Feuilleton du Journal des Debats 1874-06-14

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 14 JUIN 1874.

 

REVUE MUSICALE.

  

La Messe de RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, de M. G. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…

Cette Messe de RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… a été composée par M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… et exécutée le 22 mai dans l’église Saint-Marc, à Milan, pour l’anniversaire de la mort d’Alexandre Manzoni, l’auteur du Comte de CarmagnoleComte de Carmagnole, LeLe Comte de Carmagnole (Il Conte di Carmagnola) est la première tragédie d’Alessandro Manzoni. Elle fut composée entre janvier 1816 et décembre 1819 et fut publiée en janvier 1820. Bien que plusieurs personnalités du monde littéraire critiquassent l’œuvre lors de sa publication, Johann WLire la suite… et des Fiancés Fiancés, LesLes Fiancés (I promessi sposi), roman historique d’Alessandro Manzoni. Il eut une gestation longue et compliquée de 1821 à 1842. Une première édition de l’œuvre fut imprimée en plusieurs volumes qui parurent de 1825 à 1827. Manzoni, insatisfait du résultat obtenu, soumit l’œuvre à uLire la suite…(i promessi Sposi), l’un des grands poëtes italiens de ce siècle, l’ami de M. Giuseppe VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. M. Camille du Locle, directeur de l’Opéra-Comique, étant parti pour Milan, a assisté à l’exécution de cette œuvre ; il a été témoin du succès d’enthousiasme qu’elle a excité, et comme il est lui-même un des plus intimes amis de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, il a obtenu de l’illustre maître l’autorisation de la faire entendre à Paris, non pas à Saint-Eustache ou à Notre-Dame, mais à l’Opéra-Comique, non pas dans une église, mais dans un théâtre, où elle n’est point dé­placée assurément.

Le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… est bien plus une œuvre dramatique qu’une œuvre reli­gieuse ; mais il ne serait pas juste de se placer, pour la juger, à un autre point de vue que celui où s’est placé le compositeur pour l’écrire. Les musiciens qui, depuis la révolution accomplie par PalestrinaPalestrina, Giovanni Pierluigi daGiovanni Pierluigi da Palestrina (Palestrina ?, 1525 [1526 ?] – Rome, 2 février 1594), compositeur. Il fut admis dans la maîtrise de Sainte-Marie-Majeure à Rome. En 1544, il fut nommé organiste de la cathédrale de Palestrina. En 1551, il fut d’abord maître de chant de la chapelle Giulia Lire la suite…, se sont inspirés des textes liturgiques, ont cru devoir s’astreindre, dans des limites différentes, à ce que l’on appelle les exi­gences du style religieux. Ces exigences ne comportent pas seulement l’emploi du contre-point, de la fugue, des imitations, en un mot, de tous les artifices de la science scolastique, mais elles imposent à la mélodie une forme et un caractère par­ticuliers. Or, c’est principalement par le caractère et par la forme de la mélodie que M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, dans son RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, s’est affran­chi, je ne dirai pas d’une règle, mais d’une coutume à laquelle reviendront toujours les compositeurs que les splendeurs impo­santes du culte catholique inspirent véri­tablement.

Une fois cette réserve faite, je serai plus à l’aise pour louer comme elle le mérite la belle et savante composition de l’auteur d’Aïda. J’ai constaté, on s’en souvient peut-être, en rendant compte de cet ouvrage que je suis allé entendre au Caire, com­bien il était supérieur, suivant moi, aux précédens ouvrages de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, et quelle transformation il indiquait dans le talent du maître. Dans la Messe de RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, ce sont les mêmes préoccupations, les mêmes recherches, les mêmes procédés, le même soin, avec les mêmes délicatesses de détail, apportés au travail de l’instrumentation. Je ne veux pas aller plus loin et, m’autori­sant de quelques réminiscences qui ne pouvaient m’échapper, aller jusqu’à dire que c’est le même style. D’ailleurs, les res­semblances de ce genre se rencontrent peut-être plus fréquemment chez les composi­teurs dont l’individualité est marquée d’une forte empreinte, et j’ai répondu d’avance à ceux qui pourraient s’étonner de ces sou­venirs fugitifs d’une œuvre essentiellement dramatique dans une œuvre écrite sur un texte religieux.

Le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… est écrit à qua­tre parties, avec soli à quatre parties également. Il n’y a pas d’introduction : les ténors et les basses entrent sur la septième mesure de l’orchestre par une quinte psal­modiée que reprennent à leur tour les soprani et les contralti pour aboutir à l’ac­cord parfait de mi majeur en tutti. Alors, sur une phrase plaintive qu’accompagne une marche harmonique simple, mais d’une contexture élégante, quatre soprani soli achèvent le verset et chantent en notes syncopées le Dona eis, Domine. Par une de ces oppositions que le maître affec­tionne, l’orchestre continue dans le mode majeur la phrase commencée ; les voix du chœur se répondent en notes syl­labiques, murmurées à mezza voce, puis les quatre voix soli chantent sans accom­pagnement quelques mesures en style fu­gué qui ramènent le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… jusqu’au Luceat eis. Les mêmes voix traitées dans le même style et entrant successivement l’une après l’autre répètent la même phrase : Kyrie eleison, Çhriste eleison, avec un dessin persistant des basses staccati ; l’en­trée du chœur, les développemens, les progressions, les changemens de rhythme et les ingénieuses combinaisons ins­trumentales donnent à ce morceau un caractère superbe et produisent un très grand effet. Mais je me demande ce que cette analyse technique peut bien ap­prendre au lecteur. Il n’y a cependant pas de raison pour que je m’arrête en si beau chemin, et j’aurais fort à dire sur les ca­dences rompues, les contre-sujets, les imi­tations et les divertissemens, les fugues obligées et les fugues libres, les contre­points simples, les contre-points doubles et les contre-points fleuris dont le compo­siteur a usé avec une science, avec une habileté qui doivent le placer très haut, beaucoup plus haut peut-être qu’il n’a jamais été, dans l’estime de ses savans con­frères. Mais c’est justement à cause de cette habileté dans l’art d’écrire qu’on peut s’étonner des quelques négligences qui ont échappé à la plume de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, des trois quintes successives, par exemple, qui sont dans l’accompagnement du solo de basse : Oro supplex et acclinis au commencement du Confutatis. Pourquoi ces quintes, qui doivent être voulues évidemment, car il était bien facile de les éviter, mais dont l’excuse n’est certainement pas, comme pour celles du chœur des cloches de Guil­laume Tell, dans l’originalité de l’effet ? Je n’aime pas davantage la brusque transition de l’accord de si majeur à celui de sol mi­neur à la reprise du Dies ira, cette trans­ition étant à peine adoucie par un point d’arrêt à l’orchestre et par un point d’orgue sur la dominante à l’avant-dernière mesure du chant.

Le Dies iræ se compose de neuf morceaux dont chacun forme un épisode distinct, bien qu’ils soient liés l’un à l’autre de façon à présenter un tableau complet de cette partie lugubre et terrible du drame : le jugement dernier. Le souffle de Mozart semble passer sur les premières mesures du chœur, malgré le brusque changement de rhythme par lequel elles se terminent. Mais voici qui est plus grave : les trom­pettes qui sonnent et se répondent à l’en­trée du Tuba mirum sonnent d’une façon à peu près identique et se répondent pa­reillement dans le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… Le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, comme celui de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, est publié par l’éditeur RicordiRicordi, MaisonMaison Ricordi (Casa Ricordi) est une maison d’édition musicale, fondée à Milan en 1808 par Giovanni Ricordi (Milan, 3 mars 1785 – Milan, 15 mars 1853). Celui-ci travailla d’abord comme copiste musical pour les différents théâtres de Milan puis s’en fut à Leipzig pour apprendre les teLire la suite…, à Mi­lan ; à Paris, le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… est la propriété de M. Léon EscudierEscudier, LéonLéon Escudier (Castelnaudray, 15 septembre 1815 – Paris, 22 juin 1881), journaliste et éditeur de musique. Avec Marie Escudier ils fondèrent en 1837 le périodique La France musicale, qui soutint l’école musicale italienne. En 1843, ils créèrent une maison d’édition, le Bureau Central dLire la suite….. C’est la même tonalité avec la différence du majeur au mineur dans les premiers ac­cords ; c’est le même rhythme, ce sont les mêmes triolets, le même accord de sep­tième de dominante, le même crescendo. Seulement, M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… n’a employé que qua­tre groupes de trompettes placés aux quatre angles de l’orchestre, tandis que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… a disposé aux quatre points cardinaux quatre orchestres d’instrumens de cuivre : trom­pettes et cornets, trombones, ophicléides et tubas, obtenant ainsi, à l’aide de moyens beaucoup plus compliqués, un effet autre­ment saisissant, autrement grandiose. Ber­liozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… vivant, M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… aurait peut-être hé­sité à s’approprier une combinaison aussi caractéristique, et je considère comme un devoir d’en revendiquer la priorité pour le maître que j’admire et que j’aimais.

« Ecoutez bien ceci… », nous dit BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… dans ses Mémoires. Ecoutons.

« Mes exécutans étaient divisés en plu­sieurs groupes assez distans les uns des autres, et il faut qu’il en soit ainsi pour les quatre orchestres d’instrumens de cuivre que j’ai employés dans le Tuba mirum, et qui doivent occuper chacun un angle de la grande masse vocale et instrumentale. Au moment de leur entrée, au début du Tuba mirum, qui s’enchaîne sans interruption avec le Dies iræ, le mouvement s’élargit du double : tous les instrumens de cuivre éclatent d’abord à la fois dans le nouveau mouvement, puis s’interpellent et se répon­dent à distance par des entrées successives, échafaudées à la tierce supérieure les uns des autres. Il est donc de la plus haute im­portance de clairement indiquer les quatre temps de la grande mesure à l’instant où elle intervient. Sans quoi, ce terrible cataclysme musical, préparé de si longue main, où des moyens exceptionnels et formida­bles sont employés dans des proportions, et des combinaisons que nul n’avait tentées alors et n’a essayées depuis, ce tableau mu­sical du jugement dernier qui restera, je l’espère, comme quelque chose de grand dans notre art, peut ne produire qu’une immense et effroyable cacophonie. »

Bien que BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… eût l’habitude de diri­ger lui-même l’exécution de ses ouvrages, le directeur des Beaux-Arts avait obtenu de lui qu’il voulût bien, pour l’exécution de son RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, qui eut lieu dans l’église des Invalides, à l’occasion de la mort du général Damrémont et des officiers et sol­dats tués au siège de Constantine, céder le bâton à HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite…. Or, HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite… et Ber­liozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… étaient brouillés depuis longtemps : ils se réconcilièrent.

« Mes répétitions, partielles et générales, ajoute BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…, se firent en effet avec beaucoup de soin. HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite… me parla comme si nos relations n’eussent jamais été interrompues, et l’ouvrage parut devoir bien marcher…… »

« Le jour de l’exécution, par suite de ma défiance habituelle, j’étais resté der­rière HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite… et, lui tournant le dos, je surveillais le groupe des timbaliers — il y avait huit paires de timbales — qu’il ne pouvait pas voir, le moment approchant où ils allaient prendre part à la mêlée générale. Il y a peut-être mille mesures dans mon Requiem.Messe de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… Précisément sur celle dont je viens de parler, celle où le mouvement s’élargit, celle où les instrumens de cuivra lancent leur terrible fanfare, sur la me­sure unique enfin dans laquelle l’action du chef d’orchestre est absolument indispensable, HabeneckHabeneck, Francois-AntoineFrançois-Antoine Habeneck (Mézières, 22 janvier 1781 – Paris, 8 février 1849), violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Son père était musicien de l’orchestre de la cour de Mannheim qui s’engagea dans la musique d’un régiment de l’armée française. François était l’ainé deLire la suite… baisse son bâ­ton, tire tranquillement sa tabatière et se met à prendre une prise de tabac. J’avais toujours l’œil de son côté ; à l’instant je pivote rapidement sur un talon, et, m’élan­çant devant lui, j’étends mon bras et je marque les quatre grands temps du nou­veau mouvement. Les orchestres me sui­vent, tout part en ordre ; je conduis le mor­ceau jusqu’à la fin, et l’effet que j’avais rêvé est produit…. »

M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… n’avait point à craindre un pa­reil accident, d’abord parce que, ainsi que je l’ai dit plus haut, sa petite fanfare de huit trompettes ne sonnant pas d’une façon aussi terrible que celle de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… était beaucoup plus facile à diriger et, en second lieu, parce que M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… conduisait l’or­chestre lui-même, ce dont il s’est acquitté avec une habileté, un tact, une maestria, une dignité d’attitude et de gestes dont je ne saurais trop le complimenter. J’ajouterai que, dans le cas où l’orchestre de l’Opéra-Comique eût été placé sous la direction de son habile chef, M. DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite…, qui à la pre­mière répétition a cédé très courtoisement, et dans des termes excellens, le bâton de commandement au célèbre compositeur, un accident tel que celui qui faillit com­promettre l’exécution de Tuba mirum de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… n’était pas davantage à redouter : M. DeloffreDeloffre, Louis-Michel AdolpheLouis-Michel-Adolphe Deloffre (Paris, 28 juillet 1817 – Paris, 8 janvier 1876), violoniste et chef d’orchestre. Il étudia le violon d’abord avec son père, puis avec Bellon, Lafont et enfin Baillot. En 1836, il partit avec le chef d’orchestre Louis Jullien à Londres où il fut violon solo Lire la suite… ne prise pas.

Les appels de trompettes continuent pendant le Tuba mirum entonné par les basses (je reviens au RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… sans pour cela abandonner tout à fait le RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… de BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…) et la basse solo laisse tomber comme un glas funèbre entrecoupé de notes de timbales les accens froids et désolés du Mors stupebit.

J’aime moins la fugue un peu trop sau­tillante du Liber scriptus qui ramène par une progression ascendante la seconde par­tie du Dies ira dont les dernières mesures se perdent dans la demi-teinte et le pianis­simo.

Le Quid sum miser, trio pour soprano, mezzo soprano et ténor, débute par une phrase dolente, très courte, mais très ex­pressive, exécutée par deux clarinettes en tierces, et sur laquelle entrent des ar­pèges de basson. J’ai entendu reprocher à la phrase principale de ce morceau un défaut de carrure (la phrase chantée n’est en effet que de trois mesures), mais ce reproche n’est pas fondé, le chant ne fai­sant que continuer la mélodie confiée d’a­bord aux clarinettes. Le caractère du mor­ceau, à part certain passage à l’unisson que je trouve un peu trop italien, est d’une élé­gante simplicité et d’un bon sentiment ; les voix y sont parfaitement disposées, et je louerai à ce sujet l’art profond avec le­quel est traitée la partie vocale dans l’œuvre de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. Il s’est gardé cette fois de ces exagérations qui lui sont si familières dans ses œuvres dramatiques, même les meil­leures.

Il y aurait eu peut-être quelque rappro­chement à faire entre le Rex tremende et celui de Mozart si M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite… n’eût pris soin d’éviter la comparaison dès le début par des oppositions de piano et de forte entre le chant des basses et les réponses du chœur. Cette page est d’ailleurs très belle, et la phrase mélodique Salva me, fons pietatis, est conduite très habilement et par d’ingénieuses modulations à travers les dif­férentes parties des soli qu’accompagne le chœur.

Le Recordare à deux voix (soprano et mezzo-soprano), à part sa valeur musicale, a produit une très grande sensation par la façon dont il a été chanté. L’union de ces deux belles voix avait un charme inexpri­mable et je reviendrai tout à l’heure sur le talent remarquable des interprètes (j’em­ploie le mot au féminin) de l’œuvre de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. L’entrée du mezzo-soprano, les notes de flûte et de clarinette qui se déta­chent sur les tenues du quatuor, les tré­molos pianissimo, les oppositions de nuan­ces, tout cela est intéressant, parfaitement écrit et d’un excellent style. Cet éloge ren­dra moins amère la critique du morceau suivant : Qui dariam [Mariam] absolvisti, que le ténor a chanté au-dessous du ton et que l’on dirait détaché de la partition d’Aïda ; ces trémolos de violons divisés, ces traits de bassons et de clarinettes, et la forme mélodique elle-même, m’ont fait songer à la grande scène entre Amnéris et les prêtres qui viennent de condamner Radamès.

Dans le Confutatis, il n’y a pas seu­lement le lapsus calami ou peut-être bien les quintes volontaires que j’ai signa­lées plus haut ; il y a aussi un souffle puissant et des gammes chromatiques en mouvement contraire, accompagnées par les éclats des trombones qui expriment de la façon la plus dramatique la terreur des maudits que les flammes de l’enfer at­tendent.

Au drame du Dies iræ succède dans un ton plus doux le Lacrymosa dont j’aime mieux les développemens que le sujet ; les premiers et seconds violons à l’octave do­minent l’accompagnement de leurs notes plaintives et syncopées ; la lamentation augmente, grandit, puis s’éteint graduel­lement à l’entrée du Pie Jesu que chantent d’abord les quatre voix soli et qui se ter­mine avec l’intervention du chœur.

Offertoire est écrit tout entier pour quatre voix seules ; le chant principal, con­fié d’abord aux altos et aux violoncelles, est répété ensuite par les violons en sour­dine ; le rhythme change, le mouvement aussi, et le Quam olim Abrahæ, traité en style fugué, sert de trait d’union entre le Domine Jesu et l’Hostias et preces, dont la mélodie, chantée par le ténor solo, puis par la basse, est pleine d’onction et de suavité. Le retour du premier motif à six-huit forme la péroraison de l’Offertoire qui peut être cité comme une des pages les plus complètes et les plus remarquables de la partition.

La fugue à deux chœurs du Sanctus doit lever, il me semble, toute incertitude au sujet des aptitudes scolastiques de M. VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…. Cherubini lui-même se fût incliné devant cette page de haute science, écrite à huit parties réelles et aussi habilement traitée dans l’orchestre que dans les voix.

L’Agnus Dei débute par un chant de so­prano et de contralto à l’octave, un chant d’une tendresse un peu mélancolique qui m’aurait ému davantage sans le rinforzando placé sur le verset final : Dona eis requiem ; aussi l’ai-je bien mieux goûté lorsqu’il est repris par le chœur, les soprani cette fois chantant à l’unisson des contralti et des ténors ; présenté avec cette nouvelle disposition des voix, il est plus calme, plus religieux ; le contre-sujet exécuté par les flûtes à la dernière reprise est du meilleur effet et admirablement écrit.

Nous rentrons dans le style théâtral avec le Lux eterna, du moins, quant aux pre­mières mesures du morceau : trémolos des violons divisés et marches d’harmonie rappelant la scène de l’invocation du Pro­phète. La basse attaque ensuite le Requiem eternamMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite…, et sous les trémolos exécutés par les altos et les violoncelles se détachent quelques accords d’instrumens de cuivre dans le grave ; les voix chantent sans ac­compagnement jusqu’à la reprise du Re­quiem eternam, et il nous faut signaler en­core une nouvelle réminiscence d’Aïda dans la phrase du soprano : Quia pius es. Le morceau finit smorzando avec la reprise des trémolos de violons et des ac­cords d’instrumens de cuivre.

Le Libéra me commence par une psal­modie du soprano-solo continuée par le chœur ; puis le chant du soprano se déve­loppe, large et très expressif, sur d’intéressans dessins du quatuor. La voix s’éteint graduellement, tout se tait, et, après un silence prolongé, l’orchestre attaque de nouveau les vigoureux accords du Dies iræ, auquel succède la reprise du RequiemMesse de RequiemMesse de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Giuseppe Verdi. L’œuvre fut composée en hommage à la mémoire de l’écrivain, poète et auteur dramatique Giuseppe Manzoni et fut créée à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874 puis au Théâtre de la Scala trois jours plus tardLire la suite… sans accompagnement, les voix se substituant aux instrumens.

Les accens supplians du soprano-solo viennent se superposer sur les derniers épisodes de la fugue du Libéra me et le chœur chantant à mezza voce n’accompa­gne plus que d’un léger murmure cette émouvante prière.

Quelques notes non mesurées dites pia­nissimo par le soprano et répétées à l’u­nisson par le chœur, la dernière lueur de la lampe qui s’éteint sous les arceaux d’une cathédrale, voilà comment finit cette belle œuvre qui, malgré quelques réminiscences et de légers défauts, a produit une impres­sion profonde et marquera une glorieuse étape de plus dans la carrière du compo­siteur.

Nous félicitons M. du Locle et nous le remercions bien sincèrement de l’initiative qu’il a prise. Le directeur courait des risques auquel le poëte, le collaborateur et l’ami de VerdiVerdi, GiuseppeGiuseppe Verdi (Roncole près Busseto/Italie, 9 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901), compositeur. Il étudia avec Ferdinando Provesi à Busseto dès 1825 puis, de 1831 à 1835 avec Vincenzo Lavigna à Milan. De 1836 à 1839, il fut maestro di musica à Busseto puis retourna à Milan où son premiLire la suite…, n’a pas songé. Aujour­d’hui le succès l’a récompensé, et si ce succès est dû principalement au mérite réel de l’œuvre, il faut en attribuer une bonne partie aussi aux artistes qui l’ont si merveilleusement interprétée. Mme Teresa StolzStolzova, Teresina dite Teresa StoltzTeresina Stolzova dite Teresa Stoltz (Elbekoteletz aujourd’hui Kostelec nad Labem/République Tchèque, 2 juin 1834 – Milan, 23 août 1902), soprano. Sœur cadette des jumelles Francesca et Ludmilla, également cantatrices, elle étudia à Prague avec Josef Neruda puis à Trieste avec Luigi RiccLire la suite… [Stoltz] et Mme WaldmannWaldmann, MariaMaria Waldmann (Vienne, 19 novembre 1845 – Ferrare/Italie, 6 novembre 1920), mezzo-soprano. Elle étudia d’abord à Vienne avec Adele Passy-Cornet puis à Milan avec Francesco Lamperti. Elle débuta en 1865 à Saint-Pétersbourg dans le rôle de Pierotto de Linda di Chamounix (Donizetti) puis chLire la suite… ont des voix superbes ; elles chantent comme chantaient les grandes cantatrices dramatiques que nous avons connues jadis et qui depuis longtemps ne chantent plus. L’une est Slave ou Hongroise, l’autre est Autri­chienne ; toutes deux sont des artistes d’un talent magistral, d’un talent hors ligne. Pourquoi donc nous répéter sans cesse qu’il n’y a plus de chanteurs, qu’il n’y a plus de cantatrices ni en France ni ail­leurs ? Quand on en voudra, on en trouvera, et des œuvres pareillement. Ne nous faisons pas plus pauvres que nous ne sommes ; ne faisons pas notre époque plus stérile qu’elle n’est. Si vraiment chez nous et de par le monde il n’y avait plus d’artistes, plus de compositeurs, plus d’œuvres, plus rien que le découragement d’une part et la stérilité de l’autre, nous n’aurions plus qu’à transformer notre nou­vel Opéra en un établissement de bienfai­sance, dernier asile des musiciens nécessi­teux, et à en confier la direction au baron TaylorTaylor, Isidore Justin Severin, BaronIsidore Justin Severin, Baron Taylor (Bruxelles, 5 aout 1789 – Paris, 6 septembre 1879), auteur dramatique et philanthrope. En 1818, il écrivit avec Charles Nodier des volumes sur différentes régions de France cataloguant les richesses du patrimoine, puis, dans les années 1820, écrivit ou tradLire la suite….

E. Reyer.