La Revue de Paris, 1er novembre 1853, p. 491-496 (article signé E. Reyer).

Revue musicale.

Opéra : Le Maître-ChanteurMaitre chanteur, LeLe Maitre chanteur, opéra en deux actes sur un livret de Henri Trianon mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra de Paris le 17 octobre 1853.Lire la suite…, opéra en deux actes, paroles de M. Henri TrianonTrianon, HenriHenri Trianon (Paris, 11 juillet 1811 – Paris, 17 octobre 1896), écrivain. Il débuta comme critique artistique et littéraire dans les journaux de Paris, puis s’adonna un temps à l’enseignement. Il traduisit des œuvres de Homère et de Platon et devint assistant bibliothécaire de la bibliLire la suite…
, musique de M. Limnander. – Opéra-Comique : ColetteColetteColette, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène de Planard mis en musique par Justin Cadaux et créé à l’Opéra-Comique le 20 octobre 1853.Lire la suite…, opéra comique en trois actes, paroles de M. PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite…, musique de M. Justin CadauxCadaux, JustinJustin Cadaux (Albi, 13 mars 1813 – Paris, 8 novembre 1874), compositeur, organiste. Après des études inachevées au Conservatoire de Paris, il enseigna le piano à Bordeaux et à Toulouse où il était organiste de l’église métropolitaine. Il fit représenter deux ouvrages scéniques, Axel (1Lire la suite…. – Théâtre-Lyrique : Le Diable-à-quatreDiable à quatre, LeLe Diable à quatre ou La Double Métamorphose, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine dont la musique parodiant des œuvres de  Vincenzo Legrenzio Ciampi, Egidio Romualdo Duni, Baldassare Galuppi et Giuseppe Scarlatti, est attribuée à Jean-Louis Laruette et à FrançoLire la suite…, opéra comique en trois actes, paroles de SedaineSedaine, Michel-JeanMichel-Jean Sedaine (Paris, 4 juillet 1719 – Paris, 17 mai 1797), librettiste. Un des plus importants librettistes d’opéras-comiques au XVIIIe siècle. Les livrets qu’il écrivit pour Monsigny (On ne s’avise jamais de tout; Le Roi et le fermier; Rose et Colas, Le Déserteur) , Philidor (BlaisLire la suite…, musique de SoliéSolié, Jean-PierreJean-Pierre Solié (Nîmes, 1755 – Paris, 6 août 1812), ténor puis baryton et compositeur. Fils d’un violoncelliste du théâtre de Nîmes, il fut chantre à la cathédrale de Nîmes puis enseigna le chant et la guitare. En 1778, il se fit remarquer à Avignon lorsqu’il remplaça au pied levLire la suite…. – Le Danseur du RoiDanseur du Roi, LeLe Danseur du Roi, opéra-ballet en trois actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Arthur Saint-Léon, une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon et une musique d’Eugène Gautier créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 22 octobre 1853.Lire la suite…, opéra-ballet de M. Saint-LéonSaint-Léon, ArthurCharles-Victor-Arthur Michel, dit Arthur Saint-Léon (Paris, 17 septembre 1821 – Paris, 2 septembre 1870), danseur et chorégraphe. Il étudia la musique et la danse avec son père à Stuttgart et le violon avec Mayseder. Il débuta à Stuttgart comme violoniste en 1834 et à Munich comme danseur Lire la suite….


Le Maître-ChanteurMaitre chanteur, LeLe Maitre chanteur, opéra en deux actes sur un livret de Henri Trianon mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra de Paris le 17 octobre 1853.Lire la suite… avait été annoncé d’abord sous le titre de la Fille de l’armurier, la scène se passe à Francfort-sur-le-Mein [Main] en 1493, et au lever du rideau le bruit des marteaux, qui frappent 1’enclume dans la boutique de l’armurier Gunther, se mêle aux clameurs d’une bande joyeuse d’écoliers et de gentilshommes attablés dans la taverne voisine. Un personnage vêtu d’un justaucorps de velours noir, les jambes serrées dans des guêtres de cuir, portant une plume à sa barrette, fait son entrée au milieu du tumulte et demande à l’armurier un marteau pour redresser la lame gauchie de son épée. Tout en battant le fer il chante une de ces naïves chansons d’Allemagne où chaque métier exalte ses mérites et son utilité, puis, donnant à sa voix un accent inspiré et prophétique, il entonne un hymne en l’honneur de Charlemagne et invite l’aigle allemand, depuis longtemps endormi, à déployer ses ailes pour voler de nouveau vers le soleil. Rodolphe de Hesse, le fils du landgrave, paraît avec quelques-uns de ses compagnons sur le balcon de l’auberge et jette sa chaîne d’or au maître-chanteur en lui demandant son nom ; – Je me nomme le poëte, répond celui-ci. Eh bien ! poëte, tu as dignement loué Charlemagne ; les électeurs pèsent dans ce moment les destinées de l’empire ; puissions-nous crier demain : Vive Maximilien ! Alors on entend la cloche de l’Angelus ; les ouvriers suspendent leurs travaux, mais les coupes se vident toujours ; le jour baisse et Rodolphe, son hanap à la main, porte un toast à la blanche déesse dont les rayons argentés jettent une pâle lueur sur la façade de briques de la taverne. Marguerite, la fille de l’armurier Gunther, revient de l’église, et, après avoir reçu le baiser paternel, elle rentre dans la boutique, suivie de sa gouvernante ; le maître-chanteur admire la grâce pleine de chasteté de la jeune fille et devine aussi, à la mélancolie répandue sur son visage, qu’elle cache en son cœur le secret d’un amour malheureux ou impossible. Elle aime en effet Rodolphe de Hesse et elle vient d’échanger avec lui un regard qui est pour les deux amants la promesse d’un rendez-vous. Rodolphe, dont la tête est exaltée par le vin et les chansons, parie quatre mille ducats contre son compagnon Risler que la nuit même il enlèvera Marguerite et la fera souper avec ses amis dans son palais. L’enjeu est assez considérable pour que les conventions soient établies par écrit ; le maître chanteur détache l’écritoire pendue à sa ceinture et rédige sur ses tablettes la cédule qui lui est dictée par Rodolphe. Le tavernier congédie les buveurs, les boutiques se ferment, et, quand tout est rentré dans le silence, Marguerite sort de la demeure de son père et vient se jeter dans les bras du jeune landgrave. Ici a lieu cette éternelle scène d’amour mêlée de soupirs, de regrets et de tendres serments. La jeune fille hésite à suivre son amant, mais celui-ci lui montre la chapelle où un prêtre les attend pour bénir leur union, et ils vont s’éloigner lorsque le maître-chanteur, blotti près de la porte de la taverne, s’avance brusquement vers eux, accompagné de son page Godfried [Gotfried], et leur dit : « Voici vos témoins. » Rodolphe dissimule de son mieux l’étonnement que lui cause cette apparition inattendue et la toile tombe.

Pendant l’entr’acte une orgie de débauche a eu lieu, Rodolphe de Hesse a gagné son pari, et nous retrouvons Marguerite installée dans le palais du landgrave, pleurant sa faute, songeant à son père et écoutant, d’une oreille distraite, la ballade du Cygne blanc, que lui chante Godfried devenu l’ami de sa douleur. Par un revirement que le libretto n’explique point, le séducteur de Marguerite, revenu tout à coup à des sentiments plus honnêtes, entre dans l’appartement de sa maîtresse, se jette à ses pieds et implore son pardon en protestant à la fois de son amour et de son repentir. On entend, au même moment, des chants d’allégresse sous les fenêtres du palais ; c’est une aubade donnée à Rodolphe par les seigneurs et les écuyers qui viennent le féliciter sur son mariage avec la princesse palatine. Le landgrave somme son fils de tenir sa promesse et veut faire chasser Marguerite, mais Rodolphe brave la colère paternelle et jure qu’il n’aura d’autre femme que celle qu’il a choisie et qu’il tient sous sa protection. La situation se complique de l’arrivée de Gunther et de ses compagnons ; l’armurier réclame sa fille ; les seigneurs tirent leurs épées ; les forgerons brandissent leurs marteaux, et Marguerite, éperdue, s’affaisse sur son prie-Dieu. Alors paraît le maître-chanteur qui s’approche du landgrave et lui montre un parchemin attestant l’union de Rodolphe et de Marguerite. Au lieu des clauses du pari, le trouvère avait rédigé un contrat. – L’acte est en bonne forme, je l’ai signé. –

– Qui donc es-tu, pour me parler ainsi ?

– Entendez-vous cette clameur immense ?

C’est mon règne qui commence ;

Je suis Maximilien.

Les portes du fond s’ouvrent et laissent voir une cour encombrée de soldats, de bourgeois, d’écoliers et d’hommes du peuple poussant des vivats d’enthousiasme. Le canon tonne, les cloches sonnent à toute volée, et les électeurs du saint-empire s’avançant vers le maître-chanteur, le saluent du nom de Maximilien Ier et lui offrent la couronne, l’épée, le globe et le manteau de Charlemagne.

Deux actes forment une coupe qui convient bien mieux à l’opéra-comique qu’au grand opéra ; ainsi, dans le libretto que nous venons d’analyser, la partie la plus dramatique, sinon la plus essentielle de l’action, se passe dans la coulisse. L’intelligence du spectateur peut sans doute suppléer à cette lacune, mais elle n’en existe pas moins et le poëme y perd beaucoup de son intérêt. Trois actes nous paraissent une disposition bien préférable, d’autant plus qu’il est tout aussi facile de les combiner avec un ballet et de composer ainsi un spectacle fort attrayant. Nous soumettons cette observation à l’appréciation judicieuse de M. Nestor Roqueplan.

Le talent de M. Limnander, s’il n’est pas toujours très-original, a cependant des qualités qui le rendent, à notre avis, plus propre aux développements exigés par la musique sérieuse, qu’au genre gracieux et léger de l’opéra-comique ; l’auteur du Château de la Barbe-BleueChâteau de la Barbe bleue, LeLe Château de la Barbe bleue, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra-Comique le 1er décembre 1851.Lire la suite… et des MonténégrinsMonténégrins, LesLes Monténégrins, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Gérard de Nerval mis en musique par Armand Limnander et créé à l’Opéra-Comique le 31 mars 1849.Lire la suite… a surtout une prédilection manquée pour les morceaux d’ensemble qu’il traite avec une profonde connaissance de l’agencement des voix ; ceci explique, sans pourtant la justifier, cette série de chœurs qui se succèdent d’un bout à l’autre de la partition : chœurs d’écoliers, chœurs de gentilshommes, chœurs de bourgeois, chœurs d’armuriers, etc., etc. ; le plus remarquable au point de vue de la science du contre-point, est le chœur d’introduction dans lequel les trois motifs écrits dans trois tons différents et entendus d’abord séparément, se groupent ensuite d’une façon heureuse et produisent un effet magistral ; les marteaux marquent le rhythme sur l’enclume, et chaque coup fait résonner très-distinctement une note de l’accord. Les couplets du maître-chanteur ont de la verve et de la couleur ; l’invocation à Charlemagne est tout à fait dans le caractère des légendes du moyen âge ; elle est précédée d’un solo de saxophone, dont la mélodie a quelque chose de mystérieux et de mélancolique, parfaitement exprimé par le timbre de l’instrument ; les sons du saxophone veloutés et harmonieux rappellent ceux de la clarinette, du basson et du cor anglais. Le toast porté à la lune par le ténor Rodolphe, est une sorte de déclamation qui tient tout autant du récitatif que de la romance ; c’est là une charmante inspiration pleine de poésie et rendue plus suave encore par le bruissement nocturne du quatuor en sourdines. La flûte accompagne agréablement la chanson que soupire Marguerite et qui est empreinte d’une simplicité toute virginale.

Au deuxième acte nous citerons la ballade du page Gotfried, chantée avec une expression touchante par la voix pure et sympathique de Mlle Marie Dussy Dussy, MarieMarie Cotteret, dite Dussy (Lyon, 19 août 1828 – Nice, ? mars 1907), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un deuxième prix d’opéra-comique en 1850, puis débuta l’année suivante à l’Opéra, où elle se produisit jusqu’en 1859. Elle y créa entre autres Le MLire la suite…; le duo d’amour entre Rodolphe et Marguerite ; la phrase de Gunther redemandant sa fille :

Si tu m’abandonnais, que ferais-je sur terre ?

et le chœur des seigneurs et des forgerons dans lequel il y a une animation furieuse, dont l’effet s’augmente des terribles mugissements de l’orchestre. Quant à la scène finale elle rappelle, comme situation scénique, l’O sommo Carlo, d’Ernani ; mais elle lui est bien inférieure comme inspiration musicale. Nous n’avons remarqué dans l’ouverture qu’un solo de trombone, admirablement exécuté par M. DieppoDieppo, Antoine-Guillaume-LouisAntoine-Guillaume-Louis Dieppo (Amesfort/ Pays-Bas, 28 novembre 1808 – Dijon, 15 février 1878), tromboniste. Il fut engagé à l’Opéra en 1835. Titulaire de la classe de trombone à coulisse du Conservatoire de Paris depuis 1836, il devint titulaire de la classe de trombone à pistons en 1857.Lire la suite… et un allegro bien mouvementé dans le style italien.

En résumé, à part quelques réminiscences mélodiques, de légères négligences et des longueurs qui pourront disparaître facilement, M. Limnander a fait une œuvre très-estimable qui tiendra longtemps une place distinguée dans le répertoire de l’Opéra.

On répète activement la Nonne sanglanteNonne sanglante, LaLa Nonne sanglante, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne mis en musique par Charles Gounod, créé à l’Opéra de Paris le 18 octobre 1854.Lire la suite…, de M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite…, dans laquelle il y a, dit-on, des beautés de premier ordre. C’est là un bruit de coulisse, si l’on veut, mais le talent de l’auteur nous permet de l’enregistrer et de l’accepter, pour notre part, avec la plus entière confiance. Le ballet de Jonita Jovita ou les boucaniersJovita ou Les Boucaniers, ballet-pantomime en trois tableaux sur un livret et une chorégraphie de Joseph Mazilier et une musique de Théodore Labarre créé à l’Opéra de Paris le 11 novembre 1853.Lire la suite…[JovitaJovita ou les boucaniersJovita ou Les Boucaniers, ballet-pantomime en trois tableaux sur un livret et une chorégraphie de Joseph Mazilier et une musique de Théodore Labarre créé à l’Opéra de Paris le 11 novembre 1853.Lire la suite…] où doit débuter Mlle RosatiRosati, CarolinaCarolina Rosati, née Galetti (Bologna, 13 décembre 1826 – Vallauris/Alpes maritimes, 18 mai 1905), danseuse. Elle étudia avec Carlo Blasis et débuta sur scène à l’age de sept ans. Elle se produisit dans plusieurs villes d’Italie (Rome, Trieste, Parme) avant d’affirmer sa renommée à lLire la suite…, fera son apparition dans les premiers jours du mois prochain.

ColetteColetteColette, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène de Planard mis en musique par Justin Cadaux et créé à l’Opéra-Comique le 20 octobre 1853.Lire la suite… est le titre d’une berquinade en trois actes, due à la plume un peu vieillotte de M. PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite…, lequel fut jadis le collaborateur d’HéroldHérold, Louis-Joseph-FerdinandLouis-Joseph-Ferdinand Hérold (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 19 janvier 1833), compositeur. Premier prix de Rome en 1812, il rencontra des succès durables à l’Opera-Comique avec Marie (1826), Zampa (1831), et Le Pré aux clercs (1832).Lire la suite…. On se souvient de ces vers célèbres :

Une robe légère

D’une entière blancheur,

Un chapeau de bergère,

De nos bois une fleur.

Ah ! belle est la parure

Dont je suis enchanté,

Et toujours la nature

Embellit la beauté.

M. PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite… a toujours affectionné le genre simple, et la strophe ci-dessus est le meilleur échantillon que nous puissions donner de la manière poétique de ce librettiste. Dans sa nouvelle pièce, M. PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite… a évoqué l’honnête figure du bon SedaineSedaine, Michel-JeanMichel-Jean Sedaine (Paris, 4 juillet 1719 – Paris, 17 mai 1797), librettiste. Un des plus importants librettistes d’opéras-comiques au XVIIIe siècle. Les livrets qu’il écrivit pour Monsigny (On ne s’avise jamais de tout; Le Roi et le fermier; Rose et Colas, Le Déserteur) , Philidor (BlaisLire la suite…, sans doute afin de motiver les naïvetés et les facéties surannées dont il a parsemé son dialogue ; mais le public en voyant en scène l’auteur de Rose et ColasRose et ColasRose et Colas, comédie mêlée d’ariettes en un acte sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Pierre-Alexandre Monsigny et créée à la Comédie-Italienne le 8 mars 1864.Lire la suite…, du Diable-à-quatreDiable à quatre, LeLe Diable à quatre ou La Double Métamorphose, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine dont la musique parodiant des œuvres de  Vincenzo Legrenzio Ciampi, Egidio Romualdo Duni, Baldassare Galuppi et Giuseppe Scarlatti, est attribuée à Jean-Louis Laruette et à FrançoLire la suite…, du DéserteurDéserteur, LeLe Déserteur, opéra-comique en trois actes sur un livret Michel-Jean Sedaine mis en musique par Pierre-Alexandre Monsigny et créé à la Comédie-Italienne le 9 juin 1842.Lire la suite… et de RichardRichard Coeur-de-lionRichard Cœur-de-lion, comédie mêlée d’ariettes en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine mis en musique par Modeste Grétry et créée à l’Opéra-Comique le 21 octobre 1784.Lire la suite…, et peu récréé du reste par ce parti pris d’imitation affadie, n’a constaté qu’une chose : c’est que les opéras-comiques de SedaineSedaine, Michel-JeanMichel-Jean Sedaine (Paris, 4 juillet 1719 – Paris, 17 mai 1797), librettiste. Un des plus importants librettistes d’opéras-comiques au XVIIIe siècle. Les livrets qu’il écrivit pour Monsigny (On ne s’avise jamais de tout; Le Roi et le fermier; Rose et Colas, Le Déserteur) , Philidor (BlaisLire la suite… étaient plus amusants que les opéras-comiques de M. PlanardPlanard, François-Antoine-Eugène deFrançois-Antoine-Eugène de Planard (Millau/Aveyron, 4 fevrier 1783 – Paris, 13 novembre 1853), auteur dramatique, librettiste. Durant la Révolution, Planard fut emprisonné avec sa mère, étant aristocrates. A sa libération il alla à Paris et fut engagé en 1806 comme archiviste au Conseil dLire la suite…. Colette est une servante modèle qui fait vivre, du prix de son travail, un vieux marquis blessé à Fontenoy et ruiné sur d’autres champs de bataille ; de plus elle a un talent de cantatrice qui lui vaut la protection du poëte-tailleur de pierres, et les compliments de M. le prince de Condé. Ses succès ne lui tournent pas la tête : la petite paysanne épouse au troisième acte le jardinier Pierrot, un imbécile qui vole des pêches et fait des calembours ; et si elle ne mérite pas tout à fait un prix d’opéra-comique, elle mérite assurément un prix de vertu. Nous recommandons Colette aux exécuteurs testamentaires de feu M. de Monthyon [Montyon].

La musique se ressent de la simplicité du poëme ; elle porte perruque, et chevrotte comme une vieille douairière. Il est fâcheux que M. CadauxCadaux, JustinJustin Cadaux (Albi, 13 mars 1813 – Paris, 8 novembre 1874), compositeur, organiste. Après des études inachevées au Conservatoire de Paris, il enseigna le piano à Bordeaux et à Toulouse où il était organiste de l’église métropolitaine. Il fit représenter deux ouvrages scéniques, Axel (1Lire la suite… se soit laissé entraîner par son collaborateur dans cette voie rétrospective, en dehors de laquelle son talent gracieux et correct eût pu lui faire rencontrer un succès franc et de bon aloi.

On répète activement l’Etoile, de M. Meyerbeer Meyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…; et tandis que le personnel du théâtre Favart est mis en grand émoi par la présence de l’illustre maître, les autres compositeurs se promènent mélancoliquement dans l’antichambre du directeur. Des astronomes dignes de foi assurent que l’Etoile du Nord ne se montrera guère que dans cinq ou six mois au firmament de l’Opéra-Comique.

Le Théâtre-Lyrique, grâce à l’activité incessante et à l’habileté de M. Seveste, est maintenant sur le chemin de la fortune ; les équipages les plus richement armoriés stationnent le long du boulevard du Temple toutes les fois que le nom de Mme CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite… brille sur l’affiche ; le bureau de location est littéralement assiégé, et le coup d’œil qu’offrent les premières loges, garnies de toilettes élégantes et de profils aristocratiques, rappelle les plus belles soirées de la salle Ventadour. La reprise du Diable-à-quatreDiable à quatre, LeLe Diable à quatre ou La Double Métamorphose, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine dont la musique parodiant des œuvres de  Vincenzo Legrenzio Ciampi, Egidio Romualdo Duni, Baldassare Galuppi et Giuseppe Scarlatti, est attribuée à Jean-Louis Laruette et à FrançoLire la suite… a été accueillie avec des transports d’hilarité. Grignon joue le personnage du savetier maître Jacques en parfait comédien. Il faut le voir tirant la manique, dansant le menuet et rossant Margot à coups de tire-pied ! Avec quelle voix enrouée il lance le refrain de sa chanson grivoise ! et comme sa face rougeaude s’ébaubit grotesquement lorsqu’il apprend la double transformation opérée par la baguette du magicien ! Mlle Petit-BrièrePetit-Brière, Adolphine-Louise-EmilieAdolphine-Louise-Emilie Petit-Brière (Dijon, 11 juin 1828 – ?), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris et obtint un 2eme prix d’opéra-comique en 1847, elle débuta la même année à l’Opéra-National. Engagée à l’Opéra de Paris en 1850 elle y créa le rôle de Nemrod dans L’ELire la suite… remplit le rôle peu sympathique de la femme acariâtre ; mais ses jolis yeux bleus et son fin sourire démentent à chaque instant la méchanceté de son caractère. Mlle GirardGirard, CarolineCaroline Girard (Paris, 7 avril 1830 – Paris, 4 janvier 1925), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris où elle obtint un 1er prix d’opéra-comique en 1853 et débuta au Théâtre-Lyrique où pendant dix ans elle créa de nombreux rôles tels que Georgette des Dragons de Villars (Maillart,Lire la suite…, une jeune débutante qui sort du Conservatoire, a très-spirituellement joué et chanté le rôle de Margot. Elle a une physionomie très expressive, elle est accorte, souriante, naturelle dans ses gestes et pleine de gentillesse. Nous avons rarement entendu une voix plus souple, plus agile et d’un timbre plus agréable. C’est une excellente acquisition pour le Théâtre-Lyrique. La partition du Diable-à-quatreDiable à quatre, LeLe Diable à quatre ou La Double Métamorphose, opéra-comique en trois actes sur un livret de Michel-Jean Sedaine dont la musique parodiant des œuvres de  Vincenzo Legrenzio Ciampi, Egidio Romualdo Duni, Baldassare Galuppi et Giuseppe Scarlatti, est attribuée à Jean-Louis Laruette et à FrançoLire la suite… a été revue et corrigée par M. Adolphe AdamAdam, Adolphe-CharlesAdolphe-Charles Adam (Paris, 24 juillet 1803 – Paris, 3 mai 1856), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris et n’eut qu’un 2eme Prix de Rome en 1825. Il eut se premiers succès au Vaudeville en 1825 et au Gymnase (L’Oncle d’Amerique). Il fut joué à l’Opéra-comique pour la première foiLire la suite…, qui a intercalé au second acte une cavatine de sa composition, laquelle n’est certainement pas le morceau le moins applaudi de l’ouvrage. Saint-LéonSaint-Léon, ArthurCharles-Victor-Arthur Michel, dit Arthur Saint-Léon (Paris, 17 septembre 1821 – Paris, 2 septembre 1870), danseur et chorégraphe. Il étudia la musique et la danse avec son père à Stuttgart et le violon avec Mayseder. Il débuta à Stuttgart comme violoniste en 1834 et à Munich comme danseur Lire la suite… et quelques-uns de ses meilleurs élèves ont commencé, avant leur départ pour Vienne, une série de représentations qui ne peuvent manquer d’être très-suivies. Le Danseur du RoiDanseur du Roi, LeLe Danseur du Roi, opéra-ballet en trois actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Arthur Saint-Léon, une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon et une musique d’Eugène Gautier créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 22 octobre 1853.Lire la suite… continuera le succès du Lutin de la ValléeLutin de la vallée, LeLe Lutin de la vallée, opéra-ballet en deux actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Michel Carré, une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon et un musique d’Eugène Gautier créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 22 janvier 1853.Lire la suite…, et Mlle Nathalie Fitz-JamesFitz-James, NathalieNathalie Fijan dite Fitz-James (Paris, 29 septembre 1817 – ?), danseuse et cantatrice. Elle mena une double carrière de ballerine et de cantatrice. Elle débuta à l’Opéra de Paris comme danseuse dans Les Mohicans en 1837, remporta un grand succès dans La Fille du Danube et se spécialisa dans Lire la suite… prendra la place laissée vacante par le départ de Mme Guy-StéphanGuy-StephanIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…. M. Saint-LéonSaint-Léon, ArthurCharles-Victor-Arthur Michel, dit Arthur Saint-Léon (Paris, 17 septembre 1821 – Paris, 2 septembre 1870), danseur et chorégraphe. Il étudia la musique et la danse avec son père à Stuttgart et le violon avec Mayseder. Il débuta à Stuttgart comme violoniste en 1834 et à Munich comme danseur Lire la suite… a fait le Danseur du RoiDanseur du Roi, LeLe Danseur du Roi, opéra-ballet en trois actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Arthur Saint-Léon, une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon et une musique d’Eugène Gautier créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 22 octobre 1853.Lire la suite… comme il a fait le Lutin de la Vallée Lutin de la vallée, LeLe Lutin de la vallée, opéra-ballet en deux actes sur un livret de Jules-Edouard Alboize de Pujol et Michel Carré, une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon et un musique d’Eugène Gautier créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 22 janvier 1853.Lire la suite…; il a réglé les pas, ordonné la mise en scène et composé la musique de la partie chorégraphique. Le dialogue et les morceaux de chant du nouvel opéra-ballet sont dus à la collaboration d’un habile librettiste et d’un compositeur de talent qui désirent garder l’anonyme, par modestie, cela va sans dire. On a applaudi un pas de trois dansé par Saint-LéonSaint-Léon, ArthurCharles-Victor-Arthur Michel, dit Arthur Saint-Léon (Paris, 17 septembre 1821 – Paris, 2 septembre 1870), danseur et chorégraphe. Il étudia la musique et la danse avec son père à Stuttgart et le violon avec Mayseder. Il débuta à Stuttgart comme violoniste en 1834 et à Munich comme danseur Lire la suite…, Mlles NathanNathan, AdeleIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite… et LisereuxLisereux, JulieIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…. Mlle Nathalie Fitz-JamesFitz-James, NathalieNathalie Fijan dite Fitz-James (Paris, 29 septembre 1817 – ?), danseuse et cantatrice. Elle mena une double carrière de ballerine et de cantatrice. Elle débuta à l’Opéra de Paris comme danseuse dans Les Mohicans en 1837, remporta un grand succès dans La Fille du Danube et se spécialisa dans Lire la suite… a déployé dans la scène indienne du moustic une finesse de pantomime des plus remarquables ; la scène de la tauromachie est exécutée par Mlle YellaYella, GabriellaGabriella Yella ( ? – ?), danseuse. Elle fit partie de la troupe de ballet de l’Opéra de Paris.Lire la suite…, charmante danseuse qui se sert de la cape rouge et de l’épée avec une dextérité surprenante, ses prunelles lancent des flammes, et sa belle physionomie respire une énergie sauvage quand elle plante la lame acérée entre les cornes du taureau. Mlle LilienthalLilienthal, RosalieRosalie Lilienthal ( ? – ?), danseuse. Elle fit partie de la troupe de ballet de l’Opéra de Paris. Elle serait venue de Berlin.Lire la suite… est une fort belle personne qui porte avec une grâce séduisante le costume valaque ; des guirlandes de sequins d’or s’enroulent dans ses beaux cheveux noirs ; son pied, finement cambré, est chaussé de bottines rouges, et elle frappe le sol de son talon wolmien en prenant des poses pleines de coquetterie et de volupté. On a bissé, comme cela se fait pour une cavatine, le pas napolitain dansé par Mlle LisereuxLisereux, JulieIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…, dont les pointes et les jetés-battus ont une élégance et une précision inouïes. Saint-LéonSaint-Léon, ArthurCharles-Victor-Arthur Michel, dit Arthur Saint-Léon (Paris, 17 septembre 1821 – Paris, 2 septembre 1870), danseur et chorégraphe. Il étudia la musique et la danse avec son père à Stuttgart et le violon avec Mayseder. Il débuta à Stuttgart comme violoniste en 1834 et à Munich comme danseur Lire la suite… se livre aux tours de force gymnastiques les plus surprenants. On peut lui dire comme à Vestris Vestris, Jean-Matie-AugustinJean-Marie-Augustin Vestris, dit Auguste Vestris (Paris, 27 mars 1760 – Paris, 5 décembre 1842), danseur. Il étudia avec son père, le danseur Gaetan Vestris et débuta à l’Opéra de Paris en 1772 puis à la cour l’année suivante dans le rôle de l’Amour du ballet Endymion. Dès 1776, ilLire la suite…: qu’il doit bien s’ennuyer de rester si longtemps en l’air, d’autant plus qu’il est à peu près certain de n’y rencontrer personne.