La France musicale, 6 décembre 1857, p. 395-396 (article non signé).

Les concerts historiques du clavecin et du piano

par M. et Mme FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite…


Les célèbres concerts historiques de M. FétisFétis, Francois-JosephFrançois-Joseph Fétis (Mons, 25 mars 1784 – Bruxelles, 26 mars 1871), compositeur, théoricien et professeur. Il étudia au Conservatoire de Paris le piano avec Boieldieu et Pradher et l’harmonie avec Rey et obtint un deuxième prix de composition en 1807. Après avoir occupé des postes à BoLire la suite… avaient suggéré à M. FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite… l’idée d’essayer en petit pour la musique du clavecin ce que l’illustre professeur avait fait pour les voix et les divers instruments, et le 17 novembre 1840, il donna chez lui une première séance. Le succès répondit à l’attente de M. Farrenc Farrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite…; toutefois diverses circonstances l’empêchèrent de continuer ce qu’il avait heureusement commencé.

Mais depuis plus de vingt ans notre collaborateur, musicien convaincu et dévoué, n’a épargné ni peines ni soins pour réunir tous les éléments de l’œuvre de restauration, de réhabilitation qu’il s’est proposée. Son but a été de faire connaitre les œuvres des clavecinistes de mérite de toutes les époques, et de faire revivre les traditions à peu près perdues sans lesquelles on ne peut rendre convenablement la musique des vieux maitres et, par conséquent, en avoir une idée juste et l’apprécier.

Depuis le même temps, Mme FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite… elle-même a fait une étude ap­profondie des anciens monuments de l’art et a initié ses meilleures élèves à leur interprétation. Celles qui ont participé au deux pre­mières séances déjà données sont Mlles Sabatier-BlotSabatier-Blot, Sophie-MariaSophie-Maria Sabatier-Blot (Guise/ Aisne, 6 septembre 1839 – Paris, 17 octobre 1891), pianiste. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint en 1856 un deuxième prix de solfège, avant d’obtenir en 1860 un premier prix de piano dans la classe de Louise Farrenc.Lire la suite…, MonginMongin, Marie-LouiseMarie-Louise Mongin (Besançon, 11 juin 1841 – ?), pianiste et pédagogue. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un 1er prix de solfège en 1855. Élève de Louise Farrenc, elle obtint un 1er prix de piano en 1859 et un 1er prix d’harmonie et d’accompagnement en 1861. Elle se Lire la suite… et SteinwnederSteinwender, MlleIl n’y a pas encore de descriptionLire la suite…. Mlle ColinColin, Marie-Marguerite-Louise-AglaéMarie-Marguerite-Louise-Aglaé Colin (Bordeaux, 2 juin 1835 – ?), pianiste. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Louise Farrenc et obtint un premier prix de piano en 1852. Elle se produisit en concerts à Paris avec succès.Source: C. Pierre: Le Conservatoire National; La Revue et GazLire la suite…, qui est aujourd’hui une des plus grandes virtuoses sur son instrument, s’est empressée de venir en aide à M. et Mme FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite… en s’associant aux jeunes disciples de son ancien professeur. Enfin, pour concourir à la variété du programme, M. HammerHammer, Richard-RobertRichard-Robert Hammer (Eberfeld/Allemagne, 18 novembre 1828 – Paris, 29 novembre 1907), violoniste et compositeur. Vers 1850, il s’installa à Paris, où il enseigna le violon et la musique de chambre tout en se produisant dans des concerts de musique de chambre, souvent avec les pianistes WilheLire la suite…, un de nos excellents violonistes, a bien voulu faire en­tendre une des sonates de l’œuvre 5 de CorelliCorelli, ArchangeloArchangelo Corelli (Fusignano/près de Ravenne, Italie, 17 février 1653 – Rome, 8 janvier 1713), compositeur. Il étudia d’abord à Faënza puis à Bologne avant de s’installer à Rome où, tout en jouant comme violoniste dans différents orchestres de théâtre et de chapelle il poursuivit sesLire la suite…. Il s’est montré à la hauteur de cette belle musique, et son succès a été des plus brillants.

La première séance a eu lieu le 12 novembre; elle a produit une telle impression qu’on a dû la répéter le mercredi 25 pour les personnes qui en ont fait la demande, et que l’exiguïté du local n’avait pas permis d’inviter précédemment.

Voici la composition du programme :

PREMIERE PARTIE. — Discours prononcé par M. Farrenc.

Nos    1 (composé vers 1580). Pièce pour la Virginale, par W. Bird, exécutée par Mlle Steinwender.

2 (vers 1620). La FrescobaldFrescobaldi, Girolamo AlessandroGirolamo Alessandro Frescobaldi (Ferrare, septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643), organiste, claveciniste et compositeur. Peu de choses sont connues des débuts de Frescobaldi. Il se disait élève de Luzzasco Luzzaschi et fut très jeune un excellent organiste et chanteur. Il fit un voyage en FlandrLire la suite…a, variations pour le clavecin, par FrescobaldiLa FrescobaldaAria detta La Frescobalda publiée dans Il secondo libro di toccate, canzone, versi d’hinni, Magnificat, gagliarde, correnti et altre partite d’intavolaturs di cembalo et organo, Rome 1627.Lire la suite…, exécutée par Mlle Mongin.

3 (1670). Trois pièces de Chambonnières, par Mlle Steinwender.

4 (1700). Sonate pour le violon de l’œuvre 5 de Corelli, par M. Hammer.

5 (1713). Le Réveille-matin Réveille-matin, LeLe Réveille-matin, pièce de clavecin de François Couperin qui est la dernière pièce du Quatrième Ordre du Premier Livre publié en 1713.Lire la suite…par François Couperin, exécuté par Mlle Steinwender.

6 (1720). Grand prélude de Jean-Sébastien BachBach, Wilhelm FriedmanWilhelm Friedman Bach (Weimar, 22 novembre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784), compositeur. Fils ainé de Jean-Sébastien Bach, il fit des études de droit à l’Université de Leipzig et reçut sa formation musicale de son père. Il fut nommé organiste de l’église Sainte Sophie de Dresde en 1733Lire la suite… en sol mineur (suites anglaises) exécuté par               Mlle Mongin.

7— Gavotte en sol mineur de J. S. Bach.

8— Pièce fuguée de PorporPorpora, Nicola AntonioNicolo Antonio Porpora (Naples, 17 aout 1686 – Naples, 3 mars 1768), compositeur. Il entra au Conservatoire dei Poveri di Gesu Cristo en 1696 et composa son premier opéra en 1708. En 1715, il fut nommé professeur de musique au Conservatoire di San Onofrio, où il eut pour élève le célèbre castLire la suite…a.

9 (vers 1730). Sonate en la de Dominique Scarlatti, exécutée par Mlle Colin.

SECONDE PARTIE. — Discours par M. Farrenc.

10 (vers 1740). Deux polonaises de Friedman Bach, no. 5 et 9, exécutées par Mlle Sabatier.

11 (vers 1760). Andante et final d’une sonate d’Emmanuel Bach, par Mlle Colin.

12 (vers 1790). Etude de ClementiClementi, MuzioMuzio Clementi (Rome, 23 janvier 1752 – Evesham/Worcester, 10 mars 1832), compositeur, pianiste et facteur de piano. Son précoce talent lui permit d’être nommé organiste à treize ans de l’église San Lorenzo in Damaseo à Rome, mais en 1667 il fut amené en Angleterre par Peter Beckford qui Lire la suite… en ut (Gradus ad Parnassum, livre 1er), exécutée par Mlle Sabatier.

13 (vers 1800). Rondo fugato Rondo fugatoSonate pour piano no. 6 en fa majeur op. 10 no. 2 de Ludwig van Beethoven. Composée de 1796 à 1798 et dédiée à la comtesse Anne Margarete von Browne, l’œuvre se compose de trois mouvements. Le troisième est de forme sonate (et non pas un rondo) avec un development fugué.Lire la suite…de Beethoven (op. 10, no. 2, en fa),  par Mlle Steinwender.

14 (1850). Deuxième sonate en la pour piano et violon, composée par Mme FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite…, exécutée par l’auteur et M. Hammer.

Avant de commencer la première partie de cette curieuse et intéressante séance, M. FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite… a lu le discours suivant, qui a été écouté avec un profond silence et un vif intérêt :

« Messieurs,

» En formant le plan de ces réunions, Je me suis proposé de faire apprécier aux jeunes artistes et aux personnes que l’art intéresse les ouvrages de toutes les époques et de toutes les écoles, principalement ceux qui ont été écrits pour le clavecin ou piano ; j’ai voulu également les aider, selon mes moyens, à acquérir des notions suffisantes, mais indispensables sur ce qui a rapport aux diverses branches de la littérature musicale.

« Deux choses m’ont toujours paru déplorables dans le mode d’enseignement des écoles : le peu de connaissance que la plupart des artistes ont des ouvrages des grands maîtres anciens et quelquefois des modernes, et leur insouciance pour tout ce qui a rapport à la vie et aux études de ces mêmes maîtres.

« Ces connaissances qui manquent a bien des musiciens sont pourtant de la plus grande utilité et leur procureraient des avantages précieux dont ils sont privés. Celui qui a étudié à fond les ouvrages de tous les maîtres anciens et modernes a augmenté ses jouissances en même temps qu’il a étendu les ressources de son talent, d’abord, parce qu’il connait un très-grand nombre des produits de l’art ; ensuite parce que chaque époque a son caractère et ses tendances, que chaque artiste, outre qu’il appartient à son temps, imprime à ses œuvres le cachet de son individualité, c’est-à-dire de son génie, et les enrichit encore de ses découvertes. Il y a donc grand profit à faire dans l’étude de tout ce qu’a produit la suite des temps.

« En se rendant familière la vie des maîtres, le jeune artiste, au moyen de la chronologie et de la filiation des écoles, se met à même d’étudier les progrès ou les vicissitudes de l’art. Prêt à céder à la paresse ou au découragement, il se sent ranimé en lisant dans les biographies le récit des études profondes qu’ont faites pendant dix, douze et quinze ans, dans les anciens conservatoires d’Italie, des hommes qui, par leurs heureuses dispositions et un travail opiniâtre, sont arrivés au plus haut degré de talent et de gloire. En veut-on des exemples ? je citerai PiccinniPiccinni, Vito Niccolo Marcello Antonio GiacomoVito Niccolo Marcello Antonio Giacomo Piccinni (Bari, 16 janvier 1728 – Passy près Paris, 7 mai 1800), compositeur. Il entra au Conservatoire San Onofrio de Naples en 1742 et étudia d’abord avec Leonardo Leo puis Francesco Durante. Il fit une carrière de compositeur d’opéras donnant, entre 1Lire la suite… qui, entré au Conservatoire de Sant’-Onofrio de Naples, en 1742, n’en sortit qu’en 1754 ; PaisielloPaisiello, GiovanniGiovanni Paisiello (Taranto, 9 mai 1740 – Naples, 5 juin 1816), compositeur. Il étudia au Conservatoire Sant’Onofrio de Naples avec Francesco Durante. Il composa de nombreux opéras qui furent produits en Italie avec succès. De 1776 à 1783, il fut le maître de chapelle de Catherine II de RusLire la suite…, élève du même établissement, depuis 1754 jusqu’en 1763 ; PergolèsePergolesi, Giovanni BattistaGiovanni Battista Pergolesi (Iesi/ Marche 4 janvier 1710 – Pozzuoli près de Naples, 16 mars 1736), compositeur. Il étudia au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo à Naples avec Gaetano Greco, puis Leonardo Vinci et Francesco Durante. Il composa des œuvres sacrées, dont le célèbre Stabat Lire la suite… qui, admis au Conservatoire de’ Poveri di Gesù Cristo, en 1717, lorsqu’il était âgé de sept ans, y resta jusque vers 1731, c’est-à-dire pendant environ treize ans. Je pourrais citer bien d’autres exemples, et ils serviraient à prouver qu’en ce temps-là on n’allait pas aussi vite en besogne que de nos jours ; mais, aussi, n’avons-nous plus cette foule de grands artistes compositeurs et chanteurs qui ont émerveillé tout le dix-huitième siècle et le commencement du dix-neuvième.

» L’invasion des barbares du Nord, au cinquième siècle de notre ère, anéantit les débris de l’art grec qui s’était réfugié à Rome. Un voile de deuil enveloppa le monde civilisé, et caractérisa cette époque désignée sous le nom de moyen âge qui, pendant plusieurs siècles, sembla avoir frappé de mort toute intelligence. L’art des savants avait disparu ; mais il est hors de doute que la musique populaire ne cessa jamais d’exister ; car nous la trouvons partout, dans tous les temps, même chez les peuples les plus sauvages. Chanter est un besoin inhérent à l’homme : c’est par le chant qu’il exhale sa joie et soulage sa douleur. Le chant est dans la nature, et l’art en est comme le vêtement, modifié par le temps, par l’expérience, par le goût plus ou moins pur des différentes époques et par l’organisation physique des peuples.

» La renaissance, qui ne fut tout à fait  prononcée qu’à la fin du quinzième siècle, époque où brillèrent Laurent le Magnifique, PolitienPolitien, Angelo Ambrogini ditAngelo Ambrogini dit Ange Politien en français (Montepulciano, ? 1454 – Florence 1494), écrivain. Il étudia le grec et le latin et dès l’âge de 16 ans entreprit la traduction de l’Iliade  en hexamètres latins. En 1473, il entra au service de Laurent de Médicis dont il devint l’ami eLire la suite…, Pic de la Mirandole, Michel-AngeMichel-Ange, Michelangelo Buonarroti ditMichelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit en français Michel-Ange (Caprese/Toscane, 6 mars 1475 – Rome, 18 février 1564), peintre, sculpteur et architecte. Dès 1488, il fut pour trois ans l’apprenti du peintre Domenico Ghirlandaio qui le recommanda à Laurent de Médicis. Ce dernier le pLire la suite… et plusieurs autres hommes de génie, la renaissance, dis-je, était annoncée depuis longtemps. — Dès le onzième siècle, nous voyons les troubadours se répandre de la Provence, qui fut leur berceau, dans les cours de tous les souverains ou princes. Ils cultivaient la poésie et en même temps la musique ; car ils accompagnaient leurs chant avec les instruments.

» De la Provence, le goût de la poésie se répandit en Italie, et l’on est à peu près certain que les Siciliens furent les premiers à suivre les traces des troubadours. Enfin, dans la seconde moitié du treizième siècle, Florence vit naitre dans ses murs un de ces génies immenses qui, comme des météores lumineux, apparaissent de loin en loin pour étonner le monde.

» Bien que l’époque de DanteDante, Durante degli Alighieri ditDurante degli Alighieri dit Dante Alighieri (Florence, mai/juin 1265 – Ravenne, 14 septembre 1321), poète et écrivain. Il reçut à Florence les enseignements de Brunetto Latini, noua une solide amitié avec Guido Cavalcanti et étudia la poésie toscane. Il se familiarisa aussi avec la poéLire la suite… ne soit point encore la renaissance, elle est cependant très-remarquable par les grands hommes qui se succédèrent : Brunetto LatiniLatini, BrunettoBrunetto Latini (Florence, ca. 1220 – Florence, ? 1294), écrivain et homme politique. Il établit une ambassade auprès du roi Alphonse X de Castille pour soutenir Florence contre Sienne,  mais celle-ci n’aboutit pas. Suite à la défaite de Florence (1260), il fut condamné à l’exil et sLire la suite… maitre du célèbre poète qui, comme lui, était venu étudier à l’Université de Paris ; Guido CavalcantiCavalcanti, GuidoGuido Cavalcanti (Florence, ca. 1258 – Florence, 29 août 1300), poète. Il étudia avec Bruno  Latini qui avait été également le professeur de Dante. Ce dernier le considérait comme son « premier ami ». Exile à Sarzana/Ligurie pour des raisons politiques, il contracta la malaria et fut Lire la suite…, Cino da Pistoia, brillèrent dans les lettres et la poésie ; le célèbre peintre et architecte GiottoGiotto, Giotto di BondoneAmbrogiotto di Bondone dit Giotto (Colle di Vespignano/Toscane, ca. 1267 – Florence, 8 janvier 1337), peintre et architecte. Il fut l’élève du peinte Cimabue. Les fresques qu’il peignit à Florence (basilique de Santa Croce), à Assise (basilique de Saint-François d’Assise) et à Padoue (chLire la suite… remplit l’Italie de ses chefs-d’œuvre ; puis vinrent PétrarquePetrarque, FrancescoFrancesco Petrarca dit Pétrarque en français (Arezzo, 20 juillet 1304 – Arqua près Padoue, 19 juillet 1374), poète. Fils d’un notaire exilé en raison de ses liens politiques avec Dante, il s’installa avec sa famille à Avignon en 1312 et Pétrarque vécut auprès de son maitre, Convenole Lire la suite… et Boccace. DanteDante, Durante degli Alighieri ditDurante degli Alighieri dit Dante Alighieri (Florence, mai/juin 1265 – Ravenne, 14 septembre 1321), poète et écrivain. Il reçut à Florence les enseignements de Brunetto Latini, noua une solide amitié avec Guido Cavalcanti et étudia la poésie toscane. Il se familiarisa aussi avec la poéLire la suite… était musicien, et dans son célèbre poëme, il a immortalisé le nom de CasellaCasellaCasella ( ?Florence ou Pistoia, ? – ? avant 1300), compositeur. Il composa des chants d’amour dont la musique est perdue. Connu surtout par la référence que fait de lui son ami, Dante, dans La Divine Comédie (Purgatoire 76-119).Source: The New Grove Dictionary of Music and Musicians.Lire la suite…, son maitre de musique et son ami.

» Parmi les anciens organistes dont l’histoire nous a conservé le souvenir, nous trouvons maestro ZucchettoZucchetto, MaestroMaestro Zucchetto ( ? – ?), compositeur et organiste. On connaît peu de choses de ce musicien. Il accéda au poste d’organiste de la chapelle de Saint-Marc à Venise en 1318 et le resta jusqu’à 1337, année présumée de son décès.Lire la suite…, organiste en 1318 de l’église ducale de Saint-Marc à Venise ; c’est le premier qui soit mentionné dans les registres de cette célèbre basilique où se trouvent, par ordre chronologique, tous les artistes qui, depuis cette époque reculée, y ont été attachés.

» Vers 1350, Francesco Landino brilla à Florence comme organiste, compositeur et poëte. Cet artiste célébré par le nouvelliste et poëte SacchettiSacchetti, FrancoFranco Sacchetti (Florence [Raguse, aujourd’hui Dubrovnik], ca. 1335 – San Miniato/Toscane, ca. 1400), écrivain. Il voyageait beaucoup pour ses affaires et finit par s’installer en 1363 à Florence, où il assuma des charges politiques. Suite à la révolte des Ciompi, sa famille fut bannie dLire la suite…, qui était aussi musicien, et par l’historien VillaniVillani, GiovanniGiovanni Villani (près de Florence ca. 1276 – Florence, ? 1348), chroniqueur. Il travailla pour la compagnie marchande des Peruzzi, qui l’envoya à Bruges de 1301 à 1307. Il travailla ensuite pour la compagnie des Buonaccorsi, qui était liée aux Peruzzi. A partir de 1310, il occupa divers oLire la suite…, tous deux ses contemporains, a été souvent désigné sous les noms de Fransesco Cieco, parce qu’il était aveugle, ou Francesco degli organi, a cause de son grand talent sur l’orgue.

» Le luth servait alors à l’accompagnement du chant. J’ignore si le clavecin existait déjà, et le plus ancien auteur qui, à ma connaissance, en ait fait mention est Boccace. Il le cite plusieurs fois dans son Décaméron, ainsi que quelques autres instruments en usage vers 1360, époque à laquelle il écrivait. — Quant à ce qui est de la musique pour le clavecin, je ne connais pas de pièces plus anciennes que celles de Luzzasco-LuzzasciLuzzaschi, LuzzascoLuzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607), compositeur et organiste. Il étudia avec Cyprien de Rore puis fut nommé organiste à la cour d’Alphonse d’Este. Il forma et dirigea un ensemble de femmes chantant des madrigaux, le Concerto delle donne, dont l’excellence Lire la suite…, organiste à la cathédrale de Ferrare et de la cour d’Alphonse II, vers 1560, et celles de Claudio MeruloMerulo, ClaudioClaudio Merulo (Corregio, 8 avril 1533 – Parme, 4 mai 1604), compositeur et organiste. Il étudia avec le madrigaliste Tuttovale Menon et l’organiste Girolamo Donato puis se rendit à Venise poursuivre ses études auprès de Gioseffo Zarlino. En 1556 il fut nommé organiste du Duomo Vecchio de Lire la suite…, d’abord organiste à Corregio, sa ville natale, puis de l’église Saint-Marc à Venise, enfin de la cour du duc de Parme. — MeruloMerulo, ClaudioClaudio Merulo (Corregio, 8 avril 1533 – Parme, 4 mai 1604), compositeur et organiste. Il étudia avec le madrigaliste Tuttovale Menon et l’organiste Girolamo Donato puis se rendit à Venise poursuivre ses études auprès de Gioseffo Zarlino. En 1556 il fut nommé organiste du Duomo Vecchio de Lire la suite…, si grand lui-même, considérait LuzzascoLuzzaschi, LuzzascoLuzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607), compositeur et organiste. Il étudia avec Cyprien de Rore puis fut nommé organiste à la cour d’Alphonse d’Este. Il forma et dirigea un ensemble de femmes chantant des madrigaux, le Concerto delle donne, dont l’excellence Lire la suite… comme le premier organiste italien de son temps, et Vincent Galilée, excellent joueur de luth, compositeur et père du célèbre astronome, l’a placé au nombre des quatre musiciens les plus distingués de cette époque.

» Lorsqu’en 1574, Henri III quitta le trône de Pologne pour venir s’asseoir sur celui de France, il passa par Venise, et le Senat de l’illustre république lui donna des fêtes brillantes. La musique de ces fêtes fut composée par le célèbre théoricien ZarlinoZarlino, GioseffoGioseffo Zarlino (Chioggia près de Venise, 31 janvier [22 mars] 1517 – Venise, 4 février 1590), compositeur et théoricien de la musique. Il fut éduqué par les Franciscains et rejoignit plus tard cet ordre. En 1539, il fut nommé organiste de l’église de Chioggia et son doyen. Ordonné prêLire la suite…, maitre de chapelle de Saint-Marc, et par Claude MeruloMerulo, ClaudioClaudio Merulo (Corregio, 8 avril 1533 – Parme, 4 mai 1604), compositeur et organiste. Il étudia avec le madrigaliste Tuttovale Menon et l’organiste Girolamo Donato puis se rendit à Venise poursuivre ses études auprès de Gioseffo Zarlino. En 1556 il fut nommé organiste du Duomo Vecchio de Lire la suite…, premier organiste de la même église. Il ne nous reste que fort peu de chose de la musique instrumentale de Luzassco ; on possède deux livres de pièces pour le clavecin ou l’orgue  de MeruloMerulo, ClaudioClaudio Merulo (Corregio, 8 avril 1533 – Parme, 4 mai 1604), compositeur et organiste. Il étudia avec le madrigaliste Tuttovale Menon et l’organiste Girolamo Donato puis se rendit à Venise poursuivre ses études auprès de Gioseffo Zarlino. En 1556 il fut nommé organiste du Duomo Vecchio de Lire la suite… qui ont été gravées à Rome.

» Nous avons vu l’usage du clavecin en Italie vers le milieu du quatorzième siècle, constaté par Boccace ; mais nous ne savons pas au juste quelle était la forme primitive de cet instrument. Les plus anciens clavecins dont nous ayons connaissance avaient d’abord quatre octaves, puis leur étendue fut portée jusqu’à cinq. Au dix-septième siècle et au dix-huitième siècle, le clavecin avait souvent deux claviers et la forme du piano à queue actuel. Il y en avait de petits à un seul clavier auxquels on donnait le nom d’épinette. Vers le milieu du seizième siècle, on trouve en Angleterre une espèce d’épinette qu’on appelait virginale. A cette époque, ce pays possédait d’excellents musiciens dont les œuvres méritent encore aujourd’hui l’estime des connaisseurs.

» Vers le même temps, on se servait en Allemagne d’un instrument à clavier nommé clavicorde. Celui-ci avait peu de sonorité ; mais à ce qu’on m’ont assuré des personnes qui l’ont entendu il y a trente à quarante ans, les sons étaient d’une extrême netteté ; ils produisaient des effets tout particuliers et servait merveilleusement à faire valoir les compositions dans le genre fugues et préludes de BachBach, Wilhelm FriedmanWilhelm Friedman Bach (Weimar, 22 novembre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784), compositeur. Fils ainé de Jean-Sébastien Bach, il fit des études de droit à l’Université de Leipzig et reçut sa formation musicale de son père. Il fut nommé organiste de l’église Sainte Sophie de Dresde en 1733Lire la suite….

» C’est vers 1730 que Godefroi SilbermannSilbermann, GottfriedGottfried Silbermann (Kleinbobritzsch pres Frauenstein/Saxe, 14 janvier 1683 – Dresde, 4 août 1753), facteur d’orgues. Il étudia avec son frère, Andreas Silbermann à Strasbourg de 1701 à 1710 quand il revint en Saxe où il construisit l’orgue de Frauenstein et reçut commande de celui de laLire la suite…, facteur d’orgues, construisit en Allemagne les premiers pianos carrés qui ont été en usage jusqu’à nos jours et qu’a presque entièrement remplacés depuis une vingtaine d’années le piano vertical. Le piano à queue, aujourd’hui l’instrument par excellence, a été inventé vers 1780 et ne s’est répandu en France que depuis le commencement du siècle.

A. FarrencFarrenc, Jacques-Hippolyte-AristideJacques-Hippolyte-Aristide Farrenc (Marseille, 9 avril 1794 – Paris, 31 janvier 1865), flutiste, éditeur de musique. Oncle maternel d’Ernest Reyer, il vint à Paris en 1815 et fut engagé comme deuxième flutiste au Théâtre-Italien. Il fonda sa maison d’édition de musique dans les années Lire la suite…