Feuilleton du Journal des Debats 1874-11-24

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 24 NOVEMBRE 1874.

 REVUE MUSICALE.

 

Opéra populaire du Châtelet : Les PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite…, opéra en trois actes, paroles de MM. Hippolyte Lucas et L. LeroyLeroy, Louis-JosephLouis-Joseph Leroy (Paris, 11 juillet 1812 – Paris, 30 juillet 1885), journaliste, critique d’art et auteur dramatique. Il fut rédacteur au Charivari, au Journal amusant et au Gaulois. Il employa parfois le pseudonyme de Carl Ehrler. Parmi ses œuvres, citons les ouvrages suivants : Artistes eLire la suite…, musique de M. Edmond. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…. — Cirque des Champs-ElysÉes : Judas MachabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite… [MacchabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite…], ora­torio en trois actes, de HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite…, traduc­tion de M. Victor Wilder La nouvelle édition de Judas MachabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite… [MacchabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite…], très exacte, très complète et corrigée avec soin, est publiée au Ménestrel, chez l’éditeur Heugel.

La transformation du théâtre du Châte­let est un fait accompli. La voilà consacrée aujourd’hui, après des péripéties diverses, par la représentation de deux ouvrages lyriques : les PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite…, de M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, et les Amours du DiableAmours du Diable, LesLes Amours du Diable, opéra-comique en quatre actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Albert Grisar et créé à l’Opéra-Comique le 24 août 1863.Lire la suite…, de Grisar. La féerie a donc cédé sa place à l’opéra ; c’est à l’opéra maintenant à ne pas préparer, ainsi que cela pourrait bien arriver, au gré de certaines gens, le retour de la féerie.

La salle du Châtelet, bien remplie, est excellente pour la musique ; le théâtre est spacieux, bien aménagé, partout on y est à l’aise, et on y circule commodément dans de larges corridors. Mais il est mal situé : trop loin des boulevards et trop près de la Seine. Le public n’oubliera la distance du boulevard et le voisinage de l’eau que si quelque chose de grand et de noble l’attire, en supposant que ce qui est noble et grand attire le public. Il faut toujours essayer, et c’est par là qu’on aurait dû commencer. Directeur de l’Opéra populaire du Châtelet, j’aurais voulu combiner sur l’affiche l’élé­ment moderne et l’élément classique ; peut- être aurais-je joué les PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite… de M. Mem­bréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, mais bien certainement j’aurais res­suscité en même temps quelque chef-d’œuvre, la VestaleVestale, LaLa Vestale, tragédie lyrique en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 11 décembre 1807.Lire la suite…, Fernand CortezFernand CortezFernand Cortez ou La Conquête du Mexique, opéra en trois actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Joseph-Alphonse d’Esménard mis en musique par Gaspare Spontini et créé à l’Opéra de Paris le 28 novembre 1809.Lire la suite… ou Armide.ArmideArmide, tragédie lyrique en cinq actes sur un livret de Philippe Quinault mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créée à l’Opéra de Paris le 23 septembre 1777.Lire la suite… Je n’aurais nullement hésité, même dans la prévision d’un peu de ta­page, à donner Lohengrin ;LohengrinLohengrin, opéra romantique en trois actes sur un livret en allemand et une musique de Richard Wagner créé au Théâtre Grand-ducal de Weimar le 28 août 1850.Lire la suite… et, de même que le directeur de l’Opéra-Comique a su trouver des artistes pour chanter le Re­quiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de M. Verdi, j’en aurais trouvé pour exécuter l’AïdaAïdaAïda, opera seria en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni mis en musique par Giuseppe Verdi, est créé au nouveau théâtre du Caire le 24 décembre 1871.Lire la suite… du même maître. Une ten­tative de ce genre, qui eût certainement réussi, eût appelé, je n’en doute pas, sur l’Opéra populaire ces bienveillans encouragemens que la Chambre et l’administra­tion supérieure dispensent un peu au ha­sard quelquefois.

Mais, pour faire de la bonne besogne, il ne faut pas agir à l’aveuglette et aller trop vite. On a ouvert le théâtre du Châtelet au bon moment, et cependant on s’est trop pressé de l’ouvrir. Il y a à peine quelques jours on disait qu’il était mort avant d’a­voir vécu, et il faisait plus parler de lui au tribunal de commerce qu’ailleurs, dans le monde des affaires que dans le monde des arts. Deux directeurs s’associent, puis se séparent ; les bailleurs de fonds deviennent récalcitrans ; les artistes deviennent per­plexes. Celui des deux directeurs qui était resté maître du terrain est obligé, à son tour, d’abandonner la partie. Heureuse­ment surgit un homme qui, à défaut d’ap­titudes spéciales, offre des garanties sé­rieuses. Alors tout est sauvé, et il n’y a plus qu’à mettre des fleurs sous le péristyle et des lampions sur la façade du monument. Eh bien ! non, rien n’est sauvé encore. Si vous ne frappez pas fort, si vous ne frappez pas juste, si vous ne faites pas vibrer une certaine corde, si vous n’attirez pas le pu­blic par un coup de tam-tam ou un coup de tonnerre, vos fleurs vont se faner, vos lampions vont s’éteindre. Composez un ré­pertoire, vous trouverez des chefs-d’œuvre ; formez une troupe, vous trouverez des ar­tistes. Faites revivre chez vous ce qui pé­riclite, ce qui disparaît ailleurs. C’est per­dre son temps, c’est perdre son argent, c’est perdre ses forces que de les employer à des expériences inutiles et à d’insignifians badinages. Et ceci n’est pas plus à l’adresse du théâtre du Châtelet que de tel autre théâtre où nous ne voyons guère que beaucoup de bonne volonté, beaucoup de zèle inutilement dépensés.

Un officier a besoin de maçons pour con­struire une redoute. Il assemble ses hom­mes : « Y a-t-il des maçons parmi vous ? » Personne ne bouge. « Comment ! mille tonnerres, il n’y a pas de maçons dans ma compagnie ? » Alors un soldat sort des rangs et dit : « Mon capitaine, il n’y a pas de maçons, mais il y a des architectes. »

Eh bien ! c’est un architecte qu’il nous faut (les maçons ne manquent pas), un archi­tecte capable d’édifier une œuvre qui re­pose sur des bases solides, une œuvre grande et forte, une œuvre de régénération et de réaction autour de laquelle viendront se grouper tous ceux qui ont conservé un peu d’enthousiasme, un peu de foi, tous ceux qui croient que le grand art peut refleu­rir encore parmi nous, et que nous ne som­mes pas voués à tout jamais aux flonflons de la décadence.

Je n’assistais pas à l’ouverture du Châte­let ; mais comme il n’a été fait aucune cou­pure ni apporté aucun changement à l’ou­vrage de M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, je crois que, même sous le rapport du succès et de l’impres­sion produite sur le public, il n’y a pas la moindre différence entre la troisième re­présentation des PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite… et la première.

Tant qu’un compositeur n’est pas joué, on est convenu de le classer parmi les jeu­nes compositeurs, même lorsqu’il n’est plus jeune. M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite… ayant eu en moins de six mois deux ouvrages représentés sur deux théâtres différens, à l’Opéra popu­laire et à l’Opéra qui ne l’est pas (un théâtre populaire est un théâtre à bon marché), M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite… n’a plus droit actuellement à la qualification de jeune compositeur. L’Esclave n’a pas réussi, ou, si l’on veut, l’Esclave n’a pas fait d’argent, n’a pas attiré la foule ; l’Opéra devait donc une revanche à M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…. C’est le théâtre du Châtelet qui la lui a donnée. Reste à savoir si cette revanche sera aussi satis­faisante, aussi complète que la direction et le compositeur lui-même auraient pu le désirer. Je ne le crois pas. Il y a certaine­ment du talent dans la partition des Parias ; Parias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite…et, comme dans l’Esclave, on y sent un souffle qui ne manque pas d’une cer­taine puissance, d’une certaine grandeur. M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, qui a peut-être produit beau­coup, et qui a eu le temps de produire, n’écrit pas au courant de la plume. Et de même qu’on ne saurait blâmer un amphi­tryon de se mettre à table quand il a perdu l’espoir de voir arriver ses convives, on ne peut reprocher à M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, quand la muse ne vient pas le visiter, de ne pas l’avoir assez longtemps attendue. Or, je fais beaucoup de cas d’un musicien con­vaincu, d’un musicien à tendances élevées, d’un musicien patient et chercheur, même lorsque le succès et le mérite de son œu­vre ne viennent pas récompenser ses persévérans efforts.

L’action des PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite… se passe dans l’Inde vers le milieu du seizième siècle, à Goa peut-être, puisqu’on y voit le jésuite Fran­çois-Xavier administrant le baptême, fai­sant des miracles, et qu’on entend au dénoûment des coups de canon que les au­teurs du livret appellent « la voix des Portugais. »

La toile se lève sur une de ces forêts de l’Inde à la végétation luxuriante, merveil­leux tableau qu’encadrent au loin les li­gnes empourprées d’un horizon lumineux. C’est là que chaque matin Maya, la veuve d’un puissant rajah, vient apporter des fleurs sur la tombe de sa mère ; mais d’au­tres fleurs y sont apportées aussi par une main inconnue. Et c’est la main du paria Gady, amoureux de la belle veuve, qui accomplit régulièrement ce pieux devoir. Les deux amans, ayant fini par se rencon­trer, sont sur le point de s’aimer, lorsque des compagnons indiscrets révèlent à Maya à quelle caste maudite appartient l’infor­tuné Gady. Terrifiés l’un et l’autre par cette révélation, Maya repousse le jeune homme dont elle écoutait naguère, le cœur heureux et l’oreille charmée, les douces confidences, et celui-ci se poignarde de­vant elle et tombe mort à ses pieds. Maya, suivant la coutume de l’Inde, sera brûlée sur le même bûcher que son époux.

A l’acte suivant, François-Xavier, ac­cueilli par une tribu de parias, écoute les lamentations de Malika, agenouillée devant le brancard sur lequel gît inanimé le corps de son frère Gady. Touché par les larmes de la jeune fille et voulant faire éclater devant ceux qui l’entourent la toute-puis­sance de son Dieu, François-Xavier invo­que le Très-Haut et lui demande de rap­peler à la vie le frère de Malika. Aussitôt le miracle s’opère ; Gady, comme Lazare, se lève sur sa couche, et tous, illuminés par la foi, demandent le baptême et chantent le Credo.

Régénéré et lavé de toute souillure par l’eau sainte que le zélé missionnaire a ré­pandue sur lui, Gady n’est plus indigne de Maya et sent son amour se rallumer plus brûlant que jamais pour la veuve du rajah.

Hélas ! il ne la rejoint qu’au pied du bûcher sur lequel elle va monter, et nous assistons au troisième acte, comme dans le Tour du Monde de M. Jules Verne, à une véritable suttee.

A la vue des apprêts de l’horrible mort qui l’attend, Maya, épouvantée, veut fuir. Mais les brahmanes la retiennent, et le peu­ple s’indigne contre la faiblesse de cette femme, de cette épouse rebelle à la plus sainte loi. Le chef des brahmanes lui pré­sente alors la coupe enivrante qui procure l’extase et donne l’oubli. Elle boit. En vain François-Xavier et le néophyte Gady essaient-ils, par des menaces et par des prières, de délivrer Maya, le bois de Sandal pétille et flambe. Et tandis que Maya est entraînée sur le bûcher, François-Xavier, Gady et Malika s’y élancent avec elle. C’est en cet instant suprême que la voix des Portugais se fait entendre. Un vaisseau paraît à l’horizon et, nouveau miracle, le bûcher, porté par les flots, va rejoindre la chaloupe qui vient au-devant de lui, lais­sant sur le rivage le peuple et les brahmanes pousser des cris d’épouvante et de malé­diction.

Ce livret a le défaut de se prêter beau­coup plus à la mise en scène qu’à la mu­sique, et, malgré tout ce qu’ont de pitto­resque et même de poétique les tableaux qu’il fait passer devant l’œil du spectateur, c’est bien plus un livret d’oratorio qu’un poëme d’opéra. Il pèche par la monotonie et l’uniformité : une tombe au premier acte, un brancard à l’acte suivant ; au troi­sième acte, un bûcher. La passion n’y tient peut-être pas assez de place, ou du moins y est-elle un peu sacrifiée à la lutte entre deux croyances, entre deux fanatismes re­ligieux. C’est sur François-Xavier, que l’in­térêt se porte principalement. Et tout ce qu’on peut demander à un missionnaire, c’est de prêcher et de convertir.

M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite… est resté dans la teinte grise que ses collaborateurs lui ont indiquée, et il a plutôt vu le côté religieux que le côté pittoresque de son sujet. Le coursier sur lequel il est monté semble se conformer à sa triste pensée et ne s’emporte jamais. Aucun écart, aucun élan à signaler dans cette course à travers les trois tableaux que je viens d’analyser, si ce n’est un beau mouvement, mais plus solennel que dra­matique, après la résurrection du paria. Cette scène est traitée avec beaucoup d’é­lévation et avec une science réelle. La voix du chœur répond à la voix du prêtre ; les masses chorales, habilement combinées avec celles de l’orchestre, produisent un très grand effet.

Après l’ouverture, je signalerai l’air chanté par Maya tandis que passe sur le fleuve un de ces bateaux qui portent des amoureux et qu’on appelle peut-être aux Indes comme en Chine des bateaux de fleurs ; le duo qu’elle chante ensuite avec Gady ; la romance du paria, ac­compagnée par un joli dessin d’altos ; la prière, l’entr’acte avec solo de clarinette, et le trio du troisième acte. Ce sont là les morceaux les plus saillans de la partition. Il y aurait eu, je crois, un meilleur parti à tirer de la scène où l’on voit défiler le cortège religieux, et les fanatiques croyans se précipiter sous les roues du char de la déesse Kâli. Mais je veux citer encore, si sincère est mon désir d’être agréable à M. MembréeMembrée, EdmondEdmond Membrée (Valenciennes, 19 novembre 1820 – Domont, 10 septembre 1882), compositeur. De 1833 à 1836, il étudia au Conservatoire de Paris dans les classes de Zimmerman, Dourlen et Carafa. Il composa essentiellement des œuvres vocales, dont la ballade Page, écuyer, capitaine (1849) et la cLire la suite…, la danse des bayadères et les jolis effets d’orchestre du divertissement. On me demandera peut-être où est le di­vertissement. Il est au troisième acte, et ce n’est pas ailleurs qu’il faut le chercher.

L’exécution des PariasParias, LesLes Parias, opéra en trois actes sur un livret de Hippolyte Lucas et Louis-Joseph Leroy mis en musique par Edmond Membrée et créé au Théâtre du Châtelet de Paris le 13 novembre 1874.Lire la suite… est très satisfai­sante. Mme Madier-Fursch a montré de très grandes qualités de style et un véritable tempérament dramatique dans le rôle de Maya. Sa voix, d’un timbre si harmonieux, si sympathique, a beaucoup gagné en étendue et en justesse depuis que Mme Madier-Fursch a quitté pour le grand répertoire les petits bouts de rôle qu’on lui faisait chanter à l’Opéra. M. PrunetPrunet, Ernest-JeanErnest-Jean Prunet (Layrac-sur-Tarn/Haute-Garonne, 11 décembre 1840 – Neuilly-sur-Seine, 10 juin 1901), ténor. Le Ménestrel du 17 novembre 1872 nous apprend que ce ténor avait entre huit et neuf ans de pratique en province lorsqu’il fut engagé, en 1872, à l’Opéra de Paris. Il avait en effLire la suite…, qui a passé, lui aussi, par notre première scène lyrique sans y briller d’un très vif éclat, pourrait bien y revenir un jour et y tenir avec succès l’em­ploi auquel la nature de son organe, bien plus cependant que son talent de chan­teur, semble le désigner. M. PetitPetit, Jules-EmileJules-Émile Petit (Méru/Oise, 9 mai 1837 – Paris, 28 mai 1886), basse. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra-comique en 1860. De 1861 à 1865, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il se fit applaudir dans Le Buisson vert (Lire la suite… ne jouit pas en ce moment de la plénitude de ses moyens ; mais cela tient à une cause pure­ment accidentelle qui ne nous a pas empêché d’apprécier comme il convient le ta­lent de cet artiste consciencieux, plein de zèle et excellent musicien.

L’orchestre du théâtre du Châtelet mé­rite tous nos éloges. Il a à sa tête un ar­tiste d’une habileté et d’une valeur excep­tionnelles, et je félicite M. MatonMaton, AdolpheAdolphe Maton (Tournai, 1833 – Couilly-Pont-aux-Dames/Seine-et-Marne, mai 1909), pianiste et chef d’orchestre. Il exerça pendant de nombreuses années le rôle d’accompagnateur et de chef d’orchestre à l’école de chant de Gilbert Duprez. Il fut brièvement chef d’orchestre du ThéâtrLire la suite… de le si bien conduire après l’avoir si bien com­posé.

Nous assistions jeudi dernier, au Cirque des Champs-Elysées, à la première séance de l’Harmonie sacrée, Société fondée et di­rigée par M. Charles LamoureuxLamoureux, CharlesCharles Lamoureux (Bordeaux, 28 septembre 1834 – Paris, 21 décembre 1899), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1854 un 1er prix de violon. Pour gagner sa vie, il joua dans l’orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux, dans celui du Théâtre duLire la suite…. On exécutait le Judas MachabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite… [MacchabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite…], de HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite…, et la foule était accourue, une foule attentive, émue, enthousiasmée, qui prévenue qu’elle allait entendre un chef-d’œuvre, était bien décidée à l’applaudir.

L’oratorio de Judas MachabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite…, en y com­prenant les récits, ne compte pas moins de soixante-huit morceaux. On en a passé quelques uns. HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite… avait soixante ans lorsqu’il écrivit cet immense ouvrage en moins de trois semaines. Commencée le 19 juillet 1745, la partition de Judas MachabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite… fut terminée le 11 août. De tous les oratorios de HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite…, c’est, à mon avis, celui dans lequel l’inspiration de l’illustre maître se manifeste avec le plus de variété et de grandeur. Les oppositions y sont fréquentes ; le sentiment dramatique même s’y révèle, au milieu des sévérités du style classique le plus pur, avec une énergie su­perbe, avec une étonnante vérité d’expres­sion. HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite… ne s’est pourtant point écarté dans Judas MachabéeJudas MaccabéeJudas Maccabæus, oratorio pour soli, chœur et orchestre en trois actes sur un livret du R. P. Thomas Morell, mis en musique par Georg Friedrich Haendel, créé à Covent Garden à Londres le 1er avril 1747.Lire la suite…, pas plus que dans le MessieMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, de ses formes, ni même de ses for­mules habituelles. Mais on dirait que le sujet l’a emporté au delà des lignes austères de l’oratorio dans le domaine du drame, tant il y a de fougue, de passion, de tendresse et de charme dans cette sublime composition. Le maître qui, dit-on, recherchait avant tout le succès qui donne la gloire et qui donne aussi le profit, le musicien qui écrivait pour un public dont l’éducation était si peu avancée, a rarement trouvé des accens plus nobles, plus énergiques et plus colorés, si ce n’est peut-être dans Israël en Egypte. Le premier chœur ; le duo des deux Israélites ; l’air de Simon avec ses belliqueu­ses fanfares et le chœur qui lui sert de péro­raison ; l’air de Judas Machabée ; le chœur du peuple après l’invocation que le héros juif adresse aux mânes de son père, Mathathias ; le final du premier acte et le chœur qui ouvre le second ; l’air : Voici venir ton roi ! le chœur : O jour d’effroi, jour de misère ! l’air de Simon et celui de Judas ; l’entrée du chœur sur un accord de septième de l’effet le plus saisissant ; l’air de la jeune israélite ; le magnifique chant de victoire avec ses oppositions de délicatesse et de force, dont la douceur vous charme, dont les fiers accens vous électrisent ; l’air de Si­mon : Judas tressaille d’allégresse et l’Al­léluia final,— tous ces morceaux et quelques autres que je ne cite pas, sont de la plus grande beauté.

La traduction de M. Wilder, élégante et poétique dans la prose comme dans les vers, a le double mérite de s’adapter par­faitement à la musique et de suivre le texte avec une très grande fidélité.

L’exécution n’est certainement pas à comparer à celle que l’on obtient à Lon­dres et en Allemagne avec des masses im­posantes et dans des salles spécialement consacrées à ce genre de solennités musi­cales ; mais, étant données nos ressources relativement restreintes, il faut largement féliciter M. LamoureuxLamoureux, CharlesCharles Lamoureux (Bordeaux, 28 septembre 1834 – Paris, 21 décembre 1899), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1854 un 1er prix de violon. Pour gagner sa vie, il joua dans l’orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux, dans celui du Théâtre duLire la suite… du résultat obtenu.

Les soli confiés à Mmes Brunet-LafleurBrunet-Lafleur, Marie-HélèneMarie-Hélène Brunet dite Brunet-Lafleur (Bordeaux, 3 février 1847 – Paris, 20 septembre 1926), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Revial, Duvernoy et Mocker et obtint en 1867 les 1ers prix de chant et d’opéra et le 2eme prix d’opéra-comique. Elle fit ses débuts à l’OLire la suite…, Jenny HoweHowe, Jenny, Adelaïde Bonheur diteHowe, Jenny, Adelaïde Bonheur dite (Paris, ca. 1854 – Paris, 28 décembre 1933), soprano. Elle était la fille adoptive de Georges Bonheur (Liège, 28 mars 1828 – Paris, 18 septembre 1898), baryton et professeur de chant. Elle se serait produite en Italie avec succès dans les rôles de Donna ALire la suite… et BaldiBaldi, Bertha [Berta]Bertha [Berta] Baldi (Bruges, ca. 1860 – ?), soprano. Elle se fit remarquer en 1874 lorsqu’elle chanta aux concerts de la Société de l’harmonie sacrée sous la direction de son fondateur, Charles Lamoureux, dans Judas Machabée (Handel) au Théâtre du Châtelet. Elle se produisit ensuite daLire la suite…, à MM. GailhardGailhard, Pierre-Samson dit PedroPierre-Samson Gailhard dit Pedro Gaillard (Toulouse, 1er août 1848 – Paris 12 octobre 1918), basse et directeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint les premiers prix de chant, d’opéra-comique et d’opéra en 1867. Il était élève de Louis-Bernard-Alphonse Révial, Charles-FLire la suite… et VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite…, ont été interprétés, sauf de très rares défaillances, avec un sentiment remarquable, avec un incontestable talent. Mme Brunet-LafleurBrunet-Lafleur, Marie-HélèneMarie-Hélène Brunet dite Brunet-Lafleur (Bordeaux, 3 février 1847 – Paris, 20 septembre 1926), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Revial, Duvernoy et Mocker et obtint en 1867 les 1ers prix de chant et d’opéra et le 2eme prix d’opéra-comique. Elle fit ses débuts à l’OLire la suite… et M. GailhardGailhard, Pierre-Samson dit PedroPierre-Samson Gailhard dit Pedro Gaillard (Toulouse, 1er août 1848 – Paris 12 octobre 1918), basse et directeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint les premiers prix de chant, d’opéra-comique et d’opéra en 1867. Il était élève de Louis-Bernard-Alphonse Révial, Charles-FLire la suite… ont eu le succès de la soirée, après HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite…. Il est fâcheux que Mme Jenny HoweHowe, Jenny, Adelaïde Bonheur diteHowe, Jenny, Adelaïde Bonheur dite (Paris, ca. 1854 – Paris, 28 décembre 1933), soprano. Elle était la fille adoptive de Georges Bonheur (Liège, 28 mars 1828 – Paris, 18 septembre 1898), baryton et professeur de chant. Elle se serait produite en Italie avec succès dans les rôles de Donna ALire la suite…, dont la voix a de la puissance et de l’ampleur, mêle tant de sanglots à l’expression de son chant. Il est fâcheux aussi que M. Lamou­reuxLamoureux, CharlesCharles Lamoureux (Bordeaux, 28 septembre 1834 – Paris, 21 décembre 1899), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1854 un 1er prix de violon. Pour gagner sa vie, il joua dans l’orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux, dans celui du Théâtre duLire la suite…, dont je me plais à reconnaître le grand talent de musicien et les remarqua­bles aptitudes comme chef d’orchestre, ait autorisé certaines licences, je préciserai davantage en disant certaines cadences, que le style de HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite… réprouve absolu­ment et qu’il faut laisser aux chanteurs de cavatines. On raconte qu’HændelHandel, Georges FredericGeorge Frideric Haendel (Halle, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759), compositeur. Il étudia la composition avec Friedrich Wilhelm Zachow, organiste à Halle. En 1703, il accepta le poste de violoniste dans l’orchestre de Hambourg. C’est là qu’il composa son premier opéra, Almira (1Lire la suite…, qui était d’une force colossale, ayant affaire un jour à une cantatrice qui voulait absolu­ment agrémenter d’un point d’orgue l’air qu’elle répétait avec lui, la prit à bras le corps et la porta hors de la fenêtre en me­naçant de la laisser choir si elle persistait dans une fantaisie qu’il trouvait aussi ridi­cule qu’elle était blessante pour son amour- propre de compositeur. La cantatrice, fort effrayée, n’eut plus envie de recommencer. J’avoue que le moyen est un peu énergi­que ; mais, avec des artistes de talent et do­ciles aux conseils d’un maître éclairé, on doit arriver au même résultat en em­ployant la persuasion et la douceur. M. La­moureuxLamoureux, CharlesCharles Lamoureux (Bordeaux, 28 septembre 1834 – Paris, 21 décembre 1899), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1854 un 1er prix de violon. Pour gagner sa vie, il joua dans l’orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux, dans celui du Théâtre duLire la suite… aurait-il échoué, à son tour, là où tant d’autres n’ont pas réussi ?

E. Reyer.