Feuilleton du Journal des Debats 1874-04-30
FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS
DU 30 AVRIL 1874.
REVUE MUSICALE.
Projet de transformation du théâtre du Châtelet en théâtre lyrique. — Théâtre de l’Opéra : Début de Mlle FouquetFouquet, Jeanne-AgnèsJeanne-Agnès Fouquet (Paris, 15 février 1852 – Paris, 25 février 1932), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix de chant et un 1er accessit d’opéra-comique en 1873. Le 17 avril 1874, elle débuta à l’Opéra de Paris dans le rôle de Mathilde de GuillaumLire la suite…. — Théâtre de l’Opéra-Comique : 1re représentation de Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de M. Thomas Sauvage, musique de M. Ambroise Thomas.
Le bruit court de la transformation du théâtre du Châtelet en théâtre d’opéra. C’est un bruit bon à recueillir. Ceux qui prétendent que nous avons assez de théâtres lyriques comme ça ne savent pas bien exactement ce que c’est qu’un théâtre lyrique, ou bien ils n’admettent pas qu’il y ait des théâtres lyriques de catégories différentes. Par abus ou par extension de mot, le premier petit théâtre qui s’est avisé d’ajouter quelques couplets à ses vaudevilles, et quelques menus chanteurs à ses comédiens ordinaires a pu s’intituler théâtre lyrique. De là à un théâtre de musique il y a loin. L’incendie du Théâtre-Lyrique, brûlé par le pétrole, a été un désastre tout aussi grand que l’incendie de l’Opéra, brûlé par une fuite de gaz, avec cette différence cependant que le premier sinistre a atteint un bien plus grand nombre de compositeurs. Le mal eût été moins grand si le théâtre du Châtelet, au lendemain de la Commune, eût recueilli les épaves de son voisin. Il ne l’a pas fait. Ce même théâtre du Châtelet, désigné généralement comme l’asile le plus spacieux, le plus commode qui pût être offert aux artistes de l’Opéra, est resté, après l’incendie de la rue Le Peletier, théâtre de féerie et de drame comme devant. Ce qui n’a pu se faire il y a trois ans, ce qui ne s’est pas fait il y a six mois va donc pouvoir se faire aujourd’hui. J’en suis bien aise. Quand une nouvelle comme celle-là circule, il ne faut pas se hâter de s’en réjouir. Il faut prévoir les déceptions, il faut craindre les obstacles. Et d’abord, si l’ancien Théâtre-Lyrique est rendu à sa première destination, je ne crois pas aux chances de fortune du théâtre du Châtelet en tant que théâtre de musique. Et si ce théâtre n’est pas autorisé à prendre à pleines mains dans le répertoire abandonné par son puissant rival le Grand Opéra, j’y crois bien moins encore. La scène comme la salle du Châtelet sont faites pour les grands spectacles.
Nous n’allons pas recommencer, j’imagine, à caresser le rêve d’un théâtre lyrique exclusivement consacré aux jeunes compositeurs, avec une subvention de 100,000 fr. Donc, la première chose à laquelle doit songer ce théâtre, c’est à la constitution de son répertoire. Et parmi la foule des chefs-d’œuvre oubliés ou délaissés depuis longtemps, il n’a qu’à choisir. Le premier musicien sérieux, instruit et de bonne foi lui en dressera le catalogue sans de grands efforts de mémoire et sans remonter au déluge. On a déjà parlé d’Aïda. Aïda n’est peut-être pas un chef-d’œuvre ; ce n’est surtout pas une œuvre classique, puisqu’elle est née d’hier. Mais, parmi les ouvrages modernes, c’est bien certainement un des plus remarquables, un des plus complets, un de ceux dans lesquels se trouvent réunis au plus haut degré la valeur musicale et le sentiment dramatique. L’illusion de vouloir réserver un grand théâtre de musique aux compositeurs inconnus ou peu connus, qu’on appelle les jeunes compositeurs, ne serait dépassée que par la sottise de ne pas ouvrir à deux battans les portes de ce théâtre à toutes les écoles indistinctement. Peu m’importe que ce soit par AïdaAïdaAïda, opera seria en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni mis en musique par Giuseppe Verdi, est créé au nouveau théâtre du Caire le 24 décembre 1871.Lire la suite…, par LohengrinLohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… ou par Fernand CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite… que l’on commence, pourvu qu’on nous donne Fernand CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite…, AïdaAïdaAïda, opera seria en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni mis en musique par Giuseppe Verdi, est créé au nouveau théâtre du Caire le 24 décembre 1871.Lire la suite… ou Lohengrin.LohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… Un théâtre qui joue tous les jours, un théâtre bien administré et pourvu d’un personnel suffisant, peut faire une part égale aux œuvres classiques et aux œuvres modernes, aux œuvres de tout pays. Les rancunes patriotiques doivent cesser là où les jouissances intellectuelles commencent. Qui donc se souvient aujourd’hui, en entendant le FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, des chœurs que WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite… écrivit pour exalter les sentimens belliqueux de ses concitoyens contre la France de 1813 ? Est-ce que par hasard la lecture d’un poëme de Gœthe ou d’une tragédie de Schiller vous empêche, une fois le livre fermé, d’envoyer les Allemands à tous les diables ?
Le théâtre lyrique du Châtelet n’aura même pas besoin d’invoquer la liberté des théâtres pour s’approvisionner de chefs-d’œuvre pris dans le répertoire classique et de belles œuvres appartenant à l’école moderne. Il lui suffira de battre en brèche, avec des auxiliaires qui ne lui manqueront pas, le maintien de certains privilèges qu’on a trop longtemps respectés, et de souffler sur des prétentions ridicules. On ne peut pas refuser au Châtelet l’autorisation de jouer des opéras qui sont tombés dans le domaine public, c’est un fait incontestable, et on ne peut pas lui refuser davantage l’autorisation de jouer des opéras qu’on devrait jouer ailleurs, mais qu’on ne joue pas parce qu’ils n’offrent pas, dit-on, des chances suffisantes de succès. Voilà assez longtemps qu’on nous récite la fable du Chien et du Jardinier. Les compositeurs peuvent bien s’accoutumer à vivre de privations, — la privation d’être joué venant en première ligne, — mais on ne peut les amuser éternellement avec des allégories.
Quant à la composition de la troupe, il est de toute nécessité qu’elle soit à la hauteur d’une tâche sérieuse. Mais où sont les grands chanteurs, où sont les grands artistes ? Serait-il vrai que tous soient dispersés, que tous se soient enfuis pour ne plus revenir ? Il y en a à Milan, il y en a à Vienne, à Saint-Pétersbourg, à New- York, à la Nouvelle-Orléans, à Madrid (à Madrid !) Pourquoi n’y en a-t-il pas ou y en a-t-il si peu à Paris ? Je vais vous le dire. C’est d’abord parce que les grands artistes ont depuis longtemps pris l’habitude de s’en aller où on les paie le plus cher, et ensuite parce que, pour interpréter le genre de musique que nous préférons et que nous avons élevé à la hauteur d’une institution nationale, nous n’avons pas besoin de grands artistes. Nous avons laissé partir ceux que nous possédions et nous n’avons pas éprouvé le besoin d’en former de nouveaux. Si, depuis dix ans, l’éducation musicale eût été dirigée dans une meilleure voie, dans une voie plus noble, nous n’en serions point à gémir, quand par hasard l’occasion se présente d’entendre quelque chef-d’œuvre, sur l’absence de chanteurs capables de l’interpréter. Le jour où le répertoire de nos théâtres lyriques aura retrouvé la richesse et la variété qu’il eut autrefois, les grands chanteurs qui nous ont quittés nous reviendront tout naturellement, et il nous sera plus facile aussi d’élever une nouvelle génération d’artistes dans l’étude et le respect d’ouvrages que la plupart de ceux qu’on élève aujourd’hui n’apprennent ni à connaître ni à respecter.
Je ne sais rien ou pas grand’chose du directeur qui prendrait en main les futures destinées du théâtre du Châtelet. On prétend qu’il a derrière lui ou devant lui (on ne sait jamais au juste quel est, dans ce cas-là, l’ordre de la marche) une riche et puissante combinaison financière. Un directeur qui s’appuie sur des capitaux offre déjà des garanties plus solides que celui qui s’appuie seulement sur le chiffre, souvent variable, d’une subvention. Quant à ses aptitudes, nous, attendrons naturellement, pour les juger, de le voir à l’œuvre : on ne demande pas au directeur d’un théâtre quelconque, même d’un grand théâtre lyrique, le diplôme que l’on exige d’un simple apothicaire. Je n’ai pas ouï dire que la transformation du Châtelet en théâtre d’Opéra dût se faire avec la perspective de la subvention accordée à l’ancien Théâtre-Lyrique. L’administrateur du nouveau théâtre se contentera donc de demander au gouvernement l’autorisation indispensable en pareil cas ; pour le reste, l’administration supérieure n’aura à intervenir que dans les limites de cette protection, de cette surveillance paternelle qu’elle étend sur toutes les entreprises du même genre qui ne grèvent point son budget.
Mlle FouquetFouquet, Jeanne-AgnèsJeanne-Agnès Fouquet (Paris, 15 février 1852 – Paris, 25 février 1932), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix de chant et un 1er accessit d’opéra-comique en 1873. Le 17 avril 1874, elle débuta à l’Opéra de Paris dans le rôle de Mathilde de GuillaumLire la suite…, qui vient de débuter à l’Opéra dans Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, est une jeune personne fort bien douée. Elle est sortie du Conservatoire il y a à peine un an et ne pense pas pour cela que ses études soient terminées. Sa voix de mezzo-soprano est d’un beau timbre et d’une étendue très suffisante : elle a de l’éclat et du charme, avec quelques inégalités que le travail fera disparaître probablement. Le premier soir de son début, Mlle FouquetFouquet, Jeanne-AgnèsJeanne-Agnès Fouquet (Paris, 15 février 1852 – Paris, 25 février 1932), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix de chant et un 1er accessit d’opéra-comique en 1873. Le 17 avril 1874, elle débuta à l’Opéra de Paris dans le rôle de Mathilde de GuillaumLire la suite… a été très impressionnée, très émue, et il a fallu toute la sympathie que lui a témoignée le public pour calmer son émotion. C’est ainsi que cela arrive ordinairement aux jeunes chanteuses, et chez quelques unes cette timidité est une grâce de plus.
Mlle FouquetFouquet, Jeanne-AgnèsJeanne-Agnès Fouquet (Paris, 15 février 1852 – Paris, 25 février 1932), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2d prix de chant et un 1er accessit d’opéra-comique en 1873. Le 17 avril 1874, elle débuta à l’Opéra de Paris dans le rôle de Mathilde de GuillaumLire la suite… a choisi le rôle de Marguerite pour son second début. Et comme elle est brune, la couleur de sa perruque la préoccupe beaucoup.
L’Opéra-Comique, après une longue attente et de longs débats, a enfin donné, mercredi dernier, la première représentation de Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite…, petit opéra bouffe dont le prologue, on s’en souvient, s’est joué au Palais-de-Justice. Les deux auteurs de la pièce, le librettiste et le musicien, ont plaidé l’un contre l’autre, celui-ci au nom d’un principe, celui-là au nom de ses intérêts. M. ThomasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite…, ainsi qu’il l’a déclaré dans une lettre récente que plusieurs journaux ont publiée, ne voulait pas admettre que les droits du musicien pussent être primés par ceux de son collaborateur. Le tribunal en ayant décidé autrement, le musicien a dû s’incliner devant la décision des juges et livrer sa partition aux artistes chargés de l’interpréter. Mais, en manière de protestation, et toujours pour soutenir la question de principe, il s’est abstenu d’assister aux répétitions. Ce qui fait qu’on a répété sans lui.
La première idée de Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… a été donnée à M. Thomas Sauvage par M. Emile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…, qui, dans un bal travesti, fut frappé de la ressemblance qu’offrait Mlle LemercierLemercier, Marie Charlotte LeocadieMarie Charlotte Léocadie Lermercier (Blois, 7 avril 1827 – Paris, 9 août 1907), soprano. Elle fit ses études au Conservatoire de Paris et obtint en 1845 un 2eme accessit de chant. Elle débuta à l’Opéra-Comique le 29 Juin 1846 dans Zémire et Azor (Grétry). Elle resta jusqu’en 1862 à l’Lire la suite…, déguisée en Pierrot et la figure enfarinée, avec l’acteur MockerMocker, Toussaint-Eugène-ProsperToussaint-Eugène-Prosper Mocker (Lyon, 16 juillet 1811 – Brunoy, 3 octobre 1895), ténor. D’abord timbalier au Théâtre de l’Odéon puis à l’Opéra (1829), il prit des leçons de chant avec Ponchard et débuta à l’Opéra-Comique dans La Fête du Village Voisin (Boieldieu) en 1830. Il chaLire la suite…. M. Emile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… pensa qu’on pourrait tirer parti de cette ressemblance, tout en tenant compte, bien entendu, de la différence d’âge, en faisant paraître les deux artistes dans la même pièce : l’un sous les traits de Gille, l’autre sous les traits de Gillotin, son fils. C’était après le succès du Caïd.Caïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite… M. Thomas Sauvage se mit à l’œuvre, et M. Ambroise Thomas immédiatement après lui. Les auteurs du CaïdCaïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite…, heureux de se retrouver ensemble, étaient bien loin de penser alors qu’ils verraient, quinze ans plus tard, se dresser entre eux la majesté d’un tribunal et la discorde sous la forme d’un huissier. La première représentation de Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… devait avoir lieu au bénéfice de M. MockerMocker, Toussaint-Eugène-ProsperToussaint-Eugène-Prosper Mocker (Lyon, 16 juillet 1811 – Brunoy, 3 octobre 1895), ténor. D’abord timbalier au Théâtre de l’Odéon puis à l’Opéra (1829), il prit des leçons de chant avec Ponchard et débuta à l’Opéra-Comique dans La Fête du Village Voisin (Boieldieu) en 1830. Il chaLire la suite…, ainsi que cela s’était fait pour le Toréador. Toréador, LeLe Toréador, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Adolphe Adam et créé à l’Opéra-Comique le 18 mai 1849.Lire la suite…Mais il survint des empêchemens, je ne sais lesquels ; puis M. MockerMocker, Toussaint-Eugène-ProsperToussaint-Eugène-Prosper Mocker (Lyon, 16 juillet 1811 – Brunoy, 3 octobre 1895), ténor. D’abord timbalier au Théâtre de l’Odéon puis à l’Opéra (1829), il prit des leçons de chant avec Ponchard et débuta à l’Opéra-Comique dans La Fête du Village Voisin (Boieldieu) en 1830. Il chaLire la suite… prit sa retraite, Mlle LemercierLemercier, Marie Charlotte LeocadieMarie Charlotte Léocadie Lermercier (Blois, 7 avril 1827 – Paris, 9 août 1907), soprano. Elle fit ses études au Conservatoire de Paris et obtint en 1845 un 2eme accessit de chant. Elle débuta à l’Opéra-Comique le 29 Juin 1846 dans Zémire et Azor (Grétry). Elle resta jusqu’en 1862 à l’Lire la suite… quitta le théâtre, une nouvelle distribution fut offerte aux auteurs, qui n’en voulurent point, et la pièce rentra dans les carions administratifs. Au bout de quinze ans, M. Thomas Sauvage, dont les prétentions s’appuient sur de nombreux succès, et qui, d’ailleurs, avait un traité en bonne forme avec la direction de l’Opéra-Comique, demanda la mise à l’étude de son œuvre. C’est alors que M. Ambroise Thomas, s’appuyant de son côté sur la situation que lui avait faite le succès d’HamletHamletHamlet, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra de Paris le 9 mars 1868.Lire la suite… et ayant recueilli au Conservatoire la succession de M. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite…, mit son veto à la représentation de Gille et Gillotin.Gille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… Autre temps, autre musique. « En protestant encore au dernier moment, dit M. ThomasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite… dans la lettre que j’ai déjà citée, contre des procédés allant jusqu’à me faire représenter par autorité de justice, ce ne sont certainement pas mes intérêts que je défends, c’est la cause même des compositeurs. Quant à ceux qui voudraient faire croire, qu’au jourd’hui je répudie Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… comme je répudierais le CaïdCaïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite…, je n’ai pas à m’en préoccuper. La diversité de mes ouvrages et les conseils que j’ai toujours donnés à mes élèves me semblent une réponse suffisante. Ce n’est pas, je le sais, par sa dimension qu’une œuvre acquiert de l’importance et de la valeur, c’est par le sentiment et le style. L’art élève, embellit tout, jusqu’aux sujets les plus frivoles. » Cela est fort bien dit. Mais alors, si M. ThomasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite… ne répudie pas plus Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… qu’il ne répudierait le Caïd ; s’il pousse même la franchise jusqu’à convenir que l’art avec lequel il a traité Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… a embelli ce frivole sujet ; s’il avoue avec la même sincérité que le style et le sentiment qu’il a mis dans la musique de ce petit acte lui donnent une valeur, une importance qui contrastent fort heureusement avec sa petite dimension, pourquoi M. Ambroise Thomas ne voulait-il pas que Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… fût représenté ? Ma faible intelligence se refuse à comprendre ce que M. ThomasThomas, Charles-Louis-AmbroiseCharles-Louis-Ambroise Thomas (Metz, 5 août 1811 – Paris, 12 février 1896), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint le 1er Prix de piano en 1829 dans la classe de G. Zimmerman, et, élève dans la classe de composition de Lesueur il obtint le Prix de Rome en 1832. Il compLire la suite… a pourtant si clairement exprimé, et le plus certain à mes yeux dans toute cette affaire, c’est que Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… est une œuvre charmante, écrite par la plume habile d’un maître qui, s’il a perdu sa cause devant un tribunal, l’a hautement gagnée devant les artistes et devant le public.
Le livret de M. Thomas Sauvage est bâti, comme cela se dit vulgairement, sur une pointe d’aiguille. Mais il est assaisonné de l’esprit familier à l’auteur de Gille ravisseurGilles ravisseurGilles ravisseur, opéra-comique en un acte sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 21 février 1848.Lire la suite…, de l’Eau merveilleuseEau merveilleuse, L’L’Eau merveilleuse, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Albert Grisar et créé au Théâtre de la Renaissance le 30 janvier 1839.Lire la suite…, du ToréadorToréador, LeLe Toréador, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Adolphe Adam et créé à l’Opéra-Comique le 18 mai 1849.Lire la suite…, déjà nommé, et de cet esprit-là on ne fait pas fi, plus qu’ailleurs, au théâtre de l’Opéra-Comique. Les principaux élémens de gaîté autour desquels se déroulent les amusantes péripéties du sujet sont représentés par un gâteau, un briquet et un fond de culotte. Le briquet appartient à un sergent aux gardes qui a épousé secrètement Rosaure, la nièce de Roquentin ; le fond de culotte a été détaché de la souquenille de Gillotin par un accroc qui va devenir le nœud de l’intrigue. Quant au gâteau, un godiveau sortant tout chaud de l’officine du pâtissier d’en face, il en reste tout juste à Gillotin ce que Gille n’en a pu manger. Ah ! ce n’est plus là le Gille des anciens jours ; il est toujours gourmand, mais il s’est fait vieux ; et s’étant marié lui-même, il marie son fils à la servante de Roquentin, qui a nom Jaquette. Nous savions leur amour avant le mariage, comme nous savions l’amour du sergent aux gardes et de la belle Rosaure déjà mariés. Aussi n’avons-nous pas douté du dénoûment en voyant tomber Gillotin aux pieds de la fille de son maître. Il lui baise les mains et lui parle avec une ardeur dont elle paraît troublée. C’est alors que, soupçonnée de caresser l’idée d’une mésalliance, Rosaure est forcée d’avouer qu’elle s’est mariée sans la permission de son oncle. Et en même temps, comme Roquentin, le farouche Roquentin, le fantasque Roquentin se trouve en belle humeur, Gille lui remet une lettre que depuis quinze ans il a dans sa poche, laquelle lettre apprend à Roquentin que le sergent aux gardes est son fils.
Ce poëme a paru long parce que les acteurs, sans doute contens de leurs rôles, ont mis un peu trop de lenteur à le débiter. Comme on dit en langage de coulisses, ils ont pris leur temps. Cela eût pu donner l’idée de faire des coupures, et c’eût été fâcheux.
Le motif principal de l’ouverture est une retraite du dernier siècle, dont M. Thomas Sauvage s’est souvenu et qu’il a dictée à M. Ambroise Thomas. Et sur ce thème de pas redoublé, celui-ci a brodé les fleurs les plus délicates du contre-point, les plus élégantes fantaisies de l’orchestre. Cette ouverture est un petit bijou symphonique : on l’a bissée sans la moindre opposition. Le fifre s’y marie au tambour ; les violons dessinent de coquettes arabesques ; les cuivres sonnent, et une note de cor, un fa peut-être, y prépare par sa persistance ingénieuse une modulation piquante, inattendue. Mais je crois pouvoir dire, à la louange de l’orchestre de l’Opéra-Comique, que, malgré son caractère martial, l’ouverture de Gille et GillotinGille et GillotinGille et Gillotin, opéra-comique en un acte et en vers sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 22 avril 1874.Lire la suite… perdrait beaucoup à être exécutée par une musique de régiment. Il y a neuf morceaux dans la partition. Il faudrait les citer tous depuis le duo du balcon, où chantent alternativement le rossignol de Juliette et l’alouette de Roméo, jusqu’au finale plein de verve, d’entrain et de jolis détails d’orchestre. On a bissé l’ouverture, on a bissé aussi les couplets de Gillotin, qui vraiment sont délicieux.
Oh ! oh ! oh ! quel gâteau !
Qu’il est chaud !
On eût bissé tout aussi volontiers le quatuor qui précède ces couplets, morceau écrit avec une rare élégance, et le sextuor qui, pour n’être qu’un pastiche de musique italienne, n’en a pas moins, comme pastiche, merveilleusement réussi.
L’Opéra-Comique doit donc, à M. Ambroise Thomas et à la justice française, toujours infaillible dans ses jugemens, une très jolie partition de plus.
E. Reyer.
Personnes discutées
Personnes citées
Oeuvres discutées
Oeuvres citées
Notes d'édition
C’est une fable d’Ésope :
« Le chien d’un jardinier étant tombé dans un puits, le jardinier, voulut l’en retirer et descendit lui aussi dans le puits. Croyant qu’il venait pour l’enfoncer plus profondément, le chien se retourna et le mordit. Le jardinier, souffrant de sa blessure, remonta en disant : « J’ai bien mérité cela : qu’avais-je à m’empresser de sauver une bête qui voulait se suicider ? »
Cette fable s’adresse aux hommes injustes et ingrats. »