L’Athenæum français, 29 août 1852, p. 139-140 (article signé E. Reyer).

Théâtres – chronique musicale.

Les poëmes lyriques. — Les deux JaketDeux Jaket, LesLes Deux Jaket, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène de Planard, mis en musique par Justin Cadaux, créé à l’Opéra-Comique le 12 août 1852.Lire la suite…, opéra comique en un acte, paroles de M. de PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite…, musique de M. Justin CadauxCadaux, JustinJustin Cadaux (Albi, 13 mars 1813 – Paris, 8 novembre 1874), compositeur, organiste. Après des études inachevées au Conservatoire de Paris, il enseigna le piano à Bordeaux et à Toulouse où il était organiste de l’église métropolitaine. Il fit représenter deux ouvrages scéniques, Axel (1Lire la suite…. —Robert le DiableRobert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…, débuts de mademoiselle Emmy LagruaLa Grua, EmmaEmma Funk épouse La Grua (Palerme, 15 mai 1831 – Paris, 22 mai 1885), soprano. Elle étudia le chant avec sa mère qui était également chanteuse et débuta à Dresde dans le rôle d’Alice de Robert le Diable (Meyerbeer). Elle chanta aussi Donna Anna dans Don Giovanni (Mozart) et Amina dans La SonLire la suite…. — Reprise de GiselleGiselleGiselle, ballet fantastique en deux actes sur un livret de Théophile Gautier et Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Jean Coralli et une musique d’Adolphe Adam, créé à l’Opéra de Paris le 28 juin 1841.Lire la suite…, débuts de mademoiselle Régina ForliForli, ReginaHéloïse Guérinot, dite Régina Forli (? – ?), danseuse. Elle débuta à l’Opéra de Paris le 6 février 1852 dans Le Violon du Diable et en mai à Londres. Elle dansa à l’Opéra le rôle titre de La Péri en 1853 et dans divers divertissements d’opéras, mais découragée elle abandonna saLire la suite…. — Réouverture du troisième théâtre lyrique. — Les fêtes d’Abbeville.


En voyant la plupart de nos compositeurs demander leurs inspirations à des paroliers et non à des poëtes, on dirait qu’il est un préjugé généralement répandu parmi eux, celui de croire qu’il n’est possible de faire de la bonne musique que sur de méchants vers. Cependant comme un certain nombre de musiciens se sont essayés avec succès sur de fort belles pages poétiques de maîtres anciens et modernes, il est permis de supposer que cette prédilection dont on honore aujourd’hui les simples faiseurs de livrets a une cause tout autre que celle dont nous venons de parler. Cette cause, la voici : c’est que les poëtes n’aiment pas travailler pour les musiciens et que ceux-ci sont par conséquent obligés de s’adresser à des librettistes. MM. Victor HugoHugo, VictorVictor Hugo (Besançon, 26 février 1802 – Paris, 22 mai 1885), écrivain. Tête de file du romantisme, il publia de nombreux poèmes dont Odes (1822), Les Orientales (1829), Les Feuilles d’automne (1831) et surtout le manifeste du romantisme qu’est sa préface à son drame historique CromwellLire la suite…, LamartineLamartine, Alphonse-Marie-LouisAlphonse-Marie-Louis de Prat de Lamartine (Mâcon, 21 octobre 1790 – Paris, 28 février 1869), poète et homme politique. Il acquit une immense célébrité avec son premier recueil de poèmes, Méditations poétiques (1820). Il publia ensuite Les Harmonies poétiques et religieuses (1830) et les Lire la suite…, Alfred de MussetMusset, Louis-Charles-Alfred deLouis-Charles-Alfred de Musset (Paris, 11 décembre 1810 – Paris, 2 mai 1857), écrivain. Un des représentant du romantisme, il a écrit des pièces de théâtres dont : Les Caprices de Marianne (1833), Fantasio (1834), On ne badine pas avec l’amour (1834), Lorenzaccio (1834), Le Chandelier (1Lire la suite…, MéryMéry, Francois-Joseph-Pierre-AndréFrançois-Joseph-Pierre-André Méry (Les Aygalades près de Marseille, 21 janvier 1798 – Paris, 17 juin 1866), écrivain. Il étudia le droit à Aix-en-Provence avant de fonder le périodique Le Phocéen en 1820 et plus tard La Méditerranée. En 1824, il vint à Paris et collabora au journal Le Lire la suite…, Théophile GautierGautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux dLire la suite… et autres ont certainement autant d’imagination que MM. de PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite…, ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…, LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite… et de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, mais ils ne consentiront à écrire des poëmes d’opéra que le jour où directeurs, artistes et compositeurs voudront bien s’engager à respecter leurs œuvres.

Le parolier croit avoir tout fait quand il a trouvé des situations amusantes ou dramatiques, suivant le genre pour lequel il écrit ; la pureté du langage, l’élégance de la forme et les règles de la prosodie sont des détails qu’il abandonne facilement à la fantaisie de son collaborateur ; quant aux modifications apportées à son scénario par les prétendues exigences de la mise en scène, il est rare qu’il s’en préoccupe beaucoup. Si le musicien exhibe de ses cartons un air ancien qu’il veuille intercaler dans un opéra nouveau, le librettiste n’est jamais embarrassé de mettre des mots sous des notes ; telle strophe est jugée inutile, il la supprime ; tel vers est trop court, il l’allonge d’une syllabe ; il ne fera aucune difficulté pour transporter au premier acte une romance qui avait sa place marquée au troisième ; la première chanteuse trouve-t-elle que son rôle a moins d’importance que celui du ténor, il s’empresse d’y ajouter une cavatine ; enfin il est d’une docilité extrême, docilité que le poëte est loin de montrer au même degré que lui. Celui-ci a la prétention de croire que son drame est fait dans les meilleures conditions lyriques et il n’accepte pas sans réflexion les observations qui lui viennent de droite et de gauche ; il admet bien que tel mot est plus musical que tel autre, mais il ne veut pas, sous prétexte de faciliter le travail du compositeur, altérer certaines parties de son sujet qui ont leur raison d’être et faire parler à ses personnages un langage barbare, trivial et ridicule. En somme, le poëte tient à conserver le cachet de son individualité et l’indépendance de son style et pense avec raison que son œuvre doit être autre chose qu’un prétexte à musique ou à décorations. Jadis la poésie et la musique se tenaient par la main ; aujourd’hui elles évitent de se trouver ensemble et se jettent l’une à l’autre des regards de défiance et de jalousie. Nous appelons de tous nos vœux une réconciliation que nous croyons véritablement nécessaire et qui constituera un progrès impatiemment attendu. Si on nous objecte que MM. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite…, AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite…, ThomasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite… et bien d’autres ont écrit de fort belles pages musicales sur les libretti de certains faiseurs en renom, nous répondrons qu’il y a évidemment, comme nous l’avons déjà dit, dans ces libretti des situations dramatiques bien faites pour inspirer le musicien et auxquelles il serait injuste de refuser le moindre mérite, mais nous demanderons à notre tour si les mélodies des compositeurs que nous venons de citer paraîtraient moins belles et moins gracieuses chantées sur des vers qui auraient le sens commun et si leurs œuvres en seraient pour cela moins appréciées et moins complètes.

Avec quelques concessions faites de part et d’autre, directeur, poëtes et musiciens arriveront à s’entendre parfaitement, et le public renoncera peu à peu au plaisir d’entendre chanter sur le premier de nos théâtres lyriques des vers dans le genre de ceux-ci que nous prenons au hasard dans les meilleures pièces du répertoire :

Sans que nul souci nous assiège

Savourons le macaroni :

C’est notre plus beau privilège

A nous autres lazzaroni.

(Zerline ou la Corbeille d’oranges, opéra en trois actes, poëme de M. Eugène ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…, de l’Académie française.)

Quoi qu’il advienne ou qu’il arrive,

Marchons l’un sur l’autre à la fois.

(Les HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, grand opéra en cinq actes, poëme de M. Eugène ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…, de l’Académie française.)

Ah ? si j’étais coquette,

Ah ! pareille conquête,

Oui, serait bientôt faite.

(Idem, ibidem.)

Reste là près de lui ! son corps est un rempart

Que ne franchit pas le poignard.

(Le Juif errantJuif errant, LeLe Juif Errant, opéra en cinq actes, sur un livret d’Eugene Scribe et de Henri de Saint-Georges, d’après le roman de Sue, mis en musique par Fromental Halévy, créé à l’Opéra de Paris le 22 avril 1852.Lire la suite…, grand opéra en cinq actes, poëme de MM. Eugène ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… et de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite….)

II est évident que les exemples ne nous manqueraient pas non plus si nous voulions les choisir dans un ordre d’ouvrages moins élevé.

Nous passerons sans transition aucune à l’analyse du petit opéra de MM. de PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite… et Justin CadauxCadaux, JustinJustin Cadaux (Albi, 13 mars 1813 – Paris, 8 novembre 1874), compositeur, organiste. Après des études inachevées au Conservatoire de Paris, il enseigna le piano à Bordeaux et à Toulouse où il était organiste de l’église métropolitaine. Il fit représenter deux ouvrages scéniques, Axel (1Lire la suite…, quoique ce ne soit certainement pas le libretto des deux JacketDeux Jaket, LesLes Deux Jaket, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène de Planard, mis en musique par Justin Cadaux, créé à l’Opéra-Comique le 12 août 1852.Lire la suite… qui nous ait suggéré les réflexions précédentes. Peut-être aurait-il pu les motiver, mais nous devons à la vérité d’avouer qu’elles lui sont antérieures.

La scène se passe en Hollande, le pays des pipes et des brouillards, dans la maison du fermier Pleemann. Madame Pleemann et sa sœur avaient été fiancées à William et à Jordy Jaket, deux braves marins qui un beau jour ont planté là leurs amoureuses pour s’en aller pécher la baleine au milieu des bancs de glace de la mer Polaire. Après avoir attendu pendant trois ans le retour des frères Jaket, Lucy et Marguerite se sont consolées. Marguerite s’est mariée la première, et Lucy va suivre l’exemple de sa sœur. Le distillateur Vanderschnyk (comme ce nom est ingénieusement trouvé !) a déjà commandé les violons pour la noce ; seulement ce n’est pas pour lui qu’ils joueront : l’un des deux Jaket tombe à l’improviste au milieu des invités, des témoins et du notaire ; c’est Jordy Jaket, l’amant de Lucy ; il réclame ses droits sur sa fiancée, et le Vanderschnyk est éconduit. Quant à l’autre Jaket, moins heureux que Jonas, il n’a pu s’échapper du ventre de la baleine, dans lequel, sur la foi des saintes Écritures, il avait eu l’imprudence de s’abriter.

Cette donnée d’une remarquable simplicité a inspiré à M. CadauxCadaux, JustinJustin Cadaux (Albi, 13 mars 1813 – Paris, 8 novembre 1874), compositeur, organiste. Après des études inachevées au Conservatoire de Paris, il enseigna le piano à Bordeaux et à Toulouse où il était organiste de l’église métropolitaine. Il fit représenter deux ouvrages scéniques, Axel (1Lire la suite… de fort agréables mélodies. M. CadauxCadaux, JustinJustin Cadaux (Albi, 13 mars 1813 – Paris, 8 novembre 1874), compositeur, organiste. Après des études inachevées au Conservatoire de Paris, il enseigna le piano à Bordeaux et à Toulouse où il était organiste de l’église métropolitaine. Il fit représenter deux ouvrages scéniques, Axel (1Lire la suite…, ancien élève de l’école de Rome, est un musicien très-distingué qui n’affecte aucune prétention à la science ; il écrit sagement ; ses idées sont exprimées avec clarté et son instrumentation offre des combinaisons de sonorité qui ne manquent pas d’intérêt. L’ouverture des deux JaketDeux Jaket, LesLes Deux Jaket, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène de Planard, mis en musique par Justin Cadaux, créé à l’Opéra-Comique le 12 août 1852.Lire la suite… est habilement travaillée et renferme de jolis motifs agencés avec goût. Vient ensuite un chœur bien rhythmé, accompagné par d’heureux effets d’orchestre ; les couplets de Marguerite ont une allure élégante et facile ; la romance de Pleemann est d’un bon sentiment mélodique, et le duo de bravoure, dans lequel RicquierRicquier, AchilleAchille-Charles-Colette Ricquier (Paris, ? 1794 – Paris, 24 avril 1861), ténor. Ancien officier de l’armée impériale, il débuta à Bordeaux en 1815. Excellent comique, il fit partie de la troupe de l’Opéra-Comique de 1835 à  1856 et y créa de nombreux rôles dont le marquis du PostillLire la suite… se livre à une pantomime si amusante, a de l’entrain et de la couleur. Il est tout à fait dans le style italien et nous a rappelé le fameux crescendo de la scène finale du quatrième acte de la NormaNormaNorma, opéra en deux actes sur un livret de Felice Romani (d’après Soumet et Lefèvre) mis en musique par Vincenzo Bellini, créé au Théâtre de la Scalla de Milan le 26 décembre 1831. Lire la suite…. CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, parfaitement grimé, avec sa robe de pèlerin, ses grandes lunettes bleues et sa longue barbe grise, a chanté avec beaucoup de verve un air qui a du caractère et dont la coupe est assez originale. Un apologue qui s’adresse aux maris jaloux et un chœur d’allégresse bien mouvementé terminent ce charmant petit acte, que tout le monde a chaleureusement applaudi.

Nous n’avons pas encore nommé mademoiselle MeyerMeyer-Meillet, Marie-StephanieMarie-Stéphanie Meyer-Meillet (Paris, 28 septembre 1828 – Belgique, ?), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint en 1848 un 2eme prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique. Elle fut engagée à l’Opéra-comique où elle débuta le 22 Novembre 1848 dans le rôle de Fiamma du DLire la suite… mademoiselle DecroixDecroix, Marguerite Jeanne CamilleMarguerite Jeanne Camille Decroix (Lyon, 11 janvier 1828 – ?) Après avoir débuté à l’éphémère Opéra-National au Cirque Olympique du Boulevard du Temple dirigé par Adolphe Adam (15 Nov. 1847 au 13 Mars 1848), elle chanta à l’Opéra-Comique de 1848 à 1860. Elle débuta dans le rôle de Lire la suite… et M. Meillet Meillet, Auguste Alphonse EdmondAuguste-Alphonse-Edmond Meillet (Nevers, 7 avril 1828 – Veules/ Seine-Inférieure, 31 août 1871), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, et fut engagé à l’Opéra de 1848 à 1851. Il fut dans la troupe du Théâtre-Lyrique de 1851 à 1861 sauf pour la saison 1852/53 où il chanta à l’OpLire la suite…; ils ont pourtant droit à tous nos éloges.

Une jeune et belle cantatrice, que l’Opéra peut compter aujourd’hui au nombre de ses premiers sujets, vient de débuter de la manière la plus brillante dans le rôle d’Alice de Robert le Diable ; Robert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…ce rôle sied bien mieux au talent de mademoiselle Lagrua que celui d’Irène du Juif errantJuif errant, LeLe Juif Errant, opéra en cinq actes, sur un livret d’Eugene Scribe et de Henri de Saint-Georges, d’après le roman de Sue, mis en musique par Fromental Halévy, créé à l’Opéra de Paris le 22 avril 1852.Lire la suite…, et il nous a permis d’apprécier d’une manière plus complète les qualités de cette charmante artiste. La voix de mademoiselle Lagrua a de l’éclat et de la fraîcheur ; elle parcourt sans le moindre effort l’échelle la plus étendue du mezzo-soprano, et dans les notes hautes, comme dans celles du médium, elle est d’un timbre harmonieux et sympathique. Mademoiselle Lagrua joue avec beaucoup de finesse et d’intelligence ; elle se costume avec goût, et nous n’avons jamais vu personne porter d’une manière aussi élégante et aussi gracieuse l’habillement pittoresque de l’aimable fiancée de Raimbaud. C’est mademoiselle Lagrua qui remplira le principal rôle dans l’Opéra de M. Niedermeyer.

GiselleGiselleGiselle, ballet fantastique en deux actes sur un livret de Théophile Gautier et Henri de Saint-Georges, une chorégraphie de Jean Coralli et une musique d’Adolphe Adam, créé à l’Opéra de Paris le 28 juin 1841.Lire la suite… vient de reparaître sur l’affiche après une assez longue absence ; la vaporeuse légende si poétiquement traduite par MM. Théophile GautierGautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux dLire la suite… et de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, les délicieuses mélodies de M. AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… et la walse langoureuse de M. BurgmüllerBurgmüller, Friedrich Johann FranzFriedrich Johann Franz Burgmüller (Ratisbonne, 4 décembre 1806 – Beaulieu/ Yvelines, 13 février 1874), pianiste et compositeur. Fils du compositeur Johann August Franz Burgmüller, il s’établit à Paris en 1832 et fut naturalisé dix ans plus tard. Il y enseigna le piano et composa surtout desLire la suite… ont été accueillies comme au jour de la première représentation. La jeune débutante, mademoiselle Régina ForliForli, ReginaHéloïse Guérinot, dite Régina Forli (? – ?), danseuse. Elle débuta à l’Opéra de Paris le 6 février 1852 dans Le Violon du Diable et en mai à Londres. Elle dansa à l’Opéra le rôle titre de La Péri en 1853 et dans divers divertissements d’opéras, mais découragée elle abandonna saLire la suite…, a voltigé très-gracieusement à travers les buissons de clématites et de lauriers-roses dont chaque feuille garde encore le souvenir de Carlotta GrisiGrisi, CarlottaCarlotta Grisi (Visinida, 28 juin 1819 – St. Jean près Genève, 20 mai 1899), danseuse. Elle étudia à l’école de ballet de la Scala à Milan et fut découverte par le danseur Jules Perrot qui l’introduisit à l’Opéra de Paris. Elle y débuta en 1841 en créant Giselle où elle fit sensationLire la suite…. Mademoiselle Bagdanoff [Bogdanova]Bogdanova, NadejdaNadejda Bogdanova (Moscou, 1836 – Moscou, 15 septembre 1897), danseuse. Elle fut l’élève de son père, Constantin Bogdanov, et se produisit dès l’âge de 10 ans dans les villes de Russie. Elle étudia en 1850 avec Joseph Marzilier et débuta à l’Opéra de Paris dans un pas de deux. Elle obLire la suite… a mené avec une merveilleuse agilité les évolutions nocturnes des pâles willis au bord du lac sombre que la lune moire de ses reflets argentés.

La réouverture du troisième théâtre lyrique se fera le 1er septembre avec un opéra de MM. de LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite… et Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… qui a pour titre Si j’étais roiSi j’étais roiSi j’étais roi, opéra-comique en trois actes sur un livret de Adolphe d’Ennery et Jules Brésil mis en musique par Adolphe Adam, créé au Théâtre-Lyrique le 4 septembre 1852.Lire la suite… et dont on dit le plus grand bien dans les coulisses.

Les fêtes d’Abbeville ont été aussi brillantes que le programme nous les avait annoncées. L’inauguration de la statue de Lesueur avait attiré une foule considérable d’étrangers, et une députation de l’Institut témoignait par sa présence de son respect pour la mémoire du grand musicien. A un signal donné le voile qui masquait les traits du maître de chapelle de l’Empereur est tombé sur le piédestal ; des masses chorales ont entonné une cantate de circonstance composée par M. Ambroise Thomas, et les spectateurs ont salué de leurs applaudissements l’œuvre sculpturale de M. Rochet et l’inspiration mélodique de l’auteur du Songe, qui est aussi un des élèves les plus distingués de Lesueur. Plusieurs fragments empruntés aux partitions des Bardes, de la Caverne et d’Alexandre à Babylone ont été exécutés dans un concert auquel ont pris part madame Gaveaux-Sabatier et M. Funaro, l’excellent premier hautbois du théâtre de la Porte-Saint-Martin. L’ouverture de Mosquita, opéra de Xavier Boisselot, le gendre et l’élève de Lesueur, a été aussi parfaitement accueillie. Pendant son séjour à Abbeville, madame Lesueur a reçu les témoignages les plus flatteurs d’estime et de sympathie, et dans un toast porté par M. LemaireLemaire, Philippe Joseph HenriPhilippe-Joseph-Henri Lemaire (Valenciennes, 9 janvier 1798 – Paris, 2 août 1880), sculpteur. Il fut l’élève de Pierre Cartellier et de Milhomme et remporta le grand Prix de Rome en 1821 avec le bas-relief Alexandre dans la ville des Oxydraques. Il débuta au salon en 1831. Il fut nommé chevalLire la suite… à la veuve du célèbre compositeur, l’habile statuaire a retracé tous les actes d’abnégation et de dévouement par lesquels elle est arrivée à immortaliser les traits de son mari dont le talent a toujours été l’unique objet de son admiration et de son culte.

Le gouvernement français vient de nommer chevalier de la Légion d’honneur le maestro Verdi, auteur d’Ernani, de Jérusalem, de Luisa Miller et de Nabucco.

P. S. Nous croyons utile de relever quelques erreurs de correction qui se sont glissées dans notre dernier article intitulé Pierre Dupont musicien. Nous avons dit que Dupont composait de suaves et non pas de graves mélodies, et nous avons cité M. JuncaJunca, Francois MarcelFrançois-Marcel Junca (Bayonne, vers 1818 – Lormes près de Corbigny/ Nièvre, 4 octobre 1878), basse. Il fit ses études à Toulon puis à Paris et débuta en 1838 à Metz. Il chanta en 1840/41 à Lyon et de 1850 à 1855 au Théâtre-Lyrique de Paris où il participa aux créations des œuvres sLire la suite… et non M. James comme l’un de ses meilleurs interprètes.