L’Athenæum français, 12 janvier 1856, p. 33-34 (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

Théâtre de l’Opéra-Comique : les SaisonsSaisons, LesLes Saisons, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 22 décembre 1855.Lire la suite…, opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…, musique de M. Victor MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite…. —Théâtre-Lyrique : l’Habit de noceHabit de noce, L’L’Habit de noce, opéra-comique en un acte sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Louis-Thomas Bignon mis en musique par Paul Cuzent et créé au Théâtre-Lyrique le 29 décembre 1855.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de MM. Denneryd’Ennery, Dennery, AdolpheAdolphe Philippe dit d’Ennery (Paris, 17 juin 1811 – Paris, 25 janvier 1899), auteur dramatique et librettiste. Né Adolphe Philippe, il se donna le pseudonyme Dennery q’un décret en 1858 lui permit de changer et d’écrire avec la particule d’Ennery. Littérateur très habile dans l’agencement deLire la suite… [d’Ennery] et BignonBignon, EugèneLouis-Thomas-Eugène Bignon (Paris, ? 1812 – Paris, 6 décembre 1858), acteur et auteur dramatique. Il débuta comme apprenti cordonnier puis maçon tout se produisant dans les théâtres de banlieue. En 1841, il fut engagé au Théâtre de l’Odéon. Quatre ans plus tard, il fut accueilli au ThLire la suite…, musique de M. Paul Cuzent. — Début de Mlle PouilleyPouilley, Charlotte-AugustineCharlotte-Augustine Pouilley [Pouilly] (Montmartre, 4 février 1831 – ?), soprano. En 1855, elle se produisit à l’Opéra dans La Juive (Halévy) et La Muette de Portici (Auber), avant d’être engagée au Théâtre-Lyrique en remplacement de Marie Cabel en 1856. Elle y chanta le rôle de LaurLire la suite… dans JaguaritaJaguarita l’IndienneJaguarita l’Indienne, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Fromental Halévy et créé au Théâtre-Lyrique le 14 mai 1855.Lire la suite….


Les SaisonsSaisons, LesLes Saisons, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 22 décembre 1855.Lire la suite… sont une suite de tableaux champêtres agencés avec cette prétendue habileté qui, de nos jours, suffit à elle seule pour établir la réputation de certains librettistes, et leur conférer le monopole d’une scène lyrique. Nous ne pensons pas du reste que MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… attachent beaucoup d’importance à une intrigue qui ne joue qu’un rôle très-secondaire dans l’exhibition de leur panorama rustique et qui rappelle, de manière à ne pouvoir pas s’y méprendre, deux des ouvrages les plus connus de Mme George Sand Sand, GeorgeAmandine-Aurore-Lucile Dupin, baronne Dudevant dite George Sand (Paris, 1er juillet 1804 – Nohant, 8 juin 1876), écrivain. Elle fut l’un des écrivains les plus prolifiques de son temps : plus de 70 romans dont Indiana (1832), Lélia (1833/39), Mauprat (1837), Le Compagnon du tour de France (1840Lire la suite…: le PressoirPressoir, LeLe Pressoir, drame en trois actes de George Sand, créé au Théâtre du Gymnase de Paris le 13 septembre 1853.Lire la suite… et Claudie. Ce que les auteurs n’ont pas emprunté à l’illustre écrivain, c’est son style coloré et poétique : leurs paysans parlent ce patois de convention adopté depuis un temps immémorial au théâtre de l’Opéra-Comique ; ils ne sont pas plus Berrichons que Francs-Comtois, pas plus Bourguignons que Périgourdins ; leurs habitudes et leurs caractères n’offrent rien de finement étudié : celui-là est brutal, celui-ci est rusé, cet autre est bête à empailler ; tandis que Mlle Zénobie fait mille agaceries aux plus jolis garçons du village, Mlle Simonne promène sa pleurnicherie de chez le vigneron chez le moissonneur, et comme on lui a chanté une complainte pour lui expliquer tout le danger qu’il y a à passer la nuit en plein air, elle a soin de s’endormir à la belle étoile sur la gerbe qu’elle a fauchée. En se réveillant elle est aveugle et on ne la guérit de sa cécité qu’au quatrième acte : cela n’eût pas duré plus longtemps à la Gaieté ou à l’Ambigu. Il serait injuste cependant de dire que ce libretto est dépourvu d’intérêt ; on y trouve des situations très-dramatiques, des scènes qui ne manquent pas d’animation et de verve : son plus grand mérite est d’avoir servi de prétexte à de fort jolis décors, d’une fraîcheur et d’une vérité remarquables.

Au premier acte les moissonneurs reviennent de leur travail ; les jeunes filles posent coquettement sur leur tête des couronnes d’épis, et le père Nicolas entonne un chant d’action de grâces dont nous avons fort apprécié le caractère religieux et tranquille : c’est-là une belle inspiration qui nous a fait songer aux SapinsSaisons, LesLes Saisons, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 22 décembre 1855.Lire la suite… et au Repos du soirRepos du soir, LeLe Repos du soir, mélodie dont les paroles et la musique sont de Pierre Dupont.Lire la suite… de Pierre Dupont Dupont, PierrePierre Dupont (Lyon, 23 avril 1821 – Lyon, 24 juillet 1870), poète et chansonnier. Grâce au soutien du poète Pierre Lebrun il publia en 1844 son premier volume de vers, Les Deux anges. Sa chanson, Les Boeufs, publiée en 1846 dans son second volume, Les Paysans, connut un retentissant succès. SeLire la suite…; seulement elle a le défaut de se terminer par ce trait en triolets que M. Verdi emploie si fréquemment dans chacun de ses ouvrages. Le chœur répète la dernière strophe, et après un allegretto de quelques mesures les faucheurs rentrent dans la coulisse. Simonne chante une romance mélancolique :

Mon cœur est en peine,

et les paroles expliquent difficilement la quantité de vocalises, de trilles et roulades dont elle orne l’expression de sa douleur : Pierre est auprès d’elle, et la jeune fille sent se dissiper sa tristesse à la vue de son fiancé ; ils chantent ensemble :

Voici la moisson finie,

C’est demain qu’on nous marie.

Ce petit duo est plein de grâce et de naïveté. Le joyeux Thibaut, suivi de tous les moissonneurs, vient troubler ce tête-à-tête amoureux. Une pauvre glaneuse, l’héroïne de la complainte, éveille la compassion de ces bons paysans, et chacun lui fait l’aumône de quelques épis. Le père Nicolas ne voit pas d’un très-bon œil le mariage de son fils avec Simonne ; il aimerait bien mieux lui faire épouser Mlle Zénobie qui doit hériter de sa tante Lamouche, la plus riche fermière du pays : aussi n’épargne-t-il rien pour faire pénétrer le doute dans le cœur de la jeune fille, et il lui parle de celui qu’elle aime dans les termes les plus désobligeants, avec l’accent de l’irritation et de la colère :

Ah ! monsieur Nicolas,

Ne vous emportez pas.

Le vieillard écoute d’une oreille distraite la prière de Simonne, et témoigne de son impatience en frappant le sol du bâton qu’il tient à la main. Voilà encore une chanson plaintive dans laquelle le compositeur n’a pas négligé le point d’orgue habituel ; peut-être est-ce la cantatrice elle-même qui l’a impérieusement réclamé. A la scène suivante nous assistons à une dispute entre Jacques le vigneron et Pierre le moissonneur ; Jacques a des prétentions à la main de Simonne :

Vive le bon grain

Qui fait le bon pain.

Vive le raisin

Qui fait le bon vin.

Il y a de l’entrain dans ce petit duo dont l’allegro, sur un rhythme a six huit (rhythme dont le musicien a un peu abusé) n’est pas du meilleur comique. Mlle Zénobie, qui trouve Pierre fort à son gré, essaye d’amener Jacques à oser demander la main de Simonne ; Thibaut est jaloux :

Il faut en finir.

J’n’y peux plus t’nir !

Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite… prête à ces couplets sa gaieté désopilante et sa pantomime burlesque ; ses cris stridents effraient Mlle Zénobie : elle se sauve et Thibaut court après elle. Restée seule, Simonne s’endort en pensant à son amoureux ; l’orchestre joue en sourdine, et le chœur chante à mezza voce dans la coulisse ; cette scène nocturne est traitée d’une manière très-poétique.

A son réveil la jeune fille

Ne reverra plus le soleil.

Au second acte nous sommes chez Jacques le vigneron ; les vendangeurs, groupés autour du pressoir, goûtent le vin nouveau, et chantent naturellement un chœur à boire ; j’allais oublier l’introduction jouée par l’orchestre avant le lever du rideau et la délicieuse phrase dite par les quatre cors : de petits coups de timbales frappés pianissimo ajoutent à l’effet de cette belle mélodie. La tante Lamouche est morte, et Mlle Zénobie, toute guillerette, le visage épanoui, vient annoncer qu’elle a hérité de la bonne femme : Mlle LemercierLemercier, Marie Charlotte LeocadieMarie Charlotte Léocadie Lermercier (Blois, 7 avril 1827 – Paris, 9 août 1907), soprano. Elle fit ses études au Conservatoire de Paris et obtint en 1845 un 2eme accessit de chant. Elle débuta à l’Opéra-Comique le 29 Juin 1846 dans Zémire et Azor (Grétry). Elle resta jusqu’en 1862 à l’Lire la suite… débite ses petits couplets syllabiques avec un brio et une verve incomparables. Le père Nicolas tient plus que jamais à son projet d’union entre Pierre et Zénobie ; il chante un grand air dont le cantabile nous a paru bien supérieur à l’allegretto. L’amoureux de Simonne a deviné les intentions de son père :

Eh quoi ! la parole qu’on donne,

On peut donc la trahir !

Le musicien a traduit cette situation avec beaucoup de sentiment et d’énergie. Je dois signaler le joli dessin de violoncelles qui accompagne la romance de Simonne :

Où je marche il fait toujours nuit.

Je n’ai pas bien compris ce que Simonne vient faire chez Jacques Ballu, le rival de son fiancé ; le jeune vigneron lui exprime sa passion dans les termes les plus exaltés : elle le repousse, et s’écrie, en songeant aux menaces du père Nicolas :

Il peut nous séparer.

Mais il ne fera pas que jamais je l’oublie.

Mlle DuprezDuprez, Caroline-FirenziCaroline-Firenzi Duprez (Florence 10 avril 1832 – Pau, 17 avril 1875), soprano. Fille et élève du ténor, Gilbert Duprez, elle chanta à Reims puis au Théâtre-Italien en 1850, Londres en 1851, et Bruxelles en 1851/52 où elle créa le rôle de Joanita dans L’Abîme de la Maladetta composé pLire la suite… a trouvé là des accents très-dramatiques, et M. MasséMassé, Felix-Marie-VictorFélix Marie Victor Massé (Lorient, 7 mars 1822 – Paris, 5 juillet 1884), compositeur. Il étudia le piano avec Zimmerman et la composition avec Halévy au Conservatoire de Paris, où obtint le 1er Prix de piano en 1839 et le 1er Prix de Rome en 1844. Il débute à l’Opéra-Comique en 1850 avec LLire la suite… a écrit une des plus belles pages de sa partition. L’orage gronde ; villageois et villageoises trouvent un abri sous le toit de Jacques Ballu qui méconnaît les devoirs de l’hospitalité au point de chercher querelle à Pierre et de l’étourdir d’un coup de poing. On sépare les deux champions, et une fois la bataille terminée, on s’aperçoit que Simonne a disparu. Ce final est bruyant et d’une couleur rustique un peu trop accusée.

Entre le second et le troisième acte, l’orchestre exécute une symphonie imitative : on a froid rien qu’à entendre les gammes chromatiques des violons en sourdines et le sifflement aigu de la petite flûte. Le rideau se lève sur une salle basse à peine éclairée par une lampe fumeuse ; mais la cheminée est vaste et le foyer pétille : les gars et les jeunes filles se tiennent par la main et dansent en chantant des refrains populaires ; puis viennent les récits fantastiques, les contes de revenants, les vieilles légendes : on fait cercle autour du narrateur et on se garde bien de l’interrompre. La veillée pendant les longues soirées d’hiver est un des épisodes les plus intéressants de la vie de campagne. Le vieux Nicolas chante la ballade du nez gelé accompagnée par le chœur à bouche fermée imitant le bruit du vent dans les grands arbres. Ce vieux Nicolas est un rusé compère : il a simulé une grave maladie et acheté cent écus le silence de son médecin pour décider Pierre à épouser Zénobie. Tandis qu’il s’applaudit de la réussite de son stratagème, il voit paraître devant lui Simonne accablée par la fatigue d’une longue route. Elle a apprit que Pierre se mariait et elle vient, non pas pour lui reprocher son infidélité, mais pour être témoin de son bonheur. Après, elle se laissera mourir de chagrin !

Ah ! pourquoi suis-je revenue ?

Après avoir chanté un andante très-émouvant et d’un très-beau style, Simonne a un moment d’hallucination : elle croit voir le ciel s’entr’ouvrir pour la recevoir ; les harpes mêlent leurs notes harmonieuses au chant extatique de la pauvre aveugle. Bientôt elle est rappelée à la réalité par la voix de Pierre qui brave la malédiction paternelle et emmène Simonne, après un duo pathétique, dont la phrase principale se trouve dans l’ouverture. Ce morceau a produit de l’effet : il est parfaitement réussi. Au quatrième tableau, Simonne a recouvré la vue ; le père Nicolas s’est laissé fléchir ; l’église est jonchée de fleurs et le prêtre attend les époux à l’autel. Les accords religieux de l’orgue, le carillon des cloches et les voix des jeunes filles s’unissent en un tutti pompeux et solennel ; le printemps répand dans l’air ses brises parfumées ;

Le ciel même, le ciel, sourit à leurs amours.

Ce vers n’est pas de MM. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… et Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite…, il est de M. Castil-BlazeCastil-Blaze, Francois-Henri-JosephFrançois-Henri-Joseph Blaze dit Castil-Blaze (Cavaillon/Vaucluse, 1er décembre 1784 – Paris, 11 décembre 1857), critique musical, librettiste, traducteur et adaptateur. Il étudia d’abord la musique avec son père, avant de se rendre à Paris pour étudier le droit ; il devint l’un des premLire la suite….

Je crois que les SaisonsSaisons, LesLes Saisons, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Victor Massé et créé à l’Opéra-Comique le 22 décembre 1855.Lire la suite… attireront beaucoup de monde au théâtre de l’Opéra-Comique, et que chacun rendra hommage au talent déployé par le compositeur dans une œuvre de longue haleine qui, à côté de parties un peu négligées, renferme des beautés réelles. J’ai déjà fait l’éloge des décors et de la mise en scène ; j’ajouterai maintenant que la pièce est chantée par quelques-uns des meilleurs artistes du théâtre de M. Perrin : à l’exception de CoudercCouderc, Joseph-Antoine-CharlesJoseph-Antoine-Charles Couderc (Toulouse, 10 mars 1810 – Paris, 16 avril 1875), ténor. Il fit ses débuts à l’Opéra-Comique en 1834 dans Le Petit Chaperon rouge (Boieldieu)  et ne s’en absenta qu’entre 1843 et 1850, période pendant laquelle il se produisit en province et à l’étrangeLire la suite…, excellent dans le rôle de Jacques, je les ai déjà nommés tous.

— Les répétitions du nouvel opéra de MM. Scribe et Auber se poursuivent activement ; on sait que le principal rôle de cet ouvrage est destiné à Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite…, qui vient de quitter le Théâtre-Lyrique, où elle est remplacée par Mlle PouilleyPouilley, Charlotte-AugustineCharlotte-Augustine Pouilley [Pouilly] (Montmartre, 4 février 1831 – ?), soprano. En 1855, elle se produisit à l’Opéra dans La Juive (Halévy) et La Muette de Portici (Auber), avant d’être engagée au Théâtre-Lyrique en remplacement de Marie Cabel en 1856. Elle y chanta le rôle de LaurLire la suite…. Le début de cette jeune personne dans Jaguarita l’IndienneJaguarita l’IndienneJaguarita l’Indienne, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Fromental Halévy et créé au Théâtre-Lyrique le 14 mai 1855.Lire la suite… a été très-heureux ; nous lui conseillons de s’abstenir encore plus qu’elle ne le fait d’imiter les traits périlleux de Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite…, et elle n’en aura que plus de succès. Mlle PouilleyPouilley, Charlotte-AugustineCharlotte-Augustine Pouilley [Pouilly] (Montmartre, 4 février 1831 – ?), soprano. En 1855, elle se produisit à l’Opéra dans La Juive (Halévy) et La Muette de Portici (Auber), avant d’être engagée au Théâtre-Lyrique en remplacement de Marie Cabel en 1856. Elle y chanta le rôle de LaurLire la suite… a une voix très-souple, très-exercée et très-étendue ; sa tenue en scène est parfaite : elle joue son rôle et ne pose pas devant le public.

— Je ne crois pas nécessaire de parler bien longuement d’un petit acte intitulé l’Habit de noceHabit de noce, L’L’Habit de noce, opéra-comique en un acte sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Louis-Thomas Bignon mis en musique par Paul Cuzent et créé au Théâtre-Lyrique le 29 décembre 1855.Lire la suite…, joué la semaine dernière au Théâtre-Lyrique : le chasseur Reynold, qui s’imagine avoir tué l’archiduc, vient demander asile à son ami Withem [Wilhelm] ; il lui emprunte son habit de noce et lui prend sa fiancée, Mlle Catherine, qui n’épousait Withem que parce qu’elle se croyait délaissée par Reynold. Il va sans dire que le chasseur n’a pas été aussi malheureux qu’on le lui a fait croire, et que la balle de sa carabine a atteint non le prince lui-même, mais son portrait. Les soldats qui viennent pour l’arrêter dansent à sa noce, et ne tarissent pas de plaisanteries et de quolibets en voyant la piteuse figure de Withem. M. Paul Cuzent, le célèbre écuyer du Cirque-Olympique a écrit sa première partition sur ce libretto ; M. CuzentCuzent, Paul-JosephPaul Cuzent (Limoges, 12 octobre 1812 – Saint-Pétersbourg, 5 juillet 1856), écuyer et compositeur. Ses parents faisaient partie de la troupe du Cirque Franconi et lui-même y acquit une grande réputation d’écuyer. En 1842, il partit avec sa sœur et son beau-frère en tournée à travers lLire la suite… fait de la musique en amateur ; cela ne l’empêche pas d’avoir un certain talent ; il rencontre çà et là d’agréables inspirations ; ses accompagnements sont travaillés avec soin, et son orchestration, quoique très-bruyante, ne manque pas toujours d’intérêt ; malheureusement M. Paul Cuzent, comme bien d’autres, rencontre souvent au bout de sa plume des imitations et des réminiscences.

— On nous promet pour les premiers jours du mois prochain l’opéra de MM. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite… et Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, dans lequel Mme Miolhan-CarvalhoMiolan-Carvalho, Marie-CarolineMarie-Caroline Félix-Miolan épouse Calvalho (Marseille, 31 décembre 1827 – Paris, 10 juillet 1895), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le 1er prix de chant en 1847. Elle débuta à l’Opéra-Comique en Mai 1850 dans L’Ambassadrice (Auber). Elle participa à Lire la suite… doit remplir le principal rôle.

— M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, auteur de SaphoSaphoSapho, opéra en trois actes sur un livret d’Émile Augier, mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851.Lire la suite…, des Chœurs d’UlysseChoeurs d’UlysseChoeurs d’Ulysse, musique de scène de Charles Gounod pour la tragédie de François Ponsard, créé à la Comédie-Française le 18 juin 1852.Lire la suite…, de la Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, de la Messe de sainte CécileMesse de Sainte-CecileMesse solennelle de sainte Cécile pour solistes et chœur à 4 voix avec accompagnement d’orchestre et d’orgue en Sol majeur de Charles Gounod, créée à l’église Saint-Eustache le 22 novembre 1855.Lire la suite…, jouée cette année à l’église Saint-Eustache, et directeur des Orphéons de Paris, vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur. Cette distinction accordée à un grand artiste a été accueillie de la manière la plus sympathique par tous ceux qui admirent comme nous le talent et le caractère de M. Charles GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite….