Feuilleton du Journal des Debats 1874-03-01

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 1er MARS 1874.

 

REVUE MUSICALE.

  

Théâtre de l’Opéra-Comique : le Floren­tinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite…, opéra-comique en trois actes ; pa­roles de M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, musique de M. LenepveuLenepveu, Charles-FerdinandCharles-Ferdinand Lenepveu (Rouen, 4 octobre 1840 – Paris, 16 août 1910), compositeur et professeur. Il fit ses études classiques à Rouen et apprit l’harmonie avec Charles Vervoitte, alors maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. En 1859, il entra à l’École de droit de Paris et devLire la suite…. — Théâtre de l’Odéon : Marie-MagdeleineMarie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite…, drame sacré en quatre parties ; poëme de M. Louis Gallet, musi­que de M. J. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite….

Soixante compositeurs où se disant tels, et dont les noms, à l’exception d’un seul, ne seront point transmis à la postérité, ont été inspirés par le poëme du Florentin. Florentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite…Mais ce poëme tel qu’il était à l’origine ressemble si peu à ce qu’il est aujourd’hui, que la plupart des concurrens hésiteraient à le reconnaître. M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite… s’est prêté avec une complaisance éternelle, avec une étonnante souplesse de plume, à toutes les modifications, à toutes les cou­pures que l’administration de l’Opéra-Comique et le compositeur couronné lui ont demandées.

On se rappelle comment les trois con­cours de l’Opéra, de l’Opéra-Comique et du Théâtre-Lyrique furent institués il y a plus de six ans. J’en parlai alors, j’en parlai plus tard, j’en reparlai aussi à propos de la Coupe du roi de ThuléCoupe du roi de Thulé, LaLa Coupe du roi de Thulé, opéra en trois actes sur un livret de Louis Gallet et Edouard Blau mis en musique par Eugene Diaz et créé à l’Opéra le 10 janvier 1873.Lire la suite… et je revins en différentes occasions sur ce sujet inépuisable, qui m’a fait dire et me fera dire encore beaucoup de paroles in­utiles. Après avoir entendu la Coupe du roi de ThuléCoupe du roi de Thulé, LaLa Coupe du roi de Thulé, opéra en trois actes sur un livret de Louis Gallet et Edouard Blau mis en musique par Eugene Diaz et créé à l’Opéra le 10 janvier 1873.Lire la suite… et le FlorentinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite…, et sans connaître une seule note du MagnifiqueMagnifique, LeLe Magnifique, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Barbier mis en musique par Jules Philipot et créé à L’Opéra National Lyrique de Paris le 24 mai 1876. L’œuvre fut composée pour le concours lancé par le Théâtre-Lyrique de Paris pour lequel il y eut 43 participants. Elle reLire la suite…, je persiste à croire que les résultats obtenus ne sont pas proportionnés aux efforts qui se sont faits d’un côté et d’autre pour les obtenir. Les travaux du jury chargé d’examiner les soixante partitions du FlorentinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite… ont duré dix-huit mois, et l’on a répété CENT QUATORZE FOIS en cinq mois et quatre semaines l’ouvrage de M. LenepveuLenepveu, Charles-FerdinandCharles-Ferdinand Lenepveu (Rouen, 4 octobre 1840 – Paris, 16 août 1910), compositeur et professeur. Il fit ses études classiques à Rouen et apprit l’harmonie avec Charles Vervoitte, alors maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. En 1859, il entra à l’École de droit de Paris et devLire la suite….

L’Opéra-Comique, après l’incendie du Théâtre-Lyrique, céda à un mouvement généreux, et comme il recueillait les béné­fices de Roméo et JulietteRoméo et JulietteRoméo et Juliette, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Charles Gounod et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 27 avril 1867.Lire la suite… et des Noces de FigaroNoces de Figaro, LesLes Noces de Figaro (Le nozze di Figaro), K.V. 492, opera buffa en quatre actes sur un livret en italien de Lorenzo Da Ponte, d’après Beaumarchais, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Burgtheater de Vienne le 1er mai 1786.Lire la suite…, il accepta les charges qu’impo­sait à son malheureux confrère la repré­sentation du Magnifique.Magnifique, LeLe Magnifique, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Barbier mis en musique par Jules Philipot et créé à L’Opéra National Lyrique de Paris le 24 mai 1876. L’œuvre fut composée pour le concours lancé par le Théâtre-Lyrique de Paris pour lequel il y eut 43 participants. Elle reLire la suite… Ces charges n’é­taient pas bien lourdes. Le MagnifiqueMagnifique, LeLe Magnifique, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Barbier mis en musique par Jules Philipot et créé à L’Opéra National Lyrique de Paris le 24 mai 1876. L’œuvre fut composée pour le concours lancé par le Théâtre-Lyrique de Paris pour lequel il y eut 43 participants. Elle reLire la suite… est un petit acte dont M. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… a écrit le poëme et dont la musique a été com­posée par M. Jules PhilippotPhilipot, JulesJules Philipot (Paris, 24 janvier 1824 – Paris, 17 mars 1897), pianiste, compositeur et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1844. Il se consacra à l’enseignement et composa de nombreuses œuvres pour piano dont plusieurs Études de style, ÉtuLire la suite… [Philipot]Philipot, JulesJules Philipot (Paris, 24 janvier 1824 – Paris, 17 mars 1897), pianiste, compositeur et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1844. Il se consacra à l’enseignement et composa de nombreuses œuvres pour piano dont plusieurs Études de style, ÉtuLire la suite…, plus connu jusqu’à présent dans la sphère des pianistes que dans le clan des compositeurs. Un instant on a espéré que le MagnifiqueMagnifique, LeLe Magnifique, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Barbier mis en musique par Jules Philipot et créé à L’Opéra National Lyrique de Paris le 24 mai 1876. L’œuvre fut composée pour le concours lancé par le Théâtre-Lyrique de Paris pour lequel il y eut 43 participants. Elle reLire la suite… ver­rait la clarté de la rampe avant le Florentin. Florentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite…Mais les destins ont favorisé l’œuvre de M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite… aux dépens de l’œuvre de M. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…, pour lequel le succès de Jeanne d’Arc a été d’ailleurs une compensa­tion suffisante. Donc, il se pourrait que le Théâtre-Lyrique, étant reconstruit et ayant perdu le dessus du panier de son réper­toire, essayât de rentrer dans une partie de ses droits et de reprendre du même coup les Noces de FigaroNoces de Figaro, LesLes Noces de Figaro (Le nozze di Figaro), K.V. 492, opera buffa en quatre actes sur un livret en italien de Lorenzo Da Ponte, d’après Beaumarchais, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart et créé au Burgtheater de Vienne le 1er mai 1786.Lire la suite… et le Magnifique. Magnifique, LeLe Magnifique, opéra-comique en un acte sur un livret de Jules Barbier mis en musique par Jules Philipot et créé à L’Opéra National Lyrique de Paris le 24 mai 1876. L’œuvre fut composée pour le concours lancé par le Théâtre-Lyrique de Paris pour lequel il y eut 43 participants. Elle reLire la suite…La partition de M. PhilippotPhilipot, JulesJules Philipot (Paris, 24 janvier 1824 – Paris, 17 mars 1897), pianiste, compositeur et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1844. Il se consacra à l’enseignement et composa de nombreuses œuvres pour piano dont plusieurs Études de style, ÉtuLire la suite… reviendrait alors au Théâtre-Lyrique, et je crois que cette mutation se ferait sans donner lieu à une contestation sérieuse, sans la moindre difficulté.

De toute façon, il est temps d’en finir avec les anciens concours, puisqu’un nou­veau concours va commencer, qui ne finira jamais. La fondation Cressent (celle-là du moins offre des avantages réels, y compris la prime au directeur et les gratifications aux juges), la fondation Cressent, dont j’ai déjà fait ressortir ici la pensée généreuse et philanthropique, est une fondation à perpétuité.

Maintenant, sans nous arrêter plus long­temps aux réflexions préliminaires et aux épisodes du second plan, arrivons à l’ana­lyse du poëme de M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, poëme bien fait, poëme surfait, poëme re­fait.

Au premier acte, les élèves du peintre Andrea Galeotti (cavaliere ignoto) sont ré­unis dans l’atelier de leur maître ; les uns dessinent d’après la bosse, les autres pei­gnent d’après nature une jeune fille portant le costume gracieux des bouquetières de Florence au quinzième siècle. Le portrait achevé, la belle descend de son escabeau et chante des couplets, de vrais couplets de bouquetière :

J’ai pour la jeune fiancée

La fleur d’orange aux doux appas ;

Aux amans j’offre la pensée.

Aux absens, le n’oublie pas !

La métaphore du dernier vers est un peu roide, mais cela se perd dans les fio­ritures de la chanson.

Carita la bouquetière a un amant, c’est- à-dire un amoureux qui pose pour les dieux de l’olympe et se nomme Polpeto.

Oui, pour moi plus d’un peintre illustre

A fait des tableaux merveilleux !

Et mes traits leur donnent un lustre

Qu’ils n’auraient certe[s] pas sans, eux !

Mais Galeotti ayant eu besoin d’une tête de Midas pour son tableau de concours, le pauvre Polpeto a été forcé de déroger et, au lieu d’un lustre, de ne donner cette fois que ses oreilles.

L’arrivée du maître met fin aux lazzis et aux joyeux propos de l’atelier. Ce Ga­leotti, qui jusque-là n’a pas connu de rival, a maintenant l’esprit troublé par la jeune renommée d’un peintre que Rome admire et qui se fait appeler le Florentin. Le maître gourmande ses élèves, se plaint de toujours trouver les chevalets déserts et prétend que son école dégénère : « Vous finirez, Messieurs, comme Angelo Palma, un fainéant, un bohémien, qui m’a quitté il y a trois ans pour aller vivre je ne sais où. »

Mais un autre nom vient bientôt sur les lèvres du grand artiste : ce nom, c’est le doux nom de Paola, sa pupille, une belle jeune fille qui joue de l’orgue mieux que sainte Cécile, fait de la tapisserie et connait le langage des fleurs. Elle entre en chantant

Comme l’alouette

Qui chaque matin,

Au jour qu’elle guette,

Chante son refrain.

Je ne veux pas prendre de détours pour vous mettre dans la confidence des amours d’Angelo et de Paola, et vous révéler le se­cret dessein qu’a conçu Barttolo d’épou­ser Rosine. Un bouquet discrètement remis par Carita aux mains de la pupille de Ga­leotti, une chanson qu’on entend dans la coulisse, et voilà Angelo Palma aux pieds de sa bien-aimée :

Conduit par la folle espérance,

On poursuit et gloire et grandeur,

Mais sous le toit de notre enfance

Nous attend toujours le bonheur !

Andrea, qui a gardé un sentiment de ten­dresse pour son élève préféré, reçoit An­gelo dans ses bras, et, comme autrefois, le loge dans sa maison. Puis il lui confie ses angoisses : un artiste orgueilleux se dresse devant lui ; la jalousie l’a mordu au cœur : « Si j’échouais dans la lutte qui va s’ouvrir, j’en mourrais de honte… Cette Hébé, cette toile que j’aimais est là !… roulée sur elle- même !… dans cette chambre, ouvrant sur la cour du fondeur Jacopo… Vingt fois mon bras a failli la saisir pour la lancer dans le cratère enflammé de Jacopo le fondeur. »

Vous avez sans doute deviné qu’Angelo Palma n’est autre que le Florentin, ce qui le fait deux fois le rival de son maî­tre. L’infortuné jeune homme n’hésite pas à sacrifier sa gloire à son amour. La toile qu’il a apportée avec lui, son Hébé à lui, aura le sort que Galeotti destinait à la sienne. Polpeto, l’ami d’Angelo, se chargera d’accomplir cet acte d’abnégation sublime. Une grande lueur éclaire l’atelier : l’œuvre du Florentin n’est plus. A ce moment, les trompettes sonnent : Laurent-le-Magnifique, suivi d’un brillant cortège, fait son entrée dans l’atelier de Galeotti. Il vient ré­clamer lui-même, « pour doter son pays d’un chef-d’œuvre nouveau », le tableau que le grand peintre vient d’achever. Sur un si­gne d’Andrea, ses élèves pénètrent dans la chambre de gauche et en sortent bientôt portant la toile enroulée et recouverte d’un voile de pourpre. La toile tombe, c’est-à- dire le rideau, sur un chœur chanté à la louange du duc :

A vous nos vœux et notre hommage,

Du talent noble protecteur,

Qui donnez, sur votre passage,

Les bienfaits, la gloire et l’honneur.

Laurent-le-Magnifique a installé Andrea dans le voisinage du palais Pitti, qui, par parenthèse, ne servit de résidence que beau­coup plus tard (en 1540) à la famille des Médicis.

Le duc annonce à son protégé que le Florentin s’est retiré du concours. A cette nouvelle, Galeotti éclate en invectives con­tre un rival qu’il redoutait et que mainte­nant il méprise : « Les grands artistes ne craignent pas la lutte, Monseigneur !… Ils la recherchent au contraire… Et celui qui la fuit est un lâche !… »

Angelo n’a pas bronché ; son amour pour Paola lui fait comme un bouclier sur le­quel viennent s’émousser les traits sanglans, les paroles injurieuses d’Andrea Ga­leotti. Mais Polpeto ne peut contenir son indigation et, à peine a-t-il vu s’éloigner Andrea, il trahit le secret de son ami : « Le Florentin, Monseigneur, le voici !… » Puis il raconte au duc le sacrifice que s’est im­posé Angelo.

Je passerai légèrement, bien que cette scène ait son importance, sur l’aveu que fait Galeotti à Angelo de son amour pour Paola. Le Florentin a l’âme fortement che­villée dans le corps et quand il s’écrie : « Je suis perdu ! » on sent qu’un secret espoir l’agite.

Enfin, voici le jour fameux

Où, dans la lutte du génie,

Nous allons voir l’œuvre choisie

Enchanter nos cœurs et nos yeux !

Les fanfares éclatent de nouveau : Lau­rent de Médicis va poser la couronne et le laurier d’or sur le front du vainqueur. Le tableau est là, recouvert de son enveloppe de pourpre. Et lorsque, sur l’ordre du duc, le voile disparaît, Andrea pousse un cri, ce tableau n’est pas le sien. Polpeto s’est trompé, Polpeto a jeté dans la fournaise la toile de Galeotti.

Au commencement du troisième acte, Galeotti, dont la seule pensée est de se venger d’un rival, s’apprête à fouiller Rome, Naples et Venise pour découvrir le traître qui l’a déshonoré, et le tuer ensuite. C’est alors qu’un billet confidentiel lui ré­vèle le secret qu’il avait ignoré jusque-là. Celui qui se fait appeler le Florentin, c’est Angelo Palma, son élève. Et du même coup Galeotti découvre l’amour d’Angelo pour Paola. C’en est trop : le bandit Mi­chaël, que Galeotti dans le temps sauva de la corde, a mis son poignard au service de l’artiste outragé. « Quand l’Angelus son­nera, quand les prières commenceront à la chapelle voisine, le Florentin traversera le bois de cyprès qui entoure votre villa. — Ouvrez la fenêtre qui donne sur ce bois ; à ce signal, vous serez vengé !… » Arrivons au dénoûment : un coup de feu part mais au même instant la voix d’Angelo se fait entendre. — Le duc de Médicis, duce ex machina, vient affirmer sur l’honneur, devant Andrea, le dévouement de son élève : tout le monde est ému, tout le monde s’embrasse ; l’escopette de Polpelo a sauvé le Florentin du poignard de Michaël le bandit, et Andrea Galeotti, revenu à de meilleurs sentimens, met la main d’Angelo dans celle de Paola.

O jour heureux où tout s’oublie,

Adieu chagrins, adieu douleur.

Par toi tout renaît à la vie,

Par toi tout renaît au bonheur !

Ce livret, qui par momens exhale comme un parfum de vieux mélodrame, renferme pourtant des situations qui ne sont point dé­pourvues d’intérêt, et je crois que tel qu’il est, avec les coupures et les modifications qu’il a subies, il a bien des chances de succès. Le contraire n’eût été qu’un simple accident dans la longue carrière dramatique de M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite….

Je n’avais jamais rien entendu de M. LenepveuLenepveu, Charles-FerdinandCharles-Ferdinand Lenepveu (Rouen, 4 octobre 1840 – Paris, 16 août 1910), compositeur et professeur. Il fit ses études classiques à Rouen et apprit l’harmonie avec Charles Vervoitte, alors maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. En 1859, il entra à l’École de droit de Paris et devLire la suite…. Sa partition du FlorentinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite… a été pour moi une révélation. Je ne puis dou­ter maintenant des tendances italiennes de M. LenepveuLenepveu, Charles-FerdinandCharles-Ferdinand Lenepveu (Rouen, 4 octobre 1840 – Paris, 16 août 1910), compositeur et professeur. Il fit ses études classiques à Rouen et apprit l’harmonie avec Charles Vervoitte, alors maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. En 1859, il entra à l’École de droit de Paris et devLire la suite…, et si je les constate, ce n’est certainement pas pour les lui reprocher. Chacun est libre de choisir son idéal et de placer son inspiration où bon lui semble. Cela dit, je ne puis que rendre justice au talent avec lequel M. LenepveuLenepveu, Charles-FerdinandCharles-Ferdinand Lenepveu (Rouen, 4 octobre 1840 – Paris, 16 août 1910), compositeur et professeur. Il fit ses études classiques à Rouen et apprit l’harmonie avec Charles Vervoitte, alors maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. En 1859, il entra à l’École de droit de Paris et devLire la suite… sait mettre en relief, à l’aide des procédés de la science et d’une instrumentation très touffue, très intéressante souvent, des idées peu origi­nales.

Dès les premières mesures de l’introdu[c]tion on voit qu’on a affaire à un compo­siteur qui n’y va pas de main morte : les trombones, la grosse caisse et les cymbales n’y sont point épargnés. A ce début écla­tant succède un chant de cor qui, à la fin de l’acte, servira de thème au cantabile du duc, puis un autre motif, que nous retrou­verons aussi plus tard, et qui est exécuté par les violons soutenus par des arpèges de harpe.

Je voudrais bien cependant ne pas renon­cer à l’habitude que j’ai prise d’épargner au lecteur l’ennui d’une analyse technique. Voici donc, sans plus de bémols à la clef, les morceaux saillans de la partition :

Au premier acte : le chœur d’introduc­tion, les couplets de la bouquetière et la romance de Paola :

Florence, Florence !

Aux lieux enchanteurs.

Il y a, dans le final, des effets de sono­rité, des crescendo dont la puissance at­teste le talent vigoureux du compositeur.

La romance du Florentin au début du deuxième acte est délicieusement accompa­gnée : jolis dessins d’orchestre, jolis accouplemens de timbres. Le chœur des bou­quetières est frais et gracieux : on l’a bissé ; on a bissé aussi un sextuor qui n’est pas sans analogie avec le fameux septuor de Lucie. La scène finale est traitée avec un sentiment, avec une habileté qui témoi­gnent des aptitudes dramatiques du com­positeur.

Le chœur des pêcheurs, la romance d’Angelo en mouvement de barcarolle, la chansonnette de Carita et le nocturne chanté par Angelo et Paola me paraissent être les parties les mieux réussies du troi­sième tableau.

Il est bien difficile, à une première au­dition, de se rendre exactement compte de la valeur d’un ouvrage dont les dimensions sont considérables. D’ailleurs, la partition de M. LenepveuLenepveu, Charles-FerdinandCharles-Ferdinand Lenepveu (Rouen, 4 octobre 1840 – Paris, 16 août 1910), compositeur et professeur. Il fit ses études classiques à Rouen et apprit l’harmonie avec Charles Vervoitte, alors maître de chapelle de la cathédrale de Rouen. En 1859, il entra à l’École de droit de Paris et devLire la suite… ayant réuni les suffrages d’un jury qui n’a pu se tromper, je serais bien mal venu à vouloir infirmer, par des critiques trop accentuées, une décision solennellement rendue par d’éminens mu­siciens.

Voici ce que j’écrivais l’année dernière, après la première exécution de l’oratorio de M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite… à l’Odéon :

« Si j’avais l’insigne honneur de diriger une de nos grandes scènes lyriques, j’au­rais déjà proposé aux auteurs de Marie- MagdeleineMarie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite… de représenter leur drame sa­cré avec décors et costumes. Rien ne man­querait à la pompe du spectacle, si ce n’est qu’au tableau du Golgotha, à la seule fin de ménager la sensibilité des specta­teurs, on verrait seulement se projeter sur la scène, comme dans le beau tableau de Gérome, les grandes ombres allongées des trois crucifiés.

» Mais les directeurs de nos grandes scènes lyriques ne sont guère friands de drames sacrés et d’oratorios, même quand la faveur du public les accompagne. »

Eh bien ! je me trompais. Le directeur d’une de nos grandes scènes lyriques va faire exécuter, sinon représenter l’œuvre de M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite…, auquel il donne, avec les supplémens nécessaires, les chœurs et l’or­chestre de son théâtre et ses meilleurs ar­tistes : Mme Carvalho, M. DuchesneDuchesne, AdolpheAdolphe Duchesne (Paris, 1840 – Paris, 22 mai 1885), ténor. En 1865, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, sans y briller particulièrement. Durant la guerre franco-prussienne, il s’engagea comme franc-tireur et se battit en héros à Châteaudun ; il fut blessé et décoré de la médailLire la suite… et M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite…. Ce directeur, c’est M. Camille Du Locle, actuellement maître chez lui, par suite de la retraite de son ex-associé, M. de LeuvenLeuven, Adolphe deAdolphe de Leuven (Paris, 1800 – Paris, 14 avril 1884), auteur dramatique, librettiste. Fils d’un des trois conspirateurs de l’assassinat du roi de Suède, Gustave III, il est né en 1800 et prit comme nom de plume celui de sa grand-mère maternelle. Il était un grand ami d’Alexandre Dumas pèrLire la suite…, retraite gagnée par de nom­breux succès et de longues années d’hono­rables services.

Il faut vous dire d’abord que le jeune MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite… était plongé il y a quelques jours dans la plus profonde affliction. On avait annoncé cinq ou six exécutions successives de Marie-MagdeleineMarie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite… à l’Odéon : des engagemens étaient pris avec Mme GueymardDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… et M. BosquinBosquin, Jules-AlexandreJules-Alexandre Bosquin (Déville-lès-Rouen, 29 septembre 1843 – Paris, 25 mars 1909), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un second prix de chant en 1865. Cette même année, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il débuta dans Don Pasquale (Donizetti). Il fiLire la suite…, et il y avait une telle af­fluence au bureau de location pour le con­cert de jeudi dernier, qu’on pouvait comp­ter, pour les concerts subséquens, sur le même empressement du public. Tout al­lait bien lorsque, la veille de la première exécution, le jeune compositeur et son Mécène, l’éditeur HartmannHartmann, Romain-Jean-François dit GeorgesRomain-Jean-François dit Georges Hartmann (Paris, 14 mai 1843 – Paris, 23 avril 1900), éditeur de musique et librettiste. Fils du représentant à Paris de la maison d’édition B. Schott de Mayence, il s’inscrivit en 1868 comme éditeur et publia les œuvres de compositeurs contemporains : Lire la suite…, furent préve­nus que M. BosquinBosquin, Jules-AlexandreJules-Alexandre Bosquin (Déville-lès-Rouen, 29 septembre 1843 – Paris, 25 mars 1909), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un second prix de chant en 1865. Cette même année, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il débuta dans Don Pasquale (Donizetti). Il fiLire la suite… et Mme GueymardDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… ne chanteraient pas : l’Opéra avait besoin de ces deux artistes pour le répertoire courant qui malheureusement n’est pas bien varié, et il les gardait. A cela il n’y avait rien à répondre ; tout au plus pouvait-on essayer d’attendrir le directeur de l’Opéra en lui parlant du mérite de l’œuvre, de la situation intéressante du jeune compositeur, de ses espérances éva­nouies, de ses illusions envolées, de ses intérêts compromis et de bien d’autres choses encore. On essaya. Le directeur de l’Opéra, qui au fond est un très brave homme, se laissa attendrir, et comme le ministère des beaux-arts se mêla d’ailleurs un peu de l’affaire et parla d’une façon fa­vorable à M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite…, celui-ci gagna sa cause ou du moins ne la perdit pas tout à fait : M. BosquinBosquin, Jules-AlexandreJules-Alexandre Bosquin (Déville-lès-Rouen, 29 septembre 1843 – Paris, 25 mars 1909), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un second prix de chant en 1865. Cette même année, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il débuta dans Don Pasquale (Donizetti). Il fiLire la suite… et Mme GueymardDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite… furent autorisés à chanter au concert du jeudi 19 février, mais à ce concert-là seulement.

Je ne reviendrai pas sur l’analyse que j’ai déjà faite de la partition de Marie- MagdeleineMarie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite…, une des œuvres les plus ex­quises de ce temps-ci, où les œuvres ex­quises sont assez rares, comme on sait. J’avouerai cependant que l’impression pro­duite sur moi par la seconde audition a de beaucoup dépassé celle que j’avais res­sentie à la première, et c’est ce qui arrive bien souvent. D’abord, l’exécution a été ir­réprochable, excellente. Mmc GueymardDeligne-Lauters, PaulinePauline Deligne-Lauters (Bruxelles, 1er décembre 1834 – Paris, 10 mai 1918), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Bruxelles et fut engagée au Théâtre-Lyrique de Paris en 1854. Elle y créa Le Billet de Marguerite (Gevaert, 1854), se produisit ensuite dans la version de Castil-Blaze dLire la suite…, M. BosquinBosquin, Jules-AlexandreJules-Alexandre Bosquin (Déville-lès-Rouen, 29 septembre 1843 – Paris, 25 mars 1909), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un second prix de chant en 1865. Cette même année, il fut engagé au Théâtre-Lyrique de Paris, où il débuta dans Don Pasquale (Donizetti). Il fiLire la suite… et M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… ont admirablement interprété leurs rôles, et, à côté de ces ar­tistes dont je n’ai plus à faire l’éloge, on a applaudi dans le personnage de Marthe une jeune débutante, Mlle SallaSeptavaux dite Salla, Caroline-LouiseCaroline-Louise Septavaux dite Salla (Paris, 06 mai 1852 – Paris, 14 février 1917), soprano. Elle étudia à Vienne avec Mme Marchesi. Elle fut tout d’abord engagée au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles pour la saison 1874-75, puis au Théâtre de Liège pour la saison suivante. Engagée pouLire la suite…, dont la voix, fort belle et d’un timbre très sympathique, n’a guère besoin que d’être un peu assouplie. Mlle SallaSeptavaux dite Salla, Caroline-LouiseCaroline-Louise Septavaux dite Salla (Paris, 06 mai 1852 – Paris, 14 février 1917), soprano. Elle étudia à Vienne avec Mme Marchesi. Elle fut tout d’abord engagée au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles pour la saison 1874-75, puis au Théâtre de Liège pour la saison suivante. Engagée pouLire la suite… est Française, mais elle a fait son éducation musicale à Vienne, sous la direc­tion de Mme MarchesiMarchesi née Graumann, Mathilde Lisette Sophie JeannetteMathilde Lisette Sophie Jeannette Marchesi née Graumann (Francfort, 24 mars 1821 – Londres, 17 novembre 1913), mezzo-soprano et professeur de chant. Elle était la nièce de la pianiste et amie de Beethoven Dorothea von Ertmann née Graumann. Elle étudia le chant d’abord à Vienne avec Otto NiLire la suite…. Quant à l’orchestre, quant aux chœurs, ils se sont surpassés : au­cune nuance n’a été négligée, aucun détail de la charmante et poétique instrumentation de M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite… n’a passé inaperçu. M. Co­lonneColonne, Judas dit Jules puis EdouardJudas dit Jules puis Édouard Colonne (Bordeaux, 23 juillet 1838 – Paris, 28 mars 1910), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de musique de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie en 1858 et un 1er prix de violon en 1863. Violoniste dans l’orchestre du Théâtre-LyLire la suite… a dirigé son personnel d’exécutans et ses solistes avec la sûreté d’archet d’un habile chef d’orchestre, avec l’assurance d’un excellent musicien, et, si cela peut faire plaisir à M. ColonneColonne, Judas dit Jules puis EdouardJudas dit Jules puis Édouard Colonne (Bordeaux, 23 juillet 1838 – Paris, 28 mars 1910), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de musique de Paris, où il obtint un 1er prix d’harmonie en 1858 et un 1er prix de violon en 1863. Violoniste dans l’orchestre du Théâtre-LyLire la suite…, je lui dirai que tel est aussi l’avis de M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite….

M. Ambroise Thomas, comme M. Pasde­loupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis rép�Lire la suite…, assistait à l’exécution de Marie-MagdeleineMarie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite… et applaudissait des deux mains au succès de son élève ; car il faut que vous sachiez que ce n’est pas dans l’ordre chro­nologique seulement que M. Ambroise Thomas est le maître de M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite… « C’est moi qui l’ai instruit, me disait avec son fin sourire l’auteur du CaïdCaïd, LeLe Caïd, opéra-comique en deux actes sur un livret de Thomas Sauvage mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra-Comique le 3 janvier 1849.Lire la suite… et d’HamletHamletHamlet, opéra en cinq actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Ambroise Thomas et créé à l’Opéra de Paris le 9 mars 1868.Lire la suite…, mais c’est la nature qui l’a doué. » Et cela est absolument vrai.

Enfin, après le dernier concert de l’Odéon, comme au lendemain du concert de l’an passé, M. Camille du Locle s’est ému en apprenant le grand succès obtenu par l’œu­vre de M. MassenetMassenet, Jules-Emile-FrédéricJules-Émile-Fréderic Massenet (Maontaud/Loire, 12 mai 1842 – Paris, 13 août 1912), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1859 puis un 1er prix de contrepoint et fugue ainsi que le 1er Prix de Rome en 1863. à Rome, Liszt lui confia une élève,Lire la suite…. Et voilà comment, sans que le ministère ait eu besoin d’in­tervenir auprès de lui, et de son propre mouvement, le jeune et intelligent direc­teur de l’Opéra-Comique vient de mettre son théâtre à la disposition du jeune et brillant auteur de Marie-Magdeleine.Marie-MagdeleineMarie-Magdeleine, drame sacré en 3 actes et 4 parties pour soli, chœur et orchestre sur un livret de Louis Gallet mis en musique par Jules Massenet. L’œuvre fut créée le 11 avril 1873 au Théâtre de l’Odéon de Paris sous la direction d’Edouard Colonne.Lire la suite… Il ne faut pas oublier que le Christophe ColombChristophe ColombChristophe Colomb, ode-symphonie en quatre parties sur un livret de Joseph Méry, Charles Chaubet et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créée dans la salle du Conservatoire de Paris le 7 mars 1847.Lire la suite… de M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… et l’Enfance du Christ Enfance du Christ, L’L’Enfance du Christ, trilogie sacrée pour récitant (ténor), soli, chœur et orchestre sur un livret et une musique de Hector Berlioz, créée à la salle Herz à Paris le 10 décembre 1854. Les trois parties de cette œuvre ont pour titre: Le Songe d’Hérode; La Fuite en Egypte; L’ArrivéLire la suite…d’Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… furent exécutés à l’Opéra-Comique, avec cette différence cependant que l’exécution de ces ouvrages, autant qu’il m’en souvient, eut lieu pendant le jour. Mais, en temps de carême et de se­maine sainte, des soirées consacrées à l’au­dition d’un drame religieux peuvent être des soirées fructueuses, même pour un théâtre où le fouet du Postillon de LonjumeauPostillon de Lonjumeau, LeLe Postillon de Lonjumeau, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Henri de Saint-Georges, mis en musique par Adolphe Adam, créé à l’Opéra-Comique le 13 octobre 1836.Lire la suite… a pris pendant si longtemps les majestueuses proportions d’un sceptre.

Ernest Reyer.