L’Athenæum français, 30 décembre 1854, p. 1228-1231 (article signé E. Reyer).

Chronique musicale.

L’Enfance du ChristEnfance du Christ, L’L’Enfance du Christ, trilogie sacrée pour récitant (ténor), soli, chœur et orchestre sur un livret et une musique de Hector Berlioz, créée à la salle Herz à Paris le 10 décembre 1854. Les trois parties de cette œuvre ont pour titre: Le Songe d’Hérode; La Fuite en Egypte; L’ArrivéLire la suite…, trilogie sacrée, paroles et musique de M. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. — Société Sainte-Cécile. — Études de Mme FarrencFarrenc, Jeanne-LouiseJeanne-Louise Farrenc, née Dumont (Paris, 31 mai 1804 – Paris 15 septembre 1875), compositeur et pianiste. Elle étudia le piano avec Anne-Élisabeth Soria, élève de Clémenti et la composition avec Antonin Reicha. Elle enseigna le piano au Conservatoire de Paris de 1842 jusqu’à sa retraite Lire la suite….


Il y a vingt-cinq ans que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… lutte contre les amateurs et les faiseurs d’ariettes ; il n’aime pas ce qu’il appelle très-spirituellement le genre parisien ; il le traque partout où il le rencontre, et il le rencontre partout. Nous ne prétendons pas justifier toutes les boutades du feuilletoniste des Débats à l’endroit de certaines œuvres anciennes et modernes ; mais cependant il faut avouer que l’injustice dont on a si largement usé à son égard pourrait bien servir d’excuse à ses accès de mauvaise humeur. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… est un de ceux qui ont pris la part la plus active au mouvement artistique de 1830 ; il a été vaillamment soutenu par les uns et systématiquement repoussé par les autres. Chaque tentative qu’il a faite jusqu’ici en dehors des sentiers battus a excité dans les deux camps de véritables tempêtes : pendant qu’il était applaudi avec enthousiasme par ceux qui l’aimaient, qui le comprenaient et qui approuvaient ses tendances élevées, il était raillé, sifflé et bafoué par d’autres qui se posaient en gens conservateurs des saines doctrines. On disait en parlant de ses œuvres : Si c’était de la musique, elle serait mauvaise, et comme toujours, on mettait le mot dans la bouche d’un musicien célèbre, fort étonné et fort mécontent de l’opinion brutale qu’on lui attribuait si gratuitement à l’égard d’un confrère. Un jour BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… partit pour la Russie. Là son succès fut immense ; il y avait foule à chacun de ses concerts. En Allemagne on l’écoute religieusement, on apporte les soins les plus méticuleux à l’exécution de ses œuvres, et il ne se passe pas d’année qu’on ne l’appelle à Dresde, à Vienne ou à Berlin pour y diriger lui-même une de ses symphonies ; à Londres on met aux enchères le bâton de chef d’orchestre avec lequel il vient de conduire, à la tête d’une armée innombrable d’excellents musiciens, quelque magnifique poëme traduit de Gœthe, de lord ByronByron, George Gordon Noel, BaronGeorge Gordon Noel Byron dit Lord Byron (Londres 22 janvier 1788 – Missolonghi/Grèce, 19 avril 1824), écrivain. Il étudia d’abord à Aberdeen et de 1801 à 1805 à Harrow ; il rejoignit ensuite Trinity College puis Cambridge, où il eut sa première relation homosexuelle avec un garçon de 15 Lire la suite… ou de Shakespeare Shakespeare, WilliamWilliam Shakespeare (Stratford-upon-Avon, baptisé le 26 avril 1564 – Stratford-upon-Avon, 3 mai 1616), auteur dramatique et poète. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature anglaise. Il écrivit 37 comédies et tragédies entre 1580 et 1613. Il épousa Anne HathLire la suite…; en Italie on ne le connaît guère que par son peu de sympathie pour la mauvaise musique italienne. Peut-être se souvient-on au delà des monts qu’il fut jadis pensionnaire du gouvernement français à Rome. L’Angleterre, la Russie et l’Allemagne ont donc plus fait pour la gloire et la fortune de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… que la France, où il a vu peu à peu se restreindre le nombre de ses admirateurs, ou du moins s’attiédir les ovations dont il était l’objet. Il a subi le contre-coup de la réaction qui suit de près ordinairement tout mouvement révolutionnaire, qu’il soit politique ou intellectuel. Pour quelques-uns, le compositeur a été effacé par le feuilletoniste, et on a cru étouffer le génie du musicien sous les louanges prodiguées à l’écrivain érudit, au spirituel critique.

Depuis Benvenuto CelliniBenvenuto CelliniBenvenuto Cellini, opéra en deux actes sur un livret de Léon Wailly et Auguste Barbier mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra de Paris le 10 septembre 1838.Lire la suite… pas un directeur de théâtre, en allant solliciter les suffrages ou l’indulgence du feuilletoniste des Débats, n’a songé à lui offrir le libretto d’un opéra, ni même d’un opéra-comique : nous ne parlons pas du poëme de la Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, dont BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a écrit deux actes, et auquel il a été obligé de renoncer à la suite de dissentiments survenus entre lui et M. Léon PilletPillet, LeonLéon Pillet (Paris, 6 decembre 1803 – Venise, 20 mars 1868), journaliste, directeur. Il fit des études de droit puis se tourna vers le journalisme. Il fonda Le Nouveau journal de Paris en 1827 où il soutint les causes libérales. A l’avènement de Louis-Philippe, il se montra l’un des fidèLire la suite…, alors directeur de l’Académie royale de musique. Il y a trois ans, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, lutteur ardent et opiniâtre, se mit à la tête d’une société philharmonique ; il plaça cette institution sous le patronage de célébrités administratives, financières et musicales et convia le public parisien à venir entendre tous les quinze jours quelques-uns de ses ouvrages les plus renommés : la Damnation de FaustDamnation de Faust, LaLa Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties, Op. 24, pour solistes, double chœur, chœur d’enfants et orchestre sur un texte de Gérard de Nerval traduit de Wolfganf von Goethe avec des ajouts d’Almire Gandonnière, mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra-ComLire la suite…, Roméo et JulietteRomeo et JulietteRoméo et Juliette, symphonie dramatique, Op. 17, pour solistes, chœur et orchestre sur un texte d’Emile Deschamps d’après William Shakespeare, composée par Hector Berlioz et créée à la Salle du Conservatoire de Paris le 24 novembre 1839.Lire la suite…, la Symphonie fantastiqueSymphonie fantastiqueLe titre original est: Épisode de la vie d’un artiste, symphonie fantastique en cinq parties, Op. 14, pour orchestre composée par Hector Berlioz et créée à la Salle du Conservatoire de Paris le 5 décembre 1830.Lire la suite…, Child-HaroldHarold en ItalieHarold en Italie, symphonie en quatre parties pour orchestre avec alto principal. Ecrite à la demande de Nicolo Paganini, elle fut créée à la salle du Conservatoire de Paris le 23 novembre 1834.Lire la suite…, l’Épisode de la vie d’un artisteEpisode de la vie d’un artisteEpisode de la vie d’un artiste, symphonie fantastique en cinq parties, Op. 14, pour orchestre composée par Hector Berlioz et créée à la salle du Conservatoire de Paris le 5 décembre 1830. Berlioz lui adjoindra une suite Lelio ou  Le Retour à la vie, mélologue en six parties, Op. 14b, pourLire la suite…, etc. La société BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… vécut l’espace d’un hiver. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… se consola de ce nouvel échec en multipliant ses voyages en Allemagne, où il faisait chaque fois une ample moisson de couronnes. Les Allemands lui rendaient moins amère l’indifférence des Parisiens. De retour à Paris, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… reprenait sa plume et décochait quelque trait piquant qui manquait rarement son but ; sa bienveillance même à l’endroit de certaines œuvres a toujours eu quelque chose de banal et d’ironique : il a des préférences marquées, des admirations sincères, mais il a aussi des antipathies dont il ne veut pas démordre, et il a bien raison. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… est, de tous les critiques, celui qui se laisse aller le plus facilement à dire sa façon de penser ; il a pour lui l’autorité que donne le talent, et sa position exceptionnelle parmi les compositeurs lui permet de déguiser mieux qu’un autre ses impressions. Aussi le lit-on avec intérêt et arrive-t-on toujours à découvrir des vérités au fond de ses malices. Or depuis longtemps on parlait beaucoup plus du feuilletoniste que du musicien. Un jour BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… présenta au comité de la Société Sainte-Cécile un manuscrit tout poudreux qu’il prétendit avoir déniché dans les rayons de je ne sais quelle bibliothèque et qu’il avait signé Pierre Ducré, compositeur imaginaire, religieux présumé de quelque confrérie du XVIIe siècle. Cela était intitulé la Fuite en Egypte. L’œuvre fut lue avec une attention mêlée de respect, et on la trouva admirable de fraîcheur, de grâce, de naïveté et de simplicité biblique. On ne savait ce qu’il fallait le plus admirer du poëme ou de la mélodie. La nouvelle de la précieuse découverte faite par BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… se répandit bientôt dans le monde musical, et le jour de l’exécution la salle Sainte-Cécile fut encombrée de curieux et de dilettanti qui arrivaient là la gueule enfarinée. Quand Berlioz jugea que la mystification était bien complète il se nomma comme étant l’auteur du chef-d’œuvre. Les uns s’en allèrent l’oreille basse, les autres prirent la chose du bon côté et félicitèrent le prétendu Ducré. On s’étonna bien un peu de la transformation que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… avait fait subir à son style, on se demanda comment la mélodie était venue à un homme qui n’avait jamais pu ou n’avait jamais voulu aller à elle ; mais enfin il fallut bien se rendre à l’évidence : une seconde audition de la Fuite en Egypte confirma le succès de la première. Je crois que ce jour-là l’Institut eut des remords. OnslowOnslow, Andre-Georges-LouisAndré-Georges-Louis Onslow (Clermont-Ferrand, 27 juillet 1784 – Clermont-Ferrand, 3 octobre 1853), compositeur. Il étudia le piano avec Jan Ladislas Dussek et la composition avec Antonin Reicha. Principalement connu pour son abondante musique de chambre (37 quatuors, 34 quintettes a cordes, 10 tLire la suite… mourut : on donna son fauteuil à M. ReberReber, Napoléon-HenriNapoléon-Henri Reber (Mulhouse, 21 octobre 1807 – Paris, 24 novembre 1880), compositeur. Il entra au Conservatoire de Paris en 1828 où il fut l’élève de Lesueur pour la composition. Il fut nommé professeur d’harmonie au Conservatoire en 1851 et de composition en 1862 à la suite d’HalLire la suite…, l’auteur du Père Gaillard ; Père Gaillard, LeLe Père Gaillard, opéra-comique en trois actes sur un livret de Thomas Sauvage, mis en musique par Henri Reber, créé à l’Opéra-Comique le 27 septembre 1852. Lire la suite…HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite… fut nommé secrétaire perpétuel de l’Académie ; on le remplaça par M. ClapissonClapisson, Antoine-LouisAntoine-Louis Clapisson (Naples, 5 septembre 1808 – Paris, 19 mars 1866), compositeur. Il étudia le violon d’abord à Bordeaux puis avec Habeneck au Conservatoire de Paris. En 1832 il fut engagé comme violoniste au Théâtre-Italien et composa à partir de 1839 de nombreuses romances dont certLire la suite…, l’auteur de Jeanne la FolleJeanne la folleJeanne la folle, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Louis Clapisson et créé à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1848.Lire la suite…. Les remords de l’Institut n’eurent pas de suite.

La Fuite en Egypte ne comprend que deux morceaux : un chœur de bergers et une sorte de ballade chantée par le récitant. Après un concert que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… donna à Leipsig [Leipzig], et dans lequel ce petit chef-d’œuvre excita la plus vive admiration, on lui demanda d’ajouter une conclusion à son poëme. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… composa alors l’Arrivée à Saïs. Quelque temps après, l’un des membres de la Société philharmonique de Londres lui suggéra l’idée de la première partie, qu’il intitula Le Songe d’Hérode, et dans laquelle il effleura seulement le sujet qui lui était proposé sous ce titre un peu trop sanguinaire, même pour un compositeur dramatique, Le Massacre des innocents. Voilà comment naquit la trilogie, L’Enfance du ChristEnfance du Christ, L’L’Enfance du Christ, trilogie sacrée pour récitant (ténor), soli, chœur et orchestre sur un livret et une musique de Hector Berlioz, créée à la salle Herz à Paris le 10 décembre 1854. Les trois parties de cette œuvre ont pour titre: Le Songe d’Hérode; La Fuite en Egypte; L’ArrivéLire la suite…, que l’on peut appeler également oratorio ou mystère en trois parties : voilà comment l’art s’enrichit de l’une des pages les plus grandioses, les plus émouvantes et les plus finement ciselées du genre symphonique.

BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a écrit lui-même son poëme, et il l’a fait dans un style naïf et coloré qui est bien celui des légendes sacrées. Il a donné au récitant un rôle qui est à peu près celui que jouait le coryphée dans les tragédies antiques. Ce personnage se mêle à l’action du drame et expose ainsi la situation :

Dans la crèche, en ce temps, Jésus venait de naître,

Mais nul prodige encor ne l’avait fait connaître ;

Et déjà les puissants tremblaient,

Déjà les faibles espéraient ;

Tous attendaient…..

Ce récitatif est accompagné par les instruments à vent jouant pianissimo et faisant entendre de piquantes modulations, de délicates harmonies : l’entrée des tremolo du quatuor en sourdines produit beaucoup d’effet, et exprime on ne peut mieux le sens des paroles :

Or apprenez, chrétiens, quel crime épouvantable

Au roi des juifs alors suggéra la terreur,

Et le céleste avis que dans leur humble étable

Aux parents de Jésus envoya le Seigneur.

A ce récit succède une marche jouée en sourdines par l’orchestre, et dont le motif est travaillé avec toute l’habileté d’un savant contrepointiste. Les soldats romains guidés par Polydorus font la ronde de nuit ; un centurion crie : Qui vient ? Et après un court dialogue entre les deux satellites du préteur Gallus, dialogue dans lequel ils raillent les insomnies et les appréhensions du roi Hérode, la patrouille poursuit sa ronde et s’éloigne. A la fin de cette scène l’orchestre reprend le motif de la marche ; le cor est employé là de la façon la plus heureuse, et quelques notes plaintives soupirées par la clarinette et le hautbois, au milieu du dessin de la mélodie, imitent on ne peut mieux ces bruits mystérieux que l’on entend au milieu du silence de la nuit.

Hérode agité par des pressentiments funestes ne cesse de voir en songe cet enfant qui doit le détrôner :

O misère des rois !

Régner et ne pas vivre !

A tous donner des lois,

Et désirer de suivre

Le chevrier au fond des bois.

Le monologue du roi juif est formé de phrases entrecoupées par les réponses de l’orchestre, les trombones ont des tenues dans la partie grave de l’instrument, et le quatuor gronde sourdement ; puis vient un andante en sol mineur dont le trait caractéristique est la non-altération de la septième montant sur la tonique ; la phrase principale reprise alternativement par la voix et par l’orchestre, passe dans des tons différents, et reparaît à la fin de l’air ornée d’un contre-sujet exécuté par les instruments à cordes. Polydorus annonce à Hérode l’arrivée des devins, qui se sont assemblés par l’ordre du roi :

Les sages de Judée, ô roi, te reconnaissent

Pour un prince savant et généreux.

Ils te sont dévoués ; parle, qu’attends-tu d’eux ?

Puis ils se livrent à des évolutions cabalistiques et procèdent à la conjuration des esprits. Ici Berlioz a été à la hauteur de Weber Weber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…: l’originalité du rhythme, la décomposition de la mesure en quatre et trois temps, la rapidité des traits de violons, les oppositions de timbres, les sifflements de la petite flûte, tout concourt à donner à ce tableau le caractère le plus saisissant et le plus fantastique.

Les devins annoncent ensuite à Hérode le résultat de la conjuration :

La voix dit vrai, seigneur : un enfant vient de naître

Qui fera disparaître

Ton trône et ton pouvoir.

…………………………

Tu tomberas, à moins que l’on ne satisfasse

Les noirs esprits, et si, pour conjurer le sort,

Des enfants nouveau-nés tu n’ordonnes la mort.

Hérode ne demande pas mieux :

Eh bien ! par le fer qu’ils périssent !

…………………………………….

Malgré les cris, malgré les pleurs

De tant de mères éperdues,

Des rivières de sang vont être répandues.

Je serai sourd à ces douleurs…..

Il y a dans ce chant un mouvement, une férocité incroyables. Après Hérode le chœur le répète avec le même dessin d’orchestre, les mêmes accords stridents, les mêmes éclats du cuivre ; puis pour produire l’effet complémentaire des deux derniers vers :

Et vous, pour attiser sa rage,

Esprits, redoublez ses terreurs,

les trombones font entendre des fanfares dont les sons, diminuant peu à peu, arrivent à une cadence sur laquelle descendent des gammes chromatiques de flûte et de clarinette.

Le compositeur a placé ici comme contraste à la scène que nous venons de décrire une ravissante petite idylle d’une adorable fraîcheur ; saint Joseph et la vierge Marie chantent :

O mon cher fils, donne cette herbe tendre

A ces agneaux qui vers toi vont bêlant.

Je ne sais rien de simple, de gracieux et de tendre comme ce duo, rien de joli et de délicatement coloré comme les imitations de l’accompagnement ; les anges annoncent à saint Joseph et à Marie qu’un grand péril les menace, et leur ordonnent de fuir vers le désert. Ces voix mystérieuses sont soutenues par l’harmonium et se perdent insensiblement dans le lointain en chantant Hosanna !

Nous avons déjà parlé de la Fuite en Egypte qui forme la deuxième partie. Les trois strophes du chœur des bergers sont séparées l’une de l’autre par une petite ritournelle de hautbois et de clarinettes jouant dans le registre du chalumeau ; ce chœur est écrit à quatre parties. Le récitant raconte ensuite le voyage et le repos de la sainte famille : c’est d’une touchante naïveté ; les violons et les altos, en sourdines, brodent de délicieuses arabesques sous la mélodie qui abandonne la forme vague du récitatif et module d’une façon charmante à partir de ce vers :

Voyez ce beau tapis d’herbe douce et fleurie.

La cadence finale de ce morceau est d’un effet neuf et inattendu : la voix chante une phrase entière sur la même note, puis les instruments entrent progressivement et jettent comme une douce clarté sur les dernières mesures de la mélodie. L’ouverture qui sert de lever de rideau à ce frais et riant paysage est dans le style fugué ; là encore, comme dans le monologue d’Hérode, la note sensible n’est pas altérée. Nous l’avons dit plus haut et nous le répétons volontiers, cette seconde partie est un chef-d’œuvre ; c’est l’œuvre d’un musicien savant qui a du génie. Elle plaira également à tout le monde, à ceux qui jugent avec la tête et à ceux qui jugent avec le cœur.

Le récitant annonce l’arrivée à Saïs des pieux pèlerins. Ils frappent à la porte d’une maison et demandent l’hospitalité ; des voix leur répondent :

Arrière, vils Hébreux,

Les gens d’Egypte n’ont que faire

De vagabonds et de lépreux.

Marie joint ses supplications à celles de son époux ; les gens de Rome comme ceux d’Egypte restent sourds à leurs plaintes et refusent de secourir leur détresse.

….. Sous la ramée,

De ces sycomores l’on voit

Tout à l’écart un humble toit,

Frappons encor. ……

Cette fois la porte s’ouvre : le père de famille tend la main aux voyageurs, et des serviteurs ismaélites s’empressent autour d’eux. On lave leurs pieds meurtris, on leur donne de l’eau, du lait, des grappes mûres, et les jeunes filles préparent une couchette pour l’enfant Jésus.

Jésus ! quel nom charmant !

Pour bien finir la soirée et réjouir ses hôtes, le père de famille commande aux jeunes ismaélites de prendre leurs instruments :

……. Mes enfants, toute peine

Cède à la flûte unie à la harpe thébaine.

Au lieu d’une flûte le compositeur en a mis deux, et il a écrit un bijou musical, un ravissant trio dont l’andante exhale un doux parfum de poésie biblique ; dans l’allegro, tout pétillant d’originalité, de traits sautillants et de gracieux arpèges, on sent la joie intime du foyer. Le cœur de Marie est ému et elle verse de douces larmes, puis chacun se sépare, c’est l’heure du sommeil.

Ce fut ainsi que par un infidèle

Fut sauvé le Sauveur.

………………………

Le récitant peint en quelques vers l’enfance de Jésus jusqu’au jour où, quittant ses hôtes, il partit pour accomplir le divin sacrifice qui devait racheter le genre humain. A la fin de l’ouvrage l’auteur a placé un chœur mystique, dans le style de Palestrina, morceau d’un caractère religieux plein d’élévation, que les artistes ont admiré comme un travail scientifique d’une remarquable facture.

Le succès de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a été immense ; je ne dis pas qu’il aurait obtenu ce même succès si son œuvre eût été exécutée devant les habitués de l’Opéra-Comique et même de l’Opéra ; mais je crois que l’éducation d’une certaine partie du public commence à se faire. Parmi la foule des dilettanti accourus au concert de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, il en est un bon nombre qui sont arrivés là avec des préventions ; ils ont écouté, ils ont compris, et ont généreusement applaudi plus fort que les autres. Seulement il leur fallait une excuse et alors ils ont prétendu que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… avait changé de style ; c’est une erreur : il n’a fait que changer de sujet.

Nous avons eu déjà deux séances de la Société Sainte-Cécile. A la première on a exécuté PreciosaPreciosaPreciosa, Op. 78, musique de scène pour le drame en quatre actes en allemand de Pius Alexander Wolff, d’après la nouvelle La Gitanilla de Cervantès, composée par Carl Maria von Weber et créé à Berlin le 14 mars 1821.Lire la suite… de WeberWeber, Carl Maria vonCarl Maria von Weber (Eutin, 18 novembre 1786 – Londres, 5 juin 1826), compositeur. Il étudia avec son père, puis avec Johann Peter Heuschkel, organiste à Hildburghausen où sa famille s’était établie en 1796. L’année suivante, sa famille s’installa à Salzbourg où Weber étudia avec Lire la suite…, chef-d’œuvre de mélodie et d’instrumentation qu’on ne se lasse pas d’applaudir ; la balladePère Gaillard, LeLe Père Gaillard, opéra-comique en trois actes sur un livret de Thomas Sauvage, mis en musique par Henri Reber, créé à l’Opéra-Comique le 27 septembre 1852. Lire la suite… a été délicieusement chantée par Mlle Camille BergBerg, CamilleCamille Berg (? – ?), mezzo-soprano. Elle était l’élève de Gustave Héquet et ne semble pas avoir fait une carrière sur les scènes lyriques.Lire la suite…, jeune personne dont la voix de soprano a beaucoup de charme et de souplesse ; le chœur aux bois a produit son effet accoutumé, et la marche des bohémiens a été bissée. L’ouverture de Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite… et la symphonie en ut mineurSymphonie no. 5 do mineur Op. 67Symphonie pour orchestre no. 5 en do mineur Op. 67 de Ludwig van Beethoven dédiée au Prince Franz Joseh von Lobkowitz et au Comte Andreas Razumovsky et créée au Theater-an-der-Wien  de Vienne le 22 décembre 1808.Lire la suite… figuraient aussi sur le programme. L’orchestre qui, par suite de la démission de M. SeghersSeghers, Francois-Jean-BaptisteFrançois-Jean-Baptiste Seghers (Bruxelles, 17 janvier 1801 – Margency, 2 février 1881), chef d’orchestre. Il étudia le violon avec Baillot et fut l’un des fondateurs de la Société des Concerts du Conservatoire en 1828. Fervent défenseur de la musique de chambre, il organisait des séanceLire la suite…, l’habile fondateur de la Société Sainte-Cécile, a mis à sa tête le savant harmoniste M. BarbereauBarbereau, Auguste-Mathurin-BalthazarAuguste-Mathurin-Balthazar Barbereau (Paris, 14 novembre 1799 – Paris, 16 juillet 1879), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Il fit des études de violon et de composition au Conservatoire de Paris où il obtint un 2eme prix de violon en 1813, un 1er prix de contrepoint et fugue en 1819Lire la suite…, laisse quelque chose à désirer sous le rapport des nuances ; c’est là ce qui le distingue essentiellement de l’orchestre du Conservatoire. Le second concert, consacré à l’audition des œuvres de jeunes compositeurs, ne nous a pas pleinement satisfait. L’ouverture de Robert BruceOuverture de "Robert Bruce"Robert Bruce, grande ouverture, pour orchestre op. 3 composée par Edme-Marie-Ernest Deldevez, op. 3. La partition réduite pour piano à quatre mains fut publiée par S. Richault, Paris, 1864.Lire la suite… est longue et bruyante ; M. DeldevezDeldevez, Edme-Marie-ErnestEdme-Marie-Ernest [Edmé, Édouard] Deldevez (Paris, 31 mai 1817 – Paris, 6 novembre 1897), chef d’orchestre et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un second prix de Rome en 1838. Il joua comme violoniste dans l’orchestre de l’Opéra et celui de la Société des ConceLire la suite… nous avait donné de meilleurs échantillons de son talent. Nous en dirons autant de l’ouverture dramatiqueOuverture DramatiqueIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite… de M. Prumier fils, harpiste très-distingué, membre de la Société Sainte-Cécile. Dans la symphonie de M. MathiasMathias, Georges-Amedee-Saint-ClairGeorges-Amédée-Saint-Clair Mathias (Paris, 14 octobre 1826 – Paris, 14 octobre 1910), pianiste et compositeur. Il fut l’élève de Kalkbrenner et de Chopin de 1838 à 1843. Il fut titulaire d’une classe de piano au Conservatoire de 1862 à 1887.Lire la suite… nous avons remarqué l’andanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite… en sourdines et le final, morceau très-brillant et très-bien développé ; l’œuvre dans son ensemble est sagement conduite et dénote un musicien très-versé dans les secrets de son art, un compositeur familiarisé avec les difficultés de la fugue et du contre-point, mais ayant plus de savoir que d’originalité. Un fragment de GalathéeGalathéeGalathée, opéra-comique de Jean-Baptiste Weckerlin qui n’a pas été représenté et dont la partition semble être perdue.Lire la suite…, opéra inédit de M. VekerlinWeckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite… [Weckerlin]Weckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite…, a été favorablement accueilli. La Chanson et VillanelleChanson et VillanelleVillanelle, Op. 1 No. 1, chœur dans le genre madrigalesque sur des paroles de Jean Passenat mises en musique par Auguste-Lucien Dautresme et créés par la Société Sainte-Cécile le 17 décembre 1854 et publiée chez Richault, Paris.Chanson, Op. 1 No. 2, à quatre voix (dans le genre d’OrlaLire la suite… à quatre voix, de M. DautresmeDautresme, Auguste-LucienAuguste-Lucien Dautresme (Elbeuf, 21 mai 1826 – Paris, 18 février 1892), compositeur. Il entra à l’École polytechnique en 1846 et devint officier de la marine. Il abandonna cette carrière et étudia au Conservatoire de Paris. Son opéra-comique en un acte, Sous les charmilles, fut créé au Lire la suite…, est une œuvre assez insignifiante : peut-être la monotonie du chant résulte-t-elle de la répétition par trop prolongée de ces paroles :

J’ai perdu ma tourterelle !

La mélodie de M. AbtAbt, Franz WilhelmFranz Wilhelm Abt (Eilenburg/Allemagne, 22 décembre 1819 – Wiesbaden, 31 mars 1885), compositeur. Il étudia musique et théologie à Leipzig, où il se lia d’amitié avec Mendelssohn, Schumann et Lortzing. Après avoir été nommé Kapellmeister à Bernburg en 1841, il s’installa à Zurich, oLire la suite…, parfaitement chantée par Mlle Valentine BianchiBianchi, ValentineValentine Bianchi (Vilnius, ? 1833 – Kandau/Courland, 28 février 1884), soprano. Elle étudia le chant à Paris avec Louis Revial et débuta en 1855 au Théâtre-Italien puis se produisit à Frankfort (Norma) et à Leipzig. En 1856 elle se fixa à Berlin jusqu’en 1858 quand elle rejoignit l’OpLire la suite…, débute par une réminiscence du septuor de la LucieLucia di LamermoorLucia di Lammermoor, dramma tragico en trois actes sur un livret en italien de Salvadore Cammarano, d’après The Bride of Lammermoor  de Walter Scott, mis en musique par Gaetano Donizetti et créé au Théâtre San Carlo de Naples le 26 septembre 1835 et au Théâtre-Italien de Paris le 12 déceLire la suite…, et reprend ensuite une allure plus individuelle dont nous aimons le caractère poétique et rêveur. Mlle BianchiBianchi, ValentineValentine Bianchi (Vilnius, ? 1833 – Kandau/Courland, 28 février 1884), soprano. Elle étudia le chant à Paris avec Louis Revial et débuta en 1855 au Théâtre-Italien puis se produisit à Frankfort (Norma) et à Leipzig. En 1856 elle se fixa à Berlin jusqu’en 1858 quand elle rejoignit l’OpLire la suite… a dit aussi avec beaucoup de verve et de grâce une jolie chanson moldave de M. Ivan Vassilieff, orchestrée d’une manière très-pittoresque.

Les six concerts de l’abonnement ne commenceront qu’à partir du troisième dimanche de janvier ; ils alternent, comme on sait, avec ceux de la rue Bergère.

Mme FarrencFarrenc, Jeanne-LouiseJeanne-Louise Farrenc, née Dumont (Paris, 31 mai 1804 – Paris 15 septembre 1875), compositeur et pianiste. Elle étudia le piano avec Anne-Élisabeth Soria, élève de Clémenti et la composition avec Antonin Reicha. Elle enseigna le piano au Conservatoire de Paris de 1842 jusqu’à sa retraite Lire la suite…, l’éminent professeur du Conservatoire, vient de composer, pour le piano, une série d’études dont chacune est un petit chef-d’œuvre de style et de mélodie ; il est impossible d’offrir à l’élève un travail classique d’une plus grande utilité, et de le présenter sous une forme plus séduisante et plus romantique. Mme FarrencFarrenc, Jeanne-LouiseJeanne-Louise Farrenc, née Dumont (Paris, 31 mai 1804 – Paris 15 septembre 1875), compositeur et pianiste. Elle étudia le piano avec Anne-Élisabeth Soria, élève de Clémenti et la composition avec Antonin Reicha. Elle enseigna le piano au Conservatoire de Paris de 1842 jusqu’à sa retraite Lire la suite… va publier en outre six sonates de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite…, qu’elle a arrangées pour piano et violon, sans altérer ni une seule note du thème ni un seul accord. Le respect de Mme FarrencFarrenc, Jeanne-LouiseJeanne-Louise Farrenc, née Dumont (Paris, 31 mai 1804 – Paris 15 septembre 1875), compositeur et pianiste. Elle étudia le piano avec Anne-Élisabeth Soria, élève de Clémenti et la composition avec Antonin Reicha. Elle enseigna le piano au Conservatoire de Paris de 1842 jusqu’à sa retraite Lire la suite… pour la musique des maîtres nous dispense du reste d’insister sur ce point. C’est un tour de force qu’elle seule peut-être était capable d’accomplir, et une leçon de bon goût et de modestie qu’elle donne indirectement à ceux qui, moins bien avisés qu’elle, ont osé porter une main profane sur quelques-unes des œuvres de Beethoven, à peu prés défigurées aujourd’hui par cette collaboration sacrilège.

La longueur de cet article nous oblige de renvoyer au prochain numéro le compte rendu de deux nouveaux opéras que M. Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… vient de faire jouer au Théâtre-Lyrique : le Muletier de TolèdeMuletier de Tolède, LeLe Muletier de Tolède, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe d’Ennery et Clairville, pseudonyme de Louis-François-Marie Nicolaïe, mis en musique par Adolphe Adam et créé au Théâtre-Lyrique le 16 décembre 1854.Lire la suite… et à ClichyÀ ClichyÀ Clichy, opéra-comique en un acte sur un livret d’Adolphe d’Ennery et de Pierre-Eugène Grangé, mis en musique par Adolphe Adam, créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 24 décembre 1854.Lire la suite… ; dans le premier Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite… et Mlle GarnierGarnier, MarieMarie Garnier (? – ?), contralto. Engagée au Théâtre-Lyrique en 1852, elle participa aux créations de Si j’étais roi (Adam, 1852), Le Roi des Halles (Adam, 1853) et Colin-Maillard (Hignard, 1853). Elle créa le rôle-titre de Rose et Narcisse (Barbier, 1855) puis quitta le Théâtre-Lyrique pLire la suite… se montrent l’une et l’autre sous deux costumes différents.