L’Athenæum français, 20 novembre 1852, p. 331 (article signé Ern. Reyer).

Chronique musicale.

Théâtre de l’Opéra-Comique. Début de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… dans le Caïd.Caïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite…


C’est une bien jolie et bien spirituelle partition que celle du CaïdCaïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite…, et c’est assurément aussi l’épigramme la plus fine et la mieux tournée qui ait été écrite contre la musique italienne. Tout en avouant notre prédilection bien sincère pour l’école allemande, nous nous gardons bien de ne pas admirer comme ils le méritent les chefs-d’œuvre dont l’Italie a été dotée par quelques-uns de ses illustres maîtres ; mais on nous permettra de dire, cependant, que ces mélodies si franches et si suaves, entourées qu’elles sont, pour la plupart, de banalités et de lieux communs, encadrées dans des formules qui ne varient jamais et accompagnées d’une mise en scène et d’une pantomime qui ne sont pas toujours exemptes de ridicule, ont excité plus d’une fois le sourire de ceux-là même qui expriment le plus haut leur enthousiasme pour l’Opéra-Italien. M. Ambroise Thomas a saisi avec une remarquable justesse d’observation les excentricités et les imperfections les plus saillantes du genre et il en a fait, à l’aide de son talent éminemment distingué, un tableau qui pour la richesse du coloris et la ressemblance des personnages ne le cède en rien au Maître de chapelleMaitre de chapelle, LeLe Maitre de chapelle, opéra-comique en deux actes sur un livret de Sophie Gay mis en musique par Ferdinando Paër et créé à l’Opéra-Comique le 29 mars 1821.Lire la suite… de PaërPaer, FerdinandoFerdinando Paer (Parme, 1er juin 1771 – Paris, 3 mai 1839), compositeur. Il étudia avec son père puis avec Gian Francesco Fortunati, maitre de chapelle de la cour de Parme. Son premier opéra, Orphée et Eurydice (Parme, 1791) fut suivi de plusieurs autres qui lui valurent du succès dans les villLire la suite…. Le final du CaïdCaïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite…, écrit d’après les règles immuables de la tradition italienne, est surtout d’une vérité saisissante et d’un effet dans lequel le burlesque s’élève presque jusqu’au sublime. Nous pouvons en dire autant du duo chanté par BouloBoulo, Jean-Jacques-JosephJean-Jacques-Joseph Boulo (Toulouse, 2 mars 1820 – Toulouse, 1er mai 1887), ténor. Il fit ses études au Conservatoire de Paris où il obtint un 2eme prix de chant. Il débuta à l’Opéra de Lyon dans la saison 1843/4 et yresta jusqu’à la saison 1845/6 puis il se produisit dans les théâtres Lire la suite… et madame UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite… et des couplets de Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite… auxquels la physionomie et la voix de l’acteur ajoutent une piquante originalité. Mais comme nous n’avons pas à rappeler ici les détails connus et généralement appréciés de l’amusante bouffonnerie de MM. ThomasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite… et SauvageSauvage, Thomas-Marie-FrançoisThomas-Marie-François Sauvage (Paris, 5 novembre 1794 – Paris, 2 mai 1877), auteur dramatique et critique théâtral. Il écrivit des pièces de théâtre et des vaudevilles et fut critique théâtral au Journal Général de France et au Moniteur Universel. Il fut pendant un an (1827/28) le direcLire la suite…, nous allons bien vite revenir à l’objet principal de notre article, au début de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite…, le basso cantante dont nous avons déjà constaté le premier succès dans le rôle de Pygmalion. M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… a une assez belle prestance sous l’habit galonné et sous le bonnet à panache de tambour-major : il manie avec beaucoup de dextérité la canne à pomme d’argent dont les évolutions font une si vive impression sur le cœur de mademoiselle Fatma, et il se campe avec une désinvolture des plus martiales devant le haïk bariolé de son odalisque ; seulement il laisse voir dans ses gestes une certaine timidité et un embarras qui témoignent peut-être de sa trop grande préoccupation de faire revivre en lui les souvenirs de M. Hermann-LéonHermann-Léon, LeonardLeonard Herrmann dit Hermann-Léon (Lyon, 3 juillet 1814 – Paris, 13 novembre 1858), basse chantante. Il étudia le chant avec Delsarte et débuta en province puis à Bruxelles. Engagé en 1844 à l’Opéra-comique il y créa les rôles du Capitaine Roland dans Les Mousquetaires de la Reine (HalLire la suite… son prédécesseur, l’un des plus parfaits comédiens qui se soient produits sur la scène de l’Opéra-Comique. Comme M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… nous paraît doué de beaucoup d’intelligence et de bonne volonté, nous ne doutons pas que les conseils de la critique et les applaudissements du public ne lui donnent en très-peu de temps cet aplomb et ce naturel dont nous lui reprochons de manquer aujourd’hui. La voix du jeune débutant, nous l’avons déjà dit, est d’un timbre très-sympathique, d’une étendue suffisante et d’une souplesse qui atteste d’excellentes études ; le rôle du tambour-major, malgré les difficultés dont il est hérissé, a été chanté par M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… avec une perfection qui lui mérite tous nos éloges ; il vocalise admirablement bien ; il phrase avec goût et il possède en un mot toutes les qualités d’un chanteur habile et d’un excellent musicien. Nous le suivrons avec le plus vif intérêt dans une carrière où nous entrevoyons pour lui un brillant avenir s’il ne se laisse pas entraîner par les clameurs du parterre à vouloir devancer l’heure de la renommée ; l’élève de la veille ne saurait être le maître du lendemain, et en art comme en toutes choses l’expérience est le meilleur et le plus sûr de tous les guides.

On répète activement à l’Opéra-Comique l’ouvrage de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite… qui est annoncé pour les premiers jours du mois prochain ; il sera suivi de l’opéra-bouffe que M. Ambroise Thomas est en train d’achever et dont le principal rôle est destiné à madame UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite…. L’engagement de mademoiselle DuprezDuprez, Caroline-FirenziCaroline-Firenzi Duprez (Florence 10 avril 1832 – Pau, 17 avril 1875), soprano. Fille et élève du ténor, Gilbert Duprez, elle chanta à Reims puis au Théâtre-Italien en 1850, Londres en 1851, et Bruxelles en 1851/52 où elle créa le rôle de Joanita dans L’Abîme de la Maladetta composé pLire la suite… est maintenant un fait accompli, et nous pouvons porter cette bonne nouvelle à la connaissance de nos lecteurs.

M. Auguste Morel, notre compatriote, l’auteur du Fils du CorseFils du Corse, LeLe Fils du Corse, mélodie pour voix et piano sur un poème d’Aimé Gourdin mise en musique par Auguste Morel.Lire la suite…, de CoraCoraCora, chanson créole pour voix et piano sur des paroles de Pierre Clément misse en musique par Auguste Morel.Lire la suite…, de Rappelle-toi !Rappelle-toi!Rappelle-toi, mélodie pour voix et piano sur un poème d’Alfred de Musset mis en musique par Auguste Morel.Lire la suite… et de tant d’autres belles et savantes mélodies si justement populaires, vient d’être nommé directeur du Conservatoire de musique de la ville de Marseille. Il succède dans ces hautes fonctions à M. BarsottiBarsotti, Thomas-Gaspard-FortuneThomas-Gaspard-Fortune Barsotti (Florence, 4 septembre 1786 – Marseille, avril 1862), pianiste, organiste et directeur. Il fut professeur de piano et de chant de la reine d’Etrurie, infante d’Espagne et de ses enfants résidant à Compiègne en 1809 puis il fut nommé organiste et maitre de chLire la suite…, homme d’un rare mérite, qui les a remplies pendant plus de trente années avec un zèle et un dévouement que nous avons été à même d’apprécier mieux que personne, nous qui avons reçu de lui nos premières notions de musique.