Feuilleton du Journal des Debats 1874-05-24

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 24 MAI 1874.

 

REVUE MUSICALE.

  

Théâtre de l’Opéra-Comique : Le CerisierCerisier, LeLe Cerisier, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Prevel mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 15 mai 1874.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de M. Jules PrévelPrével, Marie-Joseph-Philomène dit JulesMarie-Joseph-Philomene dit Jules Prével (Saint-Hilaire-du-Harcouët/Manche, 7 mai 1835 – Paris, 13 septembre 1889), journaliste, critique théâtral et librettiste. Il monta à Paris à l’âge de vingt ans pour faire du journalisme. Grace à l’amitié d’Octave Feuillet qui le recommanda à Lire la suite…, musique de M. Jules Duprato. — La Messe de RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. — Le Théâtre du Châtelet et les jeunes compositeurs.

Il y a longtemps que les cerises de ce cerisier ont été cueillies pour la pre­mière fois. La reine Marguerite, dans une de ces Nouvelles que les dames de la cour de François Ier écoutaient sans rougir, nous a conté l’amoureux badinage d’un galant tapissier et de sa jolie cham­brière. La FontaineLa Fontaine, Jean deJean de La Fontaine (Château-Thierry, 9 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695), poète. Il est renommé pour ses fables et dans une moindre mesure pour ses contes, qui ont cependant inspiré plusieurs opéras-comiques dont Le Magnifique (Grétry, 1773), Le Frère Philippe (Dourlen, 1818) et La ColoLire la suite…, plus tard, a mis le conte en vers, et voilà qu’à son tour M. Ju­les PrévelPrével, Marie-Joseph-Philomène dit JulesMarie-Joseph-Philomene dit Jules Prével (Saint-Hilaire-du-Harcouët/Manche, 7 mai 1835 – Paris, 13 septembre 1889), journaliste, critique théâtral et librettiste. Il monta à Paris à l’âge de vingt ans pour faire du journalisme. Grace à l’amitié d’Octave Feuillet qui le recommanda à Lire la suite…, un écrivain spirituel, nous ré­pète la même chose, en y mettant des vers et de la prose. Seulement, pas plus dans le conte que dans la Nouvelle il n’est ques­tion de cerisier. Là c’est un tapis de neige, ici ce sont des gerbes de fleurs. Le ceri­sier est donc bien à M. Jules PrévelPrével, Marie-Joseph-Philomène dit JulesMarie-Joseph-Philomene dit Jules Prével (Saint-Hilaire-du-Harcouët/Manche, 7 mai 1835 – Paris, 13 septembre 1889), journaliste, critique théâtral et librettiste. Il monta à Paris à l’âge de vingt ans pour faire du journalisme. Grace à l’amitié d’Octave Feuillet qui le recommanda à Lire la suite… et il faut lui laisser le mérite de son invention.

Cette histoire (je parle de la version nou­velle), formée de trois scènes identiques, est un peu scabreuse en vérité. La servante est en haut de l’arbre, le maître est en bas. Et la cueillette n’est pas achevée que Chris­tine tombe dans les bras de son maître, qui est surtout son cousin. Et l’on s’em­brasse, et l’on se promet bien que ni l’un ni l’autre n’en dira rien, lui à sa femme, elle à son amoureux. Christine, en échange du baiser qu’elle a donné, accepte même une rose. Mais la mère Furet a tout vu, et la mère Furet est jalouse, parce que c’est pour épouser Georgette que Marcelin l’a dédai­gnée. Celui-ci, un rusé compère, invente aussitôt un plan qui va déjouer l’abomina­ble dessein de la mère Furet. Faire grimper sa femme à l’arbre, la recevoir dans ses bras, lui prendre un gros baiser et lui offrir une rose est pour lui l’affaire d’un instant ; puis les deux époux s’en vont bras dessus, bras dessous, comme au lendemain de leur noce, si bien que lorsque la mère Furet vient dévider son chapelet à Georgette, celle-ci lui rit au nez et lui dit:

« Que nous chantez-vous donc là, ma commère ? Ce n’était pas Christine, c’était moi ! » Mais la mère Furet ne se tient pas pour battue, et, puisque Mme Marcelin ne veut rien entendre, elle aura moins de peine à convaincre Prosper. Prosper, c’est l’amoureux de Christine. Entre elle et lui la scène du baiser et de la rose est un peu plus difficile à jouer. Prosper n’est rien moins qu’un don Juan ; il va jusqu’au baiser, mais pas jusqu’à la rose. « A quoi pensez-vous donc, mademoiselle Christine ? oserais-je jamais ravager ainsi le jardin de votre maître ? » Et au lieu d’une rose il cueille une giro­flée. Vous devinez le dénoûment. « C’était moi ! » répond à son tour Prosper quand un roulement de tambour annonce qu’on va procéder au couronnement de la ro­sière. Et c’est sur la tête de Christine que la couronne se pose. La mère Furet a beau protester ; les gens du village et le garde champêtre lui rient au nez et chantent à l’unisson que la pauvre femme est folle. Ainsi finit cette jolie histoire, qui nous montre qu’à l’Opéra-Comique, une fois par hasard, on peut bien ne pas couronner la vertu. Cela est d’ailleurs fort lestement enlevé, et il n’y a qu’un mot qui a excité un léger murmure dans la salle. Mais ce mot a passé comme un éclair, et je ne vous le redirai pas.

M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…, l’auteur de la musique du Ce­risierCerisier, LeLe Cerisier, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Prevel mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 15 mai 1874.Lire la suite…, est un ancien prix de Rome qui don­nait de très belles espérances il y a vingt ans. Ce n’est pas la faute de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… si ces espérances ne se sont qu’en partie réalisées. Son premier ouvrage : les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite…, représenté en 1854, tout plein des souvenirs que lui avaient laissés ses ex­cursions dans la campagne de Rome, ob­tint beaucoup de succès. C’est une œuvre gaie, pittoresque, lumineuse, charmante, une œuvre de jeunesse écrite en plein soleil.

Après les TrovatellesTrovatelles, LesLes Trovatelles, opéra-comique en un acte sur un livret de Michel Carré et Jules Lorin mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 28 juin 1854.Lire la suite… vint PâquerettePâquerettePâquerette, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène Grangé et Charles de La Rounat mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 2 juin 1856.Lire la suite…, et après PâquerettePâquerettePâquerette, opéra-comique en un acte sur un livret d’Eugène Grangé et Charles de La Rounat mis en musique par Jules Duprato et créé à l’Opéra-Comique le 2 juin 1856.Lire la suite…, M’sieu LandryM’sieur LandryM’sieur Landry, opérette en un acte sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et créée aux Bouffes-Parisiens le 24 novembre 1856.Lire la suite…, une farce très amusante qui est restée long­temps au répertoire des Bouffes-Parisiens. Dans le genre de l’opérette, M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… a écrit encore : M. de Groschatminet Baron de Groschatminet, LeLe Baron de Groschatminet, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Charles Nuitter mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes à Paris le 24 septembre 1866.Lire la suite…[Le Baron de GroschatminetBaron de Groschatminet, LeLe Baron de Groschatminet, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Charles Nuitter mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes à Paris le 24 septembre 1866.Lire la suite…], sur un livret que M. Charles Nuitter a signé seul et qu’un autre Charles, très spirituel aussi et revêtu aujourd’hui des palmes académi­ques, eût pu signer comme lui. Le public des Bouffes-Parisiens rit beaucoup à cette désopilante bouffonnerie et applaudit la musique par-dessus le marché. Dans le Chanteur florentinChanteur Florentin, LeLe Chanteur florentin, scène lyrique sur un texte d’Alfred et Edouard Blau mis en musique par Jules Duprato et créée au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes le 29 novembre 1866.Lire la suite…, poétique saynète, re­présentée un peu avant ou un peu après M. de GroschatminetBaron de Groschatminet, LeLe Baron de Groschatminet, opéra-bouffe en un acte sur un livret de Charles Nuitter mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre des Fantaisies-Parisiennes à Paris le 24 septembre 1866.Lire la suite… sur la scène des Fantai­sies-Parisiennes, le rôle du musicien, plus important, fut mieux apprécié. Mais c’est dans la Déesse et le BergerDéesse et le berger, LaLa Déesse et le berger, opéra-comique en deux actes et en vers sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 21 février 1863.Lire la suite…, ouvrage en deux actes, joué le 21 février 1863 sur le théâtre de l’Opéra-Comique (ici j’ai pris la peine de venir, par une re­cherche, au secours de ma mémoire en défaut), c’est surtout dans la Déesse et le BergerDéesse et le berger, LaLa Déesse et le berger, opéra-comique en deux actes et en vers sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 21 février 1863.Lire la suite… que M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… donna la mesure exacte de son talent. Cette partition ren­ferme des pages exquises ; on aurait dû la jouer plus souvent et l’imposer un peu plus au public, qui n’a vraiment pas assez de goût pour les choses mythologiques, à moins qu’on ne lui en donne la parodie. Il est très regrettable que la nouvelle situation de M. Camille Du Locle, l’auteur du poëme, éveille en lui des scrupules qui l’empêchent de reprendre cet ouvrage, aujourd’hui qu’il est le maître de faire ce qu’il veut. Bien que la Déesse et le BergerDéesse et le berger, LaLa Déesse et le berger, opéra-comique en deux actes et en vers sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 21 février 1863.Lire la suite… n’ait réussi qu’à demi, je considère cette partition comme la meilleure qu’ait écrite M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…, et c’est à elle qu’il doit l’honneur d’avoir été classé dans le livre de M. ChouquetChouquet, Adolphe-GustaveAdolphe-Gustave Chouquet (Le Havre, 16 avril 1819 – Paris, 30 janvier 1886), musicologue, critique musical et librettiste. De 1830 à 1836, il fit ses études à Paris tout en étudiant le chant et le piano. De 1840 à 1856, il suivit sa famille à New York, d’où il envoya régulièrement des cLire la suite…, His­toire de la musique dramatiqueHistoire de la musique dramatique en FranceHistoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu’à nos jours, traité de musicologie d’Adolphe-Gustave Chouquet publié par Firmin-Didot, Paris, 1873. Lire la suite…, parmi les compositeurs à tendances lyriques.

La Fiancée de CorintheFiancée de Corinthe, LaLa Fiancée de Corinthe, opéra en un acte sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et crée à l’Opéra de Paris le 21 octobre 1867.Lire la suite…, représentée à l’Opéra quatre ans après, ne fournit pas non plus une bien longue carrière ; il y avait cependant un charmant coloris poéti­que dans le livret et de fraîches idées mé­lodiques dans la partition. Mais on sait ce qu’il advient, en général, des levers de ri­deau destinés à accompagner l’œuvre cho­régraphique en vogue.

Je ne citerai que pour mémoire Salvator RosaSalvator RosaSalvator Rosa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Pierre-Eugène Grangé et Henri Trianon mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 30 avril 1861.Lire la suite…, opéra-comique en trois actes, qui a sa place, chronologiquement, entre la Déesse et le BergerDéesse et le berger, LaLa Déesse et le berger, opéra-comique en deux actes et en vers sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 21 février 1863.Lire la suite… et la Fiancée de Co­rinthe.Fiancée de Corinthe, LaLa Fiancée de Corinthe, opéra en un acte sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jules Duprato et crée à l’Opéra de Paris le 21 octobre 1867.Lire la suite…

De toutes les œuvres de M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite…, celle qui a eu le plus de succès auprès du public, c’est la plus courte, la plus légère, c’est un sonnet : un sonnet de M. Camille Du Locle, dont le tour mélodique a de l’é­légance et une certaine originalité. On l’a tellement chanté que j’hésite à le citer ici. Essayons cependant :

Sous un arbre touffu, près d’une source claire,

La voix un peu tremblante et des pleurs dans les yeux,

Un pâle adolescent, timide et gracieux,

Était assis auprès de la blonde Néère :

« Que sur moi tes regards s’abaissent sans colère,

» Aucun autre jamais saura-t-il t’aimer mieux ?

» Ma vie est tout à toi ; je ne demande aux dieux

» Que de pouvoir un jour t’attendrir et te plaire. »

Ainsi chantait Hylas. Les nymphes cependant

Ecartaient les rameaux du cytise tremblant

Pour ouïr sa chanson si naïve et si tendre.

Et Néère, distraite aux prières d’Hylas,

Le regardait à peine, et songeait, sans l’entendre,

A Palémon qu’elle aime et qui ne l’aime pas !

Mais voilà que je m’aperçois qu’au lieu de citer le sonnet mis en musique par M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… j’en ai cité un autre. Le lecteur n’y perdra rien et verra ainsi qu’il y a plus d’un bon sonnet dans le bagage poétique de M. Camille Du Locle.

Peut-être n’y a-t-il pas l’équivalent d’un sonnet réussi dans la partition du Cerisier. Cerisier, LeLe Cerisier, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Prevel mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 15 mai 1874.Lire la suite…C’est bien possible, et, si cela était, je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas fran­chement à un artiste de la valeur de M. Du­pratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite….

Le style de l’ouverture n’est guère en rapport avec celui de l’ouvrage : n’étaient les trombones qui sonnent parfois un peu fort, on croirait entendre comme une ressouvenance de quelque symphonie d’HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…. Cette ouverture alla moda antica est d’ail­leurs bien écrite et développée suivant les préceptes du genre. Il n’y manque que la saveur d’une idée nouvelle, et, malheu­reusement, ce qui manque à l’ouverture ne se retrouve pas ailleurs.

Je me bornerai donc à citer le duo entre Marcelin et Christine, la chanson de Prosper, et un quintette évidemment écrit par un compositeur « qui connaît son affaire », mais M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… n’en est plus à mériter un pareil brevet. Quant à la marche finale, c’est tout ce qu’il faut pour accompagner le couronnement d’une rosière et les évo­lutions d’une demi-douzaine de pompiers. Les pompiers de Nanterre ont défilé jadis, sur un rhythme bien moins martial, bien moins noble, mais aussi bien plus popu­laire que celui-là.

Au moment où il s’est mis à composer le Ce­risierCerisier, LeLe Cerisier, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Prevel mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 15 mai 1874.Lire la suite…, M. DupratoDuprato, Jules-Laurent-AnacharsisJules-Laurent-Anacharsis Hinard dit Duprato (Nîmes, 20 juillet 1827 – Paris, 20 mai 1892), compositeur. Il étudia la composition avec Simon Leborne au Conservatoire de Paris et obtint le premier Prix de Rome en 1848. Il rencontra le succès aux Bouffes-Parisiens en 1856 avec son opérette MonsieurLire la suite… venait d’être cruellement frappé dans ses affections les plus chères, puis il tomba malade. Et c’est, cloué sur un lit de douleur, condamné à l’immobi­lité pendant de longues heures du jour et de la nuit, qu’il a dû chercher la gaîté de l’inspiration et essayer de rire à l’unisson de ses collaborateurs ; car je suppose bien que le bon La FontaineLa Fontaine, Jean deJean de La Fontaine (Château-Thierry, 9 juillet 1621 – Paris, 13 avril 1695), poète. Il est renommé pour ses fables et dans une moindre mesure pour ses contes, qui ont cependant inspiré plusieurs opéras-comiques dont Le Magnifique (Grétry, 1773), Le Frère Philippe (Dourlen, 1818) et La ColoLire la suite… et la reine Mar­guerite sont pour quelque chose dans l’esprit du poëme et ont droit, eux aussi, à une petite part du succès, ou, si l’on veut, à une part de ce petit succès.

Le CerisierCerisier, LeLe Cerisier, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Prevel mis en musique par Jules Duprato et créé au Théâtre de l’Opéra-comique à Paris le 15 mai 1874.Lire la suite… accompagne les Noces de FigaroNoces de Figaro, LesLes Noces de Figaro (Le nozze di Figaro), K.V. 492, opera buffa en quatre actes sur un livret en italien de Lorenzo Da Ponte, d’après Beaumarchais, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Burgtheater de Vienne le 1er mai 1786.Lire la suite… sur l’affiche de l’Opéra-Comique.

Mais nous allons entendre prochaine­ment, à ce même théâtre, qui nous a déjà donné, du reste, l’oratorio de M. Jules Massenet, un tout autre genre de musique.

M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… a composé à la mémoire de son ami ManzoniManzoni, Alessandro-Francesco-Tommaso-AntonioAlessandro-Francesco-Tommaso-Antonio Manzoni (Milan, 7 mars 1785 – Milan, 22 mai 1873), écrivain, poète et auteur dramatique. Il étudia dans des institutions religieuses de différentes villes du Nord de l’Italie (Merate en 1791, Lugano en 1796 et Milan en 1798) et professa des idées libéraLire la suite… une Messe de RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… qui a dû être exécutée à Milan le 22 de ce mois. Il paraît que c’est une fort belle œuvre, écrite en style serré et digne de l’auteur d’Aïda. AïdaAïda, opera seria en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni mis en musique par Giuseppe Verdi, est créé au nouveau théâtre du Caire le 24 décembre 1871.Lire la suite…Et c’est précisément aux quatre princi­paux artistes qui ont chanté à Milan son der­nier opéra que M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… a confié l’interpréta­tion de sa messe : MmesStolz et WaldmannWaldmann, MariaMaria Waldmann (Vienne, 19 novembre 1845 – Ferrare/Italie, 6 novembre 1920), mezzo-soprano. Elle étudia d’abord à Vienne avec Adele Passy-Cornet puis à Milan avec Francesco Lamperti. Elle débuta en 1865 à Saint-Pétersbourg dans le rôle de Pierotto de Linda di Chamounix (Donizetti) puis chLire la suite…, le ténor CapponiCapponi, GiuseppeGiuseppe Capponi (Cantiano/Italie, 14 septembre 1832 – Loreto/Italie, 6 août 1889), ténor. Né dans une famille pauvre, il chanta dans le chœur de la basilique de Loreto et étudia avec Fortunato Borioni. De 1858 à 1859, il chanta des petits rôles de soutien au Théâtre Valle de Rome et fit Lire la suite… et la basse MainiMaini, Ormondo [Armando]Ormondo [Armando] Maini (Viadana/Italie, 16 juillet 1835 – Viadana/Italie, 8 juin 1906), baryton-basse. Il étudia au Conservatoire de Milan et fit ses débuts au Théâtre Carcano de Milan dans I Lombardi (Verdi) en 1860. En 1861, il connut un grand succès au Théâtre de la Scala de Milan dans Lire la suite….

M. Du LocleDu Locle, Camille-Germain du CommunCamille-Germain du Commun du Locle, dit Camille du Locle (Orange, 16 juillet 1832 – Capri, 6 octobre 1903), librettiste et directeur de théâtre. Après son premier livret, M’sieur Landry, pour Jules Duprato, il écrira La Déesse et le Berger (Duprato, 1863), La Fiancée de Corinthe (Duprato, Lire la suite… a pensé qu’il serait d’un haut intérêt pour les dilettantes parisiens d’entendre l’œuvre du maître en lui conservant le prestige d’une exécution exception­nelle. Il s’est assuré le concours des quatre artistes que je viens de nommer, et qui chanteront quatre fois la messe de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… à l’Opéra-Comique.

Bien que les églises soient, en général, très peu favorables, sous le rapport de la sonorité, à l’union des voix et de l’orchestre, j’aurais autant aimé que cette exécution eût lieu, à Paris comme à Milan, dans une église. Un prétexte de bienfaisance ou de com­mémoration patriotique n’eût pas manqué sans qu’il fût besoin d’enterrer personne. Mettra-t-on un catafalque sur la scène où le cerisier de M. Jules PrévelPrével, Marie-Joseph-Philomène dit JulesMarie-Joseph-Philomene dit Jules Prével (Saint-Hilaire-du-Harcouët/Manche, 7 mai 1835 – Paris, 13 septembre 1889), journaliste, critique théâtral et librettiste. Il monta à Paris à l’âge de vingt ans pour faire du journalisme. Grace à l’amitié d’Octave Feuillet qui le recommanda à Lire la suite… étend ses ra­meaux verts ? Remplacera-t-on les becs de gaz par des cierges, et les loges seront-elles tendues de noir ?

Enfin l’idée de M. Du LocleDu Locle, Camille-Germain du CommunCamille-Germain du Commun du Locle, dit Camille du Locle (Orange, 16 juillet 1832 – Capri, 6 octobre 1903), librettiste et directeur de théâtre. Après son premier livret, M’sieur Landry, pour Jules Duprato, il écrira La Déesse et le Berger (Duprato, 1863), La Fiancée de Corinthe (Duprato, Lire la suite… n’en mérite pas moins d’être encouragée et de réussir, d’autant qu’on ne pourra dire, comme on n’y a pas manqué à propos de l’oratorio de M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite…, que l’exécution du Requiem Messe de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… à l’Opéra-Comique a le tort d’entraver la marche du répertoire. Cette exécution, ces quatre exécutions auront lieu dans le jour. On ira là comme on va voir les tableaux exposés au Palais de l’In­dustrie et les merveilles d’art étalées au Palais-Bourbon ; à cela près qu’on y ap­portera, si c’est possible, un peu plus de recueillement.

J’ajouterai que Mmes Stolz et WaldmannWaldmann, MariaMaria Waldmann (Vienne, 19 novembre 1845 – Ferrare/Italie, 6 novembre 1920), mezzo-soprano. Elle étudia d’abord à Vienne avec Adele Passy-Cornet puis à Milan avec Francesco Lamperti. Elle débuta en 1865 à Saint-Pétersbourg dans le rôle de Pierotto de Linda di Chamounix (Donizetti) puis chLire la suite…, MM. CapponiCapponi, GiuseppeGiuseppe Capponi (Cantiano/Italie, 14 septembre 1832 – Loreto/Italie, 6 août 1889), ténor. Né dans une famille pauvre, il chanta dans le chœur de la basilique de Loreto et étudia avec Fortunato Borioni. De 1858 à 1859, il chanta des petits rôles de soutien au Théâtre Valle de Rome et fit Lire la suite… et MainiMaini, Ormondo [Armando]Ormondo [Armando] Maini (Viadana/Italie, 16 juillet 1835 – Viadana/Italie, 8 juin 1906), baryton-basse. Il étudia au Conservatoire de Milan et fit ses débuts au Théâtre Carcano de Milan dans I Lombardi (Verdi) en 1860. En 1861, il connut un grand succès au Théâtre de la Scala de Milan dans Lire la suite… sont les plus belles voix, les talens les plus sérieux qu’il y ait actuellement en Italie.

Les chœurs et l’orchestre, qui ne vien­nent pas de Milan, seront placés sous la direction de M. DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite….

Maintenant, il est probable que le succès de son RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… décidera M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… à écrire pour l’Opéra-Comique une partition dans le genre de l’Etoile du NordEtoile du Nord, L’L’Etoile du Nord, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 16 février 1854.Lire la suite…, du Par­don de PloërmelPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… ou de la Fille du régimentFille du Regiment, LaLa Fille du régiment, opéra-comique en deux actes sur un livret de Jean-François-Alfred Bayard et Henri de Saint-Georges mis en musique par Gaetano Donizetti et créé à l’Opéra-Comique le 11 février 1840.Lire la suite…, c’est-à-dire une partition qui tienne le mi­lieu entre l’opéra-comique et l’opéra. Mais, quelles que soient la fécondité et la fa­cilité bien connues de l’illustre maestro, nous n’en sommes point encore là, et nous ne pouvons guère entrevoir la réalisation d’une pareille bonne fortune que dans un avenir assez éloigné. Cela donnera à M. Du LocleDu Locle, Camille-Germain du CommunCamille-Germain du Commun du Locle, dit Camille du Locle (Orange, 16 juillet 1832 – Capri, 6 octobre 1903), librettiste et directeur de théâtre. Après son premier livret, M’sieur Landry, pour Jules Duprato, il écrira La Déesse et le Berger (Duprato, 1863), La Fiancée de Corinthe (Duprato, Lire la suite… tout le temps nécessaire pour compléter sa troupe et grouper autour des pensionnaires actuels de son théâtre quelques unes de ces renommées (je ne sais vraiment pas où il ira les prendre) qui rassurent les crain­tes et calment les hésitations des composi­teurs les plus exigeans.

Je parlais dernièrement de la transfor­mation probable du théâtre du Châtelet en théâtre d’opéra et je disais à ce sujet : « Nous n’allons pas recommencer, j’ima­gine, à caresser le rêve d’un Théâtre-Lyrique exclusivement consacré aux jeunes compositeurs, avec une subvention de 100,000 fr. »

Plusieurs de mes confrères, qui, suivant moi, se rangent beaucoup trop modeste­ment dans la catégorie des jeunes compo­siteurs, se sont émus de ces quelques li­gnes. Puisque ce que j’ai dit n’a pas été compris par tout le monde, il faut bien que j’explique ce que j’ai voulu dire.

Si l’on veut fonder un théâtre « exclusivement consacré aux jeunes compositeurs », aux compositeurs revenant de Rome, à ceux qui n’ont encore pu se produire sur aucune scène lyrique, mais qui sont capables d’y tenir leur place, ce n’est pas une subven­tion de 100,000 fr. qui peut suffire, je ne dirai pas à assurer la prospérité, mais à empêcher la ruine d’une pareille entreprise. A peine arriverait-on à ce but avec la sub­vention de l’Opéra. Il faut donc renoncer à cette illusion de devoir à la libéralité du gouvernement ou à la fantaisie de quel­que riche capitaliste la création d’un théâ­tre « exclusivement consacré aux jeunes compositeurs. » Mais entre le répertoire classique et le répertoire moderne alimenté par des œuvres sérieuses et d’une valeur indiscutable, il me semble qu’on peut-faire aux nouveaux venus une place assez honorable et assez lucrative aussi. Le tout est de ne pas confondre sous cette rubrique de « jeunes compositeurs » ceux qui débutent dans la carrière après avoir reçu une édu­cation qui est à la fois une promesse et une garantie pour l’avenir, avec ceux qui y végètent depuis des années sans se recommander autrement que par quelques productions hâtives ou quelques essais infructueux.

Quant aux compositeurs qui, au théâtre comme au concert, ont déjà donné la me­sure de ce qu’ils peuvent faire, qui ont toujours été en progressant, et dont une certaine partie du public, si faible qu’elle soit, apprécie les tendances élevées et le talent incontestable, je ne puis les classer, malgré leur jeune âge, parmi les jeunes compositeurs. M. Camille Saint-SaënsSaint-Saëns, Charles-CamilleCharles-Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia le piano avec Camille Stamaty et donna son premier concert public en 1843. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François Benoist (orgue) et Fromental Halévy (compoLire la suite…, l’auteur de la Princesse jaunePrincesse jaune, LaLa Princesse jaune, opéra-comique en un acte sur un livret en vers de Louis Gallet mis en musique par Camille Saint-Saëns et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 12juin 1872. Lire la suite… et du Timbre d’argentTimbre d’argent, LeLe Timbre d’argent, opéra fantastique en quatre actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Camille Saint-Saëns et créé au Théâtre-National-Lyrique à Paris le 23 février 1877.Lire la suite… ; l’habile symphoniste qui a écrit Phaëton PhaëtonPhaëton, pour orchestre op. 39 en do majeur, poème symphonique de Camille Saint-Saëns qui fut créé à Paris au Concert National dirigé par Edouard Colonne au Théâtre du Châtelet le 7 décembre 1873.Lire la suite…et le Rouet d’Omphale ;Rouet d’Omphale, op. 31Le Rouet d’Omphale, op. 31 en la majeur, poème symphonique pour orchestre de Camille Saint-Saëns. L’œuvre fut créée dans une version pour deux pianos lors du premier concert organisé par la nouvelle Société Nationale de Musique par Camille Saint-Saëns et Alexis de Castillon le 7 décembLire la suite… M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix d�Lire la suite…, l’auteur des Pêcheurs de perlesPêcheurs de perles, LesLes Pêcheurs de perles, opéra en trois actes sur un livret de Eugène Cormon et Michel Carré mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 30 septembre 1863.Lire la suite…, de la Jolie fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…, de DjamilehDjamilehDjamileh, opéra-comique en un acte sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Georges Bizet et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 22 mai 1872.Lire la suite… et de l’Artésienne ; L’ArlésienneL’Arlésienne, musique de scène pour chœur et orchestre de Georges Bizet pour la pièce de théâtre en trois actes d’Alphonse Daudet, adaptée de sa nouvelle éponyme, initialement publiée dans le quotidien L’Événement du 31 août 1866, avant d’être intégrée au recueil des LettreLire la suite…M. GuiraudGuiraud, ErnestErnest Guiraud (Nouvelle-Orléans/USA, 23 juin 1837 – Paris, 6 mai 1892), compositeur. Il étudia avec son père Jean-Baptiste Guiraud qui avait été 1er prix de Rome en 1827. Il composa à quinze ans son premier opéra, Le Roi David (La Nouvelle-Orléans, 1852) qui fut représenté avec succès. ILire la suite…, qui a écrit le KoboldKobold, LeLe Kobold, opéra-comique en un acte sur un livret de Charles Nuitter et Louis Gallet mis en musique par Ernest Guiraud et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique de Paris le 2 juillet 1870.Lire la suite…, Madame Turlupin Madame TurlupinMadame Turlupin, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Eugène Cormon et Charles Grandvallet mis en musique par Ernest Guiraud et créé au Théâtre de l’Athénée le 23 novembre 1872.Lire la suite…et d’excellentes Suites d’orchestre ;Suite d’orchestre no. 1Suite d’orchestre no. 1, d’Ernest Guiraud. La suite est en quatre mouvements : Prélude (ré mineur), Intermezzo (sol majeur), Andante (si bémol majeur) et Carnaval (fa majeur), et créée au Concerts Populaires diriges par Jules Pasdeloup au Cirque d’hiver de Paris le 28 janvier 1872. Elle Lire la suite… M. Jules Massenet, le com­positeur des ErynniesErynnies, Les op. 10Les Erynnies, op. 10, musique de scène de Jules Massenet pour la tragédie en deux parties et en vers de Charles-Marie-René Leconte de Lisle. La musique fut commandée par le directeur du Théâtre de l’Odéon de Paris, Félix-Henri Duquesnel, pour la création de la tragédie de Leconte de LislLire la suite…, de Don César de BazanDon César de BazanDon César de Bazan, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery, Philippe Dumanoir (pseudonyme de Philippe Pinel) et Jules Chantepie, mis en musique par Jules Massenet et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 30 novembre 1872.Lire la suite… et de Marie-MagdeleineMarie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite…, une des œuvres les plus remarquables de notre époque, se considéreraient-ils par hasard comme de jeunes compositeurs ?

Maintenant, toujours à propos de la transformation du Châtelet en théâtre ly­rique, je disais que l’illusion de vouloir réserver un grand théâtre de musique aux compositeurs inconnus ou peu connus qu’on appelle « les jeunes compositeurs » ne serait dépassée que par la sottise de ne pas ouvrir à deux battans les portes de ce théâtre à toutes les écoles indistinctement. Et j’ajoutais : « Peu m’importe que ce soit par AidaAïdaAïda, opera seria en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni mis en musique par Giuseppe Verdi, est créé au nouveau théâtre du Caire le 24 décembre 1871.Lire la suite…, par LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… ou par FernandFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite… CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite… que l’on commence, pourvu qu’on nous donne Fernand CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite…, LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… ou Aida. » Mais voilà que le bruit court qu’on a déjà fait choix, pour le jour solennel de l’inauguration, d’un des plus médiocres opéras de Donizetti, Lucrezia BorgiaLucrezia BorgiaLucrezia Borgia, opéra en un prologue et deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre de La Scala de Milan le 26 décembre 1833 et au Théâtre-Italien de Paris le 31 octobre 1840.Lire la suite…, C’est une douche d’eau froide que nous recevons sur la tête. Laissons donc le théâtre du Châtelet à ses destinées et, jusqu’à nou­vel ordre, n’en parlons plus.

E. Reyer.