lequel il y a le plus d’unité et de qualités homogènes. Un souffle poétique passe à travers cette œuvre charmante, où même les morceaux de demi caractère ne trahissent pas la moindre faiblesse, la moindre négligence dans le style du musicien. On m’a déjà demandé si mes préférences étaient pour Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite… ou pour FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…. C’est là une question fort embarrassante, à laquelle je ne puis guère répondre encore catégoriquement. Peut-être pourrait-on trouver que certaines pages de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… ont plus de grandeur et une plus grande puissance de coloris, mais, par contre, il ne serait pas impossible à la critique méticuleuse de signaler dans cette belle partition des lacunes et des inégalités qui n’existent pas dans Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…. Là on sent que le compositeur est tout à fait maître de soi et qu’il s’est attaché particulièrement à créer une œuvre dont chaque détail, chaque nuance doit concourir à l’harmonie de l’ensemble. Il a donné et su conserver à chacun de ses personnages cette physionomie particulière dont tout musicien dramatique doit se préoccuper s’il veut arriver à composer des types et non point à écrire des rôles ; la valse que chante Juliette au premier acte est un incident musical d’une portée trop minime pour que les plus délicats puissent l’opposer à M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… comme une sérieuse contradiction.

IngresIngres, Jean-Auguste-DominiqueJean-Auguste-Dominique Ingres (Montauban/Tarn-et-Garonne, 29 août 1780 – Paris, 14 janvier 1867), peintre. Fils du peintre et sculpteur Jean-Marie-Joseph Ingres, il fit des études d’abord à l’Académie de Toulouse avec Jean Suau puis, à partir de 1796, à Paris avec Jacques-Louis David. EnLire la suite… disait que le piano était la pierre de touche d’un opéra, et il ajoutait, en parlant de celui qu’il considérait comme le chef-d’œuvre par excellence : Don Juan résiste à toutes les épinettes. Les partitions de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… n’ont point à redouter ce genre d’épreuve ; mais quand bien même ce serait Théodore Ritter qui accompagnerait au piano celle de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite…, on n’en aurait encore une idée fort incomplète, tant il y a de charme, d’élégance, de variété, de puissance et de délicatesse dans l’instrumentation de cet ouvrage.

Jamais je n’ai mieux senti qu’en ce moment combien la plume est inhabile à retracer les émotions que l’on a éprouvées en entendant une œuvre musicale, et si je me laissais aller à donner une analyse technique des principaux morceaux de la nouvelle partition que tout Paris ira applaudir, jamais analyse ne m’aurait semblé aussi insuffisante et aussi aride.

J’ai déjà cité le chœur du prologue ; toute la scène qui sert d’introduction au premier acte est écrite avec une verve entraînante et presque entièrement sur le même rhythme ternaire. L’air de Capulet, auquel le compositeur a mis une pointe d’archaïsme qui fait songer à MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, est plein de bonhomie et de gaîté ; la ballade de la Reine Mab, chantée par Mercutio, a beaucoup d’originalité et un caractère fantastique qu’elle emprunte surtout à la façon dont elle est instrumentée. J’ai remarqué dans le joli madrigal à deux voix que chantent Roméo et Juliette une phrase que le compositeur doit avoir reproduite avec une intention, en lui donnant seulement une expression plus large, dans le duo final du cinquième acte. Ceci m’amène à constater l’heureux emploi que M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… a su faire du procédé qui consiste à rappeler tel fragment mélodique, tel effet d’orchestre, pour indiquer aux spectateurs un lien ou une corrélation entre deux situations différentes. Ce n’est qu’un procédé mais encore n’est-il pas donné à tout le monde de savoir s’en servir à propos. Laissez-moi vous dire maintenant quelle plainte, quelle douleur il y a dans l’orchestre lorsque Juliette vient d’entendre prononcer par Tybalt le nom de Roméo. Toutes les émouvantes péripéties du drame apparaissent à travers cette lugubre mélopée instrumentale, qui semble réaliser déjà les pressentimens de la fille de Capulet.

Ah ! je l’ai vu trop tôt sans le connaître !

La haine est le berceau de cet amour fatal !

C’en est fait ! Si je ne puis être

A lui, que le cercueil soit mon lit nuptial !

On a fort goûté la préface instrumentale du second acte, et toute la scène qui précède le duo d’amour chanté par Juliette et Roméo. Ce duo, comme expression et comme sentiment, est une progression sur le madrigal de l’acte précédent, de même que le duo du quatrième acte sera une progression sur celui-ci. M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, ayant a traité une situation à peu près semblable à celle de Faust arrivant la nuit chez Marguerite, s’est gardé de toute réminiscence, et ce n’était pas là un écueil facile à éviter. Le trio du mariage, à l’acte suivant, est d’un beau caractère, et il y a beaucoup d’onction et de solennité dans la bénédiction du moine. Comme contraste à ce tableau, vient ensuite la délicieuse chanson du page Stephano :

Que fais-tu, blanche tourterelle,

Dans ce nid de vautours ?

La rencontre des Capulets et des Montaigus, la scène du duel, la mort de Tybalt et de Mercutio, forment un ensemble très développé, plein de détails intéressans et d’un très beau sentiment dramatique. Le morceau capital de la partition ; celui, du moins, qui a le plus profondément ému le public, c’est le duo du quatrième acte. La salle frissonnait chaque fois que revenait cette adorable inspiration : Non, ce n’est pas le jour, ce n’est pas l’alouette, chantée alternativement par Juliette et Roméo. L’épithalame à huit voix avec double chœur, accompagné pianissimo par quelques instrumens à vent, a produit un très grand effet. Je citerai aussi comme une des plus belles pages que M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… ait écrite le morceau instrumental exécuté pendant le sommeil de Juliette. Il y avait au commencement du cinquième acte, une marche qui accompagnait le convoi de Juliette et qui était fort belle, je regrette qu’on ait cru devoir la supprimer. Dans la scène du tombeau, le compositeur a trouvé les accens les plus touchans et les plus vrais ; une large part d’éloges doit être faite à ce dénoûment, traité d’un bout à l’autre avec une science profonde, avec un sentiment dramatique des plus élevés. Voilà donc une œuvre, une œuvre poétique et charmante, dans laquelle le savoir et l’inspiration se révèlent au même degré : elle passionnera le public et sera pour les musiciens un sujet d’étude et de méditation ; elle apprendra à ceux qui cherchent le succès dans la banalité qu’on le trouve aussi quelquefois dans les plus pures régions de l’art.

L’exécution a été excellente, et l’orchestre du Théâtre-Lyrique, habilement conduit par M. DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite…, mérite de sincères félicitations ; chaque détail, chaque nuance de l’œuvre de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… ont été rendus avec un soin extrême, avec une rare perfection. Mme Carvalho a montré dans le rôle de Juliette, lequel vaudra pour elle au moins celui de Marguerite, des qualités dramatiques de premier ordre qui ajoutent encore au prestige de son beau talent et elle a déployé, pour chanter les délicieuses inspirations de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, toute les grâces de son style. Il est heureux vraiment que Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra-comique en trois actes sur un livret du vicomte Joseph-Alexandre-Pierre de Ségur mis en musique par Daniel Gottlieb Steibelt et créé au Théâtre Feydeau le 19 septembre 1793.Lire la suite… ait été exécuté au Théâtre-Lyrique, où le musicien a rencontré en M. MichotMichot, Pierre-JulesPierre-Jules Michot (Lyon, 22 mai 1828 – Chatou, 22 avril 1896), ténor. Il fit ses débuts en province puis chanta à Paris au café-concert, où Adolphe Adam le remarqua. Il étudia auprès de A. Guillot de Sainbris et débuta au Théâtre-Lyrique dans le rôle-titre de Richard Cœur-de-Lion (Lire la suite… un ténor doué d’un bel organe et des qualités les plus sympathiques. Ailleurs peut-être il eût été obligé de transposer pour contralto et pour baryton le rôle de Roméo.

E. Reyer

Le Théâtre-Lyrique a inauguré mercredi dernier la série des représentations-concerts qui auront lieu trois fois par semaine avec le concours de Mlle Carlotta PattiPatti, CarlottaCarlotta Patti (Florence, 30 octobre 1835 – Paris, 27 juin 1889), soprano. Elle débuta à l’Académie de Musique de New York en janvier 1861. Elle souffrait d’une légère claudication qui fait qu’elle ne se produisit que rarement sur les scènes des théâtres lyriques, préférant chanterLire la suite… et de M. Henri VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…. Le talent de Mlle Carlotta n’était guère connu à Paris que par un très petit nombre de privilégiés : aujourd’hui tout le monde musical doit savoir que cette jeune et belle personne fait des prodiges de vocalisation, qu’elle se joue avec une parfaite aisance des difficultés les plus insurmontables, et qu’il ne lui manque, pour être une artiste du premier mérite, que de mettre dans son chant un peu plus d’expression et de sentiment.

J’ai toujours considéré M. VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite… comme le roi des violonistes, non seulement à cause de son immense talent d’exécution, mais aussi parce que chez lui le musicien est à la hauteur du virtuose. Son quatrième concert en ré mineur est une œuvre magistralement écrite, et sa polonaiseBallade et Polonaise op. 38Ballade et Polonaise op. 38 pour violon et orchestre de Henri Vieuxtemps. Elle fut publiée par C.F. Peters à Leipzig vers 1860.Lire la suite… est assurément un des morceaux de concert les plus brillans et les mieux réussis. Je ne reprocherai pas trop sévèrement à l’orchestre du Théâtre-Lyrique ses hésitations et ses défaillances, parce qu’elles ne peuvent être attribuées qu’à l’insuffisance des répétitions. Parmi les membres de cet orchestre d’élite, il n’en est pas un qui n’apprécie, comme il mérite de l’être, le talent de M. VieuxtempsVieuxtemps, HenriHenri Vieuxtemps (Verviers/Belgique, 17 février 1820 – Mustapha/Algérie, 6 juin 1881), violoniste et compositeur. Enfant prodige, il se produisit en concerts à Bruxelles dès l’âge de sept ans, attirant l’attention du violoniste Charles de Bériot qui le fit venir à Paris, où il débuta enLire la suite…, et qui ne comprenne le soin et le zèle qu’il convient d’apporter à l’exécution des œuvres d’un grand artiste.

E. R.