FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 15 MARS 1870,

Mémoires d’Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… Un volume grand in-8o. Paris, Michel Lévy frères..

 

 

Ce livre est, dans son genre, un des plus curieux ; des plus attrayans et des plus sincères qui aient été écrits par un musicien. Et le petit nombre d’artistes et d’amateurs de musique auxquels il s’adresse ne seront pas les seuls à le lire avec intérêt. Imprimé du vivant de l’auteur, il ne devait être pu­blié qu’après sa mort ; mais BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… en avait détaché lui-même quelques fragmens qui parurent dans un journal illustré et que d’autres journaux s’empressèrent de re­cueillir. Si nous venons un peu tard pour analyser les Mémoires du grand artiste, du moins avons-nous été l’un des premiers à les signaler et à en donner des extraits dans quelques uns de nos feuilletons. D’ailleurs tout n’est pas inédit dans ce livre ; et ce sont précisément les lecteurs assidus du Journal des Débats qui pourront s’en aper­cevoir à certaines pages de critique musi­cale, à des lettres et des récits de voyage qui ont passé sous leurs yeux, il y a déjà de longues années, et dont ils doivent ce­pendant avoir gardé le souvenir.

« On a imprimé et on imprime encore de temps en temps à mon sujet, dit BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… dans la préface de son livre, datée de Lon­dres (21 mars 1848), des notices biographi­ques si pleines d’inexactitudes et d’erreurs, que l’idée m’est enfin venue d’écrire moi-même ce qui, dans ma vie laborieuse et agitée, me paraît susceptible de quelque intérêt pour les amis de l’art. Cette étude rétrospective me fournira en outre l’occa­sion de donner des notices exactes sur les difficultés que présente, à notre époque, la carrière des compositeurs, et d’offrir à ceux-ci quelques enseignemens utiles. » Mais tout en donnant au chapitre des confi­dences un développement qui doit pleine­ment satisfaire les amateurs de détails bio­graphiques, d’aventures romanesques et de choses intimes, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… avoue qu’il n’a pas eu « la moindre velléité de se présenter de­vant Dieu son livre à la main en se décla­rant le meilleur des hommes, ni d’écrire des confessions. » « Je ne dirai que ce qu’il me plaira de dire, ajoute-t-il ; et si le lecteur me refuse son absolution, il faudra qu’il soit d’une sévérité peu orthodoxe, car je n’avouerai que les péchés véniels. »

Il serait donc indiscret à nous de soule­ver le voile que l’illustre compositeur a jeté sur certains événemens de sa vie et d’ajouter aux seules confidences qu’il ait voulu faire à ce sujet, l’appoint de nos souvenirs personnels.

Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… est né le 11 décembre 1803 à la Côte-Saint-André, très petite ville du département de l’Isère. « Pendant les mois qui précédèrent ma naissance, dit-il, ma mère ne rêva point, comme celle de Vir­gilePublius Vergilius Maro dit VirgilePublius Virgilius Maro dit Virgile (Andes près Mantoue, vers 15 octobre 70 av. J.-C. – Brindisi, 27 septembre 19 av. J.-C.), poète. Il se lia d’amitié avec le poète Horace, le critique Quintilius Varus et la poète élégiaque Cornelius Gallus et étudia la philosophie, les lettres, le droitLire la suite…, qu’elle allait mettre au monde un ra­meau de laurier. Quelque douloureux que soit cet aveu pour mon amour-propre, je dois ajouter qu’elle ne crut pas non plus, comme OlympiasOlympiasOlympias (Molosse, Epire, ca. 357 av. J.-C. – Macédoine, 316 av. J.-C.), princesse. Elle était la fille ainée de Néoptolème Ier roi des Molosses, une ancienne tribu grecque d’Epire. Elle épousa Philippe II, roi de Macédoine en 357 av. J.-C. Elle était sa quatrième épouse et eut une graLire la suite…, mère d’AlexandreAlexandre III de Macédoine, dit le GrandAlexandre III de Macédoine, dit le Grand (Pella, Macédoine, 20/21 juillet 356 av. J.-C. – Babylone, 10/11 juin 323 av. J.-C.), roi de Macédoine. Fils de Philippe II de Macédoine et d’Olympias, princesse d’Epire, il succéda à son père à la mort de ce dernier en 336 av. J.-C. Il fit une Lire la suite…, por­ter dans son sein un tison ardent. Cela est fort extraordinaire, j’en conviens, mais cela est vrai. Je vis le jour tout simplement, sans aucun des signes précurseurs en usage dans les temps poétiques pour annoncer la venue des prédestinés de la gloire. Serait-ce que notre époque manque de poésie ? … »

Le père de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… était médecin, et, na­turellement, le jeune Hector fut destiné à suivre la carrière de son père. Cependant dès l’âge de douze ans il lisait la musique à première vue, chantait fort agréable­ment, jouait sur la flûte les concertos de Drouet les plus compliqués et avait écrit son premier quintette. Les biographes qui ont prétendu qu’à vingt ans BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… ne connaissait pas les notes se sont, on le voit, étrangement trompés. Son père, tout en dirigeant ses études classiques, lui avait donné ce commencement d’éducation mu­sicale qu’un vrai maître de musique, nommé Imbert, s’était chargé de perfectionner ; le traité d’harmonie de CatelCatel, Charles-SimonCharles-Simon Catel (L’Aigle/Orne, 10 juin 1773 – Paris, 29 novembre 1830), compositeur et professeur. Il étudia à l’École royale de chant et de déclamation créée par Louis XVI en 1783. Il fut engagé comme chef assistant de François-Joseph Gossec à l’orchestre de la Garde nationale Lire la suite… avait fait le reste. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, tout entier aux jouissances que lui donnaient ses essais de composition, feuilletait d’une main distraite l’énorme Traité d’ostéologieTraité d’ostéologieAlexander Monro : Traité d’ostéologie, traduit de l’anglais par Jean-Joseph Sue, 2 vol., Paris, G. Cavelier, 1759. Cette traduction fut en fait l’œuvre de Marie-Geneviève-Charlotte Thiroux d’Arconville qui a aussi dessiné les illustrations insérées dans l’ouvrage. Le titre originalLire la suite… de Munro étalé dans le cabinet de son père. Et bientôt cette longue idylle qui traversa sa vie tout entière et dont le petit village de Meylan fut le ber­ceau, vint remplir son âme d’une mélanco­lie profonde. « Non, le temps n’y peut rien…. d’autres amours n’effacent point la trace du premier. J’avais treize ans quand je cessai de la voir…. J’en avais trente quand, revenant d’Italie par les Alpes, mes yeux se voilèrent en apercevant de loin le Saint-Eynard ; et la petite maison blanche, et la vieille tour…………………………… ..Je l’aimais encore… »    Il l’aima toujours.

En même temps que se développait sa passion pour la musique, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… se sentait pris d’une antipathie de plus en plus in­vincible pour la noble profession que ses parens voulaient lui voir embrasser. « Être médecin ! étudier l’anatomie ! disséquer ! assister à d’horribles opérations ! au lieu de me livrer corps et âme à la musique, cet art sublime dont je concevais déjà la gran­deur ! quitter l’Empyrée pour les plus tris­tes séjours de la terre ! les anges immortels de la poésie et de l’amour et leurs chants inspirés, pour de sales infirmiers, d’affreux garçons d’amphithéâtre, des cadavres hi­deux, les cris des patiens, les plaintes et le râle précurseur de la mort !…. Oh ! non, tout cela me semblait le renversement ab­solu de l’ordre naturel de ma vie, et mons­trueux, et impossible. Cela fut pourtant. »

Quand Berlioz eut appris tant bien que mal tout ce que son père pouvait lui en­seigner d’anatomie « avec le secours des préparations sèches (des squelettes) », il partit pour Paris en compagnie d’un de ses condisciples, afin de s’y livrer, comme lui, aux grandes études médicales, et bien dé­cidé à se soumettre à toutes les épreuves que lui imposait la volonté paternelle.

Il devint élève d’AmussatAmussat, Jean-ZulimaJean-Zulima Amussat (Saint-Maixent/Poitou, 22 novembre 1796 – Passy, 13 mai 1856), anatomiste, chirurgien. Il apprit la médecine auprès de son père médecin et d’un chirurgien de sa ville natale. A 17 ans, il entra dans l’armée comme assistant médecin et participa aux campagnes militairesLire la suite…. « De secrètes sympathies, dit-il, m’attachaient à mon professeur, qui montrait pour cette science (l’anatomie) une passion égale à celle que je ressentais pour la musique. » Un soir BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… entre à l’Opéra. On y jouait les DanaïdesDanaïdes, LesLes Danaïdes, tragédie-opéra en cinq actes sur un livret de François Bailli du Roullet et Louis-Théodore Tschudi d’après Ranieri de’ Calzabigi, mis en musique par Antonio Salieri, créé à l’Opéra de Paris le 26 avril 1784.Lire la suite…, de Salieri. Profondément impres­sionné par la pompe du spectacle, la voix de Mme BranchuBranchu, Marie-Rose Chevalier épouseMarie-Rose Chevalier épouse Branchu (dite Caroline Branchu) (Le Cap Français/Saint-Domingue aujourd’hui Haïti, 2 novembre 1780 – Passy, 14 octobre 1850), soprano. Grâce à la protection du célèbre violoniste le chevalier de Saint-Georges, elle étudia avec Jean-Baptiste-Henri Dugazon et PiLire la suite… et les beautés de la parti­tion dans laquelle il retrouvait quelques imitations du style de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, il revint chez lui en proie à une agitation extrême, et ne dormit pas de toute la nuit. La leçon d’a­natomie du lendemain se ressentit de l’in­somnie de la veille. Quand il retourna à l’Opéra la semaine suivante, on donnait StratoniceStratoniceStratonice, drame lyrique en un acte sur un livret en vers de François-Benoit Hoffman mis en musique par Etienne-Nicolas Méhul et créé au Théâtre Favart le 3 mai 1792.Lire la suite… et le ballet de NinaNina, ou La folle par amourNina, ou La folle par amour, ballet en deux actes sur une musique de Louis-Luc Loiseau de Persuis et une chorégraphie Louis-Jacques-Jessé Milon, créé à l’Opéra de Paris le 23 novembre 1813.Lire la suite…, dont la mu­sique avait été empruntée en grande par­tie par PersuisPersuis, Louis-Luc Loiseau deLouis-Luc Loiseau de Persuis (Metz, 4 juillet 1769 – Paris, 20 décembre 1819), chef d’orchestre et compositeur. Il vint à Paris en 1787 et joua dans les orchestres de l’Opéra-Comique et de l’Opéra. En 1804, il fut nommé répétiteur de chant à l’Opéra. Six ans plus tard, il succédaLire la suite… au charmant opéra de DalayracDalayrac, Nicholas-MarieNicolas-Marie Dalayrac (Muret/Haute-Garonne, 13 juin 1753 – Paris, 27 novembre 1809), compositeur. Il écrivit de nombreux opéras-comiques qui eurent beaucoup de succès en France et à l’étranger et se sont longtemps maintenus dans le répertoire, tels que Nina, ou la folle par amour (1786), LeLire la suite…. L’ensemble de la partition de Méhul lui parut un peu froid ; il admira ce­pendant l’ouverture, l’air de Séleucus et le quatuor de la consultation ; mais en enten­dant exécuter sur le cor anglais, par VogtVogt, GustaveGustave Vogt (Strasbourg, 18 mars 1781 – Paris, 30 mai 1870), hautboïste et professeur. Il rejoignit le Conservatoire de Paris comme répétiteur de hautbois de 1802 à 1805, puis en 1806. Il devint adjoint en 1809 et professeur en 1816. Le 7 octobre 1834, il épousa Jeanne Bessaignet à Paris. ILire la suite…, la romance : Quand le bien-aimé reviendra, « pendant une pantomime navrante de Mlle Bigottini »Bigottini, Emilie-Jeanne-AntoinetteEmilie-Jeanne-Antoinette Bigottini (Toulouse, 16 avril 1784- Paris, avant le 29 avril 1858), ballerine. Elle était la fille de Francesco Bigottini, le célèbre Harlequin de la Comédie-Italienne. Elle entra au ballet de l’Opéra de Paris à l’âge de 17 ans et y demeura jusqu’à sa retraite Lire la suite…, il ne fut pas maître de son émotion. Dans le thème de cette romance, il avait reconnu le cantique que chantaient dans la petite église du couvent des Ursulines les jeunes compagnes de sa sœur, le jour où il fit avec elles sa première com­munion. Ceux qui ont vécu dans l’intimité de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… savent combien étaient fréquens ces retours de son imagination vers des souvenirs de jeunesse, que sa plume, en les racontant, a revêtus d’une poésie si naïve, si tendre et si colorée.

La musique et l’anatomie, qui déjà ne faisaient pas très bon ménage, finirent par se brouiller tout à fait. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… passait son temps à lire les partitions de Gluck Gluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…; il les copiait et les apprenait par cœur. Un jour il sortit de l’Opéra après avoir entendu pour la première fois Iphigénie en Tauride ;Iphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite… ce jour-là, il jura que, « malgré père, mère, tantes, oncles, grands parens et amis », il serait musicien. Et il écrivit à son père pour lui faire connaître tout ce que sa vo­cation avait d’impérieux et d’irrésistible. Quelques lettres furent échangées, le père ne voulant pas céder, le fils ne voulant pas se soumettre. Sur ces entrefaites, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… se lia avec un élève de LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…, nommé GeronoGerono, Hyacinthe-ChristopheHyacinthe-Christophe Gerono (Paris, 2 [4] décembre 1797 – Paris, avant 6 septembre 1868), flûtiste et compositeur. En 1813, il entra au Conservatoire de Paris, où il étudia la flûte et le violoncelle. Victor Dourlen lui enseigna l’harmonie et Jean-François Lesueur la composition. Il fut raLire la suite…, qui lui fit entrevoir la possibilité d’être admis dans la classe de composition de ce maître, dont les doctrines consti­tuaient pour ses disciples une sorte de re­ligion. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, initié par son ami GeronoGerono, Hyacinthe-ChristopheHyacinthe-Christophe Gerono (Paris, 2 [4] décembre 1797 – Paris, avant 6 septembre 1868), flûtiste et compositeur. En 1813, il entra au Conservatoire de Paris, où il étudia la flûte et le violoncelle. Victor Dourlen lui enseigna l’harmonie et Jean-François Lesueur la composition. Il fut raLire la suite…, devint bientôt un des plus fervens adeptes du savant professeur. Et il ne se doutait guère qu’il devait brûler quelques années plus tard ce qu’il adorait alors « avec une foi sincère. » « Je suis loin de manquer de reconnaissance, dit-il, pour cet excellent et digne homme, qui entoura mes pas dans la carrière de tant de bienveillance, et m’a, jusqu’à la fin de sa vie, témoigné une vé­ritable affection. Mais combien de temps j’ai perdu à étudier ses théories antédilu­viennes, à les mettre en pratique et à les désapprouver ensuite, en recommençant de fond en comble mon-éducation !…. »

Bien que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… suivît les leçons de Le­sueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…, il ne comptait pas parmi les élèves du Conservatoire, où il entra cependant, un peu plus tard, grâce à la recommandation pressante de son maître auprès de CherubiniCherubini, Maria Luigi Carlo Zanobi SalvadoreMaria Luigi Carlo Zanobi Salvadore Cherubini (Florence, 8 septembre 1860 – Paris, 15 mars 1842), compositeur. Il étudia la musique avec son père puis avec Bartolomeo Felici, Pietro Bizzari et Giuseppe Castrucci, puis à Milan avec Giuseppe Sarti. Il fut engagé comme compositeur au King’s TheateLire la suite…. Dans l’intervalle, il avait sollicité, sans l’obtenir, un livret d’opéra d’AndrieuxAndrieux, François-Guillaume-Jean-StanislasFrançois-Guillaume-Jean-Stanislas Andrieux (Strasbourg, 6 mai 1759 – Paris, 9 mai 1833), écrivain, librettiste. Il étudia le droit et fut reçu au barreau en 1781. Il fut engagé comme secrétaire du duc d’Uzès et dans ses loisirs écrivit ses premières pièces de théâtre pour les comédienLire la suite…. L’aimable vieillard, s’excusant sur son grand âge, lui écrivit une lettre charmante, affectueuse, et vint lui-même la lui appor­ter. « Ah ! moi aussi, lui dit-il en le quittant, j’ai été dans ma jeunesse un amateur de musique. J’étais enragé picciniste et gluckiste donc ! » BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… s’adressa alors « modestement » à son ami GeronoGerono, Hyacinthe-ChristopheHyacinthe-Christophe Gerono (Paris, 2 [4] décembre 1797 – Paris, avant 6 septembre 1868), flûtiste et compositeur. En 1813, il entra au Conservatoire de Paris, où il étudia la flûte et le violoncelle. Victor Dourlen lui enseigna l’harmonie et Jean-François Lesueur la composition. Il fut raLire la suite… « qui se piquait un peu de poésie », et le pria de lui dramatiser l’EstelleEstelle et NémorinEstelle et Némorin, pastorale de Jean-Pierre Claris de Florian écrite en 1788.Lire la suite…, de FlorianFlorian, Jean-Pierre Claris deJean-Pierre Claris de Florian (Château Florian près de Sauve/ Gard, 6 mars 1755 – Sceaux, 13 septembre 1794), écrivain. Il connut d’abord le succès avec ses comédies, Les Deux Billets (1779) et surtout Les Deux Jumeaux de Bergame (1782). Il écrivit des pastorales (Galatée, 1783 ; EstelleLire la suite…. Ses souve­nirs de Meylan l’avaient guidé dans le choix sur ce sujet. « Souvenirs impuissans ! dit- il, car ma partition fut aussi ridicule, pour ne pas dire plus, que la pièce et les vers de GeronoGerono, Hyacinthe-ChristopheHyacinthe-Christophe Gerono (Paris, 2 [4] décembre 1797 – Paris, avant 6 septembre 1868), flûtiste et compositeur. En 1813, il entra au Conservatoire de Paris, où il étudia la flûte et le violoncelle. Victor Dourlen lui enseigna l’harmonie et Jean-François Lesueur la composition. Il fut raLire la suite…. » La couleur « rose tendre » n’était pas la sienne. Il fut plus heureux en s’inspirant du drame de Saurin Saurin, Bernard-JosephBernard-Joseph Saurin (Paris, ? 1706 – Paris, 17 novembre 1781), avocat et auteur dramatique. Après des études de droit, il fut pendant quinze ans avocat au Parlement, pour subvenir aux besoins de sa famille. Lorsqu’il atteignit quarante ans, il se consacra alors au théâtre. Ses premières piLire la suite…: Beverley ou le JoueurBeverly ou Le joueur, [Béverlei]Beverly ou Le joueur, [Béverlei], tragédie bourgeoise, imitée de l’anglais en 5 actes et en vers libres de Bernard-Joseph Saurin créée à la Comédie le 7 mai 1768. La pièce est inspirée de The Gamster d’Edward Moore (1753).Lire la suite…, auquel il emprunta une grande scène fort sombre qu’il écrivit pour voix de basse et orchestre. Le Théâtre-Français annonçait, au bénéfice de TalmaTalma, François-JosephFrançois-Joseph Talma (Paris, 15 janvier 1763 – Paris, 18 octobre 1826), acteur. D’abord étudiant au lycée Louis-le-Grand, il se rendit ensuite en Angleterre pour apprendre le métier de dentiste auprès de son père. Il apprit à parler couramment l’anglais et étudia profondément la littéLire la suite…, une représentation où figurait AthalieAthalieAthalie, musique de scène pour la tragédie de Jean Racine composée par François-Joseph Gossec. Certains chœurs de Racine ont été abrégés, et des vers de Jean-Baptiste Rousseau et de Pierre Corneille ont été ajoutés. L’œuvre fut créée au Théâtre royal de Fontainebleau le 3 novembreLire la suite… avec les chœurs de GossecGossec, François-Joseph Gossé ditFrançois-Joseph Gossé dit Gossec (Vergnies en Hainaut/France aujourd’hui Belgique, 17 janvier 1734 – Passy, 16 février 1829), compositeur. Après avoir commencé des études à Walcourt, il se rendit à Maubeuge pour apprendre le violon, le clavecin et l’harmonie avec Jean Vanderleben. VersLire la suite…. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… pensa que l’occasion était favorable pour faire exécu­ter sou œuvre, et qu’il pourrait s’assurer du même coup la protection du grand tra­gédien et le concours de DérivisDérivis, Henri-EtienneHenri-Etienne Dérivis (Albi, 2 août 1780 – Livry près de Paris, 1er février 1856), basse. En 1799, il entra au Conservatoire de Paris, où il étudia avec Louis-Auguste Richer. Il débuta avec succès à l’Opéra de Paris le 11 février 1803 dans le rôle de Zarastro des Mystères d’Isis (Lire la suite…. Mais au moment d’entrer chez TalmaTalma, François-JosephFrançois-Joseph Talma (Paris, 15 janvier 1763 – Paris, 18 octobre 1826), acteur. D’abord étudiant au lycée Louis-le-Grand, il se rendit ensuite en Angleterre pour apprendre le métier de dentiste auprès de son père. Il apprit à parler couramment l’anglais et étudia profondément la littéLire la suite… son cœur bat­tit avec une telle violence, « l’idée de voir NéronNéronNero Claudius Caesar Augustus Germanicus dit Néron (Antium/Italie, 15 décembre 37 –  Rome, 9 [11] juin 68), empereur. Son nom de naissance était Lucius Domitius Ahenobardus. Il fut le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne. Sa mère, Agrippine, était la sœur deLire la suite… face à face » le troubla si fort, qu’il n’osa pas aller plus avant et renonça à son projet.

Un peu plus tard, M. MassonMasson, AlexisAlexis Masson (1795- ?), maitre de chapelle. Il fut l’élève de l’abbé Nicolas Aubert à Saint-Roch et fut le maitre de chapelle de cette église de 1824 à 1859 lorsqu’il demanda et obtint de prendre sa retraite.Lire la suite…, maître de chapelle de Saint-Roch, lui proposa de composer une messe qui serait exécutée solennellement dans cette église et dont il se chargeait de faire copier les parties par les enfans de chœur. Le jour de la pre­mière répétition, tant de musiciens man­quèrent à l’orchestre, les choristes étaient en si petit nombre et il y avait tant de fautes dans les parties, que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… dut re­noncer à la réalisation de son rêve. D’ailleurs, les quelques fragmens de sa messe qu’il avait pu entendre l’avaient suffisam­ment édifié sur le peu de valeur de cette composition, et il prit le sage parti de la refaire presque entièrement. Pendant qu’il y travaillait, des nouvelles peu encoura­geantes lui arrivèrent de la Côte-Saint-Àndré, où l’on continuait à douter de plus en plus et de sa fidélité aux promesses qu’il avait faites, et de sa « prétendue vo­cation. » Il n’en persista pas moins, et quand sa seconde messe fut composée, il la copia lui-même, « ne pouvant, faute d’argent, employer des copistes de profes­sion. » BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… savait par expérience à quel chiffre mesquin il convenait de réduire les massesDeux Quintettes pour flute, deux violons, alto et basseDeux Quintettes pour flute, deux violons, alto et basse de Hector Berlioz (no.2 & 3, du Catalogue des œuvres de Hector Berlioz, 2e édition, numérique, 2018, révision 1, 2021, consulté le 20 octobre 2021). Les partitions ont été composées en 1816/17, peut-être même en 1818. Elles sont aLire la suite… musicales du maître de chapelle de Saint-Roch ; aussi prit-il la résolution de réunir lui-même les artistes dont il avait besoin. Le plus difficile n’était pas de les réunir, mais de les payer. Où trouver de l’argent ? C’est douze cents francs qu’il lui fallait. Son ami Humbert Ferrand « conçut la pensée passablement hardie » de lui faire écrire à M. de ChateaubriandChateaubriand, François-René, vicomte deFrançois-René, vicomte de Chateaubriand (Saint-Malo, 4 septembre 1768 – Paris, 4 juillet 1848), écrivain et homme politique. Il étudia au collège de Dol-de-Bretagne, puis à Rennes et à Dinan. À 17 ans, il devint sous-lieutenant au régiment de Navarre, aant d’être promu capitaine deux ansLire la suite… « comme au seul homme capable de comprendre et d’accueillir une telle demande », pour le prier de lui avancer cette somme.

Voici ce que l’auteur de RenéRenéRené, roman de François-René de Chateaubriand publié en 1802 à la fin du Génie du christianisme, puis réédité séparément à plusieurs reprises dans les années qui suivent.Lire la suite… lui répon­dit :

« Vous me demandez douze cents francs, Monsieur ; je ne les ai pas ; je vous les en­verrais si je les avais. Je n’ai aucun moyen de vous servir auprès des ministres. Je prends, Monsieur, une vive part à vos peines. J’aime les arts et honore les ar­tistes ; mais les épreuves où le talent est mis quelquefois le font triompher, et le jour du succès dédommage de tout ce qu’on a souffert.

» Recevez, etc. »

BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… avait du moins gagné à sa dé­marche auprès de l’illustre écrivain un au­tographe précieux.

Ce que ChateaubriandChateaubriand, François-René, vicomte deFrançois-René, vicomte de Chateaubriand (Saint-Malo, 4 septembre 1768 – Paris, 4 juillet 1848), écrivain et homme politique. Il étudia au collège de Dol-de-Bretagne, puis à Rennes et à Dinan. À 17 ans, il devint sous-lieutenant au régiment de Navarre, aant d’être promu capitaine deux ansLire la suite… ne put pas faire, un simple amateur de musique, qui lui non plus n’était pas riche, le fit. Il se nommait Augustin de PonsPons, Augustin de dit Saint-Ange de PonsAugustin-Amable de Pons dit Saint-Ange de Pons (? 1803 – Paris, 22 juillet 1848), chanteur, professeur de chant et compositeur. Il étudia au Conservatoire de musique de Paris avec Antoine Reicha et fut un ami d’Hector Berlioz qui lui dédia, en décembre 1822, son Canon libre à la quinte (no. Lire la suite…. Grâce à ce généreux Mécène, la messe de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… put être « splendidement exécutée » dans l’église Saint-Roch, sous la direction de ValentinoValentino, Henri-Justin-Armand-JosephHenri-Justin-Armand-Joseph Valentino (Lille, 14 octobre 1785 – Versailles, 28 janvier 1865), violoniste et chef d’orchestre. Dès l’âge de 14 ans il dirigeait des orchestres, à Lille puis à Rouen. Le 3 janvier 1814, il épousa à Metz Elisabeth Mengin (Metz, 13 décembre 1795 – Paris, 14 Lire la suite…, devant un nombreux auditoire, et quel­ques années après, l’orchestre et les chœurs de l’Odéon ayant offert au jeune composi­teur leur concours gratuit (heureuse épo­que !), on l’exécuta de nouveau dans l’église Saint-Eustache.

Mais il paraît que la seconde édition de cette messe ne valait pas mieux que la première. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… en détacha le Resurrexit et brûla le reste « en compagnie de la scène de BeverleyBeverly ou Le joueur, [Béverlei]Beverly ou Le joueur, [Béverlei], tragédie bourgeoise, imitée de l’anglais en 5 actes et en vers libres de Bernard-Joseph Saurin créée à la Comédie le 7 mai 1768. La pièce est inspirée de The Gamster d’Edward Moore (1753).Lire la suite…, pour laquelle, dit-il, ma pas­sion s’était fort apaisée ; de l’opéra d’Es­telleEstelle et NémorinEstelle et Némorin, pastorale de Jean-Pierre Claris de Florian écrite en 1788.Lire la suite… et d’un oratorio latin (le Passage de la mer RougePassage de la mer rouge, LeLe Passage de la mer rouge, H. 18, oratorio sur un texte latin de Hector Berlioz composé en 1823/24 et dont la partition est perdue.Lire la suite…) que je venais d’achever. Un froid coup d’œil d’inquisiteur m’avait fait re­connaître des droits incontestables à figu­rer dans cet auto-da-fé. »

Pendant une de ses fréquentes visites à la bibliothèque du Conservatoire, où il al­lait étudier les partitions de GluckGluck, Christoph WillibaldChristoph Willibald Gluck (Erasbach/Haut-Palatinat, 2 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787), compositeur. Né en Bohème, on ne sait rien de ses études scolaires ou musicales. En 1732, il alla à Prague, jouant du violon, et préférablement du violoncelle et chantant dans les chœurs des églLire la suite…, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… avait joué à CherubiniCherubini, Maria Luigi Carlo Zanobi SalvadoreMaria Luigi Carlo Zanobi Salvadore Cherubini (Florence, 8 septembre 1860 – Paris, 15 mars 1842), compositeur. Il étudia la musique avec son père puis avec Bartolomeo Felici, Pietro Bizzari et Giuseppe Castrucci, puis à Milan avec Giuseppe Sarti. Il fut engagé comme compositeur au King’s TheateLire la suite… un tour assez plai­sant et qui a été souvent raconté. Il est probable que l’irascible directeur s’en se­rait souvenu en le revoyant. Fort heureu­sement, lorsque LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite… eut obtenu que son élève de prédilection serait admis régu­lièrement dans sa classe, il ne fut point obligé de le présenter « au terrible auteur de MédéeMédéeMédée, tragédie lyrique en trois actes et en vers de François-Benoit Hoffman mis en musique par Luigi Cherubini et créée au Théâtre Feydeau le 13 mars 1797.Lire la suite…. »

Les élèves qui aspirent à prendre part au concours pour le grand prix de compo­sition musicale sont soumis à une épreuve préliminaire. Cette épreuve, tentée une première fois par BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, ne lui réussit point. Informé de cet échec, son père l’a­vertit que, s’il persistait à rester à Paris, il lui retirerait sa pension. En vain LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite… essaya-t-il de plaider en faveur de son protégé. Tout fut inutile. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, obligé de se soumettre « momentanément », re­tourna à la Côte. A peine y fut-il arrivé, il tomba dans une mélancolie profonde, « ne mangeant plus et passant une partie de ses journées à errer dans les champs et les bois. » Un matin son père vint le réveiller de bonne heure. « J’ai pris mon parti, lui dit-il, …je consens à te laisser étudier la musique à Paris…, mais pour quelque temps seulement ; et si, après de nouvelles épreuves, elles ne te sont pas favorables, tu me rendras bien la justice de déclarer que j’ai fait tout ce qu’il y avait de raison­nable à faire, et tu te décideras, je suppose, à prendre une autre voie….. » Le père s’é­tait laissé fléchir, la mère ne céda pas ; ses idées religieuses, fort exaltées, lui faisaient considérer la carrière des arts, « qui de près ou de loin se rattachent au théâtre » comme une carrière qui mène tout droit en enfer. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… partit quand même, mais il partit chargé de la malédiction de sa mère.

Le voilà revenu à Paris, rentré dans la classe de LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…, et suivant en même temps le cours de contre-point et de fugue de ReichaReicha, Antoine-JosephAntoine-Joseph Reicha (Prague, 26 février 1770 – Paris, 28 mai 1836), compositeur. Après une jeunesse itinérante au gré des manœuvres de l’armée napoléonienne, il suivit l’enseignement de Salieri et d’Albrechtsberger à Vienne (1802 à 1808) avant de s’installer à Paris, où il futLire la suite…. Son ami de PonsPons, Augustin de dit Saint-Ange de PonsAugustin-Amable de Pons dit Saint-Ange de Pons (? 1803 – Paris, 22 juillet 1848), chanteur, professeur de chant et compositeur. Il étudia au Conservatoire de musique de Paris avec Antoine Reicha et fut un ami d’Hector Berlioz qui lui dédia, en décembre 1822, son Canon libre à la quinte (no. Lire la suite…, qui devait quel­ques années plus tard se ruiner complète­ment et finir d’une façon misérable, avait déjà perdu la plus grande partie de son avoir ; il fallait songer à le rembourser. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… donna des leçons dont le prix s’ajouta aux économies qu’il faisait sur sa dépense per­sonnelle. Au bout de quelques mois, il était parvenu à mettre de côté six cents francs, la moitié de sa dette. Soit que de PonsPons, Augustin de dit Saint-Ange de PonsAugustin-Amable de Pons dit Saint-Ange de Pons (? 1803 – Paris, 22 juillet 1848), chanteur, professeur de chant et compositeur. Il étudia au Conservatoire de musique de Paris avec Antoine Reicha et fut un ami d’Hector Berlioz qui lui dédia, en décembre 1822, son Canon libre à la quinte (no. Lire la suite… eût été informé des privations que s’imposait BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, soit que sa position de fortune de­venant de plus en plus précaire, il fût con­seillé par un pressant besoin d’argent ; sans calculer les suites que pouvait avoir une pareille démarche, il écrivit au père de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… une lettre dans laquelle « il l’instrui­sait de tout et réclamait les six cents francs qui lui restaient encore dus. » Le moment était d’autant plus mal choisi que le père de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… se repentait déjà de sa condes­cendance ; les progrès de son fils ne lui semblaient pas assez rapides ; la célébrité était trop lente à venir. Les six cents francs furent remboursés, mais du même coup BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… perdit sa pension.

Il travaillait alors à la composition d’un grand opéra : les Francs-JugesOuverture « Les Francs-Juges »Ouverture pour l’opéra Les Francs-Juges sur un livret de Humbert Ferrand dont il ne reste plus que cinq fragments dont cette ouverture pour orchestre, créée à la Salle du Conservatoire de Paris le 26 mai 1828.Lire la suite…, dont le poëme lui avait été fourni par un de ses amis les plus chers, M. Humbert Ferrand. De cet ouvrage, refusé par l’Académie royale de Musique, il n’est resté que l’ou­verture. Une scène héroïque avec chœurs : la Révolution grecqueScène Héroïque (La Révolution grecque)Scène Héroïque (La Révolution grecque), pour deux solistes, chœur et orchestre sur un texte de Humbert Ferrand mis en musique par Hector Berlioz et créée à la Salle du Conservatoire de Paris le 26 mai 1828.Lire la suite…, sujet plein d’actua­lité alors, et qu’il tenait du même colla­borateur, ne trouva pas un meilleur ac­cueil auprès du directeur général de la mu­sique de l’Opéra, Rodolphe KreutzerKreutzer, RodolpheRodolphe Kreutzer (Versailles, 16 novembre 1766 – Genève, 6 janvier 1831), violoniste et compositeur. Il étudia tout d’abord avec son père puis, à partir de 1778, il étudia le violon et la composition avec Anton Stamitz et se produisit dans un concerto pour violon de ce dernier au Concert SLire la suite…, mal­gré la recommandation du surintendant des beaux-arts, M. de La RochefoucauldLa Rochefoucauld, Louis-François-Sosthène, vicomte deLouis-François-Sosthène, vicomte de La Rochefoucauld (Paris, 9 février 1785 – Château d’Armainvilliers/Seine-et-Marne, 5 octobre 1864), homme politique. Il fut aide de camp de Charles, comte d’Artois (futur roi Charles X) de 1814 à 1836. Il fut député de la Marne à la Chambre en 1815 eLire la suite…, et celle de LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite…. Une explication assez vive eut même lieu à ce propos entre LesueurLesueur, Jean-FrancoisJean-François Lesueur (Drucat-Plessiel/Somme, 15 février 1760 – Paris, 6 octobre 1837), compositeur. Il reçut sa formation musicale dans les maîtrises d’Abbeville et d’Amiens. Il quitte Amiens en 1876 et pendant dix ans dirigea successivement les maîtrises de différents chapitres de provLire la suite… et KreutzerKreutzer, RodolpheRodolphe Kreutzer (Versailles, 16 novembre 1766 – Genève, 6 janvier 1831), violoniste et compositeur. Il étudia tout d’abord avec son père puis, à partir de 1778, il étudia le violon et la composition avec Anton Stamitz et se produisit dans un concerto pour violon de ce dernier au Concert SLire la suite…. « Celui-ci, poussé à bout par mon maître, dit BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, finit par lui répondre, sans déguiser sa mauvaise humeur : « Eh ! pardieu ! que deviendrions-nous si nous aidions ainsi les jeunes gens ?….. »

Abandonné de sa famille et ne pouvant subsister avec le produit de quelques le­çons payées un franc le cachet, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… prit le parti d’entrer au théâtre des Nouveautés en qualité de choriste. Cette place, il l’obtient au concours, et il avoue lui-même que ses concurrens n’étaient pas bien redouta­bles. « L’examen des prétendans devait avoir lieu dans la salle des Francs-Maçons de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Je m’y rendis. Cinq ou six pauvres diables comme moi attendaient déjà leurs juges dans un silence plein d’anxiété. Je trouvai parmi eux un tisserand, un forgeron, un acteur congédié d’un petit théâtre de boulevard et un chantre de l’église Saint-Eustache…. Mes parens…, dit-il un peu plus loin, n’ont connu ma carrière dramatique que sept ou huit ans après qu’elle fut terminée, en lisant des notices biographiques publiées sur moi dans divers journaux. »

L’époque du concours de l’Institut étant revenue, BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… s’y présenta de nouveau. Cette fois, il fut admis. Le sujet de la can­tate était : Orphée déchiré par les bacchan­tes. Il paraît que certaines parties présen­taient d’assez grandes difficultés d’exécu­tion ; le pianiste chargé d’accompagner ne put se tirer de la bacchanale, et les mem­bres du jury déclarèrent l’ouvrage inexécu­table. BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… en fit une maladie, et faillit mourir faute de soins. Heureusement une bonne nouvelle hâta sa guérison : sa pen­sion lui était rendue. Le théâtre des Nou­veautés allait perdre son meilleur choriste.

E. Reyer.

(La suite à demain.)