Le Journal des Débats, 2 août 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  2 AOÛT 1868.

REVUE MUSICALE.

Concerts.

(Premier article.)

M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… fit, il y a quelques années, sur les concerts de la saison, un feuilleton en vers. Je voudrais pouvoir adopter cette forme poétique, qui sied bien au sujet que j’ai à traiter aujourd’hui ; mais le vers m’est peu familier, et comme, en rendant compte de l’éclatant succès de tel ou tel virtuose, le mot « triomphe » arriverait tout naturellement au bout de ma plume, c’est-à-dire au bout de mon vers, je me trouverais dans un embarras extrême, dans une impasse dont j’aurais bien du mal à sortir, car il n’existe pas de rime à « triomphe ». A la rigueur, on peut remplacer « triomphe » par « victoire » ; mais ce n’est pas tout à fait la même chose. J’en appelle aux exécutans qui ont le sentiment des nuances.

Trente-six programmes sont là sur ma table, classé par ordre alphabétique, et sur chacun j’ai noté avec soin mes impressions de la soirée. Précaution indispensable, car à plusieurs semaines de distance il me serait peut-être fort difficile de dire exactement de quelle façon Mme MonbelliRabou, Marie-Désirée-Françoise dite Marie MonbelliMarie-Désirée-Françoise Rabou dite Marie Monbelli (Versailles, 19 mai 1845 – Cannes, 8 janvier 1913), soprano. A l’âge de quinze ans, elle épousa Adolphe-Gustave Crémieux dont elle eut une fille, Amélie-Mathilde-Louise Crémieux (Le Havre 4 mars 1862 – Paris, 26 janvier 1925). Elle obtiLire la suite… a chanté la ZingaraZingara, LaLa Zingara, opera seria en deux actes sur un livret en italien de Andrea Leone Tottola mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Teatro Nuovo de Naples le 12 mai 1822.Lire la suite… de Donizetti ou la cavatine du Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite… au concert de M. Charles de BériotBériot, Charles Auguste deCharles-Auguste de Bériot (Louvain, 20 février 1802 – Bruxelles, 8 avril 1870), violoniste et compositeur. Il étudia avec André Robberechts et, sur les conseils de Viotti, suivit pendant quelques mois la classe de Baillot au Conservatoire de Paris. Son jeu avait une grande justesse d’intonatioLire la suite…. Un procès récent nous a appris de quel côté cette jeune et charmante femme avait un instant tourné ses regards : elle aspirait au théâtre. Les juges contrarièrent sa vocation en déclarant que l’estrade d’une salle de concert leur semblait un piédestal bien suffisant pour ce spacieux talent éclos dans l’intimité d’un salon. La sentence était pleine de sagesse, et si le condamné a vingt-quatre heures pour maudire ses juges, Mme MonbelliRabou, Marie-Désirée-Françoise dite Marie MonbelliMarie-Désirée-Françoise Rabou dite Marie Monbelli (Versailles, 19 mai 1845 – Cannes, 8 janvier 1913), soprano. A l’âge de quinze ans, elle épousa Adolphe-Gustave Crémieux dont elle eut une fille, Amélie-Mathilde-Louise Crémieux (Le Havre 4 mars 1862 – Paris, 26 janvier 1925). Elle obtiLire la suite… aura toute sa belle jeunesse pour remercier les siens. La Cour rend donc des arrêts et quelquefois aussi des services. Mme MonbelliRabou, Marie-Désirée-Françoise dite Marie MonbelliMarie-Désirée-Françoise Rabou dite Marie Monbelli (Versailles, 19 mai 1845 – Cannes, 8 janvier 1913), soprano. A l’âge de quinze ans, elle épousa Adolphe-Gustave Crémieux dont elle eut une fille, Amélie-Mathilde-Louise Crémieux (Le Havre 4 mars 1862 – Paris, 26 janvier 1925). Elle obtiLire la suite… a la voix fraîche et sympathique ; elle chante avec goût ; sa physionomie est expressive : elle a de la finesse, de la grâce, de la distinction, et c’est assurément plus qu’il n’en faut pour chanter dans un concert une cavatine italienne, un boléro et même un duo d’amour (celui de l’ElixirElisir d’Amore, L’L’Elisir d’Amore, melodramma giocoso en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre de la Canobbiana à Milan le 12 mai 1832.Lire la suite…) avec M. Géraldy Geraldy, Jean-Antoine-JustAprès ses études à l’Ecole des mines de Saint-Etienne, il fut nommé ingénieur civil en 1827. Après la Révolution de 1830, il se consacra à la musique, étudia le chant avec Manuel Garcia. Il se produit dans les salons et en concerts et se concentre sur l’enseignement. Il fut nommé profeLire la suite…; mais au théâtre, le public est plus exigeant, et, dans le Premier Jour de bonheurPremier Jour de bonheur, LeLe Premier Jour de bonheur, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique le 15 février 1868.Lire la suite…, où elle devait débuter, Mme MonbelliRabou, Marie-Désirée-Françoise dite Marie MonbelliMarie-Désirée-Françoise Rabou dite Marie Monbelli (Versailles, 19 mai 1845 – Cannes, 8 janvier 1913), soprano. A l’âge de quinze ans, elle épousa Adolphe-Gustave Crémieux dont elle eut une fille, Amélie-Mathilde-Louise Crémieux (Le Havre 4 mars 1862 – Paris, 26 janvier 1925). Elle obtiLire la suite… n’eût probablement pas obtenu le même genre de succès que Mlle Roze.

M. de BériotBériot, Charles Auguste deCharles-Auguste de Bériot (Louvain, 20 février 1802 – Bruxelles, 8 avril 1870), violoniste et compositeur. Il étudia avec André Robberechts et, sur les conseils de Viotti, suivit pendant quelques mois la classe de Baillot au Conservatoire de Paris. Son jeu avait une grande justesse d’intonatioLire la suite… est le fils, du célèbre violoniste ; sa mère s’appelait la MalibranMalibran, Maria FeliciaMaria Felicia Garcia, dite Malibran (Paris, 24 mars 1808 – Manchester, 23 septembre 1836), soprano. Fille du ténor Manuel Garcia, elle étudia le chant avec Louis Hérold et Auguste Panseron à partir de 1816. Elle fit une tournée avec sa famille à New York de 1823 à 1825 ; à son retour, ellLire la suite…. S’il fût né sans la moindre aptitude musicale, comme le fils de Paganini, par exemple, personne ne s’en serait étonné, le talent n’étant point chose héréditaire : on ne devient pas artiste parce qu’on a trouvé dans son berceau un violon ou une lyre. M. Charles de BériotBériot, Charles Auguste deCharles-Auguste de Bériot (Louvain, 20 février 1802 – Bruxelles, 8 avril 1870), violoniste et compositeur. Il étudia avec André Robberechts et, sur les conseils de Viotti, suivit pendant quelques mois la classe de Baillot au Conservatoire de Paris. Son jeu avait une grande justesse d’intonatioLire la suite… joue du piano d’une façon très remarquable ; son style est élégant et correct ; il interprète avec beaucoup de pureté la musique classique, et exécute avec autant de délicatesse que de verve des œuvres de sa composition empreintes d’un sentiment très personnel. Il y a donc dans le talent de M. Charles de BériotBériot, Charles Auguste deCharles-Auguste de Bériot (Louvain, 20 février 1802 – Bruxelles, 8 avril 1870), violoniste et compositeur. Il étudia avec André Robberechts et, sur les conseils de Viotti, suivit pendant quelques mois la classe de Baillot au Conservatoire de Paris. Son jeu avait une grande justesse d’intonatioLire la suite… un reflet du talent de son père, et ceci me semble un éloge suffisant.

Voici une jeune pianiste dont j’ai déjà eu l’occasion de parler l’année dernière. Elle se nomme Mlle Laure Bedel, et j’eus le plaisir de l’entendre pour la première fois dans un concert donné par une pianiste jeune et jolie comme elle, Mlle Louise Cantin. Je ne sais ce qu’est devenue Mlle CantinCantin, Pauline-Louise-MariePauline-Louise-Marie Cantin (Paris, 9 février 1848 – Paris, 12 novembre 1904), pianiste. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix de piano en 1865. Excellente pianiste se produisant avec succès dans des concerts, elle fut la dédicataire de la pièce pour piano Les CourLire la suite…, charmante nature d’artiste qui s’était développée et perfectionnée aux excellentes leçons de M. Théodore Ritter Ritter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite…; si elle a paru en public cette année, je n’en ai point été informé et je le regrette. Le concert de Mlle Laure Bedel a eu lieu au profil de l’Œuvre des orphelines de la paroisse de Saint-Eustache. C’est toujours une bonne pensée que d’associer l’art musical à la charité chrétienne, et il me semble qu’il doit y avoir un fonds d’indulgences inépuisable pour les artistes qui offrent ainsi la monnaie de leur talent à des établissemens que la bienfaisance publique ne suffit pas à entretenir. Certainement la France est le pays où les artistes donnent le plus aux pauvres, et cela paraît tellement naturel, que cet excès de générosité n’ajoute absolument rien à la considération qu’accordent aux artistes ceux qui ni sont ni artistes ni généreux. On dira que pour le premier pianiste venu n’ayant ni valeur ni renommée c’est une bonne fortune que de pouvoir se placer sous la protection d’une Société philanthropique ou d’une œuvre de charité ; il s’assure ainsi un public, qui est quelquefois un publie d’élite, et il n’a pas de frais à payer. Mais Mlle Laure Bedel n’avait pas besoin d’avoir recours a un procédé de ce genre pour réunir autour d’elle une foule de gens désireux de l’entendre et de l’applaudir ; aussi n’ai-je parlé du but charitable de la soirée musicale à laquelle elle a bien voulu me convier que pour louer à la fois son talent et son cœur. Je crois que, pour ce qui est du talent, Mlle Laure Bedel est élève de M. Le CouppeyLe Couppey, FélixFélix Le Couppey (Paris, 14 avril 1814 – Paris, 4 juillet 1887), pianiste, compositeur et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1825 et un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement de piano en 1828. En 1837, il devint professeur de solfège puisLire la suite…. C’est un bon maître. Quelques noms cités d’après le programme suffiront à indiquer les préférences de cette jeune artiste en faveur de la musique classique : HummelHummel, Johann NepomukJohann Nepomuk Hummel (Pressbourg [Bratilava], 14 novembre 1778 – Weimar, 17 octobre 1837), pianiste et compositeur. Enfant prodige, il prit des leçons avec Mozart qui l’encouragea à se faire connaitre comme virtuose du piano. De 1788 à 1792, il fit une tournée de concerts avec son père en Lire la suite… et FrescobaldiFrescobaldi, Girolamo AlessandroGirolamo Alessandro Frescobaldi (Ferrare, septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643), organiste, claveciniste et compositeur. Peu de choses sont connues des débuts de Frescobaldi. Il se disait élève de Luzzasco Luzzaschi et fut très jeune un excellent organiste et chanteur. Il fit un voyage en FlandrLire la suite…, MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite… et Sébastien Bach ; Mlle Laure Bedel a joué aussi avec M. PoëncetPoëncet, Henry-Marie-JosephHenry-Marie-Joseph Poëncet (Paris, 29 mars 1834 – Dijon, 15 juillet 1873), violoncelliste. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de violoncelle en 1854. Il fut ensuite engagé comme violoncelle solo dans l’orchestre des Concerts populaires de Jules Pasdeloup, et devintLire la suite…, violoncelliste distingué, une polonaiseIntroduction et polonaise op. 3 pour piano et violoncelleIntroduction et polonaise op. 3 pour piano et violoncelle en do majeur de Frédéric Chopin. Ecrite pour le prince Antoni Radziwill qui jouait du violoncelle et sa fille la princesse Wanda Radziwill qui étudiait le piano avec Chopin, l’œuvre fut composée lors du séjour de Chopin chez le princeLire la suite… de Chopin, et comme dans un concert de bienfaisance il faut s’attendre à rencontrer autant de gens charitables que d’amateurs éprouvés, une part avait été faite à la musique que tout le monde aime, que tout le monde comprend, que tout le monde écoute.

Mlle Laure Bedel est excellente musicienne ; son jeu est pur et délicat ; on voit qu’elle a travaillé les grands maîtres sous un bon maître ; mais une chose m’étonne : Mlle Laure Bedel n’a rien joué de sa composition ! Mlle Laure Bedel ne compose donc pas ? Le fait est fort étrange et vaut la peine d’être signalé, aujourd’hui que dans les nombreuses réclames dont ils régalent leur amour-propre, et sur les cartes de visite où sont mentionnés leurs titres académiques et honorifiques, les pianistes les moins compositeurs ne maquent jamais de s’intituler : pianistes-compositeurs, comme si ce n’était pas assez d’être pianistes !

A la lettre B je trouve également inscrit le concert de M. Jacques BaurBaur, JacquesJacques Baur (Saint-Pétersbourg, ca. 1834 – Paris, 30 mars 1882), pianiste et compositeur. Il fut un élève de Liszt dont il donna la première audition à Paris du concerto no. 1 en mi bémol majeur le  25 janvier 1859 à la salle Herz. Il fut décoré chevalier de Saxe-Cobourg  et chevalier deLire la suite…, avec pièces à l’appui. Mais je connais de longue date M. Jacques BaurBaur, JacquesJacques Baur (Saint-Pétersbourg, ca. 1834 – Paris, 30 mars 1882), pianiste et compositeur. Il fut un élève de Liszt dont il donna la première audition à Paris du concerto no. 1 en mi bémol majeur le  25 janvier 1859 à la salle Herz. Il fut décoré chevalier de Saxe-Cobourg  et chevalier deLire la suite…, et sans certificat d’aucune sorte, rien qu’à laide de mes souvenirs, je pourrais dire combien il y a de vigueur et de passion, de charme et d’originalité dans le jeu magistral de cet artiste, qui fut un des meilleurs élèves de Franz Liszt. Si je n’avais devant moi trente trois programmes, qui me sollicitent, je consacrerais volontiers un plus long paragraphe au très habile pianiste Jacques BaurBaur, JacquesJacques Baur (Saint-Pétersbourg, ca. 1834 – Paris, 30 mars 1882), pianiste et compositeur. Il fut un élève de Liszt dont il donna la première audition à Paris du concerto no. 1 en mi bémol majeur le  25 janvier 1859 à la salle Herz. Il fut décoré chevalier de Saxe-Cobourg  et chevalier deLire la suite….

M. BonewitzBonawitz, Johann HeinrichJohann Heinrich Bonawitz [Bonewitz] (Dürkheim am Rhein/Allemagne, 12 avril 1839 – Londres, 15 août 1917), pianiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Liège avant d’émigrer aux États-Unis avec ses parents en 1852, s’installant d’abord à Philadelphie, où l’orchestre du WalLire la suite… [Bonawitz]Bonawitz, Johann HeinrichJohann Heinrich Bonawitz [Bonewitz] (Dürkheim am Rhein/Allemagne, 12 avril 1839 – Londres, 15 août 1917), pianiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Liège avant d’émigrer aux États-Unis avec ses parents en 1852, s’installant d’abord à Philadelphie, où l’orchestre du WalLire la suite… a donné une série de matinées spécialement consacrées à la musique de chambre ; ce sont des réunions à peu près intimes, et les salons de M. KriegelsteinKriegelstein, CharlesKriegelstein et Cie. La manufacture de pianos Kriegelstein et Cie fut fondée en 1831 à Paris par Jean-Georges Kriegelstein (Riquewihr/Haut-Rhin, 12 mai 1910 – Paris, 29 octobre 1865). En 1858, il confia la direction de l’entreprise à son fils Charles Kriegelstein (Paris, 16 septembre 1839 –Lire la suite… suffisent pour contenir le petit nombre d’élus qui ont pris la douce habitude de s’y rencontrer. Il me semble avoir déjà mentionné avec éloges une sonate pour piano et violon (op. 40), composée par M. BonewitzBonawitz, Johann HeinrichJohann Heinrich Bonawitz [Bonewitz] (Dürkheim am Rhein/Allemagne, 12 avril 1839 – Londres, 15 août 1917), pianiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Liège avant d’émigrer aux États-Unis avec ses parents en 1852, s’installant d’abord à Philadelphie, où l’orchestre du WalLire la suite… : mais comme rien n’est plus facile à oublier que les éloges donnés à une sonate, je rappelle aux lecteurs qui s’intéressent à ce genre de composition la belle facture, le style sévère et la forme originale de la sonate pour piano et violon (op. 40) composée par M. Jean-Henri Bonewitz.

Naples nous a envoyé cette année un violoniste d’une très grande valeur. M. Federigo [Federico] ConsoloConsolo, FedericoFederico Consolo (Ancône, 4 avril 1841 – Florence, 14 décembre 1906), violoniste et compositeur. Il étudia le violon avec Ferdinando Giorgetti à Florence puis avec Henri Vieuxtemps à Bruxelles et la composition avec François-Joseph Fétis. Il se produisit en concerts dans toute l’Europe etLire la suite… chante sur son instrument avec beaucoup de pureté, avec beaucoup d’expression, et aucune difficulté ne l’arrête. Il s’est fait entendre dans plusieurs concerts et en a donné un à son bénéfice, ce qui est une façon de se faire connaître et aussi une façon de parler.

La première fois que M  E. DelabordeDelaborde, Elie-Miriam-EraïmElie-Miriam-Eraïm Delaborde (Paris, 8[9] février 1839 – Paris, 9 décembre 1913), pianiste et compositeur. Il était le fils naturel de Charles-Valentin Alkan. Il étudia le piano avec son père, Ignaz Moscheles puis avec le pianiste virtuose Adolf von Henselt. Il fit des tournées de concerts dLire la suite… a joué le piano à clavier de pédales d’Erard à l’un des concerts spirituels du Conservatoire, devant ces spirituels dilettanti dont chacun céderait plutôt sa stalle au paradis que la stalle héréditaire qu’il occupe au balcon ou au rez-de-chaussée de la petite chapelle de la rue Bergère, on a beaucoup ri. L’habile artiste exécutait une sonateSonate pour piano et violon op. 40Sonate pour piano et violon op. 40 de Johann Heinrich BonawitzLire la suite… de Sébastien Bach ; ses mains jouèrent d’abord toutes seules, et cela parut tout naturel ; mais quand ses mains et ses pieds jouèrent en même temps, cette gymnastique mit l’auditoire en belle humeur, et le double exécutant eut beaucoup de succès, non pas à cause de la perfection de son jeu et de la grande difficulté vaincue, mais à cause de sa gymnastique qui fut trouvée très amusante et d’une véritable originalité. Jusqu’à lui, les pianistes qui s’étaient succédés sur l’estrade de la petite chapelle avaient peut-être fait tout autant de bruit, mais ils n’avaient pas joué avec leurs pieds. Les dilettanti les plus rapprochés de l’estrade se baissaient pour voir cette rangée de pédales, ces grosses touches de bois qui bondissaient et résonnaient sous la botte de l’exécutant. Le grand BachBach, Jean-SebastienJohann Sebastian Bach (Eisenach, 21 mars 1685 – Leipzig, 28 juillet 1750), organiste et compositeur. Il fut nommé organiste à la Neue Kirche d’Arnstadt de 1703 à 1707. Ses premières œuvres pour orgue datent de cette époque. Il devint organiste à la Blasiuskirche de Mulhausen en 1707 et éLire la suite… lui-même n’eût obtenu ce soir-là qu’un succès de curiosité. Chez Erard, dans les salons un peu étroits mais for élégans de la rue du Mail, M. DelabordeDelaborde, Elie-Miriam-EraïmElie-Miriam-Eraïm Delaborde (Paris, 8[9] février 1839 – Paris, 9 décembre 1913), pianiste et compositeur. Il était le fils naturel de Charles-Valentin Alkan. Il étudia le piano avec son père, Ignaz Moscheles puis avec le pianiste virtuose Adolf von Henselt. Il fit des tournées de concerts dLire la suite… a trouvé un auditoire plus sérieux et aussi plus sympathique. Il a exécuté l’allegro du 2eme concerto en la mineur, un choral et une sonate en fa de J.-Sébastien BachBach, Jean-SebastienJohann Sebastian Bach (Eisenach, 21 mars 1685 – Leipzig, 28 juillet 1750), organiste et compositeur. Il fut nommé organiste à la Neue Kirche d’Arnstadt de 1703 à 1707. Ses premières œuvres pour orgue datent de cette époque. Il devint organiste à la Blasiuskirche de Mulhausen en 1707 et éLire la suite…, trois études de Schumann (Studien für den Pedal-FlügelStudien für den Pedal-Flügel (Etudes pour le piano-pédalier) op. 56Studien für den Pedal-Flügel (Études pour le piano-pédalier) op. 56 de Robert Schumann, composées en 1845.Lire la suite…), une sonate en ut de Beethoven pour piano et violoncelle, avec M. PoëncetPoëncet, Henry-Marie-JosephHenry-Marie-Joseph Poëncet (Paris, 29 mars 1834 – Dijon, 15 juillet 1873), violoncelliste. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de violoncelle en 1854. Il fut ensuite engagé comme violoncelle solo dans l’orchestre des Concerts populaires de Jules Pasdeloup, et devintLire la suite…, l’andante de la sonate (op. 65) de MendelssohnMendelssohn, FelixJacob-Ludwig-Felix Mendelssohn-Bartholdy (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter et le piano avec Berger et se lia d’amitié avec Goethe. Enfant surdoué, ses premières compositions datent de 1819 et à douze ans il avait déjà cLire la suite…, et différens morceaux de son maître, C.-V. Alkan Morhange, Charles-Valentin dit AlkanCharles-Valentin Morhange dit Alkan (Paris, 30 novembre 1813 – Paris, 29 mars 1888), pianiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1821(à l’âge de 7 ans !), un 1er prix de piano en 1824, un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement eLire la suite…: prière, scherzetto [scherzettino], étude et une hymne superbe, d’un grand style et d’un grand effet, intitulée : Deus Sabaoth, pour piano à clavier à pédales. Cette pièce a clos la soirée, au bruit d’applaudissemens prolongés du public, personne n’ayant éprouvé le besoin de partir avant la fin du concert. M. DelabordeDelaborde, Elie-Miriam-EraïmElie-Miriam-Eraïm Delaborde (Paris, 8[9] février 1839 – Paris, 9 décembre 1913), pianiste et compositeur. Il était le fils naturel de Charles-Valentin Alkan. Il étudia le piano avec son père, Ignaz Moscheles puis avec le pianiste virtuose Adolf von Henselt. Il fit des tournées de concerts dLire la suite…, comme compositeur, ne mérite pas moins d’éloges que comme virtuose ; sa Fantaisie-préludeFantaisie-préludeFantaisie-prélude pour quatuor à cordes d’Elie Delaborde.Lire la suite… pour deux violons, alto et basse est une œuvre très étudiée, savamment développée et pleine d’harmonies fort intéressantes pour ceux dont le dilettantisme ne consiste pas uniquement à fredonner des airs connus. Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite…, que l’on n’entend plus à Paris que dans de trop rares occasions, tandis que les occasions ne manquent pas d’entendre d’autres cantatrices, a chanté au concert de M. DelabordeDelaborde, Elie-Miriam-EraïmElie-Miriam-Eraïm Delaborde (Paris, 8[9] février 1839 – Paris, 9 décembre 1913), pianiste et compositeur. Il était le fils naturel de Charles-Valentin Alkan. Il étudia le piano avec son père, Ignaz Moscheles puis avec le pianiste virtuose Adolf von Henselt. Il fit des tournées de concerts dLire la suite… deux lieder de Beethoven : la Chanson de mai et un air écossais avec accompagnement de violon et de violoncelle. On a fort applaudi Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… non seulement à cause de son talent et de son beau style, mais aussi à cause du charme et de l’ampleur de sa voix. Et il y avait là des gens qui, ayant entendu dire que Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… avait perdu sa voix, c’est-à-dire quelques notes de sa voix, se montraient fort surpris qu’elle l’eût retrouvée. Ceci est l’affaire d’un certain magicien (tout le monde ne l’appelle pas ainsi) qui répond au nom d’ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite…. Il retrouve les voix perdues et redresse les organes défectueux. Je crois tout simplement que cet ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite…, qui fait grand bruit dans le monde, corrige la nature ou lui vient en aide par des procédés qui lui sont connus et que ses confrères, moins magiciens que lui, ignorent probablement. Il étudie le mécanisme particulier à chacun de ses élèves et modifie son système d’après la forme, l’étendue et la qualité des différens larynx sur lesquels il opère. Ainsi M. ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite… ne fait pas faire à Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… le même travail qu’il impose à Mlle MauduitMauduit, Emma-FélicitéEmma-Félicité Mauduit (Rennes, 4 juillet 1845 – ?), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de chant et d’opéra en 1865. La même année, elle fut engagée à l’Opéra de Paris où elle débuta dans le rôle d’Alice de Robert le Diable (Meyerbeer). ElLire la suite…, à Mlle Marguerite Joly, une très jolie Marguerite, ou à M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite…. Mais si je me lance dans l’examen du système ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite…, je vais être entraîné si loin de mon sujet que je ne le retrouverai plus. Je me bornerai donc à répondre à l’exclamation de ceux qui viennent de lire le nom de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… parmi les élèves de M. ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite…. Il y a en effet, au premier abord, de quoi s’étonner beaucoup. Tant d’écoliers se croient des maîtres, et voilà un maître en l’art de bien chanter qui demande encore des leçons à un professeur ! Rien n’est plus vrai ; M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… ne serait pas un grand artiste s’il se croyait sans défauts, et, comme je trouve inutile de raconter en détail les relations qui se sont établies depuis quelques années entre le célèbre ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite… et le célèbre baryton de l’Opéra, je dirai seulement que M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’OpLire la suite… ne chante pas une seule fois sans avoir pris dans la journée une leçon de M. ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite…. Ce n’est pas le système de M. ArnoldiArnoldi, JosephJoseph Arnoldi ( ? – Paris, 23 avril 1879), basse chantante et professeur de chant. Il connut d’abord un succès durable au Théâtre-Italien de Paris aux côtés des Ronconi, Bettini, Lucchesi, Calzolari et autres Belletti, puis sur les scènes des théâtres en Italie. Il se consacre ensuite Lire la suite… que je veux préconiser, c’est la modestie d’un artiste chanteur que je tiens à faire ressortir.

Depuis plus de dix ans M. Achille Dien donne chaque hiver plusieurs soirées musicales fort recherchées par les amateurs ; mais ces soirées sont tout à fait intimes : n’y va pas qui veut. Une fois par an aussi M. Achille Dien installe sur l’estrade de la salle Erard un quatuor de vaillans artistes, et alors, les portes étant ouvertes au public, le public ne fait pas défaut à l’appel de l’éminent virtuose. Le concert de cette année a été particulièrement intéressant : MM. DienDien, Louis-Felix-AchilleLouis-Felix-Achille Dien (Paris, 24 décembre 1827 – Paris, 2 [12] janvier 1904), violoniste. Fils de l’artiste graveur Felix-Antoine Dien. Il fut admis dans la classe préparatoire de violon de Joseph Clavel au Conservatoire de Paris mais en fut rayé en août 1849 pour avoir concouru trois foiLire la suite…, TrombettaTrombetta, Charles-JosephCharles-Joseph Trombetta (Metz, 1er septembre 1834 – Paris, 15 mars 1899), altiste. Il fit partie de l’orchestre de l’Opéra de Paris et de plusieurs sociétés de musique de chambre dont les quatuors de Delphin Alard et d’Édouard Nadaud. Il était également sociétaire de la Société desLire la suite… et Betta [Batta]Batta, AlexandreAlexandre Batta (Maastricht, 9 juillet 1816 – Versailles, 8 octobre 1902), violoncelliste. Il étudia le violoncelle d’abord avec son père, Pietro Batta, puis avec Nicolas-Joseph Platel au Conservatoire de Bruxelles, où il obtint un 1er prix de violoncelle en 1843. Après une période de voyagesLire la suite… ont exécuté le trio en miMailied (Chant de mai) op. 52 no. 4Mailied (Chant de mai) op. 52 no. 4, mélodie pour voix et piano sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe mis en musique par Ludwig van Beethoven et publié en 1805 dans un recueil de 8 Lieder op. 52 à Vienne : Bureau des Arts d’Industrie.Lire la suite… bémol (violon, alto et violoncelle) de Beethoven, et avec M. de La Nux un très beau quatuor (piano, violon, alto et violoncelle) de M. Henri Reber. Voilà une œuvre fine, élégante et vraiment ciselée avec un art exquis ; on connaît la manière de M. Reber Reber, Napoléon-HenriNapoléon-Henri Reber (Mulhouse, 21 octobre 1807 – Paris, 24 novembre 1880), compositeur. Il entra au Conservatoire de Paris en 1828 où il fut l’élève de Lesueur pour la composition. Il fut nommé professeur d’harmonie au Conservatoire en 1851 et de composition en 1862 à la suite d’HalLire la suite…; dans cette œuvre le maître se retrouve avec ses charmantes qualités, l’originalité et la fraîcheur de ses idées, toutes les grâces de son style ; ses interprètes ne lui ont ménagé ni leur zèle ni leur talent, et l’exécution a été irréprochable. M. Achille Dien a acquis par l’étude des grands maîtres une correction, une élégance dans sa manière de phraser, une sobriété d’effet et une pureté d’expression qui permettent de le classer parmi les adeptes les plus intelligens et les plus habiles de la grande école du violon.

Je m’étonne toujours que les œuvres les plus disparates puissent trouver place sur le même programme. Ainsi dans un concert de bienfaisance, donné sous la direction de M. A. ElwartElwart, Antoine-Amable-ElieAntoine-Amable-Elie Elwart, (Paris, 19 septembre 1808 – Paris, 14 octobre 1877), compositeur. Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, il obtint le 1er Prix de Rome en 1834. De 1832 à 1872, il enseigna l’harmonie et le contrepoint au Conservatoire. Il composa surtout des œuvres sacrées (Lire la suite…, professeur au Conservatoire, au bénéfice de la crèche Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, dite du quartier des journaux, sous le patronage de l’administration municipale du 2e arrondissement, etc., etc., on a entendu le Parnasse de RaphaëlParnasse de Raphael, LeLe Parnasse de Raphaël, grande scène allégorique pour le violon avec le seul accompagnement d’un double chœur d’hommes et de femmes à six voix, dont les paroles et la musique sont d’Antoine Elwart. L’œuvre fut créée par la violoniste Nelly Guibert au concert de la crèche de Notre-DaLire la suite…, grande scène antique exécutée sur le violon par Mlle Nelly GuibertGuibert, NellyNelly Guibert ( ?, ca. 1854 – ?), violoniste. Elle étudia avec Charles Lamoureux et se produisit en concert de 1866 à 1868 environ puis on perd sa trace.Lire la suite…, âgée de quatorze ans (Mademoiselle, vous perdrez bientôt l’habitude de dire votre âge au public), avec le seul accompagnement d’un chœur à six voix d’hommes et de femmes, composé par M. ElwartElwart, Antoine-Amable-ElieAntoine-Amable-Elie Elwart, (Paris, 19 septembre 1808 – Paris, 14 octobre 1877), compositeur. Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, il obtint le 1er Prix de Rome en 1834. De 1832 à 1872, il enseigna l’harmonie et le contrepoint au Conservatoire. Il composa surtout des œuvres sacrées (Lire la suite…, et le Père RigodonPère Rigodon, LeLe Père Rigodon, chansonnette pour voix et piano sur un texte de Victor Prilleux mis en musique par Eugène Crosti publiée à Paris par E. et A. Girod, 1867.Lire la suite…, chansonnette de MM. PrilleuxPrilleux, Constant Victor AndreConstant-Victor-André Prilleux (Amiens, 9 mars 1815 – Rosny-sous-Bois près de Paris, 9 septembre 1876), basse. Il débuta au théâtre d’Amiens en 1843, puis chanta en province (Nancy) et en Belgique (Gand, Bruxelles). Au début de sa carrière, Prilleux écrivit des livrets d’opéras-comiquLire la suite… et CrostiCrosti, Eugène-Charles-AntoineEugène-Charles-Antoine Crosti (Paris, 31 octobre 1833 – Paris, 30 décembre 1908), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 1er prix de chant et un 2eme prix d’opéra-comique en 1857. Il débuta à l’Opéra-Comique en 1857 dans Joconde (Nicolo) et y resta jusqu’en 1868. Il crLire la suite…, artistes fort aimés à l’Opéra-Comique ; l’Hymne du soir, prière des filles de Noé, musique de M. ElwartElwart, Antoine-Amable-ElieAntoine-Amable-Elie Elwart, (Paris, 19 septembre 1808 – Paris, 14 octobre 1877), compositeur. Élève de Lesueur au Conservatoire de Paris, il obtint le 1er Prix de Rome en 1834. De 1832 à 1872, il enseigna l’harmonie et le contrepoint au Conservatoire. Il composa surtout des œuvres sacrées (Lire la suite…, et Caporal et Voltigeur, chansonnette des mêmes auteurs déjà nommés, pensionnaires de M. de LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite…. Est-il donc nécessaire, pour engager les gens à être charitables, de leur promettre qu’on les fera rire, et est-on bien sûr que tout le monde rira ?

Je m’arrête un instant à la lettre F pour mentionner le concert de Mlle Léona Ferrary [Ferrari]Ferrari, Adelaïde-LeonaAdelaïde-Leona Ferrari (Marseille, 16 novembre 1850 – Paris, 1er septembre 1927), pianiste. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 1er prix de piano en 1868. Elle se produisit à Paris en concerts dans les salons. Elle épousa l’écrivain Philippe-Ernest Ameline (Caen, 25 août 182Lire la suite…, et donner tous mes éloges au talent distingué de cette jeune pianiste. Mlle Léona Ferrary est un premier prix du Conservatoire. Parmi les morceaux qu’elle a exécutés avec un brio, une grâce, une perfection incomparables, j’ai remarqué une fort jolie tarentelle composée par M. ThurnerThurner, ThéodoreThéodore Thurner (Pfaffenheim/Haut-Rhin, 13 décembre 1833 – Marseille, ? 1907), pianiste, organiste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1849. L’année suivante, il s’installa à Toulon, où il fut organiste de l’église Saint-Jean puisLire la suite…, qui est, je crois, professeur au Conservatoire de Marseille. On n’a ménagé à Mlle Léona Ferrary ni les applaudissemens, ni les rappels, ni les bouquets.

Les enfans FrémeauxFrémaux, Jeanne-Marie-CharlotteJeanne-Marie-Charlotte Frémaux (Marseille, 15 juin 1855 – Paris, 12 janvier 1888), pianiste. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint une 3e mention en 1870. Elle épousa François-Joseph Vinck à Paris le 28 novembre 1876.Lire la suite… sont plus intéressans à entendre et plus agréables à voir que ne le sont en général les petits prodiges. Le plus jeune joue du violoncelle, l’aîné joue du violon ; la petite Jeanne joue du piano. A eux trois ils forment un trio de marionnettes qu’on logerait dans un étui de contrebasse ; mais pour ce qui est du sentiment musical, de la précision dans le rythme, du goût et de l’intelligence, ce sont de véritables artistes qui promettent déjà beaucoup, et qui peut-être tiendront davantage. RubinsteinRubinstein, AntonAnton Rubinstein (Vikhvatinets/ Ukraine, 28 novembre 1829 – Peterhof/ Russie, 20 novembre 1894), pianiste et compositeur. Il étudia le piano avec A. I. Villoing et fit un tour de l’Europe comme enfant prodige (1840-1843). Sa famille s’installa à Berlin où, de 1844 à 1846, il étudia la comLire la suite…, qui a prêté son concours (faveur inappréciable) à ces gentils bambins, et qui semble les protéger, leur enseignera à distinguer le bon grain de l’ivraie et à ne pas exécuter toute sorte de musique sous le prétexte de faire ressortir leur virtuosité.

M. GarcinGarcin, Jules-Auguste Salomon ditJules-Auguste Salomon dit Garcin (Bourges, 11 juillet 1830 – Paris, 10 octobre 1896), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1844 et un 1er prix de violon en 1853. Engagé dans l’orchestre de l’Opéra de ParLire la suite…, violoniste attaché à l’orchestre de l’Opéra, et qui, je crois, a étudié la composition dans la classe de M. Ambroise Thomas, a donné un concert dans lequel il a exécuté un concertoConcerto pour orgue, BWV 593 en la mineurConcerto pour orgue, BWV 593 en la mineur de Jean-Sébastien Bach d’après le concerto pour deux violons op. 3 no. 8 (RV 522) d’Antonio Vivaldi.Lire la suite… de violon dont il est l’auteur, et qu’il avait fait entendre une première fois à l’une des séances de la Société du Conservatoire. J’ai déjà signalé le mérite de cette œuvre, dont les deux premières parties surtout renferment des qualités sérieuses et attestent en même temps un sentiment mélodique très personnel et des études musicales très complètes. Une séguedilleSéguedilleSéguedille pour violon avec accompagnement d’orchestre ou de piano de Jules Garcin publiée à Paris par O’Kelly, 1885.Lire la suite… et une rêverieRêverieRêverie, morceau de salon pour violon avec accompagnement de piano de Jules Garcin publiée à Paris par Richault, 1855.Lire la suite…, composées également par M. GarcinGarcin, Jules-Auguste Salomon ditJules-Auguste Salomon dit Garcin (Bourges, 11 juillet 1830 – Paris, 10 octobre 1896), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège en 1844 et un 1er prix de violon en 1853. Engagé dans l’orchestre de l’Opéra de ParLire la suite…, sont deux charmantes bluettes pleines de couleur et d’originalité.

M. Frédéric GernsheimGernsheim, FriedrichFriedrich Gernsheim (Worms, 17 juillet 1839 – Berlin, 10 septembre 1916), chef d’orchestre, pianiste et compositeur. Il étudia d’abord avec Louis Liebe, un ancien élève de Louis Spohr, puis avec Edward Rosenhain à Francfort. Dès l’âge de 11 ans, il fit ses débuts comme pianiste prodigLire la suite…, professeur au Conservatoire de Cologne, n’était pas venu à Paris depuis quelques années, et depuis quelques années la renommée de cet artiste a singulièrement grandi en Allemagne ; on le considère aujourd’hui, de l’autre côté du Rhin, comme l’un des chefs de la jeune école, et ses œuvres y sont vivement discutées. M. GernsheimGernsheim, FriedrichFriedrich Gernsheim (Worms, 17 juillet 1839 – Berlin, 10 septembre 1916), chef d’orchestre, pianiste et compositeur. Il étudia d’abord avec Louis Liebe, un ancien élève de Louis Spohr, puis avec Edward Rosenhain à Francfort. Dès l’âge de 11 ans, il fit ses débuts comme pianiste prodigLire la suite…, tout en montrant des tendances progressives, est bien loin de répudier les doctrines classiques, les enseignemens du passé. Il a fait de sérieuses études ; ses compositions portent une forte empreinte, et une part assez large y est faite à l’imagination pour justifier l’intérêt qu’elles inspirent à ceux qui suivent le mouvement musical allemand. Comme exécutant, M. GernsheimGernsheim, FriedrichFriedrich Gernsheim (Worms, 17 juillet 1839 – Berlin, 10 septembre 1916), chef d’orchestre, pianiste et compositeur. Il étudia d’abord avec Louis Liebe, un ancien élève de Louis Spohr, puis avec Edward Rosenhain à Francfort. Dès l’âge de 11 ans, il fit ses débuts comme pianiste prodigLire la suite… a peu de rivaux ; son jeu est vigoureux, brillant et d’une grande netteté ; dans le concertoConcerto pour orgue, BWV 593 en la mineurConcerto pour orgue, BWV 593 en la mineur de Jean-Sébastien Bach d’après le concerto pour deux violons op. 3 no. 8 (RV 522) d’Antonio Vivaldi.Lire la suite… à deux pianos de BachBach, Jean-SebastienJohann Sebastian Bach (Eisenach, 21 mars 1685 – Leipzig, 28 juillet 1750), organiste et compositeur. Il fut nommé organiste à la Neue Kirche d’Arnstadt de 1703 à 1707. Ses premières œuvres pour orgue datent de cette époque. Il devint organiste à la Blasiuskirche de Mulhausen en 1707 et éLire la suite…, qu’il a joué avec M. RubinsteinRubinstein, AntonAnton Rubinstein (Vikhvatinets/ Ukraine, 28 novembre 1829 – Peterhof/ Russie, 20 novembre 1894), pianiste et compositeur. Il étudia le piano avec A. I. Villoing et fit un tour de l’Europe comme enfant prodige (1840-1843). Sa famille s’installa à Berlin où, de 1844 à 1846, il étudia la comLire la suite…, il était fort difficile, à une certaine distance, de les distinguer l’un de l’autre. M. GernsheimGernsheim, FriedrichFriedrich Gernsheim (Worms, 17 juillet 1839 – Berlin, 10 septembre 1916), chef d’orchestre, pianiste et compositeur. Il étudia d’abord avec Louis Liebe, un ancien élève de Louis Spohr, puis avec Edward Rosenhain à Francfort. Dès l’âge de 11 ans, il fit ses débuts comme pianiste prodigLire la suite… nous a fait entendre trois œuvres de sa composition, toutes trois écrites dans un style très élevé, neuves par la forme aussi bien que par les développemens de l’idée : un quatuorQuatuor pour piano, violonConcerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 14Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 14 de Jules Garcin, Paris : Richault [1872].Lire la suite…, alto et violoncelle en fa mineur op. 29Quatuor pour piano, violonConcerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 14Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 14 de Jules Garcin, Paris : Richault [1872].Lire la suite…, alto et violoncelle en fa mineur op. 29 de Napoléon-Henri Reber, Paris, Colombier, 1866.Lire la suite… pour piano, violon, alto et violoncelle, l’andanteSonate pour piano et violon op. 40Sonate pour piano et violon op. 40 de Johann Heinrich BonawitzLire la suite… et le scherzo, de la sonate [suite], œuvre 8, pour piano, et une sonateSonate pour piano et violon op. 40Sonate pour piano et violon op. 40 de Johann Heinrich BonawitzLire la suite… pour piano et violoncelle, dans l’exécution de laquelle M. GernsheimGernsheim, FriedrichFriedrich Gernsheim (Worms, 17 juillet 1839 – Berlin, 10 septembre 1916), chef d’orchestre, pianiste et compositeur. Il étudia d’abord avec Louis Liebe, un ancien élève de Louis Spohr, puis avec Edward Rosenhain à Francfort. Dès l’âge de 11 ans, il fit ses débuts comme pianiste prodigLire la suite… a été très habilement secondé par M. DemunckDemeunck, Pierre-Joseph-ErnestPierre-Joseph-Ernest Demeunck [de Meunck] (Bruxelles 19 décembre 1840 – Londres, 19 juin 1915), violoncelliste. Fils du violoncelliste François Demeunck (Bruxelles, 3 octobre 1816 – Bruxelles, 28 février 1854), il étudia avec Adrien-François Servais au Conservatoire de Bruxelles, où il obtLire la suite… [Demeunck]Demeunck, Pierre-Joseph-ErnestPierre-Joseph-Ernest Demeunck [de Meunck] (Bruxelles 19 décembre 1840 – Londres, 19 juin 1915), violoncelliste. Fils du violoncelliste François Demeunck (Bruxelles, 3 octobre 1816 – Bruxelles, 28 février 1854), il étudia avec Adrien-François Servais au Conservatoire de Bruxelles, où il obtLire la suite….

   La suite à un prochain numéro.

E. REYER

P.S. J’ai reçu de M. Albéric SecondSecond, AlbéricAlberic Second (Angoulême, 17 juin 1817 – Paris, 2 juin 1887), journaliste, écrivain et auteur dramatique. Il collabora au Charivari  et fut l’un des cofondateurs de La Comédie parisienne (1857). Il collabora au Figaro et fonda avec Hippolyte de Villemessant le Grand Jounal (1864). Il fut égaLire la suite… un livre fort amusant, plein de fines observations et très spirituellement écrit : les Misères d’un prix de RomeMisères d’un prix de RomeMisères d’un prix de Rome, nouvelle d’Alberic Second publiée à Paris par E. Dentu, 1868.Lire la suite…. Je ne puis pour l’instant que recommander cet ouvrage à mes confrères les musiciens et aux lecteurs délicats ; j’en parlerai d’une façon détaillée dans l’article bibliographique que je publierai prochainement.

E.R.