Feuilleton du Journal des Debats 1874-12-15

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 15 DÉCEMBRE 1874.

 

REVUE MUSICALE.

  

Théâtre de l’Opéra-Comique : BeppoBeppoBeppo, opéra-comique en un acte sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jean Conte et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique de Paris le 30 novembre 1874.Lire la suite…, opéra-comique en un acte, paroles de M. Louis GalletGallet, LouisLouis Gallet (Valence, 4 février 1835 – Paris, 16 octobre 1898), écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il publia un recueil de vers, Gioventù (1857), sous le pseudonyme L. Marcelly. Il gagna ensuite Paris où, de 1857 à 1867, il travailla d’abord dans une imprimerie puis dans l’adminLire la suite…, musique de M. J. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite…. —Théâtre de l’Opéra : Début de Mme Madier-Fursch dans Faust. FaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…— Quelques mots à propos du nouvel Opéra. — Concerts populaires : ElieElieElias (Elie), Op. 70, oratorio pour soli, chœur et orchestre en deux parties sur un livret en allemand de Julius Schubring d’après les Livres des Rois 1 et 2 de l’Ancien Testament mis en musique par Felix Mendelssohn et créé, dans une version en anglais due à William Bartholomew sous le titLire la suite…, grand oratorio en deux parties, musique de Mendelssohn.

Favorisé des dieux, c’est-à-dire protégé par un directeur-poëte avec lequel il obtint, il y a vingt ans, son premier succès, M. J. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite…, grand-prix de composition musicale de 1855, vient d’avoir un acte représenté sur la scène de l’Opéra-Comique. Un acte tout entier.

A.-L. MalliotMalliot, Antoine-LouisAntoine-Louis Malliot (Lyon, 30 août 1812 – Rouen, 5 avril 1868), compositeur, musicologue et ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Alexandre Choron et Alexis de Garaudé. Il débuta avec succès au Théâtre de Rouen en 1839 mais se retira bientôt de la scène pour se consacrer à lLire la suite…, dans son livre intitulé la Musique au théâtreMusique au théâtre, LaLa Musique au Théâtre, de Antoine-Louis Malliot. Essai sur l’histoire des administrations de l’Opéra, de l’Opéra-Comique, des divers théâtres lyriques de Paris et l’histoire des privilèges, de quelques-unes des persécutions que ces privilèges ont engendrées, des nombreux abus : imLire la suite…, appelle le chapitre qu’il consacre aux prix de Rome un chapi­tre affligeant ; moi aussi j’ai souvent décrit, en les déplorant, les misères de ces intéressans lauréats à leur retour de la ville éternelle, et j’ai même indiqué, sans qu’on y prît garde, le moyen d’y remédier. Ce moyen est d’une application facile et ne grèverait pas le budget d’une somme bien considérable. On pourrait même, et cela paraîtrait beaucoup plus rationnel, prélever cette somme sur des fonds qui ne reçoi­vent pas toujours, on ne le sait que trop, l’application voulue par ceux qui votent les libéralités budgétaires.

Dans les questions d’art que nos gouvernans sont chargés d’élucider et de résoudre, il n’est pas d’usage de prendre l’avis des gens spéciaux. C’est tout différent quand il s’agit d’un passepoil ou d’un bouton de guêtre à ajouter à l’uniforme de nos sol­dats. Cette ignorance des choses les plus élémentaires, dans laquelle semblent se complaire les commissions et les sous-commissions, produit bien souvent des effets regrettables. Voilà pourquoi il ne faut se réjouir que dans une certaine mesure de ces grands mouvemens oratoires qui en­traînent à des actes de magnificence dont l’art et les artistes ne retireront qu’un mince profit. Voilà pourquoi on en est à se de­mander si, dans la répartition des libérali­tés du gouvernement, il ne serait pas plus sage et peut-être aussi plus économique de proportionner les encouragemens et les récompenses aux résultats obtenus. Il y a quelque part, dans quelque coin sans doute ignoré des bureaux de l’Assemblée, un rap­port fait dans le sens que je viens d’indi­quer, et sur lequel je ne vois pas qu’on ait tant soit peu médité. Ce rapport émane ce­pendant d’un homme compétent, dont la situation et le talent auraient dû inspirer plus d’attention, plus de confiance.

Si une voix autorisée ne se fait pas en­tendre à la Chambre, si l’administration supérieure n’agit pas avec toute l’énergie qu’on est en droit de lui demander, nous n’aurons plus, avant dix ans d’ici, ni com­positeurs, ni chefs d’orchestre, ni réper­toire renouvelé. Et il faudrait bien peu connaître le public français pour croire qu’on l’amusera éternellement avec des re­prises et d’insignifians débuts, Ce n’est pas à une époque où l’éducation donnée à ceux qui suivent la carrière musicale s’est forti­fiée par un contact plus immédiat, plus fré­quent qu’autrefois avec les chefs-d’œuvre de toutes les écoles et de tous les temps, qu’on devrait déplorer la pénurie de compositeurs capables de lutter avec les glorieux souvenirs du passé. Ce n’est pas non plus à une époque où la foule se presse à l’exécution d’œuvres clas­siques du style le plus noble, le plus élevé, qu’on doit parler autrement qu’en manière d’innocent badinage, du goût exclusif du public pour les flons-flons de l’opérette. Mais c’est une tactique qui n’est pas sans profit pour quelques uns que de répéter sans cesse : nous n’avons pas be­soin de grands ouvrages ; les petites œu­vres suffisent au public. Et puis, au lieu de tant gémir sur les compositeurs qui sont morts, il serait peut-être plus humain d’encourager les talens nouveaux, de les aider à se développer et à vivre. A certai­nes fleurs comme à certains fruits il faut un rayon de soleil et un terrain propice. Il en est de même pour le génie, et si GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, si SpontiniSpontini, Gaspare Luigi PacificoGaspare Luigi Pacifico Spontini (Maiolati près Ancona/Italie, 14 novembre 1774 – Maiolati près Ancona, 24 janvier 1851), compositeur. Il étudia la musique au conservatoire des Turchini à Naples et son premier opéra bouffe, Li puntigli delle donne, fut représenté à Rome en 1796. Plusieurs de Lire la suite…, si MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… n’avaient pas eu leur rayon de soleil, s’ils n’avaient pas vécu dans un milieu favorable à l’épa­nouissement de leurs rares facultés, qui sait si l’on connaîtrait seulement leurs noms aujourd’hui ?

Comment voulez-vous que les plus ar­dentes aspirations, que les convictions les plus sincères, que l’amour du beau, que la foi ne finissent pas par fléchir, par s’amoin­drir, par s’éteindre quand on entend tout autour de soi les questions d’art se discu­ter par des chiffres, quand les chanteurs sont insatiables, quand les entreprises des­quelles on pouvait attende les meilleurs résultats périclitent en des mains inhabiles, quand on gravit une montagne dont on sait bien que, malgré les plus grands ef­forts, on n’atteindra jamais le sommet ? Est-il possible qu’en quelques années seu­lement nous soyons passés, de tant de splendeur à tant de misère ! On criait au monopole ; c’était peut-être juste, mais nous avions alors le ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite…, nous avions même l’Africaine.Africaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite… On criait contre l’exhu­mation systématique des chefs-d’œuvre du passé ; il se peut encore qu’on eût raison de crier ; mais on nous rendait Don JuanDon Giovanni (Don Juan)Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni, K.V. 527, dramma giocoso en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Théâtre des Etats de Prague le 29 octobre 1787. Mozart fit des modifications pour la création de l’œuvre au Burgtheater deLire la suite…, le FreischützFreischütz, DerDer Freischütz, opéra romantique en trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind, mis en musique par Carl Maria von Weber, créé au Nouveau Schauspielhaus de Berlin le 18 juin 1821.Lire la suite…, ObéronOberonOberon, opéra romantique en trois actes sur un livret en anglais de James Robinson Planche, d’après le poème de Christoph Martin Wieland, mis en musique par Carl Maria von Weber et créé au Théâtre de Covent Garden à Londres le 12 avril 1826. La version en français due à Charles Nuitter eLire la suite…, les Noces de FigaroNoces de Figaro, LesLes Noces de Figaro (Le nozze di Figaro), K.V. 492, opera buffa en quatre actes sur un livret en italien de Lorenzo Da Ponte, d’après Beaumarchais, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Burgtheater de Vienne le 1er mai 1786.Lire la suite…, la Flûte enchantéeFlûte enchantée, LaLa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), singspiel en deux actes sur un livret en allemand d’Emmanuel Schikaneder mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart, créé au Théâtre Auf-der-Wieden à Vienne le 30 septembre 1791.Lire la suite…, OrphéeOrphée et EurydiceOrphée et Euridice, drame héroïque en trois actes sur un livret de Pierre-Louis Moline mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 2 août 1774.Lire la suite…, IphigénieIphigénie en AulideIphigénie en Aulide, tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland dit bailli du Roullet mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 19 avril 1774.Lire la suite…, FidelioFidelioFidelio, opéra en deux actes sur un livret en allemand de Joseph Sonnleithner remanié par Stephan von Breuning puis par Georg Friedrich Treitschke mis en musique par Ludwig van Beethoven et créé au Kärntnertortheater de Vienne le 23 mai 1814.Lire la suite…, ce qui n’empêchait pas qu’on nous donnât aussi FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…, RoméoRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite…, MireilleMireilleMireille, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 19 mars 1864.Lire la suite…, les TroyensTroyens, LesLes Troyens, opéra en cinq actes sur un livret et une musique de Hector Berlioz dont les trois derniers actes furent créés sous la direction de Berlioz au Théâtre-Lyrique de Paris le 4 novembre 1863 sous le titre: Les Troyens à Carthage.Lire la suite… et bien d’autres partitions qui ne sont pas absolument oubliées.

Qu’avons-nous aujourd’hui ? deux théâ­tres, nous en aurons trois demain, qui ne vivent depuis cinq ou six ans, qui ne vi­vront encore longtemps peut-être que des débris de la fortune de l’ancien Théâtre Lyrique. Ai-je besoin de citer des œuvres, ai-je besoin de citer des artistes ?

Le système qui nous régit est défec­tueux ? Qu’on le change. Les garanties qu’est en droit de demander l’administration su­périeure sont insuffisantes ? Qu’on l’auto­rise à en exiger de plus nombreuses et de plus solides. Mais, encore une fois, qu’on ne vienne plus nous dire, pour les besoins et les profits d’une mauvaise cause, que tout est perdu, que tout est mort, que tout est désert, que tout est stérile. A force de semer du sel sur le sol le plus fertile, on finit par le dessécher et il ne peut plus rien, produire.

Enfin, si digne d’intérêt que soit l’avénement d’un prix de Rome sur la scène d’un théâtre subventionné, il ne s’agit cette fois que d’un voyageur qui, à la suite des plus cruelles aventures, rentre chez lui ha­billé en Turc et au son d’une petite musique.

Quoique le domicile légal du pauvre homme soit à Venise, cette musique n’a rien de particulièrement vénitien, ni d’o­riental non plus ; c’est une musique douce et un peu mélancolique qui chante dans la demi-teinte les infortunes du voyage et les joies du foyer retrouvé. La belle Laura hésite à reconnaître, sous son costume carnavalesque, avec sa longue barbe et sa tête rasée, son teint basané et ses babouches jaune, celui dont elle cares­sait jadis les boucles soyeuses, le cava­lier élégant et svelte qu’elle appelait son époux. Elle l’a cru mort et elle l’a tant pleuré ! Elle avait même demandé à un jeune patricien, qui avait entrepris de la consoler de son veuvage, une complainte sur cet événement tragique. Ils la chan­taient ensemble avec accompagnement de guitare. Et voilà le défunt qui ressuscite et qui revient au milieu de la ritournelle du couplet final ! Au diable le marchand de dattes ! Mais le bonhomme est riche ; sa galère a jeté l’ancre dans le Grand Canal et il a des sequins dans son sac et un écrin plein de pierreries. Ah ! le brave homme ! ah ! l’honnête homme ! Est-ce bien vous, mon seigneur et maître ? Soyez le bien­venu ; votre femme vous attendait.

Voilà comment Beppo reprit sa place au foyer conjugal.

« Sa femme le reçut, le patriarche le rebaptisa (il fit, en passant, un cadeau à l’église) ; il quitta ensuite les vêtemens qui le déguisaient et emprunta, pour un jour, les habits du comte. Ses amis ne l’aimèrent que da­vantage, après sa longue absence, en trouvant qu’il rapportait surtout de quoi les amuser par des dîners où il devint souvent le sujet de leurs railleries ; mais je ne crois pas la moitié de tous les con­tes qu’on faisait. »

Cette historiette tient bien peu de place dans l’œuvre de lord ByronByron, George Gordon Noel, BaronGeorge Gordon Noel Byron dit Lord Byron (Londres 22 janvier 1788 – Missolonghi/Grèce, 19 avril 1824), écrivain. Il étudia d’abord à Aberdeen et de 1801 à 1805 à Harrow ; il rejoignit ensuite Trinity College puis Cambridge, où il eut sa première relation homosexuelle avec un garçon de 15 Lire la suite… et, transfor­mée en livret d’opéra, elle sera d’un poids assez mince dans le bagage dramatique, littéraire et poétique de M. GalletGallet, LouisLouis Gallet (Valence, 4 février 1835 – Paris, 16 octobre 1898), écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il publia un recueil de vers, Gioventù (1857), sous le pseudonyme L. Marcelly. Il gagna ensuite Paris où, de 1857 à 1867, il travailla d’abord dans une imprimerie puis dans l’adminLire la suite…. Le mu­sicien n’en a point agrandi le cadre ; tout au plus a-t-il réussi à mettre en relief les épisodes principaux, à prêter à certains détails le charme d’ingénieuses combinaisons instrumentales. L’ouverture, le trio dans lequel est une très jolie romance de soprano : Si vous étiez ce que vous n’êtes pas, dénotent la main d’un musicien habile, et si l’inspiration n’est pas toujours bien riche, bien variée, peut-on dire qu’elle ne soit pas à la hauteur du sujet ?

M. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite… obtint le laurier académique avec une cantate intitulée Acis et GalatéeCantate Acis et GalatéeAcis et Galatée, cantate pour soli et orchestre sur un livret de Camille du Locle mis en musique par Jean Conte. Composée dans le cadre du concours pour le prix de Rome en 1855, l’œuvre valut au compositeur le 1er prix. Elle fut exécutée lors de la séance annuelle de l’Académie des Beaux-Lire la suite…, dont les paroles étaient de M. Du Locle et dans laquelle, autant qu’il m’en souvient, il y avait plus que de vagues promesses pour l’avenir. Puis il partit pour Rome. A son retour, il frappa inutilement à la porte de l’Opéra-Comique, alors dirigé par M. Nestor Roqueplan. Du moins fut-il écon­duit avec quelques égards, tandis que le successeur de M. RoqueplanRoqueplan, Louis-Victor-NestorLouis-Victor-Nestor Roqueplan (Monreal/Aude, 16 septembre 1820 – Paris, 24 avril 1870), journaliste, directeur. Il vint à Paris en 1825 et s’engagea dans une carrière de journaliste. Il fut rédacteur en chef du Figaro où en 1830 il s’opposa aux ordonnances de Charles X. Pour La Presse et au Lire la suite…, M. BeaumontBeaumont, Alfred-AugusteAlfred-Auguste Beaumont (Avranches/Manche, 4 mai 1829 – Caen, 2 août 1869), peintre, directeur et homme d’affaires. Il étudia à l’Ecole des beaux-arts, où il obtint une médaille en dessin. Il s’occupa d’affaires boursières et fut nommé le 18 juin 1860 directeur du théâtre impériaLire la suite…, ignorant, avec bien d’autres choses, l’art de dorer la pilule aux jeunes compositeurs qui venaient le solliciter, s’attira de la part de M. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite… une assez vive riposte, par­faitement méritée. Entre M. BeaumontBeaumont, Alfred-AugusteAlfred-Auguste Beaumont (Avranches/Manche, 4 mai 1829 – Caen, 2 août 1869), peintre, directeur et homme d’affaires. Il étudia à l’Ecole des beaux-arts, où il obtint une médaille en dessin. Il s’occupa d’affaires boursières et fut nommé le 18 juin 1860 directeur du théâtre impériaLire la suite… et M. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite… les relations étaient donc rom­pues. Il fallut attendre, attendre encore, toujours attendre. Enfin M. Du Locle, qui n’était entré à l’Opéra-Comique que comme associé de M. de LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite…, devint maître chez lui. Ce jour-là, il voulut bien se sou­venir d’un premier succès et d’une ancienne amitié. Entre la promesse faite et la réali­sation de cette promesse, il n’y eut qu’un intervalle assez court.

Et voilà comment le public qui assistait l’autre jour à la première représentation de BeppoBeppoBeppo, opéra-comique en un acte sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jean Conte et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique de Paris le 30 novembre 1874.Lire la suite… a pu être informé que l’ouvrage qu’on venait d’avoir l’honneur de repré­senter devant lui était, pour les paroles, de M. Léon [Louis] GalletGallet, LouisLouis Gallet (Valence, 4 février 1835 – Paris, 16 octobre 1898), écrivain, auteur dramatique et librettiste. Il publia un recueil de vers, Gioventù (1857), sous le pseudonyme L. Marcelly. Il gagna ensuite Paris où, de 1857 à 1867, il travailla d’abord dans une imprimerie puis dans l’adminLire la suite… et, pour la musique, de M. J. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite…. C’est un premier pas de fait, presque un premier succès dont M. ConteConte, JeanJean Conte (Toulouse, 19 mai 1830 – Paris, 1er avril 1888), compositeur. Il étudia d’abord au Conservatoire de Toulouse où il obtint un 2e prix de solfège et transposition en 1846 et un 1er de violon dans la classe de Guiraud en 1847. Il fut alors envoyé au Conservatoire de Paris et pour payLire la suite… a pu parler le lendemain à ses camarades de l’orchestre de l’Opéra et de la Société des Concerts. Peut-être avec un peu plus de chance, serait-il devenu, comme bien d’au­tres, un compositeur souvent applaudi. Il doit s’estimer heureux, même après le suc­cès de BeppoBeppoBeppo, opéra-comique en un acte sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jean Conte et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique de Paris le 30 novembre 1874.Lire la suite…, d’être un excellent violo­niste.

Le journal la Liberté vient de publier sous la signature de son rédacteur en chef deux articles adressés à MM. les membres de la commission consultative des théâtres et intitulés : l’Académie nationale de mu­sique et M. Halanzier. C’est du nouvel Opéra, de son organisation, de ses recettes, de ses dépenses, de ses décors, de ses cos­tumes, en un mot de ses ressources maté­rielles qu’il s’agit, bien plus que de son ré­pertoire. M. Léonce DétroyatDétroyat, Pierre-LéoncePierre-Léonce Détroyat (Bayonne, 7 septembre 1829 – Paris, 18 janvier 1898), officier de marine, homme politique et directeur de journaux. Il étudia à l’École navale et fut promu lieutenant de vaisseau en 1860. Il fut détaché auprès de l’empereur du Mexique, Maximilien, comme sous-secrLire la suite…, qu’on a tout lieu de croire très exactement renseigné, donne des chiffres, fait la preuve et va même jusqu’à la formule algébrique ; mais si intéressant que soit son travail pour ceux qui savent lire et pour ceux qui savent compter, il a le défaut de reléguer au der­nier plan et d’effleurer à peine une ques­tion qui, selon moi, devait primer toutes les autres, la question d’art, c’est-à-dire la composition de la nouvelle troupe, la for­mation et la marche du répertoire, la part qui sera faite aux œuvres classiques et celle qui devra être réservée aux ouvrages des compositeurs contemporains morts ou vi­vans. M. Léonce DétroyatDétroyat, Pierre-LéoncePierre-Léonce Détroyat (Bayonne, 7 septembre 1829 – Paris, 18 janvier 1898), officier de marine, homme politique et directeur de journaux. Il étudia à l’École navale et fut promu lieutenant de vaisseau en 1860. Il fut détaché auprès de l’empereur du Mexique, Maximilien, comme sous-secrLire la suite… étant parfaite­ment capable de traiter cette question, sans courir le risque qu’on l’accuse d’y mettre une passion, un sentiment trop per­sonnel, je regrette qu’il ne l’ait pas fait.

Il serait fort intéressant, par exemple, de savoir dès aujourd’hui si l’Opéra, qui nous promet une ou deux représentations supplémentaires par semaine, ne devrait pas être obligé de jouer tous les jours, comme l’Opéra-Comique, comme l’Odéon, comme le Théâtre-Lyrique, comme le Théâtre-Français, comme tous les théâtres astreints sans contredit à des dépenses beaucoup moins considérables, mais aussi dotés bien moins richement que lui. Je prouverai, si cela est nécessaire, en m’appuyant sur l’avis de gens très compétens et, ce qui vaut encore mieux, sur des cal­culs absolument exacts, que ces représen­tations quotidiennes, que cette exploitation régulière d’un double répertoire, avec toutes les exigences qu’elles peuvent en­traîner, seraient pour l’administration du nouvel Opéra une source de bénéfices cer­tains. N’est-ce pas écarter déjà l’objection la plus sérieuse qui pourrait être faite à une idée dont j’abandonne volontiers à qui de droit la priorité ?

Maintenant, admettons une autre hypo­thèse et faisons l’emprunt de quelques li­gnes au second article publié par le rédac­teur en chef de la Liberté :

« Il est même un point extrêmement délicat que nous aborderons sans citer des noms, à moins que la direction n’en ré­clame, et, en ce cas, nous ferions immé­diatement droit à sa réclamation.

» Est-il possible que des artistes de l’A­cadémie nationale de Musique, et il en existe, soient engagés avec faculté d’être envoyés en province ou à l’étranger, par la direction qui se réserve le droit de TOUCHER L’ARGENT GAGNÉ PAR CES DITS AR­TISTES DANS CES REPRÉSENTATIONS ? C’est là une chose exorbitante de la part d’une administration subventionnée, et contre la­quelle nous ne saurions trop protester. »

Et après avoir dit qu’il ne citerait des noms que si on le lui demandait, M. Léonce DétroyatDétroyat, Pierre-LéoncePierre-Léonce Détroyat (Bayonne, 7 septembre 1829 – Paris, 18 janvier 1898), officier de marine, homme politique et directeur de journaux. Il étudia à l’École navale et fut promu lieutenant de vaisseau en 1860. Il fut détaché auprès de l’empereur du Mexique, Maximilien, comme sous-secrLire la suite… en cite quelques uns sans qu’on le lui demande :

« M. SalomonSalomon, HectorHector Salomon (Strasbourg, 29 mai 1838 – Paris, 28 juin 1906), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de solfège (1851) et un 2nd prix d’harmonie et d’accompagnement (1855). En 1856, il devint accompagnateur au Théâtre des Bouffes-Parisiens, où il fitLire la suite… est engagé à Bruxelles ; Mme SangalliSangalli, RitaRita Sangalli (Antegnate/Lombardie, Italie, 20 août 1849 – Arcellasco (aujourd’hui Erba)/Lombardie, Italie, 3 novembre 1909), ballerine. Elle étudia le ballet avec Auguste Hus à la Scala de Milan et débuta à l’âge de treize ans au Théâtre de la Scala. Elle se produisit ensuite dans pluLire la suite… à Vienne ; Mlle LoryLory, Rose-Henriette L’Homme diteRose-Henriette L’Homme dite Henriette Lory (Paris, 17 août 1854 – Paris, 24 mai 1903), soprano. Elle étudia le chant à l’école de chant de Lucien Duprez et se fit remarquer lors des séances de décembre 1872 et février 1873. Elle se produisit ensuite avec succès en concerts à Rennes enLire la suite… prêtée à M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune consid�Lire la suite…….. »

Le rédacteur en chef de la Liberté con­clut en disant qu’à la nouvelle salle où le répertoire sera plus restreint (pourquoi ?), plus d’artistes encore seront forcés de chô­mer, et que les engagemens de ces artistes pourraient devenir l’objet d’une spécula­tion spéciale. « Cela, ajoute-t-il, est impossible, absolument impossible. »

Et il a absolument raison.

Mais en supposant que cette spéculation soit un droit reconnu à un entrepreneur subventionné par le gouvernement, et qui n’a pas la prétention d’être autre chose qu’un entrepreneur, nous qui nous garde­rions bien de mettre des bâtons dans les roues du char qui mène M. HalanzierHalanzier-Dufresnoy, Hyacinthe-Olivier-HenryHyacinthe-Olivier-Henry Halanzier-Dufresnoy (Paris, 11 décembre 1819 – Paris, 28 décembre 1896), directeur. Il grandit dans le monde du théâtre ; sa mère, Mme Dufresnoy, avait été actrice au Théâtre de l’Odéon de Paris avant de prendre la direction d’une troupe qui se produisait en Lire la suite… à la fortune, nous qui nous ferions un scrupule de troubler la quiétude administrative de cet homme heureux, nous allons lui don­ner un bon conseil :

Il existe à Paris un théâtre de musique qui, ainsi que nous le lui avons prédit, n’est pas né viable et est bien près de sa fin. Mais, semblable au phénix qui renaît de ses cendres, ce théâtre est en train d’é­difier une fortune nouvelle sur les ruines qu’il a volontairement laissé venir. Il pou­vait rendre à l’art musical de très grands services : il ne l’a pas voulu, et nous som­mes menacés, dans un avenir très pro­chain, dans quelques jours peut-être, de le voir redevenir théâtre de féerie comme de­vant.

Eh bien ! s’il est vrai que les portes du nouvel Opéra ne s’ouvriront que trois ou quatre fois la semaine, s’il est vrai que la marche un peu lente d’abord du répertoire fera à une partie de son personnel des loi­sirs sur lesquels le directeur pourra être invité à ne plus spéculer, M. HalanzierHalanzier-Dufresnoy, Hyacinthe-Olivier-HenryHyacinthe-Olivier-Henry Halanzier-Dufresnoy (Paris, 11 décembre 1819 – Paris, 28 décembre 1896), directeur. Il grandit dans le monde du théâtre ; sa mère, Mme Dufresnoy, avait été actrice au Théâtre de l’Odéon de Paris avant de prendre la direction d’une troupe qui se produisait en Lire la suite… n’a qu’à s’entendre avec les propriétaires du Châtelet ; il trouvera là une salle excellente pour la musique, d’une sonorité qui ne laisse rien à désirer, des chœurs parfaite­ment disciplinés, un orchestre conduit par un chef habile ; il y enverra ceux de ses pensionnaires qu’il n’aura pas l’occasion d’utiliser, il leur fera jouer la JuiveJuive, LaLa Juive, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Fromental Halévy et créé à l’Opéra de Paris le 23 février 1835.Lire la suite…, le TrouvèreTrouvère, LeLe Trouvère, opéra en quatre actes sur un livret en français d’Emilien Pacini traduit du livret en italien de Salvatore Cammarano, Il trovatore, mis en musique par Giuseppe Verdi. La version en français fut créée d’abord au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 20 mai 1856 puis a l’Op�Lire la suite…, la FavoriteFavorite, LaLa Favorite, opéra en quatre actes sur un livret de Alphonse Royer et Gustave Vaëz mis en musique par Gaetano Donizetti et créé à l’Opéra de Paris le 2 décembre 1840.Lire la suite…, FaustFaustFaust, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier d’après Goethe mis en musique par Charles Gounod et crée au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859.Lire la suite…, Guillaume TellGuillaume TellGuillaume Tell, opéra en quatre actes sur un livret d’Etienne de Jouy et Hippolyte Bis, d’après Schiller, mis en musique par Gioachino Rossini, créé à l’Opéra de Paris le 3 aout 1829.Lire la suite…, de temps en temps un opéra nouveau, un ballet, à moins qu’il n’y ait pas de chômage pour le personnel chorégraphique, comme on suppose qu’il y en aura pour le person­nel chantant, et l’opéra populaire sera créé à la plus grande gloire de M. HalanzierHalanzier-Dufresnoy, Hyacinthe-Olivier-HenryHyacinthe-Olivier-Henry Halanzier-Dufresnoy (Paris, 11 décembre 1819 – Paris, 28 décembre 1896), directeur. Il grandit dans le monde du théâtre ; sa mère, Mme Dufresnoy, avait été actrice au Théâtre de l’Odéon de Paris avant de prendre la direction d’une troupe qui se produisait en Lire la suite….

Peut-être m’objectera-t-on que la double exploitation par le même administrateur du théâtre de l’Opéra-Comique et du Théâ­tre-Lyrique ne donna pas autrefois des ré­sultats bien satisfaisans. Cela est vrai ; mais je répondrai que les ressources de l’Opéra sont infinies, et que M. HalanzierHalanzier-Dufresnoy, Hyacinthe-Olivier-HenryHyacinthe-Olivier-Henry Halanzier-Dufresnoy (Paris, 11 décembre 1819 – Paris, 28 décembre 1896), directeur. Il grandit dans le monde du théâtre ; sa mère, Mme Dufresnoy, avait été actrice au Théâtre de l’Odéon de Paris avant de prendre la direction d’une troupe qui se produisait en Lire la suite…, qui a la main heureuse, trouverait facilement, sans aller le chercher bien loin, un coadjuteur tout à fait capable de le seconder.

Maintenant, qu’on me permette, à pro­pos de la composition du spectacle qui sera offert au public le jour de l’inauguration du nouvel Opéra, de demander pourquoi le nom de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… n’a pas été prononcé. Le maître illustre entre tous, dont les œuvres font depuis près d’un demi-siècle la fortune de notre premier théâtre lyri­que ; le compositeur qui, oubliant sa na­tionalité et les liens qui le rattachaient à son pays, nous a donné la primeur de ses chefs-d’œuvre, ce compositeur-là est-il un étranger pour nous, et, s’il était vi­vant, le frustrerait-on d’un honneur qu’il eût été si fier d’avoir mérité ? Je ne le pense pas, et il est encore temps, si petite que soit la place qu’on réserve à l’auteur de Robert, des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…, du ProphèteProphète, LeLe Prophète, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et Emile Deschamps mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1849.Lire la suite… et de l’AfricaineAfricaine, L’L’Africaine, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé posthumément à l’Opéra de Paris le 28 avril 1865.Lire la suite…, de ne pas étonner le monde, je ne dis pas l’Allemagne (à la rigueur cela me serait bien égal) par le ridicule de nos préjugés et la puérilité de notre ingrati­tude.

Mme Madier-Fursch vient de rentrer à l’Opéra. Et elle y est rentrée par la porte du succès en chantant avec infiniment de goût et de style le rôle de Marguerite. Elle fera son second début (début de première chanteuse) dans le rôle d’Alice.

Je n’ai ni le temps, ni l’espace, ni même la volonté d’analyser les quarante-trois morceaux, récitatifs, soli et chœurs qui remplissent l’oratorio d’ElieElieElias (Elie), Op. 70, oratorio pour soli, chœur et orchestre en deux parties sur un livret en allemand de Julius Schubring d’après les Livres des Rois 1 et 2 de l’Ancien Testament mis en musique par Felix Mendelssohn et créé, dans une version en anglais due à William Bartholomew sous le titLire la suite…, exécuté di­manche dernier au Cirque d’hiver ; je dirai seulement que si cette exécution laisse quelque chose à désirer à ceux qui ont assisté aux grands festivals de Londres et de Birmingham, elle n’en est pas moins très satisfaisante eu égard aux ressources cho­rales dont M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite… dispose. Il est très facile, en Angleterre, de réunir six mille et même dix mille chanteurs sur la même estrade. Nous en comptons deux cents, et c’est beaucoup pour nous. Donc je félicite le très zélé directeur des Concerts popu­laires d’une tentative qui prouve une fois de plus son désir de bien faire et ses hautes aspirations musicales. La salle était comble, les prix avaient été augmentés, mais dans une proportion assez minime, et la recette a atteint le maximum.

Eh bien ! tout compte fait, l’expérience de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite… lui coûte environ cinq mille francs. Ce qui ne l’empêchera pas de recommencer.

E. Reyer.

P. S. On m’annonce le quatrième vo­lume de l’Histoire générale de la musique par FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite…, et j’ai mis en réserve plusieurs publications dont je parlerai dans un pro­chain article. Ce sera un article de fin d’année un peu plus long peut-être que celui que j’aurais pu consacrer à la récapi­tulation des œuvres nouvelles jouées sur nos différens théâtres lyriques.