L’Athenæum français, 23 septembre 1853, p. 917-918 (article signé E. Reyer).

Théâtres – chronique musicale.

Théâtre-Lyrique. La princesse de TrébizondePrincesse de Trébizonde, LaLa Princesse de Trébizonde, prologue en un acte sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et d’Adolphe de Leuven servant de pastiche à la musique de Nicolas Louis, Morin, Jean-Baptiste Weckerlin, Eugène Gautier, Gioachino Rossini et Jean-Philippe Rameau créé au Théâtre-Lyrique de PariLire la suite…, prologue en deux tableaux, paroles de M. ***, musique de MM. WekerlinWeckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite…, M. Louis, Thierry, etc., etc.— La MoissonneuseMoissonneuse, LaLa Moissonneuse, drame lyrique en trois actes sur un livret d’Anicet Bourgeois et Michel Masson mis en musique par Adolphe Vogel et créé au Théâtre-Lyrique le 3 septembre 1853.Lire la suite…, opéra en quatre actes et cinq tableaux, paroles de MM. Anicet Bourgeois, musique de M. VogelVogel, Charles Louis AdolpheCharles-Louis-Adolphe Vogel (Lille, 17 mai 1808 – Paris, 11 septembre 1892), compositeur. Il étudia le violon avec Rodolphe Kreutzer et la composition avec Antonin Reicha. Ses romances furent populaires et son premier opéra-comique, Le Podestat (1831), fut repris en 1844. Pour l’Opéra royal dLire la suite….


La réouverture du Théâtre Lyrique devait avoir lieu le jour de la première représentation du NababNabab, LeLe Nabab, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromental Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 1er septembre 1853.Lire la suite… à l’Opéra-Comique ; mais comme M. SévesteSéveste, JulesDésiré-Henri-Jules Séveste (Paris, 19 mars 1803 – Meudon, 30 juin 1854), directeur. Fils de Pierre Séveste, en 1822 il se joignit à son père qui dirigeait le théâtre de Saint-Cloud. Avec son frère, Edmond Séveste, il fonda le Théâtre de Belleville en 1828 et obtint le privilège de prLire la suite… [Seveste] a pensé que la critique ne pouvait pas se dédoubler et qu’entre la pièce de M. HalévyHalévy, Jacques-Fromental-ÉlieJacques-Fromental-Élie Halévy (Paris, 27 mai 1799 – Nice, 12 mars 1862), compositeur. Il étudia la composition au Conservatoire de Paris avec Cherubini et Méhul et obtint le Prix de Rome en 1819. Il débuta avec succès à l’Opéra-comique en 1827 avec L’Artisan et produisit à ce théâtrLire la suite… et celle de M. VogelVogel, Charles Louis AdolpheCharles-Louis-Adolphe Vogel (Lille, 17 mai 1808 – Paris, 11 septembre 1892), compositeur. Il étudia le violon avec Rodolphe Kreutzer et la composition avec Antonin Reicha. Ses romances furent populaires et son premier opéra-comique, Le Podestat (1831), fut repris en 1844. Pour l’Opéra royal dLire la suite…, il n’y avait pas d’hésitation possible, la MoissonneuseMoissonneuse, LaLa Moissonneuse, drame lyrique en trois actes sur un livret d’Anicet Bourgeois et Michel Masson mis en musique par Adolphe Vogel et créé au Théâtre-Lyrique le 3 septembre 1853.Lire la suite… a été jouée le surlendemain du jour pour lequel elle avait été annoncée. Quant au prologue, il a été également retardé de quelques jours, la longueur de la MoissonneuseMoissonneuse, LaLa Moissonneuse, drame lyrique en trois actes sur un livret d’Anicet Bourgeois et Michel Masson mis en musique par Adolphe Vogel et créé au Théâtre-Lyrique le 3 septembre 1853.Lire la suite…, au dire de l’affiche, ne permettant pas de donner les deux pièces dans la même soirée. M. Seveste, on le voit, ménage avec une sollicitude toute paternelle les loisirs et le sommeil de la presse et du public. Rétablissons l’ordre naturel et commençons par l’analyse du prologue, qui fait suite à l’épilogue joué à la fin de la saison dernière.

La Princesse de TrébizondePrincesse de Trébizonde, LaLa Princesse de Trébizonde, prologue en un acte sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et d’Adolphe de Leuven servant de pastiche à la musique de Nicolas Louis, Morin, Jean-Baptiste Weckerlin, Eugène Gautier, Gioachino Rossini et Jean-Philippe Rameau créé au Théâtre-Lyrique de PariLire la suite… est le titre d’un opéra composé par le jeune Amédée, compositeur âgé de soixante-six ans à peine, et qui donne les plus belles espérances. Sa gouvernante, Mlle Rosamonde, voulant lui éviter les tracasseries de tout genre qui accueillent au théâtre l’ouvrage d’un musicien nouveau, et dont elle sait quelque chose, pour avoir vu cela de près dans son jeune temps, Mlle Rosamonde renvoie les émissaires du directeur, brûle les bulletins de répétition, et le pauvre Amédée se désole en ne voyant jamais arriver le moment si impatiemment attendu. Une jeune et jolie actrice, qui porte, on ne sait pourquoi, le plus vif intérêt au musicien sexagénaire, parvient à tromper la vigilance de la duègne et emmène le bonhomme, auquel l’orchestre, les chœurs, les comparses et les premiers sujets font une réception triomphale. La Princesse de TrébizondePrincesse de Trébizonde, LaLa Princesse de Trébizonde, prologue en un acte sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et d’Adolphe de Leuven servant de pastiche à la musique de Nicolas Louis, Morin, Jean-Baptiste Weckerlin, Eugène Gautier, Gioachino Rossini et Jean-Philippe Rameau créé au Théâtre-Lyrique de PariLire la suite… aurait pu s’intituler pièce hétéroclite en deux tableaux. C’est un amalgame de scènes incohérentes, remplies d’allusions fines et railleuses à la mission et à la fortune du troisième théâtre lyrique, un canevas dont les broderies musicales ont été demandées aux mains les plus habiles et les plus inexpérimentées, une lanterne magique destinée à faire passer sous les yeux du public une série de compositeurs de différents mérites, se coudoyant sans façon l’un l’autre, défilant au hasard, et tous plus ou moins travestis par la médiocrité du talent de leurs interprètes. Nous avons cependant aperçu au milieu de ce tohu-bohu mélodique un chœur arabe arrangé par M. WekerlinWeckerlin, Jean-Baptiste-TheodoreJean-Baptiste-Théodore Weckerlen, dit Weckerlin (Guebwiller, 9 novembre 1821 – Trottberg, 10 [20 ?] mai 1910), compositeur, musicologue et bibliothécaire. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Antoine Elwart. En 1850, il fut nommé chef de chœur de la Société Sainte-Cécile. Il fut bLire la suite…, un air de M. Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite… et une délicieuse romance de M. Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite…, chantée par Mlle GarnierGarnier, MarieMarie Garnier (? – ?), contralto. Engagée au Théâtre-Lyrique en 1852, elle participa aux créations de Si j’étais roi (Adam, 1852), Le Roi des Halles (Adam, 1853) et Colin-Maillard (Hignard, 1853). Elle créa le rôle-titre de Rose et Narcisse (Barbier, 1855) puis quitta le Théâtre-Lyrique pLire la suite…, jeune personne au regard velouté, et dont la charmante figure est encadrée par les magnifiques torsades d’une chevelure dorée. Nous demandons pardon à M. AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite… et à M. Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite… d’avoir trahi leur incognito ; mais il y a un moyen de réparer notre indiscrétion : c’est d’informer le lecteur que RossiniRossini, GioachinoGioachino Rossini (Pesaro/Italie 29 février 1792 – Passy, 13 novembre 1868), compositeur. Né de parents musiciens, Rossini étudia le chant avec Giuseppe Malerbi à Lugo et débuta comme chanteur au théâtre d’Imola en 1804 et chanta le rôle d’un enfant dans Camilla de Paer à Bologne en 180Lire la suite… lui-même n’est pas étranger à la collaboration de la princesse TrébizondePrincesse de Trébizonde, LaLa Princesse de Trébizonde, prologue en un acte sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et d’Adolphe de Leuven servant de pastiche à la musique de Nicolas Louis, Morin, Jean-Baptiste Weckerlin, Eugène Gautier, Gioachino Rossini et Jean-Philippe Rameau créé au Théâtre-Lyrique de PariLire la suite…. Quant aux allusions que renferme la pièce, il y en a plusieurs à l’adresse du gouvernement, et elles peuvent se résumer ainsi : Une subvention, s’il vous plaît ?

Les chroniques du dernier siècle, dans lesquelles on doit avoir une certaine confiance, car elles ne datent pas de bien loin, nous apprennent une foule de détails curieux sur la vie aventureuse de Joseph Balsamo, comte de Cagliostro, ce personnage mystérieux, qui, après avoir étonné le monde entier par ses tours de magie et de sorcellerie, après avoir brillé a la cour de France, où il devint le confident et le complice du cardinal de Rohan dans l’affaire du collier, fut condamné à mort par le tribunal romain, comme pratiquant la franc-maçonnerie, et, par une commutation de peine, emprisonné au château de Saint-Léon, où il mourut en 1795. MM. Anicet Bourgeois et Michel Masson connaissent aussi bien que personne les aventures du comte de Cagliostro ; mais, pour les besoins de leur drame, ils ont altéré ce type merveilleux et original, au point de faire tout bonnement de l’illustre charlatan sicilien un magnétiseur courant les grandes routes, détroussant les passants, flanqué d’un compère imbécile et jouant le rôle vulgaire d’un pipeur de dés et d’un escroc.

BalsamoBalsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite… est à la poursuite d’une jeune fille appelée Michelma, dont la lucidité lui a rendu déjà de très-grands services, mais qu’une répugnance invincible éloigne de l’homme étrange dont elle redoute le pouvoir magnétique. Michelma, qui est allée demander du travail à la ferme de Mattéo, revient de la moisson et s’endort sur la gerbe d’épis qu’elle rapporte à la fin de sa journée. BalsamoBalsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite… la surprend pendant son sommeil, et quelques passes lui suffisent pour soumettre la moissonneuse à l’action de sa volonté : il la fait se lever comme un fantôme, et lui ordonne d’aller chercher une cassette remplie d’or, dont le dépôt a été confié au fermier Mattéo : Michelma obéit et remet la cassette entre les mains de BalsamoBalsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite…. A peine Mattéo s’est-il aperçu de la disparition de la cassette qu’il accuse de ce vol son fils Juliano, un assez mauvais sujet qui hante les tripots et cache son origine roturière sous un faux titre de baron, dont il s’est affublé pour vaincre plus facilement les scrupules d’une prétendue duchesse. Mattéo s’arme d’une carabine et va lui-même punir le coupable, lorsque Michelma qui aime en secret Juliano, se dévoue pour le sauver, et fait l’aveu d’un crime qu’elle n’a pas commis. Les barreaux de la prison où l’on a enfermé Michelma ne sont pas un obstacle pour Balsamo Balsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite…; il propose à la jeune fille de la délivrer, mais comme celle-ci refuse, il l’endort et l’emmène hors de la portée des sbires de M. le barigel. Bailli, commissaire de police ou barigel, c’est absolument la même chose. MM. les auteurs se sont sans doute servis de cet italianisme pour donner plus de couleur locale à leur pièce, et éloigner des spectateurs toute idée de comparaison entre la MoissonneuseMoissonneuse, LaLa Moissonneuse, drame lyrique en trois actes sur un livret d’Anicet Bourgeois et Michel Masson mis en musique par Adolphe Vogel et créé au Théâtre-Lyrique le 3 septembre 1853.Lire la suite… et la Gazza ladra ou le Val d’Andore Val d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite…[AndorreVal d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite…]. Le drame se dénoue dans les catacombes de Rome, où l’on voit arriver successivement BalsamoBalsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite…, Juliano et Michelma. BalsamoBalsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite…, toujours nanti de la précieuse cassette, se laisse prendre par les dragons du pape, et un changement a vue nous montre Juliano et Michelma recevant à genoux la bénédiction du père Mattéo. La décoration du deuxième tableau est fort belle : c’est la mise en scène du tableau de Léopold RobertRobert, Leopold LouisLéopold-Louis Robert (La Chaux-de-Fonds/ Suisse, 13 mai 1794 – Venise, 20 mars 1835), peintre. Il vint à Paris en 1810 et étudia d’abord la gravure avec Charles Girardet, puis la peinture avec Louis David en 1812. La France ayant perdu le canton de Neufchâtel en 1815, il ne fut plus considLire la suite…, les MoissonneursMoissonneuse, LaLa Moissonneuse, drame lyrique en trois actes sur un livret d’Anicet Bourgeois et Michel Masson mis en musique par Adolphe Vogel et créé au Théâtre-Lyrique le 3 septembre 1853.Lire la suite…. Michelma, nommée reine de la moisson, est promenée sur un char allégorique à l’entour duquel un essaim de jeunes filles exécute les plus réjouissantes farandoles.

Il y a de bonnes choses dans la partition de M. VogelVogel, Charles Louis AdolpheCharles-Louis-Adolphe Vogel (Lille, 17 mai 1808 – Paris, 11 septembre 1892), compositeur. Il étudia le violon avec Rodolphe Kreutzer et la composition avec Antonin Reicha. Ses romances furent populaires et son premier opéra-comique, Le Podestat (1831), fut repris en 1844. Pour l’Opéra royal dLire la suite…, mais il y en a aussi qui trahissent d’une manière beaucoup trop évidente l’inexpérience du musicien. A côté d’idées fraîches et distinguées, nous avons remarqué une certaine quantité de réminiscences dans la mélodie et dans l’accompagnement, réminiscences d’œuvres tellement connues qu’il est impossible de croire qu’elles ont échappé à l’attention du compositeur : on n’emprunte pas sans le savoir à MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, à DonizettiDonizetti, GaetanoGaetano Donizetti (Bergame, 29 novembre 1797 – Bergame, 8 avril 1848), compositeur. Elève de Simon Mayr à Bergame et de Padre Stanislao Mattei à Bologne, Donizetti fit ses débuts en 1818 au théâtre San Luca de Venise avec Enrico di Borgogna dont le succès lui valut la commande de trois ouvragLire la suite… et à Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite…. L’instrumentation de la MoissonneuseMoissonneuse, LaLa Moissonneuse, drame lyrique en trois actes sur un livret d’Anicet Bourgeois et Michel Masson mis en musique par Adolphe Vogel et créé au Théâtre-Lyrique le 3 septembre 1853.Lire la suite… tout en étant travaillée avec soin, manque d’originalité, et pèche par l’abus excessif des instruments de cuivre ; les trombones et les cornets à pistons sont sans doute fort agréables à entendre de temps en temps, mais il n’est pas nécessaire de leur tailler autant de besogne qu’aux clarinettes ou aux premiers violons. Ce n’est pas par ce moyen là que les maîtres dans l’art de manier l’orchestre sont arrivés à leurs plus grands effets. La scène du magnétisme, au premier acte, n’est pas parfaitement réussie ; il y a çà et là quelques intentions heureuses, mais il eût été possible de tirer un meilleur parti de cette situation. Après une courte introduction, Mattéo chante au lever du rideau une mélodie très-large et très-bien sentie ; nous aimons aussi le duo suivant, un peu long mais dramatique et bien mouvementé, entre Mattéo et son fils. Michelma dit ensuite une fort jolie cavatine, dont l’allegretto est orné de fioritures d’un goût équivoque. Peut-être l’actrice qui est chargée de ce rôle a-t-elle imposé sa collaboration au compositeur, et l’on sait que dans ce cas-là, celui-ci a quelquefois bien du mal à la refuser. Les couplets de BalsamoBalsamo, Giuseppe dit comte de CagliostroGiuseppe Balsamo (Palerme, 2 juin 1743 – Forteresse San Leo près de Saint-Marin, 26 août 1795), aventurier plus connu sous son nom d’emprunt, comte Alexandre de Cagliostro. Médecin, adepte de l’occultisme, franc-maçon, il fut compromis et emprisonné dans l’affaire du Collier de la reineLire la suite… sont remplis de verve ; nous citerons encore un joli chœur de moissonneurs qui gagnerait à être accompagné d’une façon moins bruyante, et un délicieux duo dont la mélodie est dialoguée, chanté par Mattéo et Michelma.

En somme, 1’œuvre de M. VogelVogel, Charles Louis AdolpheCharles-Louis-Adolphe Vogel (Lille, 17 mai 1808 – Paris, 11 septembre 1892), compositeur. Il étudia le violon avec Rodolphe Kreutzer et la composition avec Antonin Reicha. Ses romances furent populaires et son premier opéra-comique, Le Podestat (1831), fut repris en 1844. Pour l’Opéra royal dLire la suite… dénote un musicien de talent, qui eût peut-être plus complétement réussi s’il eût travaillé, sur un cadre plus restreint, plus neuf et un peu moins dramatique.

Par suite de la démission de M. Alexandre CortiCorti, AlexandreAlexandre Corti (ca. 1820 – Milan, 10 avril 1856), directeur. Il avait été directeur de théâtre à Bergame avant d’être nommé directeur du Théâtre-Italien de Paris le 7 octobre 1852. Il démissionna le 28 juillet 1853. Lire la suite…, le privilège du Théâtre-Italien vient d’être donné à M. le colonel RaganiRagani, Cesar Joseph Gaetan, comte de Zani, ColonelCésar-Joseph-Gaëtan, comte de Zani, colonel Ragani (Bologna, 6 avril 1785 – Romainville, 21 mai 1862), directeur de théâtre. Colonel dans l’armée de Napoléon Ier, il épousa en 1806 la cantatrice Giuseppina Grassani et devint ainsi l’oncle par alliance de Giulia, Giuditta, Ernesta et CarLire la suite…. Le nouveau directeur s’est assuré le concours de quelques-unes de ces célébrités qui seules peuvent ramener la fortune au théâtre de la salle Ventadour. L’ouverture aura lieu, dit-on, le 15 novembre.