Feuilleton du Journal des Debats 1874-11-15
FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS
DU 15 NOVEMBRE 1874.
REVUE MUSICALE.
Théâtre de l’Opéra : Début de Mlle Henriette Lory dans Don Juan ; début de M. MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite… dans les Huguenots. — Théâtre de l’Opéra-Comique : Reprise de Mireille.MireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite…Sans tambours ni trompettes, sans grosse caisse et sans cymbales, sans annonces, sans réclames, sans que la curiosité du public ait été mise en éveil, sans que la presse ait été prévenue, sans que la moindre agitation se soit produite pas plus à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’Opéra, sans que la promenade des paisibles habitués du passage Choiseul en ait été troublée, comme lorsqu’on joue un peu plus loin une opérette à grand succès et à grand tapage, sans qu’il y ait eu dans l’air le moindre signe précurseur des grands événement et des grandes catastrophes, sans qu’un portrait de plus ait été exposé à la devanture des boutiques de photographies d’artistes, si bien achalandées aujourd’hui, avec des vides à l’orchestre et quelques loges inoccupées, a eu lieu lundi dernier, à l’Opéra, le début de Mlle Henriette LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite…, élève de DuprezDuprez, Gilbert-LouisGilbert-Louis Duprez (Paris, 6 décembre 1806 – Poissy, 23 septembre 1896), ténor. Il se fit d’abord une carrière en Italie où il créa plusieurs rôles d’opéras de Donizetti. Ce dernier écrivit le rôle d’Edgardo de Lucia di Lammermoor pour Duprez qui le créa à Naples en 1835. En 183Lire la suite…, dans le rôle de Zerline. J’y étais.
Mlle Henriette LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite… est une jeune fille toute mignonne, à la mine éveillée et intelligente, à l’œil noir, bien prise dans sa petite taille, et qui porte avec une crânerie tout espagnole la basquine rouge et noire de la fiancée de Mazetto. Elle est excellente musicienne, joue du piano et du violoncelle fort agréablement et a suivi un cours d’harmonie, au Conservatoire, dans la classe de M. Eugène GautierGautier, Jean-François-EugèneJean-François-Eugène Gautier (Vaugirard près de Paris, 27 février 1811 – Paris, 1er avril 1878), violoniste et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le violon avec Habeneck et la composition avec Halévy. Il obtint le 1er Prix de violon en 1838 et le 2d Prix de Rome en 1842. Il joLire la suite…. Il n’en fallait pas tant pour entrer à l’Opéra. Ce qu’on pouvait tout au plus demander à Mlle LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite…, pour les rôles auxquels on la destinait, c’est d’avoir l’intelligence de la scène et une jolie voix. La jeune débutante, aussi à l’aise sur les planches d’un théâtre que dans un salon, joue avec beaucoup de finesse et de naturel, et elle eût pu être Dorine ou Lisette si elle n’eût préféré être Zerline. Sa voix, d’une étendue très suffisante, un peu faible cependant dans les notes graves, n’est certainement pas ce qu’on appelle une belle voix ; mais elle a du charme, de la flexibilité, un très joli timbre et une étonnante justesse.
Mlle LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite… a dit avec beaucoup de goût et de méthode la délicieuse phrase du duo : là, ci darem la mano, protégée et comme inspirée par le voisinage de M. FaureFaure, Constance-CarolineConstance-Caroline Lefebvre épouse Faure (Paris, 21 décembre 1828 – Paris, 1905), soprano. Elle étudia le chant au Conservatoire de Paris avec M. Banderali et Mme Moreau-Sainti et obtint un 1er Prix d’opéra-comique en 1849. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1849 et chanta avec succès auLire la suite…, qui est bien certainement un don Juan inimitable. Elle a fort bien chanté aussi l’ariette du deuxième acte : Batti, batti, bel Mazetto, et celle de l’acte suivant : Vedrai carino, mettant parfaitement en relief, dans l’une comme dans l’autre, toute la grâce, toute la distinction de son talent.
Je cite les paroles italiennes parce que la traduction française de MM. Emile Deschamps et Blaze de Bury n’est pas présente à ma mémoire ; mais je tiens cette traduction, que j’écoute toujours avec un nouveau plaisir, pour la meilleure qui ait jamais été faite du texte de l’abbé Da Ponte, et la mieux appropriée à la musique du chef-d’œuvre de Mozart.
Après ZerlineReine de Saba, LaLa Reine de Saba, opéra en quatre actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Charles Gounod et créé à l’Opéra de Paris le 28 février 1862.Lire la suite… on fera chanter à Mlle LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite… le rôle du page des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, puis celui d’Inès dans la Favorite.Favorite, LaLa Favorite, opéra en quatre actes sur un livret de Alphonse Royer et Gustave Vaëz mis en musique par Gaetano Donizetti et créé à l’Opéra de Paris le 2 décembre 1840.Lire la suite… C’est une perspective un peu bornée et bien modeste pour le talent de cette jeune personne qui serait certainement beaucoup mieux à sa place à l’Opéra-Comique, où l’on aurait pu espérer de la voir engagée si la troupe de M. du Locle n’était pas si bien pourvue déjà.
Je m’occupe fort peu, on le sait, des évolutions, incidens et accidens qui touchent au corps de ballet, en dehors, bien entendu, des grandes œuvres chorégraphiques. Une danseuse est indisposée, une autre la remplace : c’est quelque fois tant mieux pour celle qui est malade et tant pis pour celle qui ne l’est pas. Mais voici qu’au divertissement de Don JuanDon Giovanni (Don Juan)Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni, K.V. 527, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Théâtre des Etats de Prague le 29 octobre 1787. Mozart fit des modifications pour la création de l’œuvre au Burgtheater deLire la suite… je vois figurer pour la première fois, dans le pas réservé habituellement à Mlle FontaFonta, Laure Poinet diteLaure Fonta née Laure Poinet (Paris, 30 janvier 1845 – Lagny-sur-Marne, 29 mai 1915), danseuse. Entrée à l’école de ballet de l’Opéra de Paris, elle fut une élève de Lucien Petipa. A la fin de ses études, elle rejoignit le corps de ballet de l’Opéra et fit ses débuts le 19 janvier Lire la suite…, une jeune et charmante ballerine, pleine de grâce et de légèreté, ayant la souplesse et l’élégance, le geste et le sourire, la jambe fine et le pied mignon. Je l’ai applaudie comme tout le monde, et j’ai voulu savoir son nom. Elle s’appelle Mlle PironPiron, Elisabeth dite ElisaElisabeth dite Elisa Piron (Bordeaux, 26 février 1846 – Paris, 10 mars 1897), danseuse. Elle se fit remarquer au Théâtre de l’Ambigu de Paris en 1862 dans Les Mystères du temple (Victor Séjour) et fut engagée au Théâtre du Châtelet de Paris dans Marengo (Adolphe de Groot) en janvier 186Lire la suite…. Le jour de la répétition générale, ses camarades l’avaient préparée à l’ovation que lui ont faite les habitués de l’orchestre, et le directeur de l’Opéra, s’avançant courtoisement vers elle, lui a dit ces belles paroles : « Désormais, Mademoiselle, c’est vous qui danserez ce pas. » Qui donc pourrait désespérer maintenant de l’avenir de Mlle Piron Piron, Elisabeth dite ElisaElisabeth dite Elisa Piron (Bordeaux, 26 février 1846 – Paris, 10 mars 1897), danseuse. Elle se fit remarquer au Théâtre de l’Ambigu de Paris en 1862 dans Les Mystères du temple (Victor Séjour) et fut engagée au Théâtre du Châtelet de Paris dans Marengo (Adolphe de Groot) en janvier 186Lire la suite…?
Quelques jours avant le début de Mlle Henriette Lory, nous avions eu celui du ténor MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite… (Ladislas) dans le rôle de Raoul. M. MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite… est ce qu’on est convenu d’appeler un beau garçon ; sa voix a, dans les cordes hautes, beaucoup de puissance et d’éclat ; mais le médium est faible, ce qui constitue un défaut d’homogénéité dont le débutant aura bien de la peine à se corriger. Il se peut que le talent de M. MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite… ne soit pas encore à son apogée ; mais il est de ces lacunes, de ces imperfections que tout l’art du monde ne saurait réussir à faire disparaître et à combler. Et puis M. MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite…, ainsi que son nom l’indique, est Polonais. La Pologne est une nation très intéressante par ses malheurs, et avec laquelle nous avons toujours sympathisé. Mais, en entendant M. MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite…, on ne songe guère aux malheurs de la Pologne ; on est choqué de sa prononciation défectueuse, de son accent slave, et c’est tout. Voilà qui explique suffisamment, je pense, l’accueil un peu froid qui a été fait par le public le plus facile à contenter, le plus patient, le plus débonnaire, le plus bienveillant de l’univers, au ténor Ladislas MierzwinskiMierzwinski, Ladislas-PierreLadislas-Pierre Mierzwinski (Varsovie, 19 octobre 1845 – Paris, 14 juillet 1909), ténor. Il étudia d’abord au Conservatoire de Varsovie puis à Milan avec Francesco Lamperti. Avec une voix de fort ténor et une belle prestance, il débuta à l’Opéra de Paris le 6 novembre 1874 dans Les Lire la suite…. C’est, d’ailleurs, un excellent musicien, et qui joue du violon comme Mlle LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite… joue du violoncelle. Vienne encore un artiste doué d’une aptitude du même genre, et M. Halanzier, qui a peut- être du goût pour la musique de chambre, pourra se donner le plaisir de faire exécuter un trio de BoccheriniBoccherini, LuigiLuigi Boccherini (Lucques, 19 février 1743 – Madrid, 28 mai 1805), violoncelliste et compositeur. Il étudia le violoncelle et la composition avec Francesco Vannucci et dès l’âge de treize ans se produisit en public avec un concerto pour violoncelle. En 1858, il fit une tournée de concerts aveLire la suite… ou de MaysederMayseder, JosephJoseph Mayseder (Vienne, 26 octobre 1789 – Vienne, 21 novembre 1863), violoniste et compositeur. Il étudia le violon avec Joseph Suche et Anton Wranitzky et fit un brillant début en 1800. En 1802, il étudia le piano et la composition avec Förstner avant d’être nommé premier violon de l’oLire la suite… sur la scène de l’Opéra.
Maintenant, je prendrai la liberté de demander en vertu de quel droit la plupart des artistes de ce théâtre, où Mlle FerrucciFerrucci, Jeanne-Marie-Berthe Merson diteJeanne-Marie-Berthe Merson dite Ferrucci (Villiers-Semeuse, Ardennes, 28 mai 1842 – Paris, 31 mars 1903), soprano. Elle étudia avec Gilbert Duprez. En 1864, elle fut engagée au Grand Théâtre de Nice puis l’année suivante au Grand Théâtre de Marseille. Elle se produisit dans le répertoireLire la suite… tient l’emploi de prima dona, se permettent d’altérer le texte de leurs rôles et d’y faire, suivant leur bon plaisir, toute sorte de coupures que la tradition n’autorise même pas. Un soir, Bertram, fatigué, enrhumé, comptant enfin, sans l’avoir demandée, sur l’indulgence du public, passe son air du cinquième acte. Ce soir-là, Bertram c’était M. BelvalBelval, Jules-Bernard Gaffiot ditJules-Bernard Gaffiot dit Belval (La Fère/Aisne, 2 juin 1819 – Paris, 15 septembre 1879), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris en 1843 et fut engagé à Anvers en 1846. Il chanta en province ainsi qu’en Hollande et en Belgique et débuta le 7 septembre 1855 dans le rôle de Marcel (Les HLire la suite…. Dimanche dernier, c’était M. MenuMenu, Georges-François-LéopoldGeorges-François-Léopold Menu (Witry-les-Reims/Marne, 13 février 1848 – Paris, 26 février 1886), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 3e accessit de chant en 1870 et un 1er accessit d’opéra en 1872. Entre 1872 et 1880, il fut engagé à l’Opéra de Paris, où il dLire la suite… qui ne paraissait ni plus enrhumé ni plus fatigué que d’habitude. Pourquoi M. MenuMenu, Georges-François-LéopoldGeorges-François-Léopold Menu (Witry-les-Reims/Marne, 13 février 1848 – Paris, 26 février 1886), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 3e accessit de chant en 1870 et un 1er accessit d’opéra en 1872. Entre 1872 et 1880, il fut engagé à l’Opéra de Paris, où il dLire la suite… a-t-il passé cet air qui est superbe, et que l’on entend toujours avec un si grand plaisir quand il est chanté seulement d’une façon convenable ?
Le bel andante du serment, à la fin du deuxième acte des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, est supprimé.
L’air de Valentine, au commencement du quatrième acte, n’a jamais été chanté depuis Mlle CruvelliCruvelli, SophieJeanne-Sophie-Charlotte Cruwell dite Sophie Cruvelli (Bielefeld/Allemagne, 12 mars 1826 – Monte-Carlo, 6 novembre 1907), soprano. Elle étudia le chant avec Giulio Marco Bordogni à Paris et Francesco Lamperti à Milan. Elle fit son début au Théâtre La Fenice de Venise en 1847 et au Théâtre-ItaLire la suite….
La fin du grand air de dona Anna, au premier acte de Don Juan : Tu sais mon offense (cette fois, je cite les paroles du texte français pour être mieux compris), cette fin que Mozart a jugée nécessaire, indispensable même, on ne la chante pas.
Je me borne à ces citations. Elles suffiront, je pense, à faire comprendre le sans-gêne avec lequel certains artistes traitent les partitions des maîtres et à éclairer le directeur de l’Opéra, dont la responsabilité n’est point en cause d’ailleurs, et qui, sans doute, en ignore. C’est donc affaire aux maîtres de musique, chefs d’orchestre et autres, dont l’autorité est peut être méconnue, de maintenir intact, même en face des exigences et des prétentions de certains chanteurs, tout le prestige de leur influence et de leur autorité.
Il y a un peu plus de dix ans que Mireille MireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite…fut jouée pour la première fois au Théâtre- Lyrique. Voici quelle en était la distribution : Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, Mireille ; Mme Faure- Lefèvre, Taven et Andreloux ; Mlle RebouxReboux, Mélanie-Alphonsine-CharlotteMélanie-Alphonsine-Charlotte Reboux (Saint-Josse-ten-Noode/Belgique, 28 avril 1843 – Paris, 16 mars 1876), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2nd prix d’opéra-comique en 1861. En 1861, elle fut engagée à l’Opéra de Paris, où elle chanta le rôle du pâtreLire la suite…, Vincenette ; M. IsmaëlIsmaël, Jean-Vital Jammes ditJean-Vital Jammes dit Ismaël (Le Passage/Lot-et-Garonne, 28 avril 1825 – Marseille, 13 juin 1893), baryton. Né dans un milieu défavorisé, il chantait dans les rues pour gagner sa vie avant d’être engagé comme choriste au Grand-Théâtre de Nantes. Il ne put se faire admettre au ConservatoiLire la suite…, Ourrias ; M. PetitPetit, Jules-EmileJules-Émile Petit (Méru/Oise, 9 mai 1837 – Paris, 28 mai 1886), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1860. De 1861 à 1865, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il se fit applaudir dans Le Buisson vert (Lire la suite…, maître Ramon ; M. WartelWartel, Pierre-FrançoisPierre-François Wartel (Versailles, 3 avril 1806 – Paris, 3 août 1882), ténor. Il étudia le chant avec Alexandre-Etienne Choron puis avec Adolphe Nourrit, et débuta à l’Opéra dans le rôle d’Aménophis (Moise, Rossini) en 1830 ; il y tint des petits rôles jusqu’en 1846. Il quitta enLire la suite…, maître Ambroise, et un passeur. Le rôle de Vincent, rempli d’abord par le ténor MoriniMorini, François-Joseph Schumpff dit GiuseppeFrançois-Joseph Schumpff dit Giuseppe Morini (Strasbourg, 1er avril 1829 – Bordeaux, 1er février 1897), ténor et professeur de chant. Il débuta au Théâtre-Italien de Paris dans Il giuramente (Mercadante) en 1859. Il chanta le rôle-titre de Faust (Gounod) en Italien au Théâtre de la Scala Lire la suite…, fut confié plus tard à M. MichotMichot, Pierre-JulesPierre-Jules Michot (Lyon, 22 mai 1828 – Chatou, 22 avril 1896), ténor. Il fit ses débuts en province puis chanta à Paris au café-concert, où Adolphe Adam le remarqua. Il étudia auprès de A. Guillot de Sainbris et débuta au Théâtre-Lyrique dans le rôle-titre de Richard Cœur-de-Lion (Lire la suite…, en même temps que Mme UgaldeUgalde, DelphineDelphine Ugalde née Beaucé (Paris, 3 décembre 1829 – Paris, 19 juillet 1910), soprano. Elle étudia avec Mme Cinti-Damoreau et débuta en 1848 à l’Opéra-Comique. Elle y fit de nombreuses créations dont : Le Toréador (Adam) en 1849, La Dame de Pique (Halévy) en 1850, Galathée (Massé) enLire la suite… succédait a Mlle RebouxReboux, Mélanie-Alphonsine-CharlotteMélanie-Alphonsine-Charlotte Reboux (Saint-Josse-ten-Noode/Belgique, 28 avril 1843 – Paris, 16 mars 1876), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 2nd prix d’opéra-comique en 1861. En 1861, elle fut engagée à l’Opéra de Paris, où elle chanta le rôle du pâtreLire la suite… dans le rôle de Taven la sorcière. M. IsmaëlIsmaël, Jean-Vital Jammes ditJean-Vital Jammes dit Ismaël (Le Passage/Lot-et-Garonne, 28 avril 1825 – Marseille, 13 juin 1893), baryton. Né dans un milieu défavorisé, il chantait dans les rues pour gagner sa vie avant d’être engagé comme choriste au Grand-Théâtre de Nantes. Il ne put se faire admettre au ConservatoiLire la suite…, récemment nommé professeur de déclamation au Conservatoire, n’ayant plus aujourd’hui qu’une voix de professeur et ayant cédé, très gracieusement du reste, le rôle d’Ourrias à M. MelchissédecMelchissédec, Pierre-LéonPierre-Léon Melchissédec (Clermont-Ferrand, 7 mai 1843 – Paris, 23 mars 1925), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2d prix de chant, un 2d prix d’opéra-comique et un 2d prix d’opéra en 1865. Il débuta à l’Opéra-Comique dans Le Toréador (Adolphe Adam) le 12Lire la suite… pour prendre celui de Ramon, on peut dire que de l’ancienne distribution de MireilleMireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite… il ne reste aujourd’hui que Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…. Elle seule, et c’est assez. On me permettra cependant de regretter Mme Faure-Lefèvre, l’une des plus fines et des plus spirituelles comédiennes de l’ancien Opéra-Comique, et M. PetitPetit, Jules-EmileJules-Émile Petit (Méru/Oise, 9 mai 1837 – Paris, 28 mai 1886), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1860. De 1861 à 1865, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il se fit applaudir dans Le Buisson vert (Lire la suite…, dont la belle voix de basse prêtait une ampleur magistrale, une onction superbe à la cantilène qui ouvre le finale du deuxième acte.
Le chef de famille autrefois Était le maître, et tout se courbait à sa voix.
Ce cantabile, large, pompeux et d’un beau caractère, accompagné par un contre- sujet de clarinette, un de ces contre-sujets comme M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… sait les écrire, était du plus grand effet. Déclamé plutôt que chanté par M. IsmaëlIsmaël, Jean-Vital Jammes ditJean-Vital Jammes dit Ismaël (Le Passage/Lot-et-Garonne, 28 avril 1825 – Marseille, 13 juin 1893), baryton. Né dans un milieu défavorisé, il chantait dans les rues pour gagner sa vie avant d’être engagé comme choriste au Grand-Théâtre de Nantes. Il ne put se faire admettre au ConservatoiLire la suite…, c’est à peine si ceux qui le connaissaient ont pu le reconnaître ; c’est à peine si ceux qui ne le connaissaient pas ont pu se douter de sa valeur musicale. Je n’apprendrai à personne que le livret de MireilleMireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite… a été découpé dans le poëme du félibre Frédéri Mistral, que l’on a appelé l’Homère de la Provence. M. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… s’était fait une spécialité dans ce genre de besogne, et il s’y montrait fort habile, même lorsqu’il était privé du concours de son collaborateur ordinaire, M. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…. Philémon et BaucisPhilémon et BaucisPhilémon et Baucis, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 18 février 1860. Gounod en fit une nouvelle version en deux actes qui fut créée à l’Opéra-Comique le 16 mai 1876.Lire la suite…, le Médecin malgré luiMédecin malgré lui, LeLe Médecin malgré lui, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré d’après de Molière, mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique le 15 janvier 1858.Lire la suite…, la Reine de SabaReine de Saba, LaLa Reine de Saba, opéra en quatre actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Charles Gounod et créé à l’Opéra de Paris le 28 février 1862.Lire la suite…, FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… et Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite…, mis en musique par M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, et signés de MM. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… et Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…, ont été obtenus par le même procédé. Mais c’est à M. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… seul que revient le mérite d’avoir traduit en vers français, pour la plupart excellens, le poëme de Mireille.MireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite…
Si bien fait que soit le travail de M. Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite…, au point de vue dramatique il n’est peut-être pas sans défauts. Les péripéties que comporte un long poëme, écrit d’ailleurs en fort beau langage, ne sauraient toujours être admises dans un livret d’opéra, et, lorsqu’il s’agit d’un opéra de genre, il peut devenir dangereux de mêler aux pipeaux de l’idylle les trompettes du Jugement dernier. Aussi l’impression ressentie l’autre soir par les spectateurs de l’Opéra-Comique à la vue des cadavres que charrie le Rhône et des fantômes qui les accompagnent a-t-elle été une impression pénible. A peine dissipée par le tableau ensoleillé de la Crau, elle s’est renouvelée plus pénible encore lorsque la toile se lève sur la chapelle ardente où vient expirer Mireille.MireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite… Ces cierges, ces apparitions de saintes blafardes au-dessus de l’autel, ces groupes de femmes mortes et de fantômes qui marchent le long du fleuve , éclairés par des flammes vertes, cette lune pâle et cette ruine à la silhouette fantastique, les plaintes des trépassés et l’écho sinistre répondant à l’appel d’Ourrias , le coup de trident qui blesse Vincent et le coup de soleil qui tue Mireille, tout ce cortège des drames sombres, toute cette fantasmagorie , toutes ces terreurs, toutes ces épouvantes se mêlant à une scène champêtre, à un roman d’amour éclos à l’ombre des mûriers en fleurs, vous donnent froid jusque dans la moelle des os.
Autre chose est le tableau de la Gorge aux loups et de la Fonte des balles dans le Freischütz.Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… Là, au milieu des spectres décharnés et des monstres grimaçans, si, malgré la présence de Max et l’apparition d’Agathe, le drame intime s’arrête, c’est pour reprendre à l’acte suivant et marcher rapidement vers un dénoûment heureux, couronné par un hymne sublime de joie, de reconnaissance et d’amour. Et puis, dans cette peinture fantastique, dans cette course infernale de linceuls emportés par des coursiers aux ailes de flamme, dans ces fanfares d’outre-tombe, dans ces bruits mystérieux et terribles qui impressionnent le spectateur sans attrister son âme, plane l’inspiration du plus grand compositeur romantique de notre époque, le génie de Weber.
Assurément, au point de vue purement musical, l’acte du Rhône est le meilleur de la partition de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…. A peu d’exceptions près, tous les musiciens sont d’accord là-dessus. Mais puisqu’on avait cru devoir le sacrifier au Théâtre-Lyrique, pourquoi l’avoir rétabli sur une scène où les choses dramatiques et surnaturelles s’acclimatent si difficilement ?
L’intelligent librettiste qui avait sauvé Dinorah aurait bien dû sauver MireilleMireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite…, comme plus tard il ressuscita Mignon.MignonMignon, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 17 novembre 1866.Lire la suite… Sauvez donc Mireille, s’il en est encore temps. Sur ces planches consacrées aux bénédictions nuptiales, c’est bien assez d’avoir laissé expirer la poétique amante de Roméo.
Je dois dire maintenant que la mise en scène exécutée à l’Opéra-Comique d’après les indications de M. Du LocleDu Locle, Camille-Germain du CommunCamille-Germain du Commun du Locle, dit Camille du Locle (Orange, 16 juillet 1832 – Capri, 6 octobre 1903), librettiste et directeur de théâtre. Après son premier livret, M’sieur Landry, pour Jules Duprato, il écrira La Déesse et le Berger (Duprato, 1863), La Fiancée de Corinthe (Duprato, Lire la suite… et les souvenirs de M. ou de Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… (le pauvre Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… n’étant plus là pour apporter l’appoint de son expérience et de ses conseils), je dois dire que cette mise en scène, dans ses moindres détails, est faite avec un soin extrême. Les costumes sont de la plus grande exactitude ; les décors, brossés par d’habiles décorateurs, semblent copiés sur nature.
La partition de MireilleMireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite… a conservé ce parfum de grâce et de jeunesse qu’elle avait aux premiers jours. Il y a, dans l’ensemble de cette œuvre, dont le succès pourtant a été bien loin d’égaler celui de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…, une fraîcheur d’inspiration, un charme pénétrant que l’on ne retrouve pas au même degré dans les autres compositions du maître, dans celles qui ont suivi MireilleMireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite… comme dans celles qui l’ont précédée. Et, sans entrer dans une analyse détaillée de cette jolie partition, je veux citer les morceaux qui ont été applaudis et ceux qui méritaient de l’être. Le chœur des paysans que l’on entend dans la coulisse au premier acte de FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite… semble passer dans l’ouverture de Mireille.MireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite… C’est le même rhythme et presque le même chant. Cette ouverture, écrite dans le style léger et rappelant quelques uns des principaux motifs de l’ouvrage, est plutôt la préface d’une idylle rustique que celle d’un drame sombre. On dirait que le Val d’Enfer et le Rhône n’étaient point présens à la mémoire du compositeur quand il l’a écrite.
Tout est joli, frais, distingué et du plus charmant coloris dans les deux premiers actes : le chœur des magnanarelles ; la phrase naïve et tendre :
Et moi, si par hasard quelque jeune garçon Me disait doucement : Mireille, je vous aime ;
le duo entre Mireille et Vincent ; la farandole, dont le rhythme est si entraînant et l’instrumentation si colorée ; le duo : « O Magali, ma bien-aimée ! » ; la chanson de Taven ; l’andante de l’air de Mireille : « Mon cœur ne peut changer », et même les couplets d’Ourrias, bien qu’on soit assez surpris d’y rencontrer le trait caractéristique des deux petites flûtes dans la chanson de Gaspard, du Freischütz.Freischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite… Mais pourquoi cette ariette en mouvement de valse ? pourquoi cette strette ? pourquoi cette bimbeloterie parisienne dans cet écrin de bijoux si finement ciselés ? et comment se fait-il que M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, qui a composé sa partition dans la patrie même des joueurs de galoubet, n’ait pas introduit cet instrument dans la farandole, qu’il a d’ailleurs si admirablement réussie ?
J’ai déjà dit toute la valeur musicale du tableau du Rhône ; je veux signaler encore au nombre des meilleures pages de la partition la marche et le chœur du cinquième acte, ainsi que le chœur des moissonneurs, bien qu’il ait été supprimé. La phrase : Sainte ivresse, divine extase, qui, entendue d’abord dans la scène de la vision, devient ensuite le thème du morceau final, est une belle et large inspiration qui exhale comme un parfum des anciens Noëls de la Provence. Quant à la chanson du pâtre et à la cavatine de Mireille : Heureux petit berger, il serait superflu d’en faire l’éloge aujourd’hui.
Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite… est toujours Mme CarvalhoCarvalho, LéonLéon Cavaille, dit Carvalho (Port-Louis/ Île Maurice, 18 janvier 1825 – Paris, 29 décembre 1897), baryton et directeur.Après de bonnes études de chant au Conservatoire de Paris, il débuta le 2 Juin 1849 dans Scapin de Gilles ravisseur (Grisar) à l’Opéra-comique et tint plusieurs rôlesLire la suite…, c’est-à-dire la plus parfaite, la plus séduisante, la plus admirable et la plus admirée de nos cantatrices modernes. Avec quel art elle nuance les moindres détails de son rôle, avec quelle pureté, avec quel éclat et quelle douceur le son s’échappe limpide, harmonieux et agile, de son merveilleux gosier !
Vincent a partagé le succès de Mireille. M. DuchesneDuchesne, AdolpheAdolphe Duchesne (Paris, 1840 – Paris, 22 mai 1885), ténor. En 1865, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, sans y briller particulièrement. Durant la guerre franco-prussienne, il s’engagea comme franc-tireur et se battit en héros à Châteaudun ; il fut blessé et décoré de la médailLire la suite… fait chaque jour de nouveaux progrès ; chaque jour son talent grandit et se perfectionne. Les inflexions gutturales de sa voix disparaissent peu à peu ; il chante avec beaucoup de sentiment et de goût. Mme Galli-MariéGalli-Marié, CélestineMarie-Célestine-Laurence Marié de l’Isle dite Galli-Marié (Paris, 15 mars 1837 – Vence, 22 septembre 1905), mezzo-soprano. Fille du ténor Mécène Marié de l’Isle, elle épousa le 27 novembre 1855 le sculpteur Jean-Pierre-Victor Gally (Semur-en-Auxois/Côte-d’Or, 22 octobre 1827 – ParLire la suite… doit avoir donné à réfléchir aux auteurs de CarmenCarmenCarmen, opéra-comique en quatre actes sur un livret de Henri Meillac et Ludovic Halévy d’après la nouvelle éponyme de Proper Mérimée, mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre de l’Opéra-comique de Paris le 3 mars 1875. Après la mort de Bizet, son ami le compositeur Ernest Lire la suite… par la façon dont elle a interprété le double rôle de Taven et d’Andreloux, dans lequel Mme Faure-Lefèvre a laissé d’ineffaçables souvenirs.
E. Reyer.
P. S. On nous dit que l’Opéra populaire, ayant enfin ouvert ses portes, a représenté hier avec succès les PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite…, de M. Membrée. Nous voulons bien le croire, mais nous n’y étions pas, le théâtre lyrique du Châtelet ayant négligé de nous convier à cette solennité si impatiemment attendue.
E. R.
Personnes discutées
Personnes citées
Oeuvres discutées
Oeuvres citées
Notes d'édition
Il s’agit d’Olivier Halanzier.
Reyer fait allusion au personnage de l’opéra de Meyerbeer Robert-le-diable.
Dinorah est un autre titre pour Le Pardon de Ploërmel de Meyerbeer.