Feuilleton du Journal des Debats 1874-09-05

FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

DU 5 SEPTEMBRE 1874.

 

REVUE MUSICALE.

  Théâtre de l’Opéra-Comique : Le Pardon de PloërmelPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… (reprise). — Théâtre de l’Opéra : Débuts de Mlle Marie Belval et de M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… dans Robert-le-Diable.Robert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite… — Théâtre-Lyrique : Le Manifeste de M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune consid�Lire la suite….

C’est à la sollicitation de M. Emile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite… que MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… écrivit le Pardon de PloërmelPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite…, et lorsqu’à M. Emile PerrinPerrin, EmileÉmile Perrin (Rouen, 8 janvier 1814 – Paris, 8 octobre 1885), directeur. Il étudia la peinture avec le baron Antoine-Jean Gros et Paul Delaroche et exposa au Salon régulièrement de 1841 à 1848 tout en écrivant des critiques d’art dans les journaux. Le 1er Mai 1848 il succéda à Alexandre Lire la suite…, nommé directeur de l’Opéra, succéda Nestor Roqueplan, celui-ci trouva le Pardon de PloërmelPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… dans les cartons de son prédéces­seur. Ce fut, pour l’an 1859, le gros lot de cette loterie autorisée et quelquefois sub­ventionnée qui s’appelle une direction de théâtre, et à laquelle Nestor Roqueplan, homme d’esprit du reste, ne joua pas tou­jours avec un égal succès.

Dans l’origine, la pièce n’était qu’en un acte, un seul acte, entendez-vous bien ? dont MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… ne dédaignait pas d’écrire la musique. De là la conception première d’une intrigue à trois personnages. Mais, au fur et à mesure de son travail, l’illustre compositeur, le compositeur aux grands coups d’aile, développait les morceaux, leur donnait une étendue, une importance que les auteurs n’avaient point prévues, ce qui les forçait à un remaniement in­cessant. Il en devait résulter une pièce à peu près semblable à ces petits ta­bleaux de genre qui affectent les propor­tions d’un tableau d’histoire. Les person­nages ne suffisant plus à remplir une ac­tion ainsi délayée, et qui représentait déjà très largement la valeur de deux actes, il fallut avoir recours à cette sorte d’églogue étrangère à la pièce, qui commence le troisième acte. MM. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… et Michel CarréCarré, Michel-FlorentinMichel-Florentin Carré (Besançon, 21 octobre 1822 – Paris, 28 juin 1872), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit de nombreux drames, comédies, vaudevilles et livrets principalement en collaboration avec Jules Barbier dont Galathée (Massé), Les Noces de Jeannette (Massé), Les Papillotes Lire la suite… furent en tout cela les très humbles serviteurs d’un grand musicien, d’un grand esprit, qui n’eut que le tort de ne pas se souvenir du proverbe latin : Est modus in rebus. « Ce qui me rassure, me disait un jour M. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite…, sur les des­tinées ultérieures du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite…, c’est que le poëme, à force d’avoir été surchargé d’explications inutiles, est devenu à peu près incompréhensible. Le public revient volontiers à ce qu’il ne comprend pas, dans l’espoir, toujours déçu, de le com­prendre. Témoin la Flûte enchantéeFlûte enchantée, LaLa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), singspiel en deux actes sur un livret en allemand d’Emmanuel Schikaneder mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart, créé au Théâtre Auf-der-Wieden à Vienne le 30 septembre 1791.Lire la suite…, logogriphe indéchiffrable, où j’avais essayé de mettre un peu de lumière et où j’ai fini moi-même par ne plus voir goutte. » Mais le poëme de la Flûte enchantéeFlûte enchantée, LaLa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), singspiel en deux actes sur un livret en allemand d’Emmanuel Schikaneder mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart, créé au Théâtre Auf-der-Wieden à Vienne le 30 septembre 1791.Lire la suite…, qu’il soit de M. Jules BarbierBarbier, Paul-JulesPaul-Jules Barbier (Paris, 8 mars 1825 – Paris, 16 janvier 1901), librettiste. Il débuta à la Comédie-Française à l’âge de dix-huit ans avec un intermède : L’Ombre de Molière et un drame : Un Poète. De 1849 à 1872 ,il écrivit en collaboration avec Michel Carré des drames, des comédiLire la suite… ou de SchikanederSchikaneder, Emanuel-Johann-JosephEmanuel-Johann-Joseph Schikaneder (Straubing/Bavière, 1er septembre 1751 – Vienne, 21 septembre 1812), auteur dramatique, librettiste, directeur de théâtre, compositeur). Il étudia chez les Jésuites de Ratisbonne où il était aussi chanteur dans le chœur de la cathédrale. Vers 1773/74 il jLire la suite…, a pour lui la musique de MozartMozart, Wolfgang AmadeusWolfgang Amadeus Mozart (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 5 décembre 1791), compositeur. Enfant prodige. Son père développa ses dons pour le piano et la composition et l’exhiba dès l’âge de six ans dans des voyages à travers toute l’Europe. Ses premières compositions, des pièces Lire la suite….

Il est vrai que le poëme du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… a pour lui la musique de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite….

Cet ouvrage, joué pour la première fois le 4 avril 1859, fut repris l’année sui­vante avec une modification importante dans l’interprétation. On fit du rôle d’Hoël un travesti, et on en chargea Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite…, artiste éminente dont la voix peu étendue avait des intonations superbes, et qui, à cause de ses légers défauts et de ses très grandes qualités, n’a jamais été à sa place à l’Opéra-Comique, malgré les succès qu’elle y a obtenus. Mlle WertheimberWertheimber, PalmyrePalmyre Wertheimber (Paris, 9 septembre 1832 – Paris, 9 mai 1917), contralto. Elle étudia au Conservatoire de Parie où elle obtint les 1er Prix de chant et d’opéra et d’opéra-comique en 1851. Elle débuta à l’Opéra-Comique en 1852 participant cette année aux créations du Carillonneur dLire la suite… est avant tout une chanteuse dramatique : elle montra pourtant dans le rôle d’Hoël une souplesse de talent, une gentillesse, une grâce naïve qui donnèrent au person­nage un aspect tout nouveau et très sédui­sant.

Et puis le PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… disparut de l’affiche : il y a de cela quatorze ans. Si MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… eut vécu, il est probable que l’œuvre du maître n’eût pas dormi d’un si long som­meil. C’est une œuvre fort difficile à exé­cuter, et qui demande des chanteurs habi­les, tels qu’il n’y en pas toujours eu à l’Opéra-Comique. Mais pour ce qui est des ressources de ce genre, lorsqu’elles man­quaient à un théâtre où ses ouvrages étaient représentés, MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, qui avait l’esprit fort inventif, trouvait presque tou­jours le moyen de se les procurer. On s’est égayé quelquefois à ses dépens, à propos du soin extrême qu’il prenait des plus in­fimes détails et de la préoccupation con­stante que lui donnaient la mise en scène de ses ouvrages et leur exécution. Il par­tait à la recherche d’un ténor comme un navigateur à la découverte d’une île in­connue. AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite… disait de lui : « Singu­lière existence que celle de ce musicien qui passe sa vie dans des auberges. » AuberAuber, Daniel-François-EspritDaniel-François-Esprit Auber (Caen, 29 janvier 1782 – Paris, 12 mai 1871), compositeur. Sa famille était aisée et le prépara aux affaires tout en lui enseignant la musique, dans laquelle il montra très tôt son talent de chanteur (baryton), de pianiste, de violoniste et de violoncelliste. LesLire la suite… ne comprenait guère cela, lui qui était, en apparence du moins, assez in­différent à l’interprétation de ses œuvres, lui qui n’avait jamais voyagé. Mais l’exi­stence de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, consacrée tout entière aux productions de son génie, n’est-elle pas celle du véritable artiste ? Rien ne lui coûtait pour obtenir des directeurs le né­cessaire et même le superflu ; aucune flat­terie ne lui semblait trop forte pour satis­faire l’amour-propre d’un artiste et le ren­dre docile à ses exigences. Il donnait du « monsieur le professeur » au plus obscur musicien d’orchestre et se souciait peu de s’être montré obséquieux et humble, pourvu qu’il arrivât à ses fins. Son caractère était ainsi fait, et si ses façons, d’une courtoisie exagérée, trompaient le vulgaire, elles ne lui faisaient pas perdre à ses yeux un pouce de sa dignité.

Toutes ces figures épisodiques, le fau­cheur, le braconnier, les chevrières et les pâtres, qui peu à peu sont venus se grouper autour des personnages principaux dans le livret du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite…, vont-elles occuper le second plan dans la partition ? Pas le moins du monde. Pour Meyerbeer, il n’y a pas de second plan. A Londres, c’est une chan­teuse très en renom, Mme Nantier-DidiéeNantier-Didiée, Constance-Betzy-RosabellaConstance-Betzy-Rosabella Nantier-Didiée (Saint-Denis/ Île de la Réunion, 16 novembre 1831 – Madrid, 4 décembre 1867), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le premier prix d’opéra en 1849. Elle fit ses débuts à Turin en 1850 dans La Vestale (MercadLire la suite…, qui veut bien se charger d’un rôle de pâtre. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…, reconnaissant, écrit pour elle un air nouveau, et voilà encore un mor­ceau qui s’ajoute à la partition.

L’exemple de Mme Nantier-DidiéeNantier-Didiée, Constance-Betzy-RosabellaConstance-Betzy-Rosabella Nantier-Didiée (Saint-Denis/ Île de la Réunion, 16 novembre 1831 – Madrid, 4 décembre 1867), mezzo-soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris avec Duprez et obtint le premier prix d’opéra en 1849. Elle fit ses débuts à Turin en 1850 dans La Vestale (MercadLire la suite… se­rait bon à suivre ; mais aujourd’hui (ce n’est pas à propos de la nouvelle exé­cution du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… que je dis cela) l’axiome qu’il n’y a pas de petits rôles pour les grands artistes est peu en crédit. Cepen­dant, dès l’origine, quelques chanteurs de talent, qui faisaient partie de la troupe de l’Opéra-Comique, prêtèrent leur concours à l’œuvre du maître sans s’inquiéter de la dimension de leurs rôles. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… se rappelle dans une note imprimée à la pre­mière page de la partition : « Pour ces cinq derniers rôles, dit-il, MM. les directeurs des théâtres de province et de l’étranger sont priés de les distribuer selon les res­sources de leur personnel et d’engager MM. et Mmes les artistes à suivre l’exemple de leurs camarades de Paris, qui n’ont pas hésité, dans l’intérêt d’une bonne exécu­tion (je leur renouvelle ici mes remercîmens), à accepter des rôles peu longs, mais d’une importance réelle. »

Cette formule, cette parenthèse : Je leur renouvelle ici mes remercîmens, est plus qu’un trait de plume, c’est un coup de pinceau.

Enfin M. Camille du Locle, tout en sa­chant bien que la gloire de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… au­rait peu à souffrir d’une exécution insuffi­sante de la partition du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite…, s’est mon­tré plein de déférence pour la volonté du maître, et il ne s’en est pas tenu aux seules ressources que lui offrait le personnel de son théâtre. Après avoir été chercher Mlle DaltiDalti, ZinaZina Dalti (?- ?), soprano. Engagée en 1869 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle fut résiliée mais fut engagée à l’Opéra-Comique de Paris où elle débuta le 30 avril dans Déa (Jules Cohen) puis chanta dans la reprise de Lalla-Roukh (Félicien David). Elle se produisit ensuite en Lire la suite… à Florence, il est allé enlever Mlle Lina BellBell, Marie-Berthe-Euphrasine Brunel dite LinaMarie-Berthe-Euphrasine Brunel dite Marie Bell (Angers, 16 janvier 1846 – Paris, 7 octobre 1924) mezzo-soprano. Elle était la fille d’un professeur de violon d’Angers. Elle épousa Alfred-Léon-Joseph Jallot (Azé/Mayenne, 21 mai 1843 – Angers, 17 mai 1884), greffier du tribunal civil d’ALire la suite… au théâtre des Variétés. Puis des deux points opposés de l’horizon sont venus à lui M. DufricheDufriche, Paul-Eugène-DenisPaul-Eugène-Denis Dufriche (Paris, 7 octobre 1848 – Etats-Unis, ca. 1912), baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2nd prix d’opéra-comique en 1873. Le 27 août 1874, il fut engagé au Théâtre de l’Opéra-Comique de Paris dans Le Pardon de Ploërmel (le Chasseur). ILire la suite…, qui a une voix de basse, et M. CharelliCharelli, Auguste-Napoléon Larcher ditAuguste-Napoléon Larcher dit Charelli (Dreux, 2 mai 1839 – Paris, 4 décembre 1920), ténor. Engagé au Théâtre de Versailles, il se produisit en représentation au Théâtre de Liège dans le rôle de Wilhelm Meister de Mignon (A. Thomas) le 6 juillet 1873 et débuta au Théâtre de l’Opéra-CLire la suite…, qui a une voix de faucheur.

Je n’ai pas besoin de rappeler le suc­cès de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’Op�Lire la suite… et de Mme Marie CabelCabel, Marie-JosèpheMarie-Josèphe Dreullette épouse Cabel (Liège, 31 janvier 1827 – Maisons-Laffitte, 23 mai 1885), soprano. Elle étudia à Liège avec Bouillon et à Bruxelles avec Ferdinand Cabel et Georges Cabel. Elle épousa ce dernier en 1847. Durant son année d’études au Conservatoire de Paris (1848/49)Lire la suite… dans les rôles d’Hoël et de Dinorah. On doit se souvenir aussi de M. Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite… dans le rôle de Corentin. M. Sainte-FoySainte-Foy, Charles-Louis Pubereaux ditCharles-Louis Pubereaux dit Sainte-Foy (Vitry-le-Francois/Marne, 13 fevrier 1817 – Neuilly, 1er avril 1877), tenor. Elève de Morin au Conservatoire de Paris. Débute à l’Opéra-Comique le 18 Mai 1840 dans le rôle de Dionigi dans Zanetta ou jouer avec le feu (Auber). Il y resta jusqu’à sa retraitLire la suite… était un trial ; M. LhérieLhérie, Gaston-Paul Lévy ditGaston-Paul Lévy dit Lhérie (Paris, 7 octobre 1844 – Paris, 17 octobre 1937), ténor puis baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2e accessit d’opéra-comique en 1865. Il fut engagé à l’Opéra-Comique, où il débuta en 1866 dans Joseph (Méhul). Il quitta l’Opéra-Lire la suite…, qui est un ténor et même un peu plus qu’un ténor d’opéra-comique dans la plus légère acception du mot, puis­qu’il chante ZampaZampaZampa, opéra-comique en trois actes sur un livret de Honoré-Marie-Joseph Duveyrier-Mélesville mis en musique par Ferdinand Hérold et créé à l’Opéra-Comique le 3 mai 1831.Lire la suite…, vient de donner à ce rôle de Corentin, le paysan peureux et su­perstitieux, une physionomie toute nou­velle et beaucoup plus conforme aux dé­sirs du compositeur. En effet, MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… a pris la peine d’expliquer dans une notice relative à la distribution des rôles par em­plois, que le rôle de Corentin, n’apparte­nant pas à l’emploi des trial, devait être distribué, c’est-à-dire devait échoir au jeune ténor qui d’habitude chante Georges de l’EclairEclair, L’L’Eclair, drame lyrique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et d’Eugène de Planard mis en musique par Fromental Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 30 décembre 1830.Lire la suite…, Daniel dans le Chalet, Raimbault dans Robert le Diable.Robert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…

Je n’ose dire que MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… s’est trompé ; mais franchement on a peine à se représenter M. RogerRoger, Gustave-HippolyteGustave-Hippolyte Roger (La-Chapelle-Saint-Denis, 17 décembre 1815 – Paris, 12 septembre 1879), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique en 1837. Il débuta le 16 Février 1838 à l’Opéra-Comique dans le rôle de Georges de L’EclairLire la suite…, dans son jeune temps, ou M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… qui vient de débuter à l’Opéra, précisément dans le personnage de Raimbault, chantant le rôle de Corentin et lui donnant ce caractère comique que le com­positeur a positivement voulu : M. LhérieLhérie, Gaston-Paul Lévy ditGaston-Paul Lévy dit Lhérie (Paris, 7 octobre 1844 – Paris, 17 octobre 1937), ténor puis baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2e accessit d’opéra-comique en 1865. Il fut engagé à l’Opéra-Comique, où il débuta en 1866 dans Joseph (Méhul). Il quitta l’Opéra-Lire la suite… s’y est essayé non sans succès, mais il me sem­ble cependant que ce n’est pas par sa gaîté communicative qu’il a réussi, quelque ef­fort qu’il ait fait d’ailleurs pour dérider le public. Maintenant, bien que cet artiste ne m’ait pas chargé de présenter sa défense, je dois dire qu’on lui a reproché à tort d’a­voir trop forcé la note dans la phrase du terzettino de la clochette, à la fin du pre­mier acte, où il invoque tous les saints du calendrier breton. Cette phrase doit être tout à fait en dehors : elle doit dominer les deux autres parties, et elle est marquée fortissimo. Ce n’est donc pas de ce côté-là qu’a péché M. LhérieLhérie, Gaston-Paul Lévy ditGaston-Paul Lévy dit Lhérie (Paris, 7 octobre 1844 – Paris, 17 octobre 1937), ténor puis baryton. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 2e accessit d’opéra-comique en 1865. Il fut engagé à l’Opéra-Comique, où il débuta en 1866 dans Joseph (Méhul). Il quitta l’Opéra-Lire la suite…, si toutefois il a péché.

Mlle Zina DaltiDalti, ZinaZina Dalti (?- ?), soprano. Engagée en 1869 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle fut résiliée mais fut engagée à l’Opéra-Comique de Paris où elle débuta le 30 avril dans Déa (Jules Cohen) puis chanta dans la reprise de Lalla-Roukh (Félicien David). Elle se produisit ensuite en Lire la suite… chante fort bien et voca­lise dans la perfection ; sa voix est d’un joli timbre, très étendue et d’une irrépro­chable justesse. Malheureusement, toutes ces qualités sont un peu déparées par un chevrotement continuel. Est-ce l’émotion qui le premier soir a fait chevroter Mlle Dalti Dalti, ZinaZina Dalti (?- ?), soprano. Engagée en 1869 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle fut résiliée mais fut engagée à l’Opéra-Comique de Paris où elle débuta le 30 avril dans Déa (Jules Cohen) puis chanta dans la reprise de Lalla-Roukh (Félicien David). Elle se produisit ensuite en Lire la suite…? De quoi aviez-vous donc peur, Mademoiselle ? Vous chantiez devant le public le plus débonnaire, le plus courtois qui se puisse rencontrer, et certes vous n’en avez pas trouvé un pareil dans toute l’Italie. De sorte qu’en face de vous, pas plus qu’autour de vous, du reste, je ne vois pas bien ce qui a pu vous intimider. C’est à peine si l’on se souvenait que vous aviez débuté il y a quelques années dans DéaDéaDéa, opéra-comique en deux actes sur un livret d’Eugène Cormon et Michel Carré mis en musique par Jules Cohen et créé au Théâtre de l’Opéra-Comique le 30 avril 1870.Lire la suite…, cette œuvre de mon ami Jules Cohen, qui s’éclipsa avec vous le jour où votre nom disparut de l’affiche de l’Opéra-Comique. Et soyez bien certaine que le public ne vous a jamais rendue responsable de cet accident. Mlle DaltiDalti, ZinaZina Dalti (?- ?), soprano. Engagée en 1869 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle fut résiliée mais fut engagée à l’Opéra-Comique de Paris où elle débuta le 30 avril dans Déa (Jules Cohen) puis chanta dans la reprise de Lalla-Roukh (Félicien David). Elle se produisit ensuite en Lire la suite… me répondra peut-être qu’elle n’était nullement intimidée, mais que le chevrotement est la maladie à la mode, et qu’il y a aujourd’hui bien peu de chanteurs qui n’en soient pas atteints. Cela est vrai, et la thérapeutique du Conserva­toire elle-même n’y peut absolument rien.

M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… n’a pas hésité à accepter la suc­cession de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’Op�Lire la suite… avec tous les souve­nirs que cet artiste a laissés dans le rôle d’Hoël. On s’obstine à présenter M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… comme l’élève et l’imitateur de M. FaureFaure, Jean-BaptisteJean-Baptiste Faure (Moulins, 15 janvier 1830 – Paris, 9 novembre 1914), baryton. Elève de Ponchard au Conservatoire de Paris, il obtint les 1er Prix de chant et d’opéra-comique à l’unanimité en 1852 et débuta en octobre à l’Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (Massé). A l’Op�Lire la suite…. Selon moi, c’est une erreur. Qu’il y ait une certaine analogie dans le timbre de la voix de ces deux artistes, je le veux bien ; mais il ne faut pas pousser la comparaison plus loin ni trop loin. Dans les quelques rôles que M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… a chantés à l’abri des souvenirs de son puissant rival, il a été lui-même, c’est-à-dire chanteur habile et excellent musicien. Le style de M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… est élégant et correct ; sa manière n’a rien d’emphatique et il ne vise pas à la virtuo­sité. Le seul reproche que j’adresserai à M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite…, c’est de se défier un peu trop de l’étendue de sa voix et de céder trop faci­lement à la manie de la transposition. Ainsi l’air d’Hoël est en mi majeur, M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite… le chante en mi bémol. La sonorité de l’or­chestre n’est plus la même, l’effet du mor­ceau y perd considérablement, et je ne sais trop ce que peut y gagner M. BouhyBouhy, Jacques-Joseph-AndréJacques-Joseph-André Bouhy (Pepinster/Belgique, 18 juin 1848 – Paris, 29 janvier 1929), baryton. Il étudia d’abord au Conservatoire de Liège puis à celui de Paris et y obtint un 1er prix de chant et un 1er prix d’opéra ainsi qu’un 2d prix d’opéra-comique en 1869. Il chanta la partie Lire la suite…. A part cela, je n’ai que des éloges, et de très sincères éloges, pour le talent si sympathi­que et si distingué de ce jeune et laborieux artiste.

La partition du Pardon de PloërmelPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… est tellement connue qu’il n’y a plus à l’ana­lyser. Je citerai seulement parmi les mor­ceaux que le public a accueillis avec le plus de faveur, et qui sont certainement les meilleurs de l’ouvrage, la Berceuse, l’air d’Hoël, la scène qui précède la conjuration : Si tu crois revoir ton père expirant, le trio de la Clochette qui termine le premier acte, l’entr’acte où la clarinette, dans le grave, se marie très heureusement au timbre de la petite flûte à deux octaves d’intervalle (je crois que M. Félicien DavidDavid, Félicien-CésarCésar-Félicien David (Cadenet, 13 avril 1810 – St Germain-en-Laye 29 aout 1876), compositeur. Orphelin à cinq ans, après des études à la maîtrise de la cathédrale St.-Sauveur d’Aix-en-Provence et au collège St.-Louis d’Aix, il entra en 1830 au Conservatoire de Paris dans la classe d’HLire la suite… est le pre­mier qui, dans la Danse des Sauvages de Christophe ColombChristophe ColombChristophe Colomb, ode-symphonie en quatre parties sur un livret de Joseph Méry, Charles Chaubet et Sylvain Saint-Etienne mis en musique par Félicien David et créée dans la salle du Conservatoire de Paris le 7 mars 1847.Lire la suite…, se soit servi de cette ingénieuse combinaison) ; je citerai encore la légende de Dinorah, le duo entre Hoël et Corentin, et au troisième acte l’air du chasseur, la charmante villanelle des deux pâtres, la romance d’Hoël et son duo avec Dinorah, dont j’aime beaucoup mieux le commencement que le milieu, et beaucoup mieux le milieu que la fin.

Ai-je besoin d’ajouter que c’est dans la valse : Ombre légère, que Mlle DaltiDalti, ZinaZina Dalti (?- ?), soprano. Engagée en 1869 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle fut résiliée mais fut engagée à l’Opéra-Comique de Paris où elle débuta le 30 avril dans Déa (Jules Cohen) puis chanta dans la reprise de Lalla-Roukh (Félicien David). Elle se produisit ensuite en Lire la suite… a trouvé sa meilleure part de succès.

Quant à l’ouverture du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… que l’on a exécutée plus d’une fois aux concerts du Conservatoire, elle est devenue classique. C’est tout un poëme dans lequel l’introduc­tion du chœur peut passer pour une inno­vation ; mais c’est un poëme dont les diffé­rentes parties, quelle que soit l’habileté symphonique avec laquelle elles sont agen­cées et développées, manquent un peu d’homogénéité : je préfère de beaucoup à l’ouverture du PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite…, l’ouverture de Struensée.StruenseeStruensee, tragédie en cinq actes de Michael Beer, créée au Théâtre de la Cour à Munich le 28 mars 1828. La pièce avait été interdite en 1827 par la censure à Berlin et ne fut autorisée à être représentée à Berlin que près de vingt ans plus tard le 19 septembre 1846. A cette occasioLire la suite…

Les décors ont été repeints, les costumes sont tout neufs. M. du Locle n’a rien né­gligé pour donner à la reprise de l’œuvre de MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… tout l’attrait d’une mise en scène fort riche et du meilleur goût. Mais il est regrettable que le PardonPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite… n’ait pas été exécuté, comme à Londres, avec les récitatifs écrits par MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… pour le théâ­tre de Covent-Garden. L’Opéra-Comique ne le pouvait pas. On lui a déjà reproché, à propos de Roméo et Juliette, de manquer à sa mission et d’outrepasser ses droits : on doit chanter à l’Opéra-Comique, et chanter le mieux possible ; mais il faut parler aussi, c’est de toute nécessité. De sorte que nous n’avons pas eu les récitatifs du Pardon de PloërmelPardon de Ploërmel, LeLe Pardon de Ploërmel, opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré mis en musique par Giacomo Meyerbeer et créé à l’Opéra-Comique le 4 avril 1859.Lire la suite…, qui sont fort beaux, tandis que le dialogue frise de bien près le ridicule, parce qu’il ne faut pas que l’Opéra-Comique sorte de son véritable genre. Eh bien ! qu’il y reste.

M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite…, lauréat du Conservatoire, a débuté mercredi à l’Opéra dans le rôle de Raimbault, de Robert-le-DiableRobert-le-diableRobert le Diable, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Germain Delavigne, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 21 novembre 1831.Lire la suite…, en même temps que MlleMarie Belval dans le rôle d’Isabelle, l’une des princesses du grand répertoire. J’ai déjà eu l’occasion, après l’avoir entendu dans différens concerts, de dire mon sentiment sur M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite… et de louer non seulement le bel organe mais aussi les qualités de chanteur de ce jeune artiste. Le rôle de Raimbault, qu’il a fort bien chanté, du reste, n’est qu’une pre­mière étape dans la carrière de M. VergnetVergnet, Edmond-Alphonse-JeanEdmond-Alphonse-Jean Vergnet (Montpellier, 4 juillet 1850 – Nice, 24 février 1904), ténor. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de chant, un 1er prix d’opéra et un 2d prix d’opéra-comique en 1874. Cette même année, il débuta dans Robert-le-diable (Meyerbeer) �Lire la suite…, et qui doit le conduire infailliblement à de plus hautes destinées. Il est heureux que sa modestie l’ait empêché d’y prétendre, comme tant d’autres, du premier coup.

Je ne voudrais chagriner ni Mlle BelvalBelval, Julie-Pauline-Marie Gaffiot diteJulie-Pauline-Marie Gaffiot dite Belval (Gand/Belgique, 24 mars 1853 – Nouvelle-Orleans, ? février, 1901), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second prix de piano en 1869. Quatre ans plus tard, elle débuta au Théâtre-Italien de Paris dans le rôle de Norina daLire la suite… ni son père ; mais je ne puis pourtant pas dire à la fille de l’excellente basse de l’Opéra qu’elle a le feu sacré, ni la féliciter des changemens qu’elle a cru devoir appor­ter à son rôle. Le trajet est si court, ac­tuellement, de la salle Ventadour à l’Opéra, que Mlle BelvalBelval, Julie-Pauline-Marie Gaffiot diteJulie-Pauline-Marie Gaffiot dite Belval (Gand/Belgique, 24 mars 1853 – Nouvelle-Orleans, ? février, 1901), soprano. Elle étudia au Conservatoire de Paris, où elle obtint un second prix de piano en 1869. Quatre ans plus tard, elle débuta au Théâtre-Italien de Paris dans le rôle de Norina daLire la suite… n’a pas eu le temps d’ou­blier en route ces traditions italiennes avec lesquelles, il faut l’espérer pour elle et pour nous, elle finira bien par rompre plus tard. Il ne faut pas toucher à la musi­que d’un maître comme Meyerbeer Meyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite…; c’est le devoir de tout artiste de s’en souvenir ; c’est le devoir de tout chef d’orchestre, de tout maître de chant, de le rappeler à n’im­porte quel artiste qui peut être tenté de l’oublier.

M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune consid�Lire la suite…, nommé directeur du Théâtre-Lyrique avec subvention et autorisation d’exploiter son privilège dans la salle des Italiens, vient de lancer son Manifeste et de faire appel « aux amis des arts. » Et en même temps qu’il ouvre un théâtre, M. Ba­gierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune consid�Lire la suite… fonde une académie, une académie lyrique et chorégraphique, dont les leçons et les cours seront confiés aux maîtres les plus célèbres. C’est fort bien ; mais où les prendra-t-il ?

« Les artistes et les élèves qui seront admis, après auditions et examens, à cette académie contracteront un engagement dont la durée et les conditions seront ré­glées par la direction.

» Pendant leurs éludes, les élèves les moins avancés seront appelés, pour s’ha­bituer promptement à la scène et au pu­blic :

» 10 A figurer et à faire les emplois de pages ;

» 20 A faire leur partie dans les chœurs et les ensembles ;

» 30 A doubler ensuite les 3es, 2es et même les 1ers rôles quand ils en auront été jugés capables, après examens.

» L’objet de cette institution étant de con­tribuer, avec quelques uns des principaux professeurs de Paris, au développement et au perfectionnement de l’art lyrique dramatique et chorégraphique, ils pourront présenter leurs élèves à l’admission de cette académie et continuer à faire leur in­struction aux cours, leçons et ensembles organisés au théâtre Ventadour, tout en continuant leurs leçons particulières chez eux.

» L’Union des Amis des arts, composée d’amateurs, connaisseurs et protecteurs des arts, formera un comité consultatif de pa­tronage, etc., etc. »

Suivent trois formules de bulletins de souscription.

Les amateurs, les connaisseurs et les protecteurs feront bien de s’en tenir à la partie chorégraphique : un bon directeur, maître chez lui, nous paraît devoir suffire à la prospérité musicale du théâtre que l’administration supérieure vient de confier à M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune consid�Lire la suite….

E. Reyer