Feuilleton du Journal des Debats 1874-06-03

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 3 JUIN 1874.

 

REVUE MUSICALE.

 

 Salle du Conservatoire : Audition des envois de Rome : Le Passage de la mer RougePassage de la mer Rouge, LeLe Passage de la mer Rouge, oratorio pour soli, chœur et orchestre sur un texte de Lucien Augé de Lassus. L’œuvre était un envoi de Rome en 1870 par le compositeur qui reçut le prix de Rome deux ans auparavant. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874. Son manuscrit se trouveLire la suite…, oratorio, paroles de M. Lucien Augé, musique de M. Rabuteau. — Suite symphoniqueSuite Symphonique pour orchestreSuite Symphonique pour orchestre de Charles Lefebvre. D’après le supplément de la Biographie universelle des musiciens de François-Joseph Fetis publié sous la direction d’Arthur Pougin, cette œuvre avait été « produite une première fois par l’auteur, le 11 avril précèdent (i.e. 187Lire la suite… et PsaumePsaume XXIII pour soprano, chœur et orchestrePsaume XXIII pour soprano, chœur et orchestre de Charles-Edouard Lefebvre. L’œuvre était un envoi de Rome, en 1871, par le compositeur qui reçut le prix de Rome l’année précédente. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874, avant d’être publiée dans une réduction pourLire la suite…, de M. Charles Lefebvre. — Festival dirigé par M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite…, à Caen. — Publication des œu­vres de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, par Mlle PelletanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite… et M. Damcke Damcke, Berthold JacquesBethold Jacques Damcke (Hanovre, 6 février 1812 – Paris, 15 février 1875), compositeur, pianiste et chef d’orchestre. Il fit d’abord des études de théologie puis de musique avec Aloys Schmitt à Francfort et fut engagé comme altiste dans l’orchestre de la cour de Hanovre à partir de 18Lire la suite…: Iphigénie en Tauride ;Iphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… le manuscrit d’Alceste.AlcesteAlceste, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet adaptée du livret en italien de Ranieri de’ Calzabigi mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 avril 1776. La version originale en Italien futLire la suite…

La première séance consacrée à l’audi­tion des envois de Rome a eu lieu le samedi 23 mai au Conservatoire. Les musiciens, lauréats de l’Institut, n’auront bientôt rien à envier aux peintres, aux sculpteurs et aux architectes : rien, ou du moins peu de chose. Cette première séance avait un très grand intérêt, parce que c’était la première. On nous conviait dernièrement aux exer­cices des élèves ; on nous invite à enten­dre, quelques jours après, des productions fort importantes de deux lauréats qui en­trent dans la carrière quand leurs aînés y sont encore ; tout cela, si vous voulez, n’est qu’un retour aux anciens règlemens, mais nous ne demandons pas mieux que de l’accepter comme une innovation (il y a si longtemps que l’usage en était perdu) et d’en féliciter qui de droit.

Il y a dix-huit mois, l’Académie des Beaux-Arts étant rentrée en possession de ses anciens privilèges, nous applaudis­sions, dans la coupole de l’Institut, en même temps que la cantate de M. SalvayreSalvayre, Gervais-Bernard-GastonGervais-Bernard-Gaston Salvayre (Toulouse, 24 juin 1847 – Ramonville-Saint-Agne/Haute-Garonne, 17 mai 1916), compositeur, chef de chant et critique musical. Il étudia la musique au conservatoire de Toulouse puis à celui de Paris, où il obtint un 2e accessit de contrepoint et fugue en 1867, un 1Lire la suite…, une ouverture de M. Rabuteau. Et nous avons signalé, dans cette composition sympho­nique, dans la première partie surtout, de sérieuses qualités de style, un joli coloris instrumental et certaines tendances qui, même au sein de l’Ecole, ne sont plus guère considérées comme subversives au­jourd’hui. Si les professeurs se tiennent en dehors du mouvement qui entraîne quel­ques uns de leurs élèves, du moins ne le condamnent-ils pas ostensiblement. Cette ouverture finissait mal, mais elle commen­çait bien ; le souvenir que nous en avions gardé nous faisait augurer favorablement de la nouvelle composition de M. Rabu­teau, bien que d’une ouverture à un ora­torio il y ait une assez grande distance à franchir, avec pas mal d’ornières pour verser en route.

Dans le Passage de la mer RougePassage de la mer Rouge, LeLe Passage de la mer Rouge, oratorio pour soli, chœur et orchestre sur un texte de Lucien Augé de Lassus. L’œuvre était un envoi de Rome en 1870 par le compositeur qui reçut le prix de Rome deux ans auparavant. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874. Son manuscrit se trouveLire la suite…, s’il n’y a pas d’ornières, il y a la mer, ce qui est tout aussi dangereux, à moins qu’on ne soit avec les Israélites. Mais, malheureuse­ment, M. Rabuteau a passé plus d’une fois du côté des Egyptiens, et c’est un miracle qu’il n’ait pas été englouti avec l’armée du Pharaon qui poursuivait Moïse.

Voilà six ans déjà que M. Rabuteau a mérité le laurier académique ; voilà six ans que son éducation musicale est terminée. Le Conservatoire lui ayant appris tout ce qu’il pouvait lui apprendre, c’était affaire à lui d’apprendre le reste. On dit que le sé­jour de Rome met les musiciens en con­tact journalier avec les chefs-d’œuvre de tous les arts, excepté avec les chefs-d’œu­vre de la musique. C’est bien possible. Mais il n’en est pas moins vrai que le mu­sicien doué d’un peu d’imagination, qui vit journellement au milieu de tout ce que les arts plastiques ont produit de plus parfait, de plus beau, doit en recevoir une impres­sion profonde, ineffaçable. Les théâtres ne lui enseignent rien, les orchestres sont pau­vres, les plus belles œuvres musicales sont défigurées ; mais la campagne de Rome est admirable, le paysage a une poésie qui ne se retrouve pas ailleurs, la vie est facile et le ciel est bleu. Je ne connais pas d’exi­stence comparable à celle que peut mener un pensionnaire de la Villa Médicis. N’a- t-il pas le libre emploi de ses loisirs ? Ne vit-il pas dans une atmosphère de travail, entouré de camarades qui deviennent pour lui, à un moment donné, des auditeurs sympathiques ? Les partitions des grands maîtres manquent-elles à ses études, et ne se sent-il pas pénétré, au dehors comme au dedans de l’Académie, par les souve­nirs de nos plus grands compositeurs ? Sur cette terre bénie du ciel où MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… ont vécu, où MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite… a passé, heureux ceux qui vivront et passe­ront encore !

Il est possible, comme je l’ai dit plus haut, que la musique qu’on entend depuis bien des années déjà en Italie soit loin de répondre aux aspirations de nos jeunes musiciens ; mais je ne vois pas qu’ils puis­sent trouver ailleurs des exemples plus vivifians et des enseignemens plus profita­bles. Ils ne vont plus guère voir aujourd’hui ce qui se fait en Allemagne, et je n’ai pas besoin de les édifier sur ce qui se fait chez nous.

Les merveilles de l’art, les splendeurs de la nature, les douceurs de l’existence, le travail assidu et la lecture des chefs-d’œu­vre, n’est-ce donc point assez pour éveiller dans une imagination jeune, ardente, im­pressionnable, le sentiment du beau ? N’est- ce point assez pour que les facultés se dé­veloppent, pour que le talent arrive sinon à son apogée, du moins à son premier de­gré de force et de maturité ? Et le musicien que les meilleurs professeurs ont instruit, le lauréat auquel le gouvernement, par des libéralités qui l’honorent, fait pendant qua­tre ans une situation exceptionnelle, doit-il revenir d’Italie avec des espérances seu­lement et avec les vertus d’un solliciteur ? La question de savoir si les théâtres s’ou­vriront un peu plus tôt ou un peu plus tard devant lui n’a jamais été, à mes yeux, la plus importante. Ce qu’il faut, c’est que son séjour en Italie n’ait pas été perdu, c’est qu’il revienne de Rome avec une œuvre forte ou gracieuse, puissante ou originale, avec une œuvre empreinte de sa personnalité et non avec une ébauche, un pastiche ou quelqu’une de ces productions infimes, misérables, que la langue musi­cale se refuse à qualifier. Je n’ai jamais cru à ces génies incompris qui encombrent pendant des années les antichambres de nos directeurs de théâtres et emplissent la ville et la cour de leurs gémissemens. Le jour où, par excès de sensibilité ou de las­situde, on cède au désir qui les agite, ils descendent dans l’arène, l’expérience se fait et on sait ce qu’il en advient. Si pour quelques uns ce jour n’est ja­mais arrivé, c’est vraiment tant mieux pour eux, car ils gardent intact leur amour-propre et conservent toutes leurs illusions. Parmi-les uns et parmi les autres, tous ne sont pas allés à Rome, mais ils forment une catégorie à laquelle les lauréats de l’Institut apportent un assez nombreux contingent. Les registres du Conservatoire diront à ceux que cela intéresse les noms de ces musiciens dévoyés ; j’ai déjà eu moi-même l’occasion d’en citer quelques uns. Et ce n’est pas seulement sur les registres de l’Ecole qu’il faut aller les chercher ; on en trouvera aussi un nombre assez respec­table sur les affiches de nos théâtres lyri­ques.

Je ne puis donc pas considérer comme un débutant, — et c’est par là que je conclus, — un musicien qui depuis six ans a terminé ses études. Et d’abord un débutant écrit un fragment symphonique, une ouverture, un petit drame lyrique, mais il n’écrit pas un oratorio. Me voilà donc parfaitement à l’aise pour exprimer mon sentiment sur l’œuvre et le talent de M. Rabuteau.

Le Passage de la mer RougePassage de la mer Rouge, LeLe Passage de la mer Rouge, oratorio pour soli, chœur et orchestre sur un texte de Lucien Augé de Lassus. L’œuvre était un envoi de Rome en 1870 par le compositeur qui reçut le prix de Rome deux ans auparavant. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874. Son manuscrit se trouveLire la suite…, dont les paroles sont de M. Lucien Augé, renferme, y compris l’ouverture, douze morceaux : récitatifs et soli, chœurs, duo, trio et fragmens symphoniques.

Il est évident que M. Rabuteau, et je ne l’en blâme point, a une prédilection parti­culière pour MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…. On s’en aperçoit dès le début de l’ouverture, et on retrouve dans la Marche égyptienne une nouvelle réminiscence de ce maître : le rhythme et le contour mélodique de l’andante de la symphonie en la. Après Mendelssohn, ChopinChopin, Frédéric-FrançoisFrédéric-François Chopin (Zelazowa près Varsovie, 1er mars 1810 – Paris, 17 octobre 1849), compositeur et pianiste. S’il étudia la musique avec Joseph Elsner, l’orgue et le piano avec Wilhelm Würfel, Chopin fut essentiellement un pianiste autodidacte.Ses premières compositions, des PoLire la suite…. L’accompagnement du chœur n0 4 re­produit d’une façon tellement saisissante le rhythme, certaines harmonies caracté­ristiques et aussi certaines sonorités de la Marche funèbreMarche funèbre de ChopinMarche funèbre, de Frédéric Chopin. C’est le troisième mouvement de la sonate pour piano no. 2 en si bémol mineur op. 35 qui fut publiée en 1840. Napoléon-Henry Reber fut le premier à en faire une transcription pour orchestre qui fut jouée aux funérailles de Chopin en 1849. Prosper PascaLire la suite… instrumentée par M. Prosper PascalPascal, Prosper-AugusteProsper-Auguste Pascal (Lyon, 9 janvier 1823 – Paris, 30 août 1880), compositeur et critique musical. Il composa plusieurs œuvres lyriques : Roman de la rose (1854), et La Nuit aux gondoles (1861) pour le Théâtre-Lyrique, Le Cabaret des amours (1862) pour l’Opéra-Comique et La Fleur de LotLire la suite…, que c’est à se demander si ce n’est pas là une imitation voulue.

La partie symphonique de l’Oratorio de M. Rabuteau est évidemment la plus faible. On sent chez ce jeune compositeur la pré­occupation de se montrer coloriste ; mais les moyens pour arriver à ce but lui font souvent défaut. Encore lui pardonnerait-on son inexpérience à manier l’orchestre s’il faisait à l’oreille quelques unes de ces sur­prises qui indiquent le tempérament, la personnalité du musicien, même à travers les imperfections de l’œuvre. Mais vrai­ment, ce n’est pas avec le tintement d’un triangle ou d’un jeu de timbres qu’on fait de la couleur orientale, et ce n’est pas da­vantage avec une pédale de violons décom­posée en groupes de deux, trois et quatre notes, pour arriver à un trémolo assez maigre, qu’on peint la splendeur impo­sante d’un lever de soleil sur les monta­gnes calcinées de la chaîne arabique. C’est à peine si cela vous donne l’idée de cette lueur blafarde et crépusculaire que projet­tent, l’hiver, les premiers rayons de notre soleil parisien.

Je signalerai une belle progression dans le chœur n0 6, où la petite flûte jette ses notes aiguës et stridentes. Est-ce le siffle­ment de l’aspic de Cléopâtre ? Et, malgré la réminiscence dont j’ai parlé plus haut, je louerai aussi la péroraison de la Marche égyptienne, alors que le motif confié aux instrumens à vent reparaît avec un autre sujet exécuté par les instrumens à corde pizzicati.

Le duo et le trio me semblent les mor­ceaux les mieux réussis de la partition. Tous deux sont écrits pour voix de fem­mes ; tous deux sont empreints d’un très joli sentiment, très habilement dialogués et instrumentés avec goût. Le duo surtout a produit beaucoup d’effet ; mais ces deux morceaux, l’un comme l’autre, ont une valeur réelle. Les notes graves des trom­bones et de l’ophicléide donnent assez de caractère au récit qui précède l’air de Moïse ; le chœur final ne manque pas d’une certaine ampleur, et ce n’est pas sans rai­son que je cite ce chœur sans m’arrêter à la Marche triomphale des Hébreux et au Pas­sage de la mer Rouge.Passage de la mer Rouge, LeLe Passage de la mer Rouge, oratorio pour soli, chœur et orchestre sur un texte de Lucien Augé de Lassus. L’œuvre était un envoi de Rome en 1870 par le compositeur qui reçut le prix de Rome deux ans auparavant. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874. Son manuscrit se trouveLire la suite…

Avec la meilleure volonté du monde, je ne puis dire à M. Rabuteau que son coup d’essai est un coup de maître. L’attitude du public, d’un public sympathique, qui était venu au Conservatoire avec les disposi­tions les plus bienveillantes aurait même pu influer davantage sur la sévérité de mon jugement.

Ce qu’il y a de mieux dans la Suite sym­phoniqueSuite Symphonique pour orchestreSuite Symphonique pour orchestre de Charles Lefebvre. D’après le supplément de la Biographie universelle des musiciens de François-Joseph Fetis publié sous la direction d’Arthur Pougin, cette œuvre avait été « produite une première fois par l’auteur, le 11 avril précèdent (i.e. 187Lire la suite… ou Suite d’orchestreSuite Symphonique pour orchestreSuite Symphonique pour orchestre de Charles Lefebvre. D’après le supplément de la Biographie universelle des musiciens de François-Joseph Fetis publié sous la direction d’Arthur Pougin, cette œuvre avait été « produite une première fois par l’auteur, le 11 avril précèdent (i.e. 187Lire la suite…, de M. Charles Lefebvre, c’est l’andante. La phrase mélo­dique est large, très soutenue et bien con­duite dans ses développemens ; mais c’est presque toujours le même caractère de sonorité. Le second trio du scherzo ne man­que pas d’une certaine grâce mélodique ; et, à part ces quelques mesures, je ne trouve rien de remarquable, rien d’original dans la facture de ce morceau. Il est d’ailleurs fort difficile d’écrire un bon scherzo. Beethoven nous a laissé dans ce genre des modèles inimitables et que, par conséquent, il est toujours dangereux de vouloir imiter.

Nous voici arrivé au point culminant du concert. Le PsaumePsaume XXIII pour soprano, chœur et orchestrePsaume XXIII pour soprano, chœur et orchestre de Charles-Edouard Lefebvre. L’œuvre était un envoi de Rome, en 1871, par le compositeur qui reçut le prix de Rome l’année précédente. Elle fut créée au Conservatoire de Paris le 23 mai 1874, avant d’être publiée dans une réduction pourLire la suite…, de M. Lefebvre, est une composition tout à fait magistrale, ad­mirablement écrite pour les voix, d’un beau style, d’une puissante sonorité, et dans laquelle les artifices scolastiques sont em­ployés avec une habileté rare. Le solo de soprano, accompagné par la harpe, la fu­gue sur un rhythme ternaire, le choral, tout, depuis les premiers accords des cui­vres jusqu’au tutti final, dénote une main exercée, un tempérament vigoureux et une riche organisation musicale. Tout le monde, du reste, a été d’accord sur la valeur de cette composition ; et si on semblait en at­tendre la fin avec un peu d’impatience, c’est qu’on avait hâte de l’applaudir, ou qu’on y trouvait peut-être quelques mesures de trop.

J’ai consacré, dans mon avant-dernier feuilleton, quelques lignes au Conserva­toire de Marseille, à M. Auguste Morel, son ancien directeur et à M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite…, l’un des meilleurs professeurs de cet établissement. M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite… m’écrit pour me dire qu’il n’a été ni révoqué, ni renvoyé, ni destitué, mais qu’il a donné sa démission. M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite… ne pouvait guère faire autrement. Et voici pourquoi : quelques jours aupara­vant, le personnel du Conservatoire avait été réuni pour être présenté au nouvel ad­joint délégué par la municipalité, et là, devant tous, un des membres de la com­mission directoriale avait donné lecture d’un rapport dans lequel il était dit que, de toutes les classes de piano de l’Ecole, celle qui offrait les moins bons résultats était celle de M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite….

M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite… vient de diriger à Caen un grand festival composé d’une soixantaine d’exécutans, parmi lesquels vingt-cinq ar­tistes seulement font partie de l’orchestre de ses Concerts. La ville de Caen, qui est une fort jolie ville, mais qui n’est pas ce­pendant une ville de premier ordre, avait donc fourni un contingent assez nom­breux d’artistes et d’amateurs parmi les­quels l’Echo bayeusain cite M. MoulardeMoularde, Nicolas-Amédée-RaymondNicolas-Amédée-Raymond Moularde (Marseille, 11 mai 1821 – Vanves, 26 juillet 1899), professeur de mathématiques. Il enseigna au collège de Lisieux puis au collège de Bayeux. Il épousa Julie-Anaïs Coupey à Bernay/Eure le 12 septembre 1849. Il était un amateur musicien violoniste et membre Lire la suite…. Ce festival, organisé par la Société des Beaux-Arts, a eu lieu dans la vaste enceinte du Cirque où 2,500 auditeurs tiennent à l’aise, exceptionnellement. Il en était venu beau­coup des localités environnantes. Quand M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite… a paru sur l’estrade, il a été accueilli par une triple salve d’applaudissemens, A Caen comme ailleurs, on sait rendre hommage à la renommée du fonda­teur des Concerts populaires, on connaît son mérite, on apprécie ses efforts incessans et les services qu’il a rendus. Le nom de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite…, mis en vedette sur l’affi­che, était une des grandes attractions du concert. Et le premier nom inscrit sur le programme était celui de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…. C’est à Caen que M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite… est né ; il y aura sa statue un jour. Après l’ouverture de la MuetteMuette de Portici, LaLa Muette de Portici, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et Germain Delavigne mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1828.Lire la suite…, l’orchestre a exécuté la Symphonie pastoraleSymphonie no. 6 fa majeur "Pastorale" Op.68Symphonie pour orchestre no. 6 en fa majeur Op. 68 dite « Pastorale » de Ludwig van Beethoven dédiée au Prince Franz Joseh von Lobkowitz et au Comte Andreas Razumovsky et créée au Theater-an-der-Wien  de Vienne le 22 décembre 1808.Lire la suite… tout entière, l’ouverture de Guil­laume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, des fragmens du Songe d’une nuit d’étéSonge d’une nuit d’étéSonge d’une nuit d’été (Ein Sommernachtstraum), ouverture (Op. 21) et musique de scène (Op. 61) de Felix Mendelssohn pour la comédie de Shakespeare traduite par August Wilhelm Schlegel, créée au Neues Schloss à Potsdam le 14 octobre 1843.Lire la suite…, d’autres fragmens symphoniques de HaydnHaydn, Franz JosefFranz Josef Haydn (Rohrau/Basse Autriche, 31 mars 1732 – Vienne, 31 mai 1809), compositeur. Il étudia avec Johann Mathias Franck, chef de chœur de l’église de Hainburg et fut remarqué par Reutter, maître de chapelle du Stephansdom à Vienne, qu’il le recruta en 1739 ou 1740 comme choristeLire la suite…, la Marche religieuse de LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite…, l’adagio du quintette en la de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et les trois principaux morceaux du sep­tuor de Beethoven. La partie vocale était confiée au ténor VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite…, qui est de toutes les fêtes, et à une jeune élève du Conser­vatoire, Mlle ArmandiArmandi dite de Trémont, Augusta-Marie-LaureAugusta-Marie-Laure Armandi dite de Trémont (Paris, 3 août 1855 – Paris, 3 mars 1921), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint une 1re médaille de solfège et de chant en 1872. Elle chanta à Paris dans Ruth (C. Franck) en décembre 1873. En 1874, on l’applaudit dansLire la suite….

On parlera longtemps de ce festival à Caen, et c’est afin d’encourager les efforts tentés dans un but de décentralisation ar­tistique qu’on en parle aussi un tout petit peu à Paris.

On sait, ou on ne sait pas, et malheureu­sement cela n’est que trop vrai, avec quelle négligence ont été écrites les partitions de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…. « Quand on en vint à les graver, dit BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, le graveur ajouta ses fautes à celles du manuscrit, et il ne paraît pas que l’au­teur ait daigné s’occuper alors de la cor­rection des épreuves. Tantôt les premiers violons sont écrits sur la ligne des seconds, tantôt les altos, devant être à l’unisson des basses, se trouvent, par suite d’un col lasso négligemment jeté, écrits à la double oc­tave haute de celles-ci, et font, en conséquence, entendre parfois les notes de la basse au-dessus de celles de la mélo­die. L’auteur ici oublie d’indiquer le ton des cors ; ailleurs, il a négligé d’indiquer même l’instrument à vent qui doit exécu­ter une partie saillante ; est-ce une flûte, un hautbois, une clarinette ? Quelquefois il écrit sur la ligne des contre-basses quel­ques notes importantes pour les bassons, puis il ne s’occupe plus d’eux et l’on ne peut savoir ce qu’ils deviennent ensuite. » Aussi Berlioz ajoutait-il, avec l’expression d’un profond chagrin, que si une main pieuse, une main habile ne se hâtait pas de faire disparaître ces erreurs de combler ces lacunes, d’éclaircir ces points obscurs, de reconstituer, en un mot, l’œuvre de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… d’après les renseignemens recueillis jusqu’à ce jour et les documens les plus authentiques, l’œuvre de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, dans un avenir prochain, serait à jamais perdue. Le vœu de l’illustre maître a été entendu. J’ai déjà annoncé la magnifique publication en­treprise par Mlle PelletanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite… et M. DamckeDamcke, Berthold JacquesBethold Jacques Damcke (Hanovre, 6 février 1812 – Paris, 15 février 1875), compositeur, pianiste et chef d’orchestre. Il fit d’abord des études de théologie puis de musique avec Aloys Schmitt à Francfort et fut engagé comme altiste dans l’orchestre de la cour de Hanovre à partir de 18Lire la suite…, et qui comprendra les cinq grandes partitions de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…. Celle d’Iphigénie en AulideIphigénie en AulideIphigénie en Aulide, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 19 avril 1774.Lire la suite… a paru il y a quelques mois ; celle d’Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… vient de paraître. Elle reproduit le fac-similé d’une lettre de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… à GuillardGuillard, Nicolas-FrançoisNicolas-François Guillard (Chartres, 16 janvier 1752 – Paris, 26 décembre 1814), librettiste.  Après avoir collaboré à des recueils de plusieurs auteurs en 1776 et 1777, il écrivit pour Gluck le livret d’Iphigénie en Tauride (1781), considéré comme l’un des meilleurs du XVIIIe sièclLire la suite…, l’auteur du poëme, lettre qui faisait partie de la riche collection d’autographes de M. LabouchèreLabouchère, Pierre-AntoinePierre-Antoine Labouchère (Nantes, 26 novembre 1807 – Paris, 28 mars 1873), peintre et collectionneur de livres et d’autographes. Fils d’un armateur de Nantes, il travailla pour la banque Hope & Co. d’Amsterdam qui l’envoya en 1827 aux États-Unis. Il devint l’associé principal de Lire la suite… et que notre cher con­frère Jules JaninJanin, JulesJules Janin (Saint-Étienne, 16 février 1804 – Paris, 19 juin 1874), critique dramatique et écrivain. Après des études au Lycée Louis-le-Grand à Paris, il devint rédacteur au Figaro et à La Quotidienne et publia ses premiers romans : L’Ane mort et la Femme guillotinée (1827) et La ConfLire la suite… publia dans son feuilleton du 23 janvier 1860.

Mlle PelletanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite…, par une autorisation spé­ciale de M. Maurice RichardRichard, Maurice-LouisMaurice-Louis Richard (Paris, 26 octobre 1832 – Paris, 4 novembre 1888), avocat et homme politique. Il fit des études de droit, s’inscrivit au barreau et travailla d’abord dans l’étude d’un avocat à la Cour de Cassation. Il fut élu en 1863 comme député indépendant dans la 4e circonsLire la suite…, le dernier ministre des beaux-arts sous l’empire, a pu faire toutes les recherches qu’elle a jugées utiles dans les archives et dans la biblio­thèque de l’Opéra. Elle a puisé là, à la source la meilleure, les renseignemens les plus précieux. Elle a fait mieux encore : le manuscrit d’AlcesteAlcesteAlceste, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet adaptée du livret en italien de Ranieri de’ Calzabigi mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 avril 1776. La version originale en Italien futLire la suite… était à vendre, elle l’a acheté. Ce manuscrit appartenait à Mme Gi­rard, la veuve du chef d’orchestre de l’O­péra ; j’ignore quel prix l’a payé Mlle Pel­letanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite…, mais je sais que Mme Girard en de­mandait 10,000 fr., et que, désespérant de le vendre un si haut prix en France, elle al­lait l’envoyer à Vienne quand Mlle PelletanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite… lui a fait des offres qu’elle a bien voulu accepter. Le ministère des beaux-arts, au­tant pour remercier Mlle PelletanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite… de sa généreuse action que pour l’aider dans le suc­cès de son entreprise, a souscrit pour dix exemplaires à la collection entière des chefs-d’œuvre de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, ce qui élève à 4,500 fr. le montant de la souscription. Voilà assu­rément de l’argent bien employé.

Maintenant, à propos du manuscrit d’Al­cesteAlcesteAlceste, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet adaptée du livret en italien de Ranieri de’ Calzabigi mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 avril 1776. La version originale en Italien futLire la suite…, je ferai appel, au nom de Mlle Pelle­tanPelletan, FannyFanny Pelletan (Paris, 28 juillet 1830 – Passy, 2 août 1876), musicologue. Elle étudia la musique avec Berthold Damcke et, inspirée par un article d’Hector Berlioz souhaitant voir publier une édition critique des six grands opéras français de Gluck (Journal des Débats, 3 juillet 1857), elLire la suite…, aux artistes, amateurs, bibliophiles, bibliomanes et collectionneurs d’autogra­phes de tous pays que le hasard aurait mis en possession des deux fragmens qui man­quent à ce manuscrit : le chœur des divi­nités infernales :

Triomphe ! Victoire !

L’enfer est vainqueur !

et le récitatif d’Apollon :

Les dieux, dont la justice égale la puissance,

Ont forcé les enfers d’obéir à leurs lois.

Je serais heureux que l’on voulût bien donner la plus large publicité possible aux dernières lignes de ce feuilleton.

E. Reyer.