Feuilleton du Journal des Debats 1874-05-17

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 17 MAI 1874.

 

REVUE MUSICALE.

  

Conservatoire de Musique et de Déclamation : Exercices des élèves. — Séance de musique de piano avec accompagnement d’orchestre : M. Francis Planté Planté, FrancisFrancis Planté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934), pianiste. Il étudia avec Mme de Saint-Aubert, élève de Liszt, et donna son premier concert public à l’Hôtel de Ville de Paris à sept ans. Il étudia ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de piLire la suite…; partie vocale : Mme Carvalho et M. Diaz de Soria — Le conseil municipal de Mar­seille et le Conservatoire. — M. Auguste Morel. — Théâtre de la Nouvelle-Orléans : FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…, Mme Fursch-MadierFourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi], Emilie-VictorineEmilie-Victorine Fourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi] (Commune de Saint-Esprit intégrée à Bayonne en 1857, 10 janvier 1847 – Warren Township/New Jersey, Etats-Unis d’Amérique, 20 septembre 1894), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix d�Lire la suite…. — Théâtre de l’Opéra-Comique : Les Noces de Figaro, Mme Carvalho, Mlle BretonBreton, Jeanne-Marie-Edmée dite Edma BretonJeanne-Marie-Edmée Breton (Auxerre, 13 janvier 1855 – 1941), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second prix de chant et d’opéra-comique en 1873. Elle débuta à l’Athénée, puis en 1874 à l’Opéra-Comique, qu’elle quitta l’année suivante. Elle se proLire la suite…. — La Jonque des AmansJonque des amants, LaLa Jonque des amants, mélodie sur un texte d’Ernest d’Hervilly mis en musique par Armand Gouzien et publiée à Paris par L. Escudier, 1874.Lire la suite…, chanson ja­ponaise, de M. Armand Gouzien.

On vient enfin de rétablir au Conserva­toire les exercices des élèves. Un des arti­cles du règlement du ministre de l’in­térieur, modifiant la première organisa­tion du Conservatoire, portait que « chaque année trois séances dites d’audition seraient consacrées à l’exécution des prin­cipales productions des grands maîtres de toutes les écoles » et que « chaque mois un exercice des élèves devait les former à l’ensemble de l’exécution. (Germinal an VIII,) » Par un arrêté du ministre de la maison du roi sur la police intérieure du pensionnat des hommes, portant la date du 29 janvier 1823, S. Exc., « voulant resti­tuer à l’Ecole royale de musique la répu­tation que cette même Ecole avait acquise sous la dénomination de ConservatoireHistoire du Conservatoire impérial de musique et de déclamationHistoire du Conservatoire impérial de musique et de déclamation, suivie de documents recueillis et mis en ordre par M. Lassabathie, Paris : Michel-Lévy frères, 1860.Lire la suite… par des exercices publics où les symphonies des Haydn et des Mozart étaient exécutées d’une manière distinguée, où le chant, les solos d’instrumens et la déclamation spé­ciale avaient participé à la perfection des­dits exercices, avait rétabli de six à douze exercices publics par année. Les élèves et les premiers prix obtenus depuis 1816 devaient concourir à l’exécution. »

Enfin, « dans l’année 1828, eurent lieu les concerts d’émulation des élèves, concerts destinés à faire entendre les œuvres des lauréats, à habituer les instrumentistes à la musique d’orchestre et à former des chefs d’orchestre. » C’était, dit avec raison M. LassabathieLassabathie, ThéodoreThéodore Lassabathie (Bordeaux, 13 août 1800 – Paris, 5 décembre 1871), administrateur. Il fut chef de bataillon de la Garde nationale, sous-chef puis chef du Bureau des théâtres au ministère de l’intérieur puis administrateur du Conservatoire national de musique et de déclamation. Il fuLire la suite… dans son Histoire du Con­servatoireHistoire du Conservatoire impérial de musique et de déclamationHistoire du Conservatoire impérial de musique et de déclamation, suivie de documents recueillis et mis en ordre par M. Lassabathie, Paris : Michel-Lévy frères, 1860.Lire la suite…, une excellente institution.

On songeait, en 1828, à la nécessité de former des chefs d’orchestre, sans doute parce que l’on s’était convaincu que les chefs d’orchestre ne se formaient pas tout seuls. Je me contente de citer ce fait et cette date, ne voulant pas ajouter des ré­flexions inutiles à celles que j’ai déjà écri­tes sur le même sujet. Mais puisqu’après douze ou quinze ans on revient aux exer­cices publics des élèves du Conservatoire, il faut espérer que les concerts d’émulation nous seront également rendus.

HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite…, GirardGirard, Auguste-NarcisseAuguste-Narcisse Girard (Mantes, 27 janvier 1797 – Paris, 17 janvier 1860), chef d’orchestre et compositeur. Élève de Baillot au Conservatoire de Paris, il obtint un premier prix de violon en 1820 et étudia la composition avec Reicha. Il fut un des membres fondateurs de la Société des ConceLire la suite… et M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite…, qui dirigèrent successivement ces exercices, adjoignaient habituellement aux musiciens de l’orchestre des artistes pris en dehors de l’Ecole. L’orchestre et les chœurs du con­cert qui a eu lieu dimanche au Conserva­toire étaient exclusivement composés des pensionnaires de cet établissement. C’est un progrès.

A part le Gloria de la Messe solennelle Petite messe solennellePetite Messe solennelle de Gioachino Rossini. Il en existe deux versions, dont la première pour douze voix solistes, deux pianos et harmonium fut créée dans la chapelle privée du comte Alexis Pillet-Will, directeur de la Caisse d’Épargne et régent de la Banque de France, le 14 mars 1864. La Lire la suite…de Rossini, dont il me serait difficile de vanter le caractère religieux, les différerens morceaux du programme étaient empruntés au répertoire classique et ne laissaient pas la plus petite place à la virtuosité. Ce pro­gramme sévère, arrêté par M. Ambroise Thomas et M. DeldevezDeldevez, Edme-Marie-ErnestEdme-Marie-Ernest [Edmé, Édouard] Deldevez (Paris, 31 mai 1817 – Paris, 6 novembre 1897), chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un second prix de Rome en 1838. Il joua comme violoniste dans l’orchestre de l’Opéra et celui de la Société des ConceLire la suite…, était une première garantie de l’aptitude des élèves auxquels l’exécution en était confiée !

La classe d’ensemble vocal que dirige avec beaucoup de zèle et d’habileté M. Ju­les Cohen mérite tous nos éloges. Nous en dirons autant de l’orchestre qui a exécuté, (avec une précision remarquable, avec beau­coup de verve, la symphonie en si bémol de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite… et le Jubel-OuvertureJubel-Ouvertüre Op. 59Jubel-Ouvertüre, Op. 59, ouverture pour orchestre de Carl Maria von Weber composée en 1818/19.Lire la suite… de Weber.

M. ManouryManoury, Adolphe-ThéophileAdolphe-Theophile Manoury (Suresnes/Hauts-de-Seine, 16 décembre 1846 – Neuilly-sur-Seine, 16 juin 1909), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans La FavorLire la suite… a une belle voix de basse chantante ; il s’est fait applaudir dans l’air de Telasco de Fernand Cortez : O patrieFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite…! O lieux pleins de charme ! que M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… avait chanté avec un si grand succès à l’un des derniers concerts du Cirque. Après l’air des AbencéragesAbencerages, LesLes Abencerages, opéra en trois actes sur un livret de Victor-Joseph-Etienne de Jouy mis en musique par Luigi Cherubini et créé à l’Opera de Paris le 6 avril 1813.Lire la suite… de ChérubiniCherubini, Maria Luigi Carlo Zanobi SalvadoreMaria Luigi Carlo Zanobi Salvadore Cherubini (Florence, 8 septembre 1860 – Paris, 15 mars 1842), compositeur. Il étudia la musique avec son père puis avec Bartolomeo Felici, Pietro Bizzari et Giuseppe Castrucci, puis à Milan avec Giuseppe Sarti. Il fut engagé comme compositeur au King’s TheateLire la suite…, le public a rappelé M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite…. M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… a été le hé­ros de la fête. On voit en lui le futur ténor sur lequel s’appuieront les destinées du nou­vel Opéra. Le jour où M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… aura à se mesurer avec l’un des grands rôles du réper­toire ou avec le principal rôle d’un opéra nouveau, il pourra se rendre compte de la distance qui sépare le chanteur de l’artiste. Et si son intelligence se refusait à cette appréciation, il trouverait aisément des personnes charitables qui prendraient la peine de l’éclairer sur ce point. Je ne dis pas cela pour décourager M. Vergnet Vergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite…; mais je crains que le succès trop hâtif qui a accueilli cet hiver les premiers pas de ce jeune ténor ne lui prépare dans l’avenir quelques désillusions. La voix de M. Ver­gnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… est assurément d’un beau timbre et d’une grande étendue : elle a de la puissance et de l’éclat ; c’est une de ces voix qui ne vous causent aucune inquiétude ; on se dit : Voilà un chanteur qui a des poumons so­lides et qui ira jusqu’au bout. Mais après ? Je puis me tromper, et je désire me tromper dans mon horoscope. M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… étant engagé à l’Opéra, nous ne tarderons pas à savoir s’il est à la hauteur de la tâche qu’il est appelé à remplir, et s’il a au front l’étoile des prédestinés.

Quant à Mlle ChampionChampion, Sophie-Louise-FélicitéSophie-Louise-Félicité Champion (Lagny/Seine-et-Marne, 26 mars 1851 – Paris, 18 décembre 1901), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix de chant en 1873 et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Elle fut engagée en 1874 au Théâtre populaire et épousa à PLire la suite…, il n’est guère possible, après lui avoir entendu chanter l’air de Fernand Cortez : Je n’ai plus qu’un désir, c’est celui de te plaire, cet air si pas­sionné et si tendre, précédé d’un récitatif dont le caractère plein de grandeur et de noblesse est un des modèles du genre, il n’est guère possible, dis-je, de conserver le moindre doute à son égard. Mlle Cham­pionChampion, Sophie-Louise-FélicitéSophie-Louise-Félicité Champion (Lagny/Seine-et-Marne, 26 mars 1851 – Paris, 18 décembre 1901), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix de chant en 1873 et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Elle fut engagée en 1874 au Théâtre populaire et épousa à PLire la suite… n’a pas l’organe et moins encore le tempérament dramatique indispensable à une chanteuse d’opéra. Il faut qu’elle en prenne son parti et qu’elle s’apprête à sui­vre la voie qui lui convient le mieux. Ah ! je sais bien qu’il est triste pour une jeune fille vouée à la grande musique de descen­dre des splendeurs qu’on lui a fait entre­voir ; mais, entre le sommet de l’art que l’on atteint si rarement, et les premiers de­grés où tant de chanteuses s’arrêtent au­jourd’hui, il y a un niveau qu’il ne faut point dédaigner et où peut figurer honora­blement une cantatrice douée de qualités aimables.

Trois exécutans d’un certain mérite et d’une couleur différente se sont signalés dans l’exécution du trioTrio pour piano, violon et violoncelle no. 1 en ré mineur op. 49Trio pour piano, violon et violoncelle no. 1 en ré mineur op. 49 de Felix Mendelssohn. L’œuvre fut complétée le 23 septembre 1839, créée au Gewandhaus de Leipzig le 1er février 1840 et publiée la même année par Breitkopf & Härtel.Lire la suite… en ré mineurTrio pour piano, violon et violoncelle no. 1 en ré mineur op. 49Trio pour piano, violon et violoncelle no. 1 en ré mineur op. 49 de Felix Mendelssohn. L’œuvre fut complétée le 23 septembre 1839, créée au Gewandhaus de Leipzig le 1er février 1840 et publiée la même année par Breitkopf & Härtel.Lire la suite… de Mendelssohn (andante et scherzo). Il me semble cependant que Mlle PoitevinPodevin dite Poitevin, Marie-Adelaïde-AugustineMarie-Adelaïde-Augustine Podevin dite Poitevin (Belleville, 15 mars 1855 – Le Cannet/Alpes-Maritimes, 26 juin 1945), pianiste. Elève d’Elie Delaborde, elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de piano en 1874. Elle se produisit en concert à la salle Erard de Paris lLire la suite… a été inférieure à ses deux partenaires, M. BrindisBrindis de Salas Garrido, Claude-Joseph-DominiqueClaude-Joseph-Dominique Brindis de Salas Garrido (La Havane/Cuba, 4 août 1852 – Buenos Aires/Argentine, 1er juin 1911), violoniste. Il étudia d’abord avec son père à La Havane puis avec le violoniste belge Jose Van der Gutch, qui résidait dans cette même ville, où il fit ses débuts en 1Lire la suite… et M. LoebLoeb, Jules-JosephJules-Joseph Loeb (Strasbourg, 13 mai 1852 – Inhumé à Paris, 3 décembre 1933), violoncelliste. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de violoncelle en 1872. Il était l’élève de Paul-Alexandre-Camille Chevillard. En 1873, il fut engagé dans l’orchestre de l’OpLire la suite…. M. BrindisBrindis de Salas Garrido, Claude-Joseph-DominiqueClaude-Joseph-Dominique Brindis de Salas Garrido (La Havane/Cuba, 4 août 1852 – Buenos Aires/Argentine, 1er juin 1911), violoniste. Il étudia d’abord avec son père à La Havane puis avec le violoniste belge Jose Van der Gutch, qui résidait dans cette même ville, où il fit ses débuts en 1Lire la suite… est élève de M. DanclaDancla, CharlesCharles Dancla (Bagnères-de-Bigorre, 19 décembre 1817 – Tunis, 10 novembre 1907), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Guérin puis Baillot et obtint un 1er prix de violon en 1833. Il étudia la composition avec Halévy, Berton et obtint un 2d prix de Rome en 1838Lire la suite…. Il joue avec beaucoup de jus­tesse, et son coup d’archet, un peu maniéré, ne manque pas d’une certaine élégance. Le public, quelque peu surpris de voir un violon dans les mains de M. BrindisBrindis de Salas Garrido, Claude-Joseph-DominiqueClaude-Joseph-Dominique Brindis de Salas Garrido (La Havane/Cuba, 4 août 1852 – Buenos Aires/Argentine, 1er juin 1911), violoniste. Il étudia d’abord avec son père à La Havane puis avec le violoniste belge Jose Van der Gutch, qui résidait dans cette même ville, où il fit ses débuts en 1Lire la suite…, le re­gardait, tout en l’écoutant très attentive­ment, avec une curiosité bienveillante. Ce jeune homme, sous le rapport du méca­nisme et du style, en remontrerait à bien des violonistes blancs. Vous voilà suffi­samment renseigné sur le talent et la cou­leur de M. BrindisBrindis de Salas Garrido, Claude-Joseph-DominiqueClaude-Joseph-Dominique Brindis de Salas Garrido (La Havane/Cuba, 4 août 1852 – Buenos Aires/Argentine, 1er juin 1911), violoniste. Il étudia d’abord avec son père à La Havane puis avec le violoniste belge Jose Van der Gutch, qui résidait dans cette même ville, où il fit ses débuts en 1Lire la suite….

L’Ave verumAve verumAve verum corpus, K. V. 618, motet pour chœur à 4 voix, orchestre à cordes et orgue en ré majeur  de Wolfgang Amadeus Mozart sur un texte en latin attribué au pape Innocent VI pour la fête de Corpus Christi.Lire la suite… de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… est peut-être le morceau du concert qui a été le mieux rendu. L’orchestre et les chœurs ont mis en relief, de la façon la plus remarquable, l’onction touchante et la suave pureté de cette inspiration sublime.

On annonce pour le 23 de ce mois une séance dans laquelle seront exécutées des œuvres composées par deux lauréats du Conservatoire, anciens pensionnaires de l’E­cole de Rome : un psaume de M. LefebvreLefebvre, Charles-EdouardCharles-Edouard Lefebvre (Paris, 19 juin 1843 – Aix-les-Bains, 8 septembre 1917), compositeur. Fils du peintre Charles-Victor-Eugène Lefebvre, il étudia d’abord le droit puis entra au Conservatoire de Paris où il obtint le Grand prix de Rome en 1870. Après son séjour en Italie il voyagea enLire la suite…, et un oratorio : Moïse en Egypte [Le Passage de la mer RougePassage de la mer Rouge, LeLe Passage de la mer Rouge, oratorio pour soli, chœur et orchestre sur un texte de Lucien Augé de Lassus. L’œuvre était un envoi de Rome en 1870 par le compositeur qui reçut le prix de Rome deux ans auparavant. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874. Son manuscrit se trouveLire la suite…], de M. Rabuteau. C’est la classe d’ensemble du Con­servatoire et l’orchestre habituel des dis­tributions de prix de l’Institut qui concour­ront à cette intéressante exécution.

Autrefois, quand un artiste obtenait l’au­torisation de donner un concert dans la salle de la rue Bergère, on criait au mi­racle. Et le plus souvent c’était un artiste étranger qui jouissait de cette insigne fa­veur. Il semblerait depuis quelque temps que la direction du Conservatoire et l’ad­ministration supérieure se soient départies de leur extrême rigueur. Le tout est de trouver un prétexte plausible ; le meilleur, assurément, est le but charitable qu’il est toujours facile de donner à un concert. Cela permet de s’assurer l’appui de hautes influences auxquelles les règlemens admi­nistratifs et les lenteurs bureaucratiques ne résistent jamais.

Il ne s’agissait pas cette fois de l’œuvre des Saints-Anges ou du rachat des petits Chinois ; c’est pour aider à la fondation « d’une Caisse philanthropique de prêts et encouragemens aux artistes musiciens et aux artistes lyri­ques » que les portes du Conservatoire se sont ouvertes lundi dernier devant une foule choisie de philanthropes aimant la musique et de dilettantes pratiquant la philanthro­pie. Longtemps à l’avance tous les billets avaient été pris. Et cet empressement s’ex­plique suffisamment par le désir de parti­ciper à une bonne œuvre et d’entendre par la même occasion M. Francis PlantéPlanté, FrancisFrancis Planté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934), pianiste. Il étudia avec Mme de Saint-Aubert, élève de Liszt, et donna son premier concert public à l’Hôtel de Ville de Paris à sept ans. Il étudia ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de piLire la suite…, Mme Carvalho et M. Diaz de Soria.

La célébrité de M. Diaz de Soria est toute récente ; elle date à peine du com­mencement de la saison. Les élèves de la villa Médicis qui prenaient plaisir à enten­dre chanter M. de Soria aux soirées du directeur de l’Académie lorsqu’il était de passage à Rome, avaient jeté dans quelques salons parisiens les premiers jalons de cette célébrité.

Les succès de salon peuvent être ou très utiles ou très nuisibles, dans une égale proportion. Ils sont fort recherchés, on le sait, par quelques uns de nos artistes lyri­ques les plus en vogue, auxquels ils ne nui­sent pas, tout au contraire. Mais plus d’un chanteur se fourvoirait (sic) très certainement s’il prétendait se servir de succès de ce genre, fussent-ils obtenus dans les salons les plus aristocratiques du monde parisien comme d’un marchepied pour arriver au théâtre. Aussi sommes-nous bien persuadé que le concert est la dernière étape à laquelle M. Diaz de Soria, sagement conseillé, ne manquera pas de s’arrêter.

M. de Soria chante avec goût et avec une simplicité qui n’est peut-être pas exempte d’une certaine afféterie ; mais il me serait assez difficile de déterminer la nature de sa voix, dont le timbre, un peu vague, est charmant, d’ailleurs, et très sympathique. Il excelle surtout dans les mélodies déta­chées, les liederGavotte d’Iphigénie en AulideGavotte d’Iphigénie en Aulide de Christoph Willibald Gluck transcrite pour piano par Francis Planté. Cette même gavotte fut réutilisée par Gluck dans son opéra Paride ed Elena.Lire la suite… (on ne dit plus romances aujourd’hui) et les morceaux de demi-caractère. Pendant, que Mme Carvalho et M. de Soria chantaient le joli duo de la Flûte enchantée : Ton cœur m’attendFlûte enchantée, LaLa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), singspiel en deux actes sur un livret en allemand d’Emmanuel Schikaneder mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart, créé au Théâtre Auf-der-Wieden à Vienne le 30 septembre 1791.Lire la suite…, le mien t’appelle, la salle entière était sous le charme. Et ce morceau a été bissé. On a bissé aussi l’air de l’oratorio PaulusPaulusPaulus, op. 36, oratorio en deux parties sur un livret de Johann Schubring mis en musique par Felix Mendelssohn, créé à Düsseldorf le 22 mai 1836.Lire la suite…, de Mendelssohn : « Jérusalem ! Jéru­salem ! », arrangé pour violon, violon­celle, orgue et piano, par M. Edouard de HartogHartog, Édouard deÉdouard de Hartog (Amsterdam, 15 août 1828 – La Haye, 5 novembre 1909), compositeur. Il étudia la composition avec Bartelmann, Döhler, Mme. Dulcken, et Hoch, puis avec Elwart et Litollf et enfin avec Heinze, un élève de Mendelssohn et Damcke. En 1852, il s’installa à Paris pour se consacrLire la suite…. Il faut, pour bien interpréter cet air, une ampleur de style, une puissance de souffle que ne possède point M. de Soria. Je ne lui en fais pas un reproche ; j’aurais voulu seulement, tant j’avais le désir de le trouver à la hauteur de sa re­nommée, que M. de Soria se produisît, au concert comme au salon, dans le genre de musique qui met le mieux en relief les suaves intonations de son organe et les délicatesses de son talent gracieux.

Le troisième bis a été pour le fameux prélude de Bach, dont M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, après plusieurs transformations successives, a fait un Ave MariaAve Maria sur Prelude de JS BachAve Maria, mélodie religieuse adaptée au 1er prélude du premier livre du Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach par Charles Gounod. Il en existe plusieurs versions dont celle pour chœur à 6 voix, violon soloQuintette pour piano, deux violons, alto et violoncelle en mi bémol majeur op. 44Quintette pour piano, deux violons, alto et violoncelle en mi bémol majeur op. 44 de Robert Schumann. Il fut composé en septembre et octobre 1842 et créé à Leipzig le 8 janvier 1843 par des musiciens du Gewandhaus et Clara Schumann au piano.Lire la suite…, piano et orgue en do majeur, créé par la Société des jeunes artiste le 1Lire la suite… qu’il a dédié à Mme Carvalho. Et, naturellement, il y a eu d’au­tres bis pour les morceaux exécutés par M. PlantéPlanté, FrancisFrancis Planté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934), pianiste. Il étudia avec Mme de Saint-Aubert, élève de Liszt, et donna son premier concert public à l’Hôtel de Ville de Paris à sept ans. Il étudia ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de piLire la suite…. Le jeu fin, élégant, correct, irréprochable de cet artiste a une très grande influence sur le public. Aussi, lors­qu’on entend M. PlantéPlanté, FrancisFrancis Planté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934), pianiste. Il étudia avec Mme de Saint-Aubert, élève de Liszt, et donna son premier concert public à l’Hôtel de Ville de Paris à sept ans. Il étudia ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de piLire la suite…, est-on forcé de convenir que, contrairement à l’opinion partagée par ceux auxquels le piano est antipathique, tous les pianistes ne se res­semblent pas. Quand il a eu fini de jouer le finale du Concert-StuckKonzertstück op. 79Konzertstück (Pièce de concert) pour piano et orchestre en fa mineur op. 79 J. 282 de Carl Maria von Weber. L’œuvre commencée en 1815 ne fut terminée que le 18 juin 1821. Weber la créa le 25 juin 1821 au Konzerthaus de Berlin.Lire la suite… de Weber, on l’a prié de recommencer. Mais M. PlantéPlanté, FrancisFrancis Planté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934), pianiste. Il étudia avec Mme de Saint-Aubert, élève de Liszt, et donna son premier concert public à l’Hôtel de Ville de Paris à sept ans. Il étudia ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de piLire la suite… a pensé qu’un morceau nouveau satisferait bien mieux l’impatient désir de la foule, et il a exécuté alors la Rapsodie hongroiseRhapsodie hongroise no. 3 S. 244 no. 3Rhapsodie hongroise no. 3 pour piano en si bémol majeur S. 244 no. 3 de Franz Liszt. L’œuvre composée en 1847 fut publiée par Haslinger, Vienne en 1853 et dédiée au comte Leo Festetics.Lire la suite… de Listz [Liszt], exercice d’octaves qui met à une rude épreuve la gymnastique des poignets.

Les avis étaient très partagés au sujet du ConcertinoHistoire du Conservatoire impérial de musique et de déclamationHistoire du Conservatoire impérial de musique et de déclamation, suivie de documents recueillis et mis en ordre par M. Lassabathie, Paris : Michel-Lévy frères, 1860.Lire la suite… de SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite… ; mais je crois bien que la majeure partie de l’auditoire n’a goûté que médiocrement les beautés un peu arides de cette savante composi­tion, et je m’abstiendrai de la classer, pour cette raison si l’on veut, parmi les chefs-d’œuvre du maître. Mon impression per­sonnelle est que je n’y trouve pas, même en écartant les broussailles, une clarté suf­fisante dans les développemens, ni cette élégance, cette fraîcheur d’idées, ce cachet personnel qui, des Scènes enfantines à la symphonie en si bémol en passant par le quintetteQuintette pour piano, deux violons, alto et violoncelle en mi bémol majeur op. 44Quintette pour piano, deux violons, alto et violoncelle en mi bémol majeur op. 44 de Robert Schumann. Il fut composé en septembre et octobre 1842 et créé à Leipzig le 8 janvier 1843 par des musiciens du Gewandhaus et Clara Schumann au piano.Lire la suite… (op. 44), sont répandus dans la plupart des œuvres de SchumannSchumann, RobertRobert Alexander Schumann (Zwickau, 8 juin 1810 – Endenich près Bonn, 29 juillet 1856), compositeur. Il étudia le droit avant de se consacrer à la musique. Entre 1829 et 1840, il  composa essentiellement des pièces pour piano telles que Carnaval op. 9,  Études symphoniques op. 13, Scènes Lire la suite…, apparte­nant à la musique de chambre et à la mu­sique de concert.

La gavotte d’Iphigénie en AulideGavotte d’Iphigénie en AulideGavotte d’Iphigénie en Aulide de Christoph Willibald Gluck transcrite pour piano par Francis Planté. Cette même gavotte fut réutilisée par Gluck dans son opéra Paride ed Elena.Lire la suite… et le célèbre menuet, de Boccherini (deux transcriptions de M. Francis PlantéPlanté, FrancisFrancis Planté (Orthez, 2 mars 1839 – Saint-Avit, 19 décembre 1934), pianiste. Il étudia avec Mme de Saint-Aubert, élève de Liszt, et donna son premier concert public à l’Hôtel de Ville de Paris à sept ans. Il étudia ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint un premier prix de piLire la suite…), le ca­price (op. 16) de Mendelssohn, et la grande étude en ut mineur de ChopinChapuy, Marguerite Chopis diteMarguerite Chopis dite Chapuy (Bordeaux, 21 juillet 1852 – Dijon, 23 septembre 1936), soprano. Elle étudia avec François Regnier au Conservatoire de Paris, où elle obtint un deuxième prix de comédie en 1869. Elle débuta au Théâtre du Vaudeville dans La Soupe aux choux (Marc-Monnier, 1869).Lire la suite…, pièces pour piano seul, ont mis le célèbre virtuose plus directement en communication avec les admirateurs de son talent. Mais la salle du Conservatoire est si petite que, si tous s’y étaient donné rendez-vous, elle n’eût pu, bien certainement, les contenir tous.

On sait que le conseil municipal de Mar­seille s’est avisé, il y a deux ans, de faire rentrer dans son giron le Conservatoire de cette ville ; si bien que le titre de succur­sale du Conservatoire de Paris, qui avait été accordé à cet établissement comme une récompense et un encouragement, est de­venu une superfétation, une inutilité. Et le premier acte qui ait signalé l’interven­tion du conseil municipal dans l’adminis­tration et l’organisation inférieure du Con­servatoire marseillais a été la destitution de son habile et très honorable directeur, M. Auguste Morel. Le gouvernement, au­quel il s’est adressé pour réclamer contre un pareil procédé, a répondu à M. Auguste Morel en l’aspergeant d’eau bénite. Bref, le gouvernement, ne pouvant rien contre la décision du conseil municipal, n’a rien fait qu’offrir au directeur éconduit l’expres­sion de ses regrets et de sa considération la plus distinguée. M. Auguste Morel, très reconnaissant, n’a pas pu cependant faire entrer cela en compte dans la liqui­dation de sa pension de retraite. Et alors on lui a donné le conseil d’expo­ser devant des juges compétens le dom­mage qui lui était causé et dont sa bonne renommée, du reste, n’a eu nullement à souf­frir. M. Auguste Morel, ayant l’humeur peu processive, a patiemment attendu des jours meilleurs. Quelque temps après est arrivé, toujours par le fait du même conseil mu­nicipal, le renvoi de M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite…, un artiste d’un très grand talent, un des meilleurs professeurs de l’Ecole. C’était un fâcheux présage. Mais voilà que tout à coup l’ho­rizon s’éclaircit et on m’annonce que les amis qui ont pris en main la cause si juste et si sympathique de M. Auguste Morel ont presque réussi à toucher le cœur des nou­veaux conseillers. Espérons que ces né­gociations officieuses auront pour ré­sultat de remettre M. Auguste Morel à la tête du Conservatoire qu’il a dirigé pen­dant de longues années avec un dévoue­ment, une habileté des plus méritoires, et d’y faire rentrer à sa suite M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite….

En attendant, un très grand succès de compositeur vient de consoler M. Auguste Morel du mauvais procédé dont il a été victime dans sa carrière administrative. Sa symphonie en ut, exécutée dans un concert exclusivement composé des œuvres de l’éminent compositeur, a obtenu un très grand et très légitime succès. Je dis légi­time parce que j’ai eu la bonne fortune d’avoir entre les mains la partition de cette œuvre remarquable que je prends la liberté de signaler à l’attention de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite…. Et si je ne vous dis rien ou pas grand’-chose aujourd’hui de la symphonie de M. Auguste Morel, c’est que j’ai l’espoir de vous en parler, comme il convient, l’hiver prochain.

Le public de l’Opéra se souvient d’une cantatrice qui chanta à la salle Le Peletier deux ou trois ans avant l’incendie, et qui, malgré de charmantes qualités, beaucoup d’intelligence et une fort jolie voix, ne réus­sit qu’à demi. Elle se nommait Mlle FurschFourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi], Emilie-VictorineEmilie-Victorine Fourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi] (Commune de Saint-Esprit intégrée à Bayonne en 1857, 10 janvier 1847 – Warren Township/New Jersey, Etats-Unis d’Amérique, 20 septembre 1894), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix d�Lire la suite…, ne paraissait que dans des rôles secondaires et y produisait peu d’effet. Enfin le rôle de Rhodina, dans Erostrate, fut pour elle le coup de grâce. Elle partit. Voulez-vous savoir comment l’Avenir de la Nouvelle-Orléans, un des journaux les plus importans de la colonie, apprécie le talent de Mme Fursch-Madier ? C’est à propos d’une représentation de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… et du rôle de. Mar­guerite.

« Accoutumés que nous sommes à la voir jouer de grands rôles dramatiques où elle doit nécessairement viser à l’effet par la violence du geste et la puissance de l’or­gane, nous ne pouvions nous attendre de sa part à tant de sobriété et de délicatesse. Son jeu, aussi bien que son chant, dans la première partie de la pièce, a exhalé un parfum de chasteté, d’innocence, de pureté dont on ne saurait parler avec trop d’é­loges. Dans toute cette première série de scènes, nous n’avons pu saisir un seul éclat de voix, un seul geste trop dramatique, rien enfin qui pût rappeler l’interprète or­dinaire du gros drame lyrique. Elle a été adorable de chasteté dans sa première rencontre avec Faust ; pleine de grâce et de pu­reté, au double point de vue du sentiment et de l’exécution, dans la scène du jardin ; et

nous ne savons ce qu’il faut le plus applau­dir, de la rêverie qu’elle a apportée dans l’exécution de la chanson du Roi de Thulé, ou de la naïve coquetterie qu’elle a développée dans la scène des bijoux.

» Nous ne parlons pas du reste ; cela rentre dans ses qualités ordinaires, et nous n’avons voulu faire mention ici que de ce qui a fait événement dans la représenta­tion de lundi.»

Un journal anglais, le Daily Picayune, n’est pas moins élogieux pour la façon dont Mme Fursch-MadierFourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi], Emilie-VictorineEmilie-Victorine Fourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi] (Commune de Saint-Esprit intégrée à Bayonne en 1857, 10 janvier 1847 – Warren Township/New Jersey, Etats-Unis d’Amérique, 20 septembre 1894), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix d�Lire la suite… a chanté le rôle de Selika, de l’Africaine.Africaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite… Son succès dans ce rôle fort difficile a écrasé le ténor Go­dilhe…. « Il avait fort à faire pour tenir sa place à côté de Mme Fursch-MadierFourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi], Emilie-VictorineEmilie-Victorine Fourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi] (Commune de Saint-Esprit intégrée à Bayonne en 1857, 10 janvier 1847 – Warren Township/New Jersey, Etats-Unis d’Amérique, 20 septembre 1894), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix d�Lire la suite…, artiste hors ligne, dont le jeu est caractérisé d’un bout à l’autre du rôle par l’intelligence de chaque situation et un sentiment artistique profond. » Pauvre Godilhe !

Mme FurschFourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi], Emilie-VictorineEmilie-Victorine Fourche dite Fursch, puis Fursch-Madier [Fursch-Madi] (Commune de Saint-Esprit intégrée à Bayonne en 1857, 10 janvier 1847 – Warren Township/New Jersey, Etats-Unis d’Amérique, 20 septembre 1894), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix d�Lire la suite… a épousé, il y a quelques années, M. Raoul Madier-Monjau, un ex­cellent violoniste, élève de LéonardLeonard, HubertVioloniste, pédagogue et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François-Antoine Habeneck tout en travaillant comme violoniste à l’orchestre du Théâtre des Variétés puis à celui de l’Opéra-Comique et de l’Opéra. Violon solo des concerts Vivienne, il fit des tournée dLire la suite…, qui, ayant quitté l’orchestre de l’Opéra pour suivre sa femme, tient l’emploi de second chef d’orchestre au théâtre de la Nouvelle- Orléans.

Il est bon d’apprendre, pour le cas où nous en aurions besoin, qu’il y a des chan­teuses de talent ailleurs que chez nous.

L’Opéra-Comique a repris cette semaine les Noces de Figaro, Mme Carvalho jouant pour la première fois la comtesse et Mlle BretonBreton, Jeanne-Marie-Edmée dite Edma BretonJeanne-Marie-Edmée Breton (Auxerre, 13 janvier 1855 – 1941), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second prix de chant et d’opéra-comique en 1873. Elle débuta à l’Athénée, puis en 1874 à l’Opéra-Comique, qu’elle quitta l’année suivante. Elle se proLire la suite… débutant dans le rôle de Ché­rubinCherubini, Maria Luigi Carlo Zanobi SalvadoreMaria Luigi Carlo Zanobi Salvadore Cherubini (Florence, 8 septembre 1860 – Paris, 15 mars 1842), compositeur. Il étudia la musique avec son père puis avec Bartolomeo Felici, Pietro Bizzari et Giuseppe Castrucci, puis à Milan avec Giuseppe Sarti. Il fut engagé comme compositeur au King’s TheateLire la suite…. Mlle BretonBreton, Jeanne-Marie-Edmée dite Edma BretonJeanne-Marie-Edmée Breton (Auxerre, 13 janvier 1855 – 1941), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second prix de chant et d’opéra-comique en 1873. Elle débuta à l’Athénée, puis en 1874 à l’Opéra-Comique, qu’elle quitta l’année suivante. Elle se proLire la suite…, élève de M. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, est toute jeune, toute mignonne, toute gentil­lette. Sa voix, d’un assez mince volume, a du charme et de la douceur. Et pour don­ner du cœur à sa jeune partenaire, qui pa­raissait fort émue, Mme Carvalho l’a embras­sée avec plus d’élan, plus d’effusion peut-être que cela n’est indiqué dans la co­médie de Beaumarchais. Mlle BretonBreton, Jeanne-Marie-Edmée dite Edma BretonJeanne-Marie-Edmée Breton (Auxerre, 13 janvier 1855 – 1941), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second prix de chant et d’opéra-comique en 1873. Elle débuta à l’Athénée, puis en 1874 à l’Opéra-Comique, qu’elle quitta l’année suivante. Elle se proLire la suite… est une excellente acquisition pour l’Opéra-Comique : nous en félicitons M. Camille Du Locle.

Elle est gentillette,

Elle est jolliette ;

Pour vous, quelle fête !

Monsieur le bailli.

C’est Mme Carvalho qui de son propre mouvement a renoncé à chanter le rôle de ChérubinCherubini, Maria Luigi Carlo Zanobi SalvadoreMaria Luigi Carlo Zanobi Salvadore Cherubini (Florence, 8 septembre 1860 – Paris, 15 mars 1842), compositeur. Il étudia la musique avec son père puis avec Bartolomeo Felici, Pietro Bizzari et Giuseppe Castrucci, puis à Milan avec Giuseppe Sarti. Il fut engagé comme compositeur au King’s TheateLire la suite…, qu’elle chantait à ravir, pour prendre le rôle de la comtesse, qu’elle chante d’une façon ravissante, et dans un costume d’un goût exquis. Personne assu­rément n’aurait songé à demander à Mme Carvalho ce changement de costume, et il faut croire que l’envie lui a pris, on ne sait pourquoi, de se rajeunir.

E. Reyer.

L’éditeur EscudierEscudier, LéonLéon Escudier (Castelnaudray, 15 septembre 1815 – Paris, 22 juin 1881), journaliste et éditeur de musique. Avec Marie Escudier ils fondèrent en 1837 le périodique La France musicale, qui soutint l’école musicale italienne. En 1843, ils créèrent une maison d’édition, le Bureau Central dLire la suite… vient de m’envoyer une composition très originale de M. Ar­mand Gouzien, ornée d’une image japo­naise comme on n’en voit guère que sur les romances qui se publient à Yeddo. C’est la chanson que chantent les amoureux, le soir, dans les bateaux de fleurs, tout le long du golfe, la chanson de la Belle Saïnara :Belle Saïnara, LaLa Belle Saïnara, comédie japonaise en un acte et en vers d’Ernest d’Hervilly créée au Théâtre de l’Odéon de Paris le 22 novembre 1876.Lire la suite…

Loin de nos lamentables grèves,

S’en va la jonque des amans ;

Sa voilure est faite de rêves,

Et ses agrès sont des sermens.

La Belle SaïnaraBelle Saïnara, LaLa Belle Saïnara, comédie japonaise en un acte et en vers d’Ernest d’Hervilly créée au Théâtre de l’Odéon de Paris le 22 novembre 1876.Lire la suite… est une très spirituelle comédie de M. Ernest d’HervillyHervilly, Ernest-Marie d’Ernest-Marie d’Hervilly (Batignolles-Monceau/Seine, 26 mai 1839 – Champigny-sur-Marne/Val-de-Marne, 18 novembre 1911), journaliste, écrivain et auteur dramatique. Il commença par travailler comme dessinateur pour la Compagnie des chemins de fer du Nord, puis comme piqueur pour les Ponts et chaLire la suite…, qui fut jouée pour la première fois chez l’éditeur CharpentierCharpentier, Georges-AugusteGeorges-Auguste Charpentier (Paris, 22 décembre 1847 – Paris, 15 novembre 1905), éditeur. Fils de l’éditeur Gervais Charpentier, qui avait créé en 1838 la Bibliothèque Charpentier, première « collection » de l’édition française, Georges reprit la maison d’édition de son père eLire la suite…, et la Jonque des amansJonque des amants, LaLa Jonque des amants, mélodie sur un texte d’Ernest d’Hervilly mis en musique par Armand Gouzien et publiée à Paris par L. Escudier, 1874.Lire la suite…, chantée par Mlle ChapuyChapuy, Marguerite Chopis diteMarguerite Chopis dite Chapuy (Bordeaux, 21 juillet 1852 – Dijon, 23 septembre 1936), soprano. Elle étudia avec François Regnier au Conservatoire de Paris, où elle obtint un deuxième prix de comédie en 1869. Elle débuta au Théâtre du Vaudeville dans La Soupe aux choux (Marc-Monnier, 1869).Lire la suite…, avec accompagnement obligé de jeu de timbres, exécuté par l’auteur lui-même, fit à M. Armand Gou­zien un double succès de virtuose et de compositeur.

E. R.