Le Journal des Débats, 27 janvier 1867 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU 27 JANVIER 1867.

REVUE MUSICALE.

Théâtre-Lyrique : DeborahDéborahDéborah, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Edouard Plouvier et Adolphe Favre mis en musique par Devin-Duvivier et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 14 janvier 1867.Lire la suite…, opéra en trois actes, paroles de M. A. FavreFavre, Adolphe–AlphonseAdolphe–Alphonse Favre (Lille, 1er mai 1808 – Paris, 16 janvier 1886), journaliste, écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il fut rédacteur en chef du journal satirique la Revue parisienne (1851-1864) et se distingua en demandant au roi Louis-Philippe le retour des cendres de Napoléon. ILire la suite…, musique de M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite….

L’ouvrage dont je vais rendre compte a vécu ; il a vécu l’espace de trois représentations, tout meurtri dès la première soirée par les éclats de rire et les coups de sifflets. C’est le poëme qui a causé toute cette hilarité, tout ce tapage, si bien que l’un des auteurs, qui se tenait dans la coulisse, n’a pas voulu se laisser nommer, et, homme d’un grand talent, il a rejeté le poids de cette lourde chute sur son obscur collaborateur, homme d’un grand courage. On a blâmé cette façon d’agir, au moment du danger, d’un poëte dramatique qui, ayant à l’actif de sa renommée un chiffre très honorable de succès, aurait pu se donner impunément le luxe d’une bataille perdue. La seule réponse à faire à ceux qui l’accusent, c’est qui si l’œuvre nouvelle eût réussi, il n’aurait certainement pas demandé à être nommé seul.

Le public parisien est doux et bien élevé ; quelquefois même il est patient à l’excès ; mais quand il se moque ou quand il se fâche, il devient impitoyable. On lui fera accepter pendant un laps de temps indéterminé les mêmes inepties, tandis qu’un mot scabreux, une scène un peu risquée, une phrase à double sens, qui auront échappé à l’attention des auteurs ou à la vigilance de la censure, le trouveront tout à coup prêt à siffler ou à rire. Il faut prendre le public parisien tel qu’il est, et ne pas lui demander, surtout lorsqu’il s’agit de juger un ouvrage lyrique, de faire deux parts : une pour le librettiste et l’autre pour le musicien. Il n’est pas encore assez habitué à reconnaître que dans un opéra la musique est la chose principale pour préserver la partition du blâme qu’il inflige au libretto. Tant pis pour le compositeur inexpérimenté qui aura accepté inconsidérément un méchant livret, s’imaginant qu’à l’aide de son talent ou de son génie il fera passer, par-dessus l’ennui, le défaut d’invention ou la vulgarité du sujet. Il  ne devrait point ignorer, car on le lui a répété bien des fois, qu’en France, et principalement à Paris, le public veut avant tout qu’on l’intéresse et qu’on l’amuse ; et ce public, si intelligent d’ailleurs, préfère de beaucoup l’agréable à l’utile, ce qui est joli à ce qui est beau, et il n’accepte toutes les invraisemblances, toutes les pauvretés, toutes les niaiseries d’un poëme d’opéra que lorsqu’il s’agit d’une œuvre classique, signée d’un nom illustre, d’un nom immortel. J’ai déjà expliqué cela ici et ailleurs en citant des faits à l’appui ; je trouve inutile d’y revenir. Mais je n’en déplore pas moins la triste situation d’un musicien de talent qui voit s’évanouir en une seule soirée ses plus chères espérances, et que l’on condamne ainsi à rentrer le lendemain dans son obscurité de la veille. On a beau chercher à le consoler, à le réconforter ; on a beau lui dire qu’il sera plus heureux une autre fois, quand il songe à tant d’efforts inutiles, à un labeur si pénible et dont il a été si mal récompensé, les forces lui manquent pour recommencer, et de longues années s’écoulent avant qu’il puisse raffermir ses convictions ébranlées et retrouver ses illusions perdues.

M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite…, né à Liverpool en 1827, est par conséquent un jeune compositeur d’une quarantaine d’années. A l’âge de douze ans, il suivit sa famille à Berlin, y demeura jusqu’à la fin de 1847, et y reçut des leçons de musique et de composition du célèbre professeur DehnDehn, Siegfried WilhelmSiegfried Wilhelm Dehn (Altona, 24 février 1799 – Berlin, 12 avril 1858), théoricien, éditeur, pédagogue et bibliothécaire. Fils d’un banquier, il étudia le violoncelle et fit des études de droit. En 1823, il s’installa à Berlin où il fut attaché à l’ambassade de Suède tout en éLire la suite…, élève de Gottfried WeberWeber, Jacob GottfriedJacob Gottfried Weber (Freinsheim près Mannheim, 1er mars 1779 – Bad Kreuznach, 21 septembre 1839), compositeur et théoricien. Il étudia la flûte, le piano, l’orgue et le violoncelle puis fit des études de droit et s’installa à Mannheim, où il se lia d’amitié avec Carl Maria von WebeLire la suite… et de l’abbé VoglerVogler, Georg Josef, AbbéGeorg Joseph Vogler dit Abbé Vogler (Würzburg, 15 juin 1749 – Darmstadt, 6 mai 1814), compositeur et théoricien. Il étudia le droit commun et le droit canon à l’université de Würzburg puis à celle de Bamberg, et composa des ballets et de la musique de scène pour les spectacles de l’unLire la suite…. C’est à Paris, dans la classe d’HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite…, que M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… acheva ses études musicales ; il avait aussi étudié le piano à l’école de MoschelesMoscheles, Ignaz IsaacIgnaz Isaac Moscheles (Prague, 23 mai 1794 – Leipzig, 10 mars 1870), pianiste et compositeur. Il étudia le piano avec Friedrich Dionys Weber, directeur du Conservatoire de Prague. En 1808, il partit pour Vienne étudier le contrepoint avec Johann Georg Albrechtsberger et la composition avec AntonLire la suite…, et Manuel Garcia lui avait enseigné l’art du chant. Ses camarades de classe étaient les premiers à reconnaître son intelligence et ses aptitudes ; une certaine originalité de style, une propension évidente vers ce qu’il y a de plus noble et de plus élevé dans l’art, se faisaient déjà remarquer dans ses travaux scolastiques comme dans les théories qu’il se permettait de développer, une fois la classe terminée, en manière de corollaire aux leçons du maître. M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… a-t-il, oui ou non, concouru pour le grand prix de Rome ? a-t-il échoué dans ce concours ? Je n’en sais rien ; les détails biographiques que j’ai pu me procurer ne vont pas jusque-là. Lorsque je le rencontrai pour la première fois, il y a de cela dix ou douze ans, chez Théophile GautierGautier, TheophileThéophile Gautier ( Tarbes, 30 aout 1811 – Paris, 23 mai 1872), écrivain, journaliste. Il fit ses études à Paris où il se lia d’amitié avec Gérard Nerval et fut un grand défenseur de Victor Hugo. Pour Gauthier, la musique, la peinture et la poésie étaient les éléments fondamentaux dLire la suite…, c’était un élégant jeune homme, très brun, dont les grands yeux bleus avaient un étrange expression de douceur et de hardiesse ; il s’exprimait avec un léger accent britannique, et venait demander à l’auteur d’Albertus AlbertusAlbertus ou L’âme et le péché : légende théologique,  poème de Théophile Gautier publié chez Paulin, Paris, 1833.Lire la suite…la permission de lui faire entendre des mélodies que quelques unes de ses poésies lui avaient inspirées. Je fut très impressionné, je m’en souviens, par le caractère de ces compositions, qui non seulement me semblèrent écrites par une main habile, mais dans lesquelles je remarquai aussi des qualités tout à fait personnelles, une inspiration souvent originale et un très grand sentiment poétique. Quelques journaux signalèrent avec éloge ces feuillets détachés de l’album d’un musicien inconnu, puis je n’entendis plus parler de M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite…. Mais on doit toujours supposer qu’un artiste bien doué pense à son art et travaille, alors même qu’il ne fait pas parler de lui. Les réclames inutiles ne sont pas du goût de tout le monde, et la renommée ne vient pas prendre par la main ceux qui n’ont aucun titre sérieux à la conquérir.

M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite…, après les encouragemens que la presse avait donnée à ses premiers essais de composition, vit devant lui un avenir d’autant plus certain que les excellentes études qu’il avait faites lui donnaient quelque droit de prétendre à des succès sérieux. Chez les âmes délicates et bien douées, les illusions ne s’envolent que fort tard, M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… tourna donc ses regards vers le théâtre, le seul but qu’un musicien forcé de vivre du produit de ses œuvres puisse se proposer en France, où la carrière de la symphonie ne conduit à la gloire qu’exceptionnellement, et à la fortune jamais. Mais pour arriver au théâtre, la chose nécessaire, la chose indispensable, c’est un libretto. Ce premier libretto, après lequel nous avons tous couru plus ou moins, Dieu sait quelle persévérance, quelle ingéniosité, quelles supplications, quelles recommandations de toutes sortes sont nécessaires pour se le procurer. A-t-on fini par l’obtenir, si grande est la joie du compositeur, que toutes ses peines, toutes ses anxiétés sont oubliées en un instant, et il le reçoit avec autant de gratitude que si c’était un don venu du ciel. Le plus souvent ce libretto est un ours. L’auteur, après l’avoir offert à des musiciens d’une certaine renommée qui l’ont refusé l’un après l’autre, se décide enfin à le confier à un musicien inconnu. Et, dès le lendemain, celui-ci se met à l’œuvre, sans s’inquiéter bien souvent si le sujet auquel il va demander ses inspirations est sympathique à la nature de son talent, si c’est un chef-d’œuvre ou une rapsodie. Je passe par-dessus les épines, les ronces, les cailloux et les ornières que le jeune compositeur rencontre sur sa route avant de voir son œuvre se produire à la clarté de la rampe : il y a de ces confidences que l’on ne fait pas impunément, de ces détails qu’on ne peut donner sans avoir l’air d’attaquer la personnalité de ceux-ci et de vouloir blesser les susceptibilités de ceux-là. Et puis de tout temps les choses ont été ainsi ou à peu près : à propos du FreyschützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, n’ai-je pas raconté que WeberWeber, Jacob GottfriedJacob Gottfried Weber (Freinsheim près Mannheim, 1er mars 1779 – Bad Kreuznach, 21 septembre 1839), compositeur et théoricien. Il étudia la flûte, le piano, l’orgue et le violoncelle puis fit des études de droit et s’installa à Mannheim, où il se lia d’amitié avec Carl Maria von WebeLire la suite… avait attendu dix ans le libretto dont il avait donné lui-même l’idée à Frédéric Kind, et ne se souvient-on pas des difficultés que MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… eut à vaincre pour faire représenter Robert-le-DiableRobert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…, lequel, soit dit entre parenthèses, fut un opéra-comique avant d’être un grand opéra ? Je ne veux donc pas assombrir outre mesure le tableau du Calvaire que doit gravir tout compositeur au début de sa carrière, ni blâmer plus qu’il ne convient la défiance des directeurs. Enfin le grand jour est arrivé, le jour de la représentation !…Eh bien ! je me bornerai à dire ceci : c’est que si le public était initié à toutes les péripéties très émouvantes et très dramatiques par lesquelles a dû passer le jeune compositeur ; s’il pouvait compter les pulsations de son cœur et voir quelle anxiété est peinte sur sa figure quand il attend, dans la coulisse, le premier coup d’archet du chef d’orchestre ; si le public pouvait savoir cela et le reste, qu’il ignore sans aucun doute, il hésiterait à renverser d’un seul coup les espérances souvent très légitimes d’un jeune homme de talent, et surtout à lui faire porter la peine de la médiocrité ou de l’extravagance du livret. On peut, à la rigueur, se relever de la chute d’un opéra, en un acte ; mais quand on tombe avec un ouvrage en trois actes, il y a des natures craintives et portées au découragement pour lesquelles c’est un coup trop rude. Les musiciens de talent qui ont disparu ainsi après l’épreuve malheureuse d’une première soirée sont en plus grand nombre qu’on ne croit, et il serait assez curieux d’en écrire l’histoire pour servir d’enseignement à ceux qui ont trop de confiance dans leurs propres forces ou dans l’habilité et l’esprit de leurs collaborateurs.

Si peu intéressant que soit le livret de DeborahDéborahDéborah, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Edouard Plouvier et Adolphe Favre mis en musique par Devin-Duvivier et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 14 janvier 1867.Lire la suite…, on l’a traité peut-être avec une extrême rigueur ; la Veuve des HighlandsVeuve des Highlands, LaLa Veuve des Highlands (The Highland Widow), est une nouvelle de Walter Scott qui fait partie de la collection Chroniques de Canongate (Chronicles of the Canongate) qui fut publiée en 1827.Lire la suite…, celle des chroniques de la Canongate, d’où les auteurs l’ont tirée, est l’une des histoires les plus dramatiques de cette partie de l’œuvre de Walter ScottScott, WalterWalter Scott (Édimbourg, 15 août 1771 – Abbotsford/Écosse, 21 septembre 1832), poète, écrivain et historien écossais. Il étudia le droit et devint avocat en 1792. Tout en travaillant au barreau d’Édimbourg, il se fit nommer Sheriff du comte de Selkirk en 1799. Trois ans plus tard, il pubLire la suite…. Mais il fallait ne pas en atténuer la simplicité et la vigueur par des incidens vulgaires ou mal amenés, par des hors-d’œuvre exprimés dans un langage peu poétique ; il fallait, tout en donnant à la sauvage Elspat le nom de la femme de Lapidoth, lui conserver le caractère tracé par le romancier, et la laisser vivre dans le milieu où il l’a placée, au lieu d’en faire une sorte de châtelaine bourrue et fanatique, poursuivant de sa vengeance, pendant trois longs actes, l’usurpateur saxon, et bénissant, au dénouement, le mariage de son fils avec la fille d’un général de Georges IIGeorge IIGeorge II (Hanovre, 10 novembre 1683 – Londres, 25 octobre 1760), roi de Grande Bretagne. Il était duc de Brunswick-Lunebourg (Hanovre) et prince électeur du Saint-empire romain germanique du 22 juin 1727 à son décès. Il succéda à son père le roi George Ier en 1727. Il eut peu d’influencLire la suite…. Il fallait surtout éviter certains effets de mise en scène qui n’ont paru grotesques que parce qu’ils ont été mal rendus. Un arlequin tue un pierrot en combat singulier et l’étend sur la neige, voilà un tableau original et terrible devant lequel on est ému ; mais des gens affublés des déguisemens les plus baroques et qui crient aux armes dans un bal du grand monde, cela n’est pas autre chose que bouffon. Peut-être ces mêmes personnages, enveloppés dans des dominos de couleur sombre, eussent-ils produit un mouvement des plus dramatiques au moment où ils ont tirés leurs épées. Comment les auteurs ne se sont-ils pas aperçus que leur Deborah, avec ses malédictions et ses élans de tendresse, ses attitudes inspirées et la physionomie toute particulière qu’elle emprunte à la sévérité de son costume, ferait songer à la Fidès du Prophète Prophète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…? J’avoue cependant que malgré les réminiscences et les imperfections que je viens de signaler très sommairement, il y a dans le poëme de MM. FavreFavre, Adolphe–AlphonseAdolphe–Alphonse Favre (Lille, 1er mai 1808 – Paris, 16 janvier 1886), journaliste, écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il fut rédacteur en chef du journal satirique la Revue parisienne (1851-1864) et se distingua en demandant au roi Louis-Philippe le retour des cendres de Napoléon. ILire la suite… et *** des situations qui, mieux amenées et mieux rendues, étaient bien de nature à tenter l’inspiration d’un musicien, surtout d’un musicien épris de la couleur et doué d’un grand sentiment dramatique.

La partition de M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… renferme plus d’une page qu’un grand maître eût signée ; son instrumentation, bien qu’elle affecte en général des teintes un peu sombres, est remplie de détails très intéressans et purement écrits ; les musiciens y ont remarqué de jolis accouplemens de timbre et des sonorités obtenues autrement que par des moyens vulgaires. Je m’expliquerai peut-être plus clairement en disant que M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… n’abuse ni de la grosse caisse, ni des cymbales, ni des cornets à pistons : on ne saurait trop l’en féliciter. Evidemment la partition de Deborah n’est pas écrite d’un bout à l’autre avec le même soin, avec la même recherche. Dans certaines parties de l’ouvrage, l’auteur ne pouvait guère viser au sublime ; mais dans les grands morceaux d’ensemble, et toutes les fois que la situation l’a exigé, il a su élever son inspiration, et l’entourer de tous les artifices dont un compositeur doit avoir appris à se servir. Cette partition peut donc être classée dans le très petit nombre des œuvres modernes que les musiciens aiment à lire et à étudier. Si les tendances de M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… l’attirent quelquefois dans les sentiers un peu scabreux de la musique improprement appelée musique de l’avenir, il ne s’y montre pas du moins l’imitateur servile d’un maître que l’on est pas absolument répréhensible d’admirer. Je croirais plutôt que l’auteur de DeborahDéborahDéborah, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Edouard Plouvier et Adolphe Favre mis en musique par Devin-Duvivier et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 14 janvier 1867.Lire la suite…, par la nature des études qu’il a faites, par le milieu dans lequel se sont écoulées les premières années de sa jeunesse, est porté de préférence vers les chefs-d’œuvre que l’ancienne école allemande a produits entre la fin du siècle dernier et le commencement de celui-ci. L’air du ténor au premier acte : Je ne vous revois plus qu’au travers de mes larmes, cher paradis perdu, prouve suffisamment que M. Devin-DuvivierDevin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite… a vécu dans l’intimité de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite… et de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…. Il a appris dans cette intimité le secret des accompagnemens délicats, des fines broderies et de la grande déclamation lyrique. Quant aux réminiscences qui ont pu se glisser à son insu dans certaines pages de sa partition (les meilleures), que ceux dont les ouvrages en sont complètement exempts lui jettent la première pierre. Les maîtres que l’on a particulièrement étudiés et que l’on admire le plus vous laissent des souvenirs qui ne s’effacent qu’au bout d’un certain temps, alors que l’individualité se dégage et que la personnalité s’établit. Constater des réminiscences de maîtres illustres dans le premier ouvrage d’un jeune musicien, c’est faire un plus grand éloge de son goût que de sa mémoire, et ni BeethovenBeethoven, Ludwig vanLudwig van Beethoven (Bonn, 16 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827), compositeur. Enfant prodige qui donna son premier concert public à Bonn à huit ans. Il alla à Vienne et prit des leçons avec Haydn de 1792 à 1794 puis avec Albrechtsberger de 1794 à 1795 et avec Salieri vers 1799. Il compLire la suite…, ni SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite…, ni MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, malgré les qualités individuelles qui les ont faits si grands, n’ont pu s’affranchir, dans leurs œuvres les plus caractéristiques, de l’influence qu’a exercée sur eux le génie de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite… et de WeberWeber, Jacob GottfriedJacob Gottfried Weber (Freinsheim près Mannheim, 1er mars 1779 – Bad Kreuznach, 21 septembre 1839), compositeur et théoricien. Il étudia la flûte, le piano, l’orgue et le violoncelle puis fit des études de droit et s’installa à Mannheim, où il se lia d’amitié avec Carl Maria von WebeLire la suite….

Après l’air de ténor que j’ai cité plus haut, je dois mentionner la grande scène chantée par Deborah pendant que l’orage éclate dans la coulisse, le charmant duo d’amour du second acte, le chœur dansé qui a tous les développemens et tout l’intérêt d’un scherzo de symphonie ; la belle phrase de baryton parfaitement chantée par M. Lutz : Les voilà bien, ces ingrats qu’on adore ! un excellent quatuor et le morceau d’ensemble qui ouvrait le troisième acte et que l’on a dû supprimer à la seconde représentation, afin d’éviter au public l’occasion de protester de nouveau contre une mise en scène ridicule. J’aurais certainement d’autres parties remarquables à signaler dans l’œuvre de M. Devin-Duvivier Devin-Duvivier, Jean-Adolphe-HippolyteJean-Adolphe-Hippolyte Devin Duvivier (Liverpool, 22 mai 1827 – Cordova/Illinois, 9 aout 1907), compositeur et professeur de chant.  Il était le fils du professeur de musique Eugene Devin. Lorsqu’il eut 12 ans, la famille s’installa à Berlin où il étudia avec Siegfried Dehn et Théodore KLire la suite…; mais à quoi bon augmenter les regrets de ceux qui n’ont pu l’entendre ? Le poëme a tué la partition, je l’ai déjà dit ; il n’est pas inutile d’ajouter que les choristes et l’orchestre ordinairement si vaillant et si bien discipliné du Théâtre-Lyrique, n’ont rien fait pour la sauver. En rendant compte d’un ouvrage qui a déjà disparu de l’affiche, je n’ai pas eu la prétention de le ressusciter ; j’ai voulu seulement appelé l’attention et l’intérêt du public sur un compositeur de beaucoup de talent, de beaucoup d’avenir, et que j’ai trouvé, à mon très grand étonnement, sans amertume et sans reproche contre ceux qui doivent seuls être responsables de sa chute. Je serais heureux si j’ai atteint le but que je me suis proposé, car, à défaut d’un bon article, j’aurai fait une bonne action.

P.S.  Je viens de voir annoncée sur l’affiche du Théâtre-Lyrique une prochaine représentation de DeborahDéborahDéborah, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Edouard Plouvier et Adolphe Favre mis en musique par Devin-Duvivier et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 14 janvier 1867.Lire la suite…. La même affiche nous promet en même temps la première représentation, plus prochaine encore, de SardanapaleSardanapaleSardanapale, opéra en trois actes sur un livret de Henry Becque mis en musique par Victorin Joncières et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 8 février 1867.Lire la suite….